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  • USA/GOP : on croyait avoir tout vu…

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    Nous avons cru retrouver un peu de silence avec le départ de l’apprenti dictateur et son exclusion des réseaux sociaux. Finis les mensonges de Trump, de ses ministres, porte-parole, avocats. Quel bonheur ! On allait peut-être pouvoir retrouver un peu d’équilibre dans nos Sociétés. Une forme de santé mentale collective qui nous avait quitté.

    On croyait avoir tout vu et tout entendu de la part de l’ex-président et de son parti après plus de 4 années de folie tous azimuts, de corruption au grand jour, d’incompétence systématique, de paresse, de dérives autoritaires, de collusion avec des puissances étrangères, de fascination pour tous les autocrates de ce Monde malade, d’incitation à l’insurrection. On croyait qu’ils avaient cent fois, mille fois touché le fond et qu’à force d’avoir creusé, ils ne pourraient pas descendre plus bas. Qu’ils ne pourraient pas se couvrir de plus de ridicule. Eh bien on avait tort.

    En sourdine (depuis l'Europe), même si l’on ne s’intéresse pas à la vie du GOP et de ses électeurs, on a entendu que le pitbull continuait d’utiliser tous les moyens à sa disposition pour faire la pluie (toujours) et le beau temps (jamais) dans son parti. Et surtout continuait, inlassablement, jour après jour, de propager le grand mensonge concernant les élections présidentielles. Maintenir ce narratif à tout prix est une formidable machine à cash pour la poche de Trump et des élus républicains qui sont avidement engagés à ses côtés. Cela permet de mettre la pression sur les élus républicains qui pourraient avoir des états d’âme, de faire passer des centaines de lois dans 43 Etats pour limiter le droit de vote des minorités pour faire plaisir au chef et lui donner des raisons d’espérer pour les élections de 2022 et 2024. Rien de tel, en résumé, pour maintenir ses militants au garde-à-vous !

    Sydney Powell, ex-avocate de Trump qui a soutenu le Président dans ses délires concernant le « vol des élections » en prétendant connaître toutes les fraudes commises, a été attaquée en mars par la Société Dominion responsable des machines de dépouillement des votes pour la somme de 1.3 milliards de dollars. Pour sa défense, celle qui avait lancé les accusations les plus farfelues (elle n’a pas hésité à dénoncer la complicité de Hugo Chavez pourtant mort en 2013) devant les médias mais jamais devant un juge, a déclaré mi-mars : « Jamais une personne sensée n’aurait cru à mes mensonges ».

    Le fond (actuel) a été atteint lorsque, il y a environ 3 semaines, le Sénat à majorité républicaine de l’Arizona a décidé de céder une nouvelle fois à une théorie du complot concernant les élections et de confier un nouveau décompte des voix du seul comté, pour l’instant, de Maricopa (en gros la ville de Phoenix) à une Société privée répondant au doux nom de « Cyber Ninjas ». Société dirigée par un complotiste-en-chef proche de Qanon. Sa Société et ses scrutateurs n’ont aucune expérience de ce travail, ne connaissent ni les règles ni les Lois le régissant, agissent en-dehors de tout cadre légal et cherchent des licornes à 3 têtes. Cela a bien sûr reçu l’aval enthousiaste de Trump se voyant déjà réinstitué vrai Président.

    Après 3 semaines de décompte frénétique, certains élus républicains de l’Arizona commencent à reconnaître la folie de cette entreprise et des dégâts que cela pourrait causer à la démocratie américaine. Stephen Richer, le nouvel élu républicain responsable du registre électoral de Maricopa a témoigné devant une Commission et a dit : « Nous ne pouvons continuer à soutenir ces mensonges malsains plus longtemps. En tant que parti. En tant qu’état. En tant que pays ». Le sénateur de l’Arizona Paul Boyer, qui a soutenu ce recomptage des voix a dit : « Rétrospectivement, je ne pensais pas que ce serait aussi ridicule. Il est devenu embarrassant d’être un Sénateur à ce stade ». Et le responsable du comité de supervision des élections (5 membres dont 4 républicains) a écrit (je résume) : « Aucune des façons de procéder [de cette Société d’audit] n’est appliquée dans un audit sérieux. Le résultat est que le Sénat de l’Arizona se ridiculise aux yeux du Monde et que notre démocratie est en danger ».

    On croyait avoir tout vu et tout entendu. Pourtant, nombreux sont ceux qui continuent de creuser la tombe de la démocratie US.

  • USA : bientôt un pays du Tiers-Monde ?

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    Le pays qui a remporté les 2 guerres mondiales du 20ème siècle, qui a joui d’une prospérité insolente, qui a été un phare et un espoir pour des millions de déshérités en quête de plus de libertés et de dignité économique, qui a inventé la société de consommation, a été sur la Lune, a combattu le communisme à la sauce soviétique jusqu’à l’abattre est aujourd’hui un pays rongé par les dettes, la polarisation politique et le mensonge.

    Ce pays exsangue a-t-il été attaqué par une puissance étrangère supérieure ? A-t-il été détruit par des calamités naturelles ? Non. Certes, il porte presque seul le poids de la défense de l’Occident (vu la pusillanimité, voire la lâcheté de l’Europe), mais cela n’explique pas le déclin inexorable de ce pays. En fait, il s’est infligé cela à lui-même. Par le fait d’un projet politique dément, porté par des politiciens déments et corrompus, au service d’une caste dont l’égoïsme et l’appât du gain n’ont pas de limites.

    Depuis plus de 40 ans, un parti, les Républicains, s’est mis au service des puissances de l’argent. Les politiques successives portées par les différentes Administrations républicaines ont ruiné l’Etat, du niveau local jusqu’au niveau fédéral, en drainant des milliers de milliards de dollars vers les grandes fortunes. Cela a été le grand mensonge de la dérégulation devant « libérer les énergies », devant permettre à l’économie privée « de mieux faire ce que l’Etat était incapable de bien faire », devant favoriser l’enrichissement de quelques-uns afin que l’argent des plus riches « ruisselle » (Trickle-down economics) vers le reste de la Société.

    Pendant que les Administrations Reagan, Bush jr. et Trump accordaient, successivement, des rabais fiscaux de plusieurs dizaines de milliers de milliards de dollars au 0,1% des Américains les plus riches, l’Etat s’endettait un peu plus chaque année. Quant à la classe moyenne, elle était triplement punie. Non seulement sa situation s’aggravait car elle devait « payer pour les riches » (ou à la place des riches), non seulement les services publics (routes, écoles, etc…) se dégradaient mais elle faisait face au désinvestissement massif des entreprises sur le sol national. Investissements qui se dirigeaient essentiellement vers la Chine. A coups de milliers de milliards de dollars, là aussi. Non seulement les tenants de la dérégulation et de la mondialisation ont transféré « nos » richesses vers la Chine (les économies européennes ont suivi le même modèle) mais ils ont également transféré le savoir-faire, parfois/souvent les machines. Avec les gravissimes conséquences géopolitiques que l’on sait.

    Pour couvrir ces infâmies, il a fallu mentir. Mentir encore. Mentir toujours. De plus en plus. La « Mondialisation » est devenue une chose haïssable qui a ruiné les cols bleus étasuniens, autrefois bien payés et bien couverts par un filet social sans que l’on n’explique la genèse de la mondialisation à ces cols bleus. Pour se faire élire et réélire, les Républicains, ceux-là mêmes qui ont ruiné le pays, ont pointé du doigt tout le monde sauf eux-mêmes. C’est la faute des Démocrates, des minorités, des immigrants, des Mexicains, des Traités commerciaux, des Chinois. Le sommet du vice est leur capacité à prétendre vouloir « venger » cette classe sociale en perdition en lui proposant des projets politiques qui ne font qu’aggraver encore plus sa situation. Chaque nouvelle baisse d’impôts qu’on lui fait miroiter n’est qu’un miroir aux alouettes qui la condamne encore un peu plus définitivement à l’oubli. Et plus cette classe moyenne se sent à la dérive et plus elle s’accroche à des projets politiques délétères, plus elle finance des Eglises portant une propagande d’un autre âge, plus elle se crispe sur son « droit à porter des armes », plus elle croit aux théories du complot, plus elle est prête à embrasser les pires folies qui se répandent sur internet.

    Au fur et à mesure que Trump préparait sa tentative de coup d’Etat, les théories ont gagné en paranoïa. Les démocrates étaient des « communistes » car ils proposaient une couverture maladie universelle, les journalistes étaient les « ennemis du peuple », la pandémie était une arnaque, l’élection avait été volée grâce à des machines de vote au service d’Hugo Chavez.

    Les 2 mensonges les plus récents :

    • Après le spectacle, vu par le Monde entier, des supporters de Trump, envahissant et saccageant le Capitole, menaçant de tuer certains politiciens, des élus et journalistes républicains n’ont pas hésité à prétendre que les insurgés étaient, en réalité, des gauchistes déguisés
    • Pendant le désolant spectacle actuel du Texas paralysé par une vague de froid, certes rare, les mêmes élus et journalistes républicains viennent raconter que la panne du réseau électrique est due aux éoliennes qui ont gelé et que c’est la faute d’Alexandria Ocasio-Cortez (AOC) et de son green new deal. AOC est cette jeune élue démocrate de New-York que les insurgés du Capitole recherchaient pour l’exécuter. Elle a effectivement proposé un projet ambitieux de transition énergétique vers les énergies renouvelables, mais son projet, vieux de deux ans, n’a pas encore vu l’ombre d’une réalisation. La réalité est que le réseau texan a été victime de la dérégulation néo-libérale. Que c’est un réseau isolé des 2 autres réseaux nationaux (est et ouest), que cela a été voulu ainsi par les élus républicains du Texas, qu’il souffre de sous-investissement chronique afin d’augmenter les bénéfices des actionnaires et que ce sont les réseaux de gaz naturel qui ont gelé (les éoliennes n’ont que marginalement à voir avec le problème). Quarante années de dérégulation est c’est la faute d’AOC.

    Certes ce pays a encore une puissante armée. Certes il peut encore envoyer un rover sur mars, mais, aujourd’hui, il présente de nombreuses caractéristiques d’un pays du Tiers-Monde :

    • Une classe sociale (1%, voire 0,1%) immensément riche et des dizaines de millions de gens qui vivotent de salaire en salaire (quand ils ont un travail). Entre deux, la classe moyenne est de plus en plus en danger de disparition
    • Les lois de protections des travailleurs et de l’environnement sont systématiquement attaquées par les Républicains, ce qui laisse les classes populaire et moyenne sans défense
    • Une puissance démesurée a été accordée au secteur privé alors que les services publics sont exsangues
    • Les couvertures sociales sont faibles, voire inexistantes, pour des pans entiers de la Société
    • L’accès à la santé est rendu difficile à des millions d’Américains
    • On assiste à une baisse de l’espérance de vie
    • Le pays produit soit des biens agricoles, soit des services. La production industrielle est en voie de disparition
    • Les politiciens sont gravement corrompus et exclusivement au service des plus fortunés
    • La Justice est de classe (si l’on peut se payer de bons avocats, on ne risque rien)
    • La police est magnanime avec les attaquants (blancs) du Capitole et implacable avec les minorités
    • On assiste depuis des mois à des files interminables devant les banques alimentaires

    L’Europe a adopté des pans entiers du modèle néo-libéral porté par Reagan aux Etats-Unis et Thatcher en Grande-Bretagne mais nous avons heureusement eu un vieux réflexe de protection de quelques résidus de protection sociale. Puissions-nous apprendre des Etats-Unis jusqu’où il ne faut pas aller trop loin, avant qu’il ne soit trop tard.

  • Etats-Unis : il était minuit -1 avant un coup d’état

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    Et le danger n’est PAS écarté !

    Cinq années que nous assistons, en direct, jour après jour, à l’inflation de la folie d’un homme malade et à la lâcheté chaque jour plus abjecte de la plupart des membres de son parti. Cinq années que je dénonce les dérives autoritaires de ce psychopathe dans ce blog. Minusculissime contribution à la lutte contre ce que l’Humanité recèle de pire.

    Un psychopathe ne peut pas se contenter de l’image que le monde lui renvoie. Celle d’un malade. Alors, pour satisfaire son égo, il s’invente une nouvelle réalité qui va enfin correspondre à la très haute opinion qu’il a de lui-même. Il va se vouer un véritable auto-culte de la personnalité basé sur la projection provenant de sa seule maladie mentale. Et certains d’entre nous participent volontairement et activement à ce culte. L’amour de ceux qui le soutiennent, voire sont prêts à mourir pour lui, dépasse les raisons objectives. Car qu’a-t-il fait pour celles et ceux qui souffrent ? Combien d’emplois industriels a-t-il effectivement fait revenir aux Etats-Unis ? Qui, parmi ses supporters les plus désespérés, a profité de ses gigantesques cadeaux fiscaux ? En quoi a-t-il amélioré la couverture maladie des laissés-pour-compte de la société américaine ? Un psychopathe se moque du monde entier. Les gens n’existent, à ses yeux, que tant qu’ils servent ses intérêts et flattent son égo.

    Perdre n’est pas une option pour un psychopathe. Sachant pertinemment qu’il est mauvais et incompétent, il a passé son temps à préparer le terrain pour une prise du pouvoir par la force. Cinq ans qu’il « chauffe » ses supporters. Cinq ans qu’il les « prépare ». Cinq ans qu’il encourage ce qu’il y a de pire dans un peuple. Quel qu’il soit. Certains des supporters de Trump savent qu’il n’est qu’un sinistre bouffon, mais ils l’aiment car il leur dit ce qu’ils ont tellement envie d’entendre. Mais pour d’autres, nous sommes clairement dans le domaine du culte. Même de la secte. C’est exactement pourquoi, pendant 5 ans, Trump n’a parlé qu’à sa base. Il leur a parlé pour leur dire qu’ils n’étaient pas seuls, qu’il les comprenait. Il leur a menti et menti. Ils s’en fichaient. Pourvu qu’il fustige les « autres ». Le culte de la personnalité, le lavage de cerveau, la secte, certaines religions qui regroupent toutes ces caractéristiques mènent l’Humanité vers sa mort. Intérieure et extérieure. Réelle et symbolique.

    Lors des émeutes de Charlottesville, les émeutiers criaient : « Les juifs ne nous remplaceront pas ». Certains portaient des drapeaux avec la croix gammée. Trump a trouvé que c’étaient des « gens bien ». Mercredi, on a vu des émeutiers portant un sweat avec la phrase qui surmontait l’entrée du camp d’extermination d’Auschwitz : « Arbeit macht frei ». D’autres portaient un sigle cryptique « 6MWE » qui veut dire en français : « 6 millions ce n’était pas assez ». Trump, après leur saccage du Capitole leur a dit : « On vous aime. Vous êtes spéciaux ».

    Cette insurrection, ou ce coup d’état, n’est pas finie. Il y a plusieurs raisons à cela :

    • Il y a toujours un malade à la Maison-Blanche qui est prêt à tout plutôt que de reconnaître sa défaite
    • Il y a toujours une partie importante des politiciens républicains qui sont prêts à le suivre en enfer
    • Une majorité des électeurs républicains continuent de croire que les élections ont été trafiquées, malgré tous les échecs des recours en Justice, malgré la maigreur affligeante des « preuves » apportées par les avocats, malgré le recomptage des voix, malgré la certification des résultats par les secrétaires d’état républicains des états dont les résultats étaient contestés
    • Il y a toujours des dizaines, voire des centaines de milliers, de Trumpistes lourdement armés à Washington ou prêts à fondre sur Washington ou le Capitole de leurs Etats respectifs
    • Et finalement, et ce n’est pas le moins inquiétant, il y a clairement un pourcentage non négligeable de fascistes, Trumpistes, suprémacistes blancs au sein des forces de l’ordre et de l’armée des Etats-Unis. Cela ne peut être une surprise pour personne. Et c’est la seule explication à l’incroyable passivité des forces de l’ordre mercredi. Alors que tout le monde savait depuis des semaines que Trump et ses groupes paramilitaires appelaient à une grande manifestation violente le 6 janvier à Washington, alors que le jour même Trump appelait ses supporters à marcher sur le Capitole afin de forcer le parti républicain à invalider le résultat des élections, il n’y avait que 500 policiers peu armés pour protéger le Capitole. Il a fallu plusieurs heures pour que le Vice-Président fasse ce que Trump refusait : faire appel à la garde nationale.

    Mercredi, il était minuit -1 avant un coup d’état. Il sera minuit -1 encore longtemps !

  • USA : suspendus par un cheveu au-dessus du gouffre

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    Plus d’un mois après les élections et la proclamation des résultats, ce pays reste soumis à une propagande nauséabonde de son président en exercice et de toutes celles et ceux qui le soutiennent.

    Répéter un mensonge mille fois n’en fait pas une vérité. Mais polluer le débat public avec des mensonges mille fois répétés crée un « bruit » de fond suffisamment important pour semer le doute dans l’opinion publique. Cette technique est utilisée largement par les industries qui ont quelque chose à cacher et des intérêts à défendre. C’est le cas, par exemple, par rapport au changement climatique : 100% des spécialistes soutiennent que les activités humaines accélèrent le changement climatique mais parce que quelques « scientifiques » payés par les énergies fossiles soutiennent le contraire, ces mêmes énergies fossiles continuent leurs activités polluantes au nom de ce doute. La boucle est bouclée. Et c’est tellement facile de vous acheter une respectabilité lorsque vous faites des milliards de profits chaque trimestre.

    Depuis quatre années Trump a montré que tous ceux qui s’opposent à ses mensonges et ses violations de toutes les règles d’éthiques et de la Constitution des Etats-Unis sont soit forcés à la démission soit licenciés. Cela a commencé avec le patron du FBI en 2017, cela continue tous les jours et toutes les Administrations sensibles sont concernées. Derniers exemples en date, le licenciement le 17 novembre de Christopher Krebs, chef de l'agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures. Ce dernier avait assuré, dans un rapport, que l'élection américaine était « la plus sûre de l'histoire des Etats-Unis. » Le 4 décembre, 9 membres du Defense Business Board ont été démissionnés par le Pentagone et remplacés par 11 fidèles du président. Pourquoi faire cela quelques semaines avant votre démission si ce n’est pour intimider et créer des conditions favorables à un coup d’Etat ?

    Alors que Michael Flynn, le général qui a menti au FBI et qui a été récemment gracié par Trump, appelle celui-ci à déclarer la Loi martiale, la « démocratie » US ne tient plus que par quelques fils. Ces fils, ce sont les secrétaires d’Etat et responsables électoraux, républicains, d’Etats comme l’Arizona, La Géorgie et la Pennsylvanie. Malgré des menaces de mort sur eux et leurs familles, ils tiennent encore bon et sont prêts à faire le choix du respect des règles électorales. Dans un contraste saisissant, les élus républicains au Congrès des Etats-Unis se terrent dans un silence de mort. Il paraît, qu’en privé, nombreux sont ceux qui reconnaissent la victoire de Biden mais que de l’admettre en public serait un « suicide politique ». Ah les lâches ! Ah les couards ! Ah les pleutres !

    Edmund Burke a dit cette phrase restée célèbre : « La seule chose qui permet au mal de triompher est l'inaction des hommes de bien. » Quatre ans que ces élus se taisent bien qu’ils aient prêté serment et juré de défendre la Constitution de leur pays. Quatre ans qu’ils regardent leur président violer leur pays. Mais ce ne sont même pas des hommes et des femmes de bien puisqu'ils font passer leurs privilèges personnels avant le bien de leur pays.

    Espérons que les secrétaires d’Etat susnommés tiendront jusqu’au bout. Espérons qu’il y a des hommes et des femmes de bien à la tête de l’armée. Mais ce pays est, plus que jamais depuis l’arrivée de Trump au pouvoir, suspendu par un cheveu au-dessus du gouffre !

  • Trump : son meilleur business modèle

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    Homme d’affaires apparemment largement surévalué, Trump continue de gémir à la fraude depuis la Maison-Blanche. C’est toujours le même scénario répété en boucle, inlassablement : « je gagnais le 4/11 à 3h du matin et puis soudain « on » a balancé (sous-entendu : illégalement) des masses de bulletins en faveur de Joe Biden. » Sauf que ces bulletins n’avaient rien d’illégal. C’étaient les bulletins du vote par correspondance qui commençaient à être dépouillés. Et comme dans ce pays tout est politisé et polarisé, le vote en personne était à majorité en faveur du candidat républicain (corona sceptiques) et le vote par correspondance en majorité en faveur de Joe Biden (corona conscients).

    Pourquoi les bulletins du vote par correspondance n’ont commencé à être dépouillés qu’à partir du 4 au matin ? Parce que le congrès à majorité républicaine des états de l’Arizona, de la Pennsylvanie, de la Géorgie, etc.. avait refusé que ces bulletins soient comptabilisés au fur et à mesure de leur arrivée (contrairement à la Floride). En faisant cela, ils avaient créé la situation explosive dans laquelle les Etats-Unis se trouvent depuis 1 mois : un président élu qui prépare son Administration et un Président en fin de mandat qui multiplie les actions en justice pour tenter de voler l’élection et de discréditer le processus électoral, pierre angulaire de la démocratie.

    Il y a eu jusqu’à présent quantité d’interventions intempestives de Trump et plus de 40 actions en justice. Ce qui est intéressant, si l’on peut dire, est que Giuliani, l’avocat dément de Trump, clame partout où il le peut que l’élection a été entachée de fraudes massives mais que, chaque fois que lui ou un membre de son équipe, se voit poser la question par un juge : « Y a-t-il eu fraude ? », ils répondent : « non ». Pourquoi ? Parce qu’ils savent pertinemment qu’il n’y a pas eu de fraude et que s’ils mentent sous serment ils pourraient se faire rayer du barreau.

    J’ai fréquenté plusieurs pervers narcissiques dans ma vie et ils partagent tous certaines caractéristiques : ils se dépeignent toujours en victimes, ils répètent leur narratif en boucle sans jamais se lasser, ils sont « charmants » en public et violents avec leur compagne dans le secret des 4 murs. Trump est un pervers narcissique sous testostérone. Il a pris les Etats-Unis (voire le Monde) en otage et il exerce sa violence partout où il le peut. Il ne comprend que le langage de la force et de la confrontation. 

    Mais il y a un autre langage qu’il comprend très bien : l’argent. S’il a plusieurs fois fait faillite avec ses casinos, si son « université » a dû fermer car bidon, il a trouvé une fantastique vache à lait : la politique. En fanatisant les foules, il a trouvé le moyen de créer une machine à cash qui lui rapporte plus que les affaires et sans trop se fatiguer. Il a fait cela pendant la campagne de 2015-2016, il a continué pendant les 4 années de son mandat et maintenant il « joue » à être la victime pour obtenir encore plus de cash. Depuis l’élection perdue il fait des appels de fonds au public afin de financer les pseudo actions en justice pour rétablir la vérité. Résultat : 170 millions de dollars à ce jour.

    Chapeau l’artiste : 170 millions en 3 semaines pour écrire quelques tweets et regarder la télévision, c’est certainement le meilleur business modèle qu’il ait jamais eu.

  • Etats-Unis : 31% en faveur d’un coup d’état

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    Quoi qu’il fasse (et c’est littéralement l’homme du scandale permanent), quoi qu’il dise ou écrive (avec ses 500 mots, il a été extraordinairement prolifique), quelles que soient ses atteintes à la démocratie et aux institutions des Etats-Unis (que par ailleurs ses supporters prétendent être prêts à défendre de leur vie), il n’est jamais descendu en-dessous de ce socle d’électeurs fanatisés au long des 4 années de sa présidence (il a oscillé, bon an mal an, entre 31 et 47%). Et lors du dernier sondage, 31% des Américains jugent que l'action du président en exercice depuis les élections du 3 novembre est « bonne », voire « excellente ».

    Ces 4 années ont révélé l’extraordinaire fragilité de nos démocraties. J’ai déjà longuement disserté sur le sujet dans ce blog et la réalité nous a montré que ce qui paraissait coulé dans le béton (la « démocratie » US) ne tenait que lorsque ses acteurs avaient un minimum de décence personnelle : vous êtes pris la main dans le pot de confiture à vous démissionnez. C’est la règle. Et lorsque tout le monde respecte cette règle, la démocratie fonctionne plus ou moins bien.

    Arrive un satrape, qui bénéficie de la majorité au Sénat, qui remplace tout fonctionnaire prêt à respecter les institutions de son pays par des larbins aux ordres, qui jouit d’une incroyable machine de propagande et de désinformation, qui a nommé le ministre de la justice le plus corrompu de l’histoire, qui répond à toutes les tentatives de moralisation de la vie publique par un doigt d’honneur et l’on s’aperçoit qu’il n’y a en fait AUCUN recours, aucun garde-fou, aucune autorité pour lui mettre des limites.

    31, C’est donc le pourcentage d’Américains qui sont prêts à suivre Trump en enfer. Malgré tous les scandales. Malgré son refus de reconnaître le résultat des élections. Malgré toutes ses actions en coulisse pour confisquer les élections. Malgré sa volonté inébranlable d’inverser le résultat des élections afin de sauver la face et de se mettre encore 4 années à l’abri de toutes les actions en justice qui l’attendent lorsqu’il ne bénéficiera plus de la complicité active du ministre de l’injustice.

    31, c’est le pourcentage incompressible de citoyens US qui ne veulent pas voir la vérité. Et à voir les interventions de nombre de citoyens européens sur les réseaux sociaux et lors d’élections nationales, ce pourcentage ne serait pas très différent s’ils avaient l’occasion de s’exprimer en faveur d’un candidat aussi clivant que Trump.

    31, c’est le pourcentage incompressible de citoyens US qui vivent dans une autre réalité, qui croient à tous ses mensonges, qui appellent à un coup d’état d’extrême-droite. Comme si nous n’avions rien appris de l’Histoire. Terrifiant !

  • Les Etats-Unis : un changement d'Administration suffira-t-il ?

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    Je souhaite toute la Force et l'Amour du Monde à la nouvelle Administration dans un contexte extraordinairement difficile.

    Les 4 années qui ont déstabilisé les Etats-Unis et le monde vont s’achever en janvier. Une Administration « normale » va s’installer à la Maison-Blanche. Le travail qui les attend est colossal après le travail de sape, les incohérences, la vulgarité, la corruption, la destruction des normes et de l’éthique, la dénonciation de traités indispensables à l’avenir du Monde et, pour certains, à la puissance géostratégique des Etats-Unis. Sans parler du feu vert donné à tous les autocrates du Monde.

    C’est peut-être sur le plan de la conscience que les dégâts sont les plus considérables. Malgré ses limites intellectuelles évidentes, malgré le désordre de son caractère, malgré ses mensonges irrépressibles, malgré la pauvreté extrême de son vocabulaire, malgré tous ses défauts, il a su comme personne s’adresser à tous ceux qui souffrent aux Etats-Unis et dans les Sociétés occidentales en général. Beaucoup se sont reconnus dans sa colère feinte et manipulatrice. Il a réussi à leur faire croire qu’il était l’un des leurs, qu’il allait les défendre contre la Chine, contre l’immigration, contre les élites alors qu’il ne faisait qu’utiliser leur colère pour défendre ses propres intérêts.

    La leçon de ces 4 années (+1 si l’on inclut la campagne électorale de 2015-2016) est que nos pays où tout le monde est allé à l’école, où nous avons accès à une information potentiellement variée et diversifiée ne sont pas à l’abri de céder aux idées fascistes d’un tyran de pacotille. L’affaiblissement progressif des médias traditionnels au profit des réseaux sociaux qui sont programmés pour « nourrir » les individus exclusivement en informations ciblées pour chacun, ont donné une puissance extraordinaire aux idées et aux groupes complotistes. Beaucoup de gens croient dur comme fer que les Etats-Unis, voire le Monde, sont dirigés par un clan pédophile opérant depuis Washington et que Trump était le chevalier blanc, le Messie réincarné, qui allait libérer le Monde. Et ce n’est qu’une « théorie » parmi beaucoup d’autres, au moins aussi délirantes.

    Nul ne sait les dégâts qu’il va encore pouvoir occasionner d’ici la passation de pouvoir. Nul ne connaît l’étendue de son « héritage ». J’ai peur qu’il soit considérable au vu de la dose presque mortelle de poison qu’il a distillé dans la conscience de larges couches de la population américaine (et mondiale). La prochaine Administration va rapidement se heurter au mur que vont dresser le Sénat (s’il reste à majorité républicaine) et la conscience altérée de près de 50% de la population. Je crains que ce pays soit désormais encore plus difficile à gouverner, qu’il ne soit plus jamais comme avant.

    Si les Etats-Unis veulent éviter un avenir très noir, si l’Occident veut éviter l’autodestruction, il va falloir que les élites comprennent VRAIMENT, activement, qu’elles doivent lâcher une partie de leur pouvoir et de leur richesse plutôt que de financer un énième tyran (Mussolini, Franco, Hitler, Pinochet, etc..) qui va faire le sale travail à leur place. Il ne suffira pas de fermer l’hôpital psychiatrique qui s’était installé à la Maison-Blanche pour "guérir" nos Sociétés. Les plaies sont à vif. Elles le resteront, Surtout après avoir perdu celui que beaucoup voyaient comme leur héraut/héros. Il faudra écouter les populations qui souffrent depuis 40 ans sous les coups de la guerre totale menée par les plus riches contre la classe moyenne et les plus pauvres.

  • Le poisson pourrit toujours par la tête

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    Toutes les administrations dans l’histoire récente des Etats-Unis traînent leur lot de casseroles. C’est lié au fait d’être la première puissance du monde et d’avoir de nombreux intérêts à défendre. Je ne vais par réécrire l’Histoire ici mais tout le monde a en tête certaines dérives servant à défendre les intérêts réels ou supposés de ce pays. Et, quand elles n’étaient pas parfaitement clandestines, elles ont toujours été commises au nom de la morale et du respect du droit et/ou de la démocratie :

    • la guerre du Vietnam à partir de Kennedy
    • l’affaire des contras sous Reagan
    • la guerre contre l’Irak sous Bush père
    • la guerre contre la Serbie sous Clinton
    • les guerres en Afghanistan et en Irak sous W
    • le vaste programme de destruction d’ennemis par des drones sous Obama.

    Aujourd’hui, nous sommes dans un tout autre moment de l’Histoire. Cette administration, au lieu de défendre le bien commun, utilise 100% de son énergie à défendre un homme et une famille !

    Le « génie » de Trump, on le sait, est d’utiliser les médias à son profit. Il sait à tout moment faire parler de lui, même en négatif. Il est capable de lâcher une bombe médiatique pour détourner l’attention d’une autre bombe médiatique. Alors on voit ces journalistes « classiques », intelligents, éduqués, raisonnables et propres sur eux, courir en tous les sens comme des lapins au fur et à mesure que le président donne son rythme à l’actualité. Je crois qu’il vaudrait mieux le traiter comme on l’avait fait des terroristes à une époque. Lorsqu’on s’était aperçu qu’il y avait une dimension narcissique dans leurs actes, les médias ont décidé de faire le silence. Il faudrait faire la même chose avec le « génie très stable à l'insondable sagesse »  habitant la Maison-Blanche.

    Mais son vrai « génie » et s’il est toujours là malgré tous les scandales (il commet environ un crime par jour digne d’un impeachment depuis la minute où il a été élu), c’est d’avoir réussi à terroriser le parti républicain et ses représentants au Congrès. Tous ceux qui étaient encore lucides pendant la campagne électorale de 2016 se sont rangés derrière lui et, quoi qu’ils pensent en privé, se comportent comme des petits larbins prêts à bafouer leur honneur afin de le servir servilement. Si Trump est encore président, c’est parce que le parti républicain est un parti terrorisé (en plus d’avoir de profondes tentations fascistes) au service dévoué d’un homme obsédé uniquement par lui-même.

    De quoi ont-ils si peur ? Ils sont tous adultes et vaccinés et pourtant ils se comportent comme des enfants ayant peur du père fouettard. A-t-il un dossier compromettant sur chacun d’eux ?

    Si l’on prend Giuliani, l’avocat personnel de Trump. A l’époque où il était maire de New-York, il avait la réputation d’être dur contre le crime et d’avoir fait baisser la criminalité. Au nom de la Loi. Aujourd’hui il passe beaucoup de son temps à courir les télévisions pour raconter des insanités. On dirait le chapelier fou d’Alice au pays des merveilles mais sous amphétamine. Pourquoi ? Est-ce de la démence sénile ou de la peur ?

    Encore pire, le ministre de la justice. Il avait déjà été ministre de la justice sous Bush père et en avait conservé une réputation plutôt honorable. Il aurait pu vivre en paix avec cela et entrer dans l’Histoire. Et là, depuis le premier jour où il a été nommé par Trump, il se comporte comme l’avocat personnel du président. Il se bat bec et ongles pour le protéger, violant au passage toutes les règles éthiques liées à sa fonction ainsi que la Constitution de son pays. Il était riche, il avait une bonne réputation et il a fallu qu’il devienne une crapule. Pourquoi s’inflige-t-il cela ?

    Et je ne parle pas de tous les autres, qu’ils aient démissionné ou qu’ils soient actifs, car ils n’en valent pas la peine.

    Le « génie » malfaisant de Trump est de savoir manipuler les médias et surtout les faiblesses de l’être humain. Il sait à quel point l’humain est corrompu et aisément corruptible. Jamais sans doute dans l’histoire de nos démocraties nous n’aurons assisté au dévoiement aussi rapide de tous les principes moraux et éthiques des membres d’un gouvernement (exécutif et législatif) qui se comporte comme une organisation mafieuse au service du parrain.

    On dit que le poisson pourrit par la tête. Jamais cela n’aura été plus vrai

  • Hong-Kong : rare îlot de liberté en Chine (et dans le monde) !

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    Je suis impressionné par le courage de cette jeunesse qui se bat contre un pouvoir monstrueux d’inhumanité, de manipulation et de corruption. Tout est fait, en Chine, pour asseoir avec tous les moyens possibles et imaginables, une dictature si totale qu’il ne viendra bientôt plus à personne dans ce pays, ne serait-ce que l’idée de le remettre en question. La Chine d’aujourd’hui, grâce aux moyens numériques, est en train d’accomplir le pire de la « Révolution culturelle », à savoir le contrôle total et en « temps réel » des êtres. Plus besoin de les soumettre à de longues séances d’auto-critique. Ils sont soumis avant même de se révolter ou de « dévier » de quelque façon que ce soit.

    Alors que là-bas un « village » lutte encore et toujours contre un parti communiste composé, à sa tête, de fous furieux, ici et ailleurs dans le Monde, tous les peuples ne sont-ils pas confrontés à leurs propres fous furieux :

    • Occident : le capitalisme aveugle et sourd exploite les peuples de nos pays occidentaux et du Monde afin d’enrichir une poignée de privilégiés de façon répugnante. Et dans cette entreprise globale, tout est bon et les moyens de manipulation des gouvernements et des opinions sont parfaitement rodés. D’un côté vous avez les entreprises, entrepreneurs, actionnaires, riches de centaines de nouveaux milliards de dollars chaque année qui se paient des médias et des firmes de Relations publiques afin de faire systématiquement passer leurs intérêts avant ceux des Peuples. Et nous, les Peuples, personne ne nous défend, personne ne nous représente, si ce ne sont parfois des pantins ridicules et/ou dangereux et/ou débiles
    • Inde : un pays qui est de plus en plus pris par le vertige de l’Hindouisme fanatique
    • Brésil : a élu un monstre prêt à détruire ce qui reste des Peuples premiers et de la forêt amazonienne
    • Pays musulmans : ils sont tous confrontés, de façon souvent extrêmement brutale, à l’obscurantisme moyenâgeux des « fous de dieu ». Et il n’y a aucune issue en vue, bien au contraire
    • Russie, etc.., etc..

    Ce Monde fait de plus en plus peine à voir. Puisse ce rare îlot de liberté, à Hong-Kong, survivre le plus longtemps possible !

     

  • Quel destin tragique que celui de l’Humanité

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    Qu’est-ce qui fait que nous, humains, sommes périodiquement poussés à nous jeter à la gorge les uns des autres. Et clairement, nous nous approchons de plus en plus dangereusement d’un de ces moments. Tout le montre. Tout le prouve. Et pourtant, comme les moutons courant vers la falaise, rien ne semble pouvoir nous empêcher d’éviter ce funeste destin.

    Après chaque guerre, nous nous disons : « Plus jamais cela ». Les tensions s’apaisent. Et nous vaquons à nos occupations car il faut bien reconstruire tout ce qui a été dévasté. Et sitôt cela fait, la somme des égoïsmes individuels reprend le dessus. Ceux qui possèdent le pouvoir recommencent à perdre toute mesure et accaparent tout ce qu’ils peuvent accaparer. Les gens qui subissent cela se fâchent et cherchent des boucs émissaires. Qui ne sont souvent pas les bons. Nous cessons de nous parler. Nous nous enfermons dans nos bulles respectives, convaincus que l’autre est le problème. Les tensions montent. La cocotte-minute accumule la vapeur. Et plus il y a de vapeur et moins nous sommes capables de nous parler. Et un jour la tension est telle que ce que nous croyions impossible quelques décennies auparavant redevient possible.

    Regardez la situation géopolitique actuelle. Cela fait frissonner. Les pays musulmans sont à feu et à sang. Les pays pauvres haïssent les pays riches. Les pays riches méprisent et/ou exploitent les pays pauvres. Les dictatures comme la Russie et la Turquie cherchent à influencer par tous les moyens la politique des pays dits « démocratiques ». Et au sein de nos démocraties, nous ne nous parlons plus. Chaque groupe vit pour soi et essaye simplement de survivre. Des politiciens opportunistes cherchent à tirer un profit personnel de nos désarrois cumulés. Nous vivons cela partout. Aux Etats-Unis bien sûr qui a élu celui qui devient rapidement le fossoyeur de la démocratie tout étant celui de leur dignité. En Autriche, Allemagne, Hongrie, Pologne qui sont pris plus ou moins intensément par le vertige fasciste. Et voilà que le Brésil vient d’élire un pur aspirant fasciste, nostalgique du régime militaire qui a eu cours dans ce pays. Et cela ne s’est pas fait suite à un coup d’état mais dans les urnes.

    La situation est gravissime, évolue chaque jour un peu plus dans la mauvaise direction et je ne vois rien à l’horizon qui pourrait dévier notre trajectoire morbide. Quel destin tragique que celui de l’Humanité.

  • Parti républicain : un parti fasciste

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    Pas un jour sans que Trump ne s’attaque aux journalistes, à la justice de son pays et aux agences du renseignement. A savoir tous ceux qui questionnent son pouvoir. Pour parvenir à ses fins, il s’adresse à sa base en mentant effrontément, jour après jour, avec de plus en plus d’aplomb et de violence. Il s’adresse à sa base, à l’opinion publique par des tweets rageurs qui appellent ses troupes à la haine contre les journalistes, les membres des agences du renseignement et la justice car il sait qu’il n’a aucune chance d’avoir raison face à une cour de justice.

    Les journalistes américains sont menacés à cause de sa rhétorique nauséabonde. Le juge qui instruit le procès de Manafort a reçu des menaces et doit être protégé par la police. Dans un pays qui a atteint ce degré de violence, où les armes sont en vente libre, où les tueries de masse sont fréquentes, sa tactique n’est rien d’autre qu’un appel public au meurtre de ses opposants.

    En plus de sa corruption personnelle et de celle d’une large partie des membres de son gouvernement, il se permet ce qu’aucun président n’a fait depuis Nixon : s’ingérer avec véhémence dans le cours de la justice. La grande différence avec Nixon est qu’il le fait en plein jour. Par écrit et à la télévision, avec l’aide de son avocat véreux (Giuliani). Et le parti républicain continue d’être silencieux.

    Si à l’époque de Nixon il avait eu la dignité de faire tomber le président, il est aujourd’hui un parti répugnant car sa volonté de garder le pouvoir par tous les moyens :

    • redécoupages électoraux en leur faveur (gerrymandering)
    • suppression arbitraire de votants (voters suppression)
    • interdiction d’exercer son droit de vote en cas de problèmes, même mineurs, avec la justice (felons can’t vote)
    • probable manipulation des élections présidentielles en 2000
    • obstruction parlementaire un an avant les élections de 2016 à la procédure de nomination d'un juge à la Cour suprême désigné par Obama dans l'espoir que l'issue des élections leur serait favorable
    • probable collusion avec la Russie en 2016
    • refus entêté de prendre acte des innombrables et gravissimes transgressions du président

    en fait, de facto, un parti fasciste.

  • Les reclus de Monflanquin

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    Très intéressante émission sur France Inter (Affaires sensibles du 26/6/2018) qui, avec l’aide d’un psychiatre, fait le point sur la façon dont une famille (aristocratique) est devenue le jouet d’un manipulateur sans scrupules. Le système s’est installé, par étapes qui, tout en s’entremêlant et en se superposant, peuvent se résumer de la façon suivante :

    • Se faire apprécier de ses futures victimes
    • Repérer leurs failles intimes
    • Avoir réponse à tout
    • Casser le narcissisme de chacun
    • Diviser pour mieux régner / cloisonner les manipulés entre eux / assigner un rôle à chacun
    • User de pratiques sectaires
    • Casser les souvenirs d’enfance / mettre dans la détresse et la solitude
    • Faire croire que le monde extérieur est mauvais / créer la peur et la paranoïa / couper du monde
    • Détruire / torturer mentalement. Au besoin physiquement
    • Faire perdre tout esprit critique
    • Parvenir au but ultime qui était de faire travailler la famille entière à son profit tout en les ruinant totalement et définitivement en leur faisant vendre leur bien familial (un château) pour une bouchée de pain.

    Préjudice pour cette famille, près de 6 millions d’euros et une vie familiale, une intégrité physique et psychique à reconstruire entièrement.

    Les processus de la manipulation sont universels. Qu’il s’agisse d’un pervers narcissique au sein d’un couple, d’un gourou au sein d’une secte ou d’un dictateur dans un pays, si l’on adapte ces étapes aux circonstances, aux époques, aux cultures et aux nations, on va retrouver peu ou prou les mêmes mécanismes. C’est ainsi que l’on peut expliquer l’emprise d’un Erdogan sur le peuple turc ou la façon dont Hitler a sidéré suffisamment d’Allemands afin d’accomplir son œuvre monstrueuse. Et ne croyons pas que cela ne concerne que des familles de débiles, des couples de consanguins, des nations plus ou moins lointaines ou des époques révolues à jamais. Non, cela se passe tous les jours, chez des voisins qui semblent au-dessus de tout soupçon, voire au sein de notre propre famille.

    Sur un plan géostratégique, nous en avons un exemple terrifiant avec les Etats-Unis qui suivent exactement toutes les étapes de la dérive vers un système totalitaire voulu par un homme pervers, corrompu et toxique. Alors reprenons les étapes qui ont détruit cette famille et voyons comment on peut les appliquer aux Etats-Unis de Trump :

    • Se faire apprécier de ses futures victimes : Tenir un discours populiste et « sympathique » qui est en accord avec ce que la population en question a envie d’entendre
    • Repérer leurs failles intimes : Identifier les courants qui traversent la société, les frustrations qui montent, la colère contre la délocalisation des jobs vers la Chine (« America first », la colère contre les élites politiques qui sont coupées du peuple et de ses préoccupations (« Drain the swamp »)
    • Avoir réponse à tout : Avoir une réponse toute prête à toutes les préoccupations de l’électorat visé. Au besoin, l’inventer au moment où le cas se présente, sans lien aucun avec la réalité et les difficultés réelles des circonstances
    • Casser le narcissisme de chacun : Dénigrer tous ceux qui s’opposent à l’entreprise du manipulateur, non par des arguments basés sur des faits, mais basés sur des critères totalement subjectifs d’apparence physique ou de niveau intellectuel. Répondre aux critiques factuelles par des dénigrements infondés mais porteurs médiatiquement
    • Diviser pour mieux régner / cloisonner les manipulés entre eux / assigner un rôle à chacun : Accuser tous ceux qui mettent en doute l’intégrité du président d’être antipatriotiques, d’être corrompus, de travailler à détruire la nation. Cela s’applique au FBI et à la CIA et à toutes les agences du renseignement qui conviennent que la Russie est intervenue dans le processus électoral afin de faire gagner Trump alors que lui seul préfère croire à la parole de Poutin qui continue de nier l’implication de la Russie. Prétendre que les actions du FBI sont une chasse aux sorcières et le fruit du « deep state », une nébuleuse complotiste qui travaillerait à la perte des Etats-Unis en délégitimant, au sein de l’administration, l’agenda politique du président
    • User de pratiques sectaires : Les seules informations crédibles sont, pour le Président, celles venant de la chaîne Fox News qui, en termes d’objectivité, est digne de la Pravda
    • Casser les souvenirs d’enfance / mettre dans la détresse et la solitude : Remettre en question tout ce qui a fait les Etats-Unis tels que nous les connaissons en attaquant son rôle dans le Monde, en attaquant la Constitution chaque fois que cela gêne le Président aux entournures, en profitant de chaque faille pour s’y engouffrer, en faisant de ce pays une quasi dictature puisque le parti républicain marche au pas de l’oie et qu’il concentre TOUS les pouvoirs
    • Faire croire que le monde extérieur est mauvais / créer la peur et la paranoïa / couper du monde : Attaquer tous les traités signés par les Etats-Unis, que cela soit en terme de défense (l’OTAN et son rôle), de partenariat avec ses voisins immédiats (l’ALENA regroupant les Etats-Unis, le Canada et le Mexique au prétexte que cet accord est défavorable aux citoyens et aux emplois américains), de partenariat avec 11 pays asiatiques (le TPP sous le même prétexte que pour l’ALENA, alors que cet accord géostratégique avait été voulu par Obama afin de contenir la montée de la puissance chinoise), imposer des tarifs aux principaux partenaires et alliés des Etats-Unis sous prétexte de « sécurité nationale », dénoncer le traité sur le nucléaire iranien sans le remplacer par rien d’autre que des menaces
    • Détruire / torturer mentalement. Au besoin physiquement : l’homme d’affaires Trump était véreux. Nulle surprise qu’il est également un politicien véreux se comportant non pas comme un digne représentant de sa fonction mais comme un véritable chef maffieux
    • Faire perdre tout esprit critique : Faire des promesses intenables et jamais tenues, mentir, mentir, mentir afin de créer un brouillard qui rend la lecture des événements et des circonstances « indéchiffrable », traiter les médias critiques de « fake news » et de « failed media ». Remettre en question tout ce que la communauté scientifique nous rappelle afin de préserver notre avenir, comme autant de « fake news »
    • Parvenir au but ultime qui était de faire travailler la famille entière à son profit tout en les ruinant totalement et définitivement en leur faisant vendre leur bien familial (un château) pour une bouchée de pain : Le président n’a aucun scrupule à s’enrichir, lui et à sa famille, sur le dos des Etats-Unis, au mépris des institutions, de la Constitution, et des règles et pratiques couramment acceptées et respectées par tous ses prédécesseurs.

    Pour réussir une telle manipulation, il faut, après les formidables promesses initiales, que la/les victimes(s) refuse(nt) d’ouvrir les yeux lorsque les choses commencent à déraper. Et, en général, les victimes voient très exactement ce qui est en train de se produire mais ont mis leur esprit critique en stand-by afin de continuer de croire au conte de fée. C’est ainsi que le manipulateur se nourrit de ses victimes et s’engraisse sur son/leur dos.

    Puisse une partie au moins des 35-40 % de l’électorat US qui reste derrière Trump envers et contre tout se réveiller de son engourdissement mortifère. Puisse une partie suffisante du parti républicain se ressaisir avant de devenir le fossoyeur des institutions US, voire de l’Occident. Et sinon, pourvu qu’ils soient balayés par une vague démocrate à mi-mandat. Il en va de notre avenir à tous !

  • USA : Qui va triompher, Trump ou la démocratie ?

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    Après avoir mené une vie de golden boy, avec tout ce que cela comporte d’arrogance, de mépris pour les lois, de conquêtes faciles et souvent tarifées, de corruption et d’intimidation, il se trouve chaque jour plus près de sa chute. N’est-ce pas paradoxal qu’au moment où il s’est cru au-dessus des lois en devenant l’homme « le plus puissant du monde » il voie son passé lui remonter chaque jour un peu plus à la figure, un peu comme des égouts bouchés qui refoulent leurs miasmes dans les rues en répandant leur pourriture pestilentielle ?

    Comme ce n’est pas son incompétence qui va le faire tomber (si cela avait dû être le cas, ce serait fait depuis longtemps) alors qu’est-ce qui le menace ?

    • Sont-ce ses accointances plus que louches avec le pouvoir russe au travers de tous les oligarques proches de Putin avec lesquels il a fait affaire ?
    • Découvrira-t-on par quels liens Putin le tient en laisse ?
    • Sont-ce les nouvelles révélations sur la façon dont la Société Cambridge Analytica a manipulé les élections présidentielles en ciblant les profils facebook d’électeurs indécis dans les « swing states » ?
    • Ou encore les révélations de ces femmes qui ont eu des relations troubles avec lui et qui ont été soit agressées physiquement, soit manipulées, par avocats interposés, afin d’acheter leur silence ?

    Personne ne le sait encore mais le nœud coulant se resserre chaque jour un peu plus autour de son cou.

    Tout le monde sait, par contre, à quel point il est instable de caractère, impulsif et colérique et surtout prêt à tout afin de protéger ses intérêts. Les Etats-Unis il s’en moque comme d’une guigne. Lui seul compte et je ne doute pas qu’il serait capable de provoquer une guerre (y compris mondiale) à seule fin de détourner l’attention de ce qui le menace. Ce que l’on nomme aux Etats-Unis « wag the dog » (voir film du même nom). Le monde est en danger car un homme qui n’aurait jamais dû être élu à la Maison-Blanche est Commandant-en-chef de la plus puissante armée de tous les temps. Et rien ne l’arrêtera afin de cacher ce qu’il ne veut pas voir être révélé à la face du monde !

    Alors qui va triompher dans ce combat titanesque : Trump ou un sursaut de la démocratie ?


     

  • USA : la tentation fasciste du parti républicain (GOP)

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    Ce parti abrite en son sein des forces qui vont de la droite modérée à l’extrême-droite fasciste, mélange des restes du KKK, de ceux qui sont prêts à défiler dans les rues avec des croix gammées (Charlottesville) et des évangélistes qui ne sont que des fanatiques religieux de la pire espèce (l’équivalent chrétien des salafistes musulmans).

    Il nous a donné la « révolution conservatrice » (en gros tout ce qui détruit nos sociétés « démocratiques » depuis la chute de l’Union soviétique et notamment le colossal transfert de richesses en faveur du 0.1 % le plus riche de la population) et des présidents plus exaltés et dangereux les uns que les autres (Reagan, Bush jr et Trump). Afin d’imposer sa « vision » de la société, il n’a pas hésité à user de méthodes douteuses, en violation flagrante de la vie démocratique :

    • Il est depuis longtemps coupable de travailler à dissuader le vote des minorités afro-américaines (votant en majorité démocrate) en rayant un maximum de ces citoyens des listes électorales sous les prétextes parfois les plus futiles,
    • Il a sans doute confisqué l’élection présidentielle de l’an 2000 en trafiquant les élections en Floride (dont Jeb Bush était le gouverneur),
    • Il travaille sans relâche à redécouper les circonscriptions électorales afin d’isoler les électeurs démocrates dans des régions électorales n’ayant que peu de poids électoral,
    • Il possède les meilleurs « spin doctors », ces experts de la manipulation des opinions publiques

    Depuis que Trump est au pouvoir les choses ont pris une nouvelle dimension. S’il y a de temps en temps une voix discordante, la majorité du parti républicain marche derrière lui au pas de l'oie. Peu importe son degré d’incompétence, sa violation systématique des règles d’éthique, son népotisme, sa destruction des standards de gouvernement, ses discours creux, confus et contradictoires, pourvu qu’il les amène au nirvana. Avec son soutien, ils ont déjà dérégulé l’économie, offert un cadeau fiscal insensé aux plus riches, affaibli Obamacare, nommé un juge ultra-conservateur à la Cour suprême.

    Dans sa guerre contre certains médias (WAPO, NYT, CNN, MSNBC), contre les agences du renseignement (FBI, CIA), et contre le Procureur spécial Robert Mueller, Trump et le parti républicain s’attaquent aux derniers remparts qui protègent la démocratie dans ce pays pris par le vertige totalitaire. En :

    • Accusant systématiquement les médias qui enquêtent sur les liens entre la famille Trump (et ses associés) avec la Russie de « fake media » diffusant des « fake news »,
    • Prétendant que le sommet de la hiérarchie des agences du renseignement et du Département de la justice (DOJ) poursuivent un agenda politique (en faveur des démocrates),
    • Dénonçant l’enquête sur la collusion entre sa campagne électorale et la Russie d’être une « chasse aux sorcières »,
    • Demandant au Congrès, lors du discours sur l’état de l’union, de donner à chaque membre de son cabinet le pouvoir de « renvoyer les fonctionnaires qui sapent la confiance des citoyens ou qui manquent à leurs devoirs envers le peuple » (ce qui serait la fin de l’état de droit car cela lui permettrait de licencier toutes celles et ceux qui s’approcheraient de trop près de son marigot),

    Trump et le parti républicain ne font rien d’autre que ce que Poutine et Erdogan ont fait et font dans leur pays respectif : ils sapent les fondements mêmes de la démocratie. Trump, car son nombril et ses intérêts comptent plus que tout à ses yeux et les républicains car ils rêvent de diriger le pays d’une main de fer afin de l’amener à marche forcée vers leur idéal de société.

    Les Etats-Unis sont à un tournant. S’ils cèdent aux sirènes fascisantes du parti républicain ils se réveilleront demain dans un pays qui ressemblera plus à la Russie de Poutine ou à la Turquie d'Erdogan qu’à l’Amérique voulue par les Pères fondateurs. Et c’est terrifiant de penser à quelle vitesse, aux yeux de l’Histoire, un grand pays démocratique peut passer de l’un à l’autre.

  • Occident : Ne pas l’abandonner aux mains des corrompus et des corrupteurs

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    Jeudi 26 octobre à 7h30, l’invité de Romain Clivaz sur La Première était le constitutionnaliste belge Christian Behrendt. Un homme cultivé et éclairé. Mais à la question de savoir pourquoi les populistes (de gauche et de droite) avaient autant de succès en Europe, il n’a su que répéter qu’il ne fallait pas oublier que la construction de l’Europe politique avait apporté la paix et que les programmes d’aide avaient permis le développement des pays d’Europe centrale. Exactement ceux qui se rebellent le plus contre Bruxelles.

    Cette réponse est classique. Elle est parfaitement juste et légitime mais elle a le tort de ne pas répondre aux graves interrogations que se posent les peuples qui se révoltent contre leurs « élites ». Elle est donc, au mieux, incomplète, au pire, mauvaise, car premièrement personne ne conteste cela et deuxièmement cela ne répond en rien à l’exaspération croissante des peuples. Et c’est parce que les gens aux responsabilités ne répondent pas aux questions cruciales qui obsèdent, à juste titre, une large partie de la population, que nous voyons arriver au pouvoir des populistes de gauche et de droite, qui sont malheureusement plus ridicules, irresponsables, corrompus, ineptes et dangereux les uns que les autres :

    • Les Brexiters en Angleterre avec à leur tête Boris Johnson,
    • Trump aux Etats-Unis (lui, il cumule toutes les tares),
    • Viktor Orban en Hongrie (sérieusement corrompu),
    • l’AfD, un parti d’extrême droite qui est entré au Bundestag (pour la première fois depuis les années 30)
    • Sebastian Kurz, en Autriche, qui va s’allier avec l’extrême droite autrichienne pour gouverner
    • Andrej Babis en République tchèque, surnommé le « Trump tchèque » (ce qui est une référence en termes de corruption, de violations de toutes les règles d’éthique et de démocratie)
    • Marine Le Pen en France qui, si elle n’avait pas elle-même démontré l’étendue illimitée de son incompétence serait peut-être au pouvoir
    • Carles Puigdemont, l’irresponsable, qui fait rêver quelques catalans romantiques et/ou illuminés de grands soirs qui chantent.

    Les peuples d’Occident veulent des choses relativement simples, claires, mais difficiles à atteindre :

    • Un contrôle strict et éclairé (définir pourquoi nous devons le faire et comment) de l’immigration musulmane
    • Une fin de la mise en coupe réglée de nos économies par des financiers insatiables et sans limites.

    Ceux qui refusent de comprendre cela et continuent de nous abreuver de mots lénifiants sont les fossoyeurs de nos systèmes démocratiques et préparent des lendemains très sombres. Ce monde est souvent pathétique, mais il ne faut pas l’abandonner aux mains des ridicules, des populistes, des extrémistes, des corrompus et des corrupteurs.

  • Trump : course contre la mort

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    C’est le lapsus qui m’a échappé il y a 15 jours en voulant expliquer à ma fille l’état d’avancement de l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur les liens entre Trump (et son équipe) et la Russie.

    Elle avance à la fois rapidement car de nombreux liens sont désormais établis entre les intérêts de Trump lui-même et la Russie (il négociait pendant la campagne la construction d’une Trump Tower à Moscou tout en prétendant depuis toujours n’avoir aucun intérêt en Russie). Et de multiples contacts ont eu lieu à de nombreuses reprises entre Trump Jr, Paul Manafort (Directeur de campagne), Jared Kushner (beau-fils et Conseiller), etc.., etc.. et différents représentants du pouvoir russe au plus haut niveau. Les liens sont innombrables, avérés, documentés. Les intérêts de Trump en personne le sont également. De plus il a clairement voulu faire obstacle à la justice en licenciant le Directeur du FBI en disant lui-même à la télévision lors d’une interview qu’il avait pris cette décision en lien avec l’enquête sur la Russie. Bref, on en sait de plus en plus sur la mainmise de la Russie sur le processus « démocratique » aux Etats-Unis et comment ils ont réussi à manipuler l’opinion et les élections en faveur de Trump.

    En même temps cette enquête avance avec une lenteur désespérante car nous sommes au huitième mois de sa présidence et il n’y a toujours aucune inculpation et la procédure d’impeachment de Trump n’est encore qu’un espoir pour tous ceux qui espèrent que les Etats-Unis vont retrouver la raison. Tout cela par la faute du parti républicain qui continue de le protéger. Certes il lui a mis des freins :

    • obligation lui a été faite de lire un texte où il condamnait sans équivoque les suprémacistes blancs
    • interdiction de licencier son ministre de la justice (et par là-même le procureur spécial)

    mais c’est ce parti qui, en détenant la majorité au Congrès, empêche la procédure d’impeachment de commencer.

    Hier à la tribune des Nations-Unies il a démontré au Monde l’étendue de sa folie en menaçant la Corée du Nord de destruction totale, ce qui sous-entend un recours massif à l’arme nucléaire. Il a pour cela abondamment fait appel à une pléthore de mots irrationnels pour dépeindre ses ennemis, y compris des mots qui n’ont cours que dans certains cercles religieux, notamment les évangélistes américains.

    La course contre la montre est engagée entre tous ceux qui veulent empêcher Trump de continuer de piétiner la démocratie au profit de ses intérêts et de ceux de Poutine et les Illuminés de la Maison-Blanche et du parti républicain qui sont prêts à le suivre jusqu’à ce qu’il déclenche une guerre nucléaire.

    Alors, course contre la montre ou contre la mort ?

  • Trump : lentement mis sous tutelle par le parti républicain

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    De très intéressants développements ont eu lieu ces derniers jours qui démontrent que le parti républicain est enfin en train de prendre conscience du caractère toxique de la présidence Trump. Tout d’abord le Congrès a voté à une écrasante majorité (il n’a manqué que 3 votes) une proposition de Loi visant à empêcher le Président de lever les sanctions contre la Russie. Avant d’adopter de nouvelles sanctions. C’est, très ironiquement, la seule Loi que Trump ait signée jusqu’ici. La seule qu’il n’aurait jamais voulu signer.

    Le tout nouveau Secrétaire général de la Maison-Blanche, le général John Kelly, aurait exigé que personne ne puisse plus s’adresser au Président sans passer par lui, sa famille comprise. Et son téléphone est également contrôlé afin de limiter le risque de nouvelles tempêtes médiatiques, à coups de tweets rageurs. De plus, selon l’agence Associated Press, John Kelly a informé Le ministre de la justice Jeff Sessions que sa place n’était pas/plus menacée. Ce qui veut dire, en d’autres mots, que Trump ne pourra pas le limoger. Une hypothèse évoquée afin de pouvoir, en deux temps, se débarrasser du Procureur spécial Robert Mueller enquêtant sur les liens de la campagne Trump avec la Russie.

    Puis c’est le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, qui a apporté sa touche. Tout en envoyant le Sénat en vacances pour le mois d’août, il a utilisé une procédure qui va, de fait, maintenir le Sénat en activité minimale avec des séances dites « pro forma ». Même si celles-ci ne dureront que quelques minutes, ce sera une façon d’empêcher le Président d’utiliser son droit constitutionnel de nommer/limoger de hauts fonctionnaires pendant les vacances du Sénat, sans avoir à demander son accord. C’est la deuxième méthode choisie par les Républicains pour protéger Jeff Sessions et finalement Robert Mueller.

    Robert Mueller qui était menacé jusqu’à très récemment par le Président va pouvoir continuer son travail. Et il s’intéresse aux finances de Trump. Il est plus que temps que quelqu’un dans ce pays s’intéresse aux finances de ce roitelet de pacotille. Je suis convaincu que c’est là que se trouvent les réponses aux liens malsains entre Trump et la Russie car Trump, contrairement aux apparences, n’a pas toujours été un homme d’affaires avisé ni couronné de succès. Il serait tout sauf étonnant que certains oligarques russes soient venus plus d'une fois à son secours, d'une façon ou d'une autre. Et toute aide a un prix. Robert Mueller a maintenant nommé un Grand Jury. C’est une étape décisive car celui-ci a toute latitude pour faire comparaître littéralement n’importe qui devant lui. Il faut répondre aux questions sous serment et sans l’aide d’un avocat. Mentir est un crime. Imaginez le menteur pathologique devant un tel jury…

    Tout ceci prouve que le parti républicain se réveille lentement de son mauvais rêve. Rêve d’utiliser l’impensable victoire de Trump afin de faire tout ce qu’il n’osait même pas rêver de faire. Or après près de 7 mois de présidence, le bilan est inexistant. Et promet de le rester. Pire: c'est tout le parti républicain qui reste d'être entraîné dans sa chute. La mise sous tutelle de Trump est la première mesure afin de sauver ce qui peut encore l’être.

  • Trump démontre la fragilité de nos démocraties

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    Deux années de campagne électorale surréaliste et il a été désigné candidat républicain à la Présidence des Etats-Unis, envers et contre tous les avis autorisés.

    Six mois de Présidence chaotique où il a poussé le népotisme, le conflit d’intérêt, l’incompétence, la bêtise à des degrés insoupçonnés et il est toujours là.

    Certes il y a différentes enquêtes en cours sur ses liens et ceux de sa campagne électorale avec la Russie mais il est toujours là. Et ses « amis » républicains continuent de le soutenir alors que leur honneur, s’ils en avaient, aurait exigé depuis longtemps qu’ils se débarrassent de lui car pas un jour sans qu’un nouveau scandale n’éclate, sous une forme ou sous une autre. Non seulement il est totalement incompétent lui-même, mais son cabinet (celui ayant le QI le plus élevé de l’Univers comme le Ridicule-en-chef n’avait pu s’empêcher de le qualifier en janvier) est trop souvent à la hauteur de son chef : nul.

    Etant incapable de faire passer quelque loi que ce soit, le Satrape-en-chef fustige le monde entier et se plaint d’être victime d’une chasse aux sorcières de la part de médias qui ne relaient que des « fake news ». Grand argument qui semble encore avoir le soutien de sa base qui a décidé de rester aveugle à tout. Si Barack Obama avait fait 10% des turpitudes de l’Absurde-en-chef, je pense que des millions de républicains, blancs, évangéliques et armés auraient convergé vers Washington pour le lyncher.

    Ces jours Washington bruisse de rumeurs sur la stratégie que le Kleptocrate-en-chef pourrait adopter pour mettre fin à l’enquête du procureur spécial Robert Mueller. Seul le Ministre de la justice pouvant le révoquer, le Menteur-en-chef est en train de s’attaquer à Jeff Sessions, pourtant le premier Sénateur à lui avoir apporté son soutien, afin de le pousser à la démission. Raison : celui-ci ayant dû se récuser dans toute affaire liée à la Russie (car il avait menti au Sénat lors de son audition) ne peut licencier Rober Mueller. Et comme son adjoint (Rod Rosenstein), celui qui l’a nommé, ne semble pas décidé à le faire, le Manipulateur-en-chef pense qu’en obtenant la démission de Sessions il pourra nommer quelqu'un de suffisamment malléable pour faire le job.

    Le Ridicule-en-chef ne comprend la loyauté qu’à sens unique. Il l’exige de toute personne qui l’approche car dans sa totale méconnaissance des institutions et son non moins total mépris pour celles-ci, il croit que les fonctionnaires doivent faire serment de loyauté à sa petite personne alors qu’elles le font à leur pays et à sa Constitution. Par contre lui n’a qu’une seule loyauté, celle vis-à-vis de ses intérêts et ceux de sa famille.

    C’est pourquoi il est particulièrement enragé ces jours, Robert Mueller ayant annoncé qu’il allait enquêter sur ses affaires et sa déclaration d’impôts. C’est une ligne rouge car c'est là que se trouve la clé du Kremlingate. Et depuis il cherche n’importe quelle solution. Une alternative au limogeage du procureur spécial étant d’accorder la grâce présidentielle à sa famille et à … lui-même. Voilà où nous en sommes, un homme qui n’a rien à se reprocher, qui est victime de chasse aux sorcières, veut s’auto-accorder la grâce présidentielle. Mais la grâce de quel crime puisque il n’en a commis aucun ?

    Tout ce sinistre feuilleton démontre la fragilité de nos démocraties. Dans un monde idéal il n’aurait jamais dû être candidat. Ou au bout de trois mois de présidence être destitué. Au lieu de cela il est toujours là et il va user de toute sa capacité de nuisance afin de vider la démocratie américaine de sa substance. Et à ce jour il est bien difficile de voir qui va gagner ce bras de fer : d’un côté ce Sauvage-en-chef prêt à confisquer le pouvoir à son profit, avec l’aide de tout l’appareil républicain, et de l’autre quelques brillants journalistes qui font un travail inouï et un procureur spécial pouvant être limogé à tout instant.

    Nos démocraties sont décidément bien fragiles !

  • Trumpcare : cette haine vous rappelle-t-elle quelque chose ?

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    Rendons justice à Trump en renommant ce projet autrement car son incompétence est telle qu’il n’a absolument aucune part dans les différentes tentatives de réécriture de la loi concoctées par différents leaders du parti républicain. Avec sa capacité de concentration digne d’un poisson rouge et le temps qu’il passe à regarder la télévision, à jouer au golfe et à tweeter des tombereaux d’insanités tout se passe dans d’autres officines que les bureaux de la Maison-Blanche.

    De janvier 1940 à août 1941 les nazis ont mené une campagne systématique d’extermination des handicapés physiques et mentaux. Appelée Aktion T4, elle a été accomplie avec détermination par tout un appareil d’Etat. A partir du moment où le programme a été découvert des milliers de citoyens ont protesté avec un courage exemplaire face à l’ignoble appareil répressif du régime. Ces protestations contribuèrent à son arrêt officiel mais il y eut entretemps 70'000 à 80'000 victimes. Et même si l'Aktion T4 cessa officiellement en août 1941, l'extermination des handicapés se poursuivit tout au long de la Seconde Guerre mondiale et jeta les bases de la solution finale.

    En 2017, de nombreux élus du parti républicain sont décidés à priver des millions d’américains de soins médicaux. Selon le CBO (en français, le bureau du Budget du Congrès américain, pourtant dirigé par un républicain) le projet laissera plus d’américains sans couverture médicale qu’avant l’introduction d’Obamacare. Les analyses prévoient que les pauvres devront payer beaucoup plus pour une moins bonne couverture et les personnes âgées à faibles revenus seront particulièrement impactées. Et, ironie de l’histoire, ce sont ces millions d’américains pauvres ayant massivement voté pour Trump, en croyant à ses slogans sans substance, qui seront le plus durement impactés en perdant toute couverture. Obamacare est un système de couverture des soins médicaux mais également un moyen efficace et intelligent de diminuer les inégalités. Le plan mis sur pied en grand secret par le sénateur républicain Mitch McConnell (après celui de Paul Ryan ayant échoué en mars) est une attaque directe et massive contre les plus pauvres, ces « abandonnés de Dieu » selon certains courants évangélistes, les handicapés et les femmes. Priver de soins des millions d’américains pauvres et parmi eux de nombreux handicapés dans le seul but de donner des rabais fiscaux de près de 600 milliards de dollars aux plus riches (890 dans le plan de Paul Ryan) est un plan cynique, hypocrite, cruel, arrogant, égoïste, abject. L’hypocrisie du projet mise à part, cette haine contre certaines catégories de la population vous rappelle-t-elle quelque chose ?

  • Etats-Unis : la démocratie bouge encore, mais…

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    La nomination d’un Procureur spécial par le vice-ministre de la justice des Etats-Unis prouve que le président a franchi une ligne rouge en destituant le directeur du FBI alors qu’il était soupçonné de lui avoir demandé d’arrêter l’enquête sur le très éphémère conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn. De nombreux démocrates ont demandé cette nomination, ainsi que quelques trop rares républicains, alors même que comme l’a très justement dit le 14 mars l’ancien directeur du renseignement américain, James Clapper : « Le président menace les institutions [démocratiques] de l’intérieur ».

    Il aura fallu cela ! Et pourtant Trump n’a pas été avare de sa personne pour se discréditer depuis qu’il s’est présenté comme candidat à l’élection. Il a utilisé toutes les ficelles du populisme le plus pestilentiel pour gagner l’investiture du parti républicain, utilisant systématiquement les attaques personnelles infondées, outrancières, absurdes, mensongères pour galvaniser les foules :

    • Hillary Clinton était systématiquement appelée « Hillary la véreuse » (« Croocked Hillary »)
    • « Obama a créé Daesh »
    • « Le gouverneur du Texas devrait passer un test de QI »
    • Le père de Ted Cruz (un de ses opposants pendant la primaire) « a été impliqué dans l’assassinat de Kennedy »
    • Et récemment, après avoir licencié James Comey, il l’a accusé de ne pas savoir gérer son agence (« Le FBI est dans la tourmente ») et que James Comey était un « frimeur » et un « fou »

    Il utilise systématiquement tous les subterfuges typiques des populistes et des dictateurs en devenir :

    • Se présenter comme l’homme providentiel, seul capable de régler tous les problèmes du pays (selon lui, les plus graves problèmes du siècle sont faciles (« easy ») à résoudre)
    • Dire exactement ce que sa base la plus désespérée veut entendre. Même si par ses actes, depuis qu’il est élu, il fait exactement le contraire (c’est malheureusement un travers partagé par beaucoup de politiciens même moins caricaturaux)
    • Utiliser des phrases-chocs courtes, qui s’impriment facilement et les répéter en boucle jusqu’à mettre ses supporters dans une sorte de transe qui va leur faire perdre leurs capacités de jugement (« L'Amérique d'abord », « Enfermez-la ! (en parlant de Hillary) », « Construisons le mur ! », « Vous allez être tellement gagnants » , «  Tellement facile », « Le premier jour nous allons abolir et remplacer Obamacare », etc..)
    • Lors de ses meetings, il aimait exciter la foule et son service d’ordre afin d’expulser tous ceux qui pouvaient présenter des signes d’indépendance d’esprit
    • Il s’est entouré d’un aéropage de fidèles porte-parole qui sont prêts à dire littéralement n’importe quoi afin de défendre leur chef (Sean Spicer qui devrait bientôt craquer car je crois que c’est au fond un type bien même s’il se sera sali trop longtemps au contact de ce président indigne, Kellyane Conway qui ne craquera jamais car elle vit des mêmes délires que son patron, le sinistre nazillon Stephen Miller qui au lendemain du premier blocage d’un décret anti-immigration de Trump a dit sur tous les médias avec un air sinistre qui a dû faire frémir tous ceux qui ont l’âge de se rappeler des années 30 : « Les pouvoirs du Président sont immenses et son autorité ne sera pas remise en question »).

    Il n’hésite pas à licencier ceux qui pourraient le gêner :

    • Sally Yates, la Ministre de la justice par intérim, après qu'elle ait prévenu par deux fois que Michael Flynn était compromis
    • En mars, il a licencié 46 juges fédéraux, dont Preet Bharara, juge du district sud de New-York, qui inclut le siège de l’empire Trump et est en même temps le juge le plus important dans la lutte contre le blanchiment d’argent puisque c’est à Wall Street (Manhattan) que se trouve le siège des grandes banques. Et il était justement en train d’enquêter sur les liens entre Trump et les oligarques russes liés à Poutine
    • Le directeur du FBI

    Et puis il admire tellement les dictateurs :

    • Poutine
    • Erdogan: il est le seul dirigeant occidental à lui avoir téléphoné pour le féliciter après son hold-up antidémocratique (au soir du référendum)
    • Kim Jong-un: Il a dit qu’il serait « honoré de [le] rencontrer » (le 1er mai)
    • Duterte: Il a invité le Président psychopathe des Philippines à la Maison-Blanche (le 30 avril).

    La démocratie étasunienne va vivre une année 2017 particulièrement cruciale. Elle est confrontée à un président qui démontre jour après jour un mépris congénital pour les Lois de son pays :

    • Il ne paye pas ses impôts et en est fier
    • Il refuse de montrer sa déclaration d’impôts
    • Il continue de diriger son empire même s’il a créé un simulacre de « blind trust » au profit de ses fils (et surtout de lui-même)
    • Il a institutionnalisé le népotisme,
    • etc..

    De plus il n’hésite pas à confirmer lui-même, qu’il a fait obstruction à la justice en licenciant le directeur du FBI. Jamais un Président n’a eu le courage ou la folie d’admettre un tel crime. Donc soit il est totalement fou, soit il pense que grâce à sa base qui lui reste fidèle il pourra surmonter tous les obstacles (n’a-t-il pas dit pendant la campagne « Je pourrais tuer quelqu’un sur là 5ème Avenue [de New-York] et je ne perdrais pas de votants »). Aucun président ne devrait pouvoir résister à cela et l’impeachment devrait être au bout de cette procédure. La démocratie américaine bouge encore, mais le fait que le vice-président, celui qui a relayé et étayé tous les mensonges de son maître, succède à Trump n’est qu’à moitié rassurant.

  • Etats-Unis : autopsie du naufrage républicain

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    Le parti républicain qui cristallise en son sein les pires ferments de haine de la société américaine a une très lourde responsabilité historique. Ne serait-ce que pour avoir orchestré le vol des élections de l’an 2000 au profit de Bush jr, avec toutes les conséquences apocalyptiques que cela a entraîné. Pendant les 8 années de la Présidence Obama, il a aiguisé sa haine et sa rancœur et s’est aligné derrière Trump, le candidat devenu président qui montre son mépris total des Lois et sa volonté de faire entrer son pays dans son monde alternatif fait de mensonges, de brutalité, d’intimidation, de corruption, de népotisme et d’incompétence. Et le parti républicain non seulement se tait mais continue de le soutenir.

    Pendant la dernière année de sa Présidence, le parti républicain a empêché Obama de nommer un juge à la Cour suprême au prétexte que dans la dernière année de son mandat un Président n’est plus légitime. Puis lorsque les démocrates ont tenté d’empêcher la nomination d’un juge ultra-conservateur, les républicains du Sénat, le 6 avril, ont changé les règles de nomination. Il suffit désormais de la majorité simple (51 voix sur 100) au lieu de la majorité qualifiée (60 voix sur 100) pour élire un juge. C’était « l’option nucléaire », terme qui exprime bien la gravité de ce changement sur l’équilibre des pouvoirs aux Etats-Unis.

    La saga sur l’Obamacare est du même tonneau. Après avoir lamentablement échoué une première fois à l’annuler, Trump, avec la complicité active de son parti, a réussi à faire passer quelque chose. Une loi inique (883 milliards de dollars de rabais fiscaux pour les ultras-riches, ce qui va faire perdre leur couverture maladie à des millions d’Américains, alors que pendant la campagne il avait promis de faire une loi couvrant plus de citoyens pour une fraction du coût) que même les représentants républicains n’avaient pas lu. Il fallait sauver la face, faire passer n’importe quoi. Même la liste des courses au supermarché du coin aurait eu les faveurs du parti républicain tant la panique était en train de les gagner.

    Cette semaine Trump s’est attaqué au directeur du FBI. Sombre histoire que celle-ci. Après s’être peut-être fait manipuler pour qu’il rouvre l’enquête sur les e-mails d’Hillary Clinton 10 jours avant les élections (ce qui lui a sans doute fait perdre celles-ci) et de la refermer quelques jours plus tard (le 6 novembre) car le FBI n’avait rien trouvé de nouveau, il s’est attaqué à l’enquête sur les liens entre l’équipe de campagne de Trump et la Russie. Si Trump ne pouvait que le remercier d’avoir contribué à le faire élire, il était en rage de le voir s’approcher d’un peu trop près dans son enquête sur ce que l’on commence aux Etats-Unis à appeler le « Kremlingate ». Alors cette semaine il a fait venir le vice-ministre de la justice (le ministre avait dû se récuser dans toute affaire touchant à la Russie après avoir menti sur ses propres contacts russes) pour qu’il lui écrive une note justifiant le licenciement de James Comey pour incompétence, entre autres dans « la gestion des e-mails d’Hillary Clinton » (sic). Puis il l’a licencié en arguant du fait que la demande venait du patron du Directeur du FBI. Ensuite la machine de propagande s’est emparée de ce narratif et l’on a pu voir les différents porte-parole et le vice-président colporter cette salade dans les différents médias. Mais cela a dû faire de l’ombre à l’ego de Trump. Alors il n’a pu s’empêcher d’aller dire autre chose sur un autre média : « Indépendamment du rapport [établi par le vice-ministre de la justice] j’allais de toute façon licencier Comey ». Puis il l’a menacé ouvertement dans un tweet vendredi matin : «James Comey ferait bien d'espérer qu'il n'existe pas d' enregistrements de nos conversations avant qu'il ne commence à faire des révélations à la presse!» Ce qui ressemble furieusement à une tentative d’intimidation de témoin. Et le parti républicain non seulement se tait mais continue de le soutenir activement. De toutes ses forces.

    Ce qui est très inquiétant dans ce qui se passe est que, visiblement, et comme je le craignais déjà dans ma note du 10 novembre, il n’y a plus de contre-pouvoir aux Etats-Unis ( « Trump: la responsabilité historique de nos élites »). Trump peut dire n’importe quoi, tweeter des absurdités en cascades, promouvoir des Lois iniques, licencier des Directeurs d’Agences fédérales, menacer ceux qui pourraient parler de ses liens avec la Russie, faire dire tout et n’importe quoi à ses porte-parole avant de les contredire lui-même 5 minutes plus tard, engager ses proches sans mandat en leur permettant ainsi d’avoir accès à des informations ultra confidentielles, violer toutes les Lois d’éthique et de bonne gouvernance, se comporter en apprenti dictateur, les Républicains continuent de faire corps derrière lui. Et à part les humoristes et les journalistes qui ont encore un cerveau il ne reste rien de l’équilibre des pouvoirs dans la démocratie américaine qui ne sera bientôt plus qu’un souvenir. Tout cela grâce à la dérive du parti républicain qui est depuis toujours traversé par de puissantes forces d’extrême droite. Et ce qui est à noter est que la dérive de Trump vers une dictature n’est pas le fruit d’un projet politique. Il est beaucoup trop inculte et beaucoup trop stupide pour qu’on puisse lui faire ce « crédit » (si tant est que cela en ait jamais été un). Non sa dérive autoritaire n’est qu’au service de son narcissisme incommensurable.

    Alors une république et un parti peuvent-ils se déshonorer pour servir l’ego d’un minus ? Quoiqu’il arrive, cette dérive qui est en marche depuis longtemps et qui culmine avec la présidence Trump sera le grand stigmate qui, espérons-le, hantera ce parti pour toujours.

  • Trump : Pourquoi les Républicains continuent de le soutenir ?

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    Après avoir très largement perdu le vote populaire l’actuel président commence peut-être à entrevoir la réalité du pouvoir aux Etats-Unis. Je dis peut-être car son ego est si pathologiquement surdimensionné qu’il semble systématiquement incapable d’appréhender les faits dans leur réalité. En tous les cas vis-à-vis du monde extérieur. Ce qui est de plus en plus évident, c’est que les difficultés s’accumulent au-dessus de sa tête. En dépit de tous les mensonges répandus à la face du monde au travers de ses tweets et avec la complicité active de ses porte-parole (Sean Spicer, Kellyane Conway, etc…) il a maintenant à faire face à des difficultés qu’il ne semblait pas avoir envisagés pendant sa campagne où les insultes, les anathèmes et les mensonges (plus ils étaient énooooormes et plus il les répétait en boucle) lui ont servi de programme.

    Si, au début, il a eu quelques succès faciles en signant des décrets iniques (j’en ai déjà cité quelques-uns dans des notes précédentes), lorsqu’il a dû s’attaquer pour la première fois au passage d’une Loi devant le Congrès, ce fut une autre paire de manches. Sept ans que les Républicains juraient que sitôt au pouvoir ils allaient « repeal and replace » Obamacare. Sept ans et au final cela a fait pschitt car leur projet était une totale absurdité : trop modéré pour les extrémistes du parti et trop extrémiste pour les modérés (pensez aux 24 millions d’américains qui auraient perdu leur couverture maladie à cause d’une augmentation des primes de près de 1000% pour les plus modestes « contrebalancée » par des rabais fiscaux de 300 milliards pour les plus riches). Une négociation sur une réforme de l’assurance maladie nécessite des efforts considérables. Ce sont des mois, voire des années de dur labeur et de compromis avec les adversaires politiques. Rien de tout cela n’a été fait car Trump, le Négociateur-en-chef, n’a visiblement aucune idée du fonctionnement des institutions politiques des Etats-Unis. Il a sans doute cru qu’en laissant faire le sale et fastidieux travail à Paul Ryan et en signant 2-3 décrets il allait enregistrer une grande victoire politique. Après l’avoir laissé pédaler dans la semoule il a, au final, essayé de tordre le bras aux élus républicains pour qu’ils votent sous la contrainte. Ce qui a lamentablement échoué. Cela démontre simplement sa totale immaturité politique et son inadéquation à ce poste. Sans parler de ses piètres qualités de négociateur.

    Sur le plan politique, ses affaires sont chaque jour un peu plus difficiles. Après avoir invectivé le monde entier en traitant chaque information qui lui était défavorable de « fake news », les choses sérieuses semblent avoir commencé le jour où Michael Flynn, l’ex-conseiller à la sécurité du président, a dû démissionner. Seulement  quelques jours après son entrée en fonction. Lui et sa compagnie (la Flynn Intel Group) avaient accepté des mandats au profit d’intérêts russes et turcs (il a notamment été un ardent défenseur de l’extradition de Fethullah Gülen vers la Turquie). Dans ces 2 circonstances il a agi en tant qu’agent au service d’une puissance étrangère.

    Puis ce fut le Ministre de la justice, Jeff Sessions, qui a dû se récuser dans toutes les questions touchant à l’enquête sur la Russie puisqu’il a menti sous serment concernant ses liens avec le gouvernement russe durant la campagne. Mais cela ne s’arrête pas là, car de plus en plus d’affaires remontent à la surface.

    Le nouveau Ministre du commerce, Wilbur Ross, par exemple, a siégé longtemps au Conseil d’administration de la Banque de Chypre. Cette banque semble connue pour être une machine à blanchir l’argent sale des oligarques russes.

    Paul Manafort, l’ancien responsable de campagne de Trump, aurait reçu 10 millions de dollars afin de travailler à la défense d’intérêts russes. Sean Spicer essaye maintenant de minimiser son rôle durant la campagne : « Il était là mais il n’a presque rien fait » alors qu’il a été publiquement remercié par Trump pour son « magnifique » travail.

    Rex Tillerson, le nouveau Secrétaire d’état a été décoré par Poutine himself pour services rendus (l’Orde de l’Amitié).

    Et finalement, il y a quelques jours, James Comey (le Directeur du FBI) a admis que son agence enquêtait sur les liens entre la Russie et l’équipe Trump (de campagne, de transition et finalement de son gouvernement).

    Je suis le premier à déplorer, y compris dans ce blog, la façon bornée dont les gouvernements occidentaux ont traité la Russie d’après la chute de l’URSS et continuent de la traiter. Mais pas à n’importe quel prix. Et certainement pas au prix de Trump à la Maison-Blanche.

    Où que l’on regarde on retrouve des liens suspects entre les membres de cette Administration et la Russie qui avait tous les intérêts du monde à favoriser la mise en place d’une administration plus favorable à ses intérêts. Et cela devient de plus en plus intéressant, puisqu'on parle maintenant de façon très précise et circonstanciée d’une attaque informatisée de la part de la Russie contre la démocratie américaine (et peut-être la démocratie tout court). Il semble que des robots ont été programmés et utilisés afin d’inonder le net de fake news devant discréditer les démocrates en général et la campagne d’Hillary Clinton en particulier. Avec les résultats que l’on sait.

    Petit à petit le nœud coulant va se resserrer. Je suis prêt à parier qu’au fil des semaines et des mois on passera de ses proches à Trump lui-même (ne serait-ce que pour la vente qui pourrait se révéler suspecte d’un bien immobilier à un oligarque russe). Ce jour-là la procédure d’impeachment commencera officiellement. En attendant Trump et son administration sont totalement illégitimes. Mais les Républicains continuent de le soutenir car ils vont tenter de profiter du pouvoir pour faire passer le plus de lois iniques que possible.

  • Trump : ne pas se tromper de raisons pour le combattre

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    La raison pour laquelle l’imposteur-en-chef (il a perdu le vote populaire par près de 3 millions de voix), tant critiqué pas son propre parti pendant la campagne électorale, a rallié tous les membres du parti républicain sitôt la victoire acquise est qu’ils ont senti l’odeur du sang : s’attaquer à tout ce qu’a fait Obama qui, dans leur haine raciale et leur haine de classe est la première cible à abattre. Sitôt cet objectif atteint, s’attaquer au peu de mesures sociales et environnementales qui restent dans ce pays afin de laisser le champ libre aux pires aspects du capitalisme : un Darwinisme qui récompense le plus fort et broie les plus faibles. Tout cela accompagné d’un agenda social rétrograde et moralisateur tentant d’interdire l’avortement grâce à la nomination (à vie) d’un juge à la Cour suprême particulièrement conservateur. C’est l’agenda de tous les présidents républicains. Il va simplement achever ce que Reagan et Bush jr n’ont pas pu terminer.

    Le festival a commencé dès le premier jour. Cela se fait, pour l’instant, par décrets (« Executive Orders » et « Presidential Memoranda »). Ils se regroupent, pour l’instant, en plusieurs catégories :

    - Défaire ce qu’Obama a entrepris malgré l’hostilité du Congrès à majorité républicaine et diminuer l’emprise de l’Etat sur l’économie :

    • Affaiblir l’obligation faite aux citoyens de contracter une assurance maladie
    • Mettre toutes les législations signées sous l’ère Obama en attente d’être revues par la nouvelle administration
    • Sortir du TPP (qui était un traité destiné à contrôler la montée en puissance de la Chine)
    • Geler l’embauche au niveau fédéral (à part l’armée et la sécurité)
    • Autoriser la construction de deux pipelines très controversés et accélérer l’étude d’impact, notamment environnemental, sur les grands projets d’infrastructure
    • Faciliter les procédures de mise sur le marché de nouveaux produits pour les entreprises US et réduire les impôts sur les entreprises
    • Affaiblir les lois sur le contrôle du secteur bancaire et financier édictées afin d’éviter de répéter les conditions ayant mené à la crise de 2008 : la loi Dodd-Frank, qui oblige les banques à (entre autres) augmenter leurs fonds propres et à prévenir leur propre surendettement et la règle Volcker qui vise à freiner les investissements spéculatifs des banques avec l’argent de leurs clients

    - Renforcer les mesures contre l’immigration clandestine :

    • Construire le mur
    • Accélérer le renvoi des sans-papiers
    • Interdire l’entrée aux ressortissants de 7 pays musulmans

    - Renforcer l’armée et les mesures assurant la sécurité du pays :

    • Reconstruire l’armée avec de nouveaux avions, bateaux, matériels

    - Sociales :

    • Interdire de financer avec des fonds fédéraux des agences faisant des avortements ou militant en faveur de l’avortement

    C’est roboratif, dangereux pour l’avenir (qui a envie d’un remake de la crise de 2008 ?) et ce n’est que le début. Et pourtant les gens ne sont descendus dans la rue que pour dénoncer l’interdiction faite aux ressortissants de 7 pays musulmans d’entrer aux Etats-Unis. Mais c’est tellement plus grave que cela. Jamais dans l’histoire de nos démocraties un gouvernement n’a cumulé autant de potentiels conflits d’intérêts. Pas un seul membre de cet aéropage de milliardaires qui n’ait un intérêt direct et immédiat à démanteler les législations fédérales dans son domaine respectif (à commencer par Trump lui-même). L’agence de protection de l’environnement va être démantelée ou, au minimum, vidée de sa substance. Les pétroliers auront carte blanche. Les fonds fédéraux vont être redirigés vers les écoles privées au détriment des écoles publiques qui dispenseront un enseignement de mauvaise qualité aux classes défavorisées. Les impôts des plus riches vont à nouveau être diminués au détriment de la classe moyenne (on sait très bien faire cela en Suisse également). Le pays va recréer une montagne de dettes selon le principe qu’il faut privatiser les profits et socialiser tout ce qui coûte : les infrastructures, la défense, les dettes, etc… Medicare et Medicaid vont être démantelés ou au minimum gravement affaiblis. Et Dieu sait ce qu’il y a encore dans leurs cerveaux malades.

    L’élection du menteur-en-chef et de ses affidés est la pire chose qui pouvait arriver pour notre avenir commun. Alors ne nous trompons pas de combat.

  • Trump : la vanité à la Maison-Blanche

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    Avant le début de la cérémonie d’investiture j’entendais les journalistes de CNN se demander anxieusement si la grandeur de sa fonction était enfin en train de le pénétrer. En regardant, pendant l’office religieux, son visage grave d’hypocrite, le doute était permis. Et puis, lorsqu’il est apparu sur le parvis du Capitole et qu’il a levé son petit poing comme un sportif, j’ai su que le costume présidentiel serait à jamais trop grand pour lui car la vanité est son plus grand moteur.

    Tout ce qui a fait la « beauté » de la présidence Obama : l’intelligence, la finesse, la dignité, la compassion, l’usage mesuré de la force est remplacé par son hideux contraire : la vanité, l’arrogance, la grossièreté, l’insulte, la vulgarité, l’obscénité, la vantardise, l’égoïsme. Il a le niveau de développement de la personnalité d’un adolescent. D’un adolescent sérieusement perturbé malheureusement pour nous tous. Il sait tout mieux que le reste du monde, si quelque chose ne lui plaît pas il trépigne jusqu’à ce qu’il obtienne gain de cause, il ment éhontément, même face à la réalité brute des faits, réarrange le monde afin qu'il se conforme à ses besoins, il manipule, il intimide, il utilise la force pour voler ce qu’il convoite, y compris la dignité des femmes. Nous avons assisté, 8 années durant, à l’exercice du pouvoir par un couple exceptionnel et maintenant nous allons souffrir par la faute d’un couple qui est à peu près son exact négatif.

    Sa volonté de se concentrer sur une Amérique centrée sur elle-même prouve qu’il n’a aucune vision géostratégique pour son pays et pour le monde car il semble croire qu’il peut gérer ce pays comme une entreprise, purement sur un rapport bénéfice/coût. Et les gens qui l’ont fait élire croient-ils vraiment que cet aéropage de milliardaires, ceux précisément qui ont organisé et le plus profité de la mondialisation va soudain défendre la classe ouvrière ? Le clash entre les promesses électorales populistes et la réalité des intérêts des nantis va rapidement éclater.

  • Trump : la responsabilité historique de nos « élites »

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    Après 8 années d’un président digne à tous égards et ayant redonné de la dignité et à son pays et à sa politique, après l’aventurisme délirant du minuscule rejeton Bush, les votants ont choisi le pire individu que ce pays a pu produire. A part tout et son contraire, il a promis de « nettoyer le marigot » (« drain the swamp »). Eh bien, en fait de marigot, nous sommes gâtés. La droite républicaine est un repère d’ultra-libéraux, de conservateurs de la pire espèce, de défenseurs du port d’armes et d’ultra religieux qui seraient prêts à faire de leur pays une véritable théocratie.

    Ce qu’il y a de pire, si c’est possible, est que contrairement à ce que disent certains, peut-être pour se rassurer, il n’y a plus de contre-pouvoir aux Etats-Unis : la Chambre des représentants et le Sénat sont restés conservateurs, et ils vont pouvoir nommer 1, 2 voire les 3 prochains juges à la Cour suprême, faisant ainsi pencher la balance en faveur des thèses les plus conservatrices et rétrogrades pour au moins les 10 prochaines années. Quant aux médias, ils sont concentrés entre les mains de ceux qui ont les moyens de se les payer. C’est ainsi que l’on parvient à vider une démocratie de sa substance.

    Dans tous nos pays, la social-démocratie qui a cherché une troisième voie entre le communisme et le capitalisme le plus brutal, est dans une grave crise de conscience, victime de son intimité croissante avec les puissances de l’argent. En gros, cela se traduit par : belles promesses pendant les campagnes électorales et alignement sur les lois du marché le reste du temps. Cette schizophrénie entre les discours « de gauche » et les actes « de droite », ce mélange intenable entre une morale politique se voulant humaniste (au point de laisser les frontières ouvertes à tous les pays et surtout à ceux du sud musulman) et un saccage de nos états sociaux au profit d’une minuscule caste de nantis a fonctionné un temps mais est en train de rendre les peuples fous, au point d’élire un extraterrestre comme Trump.

    Le Brexit et Trump devraient nous servir de signaux d’alerte. Ils représentent des mesures de l’exaspération des peuples se sentant ignorés des « élites ». En délocalisant le travail dans les pays à bas coûts afin de casser les reins des syndicats et de s’enrichir au maximum, ils ont créé le Frankenstein chinois qui risque un jour de dévorer son créateur et rendu fou de colère tous les citoyens se sentant à juste titre méprisés par ceux qui détiennent tous les pouvoirs.

    Ce qui se passe aux USA est proprement effrayant ! Mettons encore un peu de charbon dans la chaudière de nos Sociétés à force d’égoïsme, de lâcheté et de compromissions et nous risquons de retomber dans les mêmes folies communistes ou fascistes que par un passé pas si lointain. Le Brexit était déjà grave. L’élection de Trump, qui a réussi le plus grand hold-up de l’histoire de nos démocraties est un événement de portée infiniment plus considérable. Son élection devrait nous servir d’électrochoc. Si nos « élites » refusent de sortir de leur isolement arrogant, hautain et monstrueusement égoïste, elles continueront de créer le lit de la prochaine vague totalitaire, communiste ou plus vraisemblablement fasciste, qui nous emportera tous. Ce sera leur responsabilité historique !

  • Nous avons besoin d’une révolution mais elle ne viendra pas de la politique

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    Dans toutes nos « démocraties » nous assistons jour après jour aux chocs issus de ce que l’on appelle la « polarisation de la politique ». En gros cela veut dire que les camps sont de plus en plus partagés entre des thèses extrêmes, sans recherche de compromis :

    • à gauche cela s’appelle « raser gratis ». Et si l’on objecte à ces projets utopistes des considérations politiques extraordinairement triviales, la justesse de ces thèses est immédiatement soulignée par le fait qu’il suffit de faire « payer les riches »
    • à droite cela correspond à « sécuriser les frontières et défendre l’identité nationale ». Et si l’on objecte à cela que ces politiques sont indéfendables vis-à-vis de l’interdépendance de nos pays et des traités signés avec la communauté internationale « on » nous répond qu’il sera possible de réaliser la « quadrature du cercle ».

    Ces deux familles de thèses que l’on retrouve peu ou prou dans tous nos pays « démocratiques », ont-elles une chance quelconque de se réaliser ? A moins de sombrer dans une dictature, aucune ! Et pourtant élection après élection, et pour le cas particulier de la Suisse, votation après votation, nous sommes obligés de nous prononcer sur des objets dont nous savons pertinemment qu’ils ne sont que ce qu’ils sont : des utopies.

    Aux USA, le duel entre Mme Clinton qui représente la continuité, màtinée de belles promesses sociales qui ne se réaliseront jamais, et l’ubuesque Trump qui représente le pire du pire de la droite du parti républicain saupoudré de l’infantilisme crasse d’un candidat qui ne mériterait d’apparaître que pour le bonheur des téléspectateurs d’un Muppet Show, démontre cela à l’envi.

    En France nous assistons à un pays qui cherche, à gauche, à protéger son « modèle social » alors qu’il se fissure de partout et que malgré « l’alignement des planètes » il n’arrive pas à décoller économiquement et encore moins à intégrer ses minorités. A droite, on assiste à la surenchère identitaire et sécuritaire alors même que la droite « républicaine » ne cherche qu’à supprimer des postes de fonctionnaires, y compris dans la police, l’armée et l’éducation nationale. Quant à la droite plus extrême, la soi-disant dénonciation de traités internationaux entraînerait le pays, et l’Europe, dans des tourmentes difficiles à prévoir.

    En Suisse, c’est le spectacle de plus en plus pénible du ver qui se contorsionne dans son bocal. A gauche ce sont des dizaines d’initiatives et de référendums (« Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires », « En faveur du service public », « Pour un revenu de base inconditionnel », « AVSPlus », « Pour des multinationales responsables », etc…, etc..) déposés et rejetés, ou vraisemblablement rejetés pour le dernier exemple, avec « sagesse » par le peuple suisse car si nous adoptions seuls les lois les plus utopistes de l’univers, notre pays ne tarderait pas à être abandonné par les moteurs économiques qui ont fait notre prospérité qui reste un miracle au regard de notre petitesse, des attaques continuelles provenant de voisins et/ou partenaires économiques, jaloux ou profitant de notre taille pour nous tyranniser à loisir (à l’époque des fonds en déshérence, la Suisse était clouée au pilori de la communauté internationale sans aucune mise en perspective historique). A droite, ce sont toutes les volontés sécuritaires et identitaires qui sont parfois acceptées et qui nous mettent en porte-à-faux avec le droit international (« Pour le renvoi des criminels étrangers », « Contre l’immigration de masse », etc…, etc...).

    Personnellement, je serais volontiers en faveur du meilleur des propositions de la gauche et de la droite. Et pourtant. La droite est en quelque sorte prise à son propre piège car pour pouvoir gagner des élections et des votations, elle est obligée d’agiter des thèses sécuritaires et identitaires qui vont à l’encontre du modèle économique qu’elle a elle-même largement contribué à mettre en œuvre : l’ultra-libéralisme. Nulle part ce n’est plus criant qu’en Suisse où l’entrepreneur Blocher (pour faire un raccourci) est prêt à scier, avec l’initiative « Contre l’immigration de masse », la branche sur laquelle lui, son entreprise florissante et ses amis politiques et économiques sont assis. Et la gauche européenne rose-verte, souvent laïque, est obligée de soutenir l’arrivée massive de populations très ou ultra religieuses, ce qui devrait être une insulte à leur intelligence et à tout ce contre quoi ils se sont battus : l’obscurantisme religieux qui va nous revenir dans la figure comme un boomerang.

    Alors non, la droite ne va pas régler les problèmes de sécurité et d’identité de nos pays car elle a tissé un ensemble de lois régies par l’OMC qui rendent vaines toutes tentatives de remettre de l’ordre dans la mondialisation. Et la gauche ne va pas amener plus de justice dans le fonctionnement de nos pays car ce ne sont pas les Etats qui détiennent le pouvoir à cause de toutes les dérégulations opérées dans nos économies depuis l’ère Reagan/Thatcher.

    Nous avons besoin d’une révolution, mais elle ne viendra pas de la politique.