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  • USA : bientôt un pays du Tiers-Monde ?

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    Le pays qui a remporté les 2 guerres mondiales du 20ème siècle, qui a joui d’une prospérité insolente, qui a été un phare et un espoir pour des millions de déshérités en quête de plus de libertés et de dignité économique, qui a inventé la société de consommation, a été sur la Lune, a combattu le communisme à la sauce soviétique jusqu’à l’abattre est aujourd’hui un pays rongé par les dettes, la polarisation politique et le mensonge.

    Ce pays exsangue a-t-il été attaqué par une puissance étrangère supérieure ? A-t-il été détruit par des calamités naturelles ? Non. Certes, il porte presque seul le poids de la défense de l’Occident (vu la pusillanimité, voire la lâcheté de l’Europe), mais cela n’explique pas le déclin inexorable de ce pays. En fait, il s’est infligé cela à lui-même. Par le fait d’un projet politique dément, porté par des politiciens déments et corrompus, au service d’une caste dont l’égoïsme et l’appât du gain n’ont pas de limites.

    Depuis plus de 40 ans, un parti, les Républicains, s’est mis au service des puissances de l’argent. Les politiques successives portées par les différentes Administrations républicaines ont ruiné l’Etat, du niveau local jusqu’au niveau fédéral, en drainant des milliers de milliards de dollars vers les grandes fortunes. Cela a été le grand mensonge de la dérégulation devant « libérer les énergies », devant permettre à l’économie privée « de mieux faire ce que l’Etat était incapable de bien faire », devant favoriser l’enrichissement de quelques-uns afin que l’argent des plus riches « ruisselle » (Trickle-down economics) vers le reste de la Société.

    Pendant que les Administrations Reagan, Bush jr. et Trump accordaient, successivement, des rabais fiscaux de plusieurs dizaines de milliers de milliards de dollars au 0,1% des Américains les plus riches, l’Etat s’endettait un peu plus chaque année. Quant à la classe moyenne, elle était triplement punie. Non seulement sa situation s’aggravait car elle devait « payer pour les riches » (ou à la place des riches), non seulement les services publics (routes, écoles, etc…) se dégradaient mais elle faisait face au désinvestissement massif des entreprises sur le sol national. Investissements qui se dirigeaient essentiellement vers la Chine. A coups de milliers de milliards de dollars, là aussi. Non seulement les tenants de la dérégulation et de la mondialisation ont transféré « nos » richesses vers la Chine (les économies européennes ont suivi le même modèle) mais ils ont également transféré le savoir-faire, parfois/souvent les machines. Avec les gravissimes conséquences géopolitiques que l’on sait.

    Pour couvrir ces infâmies, il a fallu mentir. Mentir encore. Mentir toujours. De plus en plus. La « Mondialisation » est devenue une chose haïssable qui a ruiné les cols bleus étasuniens, autrefois bien payés et bien couverts par un filet social sans que l’on n’explique la genèse de la mondialisation à ces cols bleus. Pour se faire élire et réélire, les Républicains, ceux-là mêmes qui ont ruiné le pays, ont pointé du doigt tout le monde sauf eux-mêmes. C’est la faute des Démocrates, des minorités, des immigrants, des Mexicains, des Traités commerciaux, des Chinois. Le sommet du vice est leur capacité à prétendre vouloir « venger » cette classe sociale en perdition en lui proposant des projets politiques qui ne font qu’aggraver encore plus sa situation. Chaque nouvelle baisse d’impôts qu’on lui fait miroiter n’est qu’un miroir aux alouettes qui la condamne encore un peu plus définitivement à l’oubli. Et plus cette classe moyenne se sent à la dérive et plus elle s’accroche à des projets politiques délétères, plus elle finance des Eglises portant une propagande d’un autre âge, plus elle se crispe sur son « droit à porter des armes », plus elle croit aux théories du complot, plus elle est prête à embrasser les pires folies qui se répandent sur internet.

    Au fur et à mesure que Trump préparait sa tentative de coup d’Etat, les théories ont gagné en paranoïa. Les démocrates étaient des « communistes » car ils proposaient une couverture maladie universelle, les journalistes étaient les « ennemis du peuple », la pandémie était une arnaque, l’élection avait été volée grâce à des machines de vote au service d’Hugo Chavez.

    Les 2 mensonges les plus récents :

    • Après le spectacle, vu par le Monde entier, des supporters de Trump, envahissant et saccageant le Capitole, menaçant de tuer certains politiciens, des élus et journalistes républicains n’ont pas hésité à prétendre que les insurgés étaient, en réalité, des gauchistes déguisés
    • Pendant le désolant spectacle actuel du Texas paralysé par une vague de froid, certes rare, les mêmes élus et journalistes républicains viennent raconter que la panne du réseau électrique est due aux éoliennes qui ont gelé et que c’est la faute d’Alexandria Ocasio-Cortez (AOC) et de son green new deal. AOC est cette jeune élue démocrate de New-York que les insurgés du Capitole recherchaient pour l’exécuter. Elle a effectivement proposé un projet ambitieux de transition énergétique vers les énergies renouvelables, mais son projet, vieux de deux ans, n’a pas encore vu l’ombre d’une réalisation. La réalité est que le réseau texan a été victime de la dérégulation néo-libérale. Que c’est un réseau isolé des 2 autres réseaux nationaux (est et ouest), que cela a été voulu ainsi par les élus républicains du Texas, qu’il souffre de sous-investissement chronique afin d’augmenter les bénéfices des actionnaires et que ce sont les réseaux de gaz naturel qui ont gelé (les éoliennes n’ont que marginalement à voir avec le problème). Quarante années de dérégulation est c’est la faute d’AOC.

    Certes ce pays a encore une puissante armée. Certes il peut encore envoyer un rover sur mars, mais, aujourd’hui, il présente de nombreuses caractéristiques d’un pays du Tiers-Monde :

    • Une classe sociale (1%, voire 0,1%) immensément riche et des dizaines de millions de gens qui vivotent de salaire en salaire (quand ils ont un travail). Entre deux, la classe moyenne est de plus en plus en danger de disparition
    • Les lois de protections des travailleurs et de l’environnement sont systématiquement attaquées par les Républicains, ce qui laisse les classes populaire et moyenne sans défense
    • Une puissance démesurée a été accordée au secteur privé alors que les services publics sont exsangues
    • Les couvertures sociales sont faibles, voire inexistantes, pour des pans entiers de la Société
    • L’accès à la santé est rendu difficile à des millions d’Américains
    • On assiste à une baisse de l’espérance de vie
    • Le pays produit soit des biens agricoles, soit des services. La production industrielle est en voie de disparition
    • Les politiciens sont gravement corrompus et exclusivement au service des plus fortunés
    • La Justice est de classe (si l’on peut se payer de bons avocats, on ne risque rien)
    • La police est magnanime avec les attaquants (blancs) du Capitole et implacable avec les minorités
    • On assiste depuis des mois à des files interminables devant les banques alimentaires

    L’Europe a adopté des pans entiers du modèle néo-libéral porté par Reagan aux Etats-Unis et Thatcher en Grande-Bretagne mais nous avons heureusement eu un vieux réflexe de protection de quelques résidus de protection sociale. Puissions-nous apprendre des Etats-Unis jusqu’où il ne faut pas aller trop loin, avant qu’il ne soit trop tard.

  • Les charognards tournent déjà au-dessus du prochain festin

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    Quarante années de dérégulations, quarante années de mondialisation, quarante années de détournement légiféré des biens durement acquis par la classe moyenne en direction de quelques-uns, quarante années, par les mêmes, à s’empiffrer sur le dos de la classe moyenne, quarante années de baisse d’impôts sur la fortune, sur les successions, sur les bénéfices des entreprises, sur les revenus des placements, sur les dividendes, quarante années de désengagement de l’Etat dans le secteur public pour cause de baisse constante du revenu de l’impôt, quarante années de crises successives qui prouvent, soi-disant, à chaque fois combien l’Etat coûte cher et empêche l’investissement par le secteur privé, quarante années de la même litanie pseudo-économique enseignée dès le berceau afin d’enrichir une minuscule mafia d’ultra-riches.

    Au bout de ces quarante années, où en sommes-nous ? Quelques poignées d’individus sont devenus ultra-riches pendant que des millions survivent au jour le jour. Et les crises se succèdent. Sont-elles une fatalité ? La faute à pas de chance ? Non, bien sûr. Elles sont le fruit des erreurs intrinsèques de ce système devenu totalement fou !

    Un système à ce point déséquilibré peut-il amener l’équilibre dans la Société ? L’équilibre est-il d’ailleurs le but recherché par les tenants fanatiques de ce système ? Non, bien sûr. L’équilibre, ils s’en fichent comme d’une guigne. Seul compte le détournement du pouvoir et leur enrichissement éhonté. Pendant ces quarante années ils ont investi des milliers de milliards de dollars en Chine, faisant de ce pays le monstre industriel, financier, stratégique et militaire que l’on sait, réduisant l’ex URSS par comparaison, à un nain de jardin. Pendant ces quarante années, en plus des baisses continuelles d’impôts sur leurs profits, ils ont su comment siphonner l’argent public destiné à :

    • Soutenir l’agriculture
    • Développer nos villes, nos banlieues, nos infrastructures, les transports
    • Equiper nos armées
    • Maintenir nos systèmes de santé
    • Etc…

    Ils sont devenus tellement riches qu’ils manipulent nos Parlements et nos gouvernements à souhait tout en payant des experts pour devenir encore plus riches. Ceux-ci les aident à :

    • Investir dans tous les secteurs qui promettent de bons rendements, sans aucune considération éthique
    • Tirer profit de toutes les failles législatives pour s’enrichir et/ou payer moins d’impôts
    • Trouver les meilleurs paradis fiscaux
    • Violer les Lois sur la protection de l’environnement
    • Empêcher l’adoption de Lois qui pourraient porter atteinte à leurs intérêts
    • Spéculer sur les matières premières, y compris de première nécessité
    • Etc…

    Les systèmes malades qu’ils mettent en place sont la cause de la crise financière de 2008 comme ils sont la cause de l’actuelle pandémie. Celle-ci n’est pas une fatalité. Elle est la résultante de quantités de déséquilibres tous plus graves les uns que les autres. Si, dans votre entourage, vous voyez un ami qui abuse de toutes sortes de substance, légales ou illégales, mange mal, dors trop peu vous ne serez pas étonnés de le voir tomber malade un jour. Et ce jour-là, vous ne vous direz pas qu’il a simplement tiré le mauvais numéro à la loterie de la vie. Non, vous saurez qu’il est en grande partie responsable de ce qui lui arrive. C’est pareil avec cette pandémie. C’est simplement l’échelle qui change. Au lieu de parler d’un individu, on parle de viols des Lois de la Vie à l’échelle de la planète :

    • La violation systématique des écosystèmes
    • Le recours massif à l’agriculture intensive qui détruit les sols et répand des milliers de tonnes de poisons chaque année (tout en luttant farouchement contre l'agriculture biologique dans nos Parlements)
    • La séparation des systèmes d’élevage des animaux et de culture des plantes dans des sortes de camps de concentration (pensez à ces millions de volailles qui vivent les unes sur les autres dans un enfer de promiscuité, de bruit, de peur et de microbes)
    • La réduction constante, voulue et organisée de la biodiversité (pensez aux "déserts verts")
    • La destruction des forêts primaires
    • Le recours massif aux antibiotiques pour l’élevage des animaux de rente qui produisent des bactéries résistantes pour les animaux et pour les humains
    • Le recours massif aux vaccinations pour les animaux comme pour les humains qui favorisent un brassage génétique dont personne ne peut garantir l’innocuité
    • La promotion de la médecine allopathique, qui se revendique comme la seule approche « scientifique » avec tous ses effets secondaires qui entraînent une baisse constante de l’immunité humaine et animale (tout en luttant farouchement contre les médecines respectueuses de la vie dans nos Parlements)
    • L’appauvrissement voulu et orchestré d’un nombre de plus en plus important de nos concitoyens qui ne peuvent plus se nourrir avec des aliments de qualité et deviennent obèses et diabétiques (les victimes « privilégiées » du dernier virus en date).

    On pourrait penser qu’après tant d’échecs, certains thuriféraires de la mondialisation allaient comprendre la leçon. Quand on lit la réaction de l’USAM, force est de constater que c’est tout le contraire. Ils ne sont jamais responsables de rien et il leur faut trouver des boucs émissaires afin de ne pas entamer leurs bénéfices. La pandémie n’est pas finie que déjà ils veulent réduire nos salaires, nos prestations sociales (ou ce qu’il en reste) et augmenter le temps de travail. Et ce n’est que le début de cette nouvelle série d'attaques contre la classe moyenne. Les charognards de l’ultra-libéralisme tournent déjà au-dessus du prochain festin !