alain berset

  • Covid-19 : 890 bougies à Lausanne

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    « Nous demandons plus d’humanité dans la réponse donnée à la pandémie », a indiqué dans un communiqué diffusé dans la nuit de samedi à dimanche l’organisateur de la manifestation lausannoise, qui regroupait des personnes privées de Lausanne et Nyon.

    Plus d’Humanité ? Ces 890 bougies correspondent au nombre de décès survenus dans le canton de Vaud. Donc l’accent donné par les organisateurs porte sur les décès et pas sur la réponse économique. Nos Gouvernements, à force de confinement et de re-confinement, sont en train de mettre nos Economies en état de quasi mort cérébrale et certains veulent plus « d’Humanité ». Quand aurons-nous, collectivement, atteint ce « plus » ? Quand nous vivrons tous dans des grottes des suites de l’effondrement économique de nos pays ?

    Tous ceux qui souffrent économiquement du confinement, qui perdent leur emploi et/ou leur logement, qui souffrent de dépression pour les mêmes raisons, trouvent-ils que nos gouvernements manquent « d’Humanité » et que nous devrions tous être assignés à résidence, à ne rien faire, pour faire preuve de plus « d’Humanité » en faveur des personnes vulnérables.

    J’ai toujours milité pour le confinement exclusif des personnes âgées et des personnes à risque (voir ma note du 2 mars 2020 : « Covid-19 : sachons raison garder »). Malheureusement, nos Gouvernements sont tétanisés par la terreur répandue par les épidémiologistes et les médias et ont oublié, sondages obligent, que la mort fait partie de la vie. Pour mémoire, l’âge moyen des personnes décédées en Suisse est de 85 ans, ce qui est plus que respectable (l’espérance de vie en Suisse pour les femmes est de 85,4 ans et de 81,7 pour les hommes). De plus, même chez les octogénaires atteints par le virus, le risque de décéder n’est que de 13 %.

    Pas une minute ne se passe sans que les médias répandent la peur. Et alors que les statistiques sont en baisse constante depuis Noël, ils ont trouvé une nouvelle marotte. Ou une nouvelle machine à cash : les nouveaux variants ! Plus d’un mois que l’on nous dit qu’ils sont beaucoup plus contagieux, qu’ils vont rapidement (dans les 3-4 semaines depuis qu’ils ont été identifiés mi-janvier) représenter la version dominante dans nos pays et pourtant les statistiques ne cessent de s’améliorer (actuellement environ 800-1'000 nouveaux cas par jour en Suisse alors que nous étions entre 13 et 15'000 début décembre). Et pourtant le matraquage continue. Il faut confiner encore plus sévèrement. Fermer les écoles. Pourquoi pas masquer les nourrissons ? Cesser de respirer ? Vivre dans des caissons étanches ?

    J’ai trouvé que le Gouvernement suisse s’était sorti plutôt honorablement de la première vague. Le semi-confinement était un moindre mal. Sa stratégie de sortie du semi-confinement en 3 étapes était raisonnable, claire et permettait aux branches économiques affectées de se préparer à leur reprise d’activité. Bref, j’ai trouvé cela intelligent et j’étais fier qu’il ait agi plus courageusement que beaucoup d’autres. Je suis beaucoup moins impressionné cette fois-ci. J’ai l’impression qu’il est atteint par le même mal que les Gouvernements des pays voisins : la peur poisseuse, déraisonnable. Et pourtant, selon certains, il semble encore manquer « d’Humanité ».

    Je suis d’accord avec l’USAM pour une reprise des activités début mars et j’espère que notre Gouvernement ne se laissera pas éblouir par la lueur de ces 890 bougies.

  • Primes maladie: une décision politique

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    L’habituelle mise en scène entourant la publication des prochaines primes d’assurance maladie a révélé des primes relativement modérées. A-t-on enfin jugulé l’augmentation de plus en plus insupportable des primes ? Ce serait magnifique de pouvoir répondre par l’affirmative. Mais ce serait d’une grande naïveté.

    La réalité est qu’un projet de caisse publique nous sera soumis prochainement et que, comme en 2008 avant la votation sur la caisse unique, les assureurs ont tellement peur, qu’ils sont prêts à avaler cette potion très amère, sachant que, comme après le refus du peuple lors de ladite votation, ils pourront se rattraper une fois le danger bolchévique écarté. Ne doutons pas que la même propagande nous sera servie à longueur de médias pour tenter de faire peur aux citoyens et afin d’obtenir un nouveau rejet.

    Deux travaux de ce jour au Conseil national et au Conseil des états, préparent les augmentations futures:

    • La chambre du peuple veut que le Conseil fédéral renégocie la baisse du coût des médicaments avec l'industrie pharmaceutique. Pour une fois que le CF avait timidement tapé du poing sur la table, nos représentants (oui, oui, ceux que nous avons porté au parlement pour nous défendre) veulent revoir cela afin de défendre les futurs bénéfices de leurs lobbyistes préférés
    • Le Conseil des Etats enterre la loi sur la prévention santé. Ce qui veut dire qu’il n’y aura finalement pas de loi fédérale pour chapeauter la prévention et la promotion de la santé et que la Fondation Promotion Santé Suisse ne recevra pas les moyens prévus et nécessaires. La Chambre du peuple soutenait le texte, malgré l’opposition de la droite. La loi devait se contenter d’améliorer l’utilisation des quelque 70 millions par an à disposition, sans augmenter les moyens financiers. Et pourtant… C'est vrai qu’il vaut mieux empêcher la prévention des maladies à coup de modestes millions afin de dépenser des milliards et des milliards pour «soigner» (en réalité les traitements utilisés sont toxiques et font le lit de nouvelles maladies, faisant entrer les malades dans le cycle infernal des maladies induites par des traitements toxiques qu’il faut tenter de contrebalancer par d’autres médicaments tout aussi toxiques qui…) des maladies chroniques qui, une fois installées représentent le pactole pour toute la filière pharmaco-médicale. N'oublions pas que, (dixit Pascal Couchepin, ancien ministre de la santé, ou plutôt de la maladie) les dépenses dans le domaine de la santé, sont un facteur de croissance.

    Ces 2 décisions participent aux futures augmentations. Il faudra s’en souvenir le jour J et ne pas tomber des nues lorsque nous recevrons le coup sur la tête. Les augmentations de primes sont programmées car le but du système n’a rien à voir avec notre santé mais avec la volonté de certains de s’enrichir sur notre dos et sur nos malheurs (la maladie sous toutes ses formes).

    La grande peur des assureurs est la preuve même que le projet de caisse publique est un bon projet. Sinon, il ne les empêcherait pas de dormir et de se priver, même momentanément, de leur oxygène vital: notre argent.