Coup de coeur - Page 2

  • De l'eau socialement responsable

    Imprimer

    Invité passionnant ce matin dans l'émission « Les petits matins » de Georges Pop, M. Renaud de Watteville, fondateur de Swiss Fresh Water (SFW), une jeune startup vaudoise, devenue Fondation le 13 janvier, qui apporte une vraie réponse au manque d'eau potable dans les pays pauvres.

    Ils proposent une machine portable (80 kg) de dessalement d'eau de mer, fonctionnant à l'énergie solaire et permettant de produire 500 à 2'000 litres d'eau par jour. Au-delà de l'appareil, c'est le système de distribution mis en place qui est profondément original. Le microcrédit vient au secours des communautés pauvres, l'opérateur de la machine est élu démocratiquement par la communauté, le prix du litre d'eau est compétitif, la surveillance technique de la machine est faite par télémétrie, ce qui veut dire que l'entreprise suit jour après jour les performances de chaque machine et peut réagir en cas de baisse de performance ou de panne.

    C'est une vraie réponse, écologique, non polluante, saine financièrement, politiquement et socialement, adaptée à de petites communautés.

    Dire qu'il y 3-4 ans, le président de nos voisins, toujours volontaire pour se transformer en VRP de l'industrie nucléaire française, avait fait le tour des pays d'Afrique du nord pour leur vendre des centrales nucléaires pour dessaler l'eau de mer. Il avait signé des contrats avec des régimes aussi démocratiques et stables que l'Egypte (Moubarak avait déjà plus de 80 ans et l'avenir, après lui, plus qu'incertain), la Libye (on pouvait dire à peu près la même chose de ce pays) et l'Algérie (les Islamistes sont en embuscade et prendront le pouvoir à la première occasion). Cette folie (ne serait-il pas charmant, aujourd'hui, après les événements que l'on sait, d'avoir des pays nucléarisés en Afrique du nord) n'a heureusement pas eu le temps de se réaliser et j'espère qu'elle ne se réalisera jamais. Et tout cela dans des pays qui ne manquent pas de soleil.

    Ne faut-il pas être un forcené pour vouloir vendre des systèmes de dessalement d'eau de mer d'origine nucléaire dans des pays qui sont, politiquement et socialement, des bombes à retardement  alors que le soleil ne manque pas et qu'il pourrait faire le même travail sans créer tous les risques engendrés par la filière nucléaire ?

    Merci à cette jeune société, innovante et socialement responsable, d'amener de vraies réponses à de vraies questions. Elle va sans doute moins enrichir les actionnaires de grands groupes prêts à prendre tous les risques au nom du profit aveugle, mais chaque litre d'eau produit le sera au profit de la communauté et n'engendrera pas les risques géopolitiques et écologiques créés par l'industrie nucléaire.

  • Laura Dekker: Un sacré caractère

    Imprimer

    Aujourd'hui, dans la TDG, un trop bref article sur la prodigieuse Laura Dekker qui, à 16 ans (!), est proche d'achever le tour du monde à la voile en solitaire.

    Et l'on apprend qu'elle a fait cela avec une foi immense (il en faut, même si elle est née sur un bateau), l'accord de son père (voilà un père à l'écoute de la volonté exceptionnelle de sa fille) et malgré les multiples obstacles administratifs des autorités néerlandaises.

    Si l'Etat se doit de faire respecter certaines règles pour le bien du plus grand nombre, Laura Dekker est de ces êtres malheureusement si extraordinairement rares qui pulvérisent les normes. Vouloir lui appliquer celles qui valent pour les autres jeunes de son âge est une absurdité. Elle l'a prouvé de la plus belle des manières.

    D'accord, elle ne saura peut-être pas certaines des merveilles du savoir que les jeunes de son âge s'enfournent avec plus ou moins de bonheur et d'envie sur les trop souvent mornes bancs de nos écoles. Mais peut-on, ne serait-ce qu'imaginer, ce que cette jeune fille a appris pendant cette année en mer ? Cette confrontation à ce milieu si dur et impitoyable et en même temps si vaste et si inspirant de beauté qu'est la mer, cette confrontation à elle-même et à sa solitude, cette nécessité de s'assumer seule, 24/24, 365 jours par an, tout cela, aucune école ne le lui apprendra. Même pas le millième de tout cela. Même pas le millionième.

    Ce qu'elle a appris là est exceptionnel et en même temps elle devait l'avoir en elle avant même de partir. C'est cet illimité qui habite certains êtres dès leur naissance qui fait, justement, qu'ils sont exceptionnels. Et les tracasseries administratives des autorités néerlandaises (apparemment ils ne désarment toujours pas) sont d'un ridicule accompli face à la fulgurante détermination et à l'intelligence de Laura Dekker.