31/08/2011

Agriculture: la plus grande conquête de l'Humanité ? (1)

Je suis profondément habité par le sentiment des dangers qui menacent l'avenir de l'Humanité. Souvent j'ai le sentiment que nous sommes corsetés dans un habit dont les coutures cèdent de partout. Pendant ces dernières années, nos gouvernements ont essayé de colmater certaines brèches, mais l'exercice devient de plus en plus difficile et périlleux.

Sur le plan de l'environnement, on entend souvent dire que la production de viande est le plus grand désastre écologique qui soit et que seuls la diminution de sa consommation et son remplacement par une alimentation plus végétarienne, voire strictement végétalienne, pourra sauver la Planète et ses habitants.

Le végétalisme offre une explication des rapports de force dans la Société qui va au-delà des stricts principes de la diététique. C'est un système qui se veut complet, cohérent, respectueux du vivant sous toutes ses formes (ex: un strict végétalien ne mange aucun produit d'origine animale et ira jusqu'à ne pas manger de miel sous prétexte que c'est le fruit de l'exploitation du travail des abeilles). Il promet qu'en mangeant des plantes et des graines plutôt que de la viande, on pourra créer la justice pour les animaux, pour les pauvres et pour la Terre. C'est un système qui parle à l'âme car, au prix d'un sacrifice personnel, on peut améliorer sa santé, celle de la Planète et sauvegarder nos amis les animaux qui souffrent tant de nos folies (animaux élevés dans de véritables camps de concentration, vivisection, etc..).

Les vrais végétaliens ont une éthique exigeante et sont prêts à faire des sacrifices pour atteindre un but. Ils ont une passion pour la justice, pour les animaux,  pour la planète.

En même temps, ce système est, comme toute entreprise humaine, une médaille à deux faces. Une des faces est cette admirable éthique qui dit en gros : «nous sommes si aimants de nos frères et sœurs les animaux que nous ne pouvons rien entreprendre qui leur porterait atteinte». Le revers de la médaille est une sorte d'immense orgueil qui jette à la face du monde : «nous sommes les justes, nous sommes ceux qui sont dans la main de Dieu. Vous vous êtes les tyrans, les tortionnaires».

Alors, ce système est-il l'avenir ou une dangereuse illusion ?

Pour avoir moi-même bien connu une adepte de cette philosophie et avoir moi-même pratiqué le végétalisme, même si ce n'était pas dans tous ses aspects les plus extrémistes, je crois pouvoir me prononcer à peu près en connaissance de cause. Je connais de l'intérieur les excès auxquels cette philosophie peut mener.

Et les dangers que cela peut représenter pour la santé. J'ai connaissance d'un homme (seulement sur photo) très actif dans ce milieu. Au début, n'ayant vu qu'une photo de son visage, rien ne m'avait frappé. Un jour, j'ai vu une photo de lui en pieds et là, j'ai été choqué: cet homme semblait être sorti fraîchement d'un camp de concentration (cela s'explique médicalement par le manque d'apport en protéines, entraînant une auto-protéolyse). Mais je connais aussi d'autres végétalien/nes qui semblent, beaucoup mieux supporter cette façon de s'alimenter.

C'est le propre de tous les fondamentalismes: on en arrive à être si identifié à une cause que celle-ci devient notre identité. Et toute remise en question de cette cause devient une remise en question de notre identité même. C'est généralement si insupportable que l'on en perd ses capacités de discernement et que l'on va continuer de soutenir le système même qui nous détruit. De toutes nos forces.

Dans un prochain billet je vais parler plus avant des thèses erronées proférées par cette philosophie  à la fois admirable en apparence et malheureusement, trop souvent, basée sur de fausses prémisses.