13/04/2015

USA: Espérons que la doctrine Obama survivra à Obama

Sous la direction du Président Obama, la politique étrangère des Etats-Unis est en train de subir des changements considérables. Non seulement il a résisté à la folie de s’engager dans la guerre civile syrienne, même s’il y était poussé de toute part, y compris par son propre secrétaire d’Etat, mais il a imposé une nouvelle doctrine dans sa politique étrangère au Proche et au Moyen-Orient: «Leading from behind».

C’est excessivement heureux que les Etats-Unis ne soient plus seuls à assumer le rôle de gendarmes du monde et ne puissent plus être accusés, à la fois, de fomenter des guerres et de ne pas intervenir pour les éteindre. Il était plus que temps de cesser de «jouer» avec des problèmes géopolitiques que nous, en Occident, ne comprenons pas. Qui sont nos ennemis en Syrie ou en Palestine? Qui sont nos amis en Irak, en Arabie Saoudite, en Libye ou au Pakistan? Personne ne peut répondre honnêtement à ces questions. Et pourtant, depuis que les Etats-Unis ont armé les moudjahidines en Afghanistan à l'époque de l'invasion de ce pays par l'armée de l'URSS, la situation va de mal en pis. Partout où nous, coalitions entraînées dans le sillage des Etats-Unis, avons essayé de régler un problème, nous en avons créé dix. Aujourd'hui c'est à une véritable guerre de l'islamisme le plus borné, le plus radical, le plus rétrograde que la plupart des pays sont confrontés. Des fous barbares qui violent, séquestrent, tuent, terrorisent et décapitent. Les pays musulmans doivent inventer leur propre avenir. Décider de la place de l’Etat et de la religion pays par pays. Cette religion doit faire son aggiornamento et les peuples doivent prendre parti une fois pour toute entre une certaine vision de la modernité et l’obscurantisme et la barbarie.

En attendant que cela soit fait, nous devons les aider «from behind» et les confiner afin que leurs convulsions ne se répandent partout à la surface de la planète.

Si l’on y ajoute les heureux développements avec Cuba et avec l’Iran (même si j’espère que les précautions les plus implacables seront prises avec ce pays et ses projets nucléaires), on peut commencer à parler d’une véritable doctrine Obama en matière de politique étrangère et de restreinte dans l’usage de la force militaire.

Espérons que ces développements fondamentaux ne seront pas remis en question à la fin de l’ère Obama, même si un Président issu d’une aile des fous furieux du parti républicain le remplace.