12/06/2016

La Turquie actuelle n’a rien à faire en Europe

De nombreuses questions préoccupent ou devraient préoccuper les citoyens et les politiciens européens concernant ce pays. Ces questions avaient été l’objet de la 2ème note jamais écrite dans ce blog le 13 septembre 2010 s’intitulant : « Les limites de l'intégration de la Turquie en Europe ». J’y exposais mes doutes de l’époque et proposais quelques idées qui ne sont, après tout, pas plus mauvaises que toutes celles qui n’ont pas été proposées par l’UE. 

Durant ces 6 années, nous avons tous suivi la dérive autoritaire du pouvoir d’Erdogan : journalistes arrêtés et inculpés, purges dans l’armée, répression brutale des manifestants, opposants placés dans le viseur de la justice, mise sous contrôle de l’appareil judiciaire, intimidation de tous ceux qui remettent son pouvoir en question, y compris au-delà des frontières, chantage envers l’UE sur la question des réfugiés. Mais la dérive ne s’arrête pas là : il a également apporté son soutien au moins logistique à Daech, fait abattre un avion russe qui volait très probablement au-dessus de la Syrie et qui représentait une menace pour ses alliés anti Assad, repris une guerre implacable contre les Kurdes.  

Cette semaine, après la reconnaissance par le Parlement allemand du génocide arménien, il a encore franchi une étape dans l’intimidation en menaçant l’Allemagne de représailles. De plus, jamais avare de ces petites phrases dont il a le secret comme celles sur le rôle de la femme turque ou le nombre d’enfants qu’elle devrait avoir, il a accusé les députés allemands d’origine turque qui ont voté la résolution d’être : « Les porte-parole des terroristes du PKK ». Puis il leur a conseillé d’aller faire contrôler leur sang dans un laboratoire afin de vérifier leur origine. Certes, ces propos ont provoqué la réaction outrée de quelques politiciens. Mais si peu au fond. Aucune, en tous les cas, des intellectuels qui sont habituellement si prompts à honnir tous ceux qui osent parler d’identité. Depuis que Alain Finkielkraut a publié « L’identité malheureuse » qui n’est, après tout, qu’une radiographie tout à fait pertinente sur la difficulté à intégrer certains types d’immigrants, il est honni, insulté, ridiculisé par tout ce que la France compte d’intellectuels et d’humoristes. Et ce ne sont pas forcément les mêmes. Idem pour tous les politiciens qui osent évoquer l’identité de l’Europe. L’idée de trouver l’identité de quiconque dans le sang devrait faire horreur à toute personne de bonne volonté, à tout intellectuel, à tous ceux qui dénoncent le nazisme, le risque d’eugénisme, la volonté de déterminer, par ce biais, l’identité d’un être humain. Et pourtant, dans le cas présent, nos beaux esprits restent silencieux, trop occupés à vomir leur haine contre Finkielkraut. 

Bref. Six ans plus tard, Erdogan a abondamment prouvé qu’il est dangereux pour son pays, son peuple, l’Europe, l’OTAN et la paix dans le monde. Face aux dérives du pouvoir de l’Illuminé du Bosphore de plus en plus menacé de mégalomanie et de paranoïa ce ne sont plus des doutes mais des certitudes : la Turquie actuelle n’a rien à faire en Europe.

11/09/2015

Un moment charnière pour l'Europe

Nous vivons un moment charnière pour l’avenir de l’Europe. D’un côté il y a ces quelques dirigeants qui cherchent à défendre leur pays et l’Europe par la même occasion, contre la vague migratoire: ceux des 4 pays du groupe de Visegrad et ceux du Danemark. De l’autre, les dirigeants des autres pays, Suisse comprise, pris par l’hystérie convulsive qui secoue notre continent. L’Autriche quant à elle semble danser d’un pied sur l’autre. Combien de temps ces courageux dirigeants réussiront-ils à résister au rouleau compresseur allemand reste à démontrer. Quoi qu'il arrive, je les admire d'ores et déjà.

Ce phénomène d’hystérie collective est très intéressant car nous assistions depuis de nombreuses années à un clivage entre deux camps irréductibles : ceux qui rejetaient largement et pour différentes raisons une immigration extra-communautaire massive et ceux qui professaient avoir du cœur en voulant la faciliter. Ces camps ne bougeaient pas depuis longtemps. C’était le status quo et le dialogue de sourds.  Et depuis la photo, de nombreuses personnes de tous horizons ont basculé dans l’émotionnel et l’irrationnel, rompant ce status quo. Or, ce qui peut être admissible chez Monsieur ou Madame tout-le-monde est simplement inacceptable venant de personnes ayant aspiré à la charge suprême qui consiste à diriger un pays ou une communauté de pays.  

Pour la seule année 2015, ce sont environ 1.5 million de migrants qui entreront en Europe. Mais ce chiffre est trompeur car nous savons tous que l’immense majorité de ces migrants sont des hommes seuls et qu’ils exigeront le regroupement familial dès qu’ils seront installés. Ils généreront dès lors une immigration effective qui sera comprise dans une fourchette entre 3 et 5 millions de personnes. Beaucoup plus grave pour notre avenir, je ne vois pas qui aura demain le courage de refermer la porte maintenant qu’elle est si largement et si irrationnellement ouverte. Et prions pour qu'il n'y ait pas demain une guerre civile en Turquie car les dirigeants de ce pays, à force de jouer avec le feu, pourraient perdre un jour le contrôle de la situation.