19/01/2013

Thomas Minder contre le Collège des pleureuses

Les grandes manœuvres contre l’initiative du courageux entrepreneur Thomas Minder ont commencé. Et sans surprise aucune, on assiste aux traditionnelles lamentations du Collège des pleureuses. Quand ce n’est pas le, d’habitude très effacé, ministre de l’économie (comment s’appelle-t-il déjà ?) qui vient défendre le modèle économique libéral, c’est Economiesuisse et/ou le PLR (ce sont les mêmes) qui entonnent les couplets sur tous les risques que l’acceptation de cette initiative signifierait pour notre économie.

En très résumé, cela donne à peu près ceci : «certes, certains salaires sont excessifs, mais il est indispensable de protéger le modèle libéral afin que l’économie suisse reste compétitive, il y a va de nos emplois («il ne faut pas affaiblir le marché du travail suisse»). De plus le contre-projet va plus loin que l’initiative de Thomas Minder».

N’est-ce pas paradoxal de combattre une initiative en lui opposant un contre-projet qui va encore plus loin ? Le Parlement suisse qui a négocié ce compromis serait-il devenu bolchévique ?

Non, rassurez-vous ! La grande différence entre les 2 textes, est que celui de Thomas Minder est contraignant alors que celui du Parlement, tout en semblant relativement volontariste, laisse finalement toute la marge de manœuvre aux «organes de direction». Autant dire que si l’initiative Minder est rejetée et que le contre-projet entre en vigueur, on aura construit une magnifique usine à gaz en pure perte.

Merveilleuse démocratie dont les parlementaires peuvent passer des mois à négocier un bijou d’hypocrisie qui rejoindra d’autres statuettes, tout aussi inutiles, dans la grande vitrine de la démocratie suisse.