14/08/2012

Qui veut noyer son chien, l’accuse d’avoir la rage (4)

A propos du sauvetage raté de Swissair traité avec mépris (comme le reste) par le journaliste, mentionné dans mon deuxième billet sur ce sujet (voir "Qui veut noyer son chien, l’accuse d’avoir la rage (2)"), j'ai oublié de rappeler les points suivants:

  • combien de milliers d'employés Swissair ont perdu la totalité de leur 2ème pilier ?
  • combien la Confédération et les Cantons, principaux actionnaires de la défunte compagnie, ont perdu en bourse suite à sa faillite ?
  • combien la Confédération, c'est-à-dire encore nous, a dépensé pour créer Swiss, tout cela pour la vendre une bouchée de pain à Lufthansa grâce aux "qualités" de visionnaires et de gestionnaires de notre gouvernement ?

On est très loin des images d'Epinal ou d'une nostalgie romantique des symboles bucoliques de la Suisse.

13/08/2012

Qui veut noyer son chien, l'accuse d'avoir la rage (2)

Je continue ici l'analyse des 2 articles à charge contre M. Franz Weber (voir mon premier billet sur le sujet "Qui veut noyer son chien, l'accuse d'avoir la rage (1)").

Tout y passe ensuite. Du sauvetage de l'hôtel de Giessbach (au bord du lac de Brienz) qui ne serait que la preuve d'un «conservatisme passéiste» alors que c'est une réussite architecturale et patrimoniale. Au sauvetage raté de Swissair, tentative qui lui est bien entendu également reprochée comme étant la preuve de son irréfutable attachement à des symboles du passé. En passant par ce qu'il aurait déclaré à propos de l'armée «(j'en) veux à ceux qui ont détruit notre armée suisse formidable qui a défendu le pays [...] (et à ceux) qui ont jeté la neutralité au panier». Le journaliste, encore lui, en profite pour tenter d'écorner son image en précisant: «on est bien loin de l'image d'antimilitariste que ses adversaires ont cherché à imposer pendant la campagne contre le bruit des F/A-18». A mon avis, la Suisse qui est aujourd'hui littéralement en état de guerre avec ses voisins et ses concurrents économiques profiterait d'avoir encore une armée de 500'000 hommes, crédible, au lieu d'avoir une armée d'opérette dirigée au niveau politique par une personne dont on se demande quelles sont ses compétences en la matière. Cela ne voudrait pas dire que nous enverrions nos porte-avions menacer nos voisins mais cela nous donnerait peut-être un plus grand sentiment de confiance en nous-mêmes, dans les difficiles négociations menées sur tous les fronts et éviterait ainsi à notre gouvernement de baisser la culotte à chaque haussement de cils de tel ou tel gouvernement.

Il lui est même reproché (ô dérision) d'avoir déclaré «aujourd'hui, les jeunes ont le cul qui traîne par terre dans leurs pantalons trop larges. Toutes les valeurs foutent le camp. Les gens n'arrivent même plus à s'habiller correctement». Là non plus je ne vois pas ce que cela a de rétrograde. Toute personne raisonnablement constituée ne peut que trouver pathétique cette façon de s'habiller. Ces jeunes gens me font toujours penser à de petits enfants qui auraient fait dans leurs pampers et dont la maman n'aurait pas encore eu le temps de les changer. Mais quel est l'intérêt d'utiliser des petites phrases aussi anodines pour essayer de rabaisser un homme dont les combats parlent d'eux-mêmes.

L'article se termine sur une nouvelle attaque perfide «c'est à se demander si ce n'est pas pour mieux entretenir le malentendu sur ses idées que Franz Weber a toujours refusé de rejoindre un parti politique».

Eh oui, c'est très déstabilisant pour les esprits ordinaires de ne pouvoir coller une étiquette sur ceux qui les dépassent de la tête et des épaules.

Heureusement que M. Weber n'a jamais rejoint un parti politique car il aurait perdu toute liberté en devant marcher au garde-à-vous au son des slogans concoctés dans les officines des partis.

Je vais reprendre quelques points dans un troisième billet car il y a encore beaucoup à dire face à une telle manipulation de l'information.