06/06/2016

Simonetta Sommaruga: cette femme est dangereuse

Dans cette croisade incessante pour faire de la Suisse un état exemplaire en termes d’asile, la ministre socialiste a marqué un point crucial en manipulant habilement l’opinion comme elle l’avait fait du Parlement auparavant. L’accent a été mis sur l’accélération des procédures et le peuple suisse a entendu ce message et a voté dans ce sens : « Nous ne voulons plus voir ces situations d’enlisement des procédures d’asile et se retrouver avec des réfugiés dont nous ne voulons pas mais que nous ne pouvons pas expulser car leurs enfants vont à l’école depuis plusieurs années ».

Ceci est ce qui nous a été habilement vendu. C’est à cela que nous avons dit oui. La réalité est que face aux millions de réfugiés qui attendent d’envahir l’Europe et dont l’arrivée programmée n’est que momentanément retardée par l’accord extrêmement fragile conclu avec « l’allié » turc dont le chantage est odieux et par les conditions météorologiques en Méditerranée, nous venons de voter une loi qui va nous démunir légalement face au choc migratoire : chaque réfugié aura droit à l’assistance gratuite d’un avocat (depuis quand le recours à un avocat accélère quoi que ce soit…). Elle nous a vendu l’accélération des procédures et nous allons assister à des procédures noyautées par les avocats.

Et comme si cela ne suffisait pas, et au vu de la résistance de certaines communes à accueillir des réfugiés, Mme Sommaruga a prévu de pouvoir exproprier les cantons et les communes afin de pouvoir construire des centres fédéraux d’accueil. Cette possibilité va à l’encontre de tout ce qui fonde le fédéralisme. C’est une approche digne d’un état totalitaire ou au minimum centralisateur comme la France. C’est un viol du fédéralisme et pourtant tout a été accepté car elle nous a promis une accélération des procédures.

Cette femme est habile. Cette femme est dangereuse car elle est habile.

 

18/04/2016

Suisse : quand le populisme de gauche devient une forme de lobotomie

Dans tous les domaines de la société suisse le populisme de gauche, visant à faire de notre pays un modèle de vertu, est à l’œuvre. Il faut, selon ses avocats, moraliser la finance, faire peser la fiscalité sur les riches afin de raser gratis, surveiller l’activité des multinationales suisses partout où elles sont implantées afin qu’elles respectent les règles d’éthique les plus exigeantes, etc.., etc... Votation après votation le peuple suisse, dans sa grande sagesse, rejette vigoureusement ces objets extrémistes qui n’ont été implémentés dans aucun autre pays et qui mèneraient notre pays à sa ruine inéluctable.

Ce n’est pas tout malheureusement. Censée entrer en vigueur au 1er janvier 2017, la nouvelle législation « Swissness » est un casse-tête pour de nombreuses entreprises déjà confrontées au très problématique challenge que représente l’appréciation constante du franc suisse par rapport aux principales monnaies. Pour mémoire, dans les années 60, le dollar us valait 4.20 CHF (contre moins de 1 ces dernières années), la livre sterling était à plus de 12 CHF (contre environ 1.50 ces derniers mois) et l’euro est passé de 1.60 lors de son lancement à un maigre 1.10 depuis le 15 janvier 2015.

Et ce n’est pas encore tout. La ministre socialiste en charge de l’immigration se veut une juste parmi les justes. Alors que tous les pays européens travaillent, avec une détermination plus ou moins avouée, à dissuader l’immigration (Danemark, Allemagne depuis peu), voire à l’empêcher par tous les moyens (Hongrie, Pologne, Bulgarie, Slovénie, Macédoine, France qui a fermé sa frontière à Menton, Autriche qui construit une barrière anti-migrants au col du Brenner), la Suisse se prépare activement à accepter tous les migrants qui voudront bien nous faire l’honneur de se présenter à notre frontière. Et ne doutons pas une seule seconde qu’ils se présenteront en masse puisque notre pays est au centre d’un entonnoir fermé de tous les autres côtés. Seule la frontière suisse, au nord de l’Italie, reste une passoire assumée et voulue par nos « autorités ». Se rendent-ils seulement compte de ce que cela pourrait représenter ? Apparemment oui, puisque la Confédération se dit prête, si la nouvelle loi sur l’asile est acceptée, à exproprier cantons et communes afin de construire des centres fédéraux pour requérants.

La folie moralisatrice qui périodiquement menace notre pays pourrait trouver là son apogée et l’entraîner dans un abîme sans fond. Et notre système de démocratie directe ne nous protégera pas cette fois-ci car plus personne, même pas l’UDC, ne semble prêt à se lever contre le terrorisme moralisateur qui travaille si activement à notre perte. Que la loi sur l’asile soit acceptée ou non.

10/06/2013

Un plébiscite ambigu sur l'asile ?

C'est le titre de l'éditorial de M. Pierre Ruetschi dans la TDG de ce jour. Outre qu'il est assez piquant d'oser qualifier "d'ambigu" un résultat positif à plus de 78% (78,5), c'est tout simplement faux. La seule chose qui soit ambiguë dans tout cela, c'est l'éditorial lui-même. Reprenons quelques-uns des propos de M. Ruetschi (dont j'apprécie souvent les éditoriaux par ailleurs)…

[…Le vert du vote sur l'asile pâlit sensiblement en passant sur la Suisse romande…]. Certes les scores sont légèrement inférieurs à la moyenne nationale, mais même les 61% d'acceptation à Genève restent impressionnants et un message absolument limpide.

Plus loin on peut lire: [Cela ne fait aucun doute, une partie des Suisses a voté les yeux bandés, sans s'intéresser au détail des mesures, selon un réflexe de crainte et de repli…]. Magnifique. C'est le cliché habituel de l'élite bien-pensante: si vous osez vous poser des questions c'est que vous avez peur de l'autre, de l'étranger en particulier, que vous êtes xénophobe, voire raciste. Et les vraies dérives qui s'offrent tous les jours à la vue des citoyens de ce pays sont systématiquement occultées.

Plus loin encore, après avoir pris le peuple suisse pour un ramassis de crétins, l'éditorialiste nous dit: […Osons croire qu'une bonne frange des votants a compris l'esprit qui a animé Simonetta Sommaruga pour entreprendre d'urgence cette réforme.] Ouf, nous voilà rassurés, nous ne sommes pas tous pris pour des flans.

Il rappelle ensuite que: […le cœur même des mesures proposées par la conseillère fédérale [est] une puissante accélération du processus de traitement des dossiers. Sa lenteur actuelle renvoie les requérants dans la rue et exacerbe les tensions. Les Suisses se sentent menacés par une population désoeuvrée et marginalement criminelle tandis que les requérants sont contraints de végéter quatre ans ou plus pour connaître leur sort]. Je crois que M. Ruetschi a parfaitement résumé l'enjeu de cette modification de la Loi et le pourquoi de son acceptation massive. Et je pense que le peuple suisse a parfaitement compris ces enjeux. Cette illumination n’est pas réservée à quelques journalistes et politiciens distingués.

Enfin je citerai encore ce paragraphe: [C'est bien cette nouvelle célérité dans le traitement qui peut changer la donne de la politique de l'asile. Et qui explique le vert sans tache de la carte du oui. Le vert de l'espoir]. Soudain, d'un seul coup d'un seul, cette votation qui était le signe de la peur, du repli et de la xénophobie latente du peuple suisse devient le message de l'espoir. Comprenne qui pourra. Je crois qu'à force de faire de l'équilibrisme entre ce qu'il pense peut-être vraiment au fond de lui et l'obligation de s'en tenir à la langue de bois habituelle sur ces question, M Ruetschi ne sait plus vraiment où il en est. D'où la confusion extrême de son éditorial.

Je pense que le peuple suisse a voté avec une grande maturité, comme il le fait dans l'écrasante majorité des cas et je dis cela volontiers, même si je ne vote pas toujours comme ladite majorité. Il a fait preuve de courage en plébiscitant les courageuses réformes entreprises par Mme Sommaruga. Et le rédacteur en chef d'un journal suisse devrait avoir cela à l'esprit en interprétant le résultat des votations. Traiter implicitement les gens d'idiots en les soupçonnant d'avoir voté "la tête dans le sac" est une insulte à l'intelligence et à la haute conscience politique de ses concitoyens.