10/03/2014

Le viol: une arme de guerre ?

Encore et encore, conflit après conflit, que ce soit au temps des guerres dans l’ex-Yougoslavie ou du nettoyage ethnique au Rwanda ou dans des guerres contemporaines en Somalie et en Syrie (la liste est tristement non exhaustive) on entend revenir ce constat de la part de représentants des Nations-Unies et des médias: «Le viol est utilisé comme arme de guerre».

Certes, ce phénomène a accompagné toutes les guerres depuis que le monde est monde, mais depuis 2 décennies il prend des proportions extraordinaires. Cela étant dit, peut-on néanmoins parler d’arme de guerre ?

Je dois dire que ce soi-disant constat m’insupporte. Il fait partie, à mon sens, de cette paresse intellectuelle du monde moderne où Il règne un conformisme souvent navrant. Une fois qu’une idée a été émise par qui que ce soit qui fait tant soit peu autorité, c’est repris à la vitesse des réseaux informatiques par l’ensemble des médias du monde entier et cela devient une vérité.

Je trouve qu’il est insupportable et inadmissible de prêter ne serait-ce qu’une once de pensée politique à ce qui n’est qu’une succession d’actes plus barbares les uns que les autres. Les hommes qui participent à ces ignominies sont des monstres, malades et frustrés qui utilisent la guerre pour assouvir leurs instincts les plus abjects.

Mettre un «nom» sur cette abjection revient inconsciemment à en atténuer la portée et les conséquences. C’est un peu toute proportion gardée, comme en médecine lorsque l’on met un nom savant sur une maladie à laquelle on ne comprend rien. Ensuite, lorsque le médecin nous annonce son diagnostic, on est rassuré, car, puisqu’il a mis un nom sur notre mal, on pense qu’il est capable de le guérir ce qui est loin d’être toujours le cas. Je dirais même que plus le nom savant est abscons et plus il cache l’ignorance de la médecine.

Ne laissons pas notre potentiel d’indignation être atténué par ce constat finalement lénifiant. Le viol est un acte barbare, qu’il soit commis pendant une guerre ou au coin des rues de nos villes. Ceux qui pratiquent le viol et toutes autres violences sexuelles, pendant ou hors conflits, sont des malades qui doivent être recherchés, poursuivis et punis avec le maximum de sévérité en fonction des circonstances.