17/11/2011

Le néo-libéralisme nous mène à une impasse totale (3)

Il est toujours plus facile de critiquer un système que de le réformer. C'est bien connu et c'est exactement ce que je fais ici, même si je pense que depuis que j'ai initié ce blog, j'ai proposé de nombreuses réponses à de nombreuses questions.

Alors "comment faire pour sortir du capitalisme?", c'est la question que me pose Androïde.

La première difficulté est que tous les autres systèmes qui ont été expérimentés ont été au moins aussi totalitaires et dictatoriaux que le capitalisme triomphant.

Même si le capitalisme, dans sa version actuelle, n'a pas encore révélé toutes ses potentialités à devenir la nouvelle tyrannie, son potentiel à le devenir est tout simplement stupéfiant et n'a sans doute jamais été égalé dans l'histoire de l'Humanité. Non seulement il est tyrannique par définition, mais en plus il peut profiter de toutes les avancées technologiques à sa disposition.

Si l'on veut dresser un tableau apocalyptique de la situation, on peut relever les points suivants :

  • concentration, je me répète, de plus en plus étroite des pouvoirs et des richesses entre un nombre de plus en plus restreint d'individus et d'entreprises,
  • lobbyisme intense: on considère qu'à Washington, 100'000 (oui, une ville de la taille de Winterthur) personnes travaillent à faire du lobbyisme auprès des représentants au Congrès. Ils sont spécialistes (il y a aussi des secrétaires, etc..) dans tous les domaines et ont de l'argent à profusion, des connaissances techniques hyper pointues dans leurs domaines respectifs, largement supérieures à celles des membres du Congrès qu'ils sont chargés de convaincre ou d'épauler dans les différentes commissions (ne nous leurrons pas, il se passe exactement la même chose à Bruxelles, à Paris ou à Berne),
  • les think tanks de droite sont abondamment dotés en financement et sont payés pour produire des idées, fallacieuses pour la plupart,
  • ceux qui détiennent le pouvoir économique ont les moyens d'«acheter» littéralement n'importe qui et ne s'en privent pas. Entre les lobbyistes, les membres des think tanks, des (pseudo-)journalistes peu scrupuleux, des spin doctors, des boîtes de public relations, ils détiennent tous les leviers afin de formater, de manipuler et de mettre en boîte n'importe quelle information, y compris la plus biaisée, en lui donnant l'apparence d'une information neutre et objective, issue d'une rédaction (journal, télévision, etc..) indépendante de toute pression,
  • pulvérisation de la solidarité entre travailleurs par les méthodes déjà évoquées dans les 2 billets précédents,
  • une agriculture qui marche sur la tête,
  • savant entretien de la pauvreté et de la pénurie dans les pays du tiers-monde, là où le pillage des ressources naturelles et la spéculation insensée et abjecte sur les produits de première nécessité et le soutien à des gouvernements corrompus obligent des millions d'habitants à tenter l'immigration dans nos pays, à un coût social, culturel et humain de plus en plus insupportable
  • société du spectacle omniprésente capable de participer à la manipulation des foules fatiguées et stressées par la compétition permanente qui lui/nous est imposée,
  • lorsque l'un d'entre nous «tombe», le «gentil» système (assurances maladie/sécurité sociale + pharmas) vient à notre «secours» en distribuant gratuitement (façon de parler) force neuroleptiques et autres camisoles chimiques, propres à nous rendre définitivement passifs et aliénés (ce qui est double bénéfice pour les pharmas), ce qui me fait m'interroger, certains jours, sur les «bienfaits» d'un accès garanti et facilité au système de (pseudo)santé,
  • les quelques «phares» de l'Humanité, comme Jean Ziegler, sont traînés devant les Tribunaux car ils osent dire certaines vérités, alors que les oligarques qui organisent l'aliénation de l'Humanité et devraient comparaître devant les Tribunaux pour crimes contre l'Humanité reçoivent tous les honneurs et toutes les récompenses.

Je m'arrêterai là.

Alors "comment faire pour sortir du capitalisme?"

Le problème n'est pas le capitalisme, ou le socialisme ou le communisme. Le problème c'est l'homme. Le problème est dissimulé en l'homme. C'est cette force de compétition, ce besoin forcené de reconnaissance, ce désir viscéral d'être au-dessus des autres, meilleur, plus beau, plus grand, plus riche, avec un plus grand zizi, une plus belle voiture, un plus gros yacht.

Regardez les rues de nos villes, regardez la comédie humaine qui se joue tous les jours sous nos yeux: partout, du bas en haut de l'échelle sociale on retrouve cette vanité, ce besoin inextinguible de se démarquer des autres, ce besoin d'écraser celui que l'on ressent comme plus faible que soi (ses employés, sa femme ou son chien). Ce n'est pas l'esprit de solidarité qui domine la plupart du temps dans le cœur des êtres humains, c'est la compétition et l'égoïsme. Nous avons donc tous une part de responsabilité dans ce qui nous arrive aujourd'hui, même s'il est évident que plus l'on monte dans la pyramide, plus grande est notre responsabilité.

Ce n'est pas un énième système politique qui changera les choses. Ce énième système échouera comme tous les autres. Le communisme a essayé de «rééduquer» l'être humain, on a vu comment tout cela s'est terminé. Pourquoi un nouveau système parviendrait-il à changer l'homme, là où tous les autres ont échoué ?

Non, il faudrait une sorte d'immense prise de conscience collective, il faudrait que chacun d'entre nous vive son propre «Chemin de Damas», comme celui qui allait devenir St Paul, peu après la mort du Christ. Seule une transformation de nos consciences et de nos cœurs parviendra à changer le destin de l'Humanité. Pas un système politique, quel qu'il soit.

Et là je sais que je nage en pleine utopie. En attendant, essayons de faire ce que nous pouvons, là où nous le pouvons, afin de résister à ce système pervers et aliénant en ne comptant pas sur la classe politique, elle-même aliénée. Si tous, nous arrêtions d'acheter les produits des grandes entreprises les plus dangereuses, les plus perverses et aliénantes, ce système arrogant pourrait s'effondrer en un rien de temps. Résistons également aux faux prophètes, à tous ceux qui font profession de nous manipuler d'une façon ou d'une autre. Ce serait un début. Une prise de conscience salutaire. Peut-être la perspective de cette impasse sera-t-elle l'occasion de ce bouleversement des consciences ? C'est notre plus grand (et seul ?) espoir.