30/09/2013

Les enfants gâtés de Genève

Selon la TDG de ce jour, la future patinoire de Genève  est remise en question pour des raisons qui montrent une fois de plus combien il est difficile de faire avancer quelque dossier que ce soit dans cette ville. Rien de nouveau ici. Je me suis déjà maintes fois épanché sur le sujet. Mais la répétition de ces situations de blocage rend les choses vraiment de plus en plus frustrantes.

Entre notre personnel politique qui se complaît soit dans la médiocrité, soit dans l’hyperinflation de l’ego, soit les deux à la fois et la cohorte des tenants du « c’était mieux avant et je ne veux aucun changement », Genève n’arrive pas à se développer et reste scotché à son niveau de développement des années 60 en termes de logements et d’infrastructures.

La patinoire ne se construit pas car certains ont la nostalgie d’un ignoble cube de béton vétuste aux Vernets. La traversée de la rade ne se construit pas car la classe politique se bat comme des chiffonniers et certains croient encore que l’on peut endiguer le trafic en refusant la construction des infrastructures. La plage des Eaux-Vives est condamnée car certains croient que c’est la meilleure solution pour protéger la nature. La rénovation du MAH est au point mort, bloqué par toutes les têtes bien pensantes de Genève qui jouent la montre et espèrent le découragement des courageux entrepreneurs et mécènes qui souhaitent faire aboutir ce projet. Le stade de Genève reste une entité à demi-morte car personne n’ose voter les 30 millions nécessaires à sa finition. D’innombrables projets immobiliers sont bloqués pour des raisons plus ou moins fumeuses alors que Genève a tant besoin de logements et que ces refus ne font qu’augmenter le trafic des pendulaires venant de l’autre côté de la frontière.

La rénovation de la gare de Genève a failli échouer car un homme politique genevois a cru devoir y mêler son ego. Et le même a failli faire échouer la construction du pont Wilsdorf.

Ceux qui sont derrière tous ces refus et tous ces échecs doivent ressentir une grande satisfaction narcissique à constater les dégâts dus à leur « pouvoir ». Ce dont ils ne se rendent peut-être pas compte est qu’ils prétéritent gravement le développement de Genève. Nous avons hérité d’une région et d’une ville exceptionnelles. Vouloir figer cela dans le béton met notre futur en question. Aucune ville au monde ne peut rester figée sur son passé. Et puisque nous en sommes là, pourquoi figer Genève dans les années 60 ? Pourquoi ne pas revenir en arrière (cela devait sûrement être encore mieux avant) ? Pourquoi ne pas refaire de Genève un village lacustre bâti sur pilotis ?

Ces tenants du non à tout développement ont un discours pervers. En général ils disent ne pas être opposé au développement, mais « pas comme cela ». Et que proposent-ils à la place ? Rien !

Tout refuser sans rien proposer à la place est une attitude d’enfant gâté. Nous (collectivement) risquons de le payer très cher car le reste du monde est en marche.