20/05/2017

Etats-Unis : la démocratie bouge encore, mais…

La nomination d’un Procureur spécial par le vice-ministre de la justice des Etats-Unis prouve que le président a franchi une ligne rouge en destituant le directeur du FBI alors qu’il était soupçonné de lui avoir demandé d’arrêter l’enquête sur le très éphémère conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn. De nombreux démocrates ont demandé cette nomination, ainsi que quelques trop rares républicains, alors même que comme l’a très justement dit le 14 mars l’ancien directeur du renseignement américain, James Clapper : « Le président menace les institutions [démocratiques] de l’intérieur ».

Il aura fallu cela ! Et pourtant Trump n’a pas été avare de sa personne pour se discréditer depuis qu’il s’est présenté comme candidat à l’élection. Il a utilisé toutes les ficelles du populisme le plus pestilentiel pour gagner l’investiture du parti républicain, utilisant systématiquement les attaques personnelles infondées, outrancières, absurdes, mensongères pour galvaniser les foules :

  • Hillary Clinton était systématiquement appelée « Hillary la véreuse » (« Croocked Hillary »)
  • « Obama a créé Daesh »
  • « Le gouverneur du Texas devrait passer un test de QI »
  • Le père de Ted Cruz (un de ses opposants pendant la primaire) « a été impliqué dans l’assassinat de Kennedy »
  • Et récemment, après avoir licencié James Comey, il l’a accusé de ne pas savoir gérer son agence (« Le FBI est dans la tourmente ») et que James Comey était un « frimeur » et un « fou »

Il utilise systématiquement tous les subterfuges typiques des populistes et des dictateurs en devenir :

  • Se présenter comme l’homme providentiel, seul capable de régler tous les problèmes du pays (selon lui, les plus graves problèmes du siècle sont faciles (« easy ») à résoudre)
  • Dire exactement ce que sa base la plus désespérée veut entendre. Même si par ses actes, depuis qu’il est élu, il fait exactement le contraire (c’est malheureusement un travers partagé par beaucoup de politiciens même moins caricaturaux)
  • Utiliser des phrases-chocs courtes, qui s’impriment facilement et les répéter en boucle jusqu’à mettre ses supporters dans une sorte de transe qui va leur faire perdre leurs capacités de jugement (« L'Amérique d'abord », « Enfermez-la ! (en parlant de Hillary) », « Construisons le mur ! », « Vous allez être tellement gagnants » , «  Tellement facile », « Le premier jour nous allons abolir et remplacer Obamacare », etc..)
  • Lors de ses meetings, il aimait exciter la foule et son service d’ordre afin d’expulser tous ceux qui pouvaient présenter des signes d’indépendance d’esprit
  • Il s’est entouré d’un aéropage de fidèles porte-parole qui sont prêts à dire littéralement n’importe quoi afin de défendre leur chef (Sean Spicer qui devrait bientôt craquer car je crois que c’est au fond un type bien même s’il se sera sali trop longtemps au contact de ce président indigne, Kellyane Conway qui ne craquera jamais car elle vit des mêmes délires que son patron, le sinistre nazillon Stephen Miller qui au lendemain du premier blocage d’un décret anti-immigration de Trump a dit sur tous les médias avec un air sinistre qui a dû faire frémir tous ceux qui ont l’âge de se rappeler des années 30 : « Les pouvoirs du Président sont immenses et son autorité ne sera pas remise en question »).

Il n’hésite pas à licencier ceux qui pourraient le gêner :

  • Sally Yates, la Ministre de la justice par intérim, après qu'elle ait prévenu par deux fois que Michael Flynn était compromis
  • En mars, il a licencié 46 juges fédéraux, dont Preet Bharara, juge du district sud de New-York, qui inclut le siège de l’empire Trump et est en même temps le juge le plus important dans la lutte contre le blanchiment d’argent puisque c’est à Wall Street (Manhattan) que se trouve le siège des grandes banques. Et il était justement en train d’enquêter sur les liens entre Trump et les oligarques russes liés à Poutine
  • Le directeur du FBI

Et puis il admire tellement les dictateurs :

  • Poutine
  • Erdogan: il est le seul dirigeant occidental à lui avoir téléphoné pour le féliciter après son hold-up antidémocratique (au soir du référendum)
  • Kim Jong-un: Il a dit qu’il serait « honoré de [le] rencontrer » (le 1er mai)
  • Duterte: Il a invité le Président psychopathe des Philippines à la Maison-Blanche (le 30 avril).

La démocratie étasunienne va vivre une année 2017 particulièrement cruciale. Elle est confrontée à un président qui démontre jour après jour un mépris congénital pour les Lois de son pays :

  • Il ne paye pas ses impôts et en est fier
  • Il refuse de montrer sa déclaration d’impôts
  • Il continue de diriger son empire même s’il a créé un simulacre de « blind trust » au profit de ses fils (et surtout de lui-même)
  • Il a institutionnalisé le népotisme,
  • etc..

De plus il n’hésite pas à confirmer lui-même, qu’il a fait obstruction à la justice en licenciant le directeur du FBI. Jamais un Président n’a eu le courage ou la folie d’admettre un tel crime. Donc soit il est totalement fou, soit il pense que grâce à sa base qui lui reste fidèle il pourra surmonter tous les obstacles (n’a-t-il pas dit pendant la campagne « Je pourrais tuer quelqu’un sur là 5ème Avenue [de New-York] et je ne perdrais pas de votants »). Aucun président ne devrait pouvoir résister à cela et l’impeachment devrait être au bout de cette procédure. La démocratie américaine bouge encore, mais le fait que le vice-président, celui qui a relayé et étayé tous les mensonges de son maître, succède à Trump n’est qu’à moitié rassurant.

04/02/2017

Trump : ne pas se tromper de raisons pour le combattre

La raison pour laquelle l’imposteur-en-chef (il a perdu le vote populaire par près de 3 millions de voix), tant critiqué pas son propre parti pendant la campagne électorale, a rallié tous les membres du parti républicain sitôt la victoire acquise est qu’ils ont senti l’odeur du sang : s’attaquer à tout ce qu’a fait Obama qui, dans leur haine raciale et leur haine de classe est la première cible à abattre. Sitôt cet objectif atteint, s’attaquer au peu de mesures sociales et environnementales qui restent dans ce pays afin de laisser le champ libre aux pires aspects du capitalisme : un Darwinisme qui récompense le plus fort et broie les plus faibles. Tout cela accompagné d’un agenda social rétrograde et moralisateur tentant d’interdire l’avortement grâce à la nomination (à vie) d’un juge à la Cour suprême particulièrement conservateur. C’est l’agenda de tous les présidents républicains. Il va simplement achever ce que Reagan et Bush jr n’ont pas pu terminer.

Le festival a commencé dès le premier jour. Cela se fait, pour l’instant, par décrets (« Executive Orders » et « Presidential Memoranda »). Ils se regroupent, pour l’instant, en plusieurs catégories :

- Défaire ce qu’Obama a entrepris malgré l’hostilité du Congrès à majorité républicaine et diminuer l’emprise de l’Etat sur l’économie :

  • Affaiblir l’obligation faite aux citoyens de contracter une assurance maladie
  • Mettre toutes les législations signées sous l’ère Obama en attente d’être revues par la nouvelle administration
  • Sortir du TPP (qui était un traité destiné à contrôler la montée en puissance de la Chine)
  • Geler l’embauche au niveau fédéral (à part l’armée et la sécurité)
  • Autoriser la construction de deux pipelines très controversés et accélérer l’étude d’impact, notamment environnemental, sur les grands projets d’infrastructure
  • Faciliter les procédures de mise sur le marché de nouveaux produits pour les entreprises US et réduire les impôts sur les entreprises
  • Affaiblir les lois sur le contrôle du secteur bancaire et financier édictées afin d’éviter de répéter les conditions ayant mené à la crise de 2008 : la loi Dodd-Frank, qui oblige les banques à (entre autres) augmenter leurs fonds propres et à prévenir leur propre surendettement et la règle Volcker qui vise à freiner les investissements spéculatifs des banques avec l’argent de leurs clients

- Renforcer les mesures contre l’immigration clandestine :

  • Construire le mur
  • Accélérer le renvoi des sans-papiers
  • Interdire l’entrée aux ressortissants de 7 pays musulmans

- Renforcer l’armée et les mesures assurant la sécurité du pays :

  • Reconstruire l’armée avec de nouveaux avions, bateaux, matériels

- Sociales :

  • Interdire de financer avec des fonds fédéraux des agences faisant des avortements ou militant en faveur de l’avortement

C’est roboratif, dangereux pour l’avenir (qui a envie d’un remake de la crise de 2008 ?) et ce n’est que le début. Et pourtant les gens ne sont descendus dans la rue que pour dénoncer l’interdiction faite aux ressortissants de 7 pays musulmans d’entrer aux Etats-Unis. Mais c’est tellement plus grave que cela. Jamais dans l’histoire de nos démocraties un gouvernement n’a cumulé autant de potentiels conflits d’intérêts. Pas un seul membre de cet aéropage de milliardaires qui n’ait un intérêt direct et immédiat à démanteler les législations fédérales dans son domaine respectif (à commencer par Trump lui-même). L’agence de protection de l’environnement va être démantelée ou, au minimum, vidée de sa substance. Les pétroliers auront carte blanche. Les fonds fédéraux vont être redirigés vers les écoles privées au détriment des écoles publiques qui dispenseront un enseignement de mauvaise qualité aux classes défavorisées. Les impôts des plus riches vont à nouveau être diminués au détriment de la classe moyenne (on sait très bien faire cela en Suisse également). Le pays va recréer une montagne de dettes selon le principe qu’il faut privatiser les profits et socialiser tout ce qui coûte : les infrastructures, la défense, les dettes, etc… Medicare et Medicaid vont être démantelés ou au minimum gravement affaiblis. Et Dieu sait ce qu’il y a encore dans leurs cerveaux malades.

L’élection du menteur-en-chef et de ses affidés est la pire chose qui pouvait arriver pour notre avenir commun. Alors ne nous trompons pas de combat.

26/01/2017

Trump : la vanité à la Maison-Blanche

Avant le début de la cérémonie d’investiture j’entendais les journalistes de CNN se demander anxieusement si la grandeur de sa fonction était enfin en train de le pénétrer. En regardant, pendant l’office religieux, son visage grave d’hypocrite, le doute était permis. Et puis, lorsqu’il est apparu sur le parvis du Capitole et qu’il a levé son petit poing comme un sportif, j’ai su que le costume présidentiel serait à jamais trop grand pour lui car la vanité est son plus grand moteur.

Tout ce qui a fait la « beauté » de la présidence Obama : l’intelligence, la finesse, la dignité, la compassion, l’usage mesuré de la force est remplacé par son hideux contraire : la vanité, l’arrogance, la grossièreté, l’insulte, la vulgarité, l’obscénité, la vantardise, l’égoïsme. Il a le niveau de développement de la personnalité d’un adolescent. D’un adolescent sérieusement perturbé malheureusement pour nous tous. Il sait tout mieux que le reste du monde, si quelque chose ne lui plaît pas il trépigne jusqu’à ce qu’il obtienne gain de cause, il ment éhontément, même face à la réalité brute des faits, réarrange le monde afin qu'il se conforme à ses besoins, il manipule, il intimide, il utilise la force pour voler ce qu’il convoite, y compris la dignité des femmes. Nous avons assisté, 8 années durant, à l’exercice du pouvoir par un couple exceptionnel et maintenant nous allons souffrir par la faute d’un couple qui est à peu près son exact négatif.

Sa volonté de se concentrer sur une Amérique centrée sur elle-même prouve qu’il n’a aucune vision géostratégique pour son pays et pour le monde car il semble croire qu’il peut gérer ce pays comme une entreprise, purement sur un rapport bénéfice/coût. Et les gens qui l’ont fait élire croient-ils vraiment que cet aéropage de milliardaires, ceux précisément qui ont organisé et le plus profité de la mondialisation va soudain défendre la classe ouvrière ? Le clash entre les promesses électorales populistes et la réalité des intérêts des nantis va rapidement éclater.

13/04/2015

USA: Espérons que la doctrine Obama survivra à Obama

Sous la direction du Président Obama, la politique étrangère des Etats-Unis est en train de subir des changements considérables. Non seulement il a résisté à la folie de s’engager dans la guerre civile syrienne, même s’il y était poussé de toute part, y compris par son propre secrétaire d’Etat, mais il a imposé une nouvelle doctrine dans sa politique étrangère au Proche et au Moyen-Orient: «Leading from behind».

C’est excessivement heureux que les Etats-Unis ne soient plus seuls à assumer le rôle de gendarmes du monde et ne puissent plus être accusés, à la fois, de fomenter des guerres et de ne pas intervenir pour les éteindre. Il était plus que temps de cesser de «jouer» avec des problèmes géopolitiques que nous, en Occident, ne comprenons pas. Qui sont nos ennemis en Syrie ou en Palestine? Qui sont nos amis en Irak, en Arabie Saoudite, en Libye ou au Pakistan? Personne ne peut répondre honnêtement à ces questions. Et pourtant, depuis que les Etats-Unis ont armé les moudjahidines en Afghanistan à l'époque de l'invasion de ce pays par l'armée de l'URSS, la situation va de mal en pis. Partout où nous, coalitions entraînées dans le sillage des Etats-Unis, avons essayé de régler un problème, nous en avons créé dix. Aujourd'hui c'est à une véritable guerre de l'islamisme le plus borné, le plus radical, le plus rétrograde que la plupart des pays sont confrontés. Des fous barbares qui violent, séquestrent, tuent, terrorisent et décapitent. Les pays musulmans doivent inventer leur propre avenir. Décider de la place de l’Etat et de la religion pays par pays. Cette religion doit faire son aggiornamento et les peuples doivent prendre parti une fois pour toute entre une certaine vision de la modernité et l’obscurantisme et la barbarie.

En attendant que cela soit fait, nous devons les aider «from behind» et les confiner afin que leurs convulsions ne se répandent partout à la surface de la planète.

Si l’on y ajoute les heureux développements avec Cuba et avec l’Iran (même si j’espère que les précautions les plus implacables seront prises avec ce pays et ses projets nucléaires), on peut commencer à parler d’une véritable doctrine Obama en matière de politique étrangère et de restreinte dans l’usage de la force militaire.

Espérons que ces développements fondamentaux ne seront pas remis en question à la fin de l’ère Obama, même si un Président issu d’une aile des fous furieux du parti républicain le remplace.

21/12/2013

M. Poutine doit bien s’amuser

Depuis de trop nombreuses années, je me suis plusieurs fois exprimé sur ce point dans ce blog, l’Occident aime donner des leçons au(x) leader(s) de la Russie. Las, celles-ci ne tombent pas seulement systématiquement à plat. Elles ne font que renforcer l’orgueil de la Russie et de ses dirigeants.

Parmi les dernières péripéties, la Syrie a été l’occasion d’une magnifique leçon de diplomatie de la part de la Russie. Les Occidentaux qui jouaient les va-t’en-guerre, notamment par la bouche bien peu avisée de John Kerry, ont dû avaler les couleuvres préparées par le maître du Kremlin. Quant à L’Ukraine, elle a été un nouveau succès considérable pour la Russie qui a signé avec ce pays un accord au nez et à la barbe de l’Europe.

L’UE adore adopter la posture du continent berceau de la civilisation. Mais quand il s’agit d’aider ses voisins, chaque pays composant cette entité a d’autres priorités. L’Ukraine, au gouvernement corrompu et aux finances plus que chancelantes, avait le choix entre s’allier à une Europe donneuse de bons conseils mais aux mains vides et la Russie prête à mettre du beurre dans les épinards.

 

Nous partageons tout avec la Russie et les Russes depuis des siècles. Nous vivons sur le même continent, avons la même culture (les grands auteurs ou compositeurs russes nous sont aussi familiers que les Victor Hugo, Goethe, Mozart ou Beethoven) et la moindre des choses serait d’avoir des intérêts stratégiques communs.

Hélas, cent fois hélas, nos dirigeants continuent cette course en avant aveugle qui repousse la Russie toujours plus loin. Les derniers développements liés aux prochains Jeux de Sotchi vont encore aggraver les choses. Plusieurs dirigeants occidentaux vont boycotter la cérémonie d’ouverture comme au bon vieux temps de l’Union soviétique. Quant à M. Obama il a, en plus, décidé d’envoyer une représentante connue pour son militantisme en faveur de la cause homosexuelle et lesbienne pour, croit-il, favoriser l’expression de la démocratie dans ce pays. Je trouve cette décision profondément déplacée et relève d’une approche immature de la politique. Elle n’est, en fait, qu’une nouvelle étape dans la longue histoire d’incompréhension de l’Occident vis-à-vis de notre voisin. Depuis la chute de l’URSS, nos dirigeants ont été arrogants, méprisants, paternalistes, agressifs, sourds vis-à-vis de la Russie et de ses dirigeants.

Et pourtant, un continent dont un large pourcentage de la jeunesse est au chômage (60% en Grèce, 50% en Espagne) peut-il donner des leçons de démocratie ? Un continent dont les dirigeants, à tous les échelons du pouvoir légifèrent systématiquement au profit des lobbies les plus puissants et au détriment des peuples composant cette Union est-il habilité à donner des leçons de démocratie ?

Aujourd’hui M. Poutine est un acteur habile et intelligent sur la scène diplomatique mondiale. Il doit bien s’amuser à prendre sa revanche sur nos dirigeants incapables de changer de grille de lecture.

29/11/2013

Etats-Unis: un pays fatigué ?

Le récent accord sur le nucléaire iranien est peut-être un bon début d'accord permettant, à terme, de ramener l'Iran à de meilleures intentions mais je me demande surtout si ce n'est pas le signe de la grande fatigue des Etats-Unis.

Ce pays a été sur tous les fronts et de toutes les guerres du 20ème et du 21ème siècle naissant. Génération après génération, des millions d'hommes sont partis se battre contre la peste nazie, le communisme triomphant ou l'islamisme radical. Ils sont revenus blessés, drogués, handicapés physiques ou mentaux à vie, ou dans des cercueils. Cela a pesé sur ce pays de devoir faire un effort de guerre inouï et quasiment sans partage, puisque l'Europe, à l'exception notable de la Grande-Bretagne et épisodiquement de la France, s'est surtout distinguée par sa frilosité, voire sa lâcheté.

Les guerres mal motivées et mal conduites, mais aux coûts financier et humain exorbitant, en Afghanistan et en Irak, conjuguées à l'appauvrissement du pays dû à la mondialisation, aux iniques cadeaux fiscaux faits aux ultra-riches par W et à la crise économique (que des cadeaux de la droite républicaine) ont mis ce pays à genoux. Le Président Obama l'a bien compris et c'est pourquoi il rechigne à engager son pays dans de nouvelles aventures hasardeuses en Syrie et en Iran.

Certes, ce pays peut encore faire mal  (La Suisse en sait quelque chose et l'Iran aurait tort de se réjouir trop vite et d'oublier de respecter ses engagements), mais il est au minimum durablement affaibli.

Seul l'avenir nous dira s'il rejoindra d'autres empires dans leur déchéance.

04/09/2013

Les Etats-Unis : un Etat voyou ?

Le gouvernement démocrate cherche à obtenir le soutien du Congrès pour bombarder la Syrie comme il l’avait fait en Libye. Suivant en cela le gouvernement républicain de W qui avait occupé et bombardé l’Afghanistan et l’Irak. Résultat de cette politique de la canonnière ? Ces pays font face à une guerre civile en bonne et due forme et les forces terroristes sont plus fortes que jamais. Tout porte à croire que si les bombardements sur les moyens militaires du gouvernement Assad l’affaiblissent suffisamment, nous pourrions très bientôt avoir un gouvernement abritant des terroristes à Damas.

Ce sera un brillant résultat que partout où les Etats-Unis auront appliqué cette politique, ils auront labouré le terrain au profit des terroristes. Leurs pires ennemis. Au lieu de créer un  cercle vertueux, comme le prétendait l’administration Bush, devant amener la démocratie au Proche et au Moyen-Orient, ils auront créé un chaos favorable à l’émergence de diverses formes de terrorisme. 

Dans un autre domaine, pas une semaine ne se passe sans que de nouvelles révélations soient faites sur les écoutes illégales orchestrées par les agences de renseignement US sur le reste du Monde, y compris des pays et gouvernements amis et alliés. 

Et que dire du chantage exercé par ce pays sur la Suisse ? Dans une opacité totale, le Parlement est appelé à accepter un nouveau projet de Loi, quasi aussi opaque que le précédent, imposé de manière unilatérale par les Etats-Unis, sans respect aucun pour le processus législatif de notre pays. Ce projet de Loi revient à ce que le plus grand de la classe plaque au sol le plus petit en lui faisant une clé dans le dos et en exigeant son goûter, son téléphone portable et tout le reste. C’est du chantage digne d’une dictature. 

Comment appeler un Etat qui profite de sa force pour tyranniser le reste du Monde ?

C’est une grande déception de voir que le brillant candidat démocrate qui a fait rêver tant de gens à la surface de la planète s’est révélé bien faible et bien incapable de changer la direction de la politique de son pays. Certes il a un Congrès qui lui est hostile et qui fera tout ce qui est en son pouvoir pour l’empêcher d’obtenir quelque succès que ce soit. En général on appelle « lame duck » le président durant les 2 dernières années de son second mandat. Obama aura été un lame duck depuis le premier jour de son premier mandat et particulièrement depuis qu’il a perdu la majorité au Congrès à mi-mandat. Depuis, il montre tous les jours son indécision et son incapacité à faire avancer ses projets de Loi. Son seul et plus grand mérite aura finalement été d’empêcher les fous furieux républicains d’avoir 8 années de plus au pouvoir. 

Mais il n’aura pas empêché les Etats-Unis de continuer d’être un Etat voyou qui tyrannise les autres pays avec ses menaces, sa surveillance pathologique et ses Lois unilatérales et imposées au reste du Monde.

09/11/2012

La Floride: une république bananière ?

Les Etats-Unis qui aiment donner des leçons de démocratie au reste du monde devraient se pencher sur ce qui se passe en Floride.

Tout le monde se souvient de la scandaleuse manipulation électorale qui avait permis de confisquer le vote des habitants de la Floride, et finalement des Etats-Unis, en faveur de W en 2000. Déjà en cette occasion, alors que le propre frère de W était gouverneur de Floride, cet Etat s'était distingué par des méthodes dignes des pires républiques bananières.

Avant les élections de 2012, des soupçons de fraude s'étaient faits jour. Il semble que tout avait été préparé pour rejouer le même scénario qu’en 2000 et l'on peut imaginer ce qu'il se serait produit si l'élection du Président avait été suspendue aux résultats électoraux de ce seul Etat. On tremblait d'avoir à revivre ces heures sombres.

Aujourd’hui, vendredi 9 novembre 2012, le résultat du vote en Floride n’a toujours pas été annoncé. Selon les responsables électoraux, la raison de ce retard est la participation extrêmement élevée. Mais de l'avis des experts dont fait partie Lance de Haven-Smith, professeur à l'université de Floride, la raison de ce chaos est ailleurs: «le désordre aurait été orchestré par les responsables républicains locaux […] La vérité est que les responsables républicains de Floride sont impliqués dans une démarche de sabotage de l'organisation des élections en cherchant notamment à diminuer la participation». Des électeurs démocrates bien évidemment.

Selon le Miami Herald d'aujourd'hui, Mme Brett Doster, conseillère de la campagne Romney en Floride, a déclaré: "On pensait (...) avoir fait ce qu'il fallait pour gagner. Clairement, ce n'est pas le cas", reconnaissant ainsi implicitement la victoire d'Obama dans cet Etat.

J'espère que lorsqu'elle déclare : "On pensait (...) avoir fait ce qu'il fallait pour gagner", elle ne se réfère qu'à des actes parfaitement légaux, mais au vu des précédants et du fait que l'élection de 2012 était annoncée comme extrêmement serrée, la tentation a dû être grande, pour les républicains, de préparer un plan B similaire à celui de l'an 2000 au cas où le sort de l'élection aurait dépendu de l'issue du scrutin en Floride. Presque un aveu donc.

Il faudra que ce pays mette de l'ordre dans ce dangereux foutoir, au risque de provoquer de nouvelles dérives insupportables dans ce pays qui se veut le phare de la démocratie dans le monde.