09/11/2012

La Floride: une république bananière ?

Les Etats-Unis qui aiment donner des leçons de démocratie au reste du monde devraient se pencher sur ce qui se passe en Floride.

Tout le monde se souvient de la scandaleuse manipulation électorale qui avait permis de confisquer le vote des habitants de la Floride, et finalement des Etats-Unis, en faveur de W en 2000. Déjà en cette occasion, alors que le propre frère de W était gouverneur de Floride, cet Etat s'était distingué par des méthodes dignes des pires républiques bananières.

Avant les élections de 2012, des soupçons de fraude s'étaient faits jour. Il semble que tout avait été préparé pour rejouer le même scénario qu’en 2000 et l'on peut imaginer ce qu'il se serait produit si l'élection du Président avait été suspendue aux résultats électoraux de ce seul Etat. On tremblait d'avoir à revivre ces heures sombres.

Aujourd’hui, vendredi 9 novembre 2012, le résultat du vote en Floride n’a toujours pas été annoncé. Selon les responsables électoraux, la raison de ce retard est la participation extrêmement élevée. Mais de l'avis des experts dont fait partie Lance de Haven-Smith, professeur à l'université de Floride, la raison de ce chaos est ailleurs: «le désordre aurait été orchestré par les responsables républicains locaux […] La vérité est que les responsables républicains de Floride sont impliqués dans une démarche de sabotage de l'organisation des élections en cherchant notamment à diminuer la participation». Des électeurs démocrates bien évidemment.

Selon le Miami Herald d'aujourd'hui, Mme Brett Doster, conseillère de la campagne Romney en Floride, a déclaré: "On pensait (...) avoir fait ce qu'il fallait pour gagner. Clairement, ce n'est pas le cas", reconnaissant ainsi implicitement la victoire d'Obama dans cet Etat.

J'espère que lorsqu'elle déclare : "On pensait (...) avoir fait ce qu'il fallait pour gagner", elle ne se réfère qu'à des actes parfaitement légaux, mais au vu des précédants et du fait que l'élection de 2012 était annoncée comme extrêmement serrée, la tentation a dû être grande, pour les républicains, de préparer un plan B similaire à celui de l'an 2000 au cas où le sort de l'élection aurait dépendu de l'issue du scrutin en Floride. Presque un aveu donc.

Il faudra que ce pays mette de l'ordre dans ce dangereux foutoir, au risque de provoquer de nouvelles dérives insupportables dans ce pays qui se veut le phare de la démocratie dans le monde.