18/10/2011

La cupidité est plus forte que les leçons de l'Histoire

Souvent, dans ce blog, je me suis ouvert de ce qui me scandalise, me chagrine et m'inquiète dans la marche du Monde (voir parmi beaucoup d'autres le billet "Le (non) sens des responsabilités du secteur privé"). La liste des déséquilibres et des dysfonctionnements est une interminable litanie et la Terre qui pourrait être un endroit somme toute agréable est transformée en champ de bataille par la cupidité de quelques-uns et la violence de trop nombreux autres.

Nous avons déjà vécu de nombreux cycles qui se sont presque tous mal terminés. Je ne suis pas historien, mais point besoin d'un Doctorat dans cette branche pour se rendre compte que quelques-uns d'entre nous sont en train de créer les conditions d'un nouveau désastre. Quelle forme prendra ce désastre est encore largement ouvert mais je crains que nous ne tracions notre route avec beaucoup de détermination.

De nombreux dangers nous menacent et cela ne vient pas du ciel: pas de météorite monstrueuse à l'horizon, non, juste notre cupidité et/ou notre manque d'amour les uns pour les autres.

Et je dis «notre» car il semblerait que cela fasse partie de ce qu'il faut bien appeler la «nature humaine». En effet, à toutes les époques, sous toutes les latitudes, il y a toujours eu une classe, un groupe, un sexe, une religion qui a dominé l'autre, ou les autres, et souvent avec beaucoup de violence.

Qu'y a-t-il de vicié au cœur de notre espèce pour qu'à chaque fois que nous croyons avoir tué le dragon il renaît sous une autre forme ? Qu'à chaque fois qu'une Révolution renverse un groupe despotique, un autre groupe tout aussi despotique prenne le relais ?

Aujourd'hui les menaces sur notre espèce sont partout:

  • Des financiers/économistes véreux et/ou dogmatiques et leurs affidés politiciens ont mis l'économie planétaire en coupe réglée,
  • Le lobby de l'industrie pharmaceutique dicte l'agenda de la recherche médicale, fait la pluie et le beau temps dans les Académies de médecine et bien sûr nos Ministères de la Santé, et a trop souvent transformé les médecins en simples représentants de commerce de leur industrie,
  • Ces mêmes lobbies travaillent sur des souches de bactéries et de virus en les recombinant, pour des vaccins notamment, dans une grande soupe du diable dont personne ne peut garantir que nous ne nous retrouverons pas un jour face à des souches virales ou bactériennes totalement inconnues de notre système immunitaire, résistantes à tous les traitements et face auxquelles nous serons totalement démunis, d'autant que l'abus d'antibiotiques et de médicaments immuno réducteurs comme la cortisone, affaiblit de nombreux systèmes immunitaires,
  • Le lobby de l'agro-alimentaire modifie de façon irréversible notre façon de produire nos aliments, dénature lesdits aliments, manipule le vivant, s'approprie celui-ci par des brevets et transforme de nombreux agriculteurs en serfs impuissants, voire les pousse au suicide, comme cela arrive souvent en Inde,
  • Le lobby de l'industrie chimique produit tous les jours des tonnes de substances chimiques éminemment nocives qui sont en train d'impacter de façon irréversible également, notre santé et nos capacités de reproduction (la qualité du sperme des nouvelles générations est en baisse dramatique),
  • L'électro-smog est un danger sournois encore mal identifié,
  • Ces atteintes multiples à notre santé par les points cités plus haut font exploser les maladies inflammatoires, allergiques, métaboliques et dégénératives (maladies articulaires, sclérose en plaques, cardiovasculaires, asthme, obésité, diabète, Parkinson, Alzheimer, cancer)
  • Notre appétit frénétique d'énergie nous amène à saccager la nature de multiples façons et les déchets nucléaires sont un terrible fardeau pour l'avenir (au très long cours?) de l'Humanité
  • La criminalité, depuis la petite délinquance jusqu'aux pires maffias du crime organisé, induit une souffrance insupportable pour des millions de gens (pensons ne serait-ce qu'à toutes ces femmes trompées, kidnappées, violées, battues et forcées à la prostitution dans des conditions de violence inimaginables)
  • La misère imposée à tant de milliards d'habitants force un nombre toujours plus grand de pauvres à migrer vers les pays qui apparaissent à leurs yeux d'une insolente richesse. Ces déplacements massifs de population créent des déséquilibres qui, lorsqu'ils atteindront leur paroxysme, risqueront de jeter les communautés les unes contre les autres, sans régler en rien la misère congénitale de leurs pays d'origine

Tout cela nous le voyons tous les jours sous nos yeux. Et pourtant nous sommes comme un train fou, fonçant sans pilote vers l'abîme. Et ceux qui pourraient modifier la course de notre convoi, ne semblent pas vouloir ou pouvoir modifier sa direction. C'est la faillite du capitalisme, comme de tous les autres systèmes avant lui.

Ce système n'a jamais été aussi efficace et «juste» que lorsqu'il avait un puissant contre-pouvoir, le communisme, qui menaçait nos pays par sa surpuissante armée et l'infiltration de ses idéaux dans nos pays, auprès de nombreux intellectuels et de larges couches de la population. En ce temps-là, les tenants du pouvoir économique savaient qu'ils devaient partager leurs richesses, au risque de créer les conditions de l'arrivée au pouvoir des communistes par des voies démocratiques.

Ce partage forcé des richesses a dû créer une grande souffrance chez les ultras riches. Un jour ils ont décidé que cela suffisait. Qu'ils en avaient marre de partager avec tous ces culs terreux. Nous. Et une fantastique opération de propagande, pour faire accréditer les fallacieuses idées de la droite économique la plus extrémiste, a été entreprise auprès des médias par des agences de com, puis des Universités en finançant des chaires d'économie qui ont, depuis, formé des générations d'économistes inféodés à ces cercles et enfin auprès des pouvoirs politiques dans tous les pays «démocratiques» à la fois.

Cela a fonctionné du feu de Dieu et depuis la chute du mur de Berlin les ultras riches nous font payer le prix fort pour toutes leurs souffrances endurées pendant les «trente glorieuses».

Ils ne semblent pas réaliser que la fête n'est pas éternelle et que leurs excès mêmes sont en train de détruire les fondements de leur propre richesse, voire les conditions mêmes de la vie sur Terre.

Jusqu'à quand la cupidité sera-t-elle plus forte que les leçons de l'Histoire ?