12/08/2012

Qui veut noyer son chien, l'accuse d'avoir la rage (1)

J'ai déjà écrit un billet sur M. Franz Weber ("Il nous faut un Franz Weber contre le bruit"), je ne pensais pas en écrire un deuxième, mais l'actualité en a décidé autrement. Depuis qu'il s'est engagé en faveur de l'initiative d'Ecopop, il a eu droit à 2 éditoriaux assassins de M. Fabian Muhieddine dans la TDG (mercredi 8 et samedi 11 aoùt).

Le mercredi 8 août, on apprend de sa plume que cette initiative qui veut limiter le nombre de résidents est forcément xénophobe et qu'en soutenant celle-ci, M. Weber a «franchi la ligne rouge». Et samedi, que «sa croisade contre la surpopulation jette une nouvelle lumière sur le combat de l'écologiste». Très négative comme de bien entendu.

C'est cela qui est pratique avec le prêt-à-penser: il suffit d'appuyer sur un ou deux boutons pour obtenir un raisonnement tout prêt à la sortie de l'imprimante. Depuis le temps que de nombreuses forces dans ce pays tentent de l'abattre et qu'elles n'ont jamais pu le faire à cause de sa popularité et de sa très haute stature morale, ces forces ont peut-être enfin trouvé, croient-elles, la faille dans l'armure.

Dans l'article de samedi qui veut répondre à la question qu'il se pose à lui-même, à savoir «Franz Weber a-t-il trente ans d'avance ou au contraire cent ans de retard ?» le journaliste va chercher dans les engagements passés et surtout les petites phrases lâchées ici et là aux medias par M. Weber les preuves de ce qu'il suggère. Et rien ne permet de supposer que ce Monsieur a parlé avec M. Weber pour savoir ce qu'il pensait vraiment. Non. Mieux vaut fouiller les poubelles. Tout dans cet article est biaisé et malsain. Le choix des mots, les lourds sous-entendus, les attaques frontales, la photo, sont autant de façons de tenter de dénigrer cet homme.

L'article commence en rappelant que M. Weber est «soutenu par les milieux de gauche, notamment écologistes, qu'il aime citer Henri Dunant et passe pour un humaniste». Bien qu'il ne fasse pas bon être considéré comme «soutenu par les milieux de gauche» dans ce pays, notez bien le «passe pour un humaniste». Inutile de commenter cette tournure de phrase qui est très péjorative.

Un paragraphe plus loin, on apprend que M. Weber s'est «engagé dans une nouvelle croisade contre la surpopulation et cela en soutenant une initiative extrémiste d'Ecopop. [...] au nom de la protection de la nature, il s'agit de lutter contre la prolifération de l'être humain».  Là aussi, on peut relever les mots très connotés de «croisade» très employé dans le cadre de la guerre de Bush contre certains pays musulmans, «extrémiste» très utilisé pour dénoncer les partis politiques pratiquant une politique populiste (donc d'extrême-droite) et «prolifération» faisant penser que les initiants considèrent l'être humain comme une vermine dont il faut éviter la prolifération.

Ensuite pour bien souligner de supposées accointances, le journaliste assimile M. Weber à l'UDC en écrivant «A l'image de l'UDC, il glorifie le mythe d'une Suisse ancienne avec 4 millions d'habitants».

Insinuons, insinuons, il en restera toujours quelque chose.

Plus loin, on passe de l'insinuation à l'accusation frontale, lorsque le journaliste écrit «cette semaine, M. Weber a clairement rejoint l'autre extrême (droite s'entend) en disant sur le ton de la barque est pleine: on ne peut mettre dans un appartement plus de personnes qu'il ne peut en contenir. Pour un pays c'est pareil». En quoi ce monsieur a-t-il le droit d'interpréter les propos de M. Weber dans le sens de ce qui a été dit en Suisse à une triste époque pour éviter d'accueillir trop de réfugiés fuyant le nazisme. C'est de la pure calomnie.

Je continuerai l'analyse de cette «information» très orientée dans un prochain billet.