11/09/2015

Un moment charnière pour l'Europe

Nous vivons un moment charnière pour l’avenir de l’Europe. D’un côté il y a ces quelques dirigeants qui cherchent à défendre leur pays et l’Europe par la même occasion, contre la vague migratoire: ceux des 4 pays du groupe de Visegrad et ceux du Danemark. De l’autre, les dirigeants des autres pays, Suisse comprise, pris par l’hystérie convulsive qui secoue notre continent. L’Autriche quant à elle semble danser d’un pied sur l’autre. Combien de temps ces courageux dirigeants réussiront-ils à résister au rouleau compresseur allemand reste à démontrer. Quoi qu'il arrive, je les admire d'ores et déjà.

Ce phénomène d’hystérie collective est très intéressant car nous assistions depuis de nombreuses années à un clivage entre deux camps irréductibles : ceux qui rejetaient largement et pour différentes raisons une immigration extra-communautaire massive et ceux qui professaient avoir du cœur en voulant la faciliter. Ces camps ne bougeaient pas depuis longtemps. C’était le status quo et le dialogue de sourds.  Et depuis la photo, de nombreuses personnes de tous horizons ont basculé dans l’émotionnel et l’irrationnel, rompant ce status quo. Or, ce qui peut être admissible chez Monsieur ou Madame tout-le-monde est simplement inacceptable venant de personnes ayant aspiré à la charge suprême qui consiste à diriger un pays ou une communauté de pays.  

Pour la seule année 2015, ce sont environ 1.5 million de migrants qui entreront en Europe. Mais ce chiffre est trompeur car nous savons tous que l’immense majorité de ces migrants sont des hommes seuls et qu’ils exigeront le regroupement familial dès qu’ils seront installés. Ils généreront dès lors une immigration effective qui sera comprise dans une fourchette entre 3 et 5 millions de personnes. Beaucoup plus grave pour notre avenir, je ne vois pas qui aura demain le courage de refermer la porte maintenant qu’elle est si largement et si irrationnellement ouverte. Et prions pour qu'il n'y ait pas demain une guerre civile en Turquie car les dirigeants de ce pays, à force de jouer avec le feu, pourraient perdre un jour le contrôle de la situation.