25/07/2012

Limiter l'asile, c'est le sauver

Ce soir, l'émission «Forum» sur la RTS a invité M. Alexandre Casella. En sa qualité d'ancien directeur du HCR, il s'est permis de dire des choses excessivement pertinentes et qui font un bien fou dans le débat proprement délirant sur l'asile.

M. Casella a d'abord rappelé ce qu'était un réfugié (je cite de mémoire): «toute personne qui doit fuir son pays pour des motifs politiques, religieux ou ethniques». Il poursuit en précisant que les réfugiés économiques ne méritent donc pas le statut de réfugié politique et que la Suisse ne devrait même pas entrer en matière sur ces dossiers-là. Il prend en exemple le cas des Tunisiens qui ne sont l'objet d'aucune menace dans leur pays et n'ont donc rien à faire en Suisse et en Europe. Et qu'ils coûtent très cher dans les procédures d'asile, soit environ 20'000 CHF par année et par personne.

M. Casella donne ensuite la dimension du problème en rappelant que la Suisse est un des pays du monde où il y a le plus d'étrangers, où il y a le plus de réfugiés et là où ils sont le mieux traités. Il y a environ un réfugié pour 330 habitants en Suisse, 1 sur 2'000 en Allemagne, 1 sur 7'000 en Italie et 1 sur 100'000 au Japon.

Limiter l'asile aux seuls réfugiés politiques qui le méritent est la seule façon de «sauver l'essence du droit d'asile». Si la Suisse a pêché jusque-là, «c'est par excès de générosité».

Ce point de vue est clair et limpide et éclaire le débat. Ceux qui empêchent le débat, jettent l'opprobre sur ceux qui font leur travail dans les procédures d'asile en essayant de distinguer ceux qui méritent de recevoir le droit d'asile et ceux qui ne le méritent pas, pourrissent le débat et portent une lourde responsabilité dans les tensions sociales liées aux abus manifestes dans le droit d'asile.

20:55 Publié dans Suisse - ses défis | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : limiter l'asile, c'est le sauver, alexandre casella, forum | |  Facebook