27/04/2011

Faut-il accueillir toute la misère du monde ?

A l'heure où l'arrivée de dizaines de milliers de migrants tunisiens met les liens entre nations européennes à rude épreuve, il vaut la peine de se reposer, une énième fois, cette question.

Il y a quelques années, alors que je voyageais au Viêt Nam, j'avais été frappé et choqué par les nombreux enfants des rues (16'000 à l'époque).  Je m'en étais alors ouvert à un Vietnamien travaillant pour une ONG française et je lui avais demandé ce qu'il pensait de l'ouverture d'une maison pour les accueillir, les former et leur donner de vraies chances dans la vie. Sa réponse avait été négative et sur le moment j'avais  commencé à douter de sa santé mentale. Et puis il m'avait expliqué une chose très sensée. En gros, cela donne ceci : «Si vous ouvrez une maison qui donnera aide, protection et formation aux enfants des rues de Saïgon, vous allez créer un appel d'air à travers tout le pays et si vous arrivez à aider une cinquantaine d'enfants avec cette maison, vous allez en faire venir des milliers qui n'auront pas cette chance. Il faut aider les enfants là où ils sont, avant qu'ils quittent leur famille ».

Depuis, chaque fois que je pense aux nombreux problèmes posés à nos pays par cet afflux continuel et désordonné de migrants originaires du monde entier, je repense à cet homme et à la pertinence de ses propos, car je pense que l'on peut réfléchir à l'identique en Europe et en Amérique du nord.

Et ce qui nous plombe, est qu'il est impossible de tenir un débat raisonnable dans nos pays sur ces questions. Les seuls qui s'expriment sont les tenants des extrêmes (j'avais déjà évoqué cela dans un billet "De quoi parle-t-on ?") : d'un côté les tenants d'un angélisme aveugle qui font le lit des extrémistes (à mon avis) et de l'autre, les extrémistes, ceux qui réagissent de façon parfois épidermique à la présence des étrangers.  

Alors, il y a une question que j'aimerais poser aux tenants de l'angélisme, ceux qui montent au front chaque fois qu'ils débusquent une injustice quelconque :  pourquoi vous contentez-vous de protéger ceux qui arrivent chez nous (pour beaucoup, arriver en Europe, cela signifie réunir l'argent de toute une vie pour payer des passeurs pour qui ce n'est qu'un ignoble business, traverser la moitié d'un continent, prendre des risques insensés que beaucoup payent de leur vie et arriver sur un continent parfois hostile) ?  Pourquoi acceptez-vous ce dilemme monstrueux qui est que seuls ceux qui ont eu le courage de braver tous ces dangers ont le droit de profiter de cette nouvelle chance ? Pourquoi ne définissez-vous pas le seuil de pauvreté à partir duquel nous, européens, nous nous devons de leur donner une seconde chance et conséquemment, pourquoi n'organisez-vous pas des ponts aériens pour faire venir tous ceux qui remplissent ces critères.

Poser la question ainsi, montre l'absurdité de cette triste comptabilité (on parle littéralement de milliards d'immigrants potentiels) et les problèmes insurmontables liés aux problématiques sociales, politiques, économiques, ethniques et religieuses qui empêchent tant de pays de nourrir correctement leurs propres enfants. Et c'est là que cela rejoint ce que cet homme vietnamien me disait. Accueillir, nourrir, loger, éduquer ces migrants qui viennent en Occident comme ces enfants des rues arrivent à Saïgon, c'est créer un immense appel d'air qui ne peut que continuer d'aggraver la situation.

Personnellement, et puisque je ne vois guère de possibilité de remettre de l'ordre, à l'échelle planétaire, dans ce Capharnaüm, je suis en faveur d'un contrat (comme déjà exposé dans le billet cité plus haut) qui définirait les droits et les devoirs des immigrants vis-à-vis de leur pays d'accueil et qui devrait être signé par les migrants souhaitant s'établir dans un pays donné. Cela nous permettrait de nous assurer que ces migrants comprennent notre univers, s'engagent à respecter nos us et coutumes politiques, culturels et religieux et à terme, à s'intégrer. Ce qui n'est pas toujours le cas aujourd'hui.

Chaque fois que je lis ou entends que tel ou tel pays, canton, commune, établissement scolaire se trouvent confrontés à des musulmans qui cherchent à interdire la célébration de Noël ou les crucifix dans les classes, veulent interdire à leur fille d'aller en classe de natation, exigent un carré musulman dans les cimetières, menacent des adolescentes pendant leur cours de gymnastique (c'est arrivé il y a quelques mois près de la mosquée du Petit-Saconnex, sous prétexte d'une tenue impudique à leurs yeux), exigent de construire des minarets, bloquent les rues de certaines villes françaises pendant la prière, refusent d'enlever leur voile même lors d'un contrôle de police, portent ostensiblement barbe et autres signes extérieurs d'appartenance à la tendance extrémiste de leur religion (une façon très explicite de nous transmettre le message qu'ils conchient nos traditions, notre culture et que non seulement ils ne s'intégreront jamais mais qu'au contraire, ils souhaitent instaurer, à terme, la charia dans leur nouveau pays), je pense que nous avons un sérieux problème et que celui-ci vient du fait que nous n'avons pas su mettre un cadre à cette immigration désordonnée. La même chose vaut pour ces migrants, d'où qu'ils viennent (Europe ou Afrique), qui croient que le trafic de drogue ou la traite d'êtres humains sont, somme toute, les voies les plus rapides vers la richesse.

Alors OUI à une immigration contrôlée et offerte à des migrants s'engageant par écrit à respecter leur pays d'accueil dans TOUTES ses dimensions et NON à ceux qui ne viennent que pour importer leur violence et leur mal-être social et religieux.