02/01/2011

De quoi parle-t-on ?

Maintenant que les scories des votations sur le renvoi des criminels étrangers sont un peu retombées, il est peut-être enfin possible de «parler» de ce sujet avec un minimum de mesure et une plus juste mise en perspective.

Je dis bien «peut-être», car dès que l'on aborde ces sujets, il semble que l'intelligence s'arrête de fonctionner et que l'émotionnel prend possession de tout le champ de conscience. Que n'a-t-on pas en effet entendu avant, pendant et après ces votations. L'UDC était une fois de plus comparée à un Parti de chemises brunes et le Peuple suisse, dans le meilleur des cas, à une bande d'imbéciles facilement manipulés par des gens sans scrupules.

Rappelons une fois de plus que le texte de l'initiative portait sur le renvoi des CRIMINELS étrangers. Or, à entendre certains, on avait vraiment l'impression que les Suisses s'étaient exprimés pour renvoyer TOUS les étrangers, dans un grand élan xénophobe. Pourtant, également entendu pendant les débats autour de cet objet, à population égale, la Suisse (pays soi-disant si «fermé») naturalise plus que les Etats-Unis (pays que l'on croyait champion toute catégorie dans ce domaine).

Comment mener un débat démocratique si l'on bascule constamment dans le psychodrame, le mensonge et la manipulation ? Si vous vous rendez au square de votre quartier et que dans le bac à sable un petit se met à frapper les autres enfants, y compris le vôtre, quelle sera votre réaction ? Allez-vous le regarder tabasser votre enfant en pensant: «le pauvre, il doit avoir une enfance perturbée ?» Non, je pense que vous allez faire en sorte de mettre fin à ce comportement, au besoin en expulsant cet enfant du bac à sable. Et vous aurez parfaitement raison.

La Suisse n'est pas xénophobe. Mais je pense que beaucoup de Suisses (et d'Européens qui n'ont pas les moyens démocratiques de s'exprimer) sont excédés de voir que certains comportements ne sont pas sanctionnés. Fatigués de voir des dealers se livrer ouvertement à leur trafic au milieu de nos villes et que la pire sanction qu'ils encourent est celle de passer quelques heures au Poste de Police avant d'être relâchés dans la nature. Fatigués de voir certains venir demander à bénéficier d'un statut de réfugié pour finalement refuser toute forme d'intégration. Heureusement, ces abus dans le droit d'asile ou ces comportements déviants ne concernent qu'une petite frange des immigrés. Mais le fait que cela concerne relativement peu de personnes ne signifie pas que l'on doive rester impuissant face à elles.

C'est une vraie difficulté pour nos Sociétés. Et visiblement aucun de nos Pays n'a trouvé la solution miraculeuse. Alors je me demande comment résoudre ce problème de plus en plus pressant ?

Une possibilité serait que nos Pays établissent une sorte de cadre ou plus précisément une sorte de «Contrat», permettant aux uns et aux autres de vivre ensemble. Je trouve qu'il serait sain et légitime d'établir une sorte de «Contrat» qui définirait clairement, dans un langage compréhensible par tous, les Droits et les Devoirs de chacun. La Société évolue, et très rapidement. Ce Contrat, entre nous et les immigrants, manque visiblement. En gens raisonnables, nous devrions être capables de nous mettre d'accord sur un ensemble de valeurs qui devraient être le socle commun de nos démocraties (ce devrait être le rôle de la Constitution) et de proposer ce pacte à ceux qui viennent chercher un refuge politique, religieux ou une nouvelle chance sur le plan économique. Il n'y a rien de scandaleux à cela. Et les comportements criminels ne sont certainement pas en accord avec ce socle commun.

L'autre difficulté, dans ce débat sur de vraies questions de Société, sont les réactions d'une partie de la classe politique et des intellectuels de nos pays. En gros je les regroupe en 2 grandes catégories :

  • celle de ceux qui sont prompts à jeter l'anathème à la face de ceux qui osent exprimer certaines problématiques. Immédiatement les mots outranciers sont jetés dans le débat: racisme, xénophobie, fascisme, propos nauséabonds, retour des Chemises brunes, etc..
  • celle de passablement de politiciens qui prétendent reconnaître la réalité de la criminalité, et qui finissent systématiquement leur discours par un «mais». Un «mais» qui veut bien évidemment dire qu'ils n'entreprendront rien (car penser que l'on réglera la criminalité dans nos pays en réglant les problèmes sociaux, politiques, économiques et religieux des pays pourvoyeurs d'immigrants revient à dire qu'il ne se passera rien de significatif avant un ou deux siècles).

Un «Contrat» qui devrait être endossé et signé par les immigrants permettrait de nommer les choses qui dérangent et de faire un pas en avant constructif vers un mieux-vivre ensemble.