03/04/2013

Les élus plombent le budget 2014 (et suivants)

Lors de la dernière session de mars des Chambres fédérales, nos élus du National ont proposé, dans une première étape, d’alléger le droit de timbre de près de 300 millions de francs.

Comme d’habitude, les élus ne voient que le côté lumineux de la mesure: augmenter l’attractivité fiscale de la Suisse !

La réalité est souvent beaucoup plus prosaïque: cela n’apportera très probablement aucune amélioration aux conditions de vie de l’immense majorité de la population suisse et au contraire constituera un nouvel épisode de ce transfert de richesse entre les happy few  et la classe moyenne qui sera appelée à compenser la perte de revenus d’une façon ou d’une autre. Est-ce que cela se fera par une baisse des subventions fédérales à l’assurance maladie ou aux assurances sociales, par une augmentation du prix des transports ou par tout autre tour de passe-passe ? Cela n’est pas connu formellement à ce stade, mais aura lieu. C’est la seule certitude.

Et réjouissons-nous, ce n’est que la première étape de la suppression du droit de timbre. La suivante, la suppression du « droit de négociation » va amputer le budget fédéral de près de 2 milliards. Un nouveau cadeau royal qui viendra s’ajouter à tous ceux déjà accordés depuis 30 ans et la venue au pouvoir, dans tous nos Etats, de la droite dite « décomplexée ».

Le peuple suisse, en plébiscitant l’Initiative de l’entrepreneur Thomas Minder, vient pourtant de clamer haut et fort qu’il en a assez de certains abus. La réponse du National est une forme de mépris à l’égard du peuple suisse. Et une nouvelle manifestation de cet autisme politique et social qui conduit lentement mais sûrement nos pays occidentaux à la faillite.

27/09/2012

Primes maladie: une décision politique

L’habituelle mise en scène entourant la publication des prochaines primes d’assurance maladie a révélé des primes relativement modérées. A-t-on enfin jugulé l’augmentation de plus en plus insupportable des primes ? Ce serait magnifique de pouvoir répondre par l’affirmative. Mais ce serait d’une grande naïveté.

La réalité est qu’un projet de caisse publique nous sera soumis prochainement et que, comme en 2008 avant la votation sur la caisse unique, les assureurs ont tellement peur, qu’ils sont prêts à avaler cette potion très amère, sachant que, comme après le refus du peuple lors de ladite votation, ils pourront se rattraper une fois le danger bolchévique écarté. Ne doutons pas que la même propagande nous sera servie à longueur de médias pour tenter de faire peur aux citoyens et afin d’obtenir un nouveau rejet.

Deux travaux de ce jour au Conseil national et au Conseil des états, préparent les augmentations futures:

  • La chambre du peuple veut que le Conseil fédéral renégocie la baisse du coût des médicaments avec l'industrie pharmaceutique. Pour une fois que le CF avait timidement tapé du poing sur la table, nos représentants (oui, oui, ceux que nous avons porté au parlement pour nous défendre) veulent revoir cela afin de défendre les futurs bénéfices de leurs lobbyistes préférés
  • Le Conseil des Etats enterre la loi sur la prévention santé. Ce qui veut dire qu’il n’y aura finalement pas de loi fédérale pour chapeauter la prévention et la promotion de la santé et que la Fondation Promotion Santé Suisse ne recevra pas les moyens prévus et nécessaires. La Chambre du peuple soutenait le texte, malgré l’opposition de la droite. La loi devait se contenter d’améliorer l’utilisation des quelque 70 millions par an à disposition, sans augmenter les moyens financiers. Et pourtant… C'est vrai qu’il vaut mieux empêcher la prévention des maladies à coup de modestes millions afin de dépenser des milliards et des milliards pour «soigner» (en réalité les traitements utilisés sont toxiques et font le lit de nouvelles maladies, faisant entrer les malades dans le cycle infernal des maladies induites par des traitements toxiques qu’il faut tenter de contrebalancer par d’autres médicaments tout aussi toxiques qui…) des maladies chroniques qui, une fois installées représentent le pactole pour toute la filière pharmaco-médicale. N'oublions pas que, (dixit Pascal Couchepin, ancien ministre de la santé, ou plutôt de la maladie) les dépenses dans le domaine de la santé, sont un facteur de croissance.

Ces 2 décisions participent aux futures augmentations. Il faudra s’en souvenir le jour J et ne pas tomber des nues lorsque nous recevrons le coup sur la tête. Les augmentations de primes sont programmées car le but du système n’a rien à voir avec notre santé mais avec la volonté de certains de s’enrichir sur notre dos et sur nos malheurs (la maladie sous toutes ses formes).

La grande peur des assureurs est la preuve même que le projet de caisse publique est un bon projet. Sinon, il ne les empêcherait pas de dormir et de se priver, même momentanément, de leur oxygène vital: notre argent.