28/08/2013

Intervention en Syrie : le scénario risque de se répéter

Une fois encore l'Occident se trouver piégé dans une région où la dynamique des alliances et des contre-alliances défie toutes les lois de la logique et de la rationalité.

A chaque fois que l'Occident est intervenu en terre musulmane (Afghanistan, Irak, Libye, etc..), il a sans doute renversé une tyrannie mais a eu en définitive pour effet d'en renforcer une autre. Intervenir dans ces terres en convulsion permanente, c'est perdre à coup sûr, car la dynamique des forces joue forcément, à terme, contre nos intérêts. 

Nous intervenons à cause de principes moraux basés sur notre vision du bien et du mal, avec notre vision de nos intérêts stratégiques, avec notre vision de nos intérêts énergétiques et celle du Monde dans un temps donné. Le problème est que notre vision ne cadre en rien avec les intérêts, les buts, le temps dans lequel évoluent ces peuples. 

Nous intervenons avec une approche "pasteurienne" du monde en croyant qu'avec un peu d'asepsie on va pouvoir remettre le patient sur pieds en ayant "nettoyé" l'origine de sa fièvre. La réalité sur le terrain nous donne régulièrement tort car le "patient" en question n'a que faire de nos remèdes tout à la poursuite qu'il est d'intérêts si particuliers, si divergents, si confus et antagonistes que nous ne les comprenons plus. Les conflits récurrents qui agitent ces régions avec une rare violence, proviennent de forces souterraines et occultes (qui finance qui) qui elles aussi dépassent notre logique.

Je crois qu'il serait plus sage pour nous autres Occidentaux de pratiquer enfin autrement:

  • S'engager enfin et résolument dans l'après-pétrole provenant de ces régions (l'argent du pétrole est ce qui donne le pouvoir à ces peuples de s'entredéchirer et d'avoir une importance stratégique absurdement disproportionnée par rapport à leur contribution politique, économique, intellectuelle et culturelle sur la marche du Monde)
  • Pratiquer une politique de "confinement", en laissant ces peuples régler leurs problèmes entre eux (laissons par exemple faire le pouvoir égyptien dans sa lutte contre le terrorisme islamiste au lieu de lui faire des leçons de morale) mais en prenant toute mesure nécessaire afin que ces conflits internes ne débordent pas sur les régions voisines
  • Cesser de céder au vertige en continuant de croire que nous pouvons régler les problèmes de ces régions à coup de bombardements. C'est une illusion funeste et un ouvrage à remettre sans cesse sur le métier
  • Gardons nos forces militaires intactes pour les vrais conflits à venir. Conflits qui ne manqueront pas, soyons-en malheureusement assurés. Le prochain étant sans doute d'éviter l'Iran d'acquérir la bombe atomique. Tant que ces peuples s'entredéchirent avec des armes conventionnelles, nous pouvons pratiquer cette politique de confinement. Le passage à l'arme nucléaire serait évidemment une rupture inacceptable de ladite politique.
     

Cela fait plusieurs décennies que nous pratiquons une politique interventionniste qui a prouvé être un échec total. Il est temps d’essayer autre chose.