11/11/2011

Les «Marchés», ces nouveaux dictateurs

Nos pays subissent de nouvelles attaques, violentes, des fameux «Marchés» depuis quelques mois, au point que déjà deux gouvernements sont tombés, en Grèce et en Italie. Là où l'indignation populaire a malheureusement échoué à faire partir les gouvernements en place, il a suffi que les agences de notation abaissent la note de certains pays et que quelques manipulations bien senties soient opérées sur les taux d'intérêt pour réussir une sorte de «coup d'état»: faire démissionner des gouvernements démocratiquement élus.

C'est une vraie question qui se pose ici car quelle est la légitimité des acteurs du «Marché» pour faire tomber des gouvernements ?

Premièrement, nous autres citoyens lambda, aurions aimé que ces agences de notation soient aussi exigeantes avec les banques dans les années qui ont précédé la crise des subprimes. Or non seulement elles n'ont pas fait preuve de vigilance avec celles qui prenaient des risques insensés, mais encore sont-elles soupçonnées d'avoir couvert certains agissements.

Deuxièmement, ces fiers redresseurs de tort qui mettent nos pays socialement à feu et à sang (abaisser la note d'un pays c'est faire augmenter les taux d'intérêt auxquels un pays peut emprunter de l'argent et c'est donc le pousser à appliquer de cruels plans d'austérité qui frappent durement les plus fragiles d'entre nous), oublient à la vitesse de l'éclair que si les Etats sont endettés à des hauteurs stratosphériques, ce n'est pas uniquement parce que nos pays vivaient depuis longtemps au-dessus de leurs moyens, mais aussi parce qu'ils sont venus au secours des banques qui menaçaient de tout emporter dans leur chute. Chacun sait cela.

Cette arrogance est vraiment inacceptable. Et il est triste de constater que tous nos gouvernements se plient docilement au dictat de ces quelques soi-disant «experts» qui imposent une forme de dictature sur le fonctionnement de nos Etats, avec toutes les conséquences sociales qui en découleront forcément.

L'économie privée qui est cause de tous nos maux actuels avec sa façon de tout exiger de l'Etat (infrastructures optimales, baisses d'impôts, niveau élevé de l'enseignement, prise en charge des salariés licenciés, service de santé de première classe, etc, etc..) et de ne rien vouloir partager de ses gigantesques profits n'est jamais sanctionnée pour ses comportements antisociaux par les «Marchés». Bien au contraire: plus une entreprise se comportera de manière prédatrice et antisociale et plus elle sera récompensée. Alors que lorsqu'un Etat assume ses responsabilités sociales, il est cruellement sanctionné. Nous marchons donc sur la tête pour le plus grand profit d'une poignée d'individus.

Ces nouveaux dictateurs jouent un jeu politique et économique extrêmement dangereux et socialement totalement irresponsable.

Quand donc les «Autorités» politiques se décideront-elles à remettre de l'ordre dans cette chienlit qui gangrène la vie politique, économique et sociale à l'échelle planétaire ?

22:01 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : les «marchés», ces nouveaux dictateurs | |  Facebook