18/10/2013

Faut-il désespérer de la démocratie ?

Tout le monde s’accorde pour dire que la vie politique de nos démocraties est de plus en plus polarisée. On vient d’en voir un exemple édifiant aux Etats-Unis où la branche des extrémistes du Parti républicain a failli faire sombrer le pays dans le chaos (et le reste du monde avec) au seul motif de la haine qu’ils portent aux pauvres (refus d'une assurance maladie pour 40 millions d'américains pauvres) et à leur refus de toute augmentation d’impôts à l’égard des plus riches d’entre les riches.

Nous vivons cet antagonisme dans tous nos pays et sur tous les sujets, au point que nous ne parvenons quasiment plus à prendre de décisions.

Parmi les autres débats où la polarisation est extrême on trouve bien sûr celui de l’immigration et celui de la sécurité. Qui vont de pair dans l’esprit de nombreuses personnes. Là aussi les camps semblent irréconciliables : d’un côté nous avons ceux qui brandissent des idées chocs, simples voire simplistes et qui ne seront probablement pour la plupart jamais mises à l’épreuve de la réalité. Et de l’autre nous avons les idées prônées par ceux qui se considèrent comme porteurs de hautes valeurs morales, héritiers du siècle des Lumières ou de la Révolution française et qui aiment tant manier les idées alambiquées qu’ils en arrivent à ne plus savoir ce qu’ils souhaitent vraiment et sont en tous les cas incapables de prendre une décision.

Et les années passent dans ce face à face stérile alors que les peuples souffrent et souhaitent des décisions hardies, aptes à les rassurer. Et tous les jours apportent de nouveaux exemples de ce face à face stérile, de ces joutes verbales entre sourds, de ces anathèmes jetés à la face des uns ou des autres.

Ce qui s’est passé à Lampedusa est tragique. Personne ne pourra dire le contraire. Et nous avons assisté à toutes les gesticulations habituelles de nos politiques. On se fend de communiqués la main sur le cœur, on convoque un sommet européen, on dit « plus jamais ça » et puis… Personne en Europe n’a les idées, les structures   et encore moins les moyens de mettre un terme à cette tragédie chaque jour renouvelée. Les injustices et les inégalités sont si colossales à la surface de cette planète que les migrations sont un fait, une réalité qui dure depuis longtemps et qui est appelée à durer encore très longtemps. Et il faudra plus que des belles paroles pour changer le cours de l’histoire. En face, nous avons ceux qui souhaitent ériger des murs pour protéger l’Europe d’une invasion de ce qu’ils considèrent comme des peuples n’ayant pas leur place en Europe. Ils n’ont pas plus de moyens de parvenir à leurs fins que les premiers cités. Nos Sociétés ont érigé des systèmes qui sont censés protéger nos démocraties des dérives abominables connues dans les années 30.

L’affaire de cette Kosovare renvoyée de France avec sa famille a attiré l’attention des médias. Tous les défenseurs des droits de l’homme sont montés au front, y compris à l’intérieur du gouvernement dont le ministre de l’Intérieur a soutenu cette expulsion. Après la première émotion (on ne devrait pas faire de politique sur le coup de l'émotion) passée, on apprend que le père a menti aux autorités françaises sur les origines de sa famille, qu’il a volé, que depuis plus de 4 ans qu’ils sont en France ils n’ont pas travaillé un seul jour mais vécu de l’aide sociale. Arrivés au Kosovo, la jeune fille interrogée par Radio France a menti également (mais n’est-elle pas à bonne école) en prétendant qu’ils dormaient sur des bancs alors qu’un appartement avait été mis à leur disposition par les Autorités locales. Cela me rappelle cette famille en Suisse, les D, dont on apprenait en 2004 que le père et la mère, en Suisse depuis respectivement 10 et 12 ans, n’avaient pas travaillé un seul jour et avaient touché 420'000 CHF d’aides sociales diverses.

Les dérives dans les systèmes pénitentiaire et judiciaire en Suisse ont largement défrayé la chronique et là aussi la vérité semble plus trouble que ce que les uns et les autres prétendent. Là aussi le débat est bloqué. Et pourtant il est urgent d’agir. Des décisions courageuses doivent être prises pour qu’un drame comme celui d’Adeline ne puisse plus se produire.

Mais que dire et que penser d’une Société qui tolère de tels abus ? Que penser d’une Société où il vaut mieux être réfugié que chômeur, même après une longue vie professionnelle ? Que penser d’une Société où il vaut mieux être un criminel plus ou moins en puissance (voire même multi-récidiviste), sur qui la Société va déverser tous ses bienfaits (appartement gratuit, allocation mensuelle permettant de ne pas travailler, coach particulier, cours de ceci ou cela, payés par le contribuable, etc..) que d’être un/une retraité(e) ayant travaillé honnêtement toute sa vie mais n’ayant bénéficié que d’un petit salaire (combien de retraités suisses touchent plus de 20'000 CHF par mois de la part de l’Etat comme le malheureusement fameux Carlos à Zürich ?).

L’incapacité des uns à prendre des décisions basées sur la justice sociale et le bon sens, crée des tensions de plus en plus insupportables dans nos Sociétés. Ces situations vues comme injustes par tous ceux qui sont broyés par un système économique aveugle et brutal encouragent l’illusion de recourir aux idées simples pour les résoudre et font le lit des « populistes » de tous poils.

Alors faut-il désespérer de la démocratie ? Oui, si nous continuons ainsi. Si nos classes politiques continuent ce dialogue de sourds, continuent de refuser de prendre des décisions courageuses en se perdant dans les méandres de la dialectique stérile et de la rhétorique gratuite, l’œil rivé aux sondages d’opinion, alors nous pouvons craindre le pire. A force de ce qu'il faut bien appeler lâcheté, ils apporteront le pouvoir sur un plateau d’argent à ceux qu’ils dénoncent.    

Dieu, ou notre supposée "supériorité morale", nous préservent de devoir revivre cela en Europe !

18/09/2013

Suisse : faut-il réintroduire la peine de mort ?

Après le viol particulièrement ignoble d’une jeune femme en Inde en décembre dernier, qui s’était terminé par son décès 2 semaines plus tard, j’avais écrit une note (voir "Viols (récents) en Inde et peine de mort") où je me prononçais en faveur de la peine de mort pour les auteurs.

Le système judiciaire suisse semble le plus laxiste et probablement le plus naïf à la surface de la planète. L’assassin d’Adeline suite à son premier viol sur une jeune femme, un viol avec cruauté comme il a été précisé par l’avocate de la victime dans une interview pour la TDG de ce jour, avait écopé d’une peine de 18 mois AVEC SURSIS (sic). Entre ce premier viol et le prononcé de la sentence il avait déjà violé une seconde fois.

La Suisse est devenue un paradis pour les criminels, petits et grands qui savent qu’ici ils seront quasiment protégés par la justice : ils recevront soit des peines pécuniaires qu’ils ne paieront jamais, soit des peines de prison avec sursis, au pire des peines quasi symboliques (rappelons-nous les peines scandaleusement légères prononcées contre les violeurs particulièrement violents et manipulateurs d’une jeune femme à Schmitten/Fribourg, lors de leur procès en mars 2008). C’est sans doute la raison pour laquelle l’assassin d’Adeline avait demandé à être transféré de France en Suisse suite à sa première arrestation. Pour rebondir sur un autre cas qui a récemment défrayé les médias, avec un peu de chance, la Société dépensera même une fortune pour une hypothétique réhabilitation de l’auteur de crimes (voir le cas de Carlos à Zürich qui scandalise la Suisse entière).

Et pourtant, le peuple suisse a voté massivement en 2004 en faveur d’une Loi demandant l’internement à vie des criminels dangereux. Depuis cette votation, notre classe politique traîne les pieds, prétend que c’est contraire à la Convention européenne des droits de l’homme et laisse la chienlit s’installer, au profit des criminels de tous poils.

Je ne doute pas que rendre la justice est un acte difficile. Je comprends qu’il y a une balance particulièrement difficile à faire entre le besoin de protéger la Société et le désir de rendre une sentence aussi « juste » que possible envers l’auteur d’actes délictueux. Malheureusement, je crois que nous sommes allés si loin qu’aujourd’hui on a souvent l’impression que le criminel est mieux protégé que la victime.

On nous dit que l’assassin d’Adeline est sorti de prison sans expertise psychiatrique. Tout ce qui entoure la sortie de cet homme fait penser à du laxisme et à de l’amateurisme. Mais je mets au défi n’importe quel expert psychiatre de savoir très précisément ce qui se passe dans la tête du patient qui est en face de lui. Suivant la maladie psychique, le malade pourra manipuler son thérapeute (ou l’expert) à sa guise.

Alors faut-il réintroduire la peine de mort en Suisse ? Une initiative est lancée en Suisse pour la seconde fois. Nous verrons si cette tentative a plus de succès que la précédente. Ce qui est certain, par contre, est qu’il est plus qu’urgent que la classe politique et le pouvoir judiciaire se réveillent et ouvrent enfin les yeux sur la réalité à laquelle nous sommes confrontés. Certains êtres sont gravement malades et sont habités par une violence au-delà de notre entendement. La Société DOIT être protégée de façon efficace, sérieuse, responsable et consciente contre les dangers représentés par ces êtres hautement dangereux, récidivistes et probablement le plus souvent irrécupérables.

La naïveté et l’irresponsabilité de nos « pouvoirs » politiques et judiciaires doivent cesser !