27/02/2012

Caisse EGK: pas une surprise

Au vu du comportement trop souvent scandaleux des caisses maladie en Suisse, il y a longtemps que je n'éprouve plus le moindre sentiment ni de loyauté, ni de fidélité vis-à-vis de ma caisse maladie.

Au cours de ce tourisme des assureurs, il se trouve que, il y a quelques années, je me suis retrouvé assuré par cette caisse et cela tout simplement parce qu'à un moment donné, elle a été la moins chère pour ma classe d'âge (et autres paramètres entrant dans le calcul des primes).

Eh bien à la fin de la première année (au moins cela) et bien que je n'aie rien coûté à la caisse, j'ai reçu une augmentation phénoménale pour l'année suivante. J'en avais conclu que c'était le fonctionnement normal de cette caisse: on fait des primes défiant toute concurrence pour attirer le chaland et la deuxième année on matraque  le malheureux qui aurait la faiblesse de rester. Et tout cela est la preuve que ce n'est pas juste une chasse aux bons risques: ils augmentent aveuglément en fonction de critères que personne ne connaît ni ne comprend.

Il y a trop d'amateurs ou d'incompétents ou de margoulins dans cette branche économique et c'est pourquoi je milite non seulement pour un contrôle strict des caisses maladie mais bien plutôt pour une caisse maladie unique, sur le très bon modèle de la SUVA.

L'avenir nous dira si le nouveau Conseiller fédéral aura plus d'idées et de succès dans la nécessaire reprise en main des Caisses et si ses convictions survivront au consensus mou du Conseil fédéral.

20/02/2011

Quatre Suisses sur dix feront un cancer (2) !

Dans mon précédent billet, je disais que notre corps est une merveille d'équilibre à tous les niveaux.

Au niveau physique, cet équilibre s'appelle l'homéostasie. Pour chaque fonction de notre organisme, il y a toujours au moins un mécanisme pour l'activer (ce que l'on pourrait schématiser par un accélérateur) et au moins un mécanisme pour activer la fonction inverse (ce que l'on pourrait schématiser par un frein). Exemples:

  • Pour chaque hormone stimulant telle activité, il y a une autre hormone stimulant la fonction inverse: pour réguler le taux de sucre dans le sang, processus vital, nous avons le pancréas qui produit l'insuline pour stimuler le passage du sucre dans les cellules, afin de faire baisser son taux dans le sang. Mais si celui-ci descend par trop (et c'est tout aussi dangereux car cela mène au coma), le même pancréas va stimuler une autre hormone, le glucagon, afin de stimuler le foie à retransformer le glycogène en sucre pour le remettre dans le flot sanguin afin qu'il soit transporté partout, et notamment au cerveau où il est indispensable.
  • Et c'est pareil pour les neurotransmetteurs. Il y en a pour nous permettre d'être actif le matin au réveil et un autre (un dominant) pour nous permettre de trouver le sommeil le soir.

Et ainsi de suite pour tous les mécanismes biochimiques. L'homéostasie suppose une fonction optimale du traitement de ce qui entre dans l'organisme, de ce qui circule dans le sang et de ce qui ressort de notre corps. En d'autres mots :

  • Ce que nous mangeons et que nous buvons doit être dépourvu de pollution et chargé en éléments nutritifs qui vont servir au bon fonctionnement métabolique de nos organes et de nos cellules
  • Notre appareil digestif doit digérer ces aliments correctement, sans provoquer des ballonnements et des flatulences, signes annonciateurs d'un déséquilibre pathogène de notre flore intestinale
  • Nos poumons doivent faire l'échange oxygène/gaz carbonique dans les meilleures conditions
  • Notre appareil circulatoire doit amener ces nutriments et l'oxygène jusqu'à la cellule la plus éloignée de l'organisme
  • Nos cellules doivent faire leur travail métabolique (ex: production de protéines) dans les meilleures conditions (en ayant tous les nutriments et l'oxygène indispensables) et à l'inverse doivent pouvoir éliminer les déchets de leur fonctionnement dans le sang et la lymphe afin de rester en bonne santé (une cellule surchargée par ses propres déchets va s'affaiblir, multiplier les erreurs y compris lors de sa prochaine division cellulaire)
  • Le sang et la lymphe (en fait la lymphe se jette dans le sang) doivent ramener ces déchets à nos émonctoires (les organes d'élimination) afin qu'ils soient totalement éliminés, dernière condition pour que notre physiologie fonctionne de façon optimale.

On peut penser que je suis encore relativement loin de mon sujet de départ. Mais vous voyez que j'y viens progressivement. En effet, si l'on regarde la santé selon ce point de vue, qui est pourtant une évidence pour chacun, on peut légitimement se demander si nous vivons de façon à respecter ces équilibres ? Ma réponse est non :

  • L'industrie agro-alimentaire produit une alimentation déséquilibrée
  • Notre Société industrielle produit un nombre de substances chimiques toxiques ingérable par les mécanismes de la vie (ex: il n'y a aucune place dans notre système métabolique pour traiter le plomb et le mercure. Pas de voie de traitement, pas ou peu de voie d'élimination). Nous sommes également surchargés par les substances qui sont ou qui se comportent comme des hormones, féminines pour la plupart (oestrogen like)
  • L'industrie pharmaceutique produit des médicaments et des vaccins qui ne sont souvent qu'une nouvelle source de pollution
  • La médecine qui s'appuie presque aveuglément sur les découvertes de l'industrie pharmaceutique diffuse cette pollution médicamenteuse sans toujours respecter nos subtils équilibres vitaux
  • etc...

L'inflammation est la mère de toutes les maladies, cancer compris. Elle est certes reconnue comme une «maladie» par la médecine, car rapidement elle s'accompagne, à des degrés divers de la triade douleur, chaleur, rougeur. Et un endroit enflammé est un lieu idéal pour la prolifération de microbes. En intervenant avec des antibiotiques ou des anti-inflammatoires pour faire reculer l'inflammation sans chercher à connaître ses causes (elle est une conséquence et non une cause), la médecine allopathique ne résout rien, au contraire. Elle inhibe un mécanisme naturel qui est à la fois un signal d'alarme et un moyen pour l'organisme de se débarrasser de toxines (exemple : eczéma, bronchites à répétition, diarrhée, etc..). Donner des antibiotiques à outrance a conduit à l'apparition de souches bactériennes résistantes aux antibiotiques (on le voit ces jours dans le système hospitalier vaudois) et effondre la flore bactérienne intestinale indispensable à une bonne digestion et assimilation de la nourriture. Donner de la cortisone pour chaque bobo effondre le système immunitaire, ne «règle» que très momentanément les symptômes et aggrave la pollution à l'intérieur de notre organisme.

Alors vous me direz que l'on est loin d'une bronchite au cancer. Oui, à première vue. Et pourtant, à force de contrecarrer nos processus physiologiques naturels, à force de refuser la possibilité à notre organisme de se débarrasser de ses toxines (quelques exemples) :

  • L'eczéma est une voie secondaire d'élimination de toxines que l'organisme ne peut pas éliminer par les voies normales,
  • La fièvre est un processus indispensable à l'organisme pour lutter contre des agents étrangers,
  • La diarrhée peut être une stratégie ponctuelle pour se débarrasser de toxines amenées par l'alimentation
  • La bronchite est parfois le signe que la flore bactérienne de notre appareil digestif (qui va des lèvres à l'anus) est déséquilibrée et que ces bactéries intestinales pathogènes ont remonté dans l'œsophage et sont en train de s'installer dans les voies respiratoires

on favorise l'installation d'une inflammation chronique. En effet, à force de refuser à notre organisme la possibilité de trouver des voies secondaires pour se débarrasser d'un trop  plein de toxines en l'agressant avec des médicaments qui déséquilibrent encore plus son milieu intérieur et y amènent une pollution supplémentaire, on aggrave les processus inflammatoires.  On entre petit à petit dans un cercle vicieux d'inflammations, de répression de l'inflammation, de nouvelle inflammation et de nouvelle répression. D'inflammation en répression cette situation évolue au fil du temps, tous les points d'inflammation se trouvent marqués par une irritation croissante, l'inflammation ponctuelle se transforme en inflammation chronique ou en ulcération. L'inflammation chronique des tissus finit par les durcir, par créer en eux un état d'induration. C'est exactement cette évolution qui peut conduire à un cancer.

Souvent la médecine dans sa peur des microbes et son manque de confiance presque total dans les processus naturels contribue plus au problème qu'à la solution.

Alors peut-on vraiment parler des forrrrrrrrmidables progrès de la médecine (certes la recherche fondamentale en biologie a fait des progrès considérables et la chirurgie est une branche de la médecine qui a connu des succès remarquables et dignes d'éloge) quand on voit la progression fulgurante du cancer dans nos pays (pour rappel: doublement de l'incidence du cancer en 25 ans). Et n'oublions pas que le cancer n'est pas la seule maladie à progresser. Tous les systèmes de santé sont confrontés aux mêmes phénomènes :

  • L'obésité a pris des proportions épidémiques
  • Le diabète a également pris des proportions épidémiques (aujourd'hui le diabète de type 2 qui était avant réservé à des adultes de plus de 50 ans se retrouve chez des enfants de 10 ans et moins)
  • De la même façon, et c'est un parallèle qui parle de lui-même, on rencontre également de nos jours des enfants de 10 ans présentant des problèmes cardiovasculaires
  • Quant à la maladie d'Alzheimer elle pourrait, selon certains spécialistes, mettre à genoux nos systèmes de santé dans quelques années tant cette maladie se répand, et ce n'est pas seulement parce que notre population vieillit que l'on assiste à cela. C'est surtout parce que notre population vieillit trop souvent MAL
  • Et je ne vais pas parler dans ce billet du cas spécifique des vaccins qui méritent une réflexion pour eux-mêmes, tant le sujet est vaste

Peut-on vraiment éviter de se poser une question grave: comment une médecine qui peine à guérir (guérir et pas réprimer) des maladies à leur stade initial (bronchite, eczéma, inflammations diverses, etc..) peut-elle prétendre guérir la maladie au stade ultime: le cancer ?

Je trouve cette statistique sur le cancer affligeante évidemment. La hausse continuelle des primes d'assurance maladie effectivement insupportable, mais je ne peux détacher un fait de l'autre. L'augmentation des cancers, maladie ultime de l'inflammation, prouve que l'état de santé général de la population est en baisse et aucune baguette magique n'existe pour inverser le cours des événements : seule une réflexion en profondeur sur nos valeurs, une plus grande responsabilisation personnelle (ne pas s'en remettre exclusivement au corps médical) et des choix individuels plus responsables en termes de santé et de consommation permettront d'avoir un impact sur nos primes d'assurance maladie et sur les statistiques du cancer.

 

Et puis, il n'y pas si longtemps, nous avions un Ministre de la Santé qui avait dit la phrase suivante : «Les dépenses dans le domaine de la santé sont un facteur de croissance (économique)». Considérer les questions relatives aux soins et à la santé individuelle sous cet angle est la meilleure façon de conduire aux déséquilibres décrits ci-dessus. Il ne s'agit plus d'un Ministère de la santé mais d'un Ministère de la maladie qui considère chaque maladie comme une bénédiction pour le PIB. Pourquoi dès lors promouvoir d'autres valeurs ? Un tel Ministère ne court-il pas le risque, en définitive, de considérer cyniquement, chaque cancer comme un facteur de croissance ?

Quatre Suisses sur dix feront un cancer (1) !

C'est la dernière statistique publiée conjointement la semaine passée (le 07.02.2011) par le très sérieux Office fédéral de la Statistique et le mal nommé NICER (National Institute for Cancer Epidemiology and Registration). En français cet organisme suisse, si, si, s'appelle Institut National pour l'Epidémiologie et l'Enregistrement du Cancer.

Cette publication s'est faite dans une relative discrétion et n'étant ni un papivore ni un surfeur frénétique je ne peux garantir qu'aucun média ni aucune agence gouvernementale n'ont commenté ces chiffres, mais en tous les cas cela n'a pas défrayé la chronique comme l'on dit.

Pourquoi une telle discrétion alors que les questions de santé dans nos Sociétés dites «développées» deviennent de plus en plus préoccupantes et pas seulement parce que nos primes maladies augmentent chaque année dans des proportions qui deviennent insupportables pour une grande partie de la population ?

Je ne veux pas faire ici le procès des Caisses maladies. Mon avis est clair sur la question: je souhaite ardemment une caisse maladie unique, sur le modèle de la SUVA pour les accidents. Non que je pense que cela aura un effet magique sur le niveau des primes. Par contre je suis convaincu que c'est le seul moyen d'amener de la transparence dans un secteur qui en manque cruellement (certaines Caisses ont organisé une comptabilité «créative» dont l'opacité est à peu près totale, et ce n'est pas Mr M. Poggia, Président de l'Association suisse des assurés, qui me démentira). Et la soi-disante concurrence ne fonctionne pas plus ici que dans bien d'autres domaines où les promesses de baisse des prix grâce à la concurrence entre entreprises privées ne sont que temporaires (en général les concurrents se rachètent entre eux et en quelques années reforment une sorte de cartel qui organise le marché et contrôle les prix).

A mon avis, si les primes augmentent, ce n'est pas dû uniquement au machiavélisme des assurances maladies mais aussi et surtout au fait que les gens sont de plus en plus malades. C'est une réalité incontournable et cette dernière statistique est là pour le prouver !

Alors pourquoi en sommes-nous arrivés là malgré les forrrrrrrrrrmidables progrès de la médecine ? Pourquoi l'incidence du cancer a-t-elle doublé en 25 ans, même si quelques succès, sont enregistrés dans le traitement de certains types de cancer ? Vaste question à laquelle il n'y a pas de réponse simple.

Ce qu'il faut comprendre tout d'abord est que le cancer est au fond le stade ultime de la maladie. Alors s'il y a un stade ultime, c'est qu'il y a, à l'autre extrémité, un stade initial de la maladie.

Notre organisme est une merveille d'équilibre à tous les niveaux. On peut philosophiquement se battre pour l'éternité pour savoir d'où nous venons et de quoi nous sommes constitués, mais on peut sans doute s'entendre sur le fait que l'être humain est au minimum un être physique, psychique et  énergétique (chacune de nos cellules, chacun de nos organes et nous-mêmes sommes habités par une "énergie vitale" qui fluctue en fonction de nos activités, de ce que nous mangeons et buvons, des heures de la journée, des saisons même). Que tous ces niveaux interagissent entre eux et que seul l'équilibre des fonctions permet d'atteindre un état de santé optimal.

Alors notre façon de vivre respecte-t-elle ce besoin d'équilibre. Réponse (mon humble réponse) dans un prochain billet.