21/09/2013

Big Brother ? Nous y courons en chantant

Si l’on demandait à chacun d’entre nous ce que nous pensons de la vie exposée dans la fiction de Georges Orwell (« 1984 »), nous nous écrierions tous que c’est l’horreur suprême.

Aujourd’hui, les nouvelles technologies permettent d’accomplir ce que Georges Orwell n’avait pu imaginer : savoir à tout instant où se trouve n’importe qui, ce qui nous intéresse, les sites internet auxquels nous nous connectons, le contenu de nos e-mails, sms, conversations. Ce que nous achetons. Demain, les médicaments contiendront des micro-chips qui rapporteront à notre médecin (et à l’industrie pharmaceutique qui les fabrique) si nous avons effectivement pris les médicaments prescrits et même ce que nous avons mangé en même temps en analysant le contenu de nos intestins. Sans doute aurons-nous même des puces implantées à la naissance qui renseigneront qui de droit (!) sur notre état de santé physiologique, émotionnel, psychique en permanence. Si l’on ajoute à cela les caméras de surveillance qui sont de plus en plus omniprésentes on arrive à une situation qui devrait en préoccuper plus d’un. Il ne nous manque plus que le contrôle de nos consciences.

Et je n’ai évidemment aucune idée de ce que l’industrie inventera dans les décennies à venir. Mais il est à prévoir que cela sera un développement qui nous apportera de plus en plus de « liberté » de connexion et de plus en plus de risques à nos libertés individuelles. Y compris le contrôle de nos consciences. Que ce soit par la délivrance automatisée de médicaments ou par une manipulation de plus en plus sophistiquée  de l'information. 

Ce qu’il y a de très pervers dans tout cela et qui nous rend aveugles est qu’il y a des bénéfices : nous pouvons effectivement être connectés 24/24 avec tous ceux et celles qui nous sont proches, avec les sites qui nous plaisent. Nous pouvons payer toutes sortes de prestations avec nos téléphones portables qui remplaceront demain les innombrables cartes de crédit/débit qui encombrent nos poches. Les « bénéfices » dans notre vie de tous les jours sont nombreux et c’est ce qui nous rend aveugles, pour le plus grand bénéfice des entreprises de télécommunication et de tous ceux qui ont et auront à cœur de contrôler nos âmes et nos esprits.

Pas besoin d’avoir fait de grandes études pour pouvoir imaginer ce que des pouvoirs totalitaires pourront faire de toutes ces informations. Et l’émergence d’un pouvoir totalitaire n’est peut-être pas aussi éloignée de nous que cela en a l’air. Les 8 années de pouvoir sous Georges W Bush ont montré qu’il y a des forces aux Etats-Unis qui sont clairement prises du vertige totalitaire. Et même le démocrate Obama n’a pas pu/voulu annuler toutes les Lois (Patriot Act) votées sous W qui portent en elles les stigmates d’un totalitarisme plus ou moins rampant, plus ou moins assumé.

La guerre en Irak a été acceptée par la majorité des américains suite à la manipulation de Colin Powell devant l'assemblée des Nations-Unies et par l'histoire, fabriquée de toute pièce, des "couveuses au Koweït", histoire racontée devant une commission du Congrès des Etats-Unis par une jeune irakienne (qui manipulait qui ? ) pour favoriser l'entrée en guerre des forces occidentales.     

Le monde de Georges Orwell est une horreur absolue. Nous y courons en chantant !

04/12/2012

Impasse budgétaire aux Etats-Unis: vivement le 2 janvier 2013

L'impasse budgétaire qui dure depuis de longs mois (et de longues années) et qui ne trouve aucun épilogue, promet de continuer de diviser la classe politique américaine, malgré la réélection de Barack Obama et les pseudos meilleures intentions des Républicains au lendemain de leur cuisante et bienvenue (pour le reste du monde civilisé) défaite.

Nous assistons depuis 30 ans à une véritable guerre (je l'ai déjà souvent évoqué dans ce blog) des riches contre les pauvres. Les penseurs du parti républicain, ceux qui ont porté Ronald Reagan au pouvoir, sont les machiavéliques artisans modernes de cette monstruosité que l'on appelle l'ultra-libéralisme.

Depuis 2001, l'immense augmentation des dépenses de l'Etat fédéral à cause des deux guerres finalement absurdes et ratées de W en Afghanistan et en Irak (n’oublions pas le livre de Joseph Stiglitz: [Irak] "Une guerre à 3'000 milliards de dollars") et la baisse dogmatique des recettes fiscales dues à de microscopiques allègements fiscaux pour la classe moyenne (environ 600 dollars par an pour un couple ayant un revenu annuel autour de 80'000 dollars) et d'indécents cadeaux fiscaux faits aux plus riches (70'000 dollars annuellement pour un couple gagnant 1 million de dollars), ont mené le budget des Etats-Unis dans une impasse chronique.

Je rappelle simplement une nouvelle fois dans ce blog, qu'à la fin du mandat de Bill Clinton, les Etats-Unis prévoyaient de rembourser la totalité de leur dette dans les dix ans. Aujourd'hui, 12 années plus tard, au lieu d'avoir remboursé sa dette, ce pays a accumulé plus de 16'000 milliards de dollars de dettes.

Et que proposent nos amis les Républicains pour sortir le pays de cette crise budgétaire et financière gravissime ? Selon Dan Pfeiffer, porte-parole de la Maison-Blanche, la dernière proposition des Républicains, je le cite: «promet en fait de réduire les taux (d'imposition) pour les plus riches et présente l'addition à la classe moyenne».

Et voilà ! On aurait pu espérer que face à l'extrême gravité de la situation, le million de preuves de la faillite quasi-totale de ce système d'égoïsme forcené, les yeux de quelques-uns se seraient enfin ouverts. Mais non ! Une fois que vous avez été sévèrement lobotomisés, aucune opération ne peut vous rendre ne serait-ce qu'un semblant de conscience.

Sauf accord entre la Maison-Blanche et le Congrès, le 2 janvier, les indécentes déductions fiscales de W tomberont d'elles-mêmes. Comme il n'est pas possible de négocier avec ces forces de droite, c'est sans doute la meilleure chose qui puisse arriver aux Etats-Unis (et au reste du monde).

Quant à la propagande des milieux de droite lobotomisés par les forces de l'argent, elle sert à faire peur au Monde entier en promettant une récession si cela devait arriver. C'est vrai, nous tremblons à l'idée que les immensément riches aient des difficultés à s'acheter la 18ème Mercedes sur le dos des contribuables de la classe moyenne et de ceux qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté ainsi que de tous ceux qui ont tout perdu à cause de l'avidité pathologique de quelques-uns depuis le début de la crise des subprimes.

Les Etats-Unis n'ont jamais été aussi forts, aussi riches, aussi puissants que sous la présidence de Bill Clinton, à une époque où les ultra-riches américains versaient une part encore raisonnable de leur richesse dans le pot commun. Je ne vois pas pourquoi ce retour, certes forcé, à la raison et à une plus grande justice fiscale serait soudain synonyme d'apocalypse. Vive le 2 janvier 2013 !