31/10/2018

Quel destin tragique que celui de l’Humanité

Qu’est-ce qui fait que nous, humains, sommes périodiquement poussés à nous jeter à la gorge les uns des autres. Et clairement, nous nous approchons de plus en plus dangereusement d’un de ces moments. Tout le montre. Tout le prouve. Et pourtant, comme les moutons courant vers la falaise, rien ne semble pouvoir nous empêcher d’éviter ce funeste destin.

Après chaque guerre, nous nous disons : « Plus jamais cela ». Les tensions s’apaisent. Et nous vaquons à nos occupations car il faut bien reconstruire tout ce qui a été dévasté. Et sitôt cela fait, la somme des égoïsmes individuels reprend le dessus. Ceux qui possèdent le pouvoir recommencent à perdre toute mesure et accaparent tout ce qu’ils peuvent accaparer. Les gens qui subissent cela se fâchent et cherchent des boucs émissaires. Qui ne sont souvent pas les bons. Nous cessons de nous parler. Nous nous enfermons dans nos bulles respectives, convaincus que l’autre est le problème. Les tensions montent. La cocotte-minute accumule la vapeur. Et plus il y a de vapeur et moins nous sommes capables de nous parler. Et un jour la tension est telle que ce que nous croyions impossible quelques décennies auparavant redevient possible.

Regardez la situation géopolitique actuelle. Cela fait frissonner. Les pays musulmans sont à feu et à sang. Les pays pauvres haïssent les pays riches. Les pays riches méprisent et/ou exploitent les pays pauvres. Les dictatures comme la Russie et la Turquie cherchent à influencer par tous les moyens la politique des pays dits « démocratiques ». Et au sein de nos démocraties, nous ne nous parlons plus. Chaque groupe vit pour soi et essaye simplement de survivre. Des politiciens opportunistes cherchent à tirer un profit personnel de nos désarrois cumulés. Nous vivons cela partout. Aux Etats-Unis bien sûr qui a élu celui qui devient rapidement le fossoyeur de la démocratie tout étant celui de leur dignité. En Autriche, Allemagne, Hongrie, Pologne qui sont pris plus ou moins intensément par le vertige fasciste. Et voilà que le Brésil vient d’élire un pur aspirant fasciste, nostalgique du régime militaire qui a eu cours dans ce pays. Et cela ne s’est pas fait suite à un coup d’état mais dans les urnes.

La situation est gravissime, évolue chaque jour un peu plus dans la mauvaise direction et je ne vois rien à l’horizon qui pourrait dévier notre trajectoire morbide. Quel destin tragique que celui de l’Humanité.

07/10/2015

Grands principes ou Realpolitik ?

Jamais encore la tumeur cancéreuse qui se développe depuis des décennies au Proche et au Moyen Orient n'aura recelé un tel risque pour la santé de ce grand malade qu'est la Terre :

  • Elle continue d'envoyer ses métastases un peu partout sous forme de cellules terroristes, dormantes ou actives. Ainsi que des milliers de propagandistes qui savent si bien s'insinuer dans nos médias en distillant le discours parfaitement formaté que nous avons tellement envie d'entendre afin de n'avoir aucune décision à prendre
  • Beaucoup plus grave encore, avec l'aggravation du conflit en Syrie, elle attire les armées d’un nombre de plus en plus considérable de pays: de la région bien évidemment, des membres de l'OTAN que sont les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne (bientôt) et la Turquie au jeu plus que trouble et douteux. Ajoutez-y la Russie depuis quelques jours aux côtés de ce qui reste de l'armée de Bachar el-Assad et des forces iraniennes et vous obtenez un cocktail au potentiel détonant considérable. Surtout avec l'aveuglement stratégique de plus en plus épais de nos dirigeants politiques et militaires vis-à-vis de la Russie.

Le problème de nos dirigeants est qu’ils croient mordicus à leur propre propagande. Ils s’en vont par monts et par vaux pérorer sur notre responsabilité vis-à-vis de tel ou tel peuple, quand ce n’est pas de la planète entière. Sur notre devoir d’accueillir les millions de réfugiés qui forcent les portes de notre maison. Et sur notre devoir de défendre la démocratie. Tout ceci est aberrant et pour plusieurs raisons :

  • Premièrement car nos pays sont objectivement ruinés. Depuis les débuts de la mondialisation (et je m’en suis souvent ouvert dans ce blog) il règne une véritable schizophrénie : d’un côté nos gouvernements continuent de parler de solidarité et de partage des richesses pour obtenir nos voix alors que sitôt au pouvoir ils organisent le transfert légal des richesses vers une minuscule élite d’investisseurs
  • Deuxièmement car la crise des subprimes a révélé le degré de cynisme que nos élites ont atteint puisque les petites gens d’Europe et des Etats-Unis ont dû se saigner aux quatre veines pour sauver un secteur bancaire qui s’enrichit pourtant sur notre dos depuis des décennies
  • Troisièmement, car pour les raisons invoquées au point 1) et 2), nos armées sont depuis de nombreuses années des variables d’ajustement de nos budgets nationaux. C’est ainsi qu’il n’y a plus une seule armée en Europe digne de ce nom, et ce n’est pas le baroud d’honneur de la France au Mali (un conflit tout juste à sa mesure) qui me fera changer d’avis. Quant à l’armée des Etats-Unis, elle est visiblement épuisée et elle a, elle aussi, subi une sévère cure d’amaigrissement
  • Quatrièmement car chaque fois qu’un dictateur est tombé dans cette région il a été remplacé par un régime encore plus corrompu et sanguinaire.

Alors voulons-nous vraiment continuer de défendre les grands principes au détriment de nos intérêts politiques et stratégiques ? Je crois que c’est le dernier moment pour que nos nains politiques et stratégiques réalisent qu’il est temps de revenir à une forme de Realpolitik en réalisant l’union sacrée de nos pays avec la Russie dans cette lutte contre cette tumeur. Au risque, dans le cas contraire, de faire un pas de plus vers le bord de la falaise.

05/05/2014

Etats-Unis vs CS: un repaire d'hypocrites

Les derniers développements concernant le Crédit suisse aux Etats-Unis démontrent à l’envi que la guerre économique contre la place financière suisse continue. Ce pays que j’ai longtemps aimé et admiré devient parfaitement grotesque à certains moments de son histoire lorsqu’il est instrumentalisé par quelques personnes en mal de notoriété ou par des intérêts particuliers (finance, pétrole, ogm...). 

Ce pays qui s’est tout de même construit en pratiquant deux des plus grands crimes contre l’humanité de toute l’histoire, à savoir la quasi extermination des peuples autochtones et la traite des noirs pour l’esclavage, a attaqué la Suisse dans l’affaire des fonds juifs en déshérence, car ce minuscule pays au cœur de l’Europe, entouré à 100% par les pays de l’axe, avait dû collaborer jusqu’à un certain degré avec ceux-ci.

Au 20ème siècle, il y a eu au nom de la Realpolitik et de la défense du monde dit «libre» une liste sans fin d’exactions, de soutiens à des régimes iniques, de guerres sales, le largage de deux bombes atomiques. Tout le monde sait cela.

Le 21ème siècle n’a pas mieux commencé avec l’attaque sous des prétextes parfaitement fallacieux de l’Irak qui a conduit à totalement déstabiliser ce pays et a entraîné une souffrance sans nom des populations civiles. Et cette guerre qui visait soi-disant à apporter la démocratie dans les pays musulmans a probablement contribué à faire exploser le fondamentalisme qui les ravage depuis lors. Et parfois leurs voisins. A l’image du chirurgien qui, en opérant une tumeur, va favoriser la propagation des métastases dans tout l’organisme.

Quant aux reproches adressés aux banques suisses contre l’évasion fiscale, oui, bien sûr que ces banques ont été actives dans ce domaine. Mais, exactement comme avec l’affaire des fonds en déshérence, il faut se replacer dans le contexte de l’époque qui fermait volontiers les yeux sur ce genre de pratiques. Deuxièmement, les Etats-Unis et les myriades d’avocats qui s’y activent, ont inventé des milliers de façon d’échapper au fisc. Et les banques suisses ne sont qu’un maillon de cette vaste industrie. De plus, ils abritent sur leur sol un paradis fiscal, le Delaware. Enfin, les monstrueux cadeaux fiscaux faits aux ultras riches par l’administration Bush ont coûté bien plus au fisc étatsunien que toutes les banques suisses réunies.

Vraiment, je déteste ce pays lorsqu’il se met à faire la morale alors qu’il ne fait que tordre le bras au reste du monde sous prétexte qu’il est, pour combien de temps encore, le plus fort. Quand donc ce pays cessera de n’être qu’un repaire d’hypocrites prêts à tout, y compris la force la plus brutale, pour défendre ses intérêts alors qu'il a BEAUCOUP à se faire pardonner?