23/03/2012

Une (très) grosse bombe sanitaire, à retardement

Article proprement effrayant, aujourd'hui dans la TDG, sur les bactéries multi-résistantes (c'est-à-dire résistantes à plusieurs souches) aux antibiotiques retrouvées dans le lac Léman, en provenance du CHUV.


Cette problématique (la résistance des bactéries aux antibiotiques) est connue depuis longtemps. En fait dès l'utilisation à large échelle des antibiotiques vers la fin des années 40 (en réalité la résistance aux antibiotiques est une fonction « innée » des bactéries, jusqu'à un certain point). Mais pendant longtemps, la découverte régulière de nouvelles souches d'antibiotiques a masqué l'urgence du problème. Et l'on a cru, avec le coutumier mélange de naïveté et d'arrogance propre à l'être humain, que la recherche aurait toujours une longueur d'avance sur les capacités d'adaptation des organismes vivants.

 
Et que fait-on pour limiter sérieusement l'abus d'antibiotiques ? Pas grand-chose ou presque. Une petite campagne de temps en temps ("les antibiotiques, c'est pas automatique"). Quelques recommandations non contraignantes. Et puis c'est à peu près tout.


A l'utilisation abusive de ces médicaments en médecine humaine, il faut ajouter leur utilisation abusive en médecine vétérinaire. Certes, ils sont en principe interdits pour des usages autres que le combat contre des germes. Mais dans l'élevage intensif, les animaux sont si souvent malades à cause de conditions de vie totalement inappropriées, qu'ils reçoivent des antibiotiques par camions entiers. Et puis ils sont également largement utilisés de manière prophylactique (pour éviter que les animaux ne tombent malades, mais sans se préoccuper de l'impact sur les humains consommateurs de ces animaux, malades de ce qu'on leur fait subir). Tout cela sans compter que ces médicaments sont malgré tout parfois utilisés uniquement comme facteurs de croissance et de gains de masse corporelle.


J'ai déjà écrit sur ce sujet (voir "Quatre Suisses sur dix feront un cancer (2)") en parlant des dérives de la médecine. Cette découverte est une nouvelle preuve de la dangerosité de l'approche pasteurienne, sourde et aveugle au fonctionnement du vivant, de notre médecine occidentale. Croire que l'on peut intervenir uniquement de façon mécanique et symptomatique:

  • infection = antibiotiques,
  • Inflammation = anti-inflammatoire,
  • Allergie = antihistaminique, etc..

face à un être qui souffre, c'est faire fi de toutes les lois infiniment plus complexes qui régissent la vie.

Les antibiotiques, puisque nous avons eu la chance de les découvrir, ne devraient être utilisés qu'en cas de dernier recours et pas à tort et à travers comme nous le faisons depuis plus de 60 ans. Nous risquons, ce faisant, de perdre une arme précieuse, à tout jamais.

Pour revenir au thème de l'article, ce problème ne se limite certainement pas au CHUV et au lac Léman. Cette diffusion de bactéries résistantes est le fait de tous les hôpitaux du monde travaillant avec les mêmes méthodes que le CHUV, c'est-à-dire l'écrasante majorité. La plupart des médecins, généralistes ou non, contribuent eux aussi à la diffusion de cette résistance. Idem pour les vétérinaires, comme déjà mentionné.

L'article révèle ensuite un point d'une importance extrême: jusqu'à il y a peu, nous ne savions pas comment les bactéries acquéraient cette résistance. Ce n'est que depuis peu que l'on commence à comprendre que les bactéries s'échangent des informations. Une fois qu'une bactérie a trouvé le moyen de résister à un antibiotique, elle est capable de communiquer ce gène de résistance à ses congénères (échanges dits « horizontaux », sans passer par la transmission « descendante » de « mère » à « fille ». A partir de là, l'information s'échange rapidement, car les bactéries se multiplient très rapidement. Certains ont même émis l'hypothèse très audacieuse que toutes les bactéries à la surface de la Terre ne seraient que les cellules d'un même organisme. Thèse hardie s'il en est.

Si l'on combine à l'intelligence (comment appeler autrement cette fabuleuse mécanique d'organismes qui pour être plus simples que nous ont une capacité d'apprentissage, de résistance et de communication tellement sophistiqués) des bactéries, l'usage absurde et immodéré que nous faisons des antibiotiques, nous comprenons comment nous sommes en train de créer patiemment la grande épidémie du futur qui nous laissera totalement démunis.

Et si l'on ajoute à ce tableau déjà sombre, les excès vaccinaux auxquels nous assistons également depuis 50 ans, à cette injection an moins 50 fois répétée au cours d'une vie (et là aussi, nous vaccinons les animaux jusqu'à l'absurde) de cocktails de toxines bactériennes et/ou de virus humains et animaux, tout cela ajouté aux sympathiques adjuvants (mercure, aluminium, formaldéhyde, etc...), nous comprenons combien notre système immunitaire se trouve affaibli au lieu d'être renforcé.

Ce cocktail dramatique explique que nous sommes en train de préparer l'épidémie majeure qui un jour, à la faveur d'une énième mutation d'un virus ou d'une bactérie, balayera la surface de la Terre et s'attaquera à des humains au système immunitaire largement affaibli et incapable de se défendre contre ces mutants.

Par notre inconscience et notre arrogance, par ce refus de chercher à respecter certaines Lois de la vie ("le terrain est tout, le microbe n'est rien"), nous préparons cette sorte d'apocalypse qui n'a rien de divine.