23/04/2017

Frontaliers : certains propos n’aident pas à la cohésion transfrontalière

Deux articles ont retenu mon attention ces derniers jours. Essentiellement par l’outrance des propos tenus par des élus/politiciens français.

Le premier, en date du 12 avril, concernait les indemnisations chômage des frontaliers. C’est un véritable bal des pleureuses du côté français. Rendez-vous compte, il peut arriver que les frontaliers se retrouvent au chômage ! Et même si tout est fait dans les règles de l’art et que la Suisse a couvert 28,5 % desdites allocations aux frontaliers en 2014 (131 millions d’euros sur 460), certains élus/politiciens français trouvent cela insupportable. Selon Quentin Mayerat, directeur de campagne de Benoît Hamon (il a autant de chances d’être élu que ma grand-mère) : « C’est un hold-up financier qui force le contribuable français à assurer une indemnité proportionnelle à un salaire suisse généralement trois fois supérieur au français ». Quant à Cemil Sanli, candidat de la France insoumise de Mélenchon en Haute-Savoie, il nous livre une analyse digne d’un jésuite « La Suisse ne peut pas prendre (sic) nos forces de travail tout en se déresponsabilisant en cas de chômage ». Doit-on rappeler à ces messieurs que ce règlement a été défini et accepté par les 28 pays membres de l’UE et que la Suisse a adopté ce droit européen dans le cadre des accords sur la libre circulation des personnes. Et deuxièmement que s’il n’y avait pas de travail en Suisse pour les français il y aurait près de 300'000 chômeurs de plus en France. Sans compter tous les emplois indirects induits (bâtiment, santé, éducation, consommation, etc..) par cette manne financière, se montant en 2014 (et en hausse constante) à 16 milliards d’euros, rapatriée par les frontaliers.

Le deuxième, en date du 22 avril, concerne le fait que les TPG se permettent de former et d’engager des résidents genevois au lieu d’engager 100% de frontaliers. Ce qui provoque l’ire d’Antoine Vieillard, maire de St-Julien : « Avec quelle impudeur les autorités cantonales genevoises se targuent de violer les principes qui fondent les accords bilatéraux et de libre circulation tout en les défendant publiquement à chaque votation ». Mais ce monsieur va encore plus loin en disant : « Cette politique discriminatoire érigée en politique cantonale est économiquement absurde. Quand on recrute sur le passeport plutôt que sur l’expérience, on prend le risque de recruter des chauffeurs de bus qui multiplient les accidents (sic) ou de placer la vie des Genevois dans les mains d’infirmiers moins expérimentés (re sic) ». Si la sollicitude de monsieur Vieillard me touche, ses propos sont un fatras d’erreurs et d’insultes. Les erreurs proviennent du fait que je ne vois pas en quoi le fait de former des chômeurs serait une atteinte à la libre circulation. La deuxième erreur provient du fait qu’il parle « d’embauche sur la base du passeport » alors que la formation et l’embauche se font sur la base du lieu de résidence ce qui n’est pas du tout la même chose. Et doit-on lui rappeler que lorsque il y a une vingtaine d’années la Migros a essayé d’ouvrir une succursale dans la région d’Annecy elle s’est heurtée à tous les barrages possibles et imaginables sur la base de la préférence nationale ? Lorsque les français empêchent une entreprise suisse de s’implanter en France ils font preuve de patriotisme et lorsque les Suisses tentent de donner une nouvelle chance à des chômeurs résidant en Suisse, ils sont des violeurs d’accords. Quant aux insultes et au mépris ils sont évidents dans cette scandaleuse citation : « … on prend le risque de recruter des chauffeurs de bus qui multiplient les accidents ou de placer la vie des Genevois dans les mains d’infirmiers moins expérimentés. » Donc pour monsieur Vieillard, les résidents genevois sont des crétins incapables de conduire ou de soigner des malades dans un hôpital. Charmant !

Certains/beaucoup feraient mieux de se taire avant de dire des stupidités et les propos outranciers contenus dans les 2 articles cités ne font rien, mais alors rien, pour améliorer la cohésion dans le Grand Genève !  

25/02/2017

Ceux qui devraient nous protéger des politiciens ineptes

Le fait même que des politiciens ineptes, menteurs, manipulateurs et incompétents aient autant de succès prouve l’état de nos Sociétés. Au lieu de cultiver nos valeurs, notre cohésion, tout ce qui fait la force d’une Société, nos politiciens passent leur temps à nous diviser. Le travail est forcément équitablement réparti. A gauche, ils veulent à toute force nous imposer l’immigration massive de réfugiés musulmans qui va, à terme, mener à une guerre civile ainsi que la protection absurde et malfaisante des prédateurs et des criminels, inscrite dans le plus si nouveau Code de procédure pénale suisse, au détriment des victimes. Peut-être parce que c’est le dernier endroit, croient-ils, où il leur reste un peu de dignité après avoir baissé leur pantalon dans à peu près tous les autres domaines. A droite ils organisent depuis 3 décennies la mise à sac de nos économies au profit d’une minuscule caste d‘ultra-riches comme on a failli en voir un nouvel avatar en Suisse avec la RIE III qui était une pure et simple ignominie (merci à tous ceux qui ont alerté le peuple suisse sur les dérives de cette loi).

Face à cette double inconscience, les peuples ne voient plus d’autre recours que de se livrer entre les mains de politiciens totalement ineptes qui vont accélérer la désunion et la chute dans le chaos.

En Angleterre, l’inepte national Boris Johnson, a fait prendre un chemin semé d’embûches et d’inconnues à la Grande-Bretagne et à l'Europe en se basant sur des arguments parfaitement fallacieux.

Aux Etats-Unis, l’Inepte-en-chef n’en finit plus de défrayer la chronique tant il accumule les sottises et les absurdités. Si ce n’était si tragique, on pourrait en rire :

  • Tweets frénétiques (une bonne dizaine par jour) sur tout et n’importe quoi. Comme un ado désoeuvré. Et comme s’il allait régler les grands problèmes du Monde à coup de tweets
  • Attaques systématiques contre les médias libres d’un pays libre
  • Tentatives répétées d’influencer le cours de l’enquête du FBI sur les liens entre l’entourage du Bonimenteur-en-chef et la Russie au cours de la campagne électorale (exactement ce qui a fait chuter Nixon en son temps)
  • Nomination de personnes incompétentes ou compromises à des postes clés (Betsy Devos à l’éducation, Steve Bannon, son plus proche conseiller, pour siéger au Conseil national de sécurité à la place du chef d’état-major des armées et du directeur du renseignement américain, etc, etc…)
  • Traitement de la crise avec la Corée du Nord pendant un repas au Club-house de son parcours de golf et au milieu des autres convives qui ont même pu se prendre en photo avec le porteur de la mallette nucléaire (alors qu’il avait passé sa campagne électorale à menacer Hillary Clinton de l’envoyer en prison parce qu’elle avait mis en danger la sécurité nationale en utilisant un serveur privé lorsqu’elle était Secrétaire d’état)
  • Conférence de presse surréaliste et hilarante (là aussi, si ce n’était pas si tragique) avec Benjamin Netanyahu où l’on voit le Négociateur-en-chef tenir des propos politiques à peine dignes d’un enfant de 10 ans et BB, comme le Ridicule-en-chef se permet de l’appeler, qui doit se mordre les lèvres à certains moments pour ne pas éclater de rire devant tant de ridicule (Cet homme qui fait de la politique depuis longtemps a dû en voir de toutes les couleurs. Mais ça, jamais !)
  • Affaiblissement des lois sur le contrôle du secteur bancaire et financier voulues par Obama afin d’éviter de répéter les conditions ayant mené à la crise de 2008 (la loi Dodd-Frank, qui oblige les banques à (entre autres) augmenter leurs fonds propres et à prévenir leur propre surendettement et la règle Volcker qui vise à freiner les investissements spéculatifs des banques avec l’argent de leurs clients)
  • Suppression de la loi voulue par Obama, interdisant aux malades mentaux d’acheter des armes
  • Autorisation de la construction de 2 pipelines controversés
  • Dépenses somptuaires pour lui et sa famille (ses 3 week-ends en Floride ont déjà coûté 11 millions de dollars aux contribuables américains. La sécurité de sa femme restée à New-York coûte une fortune et on raconte que deux de ses fils se sont faits payer un voyage d’affaires privé à 100'000 dollars aux frais du contribuable)
  • Soutien aux affaires privées de sa fille depuis la Maison-Blanche

Comme on peut le voir, c’est scandale, incompétence et corruption à tous les étages. Mais rien encore concernant l’Obamacare puisqu’on voit que Trump et les Républicains n’ont pas le début d’une idée pour son remplacement.

En France, au milieu des scandales et du chaos électoral en cours, les citoyens ont droit à l’inepte tricolore, Marine Le Pen qui promet monts et merveilles mais qui ne fera qu’entraîner la France et l’Europe dans un chaos indescriptible.

Voilà à quoi en sont réduits les peuples d’Occident. A choisir entre la peste et le choléra car les politiciens qui auraient dû nous protéger des politiciens ineptes sont gangrenés jusqu’à la pourriture par leurs idéologies respectives.

18/02/2017

Votations du 12 février : Ce n’est pas l’abstentionnisme qui a triomphé mais la démocratie

Réaction typique d’Eric Budry dans une chronique de la TDG de ce jour. Cela dégouline de mépris à l’égard de la Suisse soi-disant primitive et arriérée car ceux qui ont refusé les précédentes tentatives de faciliter la naturalisation des étrangers de 2ème et 3ème générations ne peuvent être que des arriérés. Alors la seule explication au revirement de situation est l’abstention ! Eh oui, ainsi il n’y a pas de discussion possible. Les crétins sont restés à la maison. Et ce Monsieur se prétend sans doute journaliste ?

Si la Suisse a voté contre la précédente proposition c’est parce qu’elle était frelatée. Ce qui était appelé « 2ème génération » était un abus de notre système démocratique basé sur un mensonge et une tentative de manipulation. Il ne s’agissait pas d’être né en Suisse mais simplement d’avoir fait "5 années de scolarité et/dont deux années de résidence dans la commune où la demande de naturalisation est déposée". C’est ce tour de passe-passe sémantique qui a été dénoncé et les Suisses « arriérés » savent lire et savent utiliser leur cerveau. N’en déplaise à M. Budry.

C’est pour ces raisons que les Suisses « arriérés » ont su reconnaître que le projet de faciliter la naturalisation des étrangers de « 3ème génération » était honnête et sans manipulation. En toute connaissance de cause ils ont plébiscité ce projet. Ce n’est pas l’abstentionnisme qui a triomphé mais la démocratie et son bon usage par le peuple suisse.

04/02/2017

Trump : ne pas se tromper de raisons pour le combattre

La raison pour laquelle l’imposteur-en-chef (il a perdu le vote populaire par près de 3 millions de voix), tant critiqué pas son propre parti pendant la campagne électorale, a rallié tous les membres du parti républicain sitôt la victoire acquise est qu’ils ont senti l’odeur du sang : s’attaquer à tout ce qu’a fait Obama qui, dans leur haine raciale et leur haine de classe est la première cible à abattre. Sitôt cet objectif atteint, s’attaquer au peu de mesures sociales et environnementales qui restent dans ce pays afin de laisser le champ libre aux pires aspects du capitalisme : un Darwinisme qui récompense le plus fort et broie les plus faibles. Tout cela accompagné d’un agenda social rétrograde et moralisateur tentant d’interdire l’avortement grâce à la nomination (à vie) d’un juge à la Cour suprême particulièrement conservateur. C’est l’agenda de tous les présidents républicains. Il va simplement achever ce que Reagan et Bush jr n’ont pas pu terminer.

Le festival a commencé dès le premier jour. Cela se fait, pour l’instant, par décrets (« Executive Orders » et « Presidential Memoranda »). Ils se regroupent, pour l’instant, en plusieurs catégories :

- Défaire ce qu’Obama a entrepris malgré l’hostilité du Congrès à majorité républicaine et diminuer l’emprise de l’Etat sur l’économie :

  • Affaiblir l’obligation faite aux citoyens de contracter une assurance maladie
  • Mettre toutes les législations signées sous l’ère Obama en attente d’être revues par la nouvelle administration
  • Sortir du TPP (qui était un traité destiné à contrôler la montée en puissance de la Chine)
  • Geler l’embauche au niveau fédéral (à part l’armée et la sécurité)
  • Autoriser la construction de deux pipelines très controversés et accélérer l’étude d’impact, notamment environnemental, sur les grands projets d’infrastructure
  • Faciliter les procédures de mise sur le marché de nouveaux produits pour les entreprises US et réduire les impôts sur les entreprises
  • Affaiblir les lois sur le contrôle du secteur bancaire et financier édictées afin d’éviter de répéter les conditions ayant mené à la crise de 2008 : la loi Dodd-Frank, qui oblige les banques à (entre autres) augmenter leurs fonds propres et à prévenir leur propre surendettement et la règle Volcker qui vise à freiner les investissements spéculatifs des banques avec l’argent de leurs clients

- Renforcer les mesures contre l’immigration clandestine :

  • Construire le mur
  • Accélérer le renvoi des sans-papiers
  • Interdire l’entrée aux ressortissants de 7 pays musulmans

- Renforcer l’armée et les mesures assurant la sécurité du pays :

  • Reconstruire l’armée avec de nouveaux avions, bateaux, matériels

- Sociales :

  • Interdire de financer avec des fonds fédéraux des agences faisant des avortements ou militant en faveur de l’avortement

C’est roboratif, dangereux pour l’avenir (qui a envie d’un remake de la crise de 2008 ?) et ce n’est que le début. Et pourtant les gens ne sont descendus dans la rue que pour dénoncer l’interdiction faite aux ressortissants de 7 pays musulmans d’entrer aux Etats-Unis. Mais c’est tellement plus grave que cela. Jamais dans l’histoire de nos démocraties un gouvernement n’a cumulé autant de potentiels conflits d’intérêts. Pas un seul membre de cet aéropage de milliardaires qui n’ait un intérêt direct et immédiat à démanteler les législations fédérales dans son domaine respectif (à commencer par Trump lui-même). L’agence de protection de l’environnement va être démantelée ou, au minimum, vidée de sa substance. Les pétroliers auront carte blanche. Les fonds fédéraux vont être redirigés vers les écoles privées au détriment des écoles publiques qui dispenseront un enseignement de mauvaise qualité aux classes défavorisées. Les impôts des plus riches vont à nouveau être diminués au détriment de la classe moyenne (on sait très bien faire cela en Suisse également). Le pays va recréer une montagne de dettes selon le principe qu’il faut privatiser les profits et socialiser tout ce qui coûte : les infrastructures, la défense, les dettes, etc… Medicare et Medicaid vont être démantelés ou au minimum gravement affaiblis. Et Dieu sait ce qu’il y a encore dans leurs cerveaux malades.

L’élection du menteur-en-chef et de ses affidés est la pire chose qui pouvait arriver pour notre avenir commun. Alors ne nous trompons pas de combat.

27/10/2016

Nous avons besoin d’une révolution mais elle ne viendra pas de la politique

Dans toutes nos « démocraties » nous assistons jour après jour aux chocs issus de ce que l’on appelle la « polarisation de la politique ». En gros cela veut dire que les camps sont de plus en plus partagés entre des thèses extrêmes, sans recherche de compromis :

  • à gauche cela s’appelle « raser gratis ». Et si l’on objecte à ces projets utopistes des considérations politiques extraordinairement triviales, la justesse de ces thèses est immédiatement soulignée par le fait qu’il suffit de faire « payer les riches »
  • à droite cela correspond à « sécuriser les frontières et défendre l’identité nationale ». Et si l’on objecte à cela que ces politiques sont indéfendables vis-à-vis de l’interdépendance de nos pays et des traités signés avec la communauté internationale « on » nous répond qu’il sera possible de réaliser la « quadrature du cercle ».

Ces deux familles de thèses que l’on retrouve peu ou prou dans tous nos pays « démocratiques », ont-elles une chance quelconque de se réaliser ? A moins de sombrer dans une dictature, aucune ! Et pourtant élection après élection, et pour le cas particulier de la Suisse, votation après votation, nous sommes obligés de nous prononcer sur des objets dont nous savons pertinemment qu’ils ne sont que ce qu’ils sont : des utopies.

Aux USA, le duel entre Mme Clinton qui représente la continuité, màtinée de belles promesses sociales qui ne se réaliseront jamais, et l’ubuesque Trump qui représente le pire du pire de la droite du parti républicain saupoudré de l’infantilisme crasse d’un candidat qui ne mériterait d’apparaître que pour le bonheur des téléspectateurs d’un Muppet Show, démontre cela à l’envi.

En France nous assistons à un pays qui cherche, à gauche, à protéger son « modèle social » alors qu’il se fissure de partout et que malgré « l’alignement des planètes » il n’arrive pas à décoller économiquement et encore moins à intégrer ses minorités. A droite, on assiste à la surenchère identitaire et sécuritaire alors même que la droite « républicaine » ne cherche qu’à supprimer des postes de fonctionnaires, y compris dans la police, l’armée et l’éducation nationale. Quant à la droite plus extrême, la soi-disant dénonciation de traités internationaux entraînerait le pays, et l’Europe, dans des tourmentes difficiles à prévoir.

En Suisse, c’est le spectacle de plus en plus pénible du ver qui se contorsionne dans son bocal. A gauche ce sont des dizaines d’initiatives et de référendums (« Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires », « En faveur du service public », « Pour un revenu de base inconditionnel », « AVSPlus », « Pour des multinationales responsables », etc…, etc..) déposés et rejetés, ou vraisemblablement rejetés pour le dernier exemple, avec « sagesse » par le peuple suisse car si nous adoptions seuls les lois les plus utopistes de l’univers, notre pays ne tarderait pas à être abandonné par les moteurs économiques qui ont fait notre prospérité qui reste un miracle au regard de notre petitesse, des attaques continuelles provenant de voisins et/ou partenaires économiques, jaloux ou profitant de notre taille pour nous tyranniser à loisir (à l’époque des fonds en déshérence, la Suisse était clouée au pilori de la communauté internationale sans aucune mise en perspective historique). A droite, ce sont toutes les volontés sécuritaires et identitaires qui sont parfois acceptées et qui nous mettent en porte-à-faux avec le droit international (« Pour le renvoi des criminels étrangers », « Contre l’immigration de masse », etc…, etc...).

Personnellement, je serais volontiers en faveur du meilleur des propositions de la gauche et de la droite. Et pourtant. La droite est en quelque sorte prise à son propre piège car pour pouvoir gagner des élections et des votations, elle est obligée d’agiter des thèses sécuritaires et identitaires qui vont à l’encontre du modèle économique qu’elle a elle-même largement contribué à mettre en œuvre : l’ultra-libéralisme. Nulle part ce n’est plus criant qu’en Suisse où l’entrepreneur Blocher (pour faire un raccourci) est prêt à scier, avec l’initiative « Contre l’immigration de masse », la branche sur laquelle lui, son entreprise florissante et ses amis politiques et économiques sont assis. Et la gauche européenne rose-verte, souvent laïque, est obligée de soutenir l’arrivée massive de populations très ou ultra religieuses, ce qui devrait être une insulte à leur intelligence et à tout ce contre quoi ils se sont battus : l’obscurantisme religieux qui va nous revenir dans la figure comme un boomerang.

Alors non, la droite ne va pas régler les problèmes de sécurité et d’identité de nos pays car elle a tissé un ensemble de lois régies par l’OMC qui rendent vaines toutes tentatives de remettre de l’ordre dans la mondialisation. Et la gauche ne va pas amener plus de justice dans le fonctionnement de nos pays car ce ne sont pas les Etats qui détiennent le pouvoir à cause de toutes les dérégulations opérées dans nos économies depuis l’ère Reagan/Thatcher.

Nous avons besoin d’une révolution, mais elle ne viendra pas de la politique.

01/10/2016

Criminels étrangers : ils peuvent dormir sur leurs 2 oreilles

Pas besoin de se rendre dans des pays moyenâgeux pour trouver des juges faisant preuve d’une mansuétude coupable vis-à-vis des violeurs. Cela se passe aujourd'hui, en Suisse.

Intéressant article dans la TDG du 29 septembre concernant l’entrée en vigueur, ce jour, de la nouvelle loi sur l’expulsion des criminels étrangers. Avec les pours, les contres et les craintes de voir le nombre de procédures devant la justice augmenter. Eh oui, la justice cela coûte. Mais on semble oublier, à gauche pour des raisons idéologiques et à droite pour des raisons … idéologiques, mais d’équilibre budgétaire cette fois-ci, que le crime coûte cher également. Certainement plus que la justice et dans tous les domaines. Pas seulement budgétaire. Et puis, collision de mise en page, à la page suivante, une minisculissime dépêche d’agence dont le titre était : « Du sursis pour des abus commis sur dix jeunes filles ». Et sous ce titre le texte suivant : « Un Turc de 28 ans a été reconnu coupable de VIOL (c’est moi qui souligne), de contraintes sexuelles et d’abus sexuels sur des jeunes filles âgées de 13 à 17 ans par le Tribunal de district de Uznach (SG). Les parents d’une adolescente alors âgée de 16 ans ont alors porté plainte contre le prévenu en février 2014… ». Verdict : « 2 ans avec sursis ».

Alors voilà, en Suisse vous pouvez violer et faire subir tous les outrages à une dizaine de jeunes filles, dont la plus jeune avait 13 (TREIZE) ans et vous vous en tirez avec 2 ans avec sursis ! C’est une honte absolue. Un scandale insupportable. Qui continue d’ailleurs. Cela me rappelle la tristement célèbre affaire de Schmitten en 2005 (jugée en 2008) où 5 prévenus étrangers avaient attiré une jeune fille dans un traquenard pour la violer. Elle était ressortie brisée de cette expérience. Son père avait dû payer tous les frais de justice alors que les 5 crapules bénéficiaient d’un avocat payé par le contribuable. Et le plus sévèrement puni avait écopé de 2,5 ans de prison ferme et tous les autres de sursis. Selon la RSR, après l'énoncé des verdicts, les accusés s’étaient conduits de façon scandaleusement arrogante, invectivant le monde entier.

Eh bien voyez-vous, malgré les terrifiantes histoires qui se sont déroulées ces dernières années en Suisse, malgré ces viols, malgré l’affaire Marie dans le canton de Vaud, malgré l’affaire Adeline à Genève et son assassin, violeur multi récidiviste, il y a encore des juges en Suisse pour estimer que 10 viols dont l’un sur une jeune fille à peine sortie de l’enfance, ne mérite que le sursis.

Ces juges irresponsables émettent quasiment un permis de violer dans notre pays !

Alors la nouvelle loi sur le renvoi des criminels étrangers a beau être entrée en vigueur, avec des juges aussi déconnectés de toute compassion envers les victimes, les criminels étrangers peuvent continuer de dormir sur leurs deux oreilles.

27/08/2016

L’Homme ne peut vivre éternellement d’illusions

Je reste dubitatif, incrédule, sidéré pour tout dire, par la propension des réfugiés musulmans à vouloir, par tous les moyens, continuer d’appliquer dans leur pays d’accueil les politiques et les méthodes qui ont si lamentablement échoué dans leur pays d’origine.

Les pays du Maghreb, du Proche et du Moyen-Orient sont des modèles d’échecs sur tous les plans : politique, économique, financier, social, industriel, intellectuel (la liste des grands savants des temps modernes issus de ces régions et ayant apporté une réelle contribution à la marche du monde serait anormalement courte et inversement proportionnelle au dynamisme démographique de ces peuples), moral car combien d’hommes et de femmes vivent réellement à la hauteur des valeurs qu’ils affirment : il suffit de se souvenir que plus de 80% des femmes égyptiennes se sont déclarées avoir été les victimes d’agressions sexuelles pour comprendre que les hommes égyptiens ont un grave problème dans leur rapport aux femmes et surtout dans celui avec les valeurs supposées (et claironnées à la face du monde) de leur religion. Et puisqu’on est sur ce sujet, il est évident que l’excision et l’obligation faite aux femmes de devoir cacher tout ou partie de leur corps révèle l’échec des hommes musulmans à vivre à la hauteur de leurs aspirations. Un homme ayant réellement intégré les valeurs qu’il professe ne devrait avoir aucun mal à vivre entouré de femmes épanouies. Et un colossal échec religieux, pour finir, avec les guerres incessantes entre chiites et sunnites, le terrorisme international, etc… Et puis quel est ce besoin pathologique de vouloir faire justice à la place de Dieu Lui-même ? Tous ces fous de Dieu prêts à mourir et à tuer tous ceux qui oseraient émettre ce qu’ils considèrent comme un blasphème croient-ils leur Dieu si faible, qu’Il serait incapable de se faire justice Lui-même s’Il en ressentait le besoin ? Ils ont une bien piètre image de Celui qu’ils croient servir.

Alors, face à tant d’échecs, comment et pourquoi cherchent-ils à nous imposer cela même qui les a poussés à l’exil ?

Quant à nous, nous vivons également dans un faisceau d’illusions. Pas les mêmes, certes. Mais ce sont ces illusions qui nous affaiblissent face aux prétentions de ces populations exogènes. Depuis les Lumières (qui ont peut-être été un mélange d’ombres et de Lumières) nous avons volontiers prophétisé la mort de Dieu et, depuis, nous continuons de prétendre que nous sommes des esprits forts et que nous pouvons vivre sans Lui. Et pourtant. Des millions de signes dans nos Sociétés montrent une grande détresse. Les paradis artificiels foisonnent. L’alcool coule à flots, l’abus de stimulants est préoccupant, la compétition dans tous les domaines détruit le tissu social si patiemment tissé par les générations précédentes, notre jeunesse accueille des artistes, de souvent peu de talents, comme des sortes de messies et leur voue une sorte de culte païen qui devrait tous nous alerter. Le grand journaliste Claude Monnier, qui vient de nous quitter, avait en son temps écrit une chronique magistrale « Nous trompons Dieu avec le travail ». Trente ans plus tard, la situation s’est encore péjorée : illusion d’avoir des « amis » sur les réseaux sociaux, illusion de vivre et de participer à de grands Mystères en prenant part aux grandes kermesses des festivals de musique, illusion d’être libre et indépendant en évacuant Dieu de nos vies, illusion que nous allons bien alors que nous consommons, alcool, café, tabac, pilules de toutes formes et de toutes couleurs, drogues diverses et variées et parfois des cocktails de tout cela. Ce « vide » affaiblit nos Sociétés en général et en particulier face aux revendications religieuses et communautaristes des migrants à la tête farcie de leurs propres illusions, fruits d’un puissant et systématique lavage de cerveau.

En résumé : nos illusions valent bien les leurs.

Je pense avoir démontré de multiples fois dans ce blog que je suis partisan d’une ligne claire, nette et sans concessions vis-à-vis des migrants issus de pays musulmans. Mais cela ne veut pas dire que tout le bien est dans nos Sociétés et tout le mal dans les leurs. Nous nous devons de redéfinir nos valeurs qui ne peuvent être les pitoyables appels au laisser-faire des tenants du multiculturalisme béat, bêlant et benêt : pensons au fait que la ligue des droits de l’homme (mais pas de la femme), a décidé de s’engager, au nom de la liberté, en faveur du droit des femmes à se soumettre au diktat des mâles de leur communauté et à ceux de leur religion, ce qui est le monde à l’envers. Quand défendront-ils, toujours au nom de la liberté, le droit à porter la burqa ou à se faire exciser ?

Alors il est urgent de redéfinir la place de Dieu dans nos vies individuelles et dans nos Sociétés car l’Homme ne peut vivre éternellement d’illusions.

06/06/2016

Simonetta Sommaruga: cette femme est dangereuse

Dans cette croisade incessante pour faire de la Suisse un état exemplaire en termes d’asile, la ministre socialiste a marqué un point crucial en manipulant habilement l’opinion comme elle l’avait fait du Parlement auparavant. L’accent a été mis sur l’accélération des procédures et le peuple suisse a entendu ce message et a voté dans ce sens : « Nous ne voulons plus voir ces situations d’enlisement des procédures d’asile et se retrouver avec des réfugiés dont nous ne voulons pas mais que nous ne pouvons pas expulser car leurs enfants vont à l’école depuis plusieurs années ».

Ceci est ce qui nous a été habilement vendu. C’est à cela que nous avons dit oui. La réalité est que face aux millions de réfugiés qui attendent d’envahir l’Europe et dont l’arrivée programmée n’est que momentanément retardée par l’accord extrêmement fragile conclu avec « l’allié » turc dont le chantage est odieux et par les conditions météorologiques en Méditerranée, nous venons de voter une loi qui va nous démunir légalement face au choc migratoire : chaque réfugié aura droit à l’assistance gratuite d’un avocat (depuis quand le recours à un avocat accélère quoi que ce soit…). Elle nous a vendu l’accélération des procédures et nous allons assister à des procédures noyautées par les avocats.

Et comme si cela ne suffisait pas, et au vu de la résistance de certaines communes à accueillir des réfugiés, Mme Sommaruga a prévu de pouvoir exproprier les cantons et les communes afin de pouvoir construire des centres fédéraux d’accueil. Cette possibilité va à l’encontre de tout ce qui fonde le fédéralisme. C’est une approche digne d’un état totalitaire ou au minimum centralisateur comme la France. C’est un viol du fédéralisme et pourtant tout a été accepté car elle nous a promis une accélération des procédures.

Cette femme est habile. Cette femme est dangereuse car elle est habile.

 

25/05/2016

Qui sème le vent récolte la tempête

Nos pays « démocratiques » c’est-à-dire ceux où les citoyens participent régulièrement à ce théâtre de dupes que l’on appelle élections, sont dans une situation de plus en plus inquiétante. Il y a de nombreux coupables.  

Dans tous les pays développés, les « élites » politiques de droite comme de gauche, ont soit profité de leur proximité incestueuse avec l’argent pour se goberger pendant que les classes moyennes et défavorisées supportaient la totalité du poids des crises successives, soit se sont soumises à ces mêmes forces. 

Aux Etats-Unis, en Europe, en Suisse, les instances dirigeantes sont sourdes aux besoins des peuples et continuent de prôner la mondialisation, la libre circulation, l’ouverture des frontières aux réfugiés et soutiennent les multinationales au détriment des besoins de sécurité et de santé des peuples (dernier exemple en date, le refus de la Commission européenne d’interdire le glyphosate, un désherbant pourtant hautement toxique). A tous les échelons nous retrouvons la corruption quasiment généralisée des dirigeants, la volonté forcenée de s’enrichir (que l’on parle d’instances sportives, de dirigeants de multinationales ou des actionnaires des mêmes), le mépris des classes moyennes et défavorisées, le même autisme face aux appels des peuples, le même théâtre guignol dans nos parlements.

Nous allons ainsi d’élection en élection, de mensonges en mensonges, de parodie de démocratie en parodie de démocratie. Mais le résultat est là : la droite la plus caricaturale est partout aux portes du pouvoir. Aux Etats-Unis, le parti républicain est dans un tel état de déliquescence que D. Trump risque d’être son candidat à la présidentielle. C’est pourtant un homme tellement ridicule que Berlusconi passerait presque pour un homme politique « sérieux » à côté de lui. Mais sa force est justement de dire n’importe quoi, de faire rêver le citoyen lambda en lui faisant croire qu’il va lui permettre de prendre sa revanche sur ses élites corrompues. En France, la gauche modérée a perdu toute crédibilité et le FN monte lentement mais sûrement. En Autriche, il s’en est fallu de quelques milliers de voix. Pour cette fois-ci.

Partout, pour des raisons à la fois identiques et des variations dues à la politique locale, les peuples sont de plus en plus tentés de faire venir au pouvoir des hommes politiques dont ils espèrent qu’ils mettront fin à la corruption quasi généralisée, à la pourriture morale qui gangrène nos Sociétés jusqu’au sommet du pouvoir, à l’autisme criminel de ceux qui s’empiffrent entre amis, à l’insupportable prétendue supériorité morale de ceux qui refusent de voir les tensions de plus en plus insupportables que subissent nos Sociétés du fait d’un affaiblissement de l’état et de l’effondrement des frontières voulu et encouragé par ceux qui en profitent. Sans parler de tous ceux qui abdiquent devant leur devoir de protection des valeurs identitaires de l’Europe voire qui poursuivent leur combat haineux contre les valeurs judéo-chrétiennes en instrumentalisant l’Islam. A leur profit croient-ils, les innocents.

Si la peste brune revient demain en Europe, ceux-là même qui dénoncent l’extrême-droite depuis des décennies mais travaillent activement et inconsciemment à son avènement ne devront s’en prendre qu’à eux-mêmes car ils auront tout fait, tout mis en œuvre pour que cela se produise.

18/04/2016

Suisse : quand le populisme de gauche devient une forme de lobotomie

Dans tous les domaines de la société suisse le populisme de gauche, visant à faire de notre pays un modèle de vertu, est à l’œuvre. Il faut, selon ses avocats, moraliser la finance, faire peser la fiscalité sur les riches afin de raser gratis, surveiller l’activité des multinationales suisses partout où elles sont implantées afin qu’elles respectent les règles d’éthique les plus exigeantes, etc.., etc... Votation après votation le peuple suisse, dans sa grande sagesse, rejette vigoureusement ces objets extrémistes qui n’ont été implémentés dans aucun autre pays et qui mèneraient notre pays à sa ruine inéluctable.

Ce n’est pas tout malheureusement. Censée entrer en vigueur au 1er janvier 2017, la nouvelle législation « Swissness » est un casse-tête pour de nombreuses entreprises déjà confrontées au très problématique challenge que représente l’appréciation constante du franc suisse par rapport aux principales monnaies. Pour mémoire, dans les années 60, le dollar us valait 4.20 CHF (contre moins de 1 ces dernières années), la livre sterling était à plus de 12 CHF (contre environ 1.50 ces derniers mois) et l’euro est passé de 1.60 lors de son lancement à un maigre 1.10 depuis le 15 janvier 2015.

Et ce n’est pas encore tout. La ministre socialiste en charge de l’immigration se veut une juste parmi les justes. Alors que tous les pays européens travaillent, avec une détermination plus ou moins avouée, à dissuader l’immigration (Danemark, Allemagne depuis peu), voire à l’empêcher par tous les moyens (Hongrie, Pologne, Bulgarie, Slovénie, Macédoine, France qui a fermé sa frontière à Menton, Autriche qui construit une barrière anti-migrants au col du Brenner), la Suisse se prépare activement à accepter tous les migrants qui voudront bien nous faire l’honneur de se présenter à notre frontière. Et ne doutons pas une seule seconde qu’ils se présenteront en masse puisque notre pays est au centre d’un entonnoir fermé de tous les autres côtés. Seule la frontière suisse, au nord de l’Italie, reste une passoire assumée et voulue par nos « autorités ». Se rendent-ils seulement compte de ce que cela pourrait représenter ? Apparemment oui, puisque la Confédération se dit prête, si la nouvelle loi sur l’asile est acceptée, à exproprier cantons et communes afin de construire des centres fédéraux pour requérants.

La folie moralisatrice qui périodiquement menace notre pays pourrait trouver là son apogée et l’entraîner dans un abîme sans fond. Et notre système de démocratie directe ne nous protégera pas cette fois-ci car plus personne, même pas l’UDC, ne semble prêt à se lever contre le terrorisme moralisateur qui travaille si activement à notre perte. Que la loi sur l’asile soit acceptée ou non.

10/03/2016

Réfugiés : l’erreur que nous n’aurions jamais dû commettre

Ce matin, un reportage édifiant de Marion Van Renterghem dans « Le Monde » sur ces familles allemandes ayant généreusement, ou naïvement, ouvert leur porte à des réfugiés syriens.

C’est, depuis décembre 2014, le cas de Christoph Bürger et sa compagne Anna-Lena Hösl. Cohabitation difficile, choc des cultures, lorsque leur premier hôte, un chrétien pourtant, refuse de se soumettre à l’autorité de la maîtresse de maison parce qu’elle est une femme. Puis c’est avec un musulman assidu qu’il leur faut apprendre à composer : ses prières quotidiennes, son refus de mettre un verre de vin dans le lave-vaisselle.

« Mais des gens qui ont fui la guerre, on les aide et c’est tout » tranche Anna-Lena.

Eh bien non ! Non, non et non ! Avoir souffert n’autorise pas tout et n’importe quoi. C’est exactement l’erreur tragique, celle que nous n’aurions jamais dû commettre, que nous faisons depuis le début de la crise des migrants. Nous nous devions, précisément car ces réfugiés viennent d’une autre culture et sortent brutalement de leur Moyen-âge social et religieux, de fixer dans une charte, les règles strictes, claires et précises de leur accueil. A accepter noir sur blanc ou à refuser. Un refus entraînant leur renvoi automatique.

Accueillir des réfugiés hongrois ou chiliens comme nous l’avons fait dans le passé n’est rien comparé à la vague d’immigration actuelle qui menace de submerger nos pays européens. Là où nous partagions des valeurs évidentes, naturelles, nous sommes confrontés à la brutalité de gens venant de sociétés qu’ils n’ont pas, depuis bien longtemps, réussi à faire fonctionner. Et pourtant ils veulent nous imposer leur façon de faire et de penser. Celle qui les a précisément poussés sur les chemins de l’exil. C’est pathétique d’aveuglement et d’ignorance. Il était de notre devoir de les empêcher de s’aveugler plus avant.

Las. Au cœur même de nos pays, nous avons des armées de bisounours qui travaillent avec une énergie inépuisable à entretenir les illusions des migrants. Ils sont prêts à céder sur tout. A fermer les yeux sur tout. Et du haut de leur soi-disant « supériorité morale », font si bien régner la terreur, que plus personne n’ose dire ce qu’il pense. Souffrent-ils d’une variation du syndrome de Stockolm, je ne sais ? Mais les illusions qu’ils entretiennent avec une telle inépuisable énergie ne rend service ni aux migrants ni à nos pays.

05/12/2015

FIFA: De tous petits joueurs dans le monde de la corruption

Comme à son habitude, lorsque la « justice » américaine tient un os, elle ne le lâche plus. La Suisse en a fait la cruelle expérience avec l’affaire des fonds en déshérence. Le scénario, en ce temps-là, était devenu tellement ubuesque qu’à certains moments on avait très fortement eu l’impression que c’était notre pays qui avait envahi la moitié du monde et mené à bien la «solution finale».

Aujourd’hui, la même « justice » a trouvé un nouveau bouc émissaire. La ministre US de la justice a déclaré hier que l’ampleur de la corruption [au sein de la FIFA] atteint des niveaux « inconcevables ». Certes, la FIFA n’est sans doute pas seulement une association de vieillards plus ou moins cacochymes mais également une formidable machine à produire des gains faciles à se distribuer entre soi. Et tout assainissement sera le bienvenu. Mais Mme Loretta Lynch n’a-t-elle vraiment rien d’autre à se mettre sous la dent par les temps qui courent :

  • Le secteur bancaire et financier américain a-t-il été remis au pas ?
  • Tous ceux qui ont contribué à la crise des subprimes qui a failli ruiner la planète entière et poussé des millions de gens, aux Etats-Unis et en Europe à la misère, sont-ils tous derrière les barreaux ?
  • La facture de la crise a-t-elle été et continue-t-elle d’être payée tous les jours par les coupables et leurs complices ou par ces centaines de millions de citoyens des classes pauvres et moyennes qui se saignent tous les jours aux quatre veines pour payer la facture d’une poignée de malfaiteurs jouissant d’une totale impunité ?
  • L’épaisseur de crasse de la corruption de nos élites politiques par nos élites financières et économiques a-t-elle été définitivement nettoyée ?
  • La violence inconcevable des riches contre les pauvres appartient-elle enfin au passé ?

Curieusement, sur tous ces sujets, la justice américaine et sa ministre sont extraordinairement muets et pour tout dire paralysés. Ou bien ont-ils déjà tout oublié puisque, c'est bien connu, il ne faut pas tenir rancune à ses amis ?

Il est tellement plus facile de s’attaquer à une association sportive, qui pour être riche, n’en est pas moins un nain en terme de soutiens politiques. Et ce n’est pas le gouvernement suisse, connu pour sa soumission, qui servira de rempart.

Une fois encore on assiste à ce système où les vrais puissants, quels que soient leurs torts, sont protégés et jouissent d’une impunité totale alors que l’on tape violemment sur de supposés « méchants » qui ne sont que de tous petits joueurs dans le monde de la corruption.

 

08/11/2015

Immigration: Ne pas être le dindon de la triste farce européenne

C’est mon 4ème billet de rang sur l’immigration. La cacophonie en provenance de Bruxelles et des capitales européennes est toujours aussi assourdissante car si l’on exclut les quelques pays qui ont pris clairement position en faveur (Suède, Allemagne) ou à l’encontre (Hongrie et quelques autres pays qui l’environnent) de l’immigration, il reste les pays fondateurs de l’UE qui parlent de solidarité et qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter de devoir accueillir des réfugiés. Pensons à l’inénarrable imbroglio de la répartition de ces quelques 100’00 migrants que personne ne veut. C’est une affaire qui dure depuis des semaines maintenant. Or nous savons que plus d’un million de migrants sont entrés ou entreront en Europe en 2015. Alors à quoi correspondent-ils ? A mon avis c’est le solde entre le nombre total de migrants prévus pour 2015 (hors regroupement familial) et ceux déjà prévus d’être accueillis par l’Allemagne (env. 800'000), la Suède (env. 150'000) et la Suisse (au minimum 50'000). Les 100'000 réfugiés, ce sont tous ceux qui sont attendus et qui ne trouveront pas de place dans un de ces 3 pays. Pathétiques comptes d’apothicaires.

A Berlin, sous la pression de la rue et des alliés politiques de Mme Merkel, le vent semble « lentement » être en train de changer.  Certes l’Allemagne va continuer d’accueillir un grand nombre de réfugiés, mais à des conditions sensiblement plus restrictives. Et lorsque l’on sait à quelle vitesse les passeurs professionnels sont informés des changements politiques au sein des pays européens on peut s’attendre, dans une prochaine phase, à une accélération du nombre de réfugiés tentant de profiter de l’aubaine des anciennes règles. J’espère que la bisounoursonne en charge du dossier de l’immigration à Berne a un plan B au cas où l’Allemagne devait changer de politique migratoire car la Suisse serait en ce cas, par un simple effet boomerang, violemment touchée du jour au lendemain. Puisse la Suisse ne pas être le dindon de la triste farce européenne.

11/09/2015

Un moment charnière pour l'Europe

Nous vivons un moment charnière pour l’avenir de l’Europe. D’un côté il y a ces quelques dirigeants qui cherchent à défendre leur pays et l’Europe par la même occasion, contre la vague migratoire: ceux des 4 pays du groupe de Visegrad et ceux du Danemark. De l’autre, les dirigeants des autres pays, Suisse comprise, pris par l’hystérie convulsive qui secoue notre continent. L’Autriche quant à elle semble danser d’un pied sur l’autre. Combien de temps ces courageux dirigeants réussiront-ils à résister au rouleau compresseur allemand reste à démontrer. Quoi qu'il arrive, je les admire d'ores et déjà.

Ce phénomène d’hystérie collective est très intéressant car nous assistions depuis de nombreuses années à un clivage entre deux camps irréductibles : ceux qui rejetaient largement et pour différentes raisons une immigration extra-communautaire massive et ceux qui professaient avoir du cœur en voulant la faciliter. Ces camps ne bougeaient pas depuis longtemps. C’était le status quo et le dialogue de sourds.  Et depuis la photo, de nombreuses personnes de tous horizons ont basculé dans l’émotionnel et l’irrationnel, rompant ce status quo. Or, ce qui peut être admissible chez Monsieur ou Madame tout-le-monde est simplement inacceptable venant de personnes ayant aspiré à la charge suprême qui consiste à diriger un pays ou une communauté de pays.  

Pour la seule année 2015, ce sont environ 1.5 million de migrants qui entreront en Europe. Mais ce chiffre est trompeur car nous savons tous que l’immense majorité de ces migrants sont des hommes seuls et qu’ils exigeront le regroupement familial dès qu’ils seront installés. Ils généreront dès lors une immigration effective qui sera comprise dans une fourchette entre 3 et 5 millions de personnes. Beaucoup plus grave pour notre avenir, je ne vois pas qui aura demain le courage de refermer la porte maintenant qu’elle est si largement et si irrationnellement ouverte. Et prions pour qu'il n'y ait pas demain une guerre civile en Turquie car les dirigeants de ce pays, à force de jouer avec le feu, pourraient perdre un jour le contrôle de la situation.

08/09/2015

Il aura suffi d’une photo

Depuis de nombreux mois nous assistons à une cacophonie de plus en plus indigeste face au siège de notre continent, fait pas les millions de migrants potentiels fuyant la désespérance sans issue de leurs pays respectifs. Les Syriens, par exemple, après avoir fui la guerre civile en se réfugiant en masse au Liban et en Turquie sont décidés à se trouver un véritable avenir en Europe. Encouragés en cela par des passeurs pour lesquels c’est un business extraordinairement lucratif (pour rappel, un bateau avec 800 migrants « rapporte » un million de dollars). Or il y a des millions d’immigrants potentiels car de l’Afrique au Pakistan, il y de nombreux pays accablés par la misère due à des gouvernements corrompus ou à la guerre que les musulmans mènent aux musulmans ou les deux à la fois. 

Et que faisons-nous face à cela ? Après avoir dressé des barrières sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla et avoir tenté de dissuader les migrants potentiels de tenter leur chance, nous assistons à des gesticulations de la part de tous nos gouvernements qui ne savent simplement pas quoi faire face à cet exode. D’un côté ils voudraient fermer les frontières et de l’autre ils sont piégés par la soi-disant tradition humanitaire de l’Europe. 

Ainsi, nous avons eu le discours de fermeté sur la façon dont nous allions appréhender les bateaux affrétés par les passeurs afin de les bouter hors des eaux européennes. Puis les mêmes ont parlé de détruire lesdits bateaux. Je ne sais pas si l’Afrique est un grand cimetière à vieilles épaves mais visiblement, si cette politique est appliquée, elle ne sert strictement à rien. Et les voies se sont diversifiées. Aujourd’hui toutes les routes possibles et imaginables sont empruntées, comme si une digue s’était rompue. 

Face à l’évidence on a ensuite été spectateur d’une guerre des égoïsmes par médias interposés. Au cours de différents sommets européens, qu’il vaudrait mieux renommer les abysses européens, on a assisté aux pathétiques tentatives des différents pays de l’UE de se repasser la patate chaude. C’était à qui trouverait le meilleur moyen d’accueillir le moins de réfugiés possible. Des quotas de répartition ? Jamais de la vie. Et la Grande-Bretagne, traditionnel aimant à migrants, tentait de se calfeutrer tant bien que mal. 

On a passé ensuite à une guerre des chiffres. Impossible d’avoir un chiffre honnête sur ces vagues migratoires. Selon les uns il est entré 124'000 personnes en Europe cette année. D’autres nous parlent de plus de 300'000. Seule Mme Merkel a eu le courage de dire la vérité en disant que l’Allemagne allait accueillir 800'000 immigrants cette année. Sur la base de ce chiffre et en l’extrapolant à l’ensemble de l’Europe, il est plus que probable que le véritable solde migratoire pour 2015 se situera aux alentours de 1,5 millions. 

Et puis il y a eu la fameuse photo que tout le monde connaît. Depuis, d’une seconde à l’autre, et pour flatter l’opinion publique bouleversée, c’est à qui se montrera le plus vertueux. Les gouvernements, comme les simples citoyens, veulent tous faire partie des justes. La France est fière d’annoncer qu’elle va accepter 24'000 Syriens dans les 2 années qui viennent (cela rappelle Mme Sommaruga qui annonçait fièrement il y a un peu plus d’un an que la Suisse allait accueillir 500 Syriens). Comme si les migrants s’intéressaient à nos petits calculs d’apothicaires. Même David Cameron y est allé de son laïus humanitaire. Nous assistons depuis à une véritable forme d’hystérie collective. J’en veux pour preuve la haie d’honneur à la gare de Münich à l’arrivée d’un train de réfugiés ainsi que toutes les grandes déclarations vertueuses de politiciens qui n’ont d’yeux que pour les sondages d’opinion. 

En ce qui concerne l’Allemagne, elle a certes beaucoup, beaucoup à se faire pardonner, mais le seul point sur lequel je suis d’accord avec Mme Merkel est que cette vague d’immigration va changer le visage de l’Allemagne (et de l’Europe par la même occasion). Ce qu’elle n’a pas dit c’est dans quel sens.

30/05/2015

Blatter au conseil fédéral!

Ô je ne parierais pas une grosse somme d’argent sur la probité du bonhomme mais le voir tenir tête au DOJ américain me fait particulièrement chaud au cœur.

Cela fait des années, au minimum depuis l’affaire des fonds en déshérence, que notre pays est littéralement tyrannisé par les Etats-Unis. Et tout cela pourquoi? Parce que nous sommes riches et que nous sommes petits et sans amis. La recette idéale pour devenir le souffre-douleur du, plus pour longtemps, plus grand de la classe.

Alors les Etats-Unis sont-ils un pays tellement au-dessus de tout soupçon qu’ils peuvent se permettre de nous faire en permanence la leçon? Certainement pas! Nous savons tous à quel point ce pays traîne de casseroles et cela dès sa fondation, avec la quasi extermination des peuples amérindiens. Je ne vais pas refaire la liste connue de tous, de toutes les exactions, compromissions avec des dictatures d’extrême-droite, soutiens militaires actifs aux mêmes, renversements de gouvernements démocratiquement élus, guerres iniques, mensonges d’Etat, corruption des élites politiques, économiques et financières, soumission de la classe politique aux forces de l’argent. Etc… Etc…

Eh bien tout cela ne les empêche en aucun cas de vouloir aller faire le ménage chez les autres au lieu de commencer à remettre de l’ordre dans leur propre maison qui pourrit pourtant de la cave au grenier.

Alors puisque depuis toutes ces années de tyrannie nos Conseillers fédéraux brillent plus par les traces d’huile qu’ils laissent au fond de leurs pantalons chaque fois qu’un représentant du pouvoir US nous accuse de tous les maux, je m’écrie joyeusement:

  • Vive Blatter !
  • Blatter au Conseil fédéral !

24/11/2014

Suisse: Populisme de gauche et de droite, un danger mortel

Cela fait quelques années que nous parlons de la polarisation toujours plus grande de la vie politique dans notre pays. Cela a, certes, donné une vie politique un peu plus intéressante mais cela a aussi des effets pervers dont nous souffrons tous. Et cela se traduit dans le nombre de plus en plus grand d’initiatives populaires et populistes de gauche et de droite soumises au peuple.

Parmi ce que l’on appelle le populisme de droite, il y a bien sûr le thème récurrent de l’immigration auquel on peut ajouter celui de la sécurité. Et les réponses des partis du centre sont malheureusement si frileuses qu’elles ont plutôt tendance à faire le lit des extrémistes. Et puis il y a celui sur l’or de la BNS. Honnêtement, je suis incapable de me prononcer sur le fond. Par contre, je trouve que cela «sent» tellement la propagande de l’UDC et sa volonté d’utiliser tous les moyens possibles et imaginables pour se mettre en avant dans le débat politique et se profiler pour les prochaines élections que je trouve cela malsain et dangereux. 

Parmi le populisme de gauche, et au plan fédéral, il y a toutes ces initiatives pour moraliser la vie politique et surtout économique de notre pays. L’abolition des forfaits fiscaux est une bonne chose en théorie, mais elle ne tient aucun compte des réalités du monde dans lequel nous vivons. Je suis le premier et je pense l’avoir suffisamment écrit dans ce blog, à m’insurger contre le retour des égoïsmes et contre la complicité de nos gouvernements dans l’accaparement des richesses par un petit groupe de nantis. Mais je trouve que cette poignée de politiciens qui veulent faire de la Suisse un îlot de pureté au milieu de la mare aux requins ne font rien d’autre que de se profiler face à l’UDC et tenter de s’attirer des voix et des sympathies. Comme dans nombre de problèmes, la solution ne pourra pourtant provenir que d’un consensus négocié par tous les pays concernés. Au plan cantonal, nous avons eu cette initiative de l’AVIVO qui croit encore au Père Noël et qui a pour seul effet de remettre en question l’équilibre et le catalogue des prestations des TPG. 

Ne nous laissons pas manipuler par les egos des uns et des autres. La Suisse est un minuscule territoire qui ne peut être gouverné qu’au centre. Or, ce centre qui a perdu le courage d’inventer le futur et se contente de gérer frileusement le futur en utilisant les recettes du passé, offre le champ libre aux populistes de gauche et de droite qui osent des propositions hardies, même si elles sont irréalistes. J’espère que le peuple suisse saura garder sa sagesse et ne se laissera pas aspirer par les extrêmes qui représenteraient un danger mortel pour notre pays.

20/09/2014

Caisse unique: Il aura suffi de…

Plus les jours passent, plus l’on se rapproche du jour de la votation et plus le camp du «non» se renforce. Qui l’eût cru il y a quelques mois encore, après une énième augmentation de nos primes?

La Lamal, qui a été voulue par une femme de gauche est devenue une des meilleures vaches à lait de la droite. Pour s’en convaincre, il n’est que de voir avec quelle sollicitude elle se penche sur son berceau. Dans cette campagne, la droite qui partait avec un réel handicap, a su habilement transposer à la réalité suisse les arguments de la droite rétrograde américaine contre l’ObamaCare. Il aura suffi de remplacer l’épouvantail du socialisme par le modèle, en échec grave, de la sécurité sociale à la française pour faire se retourner tous les hésitants et les mous du bide et donc réussir ce tour de passe-passe. Et pourtant, le projet de caisse unique n’a rien à voir avec la sécu française. Elle a beaucoup plus à voir avec la gestion centralisée de notre assurance accident par la Suva. Modèle qui fonctionne à la satisfaction de tous et dans la transparence. Exactement ce qui manque à la gestion ubuesque de l’assurance maladie de base par plus de 60 caisses se répartissant un si minuscule territoire. 

Je croyais le peuple suisse plus intelligent que les red necks des grandes plaines américaines ou les Born-again Christians de la Bible Belt. Las. Mais la droite est habile au jeu de la propagande, elle qui a toujours su déguiser la défense de ses intérêts très particuliers et très égoïstes, derrière celle de la Démocratie et de la Liberté.

Pourtant, qu’ils arrivent fraîchement au pouvoir ou qu’ils l’exercent de longue date, les représentants de ces forces, violent la Démocratie et forniquent avec la Liberté. 

Il aura suffi de …

05/05/2014

Etats-Unis vs CS: un repaire d'hypocrites

Les derniers développements concernant le Crédit suisse aux Etats-Unis démontrent à l’envi que la guerre économique contre la place financière suisse continue. Ce pays que j’ai longtemps aimé et admiré devient parfaitement grotesque à certains moments de son histoire lorsqu’il est instrumentalisé par quelques personnes en mal de notoriété ou par des intérêts particuliers (finance, pétrole, ogm...). 

Ce pays qui s’est tout de même construit en pratiquant deux des plus grands crimes contre l’humanité de toute l’histoire, à savoir la quasi extermination des peuples autochtones et la traite des noirs pour l’esclavage, a attaqué la Suisse dans l’affaire des fonds juifs en déshérence, car ce minuscule pays au cœur de l’Europe, entouré à 100% par les pays de l’axe, avait dû collaborer jusqu’à un certain degré avec ceux-ci.

Au 20ème siècle, il y a eu au nom de la Realpolitik et de la défense du monde dit «libre» une liste sans fin d’exactions, de soutiens à des régimes iniques, de guerres sales, le largage de deux bombes atomiques. Tout le monde sait cela.

Le 21ème siècle n’a pas mieux commencé avec l’attaque sous des prétextes parfaitement fallacieux de l’Irak qui a conduit à totalement déstabiliser ce pays et a entraîné une souffrance sans nom des populations civiles. Et cette guerre qui visait soi-disant à apporter la démocratie dans les pays musulmans a probablement contribué à faire exploser le fondamentalisme qui les ravage depuis lors. Et parfois leurs voisins. A l’image du chirurgien qui, en opérant une tumeur, va favoriser la propagation des métastases dans tout l’organisme.

Quant aux reproches adressés aux banques suisses contre l’évasion fiscale, oui, bien sûr que ces banques ont été actives dans ce domaine. Mais, exactement comme avec l’affaire des fonds en déshérence, il faut se replacer dans le contexte de l’époque qui fermait volontiers les yeux sur ce genre de pratiques. Deuxièmement, les Etats-Unis et les myriades d’avocats qui s’y activent, ont inventé des milliers de façon d’échapper au fisc. Et les banques suisses ne sont qu’un maillon de cette vaste industrie. De plus, ils abritent sur leur sol un paradis fiscal, le Delaware. Enfin, les monstrueux cadeaux fiscaux faits aux ultras riches par l’administration Bush ont coûté bien plus au fisc étatsunien que toutes les banques suisses réunies.

Vraiment, je déteste ce pays lorsqu’il se met à faire la morale alors qu’il ne fait que tordre le bras au reste du monde sous prétexte qu’il est, pour combien de temps encore, le plus fort. Quand donc ce pays cessera de n’être qu’un repaire d’hypocrites prêts à tout, y compris la force la plus brutale, pour défendre ses intérêts alors qu'il a BEAUCOUP à se faire pardonner?

 

15/02/2014

Initiative de l’UDC: ne nous laissons pas déstabiliser

Ne nous laissons pas déstabiliser par tous ceux qui expriment leurs rognes et leurs frustrations pour tenter de discréditer les uns ou les autres et diluer le résultat des votations de dimanche en semant la zizanie confédérale.

Les propos de ceux qui dénoncent le patriotisme réel ou fantasmé des uns ou des autres, de ceux qui souhaitent que tel ministre soit envoyé comme négociateur en chef à Bruxelles (Dieu nous préserve, je ne l’enverrais même pas acheter un kg de bananes), de ceux encore qui souhaitent que les quotas soient attribués aux cantons au prorata du résultat des votations prouvent que les politiciens français ayant réagi aux résultats de dimanche n’ont pas le monopole des âneries (voir mon précédent billet «Initiative de l’UDC: et pan sur le pif».

Le peuple suisse a voté avec sa maturité habituelle. Il a envoyé un message fort à la classe politique:

«Nous voulons maîtriser notre développement».

Rappelons que la population suisse, depuis l’ouverture des frontières et à cause du formidable succès et du pouvoir d’attraction de notre économie, croît de 1% par année. C’est énorme. Cela équivaut à devoir construire une ville de la taille de Lucerne CHAQUE année. Rapporté à l’échelle de la France, c’est comme si le solde migratoire était de 650'000 personnes. Alors qu’en 2013 il a été de moins de 300'000 sur un territoire immensément plus grand et dont les 2/3 ne sont pas occupés par les Alpes. Mais l’économie suisse a créé plus de 600'000 emplois ces dernières années, et pas dans la finance contrairement aux clichés qui ont cours dans certaines rédactions de médias européens, alors que, soit dit en passant, la France en a perdu encore plus.

Je crois, en fin de compte, que le peuple suisse a voté en faveur de la Lex Weber pour protéger ses paysages alpins contre la folie spéculative et qu’il a voté en faveur de l’initiative de l’UDC pour protéger le plateau suisse contre le développement anarchique auquel nous assistons depuis l’ouverture des frontières. Nous sommes heureux des succès de notre économie mais ces succès doivent être encadrés intelligemment par une politique adaptée et ne pas nous donner l’impression que c’est un train fou qui va détruire ce qui reste de notre identité nationale. Qui voudrait qu’avec les années et à ce rythme, le plateau suisse soit transformé en une gigantesque ville de Genève à Romanshorn ?

Donc en votant ainsi, nous avons été collectivement cohérents d’une votation à l’autre. Le seul problème de l’initiative de l’UDC était son libellé. Il était efficace politiquement parlant mais il ouvrait la porte aux interprétations xénophobes ce que n’ont pas manqué de faire certains observateurs malveillants. Mais ce n’est pas du tout la mentalité de notre population ouverte sur le monde.

C’est dur la politique et je ne souhaiterais pas cette carrière à mon pire ennemi. Entre la soumission au chef, les négociations jusqu’au bout de la nuit pour des queues de cerise, le respect des consignes y compris au prix de ses convictions, la politique est une machine à uniformiser et à broyer les êtres et leur identité. Ne laissons pas les frustrations de ces politiciens nous déstabiliser.

11/02/2014

Initiative de l’UDC: et pan sur le pif

J’ai voté contre l’initiative de l’UDC comme la grande majorité des Genevois. Mais il faut bien admettre que beaucoup de choses sont allées de travers depuis quelques années et que l’UDC a su capitaliser sur le mécontentement grandissant d’une partie de la population. 

Contrairement aux âneries répétées par de nombreux politiciens européens mal informés ou intellectuellement paresseux ou encore soucieux de défendre un modèle de construction européenne qui n’a plus la cote, la Suisse est un pays largement ouvert sur le monde. Comment expliquer autrement les succès rencontrés par nos petites, moyennes et grandes entreprises sur les marchés mondiaux.

Le problème avec les âneries c’est qu’à force d’être répétées elles prennent l'apparence de vérités.

J’aimerais entendre notre gouvernement aller expliquer des choses simples à leurs collègues européens:

  • La Suisse est un minuscule pays d’un peu plus de 41'000 km2 dont les 2/3 sont occupés par les Alpes. Sur le mouchoir de poche qui reste, nous sommes déjà 8 millions d’habitants et on nous en promet 10 millions dans une vingtaine d’années. Ceci est une limite géographique dont les effets pervers ne pourront être atténués que par une politique volontariste en termes d’aménagement du territoire. Et pas sûr que la LAT suffira
  • Deuxièmement, les mesures d’accompagnement promises lors de la signature des accords bilatéraux sont restées largement insuffisantes dans de nombreuses régions du pays et dans de nombreux secteurs économiques. Ceci est un problème politique lié à l’inertie de notre gouvernement et à la malhonnêteté de certains patrons (comment voulez-vous trouver un emploi si vous êtes résident au Tessin alors que de l’autre côté de la frontière il y a des millions de chômeurs prêts à travailler pour un salaire italien)
  • Troisièmement, les infrastructures ne suivent pas et ce pays est au bord de l’apoplexie. Cela fait un temps certain que je cherche à changer d’appartement, mais autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Et lorsqu’un appartement arrive sur le marché, vous êtes la cinquantième personne à le visiter. Là aussi notre gouvernement a failli en laissant les lois du marché permettre une flambée des prix des logements au détriment de la classe moyenne et des classes défavorisées.

Même si, comme déjà mentionné, j’ai voté contre, je dois reconnaître une certaine forme de sagesse à cette décision. Et je pense que ce vote est beaucoup plus un désaveu du laxisme de notre gouvernement qui gouverne surtout par laisser-faire que de la peur de l’ouverture ou de repli identitaire ou autres âneries entendues dans la bouche de Laurent Fabius, Manuel Valls ou encore Jean-Marie Cavada que l’on a connus mieux inspirés.

Il serait plus que temps que nos ministres empoignent leur bâton de pèlerins et sillonnent l’Europe pour expliquer les particularismes helvétiques plutôt que de se couvrir de cendres et de honte. Et plus que temps également de prendre quelques mesures énergiques pour limiter certains abus qui ulcèrent la population et font le jeu de certains habiles politiciens.

28/01/2014

La France et son «problème» suisse

Heureusement, la grande majorité des citoyens français a une bonne image de la Suisse. Ils sont venus, viennent ou viendront passer leurs vacances dans notre pays. Il y a ceux aussi, travailleurs, cadres, chefs d’entreprise, qui viennent ici car ils savent qu’ils y trouveront un cadre de vie agréable et des conditions propices au développement de leur carrière ou de leur entreprise. 

Et puis il y a les autres. Ceux pour qui la Suisse n’est qu’un havre de bandits recyclant l’argent sale ou de citoyens indignes pratiquant l’évasion fiscale. Ils ne s’intéressent pas vraiment à notre pays, n’ont aucune intention d’en étudier le fonctionnement et les institutions et se plaisent simplement à répéter en boucles leurs poncifs: l’économie suisse est une économie du crime et il faut tout mettre en œuvre pour lui faire rendre gorge.

Je suis un auditeur régulier de France-Inter et cette attitude transpire en permanence sur cette antenne. Soit ce pays semble ne pas exister pour ses journalistes, soit il est question de paradis fiscal, d’évasion fiscale, etc.. Jamais ils ne s’intéressent à autre chose. Jamais ils ne cherchent à comprendre la véritable structure de notre économie. Jamais ils n’informent l’auditeur français que la finance ne représente que 10-13% du PIB. Jamais ils n’informent le citoyen français que la Confédération a un budget équilibré bien que les 2 grandes banques ne paient plus d’impôt depuis 2008 et la crise des subprimes. Et lorsque les journalistes évoquent le rejet, par le peuple, de certains objets pour améliorer les prestations sociales, ce n’est que pour mieux se moquer et il ne leur vient jamais à l’idée que si notre pays est globalement riche, c’est parce que nous sommes prêts à travailler d’abord et avons une approche très raisonnable et équilibrée des relations au sein de l’entreprise.

Dans ce pays dont les journalistes économiques et politiques ont une attitude si équivoque vis-à-vis de l’Allemagne et ses succès économiques, on en arrive facilement à la conclusion que ce pays obtient ses succès au détriment de ses partenaires européens.

Quant à la Suisse, n’en parlons surtout pas. Et pourtant, si l’Allemagne obtient ses succès économiques à cause d’un dumping salarial, que dire de la Suisse ? C’est probablement le pays du monde dont le coût du travail est le plus élevé au monde, dont la monnaie est en réévaluation quasi permanente (il suffit de regarder les cours des principales devises vis-à-vis du CHF depuis 40 ans) et pourtant nos entreprises survivent et prospèrent dans un environnement extraordinairement difficile. Depuis l’ouverture des frontières, des centaines de milliers d’Européens (chaque année nous sommes obligés de construire une ville de la taille de Lucerne) sont venus tenter leur chance ici. Ce qui a encore amélioré la productivité et permis l’expansion économique de notre pays.

Et que se passe-t-il pendant ce temps chez nos voisins ? Le chômage augmente et augmente encore. Et la catastrophe finale n’est évitée que grâce à des plans emplois pour les jeunes. Dans ce pays, il ne fait pas bon avoir moins de 27-28 ans et plus de 50 ans. Et il y a longtemps qu’ils «bénéficient» de la retraite à 60 ans et des 35h. Il n’y a bientôt plus qu’un noyau d’actifs devant soutenir un nombre de plus en plus important d’inactifs de toute catégorie. C’est effrayant. Quid d’une réflexion en profondeur sur les institutions ? Quid d’une remise en question de ces vieilles certitudes qui mènent ce pays à son déclin inexorable ?

Et dans un domaine plus léger, on retrouve cette même jalousie de certains journalistes, sportifs cette fois-ci, vis-à-vis des succès de notre pays. Impensable pour ces journalistes bon teint d’admettre et de reporter que nos sportifs obtiennent des succès. Ce qui pour d’autres donnerait lieu à une information méritant un développement est susurré du bout des lèvres lorsqu’il s’agit d’un sportif suisse. On l’a encore vu très récemment avec la fabuleuse, et méritée, victoire de Stan à Melbourne et la pauvreté avec laquelle celle-ci a été évoquée sur les ondes de cette radio, alors qu'une victoire dans un tournoi du grand Chelem est un événement sportif considérable. Lamentable.

La France est malade de sa croyance en la toute-puissance du Père, ce monarque dont ils ont fait rouler la tête dans la sciure mais pas dans leur cœur et dans leur tête. C’est un pays dont trop de citoyens et ce qui est plus grave, la vaste majorité des journalistes hypnotisés par la lumière du pouvoir, sont encore infantilisés par cette croyance absurde en l’omnipotence d’un seul homme. Et tant que les français n’auront pas fait une nouvelle révolution, des esprits cette fois-ci, ils resteront ces citoyens immatures, incapables de prendre leur destin en mains et attendant tout de la figure tutélaire, nommée tous les 5 ans avec les «pleins» pouvoirs (ce qui ne veut plus dire grand-chose aujourd’hui).

L’élite politique française aurait grand intérêt à étudier les institutions et le tissu économique de notre pays au lieu de se complaire dans ses certitudes qui ne racontent rien, n’expliquent rien et ne font que la priver d’une plus salutaire grille de lecture.

11/11/2013

11 novembre: qu'avons-nous appris ?

En cette journée du 11 novembre commémorant la fin de la 1ère guerre mondiale, je me demande ce que cela représente encore aujourd’hui.

Certes nous repensons avec émotion aux malheurs générés et cherchons à comprendre ce qui a poussé les Nations et les peuples à se jeter les uns contre les autres. Alors loin de moi l’idée de minimiser les souffrances et les horreurs vécues par les hommes et les femmes de ce temps-là mais malgré la répétition annuelle de ce devoir de mémoire, qu’avons-nous appris collectivement ?

Avons-nous appris la justice sociale ?

Avons-nous appris à lutter contre les ferments de la guerre ?

La réponse à ces deux questions est non ! Certes, nous avons créé des institutions pour éviter les dérives abominables qui ont été le moteur de la deuxième guerre mondiale. Mais nous n’avons pas su et encore moins voulu lutter contre les profonds déséquilibres sociaux vécus sur toute la surface de notre Planète.

Aujourd’hui, après la parenthèse miraculeusement obtenue (en Occident) sous la pression et les menaces du communisme mondial et des forces du Pacte de Varsovie, nous vivons à nouveau dans une Société en guerre :

  • Une guerre civile déguisée des ultra-riches contre la classe moyenne et les pauvres
  • Une guerre des nations riches contre les nations pauvres
  • Une guerre des grands Etats contre les petits.

Nous n’avons visiblement rien appris et si toutes ces commémorations font de très jolies cérémonies et servent à refaire, l’espace de quelques heures, une certaine unité nationale, cela ne contribue en rien à modifier l’égoïsme atavique et pathologique de quelques-uns contre le plus grand nombre. Et c’est là que se trouvent les véritables ferments de la guerre.

Aujourd’hui des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes à travers le monde sont réduits CHAQUE JOUR à l’esclavage ou meurent de faim et/ou de maladies liées à la malnutrition.

Même en Occident, tous les jours des familles sont jetées à la rue car elles ne peuvent plus assumer leurs charges qui augmentent chaque jour. Tout cela ne profite qu’aux ultra-riches qui sont de plus en plus riches (par le principe des vases communicants et grâce à l'exercice du pouvoir à leurs seuls profits) et de plus en plus déphasés avec la réalité du plus grand nombre.

Ces commémorations me laissent un goût amer quand je pense avec quelle insouciance nous passons les morts des guerres économiques actuelles (et passées) par pertes et profits.

23/10/2013

Faut-il désespérer de la démocratie (2) ?

Dans un premier billet sur ce sujet (voir "Faut-il désespérer de la démocratie ?"), je montrais le danger, mortel à mon sens, qui guette nos démocraties, empêtrées qu’elles sont dans un dilemme cornélien puisqu’elles doivent choisir entre le respect des droits de l’homme et les dérives liées à une perte inquiétante de boussole pour guider l’action publique. 

L’affaire Leonarda comme il faut bien l’appeler a, depuis mon premier billet, déployé tous ses effets délétères en France. On a vu un ministre rentrer en urgence d’un voyage officiel. L’opposition mettre de l’huile sur le feu. Des lycéens dans la rue réclamant des mesures pour modifier une situation à laquelle ils ne comprennent rien. Un président se ridiculiser en proposant une absurdité. C’est grave et c’est pathétique à la fois. Comment une gamine de 15 ans, menteuse et arrogante (au vu de certaines de ses déclarations) et un père manipulateur peuvent-ils faire vaciller les institutions d’un Etat jusqu’à son sommet ? 

Nos pays ont passé en une génération, d’une vision patriarcale du Monde à une vision post-soixante-huitarde. Nous avons perdu nos repères car nous avons confondu (abus de) pouvoir et autorité. Non, personne ne souhaite retourner à une époque où l’homme (au niveau de la Société) et le père (au niveau de la cellule familiale) avaient tout pouvoir. Il est bon que ces abus aient été remis en question et que tous les membres de la Société et de la famille aient eu accès à l’information, à l’autonomie, à la liberté d’action et d’expression. Mais comme souvent dans une révolution le balancier est allé trop loin dans la direction opposée et aujourd’hui plus personne n’ose exercer l’autorité sous peine d’être vu comme un fasciste en puissance. 

Cette vision est pernicieuse car elle prive nos Sociétés de l’exercice éclairé de l’autorité dont elles ont un urgent besoin. Gouverner c’est prévoir dit-on. Mais c’est également prendre des décisions. Et c’est là que nous sommes devenus faibles. Plus personne n’ose se profiler et prendre des décisions qui pourraient sembler impopulaires, même si elles sont indispensables. Et nous préférons continuer dans un consensus mou avec une autorité de plus en plus affaiblie et des promesses rarement tenues. 

L’autre exemple que je prenais était les systèmes pénitentiaire et judiciaire en Suisse. Là aussi la remise en question sera longue et douloureuse face à la démission de nos autorités à tous les échelons de décision comme on l’a vu dans la tragique affaire Adeline. 

Dans les deux cas, nous avons peut-être en place des personnes qualifiées pour le poste qu’elles occupent, mais qualification ne veut pas dire compétence et encore moins courage. Et des personnes qui n’osent ou ne savent pas exercer l’autorité inhérente à leur fonction doivent avoir le courage de démissionner ou être démissionnées. 

Et puis il y a un autre acteur qui joue un rôle trop souvent pernicieux dans ces débats de Société : l’Eglise. Nos Eglises chrétiennes qui systématiquement veulent tendre l’autre joue et trop souvent n’ont retenu du message du Christ que celui de la charité envers le prochain : « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites » (Evangile de Matthieu). Et toute l’Eglise de croire qu’il faut « singer » le Christ pour voir très égoïstement s’entrouvrir les portes du Ciel. Mais un singe à qui on a appris à jouer du saxophone n’est pas un musicien pour autant. 

Et nos Eglises oublient un autre message du Christ au moins aussi important. Il était un guerrier, un combattant. Lorsqu’il a chassé les marchands du Temple, c’était à coups de triques et pas avec des génuflexions. L’Amour peut prendre des apparences dures, voire violentes, lorsque les circonstances l’exigent. Il a dit également « Je suis venu séparer le bon grain de l’ivraie » (Evangile de Matthieu). Et plus loin, également dans le même Evangile (10.34.35 et 36): « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. ».

Cet aspect du Christ est quasiment systématiquement occulté dans le message de l’Eglise, au moins sur la place publique, car personne ne le comprend ou personne n’ose assumer ce qu’il représente. 

Ce qu’il nous dit en substance et qui devrait être appliqué au fonctionnement de nos Sociétés, c’est que contrairement à ce que l’on veut croire de nos jours, tout n’est pas égal à tout. Que gouverner c’est trancher. Que nous n’avons tout simplement pas le droit de continuer de faire n’importe quoi comme nous le faisons de plus en plus. Qu’il faut exercer sa Conscience la plus élevée afin de déterminer les règles de fonctionnement de nos Sociétés. Que le Pouvoir reposait sur un accaparement inique de la force mais que l’Autorité s’exerce sur les prémisses de la plus haute Conscience à laquelle une Société puisse parvenir. Et que cette Conscience est très éloignée aussi bien de la mièvrerie pathétique à laquelle nous assistons que de la soumission aux seules forces de l’argent-roi.

18/10/2013

Faut-il désespérer de la démocratie ?

Tout le monde s’accorde pour dire que la vie politique de nos démocraties est de plus en plus polarisée. On vient d’en voir un exemple édifiant aux Etats-Unis où la branche des extrémistes du Parti républicain a failli faire sombrer le pays dans le chaos (et le reste du monde avec) au seul motif de la haine qu’ils portent aux pauvres (refus d'une assurance maladie pour 40 millions d'américains pauvres) et à leur refus de toute augmentation d’impôts à l’égard des plus riches d’entre les riches.

Nous vivons cet antagonisme dans tous nos pays et sur tous les sujets, au point que nous ne parvenons quasiment plus à prendre de décisions.

Parmi les autres débats où la polarisation est extrême on trouve bien sûr celui de l’immigration et celui de la sécurité. Qui vont de pair dans l’esprit de nombreuses personnes. Là aussi les camps semblent irréconciliables : d’un côté nous avons ceux qui brandissent des idées chocs, simples voire simplistes et qui ne seront probablement pour la plupart jamais mises à l’épreuve de la réalité. Et de l’autre nous avons les idées prônées par ceux qui se considèrent comme porteurs de hautes valeurs morales, héritiers du siècle des Lumières ou de la Révolution française et qui aiment tant manier les idées alambiquées qu’ils en arrivent à ne plus savoir ce qu’ils souhaitent vraiment et sont en tous les cas incapables de prendre une décision.

Et les années passent dans ce face à face stérile alors que les peuples souffrent et souhaitent des décisions hardies, aptes à les rassurer. Et tous les jours apportent de nouveaux exemples de ce face à face stérile, de ces joutes verbales entre sourds, de ces anathèmes jetés à la face des uns ou des autres.

Ce qui s’est passé à Lampedusa est tragique. Personne ne pourra dire le contraire. Et nous avons assisté à toutes les gesticulations habituelles de nos politiques. On se fend de communiqués la main sur le cœur, on convoque un sommet européen, on dit « plus jamais ça » et puis… Personne en Europe n’a les idées, les structures   et encore moins les moyens de mettre un terme à cette tragédie chaque jour renouvelée. Les injustices et les inégalités sont si colossales à la surface de cette planète que les migrations sont un fait, une réalité qui dure depuis longtemps et qui est appelée à durer encore très longtemps. Et il faudra plus que des belles paroles pour changer le cours de l’histoire. En face, nous avons ceux qui souhaitent ériger des murs pour protéger l’Europe d’une invasion de ce qu’ils considèrent comme des peuples n’ayant pas leur place en Europe. Ils n’ont pas plus de moyens de parvenir à leurs fins que les premiers cités. Nos Sociétés ont érigé des systèmes qui sont censés protéger nos démocraties des dérives abominables connues dans les années 30.

L’affaire de cette Kosovare renvoyée de France avec sa famille a attiré l’attention des médias. Tous les défenseurs des droits de l’homme sont montés au front, y compris à l’intérieur du gouvernement dont le ministre de l’Intérieur a soutenu cette expulsion. Après la première émotion (on ne devrait pas faire de politique sur le coup de l'émotion) passée, on apprend que le père a menti aux autorités françaises sur les origines de sa famille, qu’il a volé, que depuis plus de 4 ans qu’ils sont en France ils n’ont pas travaillé un seul jour mais vécu de l’aide sociale. Arrivés au Kosovo, la jeune fille interrogée par Radio France a menti également (mais n’est-elle pas à bonne école) en prétendant qu’ils dormaient sur des bancs alors qu’un appartement avait été mis à leur disposition par les Autorités locales. Cela me rappelle cette famille en Suisse, les D, dont on apprenait en 2004 que le père et la mère, en Suisse depuis respectivement 10 et 12 ans, n’avaient pas travaillé un seul jour et avaient touché 420'000 CHF d’aides sociales diverses.

Les dérives dans les systèmes pénitentiaire et judiciaire en Suisse ont largement défrayé la chronique et là aussi la vérité semble plus trouble que ce que les uns et les autres prétendent. Là aussi le débat est bloqué. Et pourtant il est urgent d’agir. Des décisions courageuses doivent être prises pour qu’un drame comme celui d’Adeline ne puisse plus se produire.

Mais que dire et que penser d’une Société qui tolère de tels abus ? Que penser d’une Société où il vaut mieux être réfugié que chômeur, même après une longue vie professionnelle ? Que penser d’une Société où il vaut mieux être un criminel plus ou moins en puissance (voire même multi-récidiviste), sur qui la Société va déverser tous ses bienfaits (appartement gratuit, allocation mensuelle permettant de ne pas travailler, coach particulier, cours de ceci ou cela, payés par le contribuable, etc..) que d’être un/une retraité(e) ayant travaillé honnêtement toute sa vie mais n’ayant bénéficié que d’un petit salaire (combien de retraités suisses touchent plus de 20'000 CHF par mois de la part de l’Etat comme le malheureusement fameux Carlos à Zürich ?).

L’incapacité des uns à prendre des décisions basées sur la justice sociale et le bon sens, crée des tensions de plus en plus insupportables dans nos Sociétés. Ces situations vues comme injustes par tous ceux qui sont broyés par un système économique aveugle et brutal encouragent l’illusion de recourir aux idées simples pour les résoudre et font le lit des « populistes » de tous poils.

Alors faut-il désespérer de la démocratie ? Oui, si nous continuons ainsi. Si nos classes politiques continuent ce dialogue de sourds, continuent de refuser de prendre des décisions courageuses en se perdant dans les méandres de la dialectique stérile et de la rhétorique gratuite, l’œil rivé aux sondages d’opinion, alors nous pouvons craindre le pire. A force de ce qu'il faut bien appeler lâcheté, ils apporteront le pouvoir sur un plateau d’argent à ceux qu’ils dénoncent.    

Dieu, ou notre supposée "supériorité morale", nous préservent de devoir revivre cela en Europe !

04/07/2013

L'UE: encore et toujours un conglomérat de couards

La "grande" Europe, celle qui fait payer sa défense par les Etats-Unis et qui essaye de nous tordre le bras dans tous les sens pour essayer de détourner une part de l'insolente prospérité helvétique à son profit, vient une fois de plus de démontrer son absence de courage politique.

Le jour où M. Snowden a dit tout haut ce que tout le monde savait déjà depuis 2004 au moins, on a entendu de partout des clameurs menaçant les Etats-Unis de représailles diverses et variées et notamment de suspendre les pourparlers sur les accords de libre-échange. Il aura fallu moins d'une semaine pour que les Européens oublient tout et reviennent à de meilleurs sentiments.

Et hier, la France qui aime tant nous donner des coups de bâton du haut de sa grandeur et de son rang de membre du couple moteur de l'Europe  (mais pour aller où ?), a battu un record du monde de vitesse dans le baisser de culotte vis-à-vis de ces mêmes Etats-Unis. Le grand pays souverain a fermé son espace aérien à l'avion présidentiel du président bolivien au motif que M. Snowden pourrait être à bord. Tout cela pour que le Ministre des affaires étrangères s'excuse platement à la fin de la journée.

La France a toujours eu une diplomatie marquée par sa lâcheté. Il suffit de repenser à ce qui s'est passé à l'époque du premier choc pétrolier provoqué par la guerre du Kippour, lorsque la Hollande avait pris fermement le parti d'Israël alors que la France allait faire des courbettes à toutes les monarchies pétrolières pour garantir ses approvisionnements. Et ne remontons pas plus loin pour ne pas ranimer de tristes souvenirs.

Il en va dans le monde comme dans la cour de récréation de toutes les écoles du monde: le plus grand tape sur celui qui est moins fort que lui et celui-ci cherche à se venger sur un plus faible que lui et ainsi de suite.

La Suisse a le "privilège" d'être à la fois un des plus petits états de la planète et un de ceux qui détient le plus de génie industriel et financier. Des groupes comme Nestlé, ABB, Novartis, Roche, UBS, Crédit suisse, etc…  sont des géants à la taille planétaire que même des états comme les Etats-Unis peuvent nous envier. Le fait que nous soyons un nain politique, démographique et militaire nous rend la tâche difficile en ces temps excessivement troublés.

Et il semble que personne, en Suisse, ne sache encore comment utiliser nos forces pour masquer nos faiblesses. Ce ne sera en tous les cas pas en rejoignant un club de couards.

12/06/2013

L'inflexible

C'est le titre de la biographie consacrée à Mme Widmer-Schlumpf publiée en 2011.

Elle est peut-être "inflexible" à l'intérieur de nos frontières nationales  et face à nos parlementaires mais force est de constater que dans les négociations avec les gouvernements étrangers on cherche vainement où se trouve cette qualité. Pour l'instant on a plutôt le sentiment d'une reculade  systématique. La meilleure preuve étant justement que l'on se trouve aujourd’hui avec un Parlement qui doit accepter un arrêté urgent en ne connaissant pas les termes de l'accord et en n’ayant aucune garantie que cela va véritablement régler le problème d'une façon définitive.

La seule garantie, apparemment, est cette petite phrase de la Ministre: "les Etats-Unis [sauront] se montrer «fair-play» si les banques suisses collaborent". Je ne sais pas si cette "petite phrase" vous rassure, mais pour moi c'est le signe même de la mauvaise qualité de cet accord et qu'il ne résout rien. Et quant à croire au fair-play des Etats-Unis, cela montre que la dame inflexible est encore occupée à jouer avec ses poupées en attendant le Père Noël. Pathétique. Autant jouer à la roulette russe avec 6 balles dans le chargeur.

Mme Widmer-Schlumpf n'est tout simplement pas à la hauteur de la situation. Il est urgent de changer de Ministre pour mener à bien ces négociations.  Mais qui dans le Collège actuel ferait mieux qu'elle ?

La seule personne qui semble garder la tête sur les épaules en amenant des arguments étayés (et pas des grand principes plus ou moins fumeux) et des propositions est M. Thomas Minder. Premièrement, il a rappelé que «En Suisse, c’est toujours le droit suisse qui s’applique jusqu’à preuve du contraire.» Deuxièmement  il a parlé d’échec d’une négociation et a interrogé ses collègues sénateurs: «Pensez-vous réellement que les poursuites contre les banques suisses cesseront avec cet accord unilatéral?» Ce qui est d'une évidence éclatante et seuls les naïfs du pays de Heidi pourraient croire à un tel conte de fée.

Si le Parlement accepte ce texte, ce sera la porte ouverte à tous les chantages, non seulement de la part des Etats-Unis mais l'UE va s'engouffrer dans la brèche béante et nous soumettra à tous ses diktats. Finalement Le sénateur schaffhousois, tout en en profitant pour mettre en accusation les agissements des banques suisses a  [...exigé un accord d’état à état, seule manière qui permettrait de sécuriser la place bancaire suisse]. C'est effectivement le seul chemin viable à long terme. Cet "accord" doit être jeté aux orties et les deux pays doivent négocier un accord global qui certes punira la place financière suisse pour ses agissements du passé mais garantira également une remise à zéro des compteurs.

Charge au secteur bancaire de changer ses pratiques.

10/06/2013

Un plébiscite ambigu sur l'asile ?

C'est le titre de l'éditorial de M. Pierre Ruetschi dans la TDG de ce jour. Outre qu'il est assez piquant d'oser qualifier "d'ambigu" un résultat positif à plus de 78% (78,5), c'est tout simplement faux. La seule chose qui soit ambiguë dans tout cela, c'est l'éditorial lui-même. Reprenons quelques-uns des propos de M. Ruetschi (dont j'apprécie souvent les éditoriaux par ailleurs)…

[…Le vert du vote sur l'asile pâlit sensiblement en passant sur la Suisse romande…]. Certes les scores sont légèrement inférieurs à la moyenne nationale, mais même les 61% d'acceptation à Genève restent impressionnants et un message absolument limpide.

Plus loin on peut lire: [Cela ne fait aucun doute, une partie des Suisses a voté les yeux bandés, sans s'intéresser au détail des mesures, selon un réflexe de crainte et de repli…]. Magnifique. C'est le cliché habituel de l'élite bien-pensante: si vous osez vous poser des questions c'est que vous avez peur de l'autre, de l'étranger en particulier, que vous êtes xénophobe, voire raciste. Et les vraies dérives qui s'offrent tous les jours à la vue des citoyens de ce pays sont systématiquement occultées.

Plus loin encore, après avoir pris le peuple suisse pour un ramassis de crétins, l'éditorialiste nous dit: […Osons croire qu'une bonne frange des votants a compris l'esprit qui a animé Simonetta Sommaruga pour entreprendre d'urgence cette réforme.] Ouf, nous voilà rassurés, nous ne sommes pas tous pris pour des flans.

Il rappelle ensuite que: […le cœur même des mesures proposées par la conseillère fédérale [est] une puissante accélération du processus de traitement des dossiers. Sa lenteur actuelle renvoie les requérants dans la rue et exacerbe les tensions. Les Suisses se sentent menacés par une population désoeuvrée et marginalement criminelle tandis que les requérants sont contraints de végéter quatre ans ou plus pour connaître leur sort]. Je crois que M. Ruetschi a parfaitement résumé l'enjeu de cette modification de la Loi et le pourquoi de son acceptation massive. Et je pense que le peuple suisse a parfaitement compris ces enjeux. Cette illumination n’est pas réservée à quelques journalistes et politiciens distingués.

Enfin je citerai encore ce paragraphe: [C'est bien cette nouvelle célérité dans le traitement qui peut changer la donne de la politique de l'asile. Et qui explique le vert sans tache de la carte du oui. Le vert de l'espoir]. Soudain, d'un seul coup d'un seul, cette votation qui était le signe de la peur, du repli et de la xénophobie latente du peuple suisse devient le message de l'espoir. Comprenne qui pourra. Je crois qu'à force de faire de l'équilibrisme entre ce qu'il pense peut-être vraiment au fond de lui et l'obligation de s'en tenir à la langue de bois habituelle sur ces question, M Ruetschi ne sait plus vraiment où il en est. D'où la confusion extrême de son éditorial.

Je pense que le peuple suisse a voté avec une grande maturité, comme il le fait dans l'écrasante majorité des cas et je dis cela volontiers, même si je ne vote pas toujours comme ladite majorité. Il a fait preuve de courage en plébiscitant les courageuses réformes entreprises par Mme Sommaruga. Et le rédacteur en chef d'un journal suisse devrait avoir cela à l'esprit en interprétant le résultat des votations. Traiter implicitement les gens d'idiots en les soupçonnant d'avoir voté "la tête dans le sac" est une insulte à l'intelligence et à la haute conscience politique de ses concitoyens.

28/04/2013

Etats-Unis: un pays ami de la Suisse ?

Depuis quelques jours, un nouveau fleuron de l’économie helvétique, Novartis en l’occurrence, subit les foudres du Département de la Justice (DoJ), au motif que le géant bâlois aurait corrompu des médecins pour les inciter à prescrire des médicaments fabriqués par eux-mêmes. L’incroyable scénario aurait consisté, asseyez-vous avant de lire ce qui suit tant c'est stupéfiant et choquant, à inviter des médecins à des congrès médicaux bidons pour mieux les amadouer.

Effectivement, n'est-ce pas, c’est remarquablement nouveau et absolument unique dans la profession. Cela ne fait pas des décennies que la « big pharma » du monde entier pratique ainsi au vu et au su de tous.

Alors qu’est-ce qui a changé ? Peut-être que parallèlement à la guerre totale menée par la place financière américaine contre la place financière suisse, « certains », comme ce procureur de New-York, Preet  Bharara, ont décidé d’ouvrir un nouveau front contre l’économie suisse.

Les ténors de l’économie suisse ne sont ni pires ni meilleurs que leurs homologues étrangers, américains y compris. Alors je dois dire que j’en ai passablement marre de voir le plus fort de la classe s’attaquer systématiquement au plus faible, sous le regard bienveillant des autres élèves (l’UE dans le cas présent) qui rient sous cape en se disant : « bien fait sale petit profiteur» (puisque les succès helvétiques ne peuvent être, à leurs yeux, que le fruit d'un sale complot et d'un concurrence forcément déloyale).

Il serait temps que les autorités helvétiques adoptent des stratégies nettement plus agressives pour tenter d’affaiblir ceux qui « nous » attaquent depuis si longtemps, en profitant d’une impunité totale. Le monde est de plus en plus hostile. La Suisse n’a plus d’amis, que des compétiteurs dont l’agressivité augmente au fur et à mesure de leur impuissance à remettre leur propre maison en ordre. Nos politiciens devraient cesser de jouer à « la gentille Heidi dans ses montagnes ».

Pourquoi ne pas utiliser contre ces politiciens américains les méthodes qui sont les leurs ? Devenir des experts des arts martiaux qui utilisent la propre force de l’adversaire pour mieux le terrasser ? Ceux qui attaquent la Suisse doivent bien avoir leur « zone d’ombre » (c’est à la mode en ce moment). Encore faudrait-il la rechercher pour avoir une chance de s’en servir intelligemment et avec à-propos.  

03/04/2013

Les élus plombent le budget 2014 (et suivants)

Lors de la dernière session de mars des Chambres fédérales, nos élus du National ont proposé, dans une première étape, d’alléger le droit de timbre de près de 300 millions de francs.

Comme d’habitude, les élus ne voient que le côté lumineux de la mesure: augmenter l’attractivité fiscale de la Suisse !

La réalité est souvent beaucoup plus prosaïque: cela n’apportera très probablement aucune amélioration aux conditions de vie de l’immense majorité de la population suisse et au contraire constituera un nouvel épisode de ce transfert de richesse entre les happy few  et la classe moyenne qui sera appelée à compenser la perte de revenus d’une façon ou d’une autre. Est-ce que cela se fera par une baisse des subventions fédérales à l’assurance maladie ou aux assurances sociales, par une augmentation du prix des transports ou par tout autre tour de passe-passe ? Cela n’est pas connu formellement à ce stade, mais aura lieu. C’est la seule certitude.

Et réjouissons-nous, ce n’est que la première étape de la suppression du droit de timbre. La suivante, la suppression du « droit de négociation » va amputer le budget fédéral de près de 2 milliards. Un nouveau cadeau royal qui viendra s’ajouter à tous ceux déjà accordés depuis 30 ans et la venue au pouvoir, dans tous nos Etats, de la droite dite « décomplexée ».

Le peuple suisse, en plébiscitant l’Initiative de l’entrepreneur Thomas Minder, vient pourtant de clamer haut et fort qu’il en a assez de certains abus. La réponse du National est une forme de mépris à l’égard du peuple suisse. Et une nouvelle manifestation de cet autisme politique et social qui conduit lentement mais sûrement nos pays occidentaux à la faillite.