02/07/2017

Trumpcare : cette haine vous rappelle-t-elle quelque chose ?

Rendons justice à Trump en renommant ce projet autrement car son incompétence est telle qu’il n’a absolument aucune part dans les différentes tentatives de réécriture de la loi concoctées par différents leaders du parti républicain. Avec sa capacité de concentration digne d’un poisson rouge et le temps qu’il passe à regarder la télévision, à jouer au golfe et à tweeter des tombereaux d’insanités tout se passe dans d’autres officines que les bureaux de la Maison-Blanche.

De janvier 1940 à août 1941 les nazis ont mené une campagne systématique d’extermination des handicapés physiques et mentaux. Appelée Aktion T4, elle a été accomplie avec détermination par tout un appareil d’Etat. A partir du moment où le programme a été découvert des milliers de citoyens ont protesté avec un courage exemplaire face à l’ignoble appareil répressif du régime. Ces protestations contribuèrent à son arrêt officiel mais il y eut entretemps 70'000 à 80'000 victimes. Et même si l'Aktion T4 cessa officiellement en août 1941, l'extermination des handicapés se poursuivit tout au long de la Seconde Guerre mondiale et jeta les bases de la solution finale.

En 2017, de nombreux élus du parti républicain sont décidés à priver des millions d’américains de soins médicaux. Selon le CBO (en français, le bureau du Budget du Congrès américain, pourtant dirigé par un républicain) le projet laissera plus d’américains sans couverture médicale qu’avant l’introduction d’Obamacare. Les analyses prévoient que les pauvres devront payer beaucoup plus pour une moins bonne couverture et les personnes âgées à faibles revenus seront particulièrement impactées. Et, ironie de l’histoire, ce sont ces millions d’américains pauvres ayant massivement voté pour Trump, en croyant à ses slogans sans substance, qui seront le plus durement impactés en perdant toute couverture. Obamacare est un système de couverture des soins médicaux mais également un moyen efficace et intelligent de diminuer les inégalités. Le plan mis sur pied en grand secret par le sénateur républicain Mitch McConnell (après celui de Paul Ryan ayant échoué en mars) est une attaque directe et massive contre les plus pauvres, ces « abandonnés de Dieu » selon certains courants évangélistes, les handicapés et les femmes. Priver de soins des millions d’américains pauvres et parmi eux de nombreux handicapés dans le seul but de donner des rabais fiscaux de près de 600 milliards de dollars aux plus riches (890 dans le plan de Paul Ryan) est un plan cynique, hypocrite, cruel, arrogant, égoïste, abject. L’hypocrisie du projet mise à part, cette haine contre certaines catégories de la population vous rappelle-t-elle quelque chose ?

20/05/2017

Etats-Unis : la démocratie bouge encore, mais…

La nomination d’un Procureur spécial par le vice-ministre de la justice des Etats-Unis prouve que le président a franchi une ligne rouge en destituant le directeur du FBI alors qu’il était soupçonné de lui avoir demandé d’arrêter l’enquête sur le très éphémère conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn. De nombreux démocrates ont demandé cette nomination, ainsi que quelques trop rares républicains, alors même que comme l’a très justement dit le 14 mars l’ancien directeur du renseignement américain, James Clapper : « Le président menace les institutions [démocratiques] de l’intérieur ».

Il aura fallu cela ! Et pourtant Trump n’a pas été avare de sa personne pour se discréditer depuis qu’il s’est présenté comme candidat à l’élection. Il a utilisé toutes les ficelles du populisme le plus pestilentiel pour gagner l’investiture du parti républicain, utilisant systématiquement les attaques personnelles infondées, outrancières, absurdes, mensongères pour galvaniser les foules :

  • Hillary Clinton était systématiquement appelée « Hillary la véreuse » (« Croocked Hillary »)
  • « Obama a créé Daesh »
  • « Le gouverneur du Texas devrait passer un test de QI »
  • Le père de Ted Cruz (un de ses opposants pendant la primaire) « a été impliqué dans l’assassinat de Kennedy »
  • Et récemment, après avoir licencié James Comey, il l’a accusé de ne pas savoir gérer son agence (« Le FBI est dans la tourmente ») et que James Comey était un « frimeur » et un « fou »

Il utilise systématiquement tous les subterfuges typiques des populistes et des dictateurs en devenir :

  • Se présenter comme l’homme providentiel, seul capable de régler tous les problèmes du pays (selon lui, les plus graves problèmes du siècle sont faciles (« easy ») à résoudre)
  • Dire exactement ce que sa base la plus désespérée veut entendre. Même si par ses actes, depuis qu’il est élu, il fait exactement le contraire (c’est malheureusement un travers partagé par beaucoup de politiciens même moins caricaturaux)
  • Utiliser des phrases-chocs courtes, qui s’impriment facilement et les répéter en boucle jusqu’à mettre ses supporters dans une sorte de transe qui va leur faire perdre leurs capacités de jugement (« L'Amérique d'abord », « Enfermez-la ! (en parlant de Hillary) », « Construisons le mur ! », « Vous allez être tellement gagnants » , «  Tellement facile », « Le premier jour nous allons abolir et remplacer Obamacare », etc..)
  • Lors de ses meetings, il aimait exciter la foule et son service d’ordre afin d’expulser tous ceux qui pouvaient présenter des signes d’indépendance d’esprit
  • Il s’est entouré d’un aéropage de fidèles porte-parole qui sont prêts à dire littéralement n’importe quoi afin de défendre leur chef (Sean Spicer qui devrait bientôt craquer car je crois que c’est au fond un type bien même s’il se sera sali trop longtemps au contact de ce président indigne, Kellyane Conway qui ne craquera jamais car elle vit des mêmes délires que son patron, le sinistre nazillon Stephen Miller qui au lendemain du premier blocage d’un décret anti-immigration de Trump a dit sur tous les médias avec un air sinistre qui a dû faire frémir tous ceux qui ont l’âge de se rappeler des années 30 : « Les pouvoirs du Président sont immenses et son autorité ne sera pas remise en question »).

Il n’hésite pas à licencier ceux qui pourraient le gêner :

  • Sally Yates, la Ministre de la justice par intérim, après qu'elle ait prévenu par deux fois que Michael Flynn était compromis
  • En mars, il a licencié 46 juges fédéraux, dont Preet Bharara, juge du district sud de New-York, qui inclut le siège de l’empire Trump et est en même temps le juge le plus important dans la lutte contre le blanchiment d’argent puisque c’est à Wall Street (Manhattan) que se trouve le siège des grandes banques. Et il était justement en train d’enquêter sur les liens entre Trump et les oligarques russes liés à Poutine
  • Le directeur du FBI

Et puis il admire tellement les dictateurs :

  • Poutine
  • Erdogan: il est le seul dirigeant occidental à lui avoir téléphoné pour le féliciter après son hold-up antidémocratique (au soir du référendum)
  • Kim Jong-un: Il a dit qu’il serait « honoré de [le] rencontrer » (le 1er mai)
  • Duterte: Il a invité le Président psychopathe des Philippines à la Maison-Blanche (le 30 avril).

La démocratie étasunienne va vivre une année 2017 particulièrement cruciale. Elle est confrontée à un président qui démontre jour après jour un mépris congénital pour les Lois de son pays :

  • Il ne paye pas ses impôts et en est fier
  • Il refuse de montrer sa déclaration d’impôts
  • Il continue de diriger son empire même s’il a créé un simulacre de « blind trust » au profit de ses fils (et surtout de lui-même)
  • Il a institutionnalisé le népotisme,
  • etc..

De plus il n’hésite pas à confirmer lui-même, qu’il a fait obstruction à la justice en licenciant le directeur du FBI. Jamais un Président n’a eu le courage ou la folie d’admettre un tel crime. Donc soit il est totalement fou, soit il pense que grâce à sa base qui lui reste fidèle il pourra surmonter tous les obstacles (n’a-t-il pas dit pendant la campagne « Je pourrais tuer quelqu’un sur là 5ème Avenue [de New-York] et je ne perdrais pas de votants »). Aucun président ne devrait pouvoir résister à cela et l’impeachment devrait être au bout de cette procédure. La démocratie américaine bouge encore, mais le fait que le vice-président, celui qui a relayé et étayé tous les mensonges de son maître, succède à Trump n’est qu’à moitié rassurant.

13/05/2017

Etats-Unis : autopsie du naufrage républicain

Le parti républicain qui cristallise en son sein les pires ferments de haine de la société américaine a une très lourde responsabilité historique. Ne serait-ce que pour avoir orchestré le vol des élections de l’an 2000 au profit de Bush jr, avec toutes les conséquences apocalyptiques que cela a entraîné. Pendant les 8 années de la Présidence Obama, il a aiguisé sa haine et sa rancœur et s’est aligné derrière Trump, le candidat devenu président qui montre son mépris total des Lois et sa volonté de faire entrer son pays dans son monde alternatif fait de mensonges, de brutalité, d’intimidation, de corruption, de népotisme et d’incompétence. Et le parti républicain non seulement se tait mais continue de le soutenir.

Pendant la dernière année de sa Présidence, le parti républicain a empêché Obama de nommer un juge à la Cour suprême au prétexte que dans la dernière année de son mandat un Président n’est plus légitime. Puis lorsque les démocrates ont tenté d’empêcher la nomination d’un juge ultra-conservateur, les républicains du Sénat, le 6 avril, ont changé les règles de nomination. Il suffit désormais de la majorité simple (51 voix sur 100) au lieu de la majorité qualifiée (60 voix sur 100) pour élire un juge. C’était « l’option nucléaire », terme qui exprime bien la gravité de ce changement sur l’équilibre des pouvoirs aux Etats-Unis.

La saga sur l’Obamacare est du même tonneau. Après avoir lamentablement échoué une première fois à l’annuler, Trump, avec la complicité active de son parti, a réussi à faire passer quelque chose. Une loi inique (883 milliards de dollars de rabais fiscaux pour les ultras-riches, ce qui va faire perdre leur couverture maladie à des millions d’Américains, alors que pendant la campagne il avait promis de faire une loi couvrant plus de citoyens pour une fraction du coût) que même les représentants républicains n’avaient pas lu. Il fallait sauver la face, faire passer n’importe quoi. Même la liste des courses au supermarché du coin aurait eu les faveurs du parti républicain tant la panique était en train de les gagner.

Cette semaine Trump s’est attaqué au directeur du FBI. Sombre histoire que celle-ci. Après s’être peut-être fait manipuler pour qu’il rouvre l’enquête sur les e-mails d’Hillary Clinton 10 jours avant les élections (ce qui lui a sans doute fait perdre celles-ci) et de la refermer quelques jours plus tard (le 6 novembre) car le FBI n’avait rien trouvé de nouveau, il s’est attaqué à l’enquête sur les liens entre l’équipe de campagne de Trump et la Russie. Si Trump ne pouvait que le remercier d’avoir contribué à le faire élire, il était en rage de le voir s’approcher d’un peu trop près dans son enquête sur ce que l’on commence aux Etats-Unis à appeler le « Kremlingate ». Alors cette semaine il a fait venir le vice-ministre de la justice (le ministre avait dû se récuser dans toute affaire touchant à la Russie après avoir menti sur ses propres contacts russes) pour qu’il lui écrive une note justifiant le licenciement de James Comey pour incompétence, entre autres dans « la gestion des e-mails d’Hillary Clinton » (sic). Puis il l’a licencié en arguant du fait que la demande venait du patron du Directeur du FBI. Ensuite la machine de propagande s’est emparée de ce narratif et l’on a pu voir les différents porte-parole et le vice-président colporter cette salade dans les différents médias. Mais cela a dû faire de l’ombre à l’ego de Trump. Alors il n’a pu s’empêcher d’aller dire autre chose sur un autre média : « Indépendamment du rapport [établi par le vice-ministre de la justice] j’allais de toute façon licencier Comey ». Puis il l’a menacé ouvertement dans un tweet vendredi matin : «James Comey ferait bien d'espérer qu'il n'existe pas d' enregistrements de nos conversations avant qu'il ne commence à faire des révélations à la presse!» Ce qui ressemble furieusement à une tentative d’intimidation de témoin. Et le parti républicain non seulement se tait mais continue de le soutenir activement. De toutes ses forces.

Ce qui est très inquiétant dans ce qui se passe est que, visiblement, et comme je le craignais déjà dans ma note du 10 novembre, il n’y a plus de contre-pouvoir aux Etats-Unis ( « Trump: la responsabilité historique de nos élites »). Trump peut dire n’importe quoi, tweeter des absurdités en cascades, promouvoir des Lois iniques, licencier des Directeurs d’Agences fédérales, menacer ceux qui pourraient parler de ses liens avec la Russie, faire dire tout et n’importe quoi à ses porte-parole avant de les contredire lui-même 5 minutes plus tard, engager ses proches sans mandat en leur permettant ainsi d’avoir accès à des informations ultra confidentielles, violer toutes les Lois d’éthique et de bonne gouvernance, se comporter en apprenti dictateur, les Républicains continuent de faire corps derrière lui. Et à part les humoristes et les journalistes qui ont encore un cerveau il ne reste rien de l’équilibre des pouvoirs dans la démocratie américaine qui ne sera bientôt plus qu’un souvenir. Tout cela grâce à la dérive du parti républicain qui est depuis toujours traversé par de puissantes forces d’extrême droite. Et ce qui est à noter est que la dérive de Trump vers une dictature n’est pas le fruit d’un projet politique. Il est beaucoup trop inculte et beaucoup trop stupide pour qu’on puisse lui faire ce « crédit » (si tant est que cela en ait jamais été un). Non sa dérive autoritaire n’est qu’au service de son narcissisme incommensurable.

Alors une république et un parti peuvent-ils se déshonorer pour servir l’ego d’un minus ? Quoiqu’il arrive, cette dérive qui est en marche depuis longtemps et qui culmine avec la présidence Trump sera le grand stigmate qui, espérons-le, hantera ce parti pour toujours.

30/04/2017

Trump : 100 jours, cela se fête ?

Pour un président normal, oui ! Pour lui, c’est nettement plus ambigu. Alors qu’il continue de découvrir sa fonction avec toujours la même candeur apparente (je cite de mémoire 3 de ses remarques désarmantes) :

  • « Savez-vous que l’arme nucléaire est dévastatrice » à une journaliste le lendemain de son intronisation et après avoir été briefé par les militaires responsables de l’arme nucléaire
  • « Nul ne savait à quel point l’assurance maladie était un domaine compliqué » après le premier échec de sa tentative d’abrogation de l’Obamacare
  • « Etre président des Etats-Unis c’est plus de travail que je ne l’avais imaginé », le jour de ses 100 premiers jours.

On est loin de ses vantardises pendant la campagne électorale où tout était simple : le premier jour il allait abolir et remplacer Obamacare avec un projet qui serait meilleur (inclurait plus de monde) et qui coûterait une fraction (sic) d’Obamacare (je crois que nous sommes bien placés en Suisse pour nous méfier de ce genre de propos). Et en 100 jours l’Amérique serait « great again » !

Le plus préoccupant est qu’après 100 jours, il a le plus faible taux de nomination de responsables aux postes clés de son administration de l’histoire. En tout cas récente. Ce qui veut dire que le gouvernement est littéralement paralysé faute de combattants. Et que parmi les quelques nominés, plusieurs ont déjà démissionné, ont été démissionné ou se sont rétractés. Grâce à cela et à sa totale méconnaissance du personnel politique, il est obligé de confier des tâches incroyablement difficiles et complexes à son beau-fils Jared Kushner. Qu’on en juge :

  • Amener la paix au Proche-Orient (lol)
  • Réformer le fonctionnement de la justice
  • Diriger le bureau américain de l’innovation
  • Réformer l’aide aux vétérans
  • Lutter contre les addictions (aux drogues dures)
  • Réorganiser l’ensemble du gouvernement fédéral

Tout cela alors qu’il n’a que 39 ans, aucune expérience dans un gouvernement et pourrait être rapidement poussé à la démission par l’enquête sur les liens de l’équipe Trump avec la Russie. C’est bien joli de vouloir « vider le marigot ». Encore faut-il savoir comment et de qui s’entourer.

La deuxième chose qui est préoccupante (on peine à trouver un domaine qui ne l’est pas) c’est de voir à quel point il est influençable. Lui qui se présentait comme le roi de la négociation semble se faire retourner comme une crêpe en quelques minutes de discussion et donner raison au dernier qui a parlé. Pendant la campagne, il voulait :

  • S’attaquer à la Chine afin qu’elle cesse de manipuler sa monnaie. Promesse abandonnée suite à la visite du président chinois
  • Annuler le traité commercial (NAFTA) avec le Canada et le Mexique : maintenant il veut seulement renégocier l’accord après avoir discuté quelques minutes au téléphone avec le Premier ministre canadien et le Président mexicain
  • Faire construire le mur et le faire payer par le Mexique. Il est au mieux remis aux calendes mexicaines

Il pensait également que l’OTAN était obsolète. Tout cela parce qu’il ne savait pas vraiment, selon ses propres termes, ce qu’était l’OTAN. Après quelques minutes de briefing il ne pense plus cela.

Alors qu’a-t-il fait pendant ses 100 jours, à part se vanter ? Pas grand-chose :

  • Il a signé de nombreux décrets, dangereux pour la planète ou pour nous tous (j’ai déjà cité quelques exemples dans des notes précédentes et cela ne s’arrange pas). C’est facile. Il suffit de savoir écrire son nom au bas d’une page rédigée par d’autres
  • Il a réussi à faire nommer un juge ultra-conservateur à la Cour suprême grâce à 1) l’obstruction pendant l’entier de la dernière année du double mandat d’Obama à la nomination du juge choisi par lui et 2) au changement des règles de nomination d’un juge par le Sénat après avoir rencontré des difficultés avec les sénateurs démocrates.

A part cela ? Rien !

Comme il a visiblement la capacité de concentration d’un enfant de 5 ans et son niveau de culture politique, il peine. Car être Président, cela demande du travail. Beaucoup de travail. Avec de nombreux acteurs différents, y compris hors de sa famille politique. Cette semaine il était très agité car il voulait à tout prix « montrer quelque chose » pour ses 100 jours (tout en prétendant que cette échéance ne voulait rien dire). Alors il a essayé cela :

  • Refaire passer son projet de Trumpcare. C’est la version où les Américains qui ont les moyens se désolidarisent de ceux qui ont des difficultés. C’est une constante chez les Républicains : se désolidariser des pauvres. Ils haïssent Obamacare car ce projet les oblige à un minimum de solidarité. Sa tentative a heureusement échoué une seconde fois
  • Présenté un projet de réforme des impôts. Selon tous les observateurs, une tentative pathétique de présenter quelque chose. N’importe quoi. Et c’était vraiment n’importe quoi : quelques idées rudimentaires et inexploitables, dont les cadeaux fiscaux aux ultras-riches, jetées à la hâte sur une feuille A4. Mais les Républicains n’ont-ils pas toujours été ceux qui creusent les déficits en donnant des cadeaux fiscaux aux ultras-riches et en augmentant les dépenses militaires afin d’obliger ensuite les démocrates à baisser le budget de l’Etat (ce qui se produit dans toutes nos « démocraties », Suisse comprise où la droite baisse systématiquement les impôts des plus riches avant de couper dans les budgets de l'Etat et de faire porter la charge sur la classe moyenne) ?

Finalement, la seule législation passée devant le Congrès pendant ces 100 premiers jours aura été celle qui évite pendant 7 jours (!) au gouvernement de fermer faute de financement. Sinon rien. Le Congrès n’a rien sur quoi légiférer car l’Exécutif ne lui a rien présenté. En 100 jours. C’est du jamais vu ! Et comme tous les observateurs le disent, la première année pour un président est cruciale car l’année suivante il y a les élections partielles et tous les membres du Congrès deviennent très prudents de peur de déplaire à leurs électeurs.

Alors est-ce qu’il y a de quoi fêter ? Je dirais oui, mais pour ... les opposants à Trump. Il va certes faire un maximum de dégâts avec ses décrets intempestifs, mais il n’est pas près de faire passer une Loi (beaucoup plus difficile à faire passer et à abroger qu’un décret).

Le seul domaine où il pourrait faire d’immenses dégâts c’est concernant la paix et la stabilité dans le monde. Sur le front militaire, son impulsivité peut lui permettre de prendre des décisions rapides, avec un minimum de travail, de connaissances et de réflexion et, potentiellement, un maximum de satisfaction narcissique.

Perspective effrayante !

25/03/2017

Trump : Pourquoi les Républicains continuent de le soutenir ?

Après avoir très largement perdu le vote populaire l’actuel président commence peut-être à entrevoir la réalité du pouvoir aux Etats-Unis. Je dis peut-être car son ego est si pathologiquement surdimensionné qu’il semble systématiquement incapable d’appréhender les faits dans leur réalité. En tous les cas vis-à-vis du monde extérieur. Ce qui est de plus en plus évident, c’est que les difficultés s’accumulent au-dessus de sa tête. En dépit de tous les mensonges répandus à la face du monde au travers de ses tweets et avec la complicité active de ses porte-parole (Sean Spicer, Kellyane Conway, etc…) il a maintenant à faire face à des difficultés qu’il ne semblait pas avoir envisagés pendant sa campagne où les insultes, les anathèmes et les mensonges (plus ils étaient énooooormes et plus il les répétait en boucle) lui ont servi de programme.

Si, au début, il a eu quelques succès faciles en signant des décrets iniques (j’en ai déjà cité quelques-uns dans des notes précédentes), lorsqu’il a dû s’attaquer pour la première fois au passage d’une Loi devant le Congrès, ce fut une autre paire de manches. Sept ans que les Républicains juraient que sitôt au pouvoir ils allaient « repeal and replace » Obamacare. Sept ans et au final cela a fait pschitt car leur projet était une totale absurdité : trop modéré pour les extrémistes du parti et trop extrémiste pour les modérés (pensez aux 24 millions d’américains qui auraient perdu leur couverture maladie à cause d’une augmentation des primes de près de 1000% pour les plus modestes « contrebalancée » par des rabais fiscaux de 300 milliards pour les plus riches). Une négociation sur une réforme de l’assurance maladie nécessite des efforts considérables. Ce sont des mois, voire des années de dur labeur et de compromis avec les adversaires politiques. Rien de tout cela n’a été fait car Trump, le Négociateur-en-chef, n’a visiblement aucune idée du fonctionnement des institutions politiques des Etats-Unis. Il a sans doute cru qu’en laissant faire le sale et fastidieux travail à Paul Ryan et en signant 2-3 décrets il allait enregistrer une grande victoire politique. Après l’avoir laissé pédaler dans la semoule il a, au final, essayé de tordre le bras aux élus républicains pour qu’ils votent sous la contrainte. Ce qui a lamentablement échoué. Cela démontre simplement sa totale immaturité politique et son inadéquation à ce poste. Sans parler de ses piètres qualités de négociateur.

Sur le plan politique, ses affaires sont chaque jour un peu plus difficiles. Après avoir invectivé le monde entier en traitant chaque information qui lui était défavorable de « fake news », les choses sérieuses semblent avoir commencé le jour où Michael Flynn, l’ex-conseiller à la sécurité du président, a dû démissionner. Seulement  quelques jours après son entrée en fonction. Lui et sa compagnie (la Flynn Intel Group) avaient accepté des mandats au profit d’intérêts russes et turcs (il a notamment été un ardent défenseur de l’extradition de Fethullah Gülen vers la Turquie). Dans ces 2 circonstances il a agi en tant qu’agent au service d’une puissance étrangère.

Puis ce fut le Ministre de la justice, Jeff Sessions, qui a dû se récuser dans toutes les questions touchant à l’enquête sur la Russie puisqu’il a menti sous serment concernant ses liens avec le gouvernement russe durant la campagne. Mais cela ne s’arrête pas là, car de plus en plus d’affaires remontent à la surface.

Le nouveau Ministre du commerce, Wilbur Ross, par exemple, a siégé longtemps au Conseil d’administration de la Banque de Chypre. Cette banque semble connue pour être une machine à blanchir l’argent sale des oligarques russes.

Paul Manafort, l’ancien responsable de campagne de Trump, aurait reçu 10 millions de dollars afin de travailler à la défense d’intérêts russes. Sean Spicer essaye maintenant de minimiser son rôle durant la campagne : « Il était là mais il n’a presque rien fait » alors qu’il a été publiquement remercié par Trump pour son « magnifique » travail.

Rex Tillerson, le nouveau Secrétaire d’état a été décoré par Poutine himself pour services rendus (l’Orde de l’Amitié).

Et finalement, il y a quelques jours, James Comey (le Directeur du FBI) a admis que son agence enquêtait sur les liens entre la Russie et l’équipe Trump (de campagne, de transition et finalement de son gouvernement).

Je suis le premier à déplorer, y compris dans ce blog, la façon bornée dont les gouvernements occidentaux ont traité la Russie d’après la chute de l’URSS et continuent de la traiter. Mais pas à n’importe quel prix. Et certainement pas au prix de Trump à la Maison-Blanche.

Où que l’on regarde on retrouve des liens suspects entre les membres de cette Administration et la Russie qui avait tous les intérêts du monde à favoriser la mise en place d’une administration plus favorable à ses intérêts. Et cela devient de plus en plus intéressant, puisqu'on parle maintenant de façon très précise et circonstanciée d’une attaque informatisée de la part de la Russie contre la démocratie américaine (et peut-être la démocratie tout court). Il semble que des robots ont été programmés et utilisés afin d’inonder le net de fake news devant discréditer les démocrates en général et la campagne d’Hillary Clinton en particulier. Avec les résultats que l’on sait.

Petit à petit le nœud coulant va se resserrer. Je suis prêt à parier qu’au fil des semaines et des mois on passera de ses proches à Trump lui-même (ne serait-ce que pour la vente qui pourrait se révéler suspecte d’un bien immobilier à un oligarque russe). Ce jour-là la procédure d’impeachment commencera officiellement. En attendant Trump et son administration sont totalement illégitimes. Mais les Républicains continuent de le soutenir car ils vont tenter de profiter du pouvoir pour faire passer le plus de lois iniques que possible.

25/02/2017

Ceux qui devraient nous protéger des politiciens ineptes

Le fait même que des politiciens ineptes, menteurs, manipulateurs et incompétents aient autant de succès prouve l’état de nos Sociétés. Au lieu de cultiver nos valeurs, notre cohésion, tout ce qui fait la force d’une Société, nos politiciens passent leur temps à nous diviser. Le travail est forcément équitablement réparti. A gauche, ils veulent à toute force nous imposer l’immigration massive de réfugiés musulmans qui va, à terme, mener à une guerre civile ainsi que la protection absurde et malfaisante des prédateurs et des criminels, inscrite dans le plus si nouveau Code de procédure pénale suisse, au détriment des victimes. Peut-être parce que c’est le dernier endroit, croient-ils, où il leur reste un peu de dignité après avoir baissé leur pantalon dans à peu près tous les autres domaines. A droite ils organisent depuis 3 décennies la mise à sac de nos économies au profit d’une minuscule caste d‘ultra-riches comme on a failli en voir un nouvel avatar en Suisse avec la RIE III qui était une pure et simple ignominie (merci à tous ceux qui ont alerté le peuple suisse sur les dérives de cette loi).

Face à cette double inconscience, les peuples ne voient plus d’autre recours que de se livrer entre les mains de politiciens totalement ineptes qui vont accélérer la désunion et la chute dans le chaos.

En Angleterre, l’inepte national Boris Johnson, a fait prendre un chemin semé d’embûches et d’inconnues à la Grande-Bretagne et à l'Europe en se basant sur des arguments parfaitement fallacieux.

Aux Etats-Unis, l’Inepte-en-chef n’en finit plus de défrayer la chronique tant il accumule les sottises et les absurdités. Si ce n’était si tragique, on pourrait en rire :

  • Tweets frénétiques (une bonne dizaine par jour) sur tout et n’importe quoi. Comme un ado désoeuvré. Et comme s’il allait régler les grands problèmes du Monde à coup de tweets
  • Attaques systématiques contre les médias libres d’un pays libre
  • Tentatives répétées d’influencer le cours de l’enquête du FBI sur les liens entre l’entourage du Bonimenteur-en-chef et la Russie au cours de la campagne électorale (exactement ce qui a fait chuter Nixon en son temps)
  • Nomination de personnes incompétentes ou compromises à des postes clés (Betsy Devos à l’éducation, Steve Bannon, son plus proche conseiller, pour siéger au Conseil national de sécurité à la place du chef d’état-major des armées et du directeur du renseignement américain, etc, etc…)
  • Traitement de la crise avec la Corée du Nord pendant un repas au Club-house de son parcours de golf et au milieu des autres convives qui ont même pu se prendre en photo avec le porteur de la mallette nucléaire (alors qu’il avait passé sa campagne électorale à menacer Hillary Clinton de l’envoyer en prison parce qu’elle avait mis en danger la sécurité nationale en utilisant un serveur privé lorsqu’elle était Secrétaire d’état)
  • Conférence de presse surréaliste et hilarante (là aussi, si ce n’était pas si tragique) avec Benjamin Netanyahu où l’on voit le Négociateur-en-chef tenir des propos politiques à peine dignes d’un enfant de 10 ans et BB, comme le Ridicule-en-chef se permet de l’appeler, qui doit se mordre les lèvres à certains moments pour ne pas éclater de rire devant tant de ridicule (Cet homme qui fait de la politique depuis longtemps a dû en voir de toutes les couleurs. Mais ça, jamais !)
  • Affaiblissement des lois sur le contrôle du secteur bancaire et financier voulues par Obama afin d’éviter de répéter les conditions ayant mené à la crise de 2008 (la loi Dodd-Frank, qui oblige les banques à (entre autres) augmenter leurs fonds propres et à prévenir leur propre surendettement et la règle Volcker qui vise à freiner les investissements spéculatifs des banques avec l’argent de leurs clients)
  • Suppression de la loi voulue par Obama, interdisant aux malades mentaux d’acheter des armes
  • Autorisation de la construction de 2 pipelines controversés
  • Dépenses somptuaires pour lui et sa famille (ses 3 week-ends en Floride ont déjà coûté 11 millions de dollars aux contribuables américains. La sécurité de sa femme restée à New-York coûte une fortune et on raconte que deux de ses fils se sont faits payer un voyage d’affaires privé à 100'000 dollars aux frais du contribuable)
  • Soutien aux affaires privées de sa fille depuis la Maison-Blanche

Comme on peut le voir, c’est scandale, incompétence et corruption à tous les étages. Mais rien encore concernant l’Obamacare puisqu’on voit que Trump et les Républicains n’ont pas le début d’une idée pour son remplacement.

En France, au milieu des scandales et du chaos électoral en cours, les citoyens ont droit à l’inepte tricolore, Marine Le Pen qui promet monts et merveilles mais qui ne fera qu’entraîner la France et l’Europe dans un chaos indescriptible.

Voilà à quoi en sont réduits les peuples d’Occident. A choisir entre la peste et le choléra car les politiciens qui auraient dû nous protéger des politiciens ineptes sont gangrenés jusqu’à la pourriture par leurs idéologies respectives.

04/02/2017

Trump : ne pas se tromper de raisons pour le combattre

La raison pour laquelle l’imposteur-en-chef (il a perdu le vote populaire par près de 3 millions de voix), tant critiqué pas son propre parti pendant la campagne électorale, a rallié tous les membres du parti républicain sitôt la victoire acquise est qu’ils ont senti l’odeur du sang : s’attaquer à tout ce qu’a fait Obama qui, dans leur haine raciale et leur haine de classe est la première cible à abattre. Sitôt cet objectif atteint, s’attaquer au peu de mesures sociales et environnementales qui restent dans ce pays afin de laisser le champ libre aux pires aspects du capitalisme : un Darwinisme qui récompense le plus fort et broie les plus faibles. Tout cela accompagné d’un agenda social rétrograde et moralisateur tentant d’interdire l’avortement grâce à la nomination (à vie) d’un juge à la Cour suprême particulièrement conservateur. C’est l’agenda de tous les présidents républicains. Il va simplement achever ce que Reagan et Bush jr n’ont pas pu terminer.

Le festival a commencé dès le premier jour. Cela se fait, pour l’instant, par décrets (« Executive Orders » et « Presidential Memoranda »). Ils se regroupent, pour l’instant, en plusieurs catégories :

- Défaire ce qu’Obama a entrepris malgré l’hostilité du Congrès à majorité républicaine et diminuer l’emprise de l’Etat sur l’économie :

  • Affaiblir l’obligation faite aux citoyens de contracter une assurance maladie
  • Mettre toutes les législations signées sous l’ère Obama en attente d’être revues par la nouvelle administration
  • Sortir du TPP (qui était un traité destiné à contrôler la montée en puissance de la Chine)
  • Geler l’embauche au niveau fédéral (à part l’armée et la sécurité)
  • Autoriser la construction de deux pipelines très controversés et accélérer l’étude d’impact, notamment environnemental, sur les grands projets d’infrastructure
  • Faciliter les procédures de mise sur le marché de nouveaux produits pour les entreprises US et réduire les impôts sur les entreprises
  • Affaiblir les lois sur le contrôle du secteur bancaire et financier édictées afin d’éviter de répéter les conditions ayant mené à la crise de 2008 : la loi Dodd-Frank, qui oblige les banques à (entre autres) augmenter leurs fonds propres et à prévenir leur propre surendettement et la règle Volcker qui vise à freiner les investissements spéculatifs des banques avec l’argent de leurs clients

- Renforcer les mesures contre l’immigration clandestine :

  • Construire le mur
  • Accélérer le renvoi des sans-papiers
  • Interdire l’entrée aux ressortissants de 7 pays musulmans

- Renforcer l’armée et les mesures assurant la sécurité du pays :

  • Reconstruire l’armée avec de nouveaux avions, bateaux, matériels

- Sociales :

  • Interdire de financer avec des fonds fédéraux des agences faisant des avortements ou militant en faveur de l’avortement

C’est roboratif, dangereux pour l’avenir (qui a envie d’un remake de la crise de 2008 ?) et ce n’est que le début. Et pourtant les gens ne sont descendus dans la rue que pour dénoncer l’interdiction faite aux ressortissants de 7 pays musulmans d’entrer aux Etats-Unis. Mais c’est tellement plus grave que cela. Jamais dans l’histoire de nos démocraties un gouvernement n’a cumulé autant de potentiels conflits d’intérêts. Pas un seul membre de cet aéropage de milliardaires qui n’ait un intérêt direct et immédiat à démanteler les législations fédérales dans son domaine respectif (à commencer par Trump lui-même). L’agence de protection de l’environnement va être démantelée ou, au minimum, vidée de sa substance. Les pétroliers auront carte blanche. Les fonds fédéraux vont être redirigés vers les écoles privées au détriment des écoles publiques qui dispenseront un enseignement de mauvaise qualité aux classes défavorisées. Les impôts des plus riches vont à nouveau être diminués au détriment de la classe moyenne (on sait très bien faire cela en Suisse également). Le pays va recréer une montagne de dettes selon le principe qu’il faut privatiser les profits et socialiser tout ce qui coûte : les infrastructures, la défense, les dettes, etc… Medicare et Medicaid vont être démantelés ou au minimum gravement affaiblis. Et Dieu sait ce qu’il y a encore dans leurs cerveaux malades.

L’élection du menteur-en-chef et de ses affidés est la pire chose qui pouvait arriver pour notre avenir commun. Alors ne nous trompons pas de combat.

26/01/2017

Trump : la vanité à la Maison-Blanche

Avant le début de la cérémonie d’investiture j’entendais les journalistes de CNN se demander anxieusement si la grandeur de sa fonction était enfin en train de le pénétrer. En regardant, pendant l’office religieux, son visage grave d’hypocrite, le doute était permis. Et puis, lorsqu’il est apparu sur le parvis du Capitole et qu’il a levé son petit poing comme un sportif, j’ai su que le costume présidentiel serait à jamais trop grand pour lui car la vanité est son plus grand moteur.

Tout ce qui a fait la « beauté » de la présidence Obama : l’intelligence, la finesse, la dignité, la compassion, l’usage mesuré de la force est remplacé par son hideux contraire : la vanité, l’arrogance, la grossièreté, l’insulte, la vulgarité, l’obscénité, la vantardise, l’égoïsme. Il a le niveau de développement de la personnalité d’un adolescent. D’un adolescent sérieusement perturbé malheureusement pour nous tous. Il sait tout mieux que le reste du monde, si quelque chose ne lui plaît pas il trépigne jusqu’à ce qu’il obtienne gain de cause, il ment éhontément, même face à la réalité brute des faits, réarrange le monde afin qu'il se conforme à ses besoins, il manipule, il intimide, il utilise la force pour voler ce qu’il convoite, y compris la dignité des femmes. Nous avons assisté, 8 années durant, à l’exercice du pouvoir par un couple exceptionnel et maintenant nous allons souffrir par la faute d’un couple qui est à peu près son exact négatif.

Sa volonté de se concentrer sur une Amérique centrée sur elle-même prouve qu’il n’a aucune vision géostratégique pour son pays et pour le monde car il semble croire qu’il peut gérer ce pays comme une entreprise, purement sur un rapport bénéfice/coût. Et les gens qui l’ont fait élire croient-ils vraiment que cet aéropage de milliardaires, ceux précisément qui ont organisé et le plus profité de la mondialisation va soudain défendre la classe ouvrière ? Le clash entre les promesses électorales populistes et la réalité des intérêts des nantis va rapidement éclater.

10/11/2016

Trump : la responsabilité historique de nos « élites »

Après 8 années d’un président digne à tous égards et ayant redonné de la dignité et à son pays et à sa politique, après l’aventurisme délirant du minuscule rejeton Bush, les votants ont choisi le pire individu que ce pays a pu produire. A part tout et son contraire, il a promis de « nettoyer le marigot » (« drain the swamp »). Eh bien, en fait de marigot, nous sommes gâtés. La droite républicaine est un repère d’ultra-libéraux, de conservateurs de la pire espèce, de défenseurs du port d’armes et d’ultra religieux qui seraient prêts à faire de leur pays une véritable théocratie.

Ce qu’il y a de pire, si c’est possible, est que contrairement à ce que disent certains, peut-être pour se rassurer, il n’y a plus de contre-pouvoir aux Etats-Unis : la Chambre des représentants et le Sénat sont restés conservateurs, et ils vont pouvoir nommer 1, 2 voire les 3 prochains juges à la Cour suprême, faisant ainsi pencher la balance en faveur des thèses les plus conservatrices et rétrogrades pour au moins les 10 prochaines années. Quant aux médias, ils sont concentrés entre les mains de ceux qui ont les moyens de se les payer. C’est ainsi que l’on parvient à vider une démocratie de sa substance.

Dans tous nos pays, la social-démocratie qui a cherché une troisième voie entre le communisme et le capitalisme le plus brutal, est dans une grave crise de conscience, victime de son intimité croissante avec les puissances de l’argent. En gros, cela se traduit par : belles promesses pendant les campagnes électorales et alignement sur les lois du marché le reste du temps. Cette schizophrénie entre les discours « de gauche » et les actes « de droite », ce mélange intenable entre une morale politique se voulant humaniste (au point de laisser les frontières ouvertes à tous les pays et surtout à ceux du sud musulman) et un saccage de nos états sociaux au profit d’une minuscule caste de nantis a fonctionné un temps mais est en train de rendre les peuples fous, au point d’élire un extraterrestre comme Trump.

Le Brexit et Trump devraient nous servir de signaux d’alerte. Ils représentent des mesures de l’exaspération des peuples se sentant ignorés des « élites ». En délocalisant le travail dans les pays à bas coûts afin de casser les reins des syndicats et de s’enrichir au maximum, ils ont créé le Frankenstein chinois qui risque un jour de dévorer son créateur et rendu fou de colère tous les citoyens se sentant à juste titre méprisés par ceux qui détiennent tous les pouvoirs.

Ce qui se passe aux USA est proprement effrayant ! Mettons encore un peu de charbon dans la chaudière de nos Sociétés à force d’égoïsme, de lâcheté et de compromissions et nous risquons de retomber dans les mêmes folies communistes ou fascistes que par un passé pas si lointain. Le Brexit était déjà grave. L’élection de Trump, qui a réussi le plus grand hold-up de l’histoire de nos démocraties est un événement de portée infiniment plus considérable. Son élection devrait nous servir d’électrochoc. Si nos « élites » refusent de sortir de leur isolement arrogant, hautain et monstrueusement égoïste, elles continueront de créer le lit de la prochaine vague totalitaire, communiste ou plus vraisemblablement fasciste, qui nous emportera tous. Ce sera leur responsabilité historique !

27/10/2016

Nous avons besoin d’une révolution mais elle ne viendra pas de la politique

Dans toutes nos « démocraties » nous assistons jour après jour aux chocs issus de ce que l’on appelle la « polarisation de la politique ». En gros cela veut dire que les camps sont de plus en plus partagés entre des thèses extrêmes, sans recherche de compromis :

  • à gauche cela s’appelle « raser gratis ». Et si l’on objecte à ces projets utopistes des considérations politiques extraordinairement triviales, la justesse de ces thèses est immédiatement soulignée par le fait qu’il suffit de faire « payer les riches »
  • à droite cela correspond à « sécuriser les frontières et défendre l’identité nationale ». Et si l’on objecte à cela que ces politiques sont indéfendables vis-à-vis de l’interdépendance de nos pays et des traités signés avec la communauté internationale « on » nous répond qu’il sera possible de réaliser la « quadrature du cercle ».

Ces deux familles de thèses que l’on retrouve peu ou prou dans tous nos pays « démocratiques », ont-elles une chance quelconque de se réaliser ? A moins de sombrer dans une dictature, aucune ! Et pourtant élection après élection, et pour le cas particulier de la Suisse, votation après votation, nous sommes obligés de nous prononcer sur des objets dont nous savons pertinemment qu’ils ne sont que ce qu’ils sont : des utopies.

Aux USA, le duel entre Mme Clinton qui représente la continuité, màtinée de belles promesses sociales qui ne se réaliseront jamais, et l’ubuesque Trump qui représente le pire du pire de la droite du parti républicain saupoudré de l’infantilisme crasse d’un candidat qui ne mériterait d’apparaître que pour le bonheur des téléspectateurs d’un Muppet Show, démontre cela à l’envi.

En France nous assistons à un pays qui cherche, à gauche, à protéger son « modèle social » alors qu’il se fissure de partout et que malgré « l’alignement des planètes » il n’arrive pas à décoller économiquement et encore moins à intégrer ses minorités. A droite, on assiste à la surenchère identitaire et sécuritaire alors même que la droite « républicaine » ne cherche qu’à supprimer des postes de fonctionnaires, y compris dans la police, l’armée et l’éducation nationale. Quant à la droite plus extrême, la soi-disant dénonciation de traités internationaux entraînerait le pays, et l’Europe, dans des tourmentes difficiles à prévoir.

En Suisse, c’est le spectacle de plus en plus pénible du ver qui se contorsionne dans son bocal. A gauche ce sont des dizaines d’initiatives et de référendums (« Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires », « En faveur du service public », « Pour un revenu de base inconditionnel », « AVSPlus », « Pour des multinationales responsables », etc…, etc..) déposés et rejetés, ou vraisemblablement rejetés pour le dernier exemple, avec « sagesse » par le peuple suisse car si nous adoptions seuls les lois les plus utopistes de l’univers, notre pays ne tarderait pas à être abandonné par les moteurs économiques qui ont fait notre prospérité qui reste un miracle au regard de notre petitesse, des attaques continuelles provenant de voisins et/ou partenaires économiques, jaloux ou profitant de notre taille pour nous tyranniser à loisir (à l’époque des fonds en déshérence, la Suisse était clouée au pilori de la communauté internationale sans aucune mise en perspective historique). A droite, ce sont toutes les volontés sécuritaires et identitaires qui sont parfois acceptées et qui nous mettent en porte-à-faux avec le droit international (« Pour le renvoi des criminels étrangers », « Contre l’immigration de masse », etc…, etc...).

Personnellement, je serais volontiers en faveur du meilleur des propositions de la gauche et de la droite. Et pourtant. La droite est en quelque sorte prise à son propre piège car pour pouvoir gagner des élections et des votations, elle est obligée d’agiter des thèses sécuritaires et identitaires qui vont à l’encontre du modèle économique qu’elle a elle-même largement contribué à mettre en œuvre : l’ultra-libéralisme. Nulle part ce n’est plus criant qu’en Suisse où l’entrepreneur Blocher (pour faire un raccourci) est prêt à scier, avec l’initiative « Contre l’immigration de masse », la branche sur laquelle lui, son entreprise florissante et ses amis politiques et économiques sont assis. Et la gauche européenne rose-verte, souvent laïque, est obligée de soutenir l’arrivée massive de populations très ou ultra religieuses, ce qui devrait être une insulte à leur intelligence et à tout ce contre quoi ils se sont battus : l’obscurantisme religieux qui va nous revenir dans la figure comme un boomerang.

Alors non, la droite ne va pas régler les problèmes de sécurité et d’identité de nos pays car elle a tissé un ensemble de lois régies par l’OMC qui rendent vaines toutes tentatives de remettre de l’ordre dans la mondialisation. Et la gauche ne va pas amener plus de justice dans le fonctionnement de nos pays car ce ne sont pas les Etats qui détiennent le pouvoir à cause de toutes les dérégulations opérées dans nos économies depuis l’ère Reagan/Thatcher.

Nous avons besoin d’une révolution, mais elle ne viendra pas de la politique.

27/08/2016

L’Homme ne peut vivre éternellement d’illusions

Je reste dubitatif, incrédule, sidéré pour tout dire, par la propension des réfugiés musulmans à vouloir, par tous les moyens, continuer d’appliquer dans leur pays d’accueil les politiques et les méthodes qui ont si lamentablement échoué dans leur pays d’origine.

Les pays du Maghreb, du Proche et du Moyen-Orient sont des modèles d’échecs sur tous les plans : politique, économique, financier, social, industriel, intellectuel (la liste des grands savants des temps modernes issus de ces régions et ayant apporté une réelle contribution à la marche du monde serait anormalement courte et inversement proportionnelle au dynamisme démographique de ces peuples), moral car combien d’hommes et de femmes vivent réellement à la hauteur des valeurs qu’ils affirment : il suffit de se souvenir que plus de 80% des femmes égyptiennes se sont déclarées avoir été les victimes d’agressions sexuelles pour comprendre que les hommes égyptiens ont un grave problème dans leur rapport aux femmes et surtout dans celui avec les valeurs supposées (et claironnées à la face du monde) de leur religion. Et puisqu’on est sur ce sujet, il est évident que l’excision et l’obligation faite aux femmes de devoir cacher tout ou partie de leur corps révèle l’échec des hommes musulmans à vivre à la hauteur de leurs aspirations. Un homme ayant réellement intégré les valeurs qu’il professe ne devrait avoir aucun mal à vivre entouré de femmes épanouies. Et un colossal échec religieux, pour finir, avec les guerres incessantes entre chiites et sunnites, le terrorisme international, etc… Et puis quel est ce besoin pathologique de vouloir faire justice à la place de Dieu Lui-même ? Tous ces fous de Dieu prêts à mourir et à tuer tous ceux qui oseraient émettre ce qu’ils considèrent comme un blasphème croient-ils leur Dieu si faible, qu’Il serait incapable de se faire justice Lui-même s’Il en ressentait le besoin ? Ils ont une bien piètre image de Celui qu’ils croient servir.

Alors, face à tant d’échecs, comment et pourquoi cherchent-ils à nous imposer cela même qui les a poussés à l’exil ?

Quant à nous, nous vivons également dans un faisceau d’illusions. Pas les mêmes, certes. Mais ce sont ces illusions qui nous affaiblissent face aux prétentions de ces populations exogènes. Depuis les Lumières (qui ont peut-être été un mélange d’ombres et de Lumières) nous avons volontiers prophétisé la mort de Dieu et, depuis, nous continuons de prétendre que nous sommes des esprits forts et que nous pouvons vivre sans Lui. Et pourtant. Des millions de signes dans nos Sociétés montrent une grande détresse. Les paradis artificiels foisonnent. L’alcool coule à flots, l’abus de stimulants est préoccupant, la compétition dans tous les domaines détruit le tissu social si patiemment tissé par les générations précédentes, notre jeunesse accueille des artistes, de souvent peu de talents, comme des sortes de messies et leur voue une sorte de culte païen qui devrait tous nous alerter. Le grand journaliste Claude Monnier, qui vient de nous quitter, avait en son temps écrit une chronique magistrale « Nous trompons Dieu avec le travail ». Trente ans plus tard, la situation s’est encore péjorée : illusion d’avoir des « amis » sur les réseaux sociaux, illusion de vivre et de participer à de grands Mystères en prenant part aux grandes kermesses des festivals de musique, illusion d’être libre et indépendant en évacuant Dieu de nos vies, illusion que nous allons bien alors que nous consommons, alcool, café, tabac, pilules de toutes formes et de toutes couleurs, drogues diverses et variées et parfois des cocktails de tout cela. Ce « vide » affaiblit nos Sociétés en général et en particulier face aux revendications religieuses et communautaristes des migrants à la tête farcie de leurs propres illusions, fruits d’un puissant et systématique lavage de cerveau.

En résumé : nos illusions valent bien les leurs.

Je pense avoir démontré de multiples fois dans ce blog que je suis partisan d’une ligne claire, nette et sans concessions vis-à-vis des migrants issus de pays musulmans. Mais cela ne veut pas dire que tout le bien est dans nos Sociétés et tout le mal dans les leurs. Nous nous devons de redéfinir nos valeurs qui ne peuvent être les pitoyables appels au laisser-faire des tenants du multiculturalisme béat, bêlant et benêt : pensons au fait que la ligue des droits de l’homme (mais pas de la femme), a décidé de s’engager, au nom de la liberté, en faveur du droit des femmes à se soumettre au diktat des mâles de leur communauté et à ceux de leur religion, ce qui est le monde à l’envers. Quand défendront-ils, toujours au nom de la liberté, le droit à porter la burqa ou à se faire exciser ?

Alors il est urgent de redéfinir la place de Dieu dans nos vies individuelles et dans nos Sociétés car l’Homme ne peut vivre éternellement d’illusions.

12/06/2016

La Turquie actuelle n’a rien à faire en Europe

De nombreuses questions préoccupent ou devraient préoccuper les citoyens et les politiciens européens concernant ce pays. Ces questions avaient été l’objet de la 2ème note jamais écrite dans ce blog le 13 septembre 2010 s’intitulant : « Les limites de l'intégration de la Turquie en Europe ». J’y exposais mes doutes de l’époque et proposais quelques idées qui ne sont, après tout, pas plus mauvaises que toutes celles qui n’ont pas été proposées par l’UE. 

Durant ces 6 années, nous avons tous suivi la dérive autoritaire du pouvoir d’Erdogan : journalistes arrêtés et inculpés, purges dans l’armée, répression brutale des manifestants, opposants placés dans le viseur de la justice, mise sous contrôle de l’appareil judiciaire, intimidation de tous ceux qui remettent son pouvoir en question, y compris au-delà des frontières, chantage envers l’UE sur la question des réfugiés. Mais la dérive ne s’arrête pas là : il a également apporté son soutien au moins logistique à Daech, fait abattre un avion russe qui volait très probablement au-dessus de la Syrie et qui représentait une menace pour ses alliés anti Assad, repris une guerre implacable contre les Kurdes.  

Cette semaine, après la reconnaissance par le Parlement allemand du génocide arménien, il a encore franchi une étape dans l’intimidation en menaçant l’Allemagne de représailles. De plus, jamais avare de ces petites phrases dont il a le secret comme celles sur le rôle de la femme turque ou le nombre d’enfants qu’elle devrait avoir, il a accusé les députés allemands d’origine turque qui ont voté la résolution d’être : « Les porte-parole des terroristes du PKK ». Puis il leur a conseillé d’aller faire contrôler leur sang dans un laboratoire afin de vérifier leur origine. Certes, ces propos ont provoqué la réaction outrée de quelques politiciens. Mais si peu au fond. Aucune, en tous les cas, des intellectuels qui sont habituellement si prompts à honnir tous ceux qui osent parler d’identité. Depuis que Alain Finkielkraut a publié « L’identité malheureuse » qui n’est, après tout, qu’une radiographie tout à fait pertinente sur la difficulté à intégrer certains types d’immigrants, il est honni, insulté, ridiculisé par tout ce que la France compte d’intellectuels et d’humoristes. Et ce ne sont pas forcément les mêmes. Idem pour tous les politiciens qui osent évoquer l’identité de l’Europe. L’idée de trouver l’identité de quiconque dans le sang devrait faire horreur à toute personne de bonne volonté, à tout intellectuel, à tous ceux qui dénoncent le nazisme, le risque d’eugénisme, la volonté de déterminer, par ce biais, l’identité d’un être humain. Et pourtant, dans le cas présent, nos beaux esprits restent silencieux, trop occupés à vomir leur haine contre Finkielkraut. 

Bref. Six ans plus tard, Erdogan a abondamment prouvé qu’il est dangereux pour son pays, son peuple, l’Europe, l’OTAN et la paix dans le monde. Face aux dérives du pouvoir de l’Illuminé du Bosphore de plus en plus menacé de mégalomanie et de paranoïa ce ne sont plus des doutes mais des certitudes : la Turquie actuelle n’a rien à faire en Europe.

06/06/2016

Simonetta Sommaruga: cette femme est dangereuse

Dans cette croisade incessante pour faire de la Suisse un état exemplaire en termes d’asile, la ministre socialiste a marqué un point crucial en manipulant habilement l’opinion comme elle l’avait fait du Parlement auparavant. L’accent a été mis sur l’accélération des procédures et le peuple suisse a entendu ce message et a voté dans ce sens : « Nous ne voulons plus voir ces situations d’enlisement des procédures d’asile et se retrouver avec des réfugiés dont nous ne voulons pas mais que nous ne pouvons pas expulser car leurs enfants vont à l’école depuis plusieurs années ».

Ceci est ce qui nous a été habilement vendu. C’est à cela que nous avons dit oui. La réalité est que face aux millions de réfugiés qui attendent d’envahir l’Europe et dont l’arrivée programmée n’est que momentanément retardée par l’accord extrêmement fragile conclu avec « l’allié » turc dont le chantage est odieux et par les conditions météorologiques en Méditerranée, nous venons de voter une loi qui va nous démunir légalement face au choc migratoire : chaque réfugié aura droit à l’assistance gratuite d’un avocat (depuis quand le recours à un avocat accélère quoi que ce soit…). Elle nous a vendu l’accélération des procédures et nous allons assister à des procédures noyautées par les avocats.

Et comme si cela ne suffisait pas, et au vu de la résistance de certaines communes à accueillir des réfugiés, Mme Sommaruga a prévu de pouvoir exproprier les cantons et les communes afin de pouvoir construire des centres fédéraux d’accueil. Cette possibilité va à l’encontre de tout ce qui fonde le fédéralisme. C’est une approche digne d’un état totalitaire ou au minimum centralisateur comme la France. C’est un viol du fédéralisme et pourtant tout a été accepté car elle nous a promis une accélération des procédures.

Cette femme est habile. Cette femme est dangereuse car elle est habile.

 

25/05/2016

Qui sème le vent récolte la tempête

Nos pays « démocratiques » c’est-à-dire ceux où les citoyens participent régulièrement à ce théâtre de dupes que l’on appelle élections, sont dans une situation de plus en plus inquiétante. Il y a de nombreux coupables.  

Dans tous les pays développés, les « élites » politiques de droite comme de gauche, ont soit profité de leur proximité incestueuse avec l’argent pour se goberger pendant que les classes moyennes et défavorisées supportaient la totalité du poids des crises successives, soit se sont soumises à ces mêmes forces. 

Aux Etats-Unis, en Europe, en Suisse, les instances dirigeantes sont sourdes aux besoins des peuples et continuent de prôner la mondialisation, la libre circulation, l’ouverture des frontières aux réfugiés et soutiennent les multinationales au détriment des besoins de sécurité et de santé des peuples (dernier exemple en date, le refus de la Commission européenne d’interdire le glyphosate, un désherbant pourtant hautement toxique). A tous les échelons nous retrouvons la corruption quasiment généralisée des dirigeants, la volonté forcenée de s’enrichir (que l’on parle d’instances sportives, de dirigeants de multinationales ou des actionnaires des mêmes), le mépris des classes moyennes et défavorisées, le même autisme face aux appels des peuples, le même théâtre guignol dans nos parlements.

Nous allons ainsi d’élection en élection, de mensonges en mensonges, de parodie de démocratie en parodie de démocratie. Mais le résultat est là : la droite la plus caricaturale est partout aux portes du pouvoir. Aux Etats-Unis, le parti républicain est dans un tel état de déliquescence que D. Trump risque d’être son candidat à la présidentielle. C’est pourtant un homme tellement ridicule que Berlusconi passerait presque pour un homme politique « sérieux » à côté de lui. Mais sa force est justement de dire n’importe quoi, de faire rêver le citoyen lambda en lui faisant croire qu’il va lui permettre de prendre sa revanche sur ses élites corrompues. En France, la gauche modérée a perdu toute crédibilité et le FN monte lentement mais sûrement. En Autriche, il s’en est fallu de quelques milliers de voix. Pour cette fois-ci.

Partout, pour des raisons à la fois identiques et des variations dues à la politique locale, les peuples sont de plus en plus tentés de faire venir au pouvoir des hommes politiques dont ils espèrent qu’ils mettront fin à la corruption quasi généralisée, à la pourriture morale qui gangrène nos Sociétés jusqu’au sommet du pouvoir, à l’autisme criminel de ceux qui s’empiffrent entre amis, à l’insupportable prétendue supériorité morale de ceux qui refusent de voir les tensions de plus en plus insupportables que subissent nos Sociétés du fait d’un affaiblissement de l’état et de l’effondrement des frontières voulu et encouragé par ceux qui en profitent. Sans parler de tous ceux qui abdiquent devant leur devoir de protection des valeurs identitaires de l’Europe voire qui poursuivent leur combat haineux contre les valeurs judéo-chrétiennes en instrumentalisant l’Islam. A leur profit croient-ils, les innocents.

Si la peste brune revient demain en Europe, ceux-là même qui dénoncent l’extrême-droite depuis des décennies mais travaillent activement et inconsciemment à son avènement ne devront s’en prendre qu’à eux-mêmes car ils auront tout fait, tout mis en œuvre pour que cela se produise.

18/04/2016

Suisse : quand le populisme de gauche devient une forme de lobotomie

Dans tous les domaines de la société suisse le populisme de gauche, visant à faire de notre pays un modèle de vertu, est à l’œuvre. Il faut, selon ses avocats, moraliser la finance, faire peser la fiscalité sur les riches afin de raser gratis, surveiller l’activité des multinationales suisses partout où elles sont implantées afin qu’elles respectent les règles d’éthique les plus exigeantes, etc.., etc... Votation après votation le peuple suisse, dans sa grande sagesse, rejette vigoureusement ces objets extrémistes qui n’ont été implémentés dans aucun autre pays et qui mèneraient notre pays à sa ruine inéluctable.

Ce n’est pas tout malheureusement. Censée entrer en vigueur au 1er janvier 2017, la nouvelle législation « Swissness » est un casse-tête pour de nombreuses entreprises déjà confrontées au très problématique challenge que représente l’appréciation constante du franc suisse par rapport aux principales monnaies. Pour mémoire, dans les années 60, le dollar us valait 4.20 CHF (contre moins de 1 ces dernières années), la livre sterling était à plus de 12 CHF (contre environ 1.50 ces derniers mois) et l’euro est passé de 1.60 lors de son lancement à un maigre 1.10 depuis le 15 janvier 2015.

Et ce n’est pas encore tout. La ministre socialiste en charge de l’immigration se veut une juste parmi les justes. Alors que tous les pays européens travaillent, avec une détermination plus ou moins avouée, à dissuader l’immigration (Danemark, Allemagne depuis peu), voire à l’empêcher par tous les moyens (Hongrie, Pologne, Bulgarie, Slovénie, Macédoine, France qui a fermé sa frontière à Menton, Autriche qui construit une barrière anti-migrants au col du Brenner), la Suisse se prépare activement à accepter tous les migrants qui voudront bien nous faire l’honneur de se présenter à notre frontière. Et ne doutons pas une seule seconde qu’ils se présenteront en masse puisque notre pays est au centre d’un entonnoir fermé de tous les autres côtés. Seule la frontière suisse, au nord de l’Italie, reste une passoire assumée et voulue par nos « autorités ». Se rendent-ils seulement compte de ce que cela pourrait représenter ? Apparemment oui, puisque la Confédération se dit prête, si la nouvelle loi sur l’asile est acceptée, à exproprier cantons et communes afin de construire des centres fédéraux pour requérants.

La folie moralisatrice qui périodiquement menace notre pays pourrait trouver là son apogée et l’entraîner dans un abîme sans fond. Et notre système de démocratie directe ne nous protégera pas cette fois-ci car plus personne, même pas l’UDC, ne semble prêt à se lever contre le terrorisme moralisateur qui travaille si activement à notre perte. Que la loi sur l’asile soit acceptée ou non.

10/03/2016

Réfugiés : l’erreur que nous n’aurions jamais dû commettre

Ce matin, un reportage édifiant de Marion Van Renterghem dans « Le Monde » sur ces familles allemandes ayant généreusement, ou naïvement, ouvert leur porte à des réfugiés syriens.

C’est, depuis décembre 2014, le cas de Christoph Bürger et sa compagne Anna-Lena Hösl. Cohabitation difficile, choc des cultures, lorsque leur premier hôte, un chrétien pourtant, refuse de se soumettre à l’autorité de la maîtresse de maison parce qu’elle est une femme. Puis c’est avec un musulman assidu qu’il leur faut apprendre à composer : ses prières quotidiennes, son refus de mettre un verre de vin dans le lave-vaisselle.

« Mais des gens qui ont fui la guerre, on les aide et c’est tout » tranche Anna-Lena.

Eh bien non ! Non, non et non ! Avoir souffert n’autorise pas tout et n’importe quoi. C’est exactement l’erreur tragique, celle que nous n’aurions jamais dû commettre, que nous faisons depuis le début de la crise des migrants. Nous nous devions, précisément car ces réfugiés viennent d’une autre culture et sortent brutalement de leur Moyen-âge social et religieux, de fixer dans une charte, les règles strictes, claires et précises de leur accueil. A accepter noir sur blanc ou à refuser. Un refus entraînant leur renvoi automatique.

Accueillir des réfugiés hongrois ou chiliens comme nous l’avons fait dans le passé n’est rien comparé à la vague d’immigration actuelle qui menace de submerger nos pays européens. Là où nous partagions des valeurs évidentes, naturelles, nous sommes confrontés à la brutalité de gens venant de sociétés qu’ils n’ont pas, depuis bien longtemps, réussi à faire fonctionner. Et pourtant ils veulent nous imposer leur façon de faire et de penser. Celle qui les a précisément poussés sur les chemins de l’exil. C’est pathétique d’aveuglement et d’ignorance. Il était de notre devoir de les empêcher de s’aveugler plus avant.

Las. Au cœur même de nos pays, nous avons des armées de bisounours qui travaillent avec une énergie inépuisable à entretenir les illusions des migrants. Ils sont prêts à céder sur tout. A fermer les yeux sur tout. Et du haut de leur soi-disant « supériorité morale », font si bien régner la terreur, que plus personne n’ose dire ce qu’il pense. Souffrent-ils d’une variation du syndrome de Stockolm, je ne sais ? Mais les illusions qu’ils entretiennent avec une telle inépuisable énergie ne rend service ni aux migrants ni à nos pays.

05/12/2015

FIFA: De tous petits joueurs dans le monde de la corruption

Comme à son habitude, lorsque la « justice » américaine tient un os, elle ne le lâche plus. La Suisse en a fait la cruelle expérience avec l’affaire des fonds en déshérence. Le scénario, en ce temps-là, était devenu tellement ubuesque qu’à certains moments on avait très fortement eu l’impression que c’était notre pays qui avait envahi la moitié du monde et mené à bien la «solution finale».

Aujourd’hui, la même « justice » a trouvé un nouveau bouc émissaire. La ministre US de la justice a déclaré hier que l’ampleur de la corruption [au sein de la FIFA] atteint des niveaux « inconcevables ». Certes, la FIFA n’est sans doute pas seulement une association de vieillards plus ou moins cacochymes mais également une formidable machine à produire des gains faciles à se distribuer entre soi. Et tout assainissement sera le bienvenu. Mais Mme Loretta Lynch n’a-t-elle vraiment rien d’autre à se mettre sous la dent par les temps qui courent :

  • Le secteur bancaire et financier américain a-t-il été remis au pas ?
  • Tous ceux qui ont contribué à la crise des subprimes qui a failli ruiner la planète entière et poussé des millions de gens, aux Etats-Unis et en Europe à la misère, sont-ils tous derrière les barreaux ?
  • La facture de la crise a-t-elle été et continue-t-elle d’être payée tous les jours par les coupables et leurs complices ou par ces centaines de millions de citoyens des classes pauvres et moyennes qui se saignent tous les jours aux quatre veines pour payer la facture d’une poignée de malfaiteurs jouissant d’une totale impunité ?
  • L’épaisseur de crasse de la corruption de nos élites politiques par nos élites financières et économiques a-t-elle été définitivement nettoyée ?
  • La violence inconcevable des riches contre les pauvres appartient-elle enfin au passé ?

Curieusement, sur tous ces sujets, la justice américaine et sa ministre sont extraordinairement muets et pour tout dire paralysés. Ou bien ont-ils déjà tout oublié puisque, c'est bien connu, il ne faut pas tenir rancune à ses amis ?

Il est tellement plus facile de s’attaquer à une association sportive, qui pour être riche, n’en est pas moins un nain en terme de soutiens politiques. Et ce n’est pas le gouvernement suisse, connu pour sa soumission, qui servira de rempart.

Une fois encore on assiste à ce système où les vrais puissants, quels que soient leurs torts, sont protégés et jouissent d’une impunité totale alors que l’on tape violemment sur de supposés « méchants » qui ne sont que de tous petits joueurs dans le monde de la corruption.

 

28/11/2015

Attentats de Paris: Nous réveillerons-nous avant qu’il soit trop tard ?

J’ai peur que malgré l’intensité inouïe des attaques parisiennes nous continuions d’être comme anesthésiés face au danger mortel qui menace l’Europe. Pourquoi ?

Premièrement car je ne crois pas à la notion de « modération » dans l’islam. Ou bien on pratique cette religion et on cautionne la totalité des versets du livre qui est à sa base, y compris les plus extrémistes, ou on ne la pratique pas. Mais il n’y a pas de moyen terme.

Deuxièmement, c’est une religion fondamentalement conquérante. La différence entre les islamistes radicaux et les musulmans «modérés» est que les uns veulent prendre le pouvoir par la force alors que les ordres attendent de pouvoir le prendre par des moyens détournés (natalité, déliquescence morale de l’Occident, mauvaise conscience, intimidation, infiltration lente mais systématique dans tous les rouages de nos Sociétés…).

Troisièmement, je reste plus convaincu que jamais que c’est la masse qui crée l’extrémisme. J’avais déjà mentionné ce point dans un billet au lendemain du massacre à Charlie-Hebdo (« Cette folie barbare ne pousse pas hors sol » ) car on ne peut ignorer que c’est la présence des 15-20 millions de musulmans sur le sol européen qui facilite et favorise l’émergence de ces cellules radicalisées. A l’extrême, s’il n’y avait que quelques dizaines de milliers de musulmans sur sol européen, ces attentats ne pourraient tout simplement ni être conçus et encore moins exécutés.

Quatrièmement, s’il est certainement indispensable de s’attaquer à ces cellules terroristes et de nommer ses membres pour ce qu’ils sont: des islamo-fascistes, est-ce suffisant ? Non, car je soupçonne que loin de nuire aux desseins des stratèges «modérés» de l’expansionnisme musulman en Europe, chaque attentat est une nouvelle occasion de se glisser dans la peau de l’agneau pour mieux endormir notre vigilance.

Cinquièmement, que pour tous les médias bien-pensants, les traditionnels appels à ne pas faire d’amalgames entre musulmans «modérés» et islamistes radicaux semblent représenter l'acmé de leur réflexion.

Je déduis de tout cela que nous n’avons toujours rien appris. Rien compris. Nous réveillerons-nous avant qu’il soit trop tard ?

08/11/2015

Immigration: Ne pas être le dindon de la triste farce européenne

C’est mon 4ème billet de rang sur l’immigration. La cacophonie en provenance de Bruxelles et des capitales européennes est toujours aussi assourdissante car si l’on exclut les quelques pays qui ont pris clairement position en faveur (Suède, Allemagne) ou à l’encontre (Hongrie et quelques autres pays qui l’environnent) de l’immigration, il reste les pays fondateurs de l’UE qui parlent de solidarité et qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter de devoir accueillir des réfugiés. Pensons à l’inénarrable imbroglio de la répartition de ces quelques 100’00 migrants que personne ne veut. C’est une affaire qui dure depuis des semaines maintenant. Or nous savons que plus d’un million de migrants sont entrés ou entreront en Europe en 2015. Alors à quoi correspondent-ils ? A mon avis c’est le solde entre le nombre total de migrants prévus pour 2015 (hors regroupement familial) et ceux déjà prévus d’être accueillis par l’Allemagne (env. 800'000), la Suède (env. 150'000) et la Suisse (au minimum 50'000). Les 100'000 réfugiés, ce sont tous ceux qui sont attendus et qui ne trouveront pas de place dans un de ces 3 pays. Pathétiques comptes d’apothicaires.

A Berlin, sous la pression de la rue et des alliés politiques de Mme Merkel, le vent semble « lentement » être en train de changer.  Certes l’Allemagne va continuer d’accueillir un grand nombre de réfugiés, mais à des conditions sensiblement plus restrictives. Et lorsque l’on sait à quelle vitesse les passeurs professionnels sont informés des changements politiques au sein des pays européens on peut s’attendre, dans une prochaine phase, à une accélération du nombre de réfugiés tentant de profiter de l’aubaine des anciennes règles. J’espère que la bisounoursonne en charge du dossier de l’immigration à Berne a un plan B au cas où l’Allemagne devait changer de politique migratoire car la Suisse serait en ce cas, par un simple effet boomerang, violemment touchée du jour au lendemain. Puisse la Suisse ne pas être le dindon de la triste farce européenne.

07/10/2015

Grands principes ou Realpolitik ?

Jamais encore la tumeur cancéreuse qui se développe depuis des décennies au Proche et au Moyen Orient n'aura recelé un tel risque pour la santé de ce grand malade qu'est la Terre :

  • Elle continue d'envoyer ses métastases un peu partout sous forme de cellules terroristes, dormantes ou actives. Ainsi que des milliers de propagandistes qui savent si bien s'insinuer dans nos médias en distillant le discours parfaitement formaté que nous avons tellement envie d'entendre afin de n'avoir aucune décision à prendre
  • Beaucoup plus grave encore, avec l'aggravation du conflit en Syrie, elle attire les armées d’un nombre de plus en plus considérable de pays: de la région bien évidemment, des membres de l'OTAN que sont les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne (bientôt) et la Turquie au jeu plus que trouble et douteux. Ajoutez-y la Russie depuis quelques jours aux côtés de ce qui reste de l'armée de Bachar el-Assad et des forces iraniennes et vous obtenez un cocktail au potentiel détonant considérable. Surtout avec l'aveuglement stratégique de plus en plus épais de nos dirigeants politiques et militaires vis-à-vis de la Russie.

Le problème de nos dirigeants est qu’ils croient mordicus à leur propre propagande. Ils s’en vont par monts et par vaux pérorer sur notre responsabilité vis-à-vis de tel ou tel peuple, quand ce n’est pas de la planète entière. Sur notre devoir d’accueillir les millions de réfugiés qui forcent les portes de notre maison. Et sur notre devoir de défendre la démocratie. Tout ceci est aberrant et pour plusieurs raisons :

  • Premièrement car nos pays sont objectivement ruinés. Depuis les débuts de la mondialisation (et je m’en suis souvent ouvert dans ce blog) il règne une véritable schizophrénie : d’un côté nos gouvernements continuent de parler de solidarité et de partage des richesses pour obtenir nos voix alors que sitôt au pouvoir ils organisent le transfert légal des richesses vers une minuscule élite d’investisseurs
  • Deuxièmement car la crise des subprimes a révélé le degré de cynisme que nos élites ont atteint puisque les petites gens d’Europe et des Etats-Unis ont dû se saigner aux quatre veines pour sauver un secteur bancaire qui s’enrichit pourtant sur notre dos depuis des décennies
  • Troisièmement, car pour les raisons invoquées au point 1) et 2), nos armées sont depuis de nombreuses années des variables d’ajustement de nos budgets nationaux. C’est ainsi qu’il n’y a plus une seule armée en Europe digne de ce nom, et ce n’est pas le baroud d’honneur de la France au Mali (un conflit tout juste à sa mesure) qui me fera changer d’avis. Quant à l’armée des Etats-Unis, elle est visiblement épuisée et elle a, elle aussi, subi une sévère cure d’amaigrissement
  • Quatrièmement car chaque fois qu’un dictateur est tombé dans cette région il a été remplacé par un régime encore plus corrompu et sanguinaire.

Alors voulons-nous vraiment continuer de défendre les grands principes au détriment de nos intérêts politiques et stratégiques ? Je crois que c’est le dernier moment pour que nos nains politiques et stratégiques réalisent qu’il est temps de revenir à une forme de Realpolitik en réalisant l’union sacrée de nos pays avec la Russie dans cette lutte contre cette tumeur. Au risque, dans le cas contraire, de faire un pas de plus vers le bord de la falaise.

11/09/2015

Un moment charnière pour l'Europe

Nous vivons un moment charnière pour l’avenir de l’Europe. D’un côté il y a ces quelques dirigeants qui cherchent à défendre leur pays et l’Europe par la même occasion, contre la vague migratoire: ceux des 4 pays du groupe de Visegrad et ceux du Danemark. De l’autre, les dirigeants des autres pays, Suisse comprise, pris par l’hystérie convulsive qui secoue notre continent. L’Autriche quant à elle semble danser d’un pied sur l’autre. Combien de temps ces courageux dirigeants réussiront-ils à résister au rouleau compresseur allemand reste à démontrer. Quoi qu'il arrive, je les admire d'ores et déjà.

Ce phénomène d’hystérie collective est très intéressant car nous assistions depuis de nombreuses années à un clivage entre deux camps irréductibles : ceux qui rejetaient largement et pour différentes raisons une immigration extra-communautaire massive et ceux qui professaient avoir du cœur en voulant la faciliter. Ces camps ne bougeaient pas depuis longtemps. C’était le status quo et le dialogue de sourds.  Et depuis la photo, de nombreuses personnes de tous horizons ont basculé dans l’émotionnel et l’irrationnel, rompant ce status quo. Or, ce qui peut être admissible chez Monsieur ou Madame tout-le-monde est simplement inacceptable venant de personnes ayant aspiré à la charge suprême qui consiste à diriger un pays ou une communauté de pays.  

Pour la seule année 2015, ce sont environ 1.5 million de migrants qui entreront en Europe. Mais ce chiffre est trompeur car nous savons tous que l’immense majorité de ces migrants sont des hommes seuls et qu’ils exigeront le regroupement familial dès qu’ils seront installés. Ils généreront dès lors une immigration effective qui sera comprise dans une fourchette entre 3 et 5 millions de personnes. Beaucoup plus grave pour notre avenir, je ne vois pas qui aura demain le courage de refermer la porte maintenant qu’elle est si largement et si irrationnellement ouverte. Et prions pour qu'il n'y ait pas demain une guerre civile en Turquie car les dirigeants de ce pays, à force de jouer avec le feu, pourraient perdre un jour le contrôle de la situation.

08/09/2015

Il aura suffi d’une photo

Depuis de nombreux mois nous assistons à une cacophonie de plus en plus indigeste face au siège de notre continent, fait pas les millions de migrants potentiels fuyant la désespérance sans issue de leurs pays respectifs. Les Syriens, par exemple, après avoir fui la guerre civile en se réfugiant en masse au Liban et en Turquie sont décidés à se trouver un véritable avenir en Europe. Encouragés en cela par des passeurs pour lesquels c’est un business extraordinairement lucratif (pour rappel, un bateau avec 800 migrants « rapporte » un million de dollars). Or il y a des millions d’immigrants potentiels car de l’Afrique au Pakistan, il y de nombreux pays accablés par la misère due à des gouvernements corrompus ou à la guerre que les musulmans mènent aux musulmans ou les deux à la fois. 

Et que faisons-nous face à cela ? Après avoir dressé des barrières sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla et avoir tenté de dissuader les migrants potentiels de tenter leur chance, nous assistons à des gesticulations de la part de tous nos gouvernements qui ne savent simplement pas quoi faire face à cet exode. D’un côté ils voudraient fermer les frontières et de l’autre ils sont piégés par la soi-disant tradition humanitaire de l’Europe. 

Ainsi, nous avons eu le discours de fermeté sur la façon dont nous allions appréhender les bateaux affrétés par les passeurs afin de les bouter hors des eaux européennes. Puis les mêmes ont parlé de détruire lesdits bateaux. Je ne sais pas si l’Afrique est un grand cimetière à vieilles épaves mais visiblement, si cette politique est appliquée, elle ne sert strictement à rien. Et les voies se sont diversifiées. Aujourd’hui toutes les routes possibles et imaginables sont empruntées, comme si une digue s’était rompue. 

Face à l’évidence on a ensuite été spectateur d’une guerre des égoïsmes par médias interposés. Au cours de différents sommets européens, qu’il vaudrait mieux renommer les abysses européens, on a assisté aux pathétiques tentatives des différents pays de l’UE de se repasser la patate chaude. C’était à qui trouverait le meilleur moyen d’accueillir le moins de réfugiés possible. Des quotas de répartition ? Jamais de la vie. Et la Grande-Bretagne, traditionnel aimant à migrants, tentait de se calfeutrer tant bien que mal. 

On a passé ensuite à une guerre des chiffres. Impossible d’avoir un chiffre honnête sur ces vagues migratoires. Selon les uns il est entré 124'000 personnes en Europe cette année. D’autres nous parlent de plus de 300'000. Seule Mme Merkel a eu le courage de dire la vérité en disant que l’Allemagne allait accueillir 800'000 immigrants cette année. Sur la base de ce chiffre et en l’extrapolant à l’ensemble de l’Europe, il est plus que probable que le véritable solde migratoire pour 2015 se situera aux alentours de 1,5 millions. 

Et puis il y a eu la fameuse photo que tout le monde connaît. Depuis, d’une seconde à l’autre, et pour flatter l’opinion publique bouleversée, c’est à qui se montrera le plus vertueux. Les gouvernements, comme les simples citoyens, veulent tous faire partie des justes. La France est fière d’annoncer qu’elle va accepter 24'000 Syriens dans les 2 années qui viennent (cela rappelle Mme Sommaruga qui annonçait fièrement il y a un peu plus d’un an que la Suisse allait accueillir 500 Syriens). Comme si les migrants s’intéressaient à nos petits calculs d’apothicaires. Même David Cameron y est allé de son laïus humanitaire. Nous assistons depuis à une véritable forme d’hystérie collective. J’en veux pour preuve la haie d’honneur à la gare de Münich à l’arrivée d’un train de réfugiés ainsi que toutes les grandes déclarations vertueuses de politiciens qui n’ont d’yeux que pour les sondages d’opinion. 

En ce qui concerne l’Allemagne, elle a certes beaucoup, beaucoup à se faire pardonner, mais le seul point sur lequel je suis d’accord avec Mme Merkel est que cette vague d’immigration va changer le visage de l’Allemagne (et de l’Europe par la même occasion). Ce qu’elle n’a pas dit c’est dans quel sens.

30/05/2015

Blatter au conseil fédéral!

Ô je ne parierais pas une grosse somme d’argent sur la probité du bonhomme mais le voir tenir tête au DOJ américain me fait particulièrement chaud au cœur.

Cela fait des années, au minimum depuis l’affaire des fonds en déshérence, que notre pays est littéralement tyrannisé par les Etats-Unis. Et tout cela pourquoi? Parce que nous sommes riches et que nous sommes petits et sans amis. La recette idéale pour devenir le souffre-douleur du, plus pour longtemps, plus grand de la classe.

Alors les Etats-Unis sont-ils un pays tellement au-dessus de tout soupçon qu’ils peuvent se permettre de nous faire en permanence la leçon? Certainement pas! Nous savons tous à quel point ce pays traîne de casseroles et cela dès sa fondation, avec la quasi extermination des peuples amérindiens. Je ne vais pas refaire la liste connue de tous, de toutes les exactions, compromissions avec des dictatures d’extrême-droite, soutiens militaires actifs aux mêmes, renversements de gouvernements démocratiquement élus, guerres iniques, mensonges d’Etat, corruption des élites politiques, économiques et financières, soumission de la classe politique aux forces de l’argent. Etc… Etc…

Eh bien tout cela ne les empêche en aucun cas de vouloir aller faire le ménage chez les autres au lieu de commencer à remettre de l’ordre dans leur propre maison qui pourrit pourtant de la cave au grenier.

Alors puisque depuis toutes ces années de tyrannie nos Conseillers fédéraux brillent plus par les traces d’huile qu’ils laissent au fond de leurs pantalons chaque fois qu’un représentant du pouvoir US nous accuse de tous les maux, je m’écrie joyeusement:

  • Vive Blatter !
  • Blatter au Conseil fédéral !

13/04/2015

USA: Espérons que la doctrine Obama survivra à Obama

Sous la direction du Président Obama, la politique étrangère des Etats-Unis est en train de subir des changements considérables. Non seulement il a résisté à la folie de s’engager dans la guerre civile syrienne, même s’il y était poussé de toute part, y compris par son propre secrétaire d’Etat, mais il a imposé une nouvelle doctrine dans sa politique étrangère au Proche et au Moyen-Orient: «Leading from behind».

C’est excessivement heureux que les Etats-Unis ne soient plus seuls à assumer le rôle de gendarmes du monde et ne puissent plus être accusés, à la fois, de fomenter des guerres et de ne pas intervenir pour les éteindre. Il était plus que temps de cesser de «jouer» avec des problèmes géopolitiques que nous, en Occident, ne comprenons pas. Qui sont nos ennemis en Syrie ou en Palestine? Qui sont nos amis en Irak, en Arabie Saoudite, en Libye ou au Pakistan? Personne ne peut répondre honnêtement à ces questions. Et pourtant, depuis que les Etats-Unis ont armé les moudjahidines en Afghanistan à l'époque de l'invasion de ce pays par l'armée de l'URSS, la situation va de mal en pis. Partout où nous, coalitions entraînées dans le sillage des Etats-Unis, avons essayé de régler un problème, nous en avons créé dix. Aujourd'hui c'est à une véritable guerre de l'islamisme le plus borné, le plus radical, le plus rétrograde que la plupart des pays sont confrontés. Des fous barbares qui violent, séquestrent, tuent, terrorisent et décapitent. Les pays musulmans doivent inventer leur propre avenir. Décider de la place de l’Etat et de la religion pays par pays. Cette religion doit faire son aggiornamento et les peuples doivent prendre parti une fois pour toute entre une certaine vision de la modernité et l’obscurantisme et la barbarie.

En attendant que cela soit fait, nous devons les aider «from behind» et les confiner afin que leurs convulsions ne se répandent partout à la surface de la planète.

Si l’on y ajoute les heureux développements avec Cuba et avec l’Iran (même si j’espère que les précautions les plus implacables seront prises avec ce pays et ses projets nucléaires), on peut commencer à parler d’une véritable doctrine Obama en matière de politique étrangère et de restreinte dans l’usage de la force militaire.

Espérons que ces développements fondamentaux ne seront pas remis en question à la fin de l’ère Obama, même si un Président issu d’une aile des fous furieux du parti républicain le remplace.

07/01/2015

Charlie Hebdo: Cette folie barbare ne pousse pas hors sol

La menace avait été proférée il y a plusieurs années. Elle a été mise à exécution ce jour avec l'odieux attentat perpétré contre le journal Charlie Hebdo. 

De plus en plus de personnes en Europe s'inquiètent de ce qui est appelé «l'islamisation de l'Europe». Et systématiquement, les bonnes âmes se liguent pour dénoncer la xénophobie et les amalgames. Et pourtant ! Cette folie barbare ne pousse pas hors sol. Il lui faut un terreau, un humus. Son terreau, ce sont les écrits religieux considérés comme «sacrés» et pris au pied de la lettre. Son humus, ce sont les désordres sociaux et politiques au Proche et au Moyen-Orient et le déficit d’intégration dans les banlieues. Dont profitent une nuée d'opportunistes, de cyniques, de déséquilibrés, d'humiliés, de ratés, de laissés-pour-compte qui trouvent là une échappatoire à leur misère sociale, intellectuelle, morale et même sexuelle. Et entraînent une multitude d'âmes faibles, en mal de cause pouvant apaiser leur détresse et remplir leur vide intérieur. 

Ainsi, se renforce dans le monde une situation de plus en plus dangereuse où ces fous de Dieu, par l'intimidation, la menace, l'argent du pétrole, avancent leurs pions partout où il leur est possible de le faire. Ils s’attaquent avec systématique aux rares libertés dans les pays musulmans, suppriment les aspirations des femmes à mener une vie dans la dignité, lavent les cerveaux de jeunes à la dérive, intimident des gouvernements ou leur font croire qu'il leur est possible d'acheter la paix sociale en leur laissant la liberté de tisser leur toile. Partout où cela s'est déroulé, que ce soit en Algérie ou en Egypte par exemple, cela a fini dans le chaos. Et ce chaos social, politique, religieux déborde sur l'Europe par l'entremise de ces millions d'immigrés musulmans inondant nos pays depuis quelques décennies. Et combien de fous de Dieu pourchassés par leurs propres gouvernements qui connaissent leurs capacités de nuisance, en ont profité et continuent d’en profiter, pour venir ici pour mieux pouvoir poursuivre leur œuvre de reconquête des âmes et de mort à leurs ennemis. 

Aujourd'hui, le monde musulman, à l'exception, mais pour combien de temps encore, de la Malaisie et de l'Indonésie, est à feu et à sang. Et le monde devenant de plus en plus petit, cette folie est non seulement à nos portes mais elle est ici. Il y a encore 40-50 ans, un conflit qui se déroulait au Moyen-Orient était ressenti comme un événement éloigné. Aujourd'hui, ces mêmes conflits sont à quelques heures de vol. Des combattants vont et viennent entre nos pays et ces théâtres de guerre que sont la Syrie et l'Irak. Des cellules terroristes se développent au cœur de nos pays en profitant, là aussi, d'un terreau favorable pour se cacher dans des banlieues au fonctionnement et aux règles de plus en plus opaques. C'est la hantise de nos services de sécurité. Mais le discours politique de nos gouvernements reste ambigu. Nous n'osons pas dénoncer ceux qui sont devenus nos ennemis car la peur et l’autocensure se sont déjà infiltrées jusqu’au cœur de nos Sociétés. 

Cette barbarie ne pousse pas hors sol. Et elle nous concerne toutes et tous. Que nous soyons chrétiens, musulmans modérés ou athées.

14/07/2014

Israël: pourquoi ce pays est-il systématiquement accusé?

Chaque fois qu’Israël se fait attaquer par les activistes fanatiques du Hamas, on entend à longueur de médias occidentaux, des reportages sur les malheurs de la population palestinienne. Jamais un mot sur les malheureux Israéliens qui vivent entourés d’une marée de nations et de peuples qui, dans une proportion non négligeable, ne verraient pas d’un mauvais œil son éradication pure, simple et définitive. Israël est systématiquement appelé à modérer sa réponse militaire face à ces agressions répétées alors que ceux qui appellent ouvertement à sa destruction peuvent continuer de le faire en toute liberté. 

Puisque nos braves pays démocratiques, jamais en retard pour proférer des âneries, prônent la modération et la proportionnalité de la réponse militaire, j’aimerais savoir combien de temps, si nous étions la cible régulière d’imbéciles cherchant la confrontation et le chaos, nous resterions modérés dans notre réponse? Que je sache, en France par exemple, lorsque les jeunes des banlieues lancent des pierres sur la police, on envoie les CRS. Et ceux-ci ne sont pas particulièrement réputés pour leur délicatesse. Mais Israël, non! Israël est condamné à la proportionnalité de la réponse.

Un matin de la semaine passée, sur la RTS, un correspondant a parfaitement décrit ce qui est en train de se passer. Ceux qui dans la bande de Gaza, cherchent la confrontation, le font pour des raisons purement financières. Depuis que l’Egypte a été reprise en main et les Frères musulmans pourchassés par le nouveau régime, le Hamas a perdu son soutien financier. Pour essayer de sortir de cette asphyxie, les activistes ont à nouveau pris leurs concitoyens en otage en lançant des roquettes sur Israël, en sachant pertinemment et cyniquement quelle serait la réponse. Par cela, ils espéraient émouvoir la communauté internationale, comme d’habitude, mais surtout ouvrir les poches de certains régimes du Golfe toujours prêts à soutenir les causes les plus abjectes. 

C’est cela que nos Nations poltronnes et aveugles devraient dénoncer et pas le manque de proportionnalité de la réponse israélienne.

 

Ps: sinon je suis parfaitement d'accord avec l'analyse de JN Cuénod du 13-7-2014: "En Israël, à Gaza et partout… De la guerre comme système de vie

31/05/2014

Élections européennes: la France appartient-elle au Nord ou au Sud?

Il suffit de partir quelques jours en vacances pour retrouver, au retour, le chaos dans nos médias préférés. Partout il n’est question que de tremblement de terre, de séisme ou autre éruption volcanique pour qualifier les résultats des partis qualifiés de populistes ou d’extrême droite aux élections européennes du 25 mai.

La première chose qui m’étonne est que le résultat ne soit pas encore plus marqué. Lorsque vous avez 27 millions de chômeurs sur un continent où l’immense majorité de la population a été bien éduquée, que dans certains pays, entre 25 et 50 % de la jeunesse est au chômage, je m’étonne de la résilience des citoyens européens.

La deuxième chose, relevée par tous les observateurs, est que c’est là où cela va le plus mal que la droite extrême a fait ses plus mauvais scores. Est-ce le souvenir sans doute encore très présent des sinistres dictatures d’extrême droite au Portugal, en Espagne et en Grèce qui a retenu les électeurs de jamais revoter pour ces monstres? 

Comme en Suisse le 9 février, on voit clairement un fossé entre villes et campagnes. Paris a résisté à la vague Bleu Marine tout comme Londres a résisté à l’attraction du parti anti-européen UKIP. Les villes résistent encore car c’est là que se concentrent celles et ceux qui parviennent à tirer leur épingle du jeu de la mondialisation. Combien de temps serviront-elles encore de garde-fous contre la montée de la colère et de la frustration de toutes celles et de tous ceux qui sont laissés sur le carreau?

Face à la globalisation de l’économie, face au transfert des 27 millions d’emplois de l’Europe vers la Chine, face à l’immigration depuis longtemps hors de contrôle, nos «élites» n’ont aucune réponse convaincante. Ils continuent de refuser de regarder la dure réalité qui frappe nombre de leurs concitoyens. Ils continuent de prétendre que la mondialisation est une bonne chose alors que tout le monde peut se rendre compte de ses effets pervers.

Si elle avait été faite par une politique des cercles, permettant d’abord une remise à niveau des économies des pays du sud et de l’est de l’Europe, avant de s’attaquer à un cercle plus excentré et ainsi de suite, la mondialisation aurait pu réussir et elle aurait entraîné l’adhésion des peuples. En sautant la case européenne, proche et plus lointaine, pour aller directement à la case Chine, les architectes de la mondialisation ont clairement signifié leur mépris des peuples européens et étatsuniens et leur volonté forcenée d’un enrichissement facile, rapide et sans limites.

Nous reprochons souvent à nos «élites» d’échouer dans leur politique. Eh bien c’est faux! Ils n’échouent pas du tout. Ils réussissent au contraire à merveille. Si nous regardons le programme politique et économique des tenants de la révolution conservatrice dans les années 80 (voir entre autres les notes «Le néo-libéralisme nous mène à une impasse totale (1)» et «La fin de la classe moyenne»), nous nous apercevons qu’ils ont parfaitement suivi leur carnet de route. Ce n’est pas un échec. C’est un succès total. Enfin presque total. Il reste bien encore quelques vestiges de l’état social à détruire. Et ils ne s’arrêteront pas avant d’avoir saccagé ce qui reste de solidarité dans nos Sociétés. C’est cela que les peuples européens devraient comprendre et intégrer. Tout ce que nous vivons depuis la chute du Mur est voulu et délibéré. Ce n’est pas un échec de politiques plus ou moins malheureuses. C’est le très exact résultat de toutes les politiques voulues et savamment mises en œuvre par nos élites politiques et économiques.

Cela dit et à la décharge des tenants de cette politique, il faut bien avouer que les syndicats avaient abusé de leur pouvoir de rétorsion et de blocage de la société et des entreprises pendant les 30 glorieuses. Pendant mes vacances, je discutais avec un chef d’entreprise wallon. Il me faisait part de son désarroi par rapport à l’avenir de son pays. Il faisait une claire distinction entre la partie flamande, travailleuse, sans doute inspirée par le pragmatisme allemand et en bonne santé économique et la partie francophone trop calquée sur le «modèle français», arc-boutée sur ses acquis et incapable de redynamiser une économie sclérosée.

Face à une mondialisation irréversible, les pays qui s’en sortent (Allemagne, Suède, Norvège, Suisse, Autriche…) sont ceux qui se battent sur les marchés mondiaux et qui font face courageusement à leurs compétiteurs. Ceux qui coulent sont ceux qui cherchent pathétiquement à préserver leurs acquis. La France, elle, semble avoir un pied dans le camp des pays du Nord car elle se permet de flirter avec l’extrême droite et un autre, nettement plus important, dans celui des pays du Sud par son refus du changement. On se demande encore de quel côté elle va basculer.

05/05/2014

Etats-Unis vs CS: un repaire d'hypocrites

Les derniers développements concernant le Crédit suisse aux Etats-Unis démontrent à l’envi que la guerre économique contre la place financière suisse continue. Ce pays que j’ai longtemps aimé et admiré devient parfaitement grotesque à certains moments de son histoire lorsqu’il est instrumentalisé par quelques personnes en mal de notoriété ou par des intérêts particuliers (finance, pétrole, ogm...). 

Ce pays qui s’est tout de même construit en pratiquant deux des plus grands crimes contre l’humanité de toute l’histoire, à savoir la quasi extermination des peuples autochtones et la traite des noirs pour l’esclavage, a attaqué la Suisse dans l’affaire des fonds juifs en déshérence, car ce minuscule pays au cœur de l’Europe, entouré à 100% par les pays de l’axe, avait dû collaborer jusqu’à un certain degré avec ceux-ci.

Au 20ème siècle, il y a eu au nom de la Realpolitik et de la défense du monde dit «libre» une liste sans fin d’exactions, de soutiens à des régimes iniques, de guerres sales, le largage de deux bombes atomiques. Tout le monde sait cela.

Le 21ème siècle n’a pas mieux commencé avec l’attaque sous des prétextes parfaitement fallacieux de l’Irak qui a conduit à totalement déstabiliser ce pays et a entraîné une souffrance sans nom des populations civiles. Et cette guerre qui visait soi-disant à apporter la démocratie dans les pays musulmans a probablement contribué à faire exploser le fondamentalisme qui les ravage depuis lors. Et parfois leurs voisins. A l’image du chirurgien qui, en opérant une tumeur, va favoriser la propagation des métastases dans tout l’organisme.

Quant aux reproches adressés aux banques suisses contre l’évasion fiscale, oui, bien sûr que ces banques ont été actives dans ce domaine. Mais, exactement comme avec l’affaire des fonds en déshérence, il faut se replacer dans le contexte de l’époque qui fermait volontiers les yeux sur ce genre de pratiques. Deuxièmement, les Etats-Unis et les myriades d’avocats qui s’y activent, ont inventé des milliers de façon d’échapper au fisc. Et les banques suisses ne sont qu’un maillon de cette vaste industrie. De plus, ils abritent sur leur sol un paradis fiscal, le Delaware. Enfin, les monstrueux cadeaux fiscaux faits aux ultras riches par l’administration Bush ont coûté bien plus au fisc étatsunien que toutes les banques suisses réunies.

Vraiment, je déteste ce pays lorsqu’il se met à faire la morale alors qu’il ne fait que tordre le bras au reste du monde sous prétexte qu’il est, pour combien de temps encore, le plus fort. Quand donc ce pays cessera de n’être qu’un repaire d’hypocrites prêts à tout, y compris la force la plus brutale, pour défendre ses intérêts alors qu'il a BEAUCOUP à se faire pardonner?

 

10/03/2014

Le viol: une arme de guerre ?

Encore et encore, conflit après conflit, que ce soit au temps des guerres dans l’ex-Yougoslavie ou du nettoyage ethnique au Rwanda ou dans des guerres contemporaines en Somalie et en Syrie (la liste est tristement non exhaustive) on entend revenir ce constat de la part de représentants des Nations-Unies et des médias: «Le viol est utilisé comme arme de guerre».

Certes, ce phénomène a accompagné toutes les guerres depuis que le monde est monde, mais depuis 2 décennies il prend des proportions extraordinaires. Cela étant dit, peut-on néanmoins parler d’arme de guerre ?

Je dois dire que ce soi-disant constat m’insupporte. Il fait partie, à mon sens, de cette paresse intellectuelle du monde moderne où Il règne un conformisme souvent navrant. Une fois qu’une idée a été émise par qui que ce soit qui fait tant soit peu autorité, c’est repris à la vitesse des réseaux informatiques par l’ensemble des médias du monde entier et cela devient une vérité.

Je trouve qu’il est insupportable et inadmissible de prêter ne serait-ce qu’une once de pensée politique à ce qui n’est qu’une succession d’actes plus barbares les uns que les autres. Les hommes qui participent à ces ignominies sont des monstres, malades et frustrés qui utilisent la guerre pour assouvir leurs instincts les plus abjects.

Mettre un «nom» sur cette abjection revient inconsciemment à en atténuer la portée et les conséquences. C’est un peu toute proportion gardée, comme en médecine lorsque l’on met un nom savant sur une maladie à laquelle on ne comprend rien. Ensuite, lorsque le médecin nous annonce son diagnostic, on est rassuré, car, puisqu’il a mis un nom sur notre mal, on pense qu’il est capable de le guérir ce qui est loin d’être toujours le cas. Je dirais même que plus le nom savant est abscons et plus il cache l’ignorance de la médecine.

Ne laissons pas notre potentiel d’indignation être atténué par ce constat finalement lénifiant. Le viol est un acte barbare, qu’il soit commis pendant une guerre ou au coin des rues de nos villes. Ceux qui pratiquent le viol et toutes autres violences sexuelles, pendant ou hors conflits, sont des malades qui doivent être recherchés, poursuivis et punis avec le maximum de sévérité en fonction des circonstances.

28/01/2014

La France et son «problème» suisse

Heureusement, la grande majorité des citoyens français a une bonne image de la Suisse. Ils sont venus, viennent ou viendront passer leurs vacances dans notre pays. Il y a ceux aussi, travailleurs, cadres, chefs d’entreprise, qui viennent ici car ils savent qu’ils y trouveront un cadre de vie agréable et des conditions propices au développement de leur carrière ou de leur entreprise. 

Et puis il y a les autres. Ceux pour qui la Suisse n’est qu’un havre de bandits recyclant l’argent sale ou de citoyens indignes pratiquant l’évasion fiscale. Ils ne s’intéressent pas vraiment à notre pays, n’ont aucune intention d’en étudier le fonctionnement et les institutions et se plaisent simplement à répéter en boucles leurs poncifs: l’économie suisse est une économie du crime et il faut tout mettre en œuvre pour lui faire rendre gorge.

Je suis un auditeur régulier de France-Inter et cette attitude transpire en permanence sur cette antenne. Soit ce pays semble ne pas exister pour ses journalistes, soit il est question de paradis fiscal, d’évasion fiscale, etc.. Jamais ils ne s’intéressent à autre chose. Jamais ils ne cherchent à comprendre la véritable structure de notre économie. Jamais ils n’informent l’auditeur français que la finance ne représente que 10-13% du PIB. Jamais ils n’informent le citoyen français que la Confédération a un budget équilibré bien que les 2 grandes banques ne paient plus d’impôt depuis 2008 et la crise des subprimes. Et lorsque les journalistes évoquent le rejet, par le peuple, de certains objets pour améliorer les prestations sociales, ce n’est que pour mieux se moquer et il ne leur vient jamais à l’idée que si notre pays est globalement riche, c’est parce que nous sommes prêts à travailler d’abord et avons une approche très raisonnable et équilibrée des relations au sein de l’entreprise.

Dans ce pays dont les journalistes économiques et politiques ont une attitude si équivoque vis-à-vis de l’Allemagne et ses succès économiques, on en arrive facilement à la conclusion que ce pays obtient ses succès au détriment de ses partenaires européens.

Quant à la Suisse, n’en parlons surtout pas. Et pourtant, si l’Allemagne obtient ses succès économiques à cause d’un dumping salarial, que dire de la Suisse ? C’est probablement le pays du monde dont le coût du travail est le plus élevé au monde, dont la monnaie est en réévaluation quasi permanente (il suffit de regarder les cours des principales devises vis-à-vis du CHF depuis 40 ans) et pourtant nos entreprises survivent et prospèrent dans un environnement extraordinairement difficile. Depuis l’ouverture des frontières, des centaines de milliers d’Européens (chaque année nous sommes obligés de construire une ville de la taille de Lucerne) sont venus tenter leur chance ici. Ce qui a encore amélioré la productivité et permis l’expansion économique de notre pays.

Et que se passe-t-il pendant ce temps chez nos voisins ? Le chômage augmente et augmente encore. Et la catastrophe finale n’est évitée que grâce à des plans emplois pour les jeunes. Dans ce pays, il ne fait pas bon avoir moins de 27-28 ans et plus de 50 ans. Et il y a longtemps qu’ils «bénéficient» de la retraite à 60 ans et des 35h. Il n’y a bientôt plus qu’un noyau d’actifs devant soutenir un nombre de plus en plus important d’inactifs de toute catégorie. C’est effrayant. Quid d’une réflexion en profondeur sur les institutions ? Quid d’une remise en question de ces vieilles certitudes qui mènent ce pays à son déclin inexorable ?

Et dans un domaine plus léger, on retrouve cette même jalousie de certains journalistes, sportifs cette fois-ci, vis-à-vis des succès de notre pays. Impensable pour ces journalistes bon teint d’admettre et de reporter que nos sportifs obtiennent des succès. Ce qui pour d’autres donnerait lieu à une information méritant un développement est susurré du bout des lèvres lorsqu’il s’agit d’un sportif suisse. On l’a encore vu très récemment avec la fabuleuse, et méritée, victoire de Stan à Melbourne et la pauvreté avec laquelle celle-ci a été évoquée sur les ondes de cette radio, alors qu'une victoire dans un tournoi du grand Chelem est un événement sportif considérable. Lamentable.

La France est malade de sa croyance en la toute-puissance du Père, ce monarque dont ils ont fait rouler la tête dans la sciure mais pas dans leur cœur et dans leur tête. C’est un pays dont trop de citoyens et ce qui est plus grave, la vaste majorité des journalistes hypnotisés par la lumière du pouvoir, sont encore infantilisés par cette croyance absurde en l’omnipotence d’un seul homme. Et tant que les français n’auront pas fait une nouvelle révolution, des esprits cette fois-ci, ils resteront ces citoyens immatures, incapables de prendre leur destin en mains et attendant tout de la figure tutélaire, nommée tous les 5 ans avec les «pleins» pouvoirs (ce qui ne veut plus dire grand-chose aujourd’hui).

L’élite politique française aurait grand intérêt à étudier les institutions et le tissu économique de notre pays au lieu de se complaire dans ses certitudes qui ne racontent rien, n’expliquent rien et ne font que la priver d’une plus salutaire grille de lecture.