14/08/2011

Emeutes en Angleterre: le mauvais exemple vient d'en-haut

Selon David Cameron, les émeutiers sont, en gros, des voleurs, des brigands, des criminels de droit commun dont la place est devant les Tribunaux.

Si la violence ne se justifie jamais, s'il y a certainement eu une bonne partie de ces émeutiers qui ont profité de ces désordres pour s'approprier des biens auxquels ils n'auraient jamais eu accès par le fruit de leur travail ou leurs allocations sociales diverses, l'explication reste un peu courte.

Car, comme le relève Peter Oborne, l'éditorialiste politique en chef du journal «The Telegraph» : «la criminalité dans nos rues ne peut pas être dissociée de la désintégration morale des plus hauts rangs de la société moderne britannique. Les deux dernières décennies ont vu un déclin terrifiant des standards au sein de l'élite gouvernante britannique. Il est devenu acceptable pour nos politiciens de mentir et de tricher. [...] Il n'y a pas que la jeunesse sauvage de Tottenham qui a oublié qu'elle a des devoirs aussi bien que des droits, mais aussi les riches sauvages de Chelsea et Kensington.»

Ce constat se limite-t-il à la Grande-Bretagne et à son élite politique ? La réponse est clairement non. Cette gangrène morale sévit partout en Occident (je ne parlerai pas ici des pays émergents dont on connaît le penchant pour la corruption...). Et elle ne touche pas que les politiciens, mais aussi beaucoup de hauts responsables de l'économie.

Si l'on prend les Etats-Unis, tout le monde peut encore se rappeler la façon douteuse dont «W» a gagné les élections en 2000. Sans l'aide de son frère gouverneur de Floride et d'une armée de conseillers et d'avocats, pas sûr qu'il aurait été élu. Ensuite, on ne peut être qu'extrêmement préoccupé par la façon dont la droite ultra-libérale, souvent avec l'aide des religieux fondamentalistes a infiltré l'administration américaine, les universités, afin de s'assurer de tenir les leviers du pouvoir même en cas de victoire d'un démocrate. Les Etats-Unis qui se veulent un modèle de démocratie ont un sérieux problème avec celle-ci.

Au niveau économique, on connaît les dérives de beaucoup d'entreprises qui recourent à des spécialistes de PR pour diffuser des informations biaisées. On a vu également les bénéfices scandaleux des banques être redistribués à l'intérieur d'un petit cercle d'élus (140 milliards de $ rien qu'en 2010) alors que ces banques ont été sauvées avec l'argent du contribuable. Et il y a eu le scandale Enron. Mais pour un Enron qui est tombé, il y en a certainement dix qui ont eu la chance, ou l'habileté, de passer entre les gouttes.

Et la Suisse, est-elle mieux lotie ? Pas sûr. Là aussi il y a des liens incestueux entre la classe politique et les grandes entreprises. Et puis quelques jolis scandales qui continuent jour après jour et année après année. Il y a l'assurance maladie par exemple dont tout le système repose sur une soi-disant concurrence alors que l'opacité comptable la plus totale a été organisée avec beaucoup d'habileté par des comptables très créatifs. La gestion des fonds de pension sur lesquels je viens d'écrire un billet "Fonds de pension, un double danger". Un Monsieur Prix qui regarde passer les trains, à savoir la non répercussion de la baisse de l'euro et du dollar sur les produits importés et fait semblant de s'agiter dans son bocal, avec une efficacité inversement proportionnelle à son niveau d'agitation.

Dans le privé, nous avons eu il y a quelques années un ex CEO d'ABB dont j'ai oublié le nom qui, au moment de son départ, avait exigé un versement de plus de 160 million de $ sur son Fonds de pension, au motif que c'était «la seule façon pour lui de maintenir son niveau de vie». Et cela sans rire ! Nous connaissons aussi les salaires indécents de nombreux «capitaines d'industrie». Et le cas très récent de ces ex-directeurs de Swissmetal qui auraient (à ma connaissance encore au conditionnel) touché un confortable parachute doré (il y a eu tellement de lâchers de parachutes dorés dans nos économies occidentales ces dernières années, qu'on aurait bien pu, en 39-45, remplir suffisamment de forteresses volantes de tous ces parachutistes et gagner la guerre plus vite) juste avant de filer à l'anglaise, fortune faite.

Il paraît qu'un  proverbe chinois dit que «le poisson pourrit toujours par la tête». En tous les cas, il n'y a pas que les émeutiers anglais qui devraient être confrontés à la Justice

14:09 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tottenham, peter oborne, le poisson pourrit par la tête | |  Facebook

12/08/2011

Fonds de pension, un double danger

Parmi les mythes véhiculés par la Révolution conservatrice, il y a celui de l'efficacité supérieure du secteur privé sur le secteur public.

Outre qu'il n'est pas forcément extrêmement difficile d'être «efficace» lorsque l'on profite des infrastructures construites à coups de milliards par d'autres (exemple les voies de chemin de fer ou les routes et autoroutes ou les aéroports, etc.. construits par l'Etat justement), que l'on n'a pas une conscience sociale chevillée au corps (voire l'apparition des working poors depuis la dérégulation de l'économie) et que l'on n'hésite pas à aller faire faire tout ou partie de ses activités administratives ou de production en Inde et en Chine, il y a lieu de se poser beaucoup de questions. J'en ai déjà posé beaucoup dans ce blog. Mais aujourd'hui j'aimerais parler d'un autre sujet, celui des Fonds de pension.

En Suisse (mais ce système est également hyper développé aux Etats-Unis par exemple), les Institutions qui sont chargées de faire fructifier notre épargne déposée au titre du deuxième pilier sont entre les mains d'entreprises privées (banques et assurances). Celles-ci sont tenues de payer un taux d'intérêt minimum  en fin d'année (2,5 % à l'heure actuelle). Tout ce qui dépasse ce taux est tout bénéfice pour l'entreprise en question.

Pendant près de 10 années (en gros les 8 années du double mandat de Bill Clinton), Wall Street n'a fait que monter et a permis des plus-values substantielles (10-15 % de profit annuel alors que la Loi fixait le  rendement minimum à 4 %) aux entreprises s'occupant de nos fonds. Je n'ai pas souvenir que lesdites entreprises aient fait le siège du Conseil Fédéral pour se plaindre des plus-values indécentes qu'elles encaissaient sur notre dos. Par contre, au premier vent contraire, en 2001, on les a vues  exiger et obtenir bien entendu (ces entreprises parlent au gouvernement avec un mégaphone hyper puissant alors que nous, simples citoyens, sommes inaudibles), une baisse notable du rendement obligatoire versé aux cotisants (vous et moi). Ceci est une première iniquité notable et une perversion du système.

Dans ce billet, je ne vais pas parler du risque plus que substantiel que ces jeux boursiers font courir à notre épargne qui devrait, en toute logique et salubrité publique, être gérée en «bon père de famille». Non.

J'ai entendu il y a quelques jours que les Fonds de pension représentent environ 30% des acteurs du marché (boursier). Or quel est le but de ces Instituts de placement ? Nous enrichir ? Que nenni. Leur but est de dégager une marge aussi importante que possible entre les rendements qu'elles sont malheureusement (pour elles) obligées de reverser aux cotisants, et les plus-value à inscrire dans leurs Livres.

Et qu'est-ce qui fait à coup sûr grimper les actions d'une entreprise cotée en Bourse ? Oui, la destruction d'emplois.

Nous sommes donc dans un système totalement schizophrène et pervers où ceux qui sont censés défendre nos intérêts de travailleurs (en améliorant le rendement de nos retraites) sont aussi ceux qui, avec notre argent qui plus est, nous plantent un couteau dans le dos, en soutenant et récompensant tout ce qui détruit l'emploi, oui, y compris nos emplois !

Toute cette économie basée sur le profit maximum d'acteurs/prédateurs économiques, où l'Etat a démissionné y compris de son rôle d'arbitre, est gangrénée dans le plus profond de ses viscères car l'être humain n'a pas un niveau de conscience suffisamment élevé pour pouvoir tolérer la concentration d'un pouvoir aussi exorbitant entre les mains de quelques acteurs seulement.

Continuer cette course infernale vers la concentration de richesses, chaque jour plus indécente, entre les mains d'un cercle de plus en plus restreint de personnes (la concentration des richesses et des moyens de production est une dérive inévitable du système capitaliste laissé à lui-même) fait courir un risque mortel à nos Sociétés. Celui de retourner aux rapports de force entre individus dignes du paléolithique ou à une société féodale, avec toutes les convulsions qui en seront les conséquences inévitables.

Quand sortirons-nous de cette fascination pour les thèses de la droite affairiste qui conduit le Monde, par de multiples voies, vers sa propre destruction (et je n'oublie pas la faillite tragique des systèmes communistes) ?

10/08/2011

Il y a Humanisme et Humanisme

Merci à M. Pierre Weiss pour sa lettre publiée dans le courrier des lecteurs de ce jour, dénonçant les propos spécieux de Hani Ramadan concernant les attentats d'Oslo.

Les propos de ce monsieur sont empreints d'humanisme, mais seulement en apparence. Venant de quelqu'un qui s'est publiquement, et avec le porte-voix le plus prestigieux de la langue française (le journal «Le Monde»), déclaré en faveur de la lapidation des femmes, cela devient une dangereuse tentative de manipulation des esprits. Car, que je sache, il n'est jamais revenu sur ses propos.

Comment la TDG peut-elle continuer d'offrir une tribune (c'est le cas de le dire) à une personne qui est un des chevaux de Troie de l'islamisme radical et un des avocats de la Charia en Europe ? J'espère que personne n'est dupe de son double langage.

Je suis rarement en accord avec M. Weiss. Mais, là, j'approuve ses propos à 100%.

07/08/2011

Tottenham: entre rêve(s) et réalité ?

Ce quartier de Londres a été le théâtre, samedi, de graves émeutes. Un habitant parlant même de scènes lui rappelant la deuxième guerre mondiale.

Pour le néophyte, Tottenham c'est d'abord un club de football et accessoirement un quartier de Londres:

  • Le club a fait briller les yeux de milliers d'enfants et d'innombrables fans
  • Le quartier cumule toutes les dérives de notre (dés)organisation du monde à la sauce néolibérale

Ce qui se passe à Londres pourrait se produire demain n'importe où en Occident, tant les tensions sociales s'accroissent suite à 3 décennies de dérégulation, de délocalisation des moyens de production, de transferts de richesses, d'immigration massive, de pertes de repères.

Un porte-parole du Premier ministre a dénoncé les violences en disant qu'elles sont «totalement inacceptables», ce qui est juste et que «rien ne justifie les agressions subies par la police et le public, ni les atteintes à la propriété» ce qui l'est également, mais reste un peu court car cela n'apporte aucun éclairage sur ce que certains habitants de ce quartier endurent au quotidien. Ni sur ce que les mesures d'austérité prises par ce gouvernement font peser sur la vie quotidienne des plus pauvres et des plus défavorisés.

Entre rêve(s) et réalité, il doit être difficile, pour beaucoup, de faire ce grand écart dans leur vie quotidienne. Même si aucun lien n'existe entre ce club de football et les émeutes, comment accepter un système qui voit quelques sportifs, sous prétexte qu'ils sont les instruments de la machine à broyer les petites gens (le sport comme nouvel opium du peuple), avoir des revenus monstrueux, pendant qu'une large partie de la population vit d'allocations chômage, d'aides sociales diverses et d'expédients. Comment accepter un système qui tous les jours fait l'étalage de la réussite de quelques happy few (on vient, entre autres, d'assister au mariage planétaire de deux personnages ô combien inutiles à la bonne marche du monde) au détriment d'une immense majorité ayant un quotidien de plus en plus difficile.

Tout cela alors que les mauvaises nouvelles s'accumulent un peu plus tous les jours et que ceux-là mêmes qui ont créé le chaos (les banques, les économistes néo-libéraux, les grands actionnaires, les agences de notation, etc...) sont aussi ceux qui continuent de jeter de l'huile sur le feu en exigeant de nos Etats qu'ils éteignent tous les incendies qu'ils ont eux-mêmes allumés.

Ce comportement est inacceptable et est, comme déjà souvent évoqué dans ce blog, suicidaire. Nous ne sortirons pas de cette crise profonde par des rodomontades, du chantage et des menaces de la part de ceux qui détiennent les clés de l'économie. Il n'y a que deux façons de s'en sortir collectivement:

  • ramener les prélèvements obligatoires des plus riches aux niveaux d'avant la dérégulation, afin de rétablir une juste redistribution des richesses produites par le plus grand nombre
  • réindustrialiser nos économies afin que «l'économie réelle» soit à nouveau capable de produire des richesses socialement acceptables et qui profitent au plus grand nombre

Ces 2 actions sont une urgence nationale pour de nombreux pays de la zone euro et pour les Etats-Unis. On voit clairement que les pays qui s'en sortent le mieux (Allemagne et Suisse en tête, même si pour ce dernier pays la force de sa monnaie est une menace réelle), sont aussi ceux qui ont réussi à conserver un tissu industriel fait de PME actives, dynamiques, inventives et socialement responsables.

02/08/2011

Il nous manque un homme providentiel

Ce soir, j'ai écouté par intermittence le «Téléphone sonne» sur France-Inter, consacré à la crise de la dette. Face à l'accumulation de mauvaises nouvelles et à la gravité de la situation, un des intervenants a conclu en disant (je cite le sens de ses propos) «il nous manque un homme providentiel».

Voilà où nous en sommes: après 30 années de politiques délirantes (j'ai écrit plusieurs billets sur ce thème dans ce blog, voir entre autres "Bientôt l'heure de vérité", "La Grèce préfigure-t-elle ce qui nous arrivera à tous ?"), il nous faut nous en remettre à  l'émergence d'un hypothétique homme providentiel. Nous sommes 7 milliards d'habitants sur cette Terre et il manque UN homme (ou une femme d'ailleurs).

Nous sommes 7 milliards à voir que nous allons dans le mur, mais chacun, muré dans ses certitudes et centré exclusivement sur son nombril continue dans sa logique et ne s'arrêtera, peut-être, qu'une fois DANS le mur. On vient de le voir de façon éclatante avec la crise budgétaire aux Etats-Unis. Le parti républicain qui a trouvé encore plus extrémiste que lui en la personne du Tea Party, a poursuivi dans sa logique d'un refus acharné, mortel, collectivement suicidaire, source de terribles convulsions sociales, de toute hausse d'impôts des plus riches.

Croire que l'on va «régler» cette crise uniquement en diminuant les dépenses est une illusion ou une folie, car cela va entraîner des cascades de conséquences que personne ne peut anticiper véritablement. C'est littéralement jouer aux dés avec l'avenir.

«Il nous manque un homme providentiel».

C'est bien tout le drame de l'Humanité. Périodiquement nous nous mettons dans un pétrin monstrueux par la somme de nos égoïsmes et de notre inconscience collective et la «main invisible» n'est certainement pas la solution pour arbitrer les tensions, les désirs, les égoïsmes des uns et des autres, surtout que l'économie libérale permet à quelques-uns de devenir si puissants que la «main invisible» devient inopérante, n'étant que la main de quelques individus hyper riches et hyper puissants.

«Il nous manque un homme providentiel».

Régulièrement, à toutes les époques, l'Humanité s'est trouvée confrontée à ce choix et celui-ci n'a pas toujours été heureux :

  • Elle a crucifié le Christ
  • Elle a suivi Hitler (et d'innombrables autres dictateurs) jusqu'au bout de sa folie meurtrière

Elle a aussi fait quelques choix moins malheureux avec des êtres animés d'une force de progrès comme  Churchill ou Franklin Delano Roosevelt. Inutile de faire une liste.

Mais je constate que l'Humanité consacre très rapidement, très frivolement et très généreusement, avec une inconscience absolue, des êtres qui ne le méritent pas (des grands sportifs, des people, des chefs d'entreprise qui ne font au fond que du business, des faux prophètes) et les quelques phares de la Conscience qui illuminent les Siècles doivent en général souffrir mille morts et finissent régulièrement en martyrs, leur chair meurtrie par l'indifférence, la haine, la jalousie, les menées hégémoniques ou politiques de leurs contemporains.

Alors à quoi ressemblera notre «sauveur» du début du 21ème siècle ?

Cela donne le vertige de penser qu'encore une fois,  sans doute car elle n'est pas encore devenue adulte, l'Humanité est incapable de trouver son chemin sans devoir s'en remettre à un «homme providentiel». C'est encore la loi du plus fort qui règne dans le bac à sable du préau de l'école. 

Les leçons de l'Histoire n'auront donc servi à rien !

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31/07/2011

"Accident de personne" en gare de Gland

Cette annonce des CFF, revient régulièrement et souvent cela cache pudiquement un suicide dans l'une des nombreuses gares de Suisse. Aujourd'hui c'est la gare de Gland qui est touchée. Accident ou suicide, je ne sais.

Cela dit, j'ai souvent été effrayé par le peu de sécurité qui règne dans certaines petites gares de notre pays. Combien de fois ai-je assisté à ces scènes de familles se trouvant sur un quai, avec les enfants jouant et courant dans tous les sens, comme le font les enfants. Et soudain, sans avertissement aucun (au mieux un vague lampion qui s'allume quelque part où personne ne regarde et certainement pas des enfants), un « monstre » entre en gare à 100, 120 ou 160 kms/heure, à la stupeur des futurs passagers en attente sur le quai.

Un jour j'ai eu la peur de ma vie dans la petite gare de Mülenen, canton de Berne. J'attendais un petit train régional. Je m'étais un peu éloigné du centre du quai car quelqu'un fumait et cela me dérangeait. Soudain je vois un passager, à 20-30 mètres de moi s'avancer jusqu'à l'extrême bord du quai, au moment exact où un train Intercity à 2 étages approchait de la gare. J'ai crié. Je ne sais si le passager en question m'a entendu ou non, mais le fait est qu'il a pris conscience à la dernière seconde de l'arrivée de ce train et a reculé précipitemment. Une seconde plus tard et l'on assistait à un « accident de personne ».

Je m'en étais ouvert le lendemain au bureau responsable de la sécurité des CFF. Quelques jours plus tard j'ai reçu la réponse parfaitement officielle et lénifiante sur les mesures de sécurité que blablabla et blablabla.

Un an plus tard, je constate que les choses n'ont pas vraiment évolué, que les annonces de passage de train restent rares (cela semble laissé à l'initiative du chef de gare et ne semble pas être une politique systématique dictée par les CFF). Et il y a encore et toujours des « accidents de personne ». Qui ne sont pas tous des suicides !

Je verrais bien des annonces sonores systématiques et éventuellement que ces bandes blanches du bord des quais et destinées aux aveugles soient remplacées par des bandes en relief mais lumineuses, qui par leur clignotement s'ajouteraient aux signaux sonores pour annoncer le passage imminent d'un train. En tous les cas, tout renforcement de la sécurité serait le bienvenu.

28/07/2011

Un 1er avril en plein été

Où l'on apprend qu'une tour en bois dominera le Genevois (mais évitera-t-elle les traditionnels obstacles jetés en travers de tous les projets dans notre canton ...). Construite à la place d'un château d'eau en fin de vie, cette tour construite à Satigny aura une hauteur de 60m. Le reste de l'article publié dans la TDG du 27 juillet fournit tous les détails concernant ce projet.

Je ne sais pas vous, mais moi, cette tour me fait furieusement penser à un minaret. Tout y est en tous les cas. Cela aurait fait une excellente blague de 1er avril car, en l'état, ce projet ne mérite pas un autre sort

Ou alors, cela me vient soudain. Retouché ce "minaret" pourrait facilement devenir "crayon". On pourrait ainsi l'ériger à la gloire de la Maison Caran d'Ache. Cela ferait doublement sens:

  • honorer ce fleuron du tissu économique genevois
  • célébrer l'Année internationale de la forêt (but officiel du projet initial)

18/07/2011

Bientôt l'heure de vérité ?

En page 9 de la TDG de ce jour, 3 dépêches d'agences qui montrent l'évolution économique du monde à la sauce ultra-libérale:

  • La Chine, très attractive: au premier semestre 2011, les investissements étrangers en Chine ont été de 60,89 milliards de $, en hausse de 18,4% par rapport à la même période de l'année précédente (ce qui représente > 121 milliards sur une base annuelle et > 1'200 milliards sur 10 ans),
  • La zone euro joue son avenir cette semaine: le sauvetage de la Grèce impératif,
  • Dette américaine: la Maison-Blanche rassure, mais le temps presse.

Voilà, ces 3 dépêches résument de façon frappante et tragique, l'évolution du monde depuis le début de la vague d'ultra-libéralisme qui a commencé (en pratique mais pas en théorie) avec l'arrivée de Ronald Reagan au pouvoir en 1980 aux Etats-Unis et de Margaret Thatcher en 1979 en Angleterre.

Des décennies de désinvestissement en Europe et aux Etats-Unis sous prétexte de guerre idéologique contre les syndicats et tous ceux qui ont eu l'outrecuidance de demander, voire d'exiger, une plus juste redistribution des richesses en Occident, tout cela au profit de pays où des profits monstrueux étaient garantis aux actionnaires et aux investisseurs, touchent peut-être à leur fin (par K.-O. d'un des protagonistes). En attendant ce K.-O., cette dépêche prouve que le transfert d'investissements vers la Chine continue et même, se renforce.

Plus l'économie privée investit en Chine et plus elle renforce ce pays économiquement, politiquement et militairement. Moins elle investit en Occident, et plus elle affaiblit nos Etats sur tous ces plans. C'est un système de vases communicants qui finira très mal et tout cela à cause du monstrueux égoïsme de nos ultras riches.

Concernant l'Europe, on sait que de nombreux pays de la zone euro sont touchés et pas seulement la Grèce, ni même les PI(I)GS. Aux Etats-Unis, il nous est signalé que si un accord n'est pas trouvé avant le 2 août, les Etats-Unis devront couper leur budget fédéral de 40 % (!). Le spectre de 1929 est plus que jamais au-dessus de nos têtes.

L'avidité des ultras riches et la servilité des économistes et des politiciens qui se sont mis au service des menées de cette «élite» auront été telles qu'ils auront littéralement détruit leurs propres pays en 2-3 décennies. Un bon résultat si l'on songe que nos pays restent malgré tout leur base culturelle.

C'est vrai, ils pourront rehausser les murs de leurs citadelles avec des fils de fer barbelés et engager encore plus d'agents de sécurité pour avoir l'illusion de vivre comme si de rien n'était. Cela fera toujours quelques chômeurs en moins.

Cette façon des "marchés" et des agences de notation de pointer du doigt les pays qui se démènent dans des difficultés budgétaires insensées, provoquées par la déraison des acteurs de l'économie privée, par des politiciens serviles et par le sauvetage des banques ayant joué au Monopoly, est proprement insupportable. La seul façon de sauver ces pays en proie aux difficultés est:

  • d'accepter une hausse d'impôts de tous ceux qui ont si largement profité de la dérégulation de l'économie ces 30 dernières années
  • de rediriger massivement l'investissement de Chine (voir dépêche numéro une) vers les pays occidentaux qui souffrent le plus

16/07/2011

Provocation ou (grande) maladresse

Où l'on apprend qu'à Genève aussi, et cela depuis des mois (!), des musulmans prient sur le trottoir. Dans le cas qui nous occupe, devant le centre islamique des Eaux-Vives.

C'est intéressant la façon dont l'information parvient sur le devant de la scène. Parfois il faut quelques secondes alors que d'autres fois, le cheminement ressemble plus à celui de l'eau qui doit se frayer un chemin à travers des couches plus ou moins étanches.

Bien sûr, cette information n'a pas une portée planétaire. Mais pour être locale, elle n'en est pas moins importante car elle révèle, au minimum, une extrême maladresse de la part des responsables du Centre.

On a passablement parlé de ces rues qui, en France, sont régulièrement bloquées par des marées humaines en pleine prière et cela a légitimement crispé beaucoup de gens, laïques ou chrétiens. La communauté musulmane en Suisse, en tout cas ceux qui se prétendent ses porte-parole, se plaint volontiers d'être stigmatisée, voire ostracisée dans notre pays. La votation sur les minarets a laissé des traces dans certains esprits mais a démontré de façon éclatante que si la Suisse permettait à chacun de pratiquer sa religion, elle voulait mettre certaines limites à la visibilité de cette religion.

Alors comment, dans ces conditions, peut-on être aussi maladroit ? Parfois j'ai l'impression que pour ceux qui organisent et encadrent le développement de cette religion en Suisse en particulier et dans le monde non musulman en général, une des méthodes utilisées pour faire avancer leur cause ressemble à la façon dont les enfants «testent» leurs parents pour trouver les limites. Ils essayent quelque chose de nouveau et ils observent les réactions. Si cela «passe» alors cela devient un droit acquis. Si cela ne «passe pas», alors ils savent qu'il faut attendre encore quelques années car la situation ne leur est pas encore favorable. La seule certitude étant qu'ils réessayeront quelques années plus tard, en espérant que d'ici-là la situation aura suffisamment évolué en leur faveur pour obtenir un succès.

Donc je me demande si l'on est face à une maladresse ou à un test de notre capacité à faire respecter la Loi ?

Comme je l'ai déjà écrit plusieurs fois dans ce blog, je suis convaincu que l'islamisation de la Suisse et de l'Occident sont une réalité et que seuls les tenants d'un angélisme naïf et coupable refusent de le voir. Il y a eu  d'autres mouvements de fond, en d'autres temps, qui ont pu se développer ainsi silencieusement en Europe. Restons attentifs et convaincus de notre droit légitime à faire respecter nos Lois et nos traditions afin de ne pas nous réveiller, encore une fois, lorsqu'il sera trop tard.

19:41 Publié dans Sécurité | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : des musulmans prient sur le trottoir à genève | |  Facebook

14/07/2011

Rupert Murdoch enfin égratigné

Tous les médias se sont fait l'écho des péripéties concernant l'empire de presse de Rupert Murdoch, le magnat australien des médias.

Il lui est reproché, en Angleterre, d'avoir mis des personnalités sur écoute téléphonique, d'avoir soudoyé des policiers, de faire régner une forme de terreur sur les personnalités en vue (afin de mieux les manipuler) et de faire ou de défaire les premiers ministres.

Les gens concernés semblent stupéfaits, mais il n'y avait que les naïfs ou ceux qui feignent de l'être, pour avoir cru à la virginité de ce personnage. C'est un soulagement de constater qu'enfin la réputation de ce Monsieur et de son empire a été écornée et que ses menées pour accentuer sa prise de contrôle des médias britanniques est, au moins momentanément, stoppée.

En réalité, il serait judicieux que son empire soit démantelé afin de l'empêcher de jouer les faiseurs de rois et d'opinions plus longtemps. Car, au fond,  qui est ce Monsieur ? Quelle légitimité a-t-il pour se permettre d'influencer, chaque jour, l'opinion de millions de lecteurs, d'auditeurs et de téléspectateurs à travers le monde ? Ce n'est qu'un homme comme les autres, à la différence qu'il est très riche et qu'il a décidé d'investir son argent dans la manipulation de l'opinion et pas dans la liberté et la pluralité de l'information.

Mais ce Monsieur n'est pas le seul à poser problème. Il y a d'autres magnats de la presse et de l'économie dans le monde. Certains sont connus comme Silvio Berlusconi en Italie (un autre parangon de vertu et un éminent adepte de la crétinisation des masses), mais la plupart sont inconnus, cachés au sein du Conseil d'administration des Sociétés anonymes.

On voit, une fois de plus, avec cet exemple (et l'on est certainement loin de tout savoir sur l'éventail de ses influences), combien il est dangereux de laisser l'économie privée s'emparer de certains domaines d'activité, sous le regard passif de l'Etat. Ce qui au départ semble n'être qu'un libre jeu de la concurrence, finit rapidement, à coup d'achats et de fusions, par créer des «monstres» qui deviennent si puissants, qu'ils dominent totalement le marché dans lequel leurs talents s'exercent:

  • Ils créent une situation de quasi monopole (ou alors ils créent un cartel déguisé avec les 1-2 «concurrents» qui ont eux-mêmes survécus),
  • Ils dégagent des richesses monstrueuses, mille fois suffisantes pour s'attacher les talents de n'importe quel expert car quand on fait 10-40 milliards de bénéfice (de n'importe quelle devise qui se respecte encore), ANNUELLEMENT, on peut littéralement s'attacher les services de n'importe qui (politiciens y compris) et pour une infime fraction de cette somme,
  • Ils peuvent créer et diffuser une information qui ressemble fallacieusement à de l'information objective mais qui a été «mise en boîte», à notre insu, par une agence spécialisée dans la manipulation de l'opinion publique,
  • Ils peuvent faire pression sur qui bon leur semble pour parvenir à leurs fins

Aujourd'hui, l'Occident n'est pas en danger imminent de basculer vers l'extrême droite ou l'extrême gauche (même si les Etats-Unis des Républicains sont, pour de multiples raisons, une source de réelle préoccupation). La tentation totalitaire existe pourtant et elle se trouve cachée au sein des conseils d'administration de ces grands groupes financiers, industriels, pharmaceutiques, médiatiques qui couvrent la planète entière et dirigent le monde à leur guise.

Afin d'éviter des lendemains très douloureux, et dans un monde idéal, nous devrions, à l'échelle de la planète, décider de démanteler toutes les sociétés dont le chiffre d'affaire dépasse 5-10 milliards de dollars. Il est inacceptable, car hautement malsain et dangereux, de continuer de voir de multiples sociétés privées produire des chiffres d'affaires qui dépassent largement le PIB de nombreux pays.

30/06/2011

La Grèce préfigure-t-elle ce qui nous arrivera à tous ?

La Grèce a sans doute fait des erreurs qui lui sont propres. Mais elle partage une forme de désespérance avec beaucoup d'autres pays européens:

  • L'endettement est stratosphérique,
  • La jeunesse a un avenir plus sombre que celui de la génération qui l'a précédée,
  • Le tissu industriel s'est réduit comme peau de chagrin,
  • Les richesses sont de plus en plus entre les mains de quelques-uns seulement,
  • Nous assistons, impuissants, à la montée en puissance de la Chine (alimentée, comme une chaudière à vapeur, par les formidables investissements effectués par nos entrepreneurs avides de richesse facile) qui sera un redoutable gendarme du monde qui fera, un jour, passer les Etats-Unis pour d'aimables tigres de papier.

Dans une excellente chronique il y a une dizaine de jours, M. Claude Monnier (j'adore sa façon d'écrire et le recul qu'il prend sur les événements pour en dégager les lignes de force potentielles), posait la question de savoir si nous retournions vers une Société féodale. Cette question est totalement pertinente car l'évolution de nos Sociétés fait craindre cette régression, certes sous une forme différente. J'ai à de nombreuses reprises évoqué cette dérive dans différents billets et je ne peux donc qu'abonder dans son sens (voir notamment "Sur les traces des Etats-Unis", "Le (non) sens des responsabilités du secteur privé", "La démission de l'Etat", "Un viol de la démocratie (directe)").

Ce qui arrive à la Grèce ne se limite pas à ce pays. En fait, tous les pays occidentaux sont touchés, peu ou prou:

  • On connaît la situation tragique des Etats-Unis (voir les "Etats-Unis au bord de la banqueroute ?") qui, s'ils n'étaient pas les Etats-Unis justement, auraient déjà depuis longtemps, été sanctionnés par les marchés,
  • Il y a les PI(I)GS,
  • Et hier, on apprend que si l'endettement public en Suisse est sous contrôle, l'endettement privé est si élevé, qu'au moindre éclatement d'une bulle immobilière, c'est tout le pays qui pourrait chavirer,
  • Et ne parlons pas du risque systémique que les grandes banques font courir à notre pays.

Et pendant ce temps «nos» riches sont de plus en plus riches et le reste de la population s'appauvrit d'autant. Sans que nos brillants économistes ne semblent voir le moindre danger et la moindre incongruité à l'évolution potentiellement terrifiante de la situation. Au contraire, ils semblent dire, comme les communistes le disaient, mais à propos du communisme, au bon vieux temps du Stalinisme, que si le libéralisme n'a pas encore démontré tous ses bienfaits, c'est parce qu'il n'y a pas encore assez de libéralisme.

L'Occident paye en fait un double prix:

  • L'ultra-libéralisme
  • Poursuite d'une immigration massive de populations qui voient encore en nos pays des espaces immensément riches où ils pourront trouver une nouvelle chance pour eux et leurs enfants, ce qui risque d'accélérer notre chute par les tensions que cette immigration massive font peser sur notre lien social et sur nos assurances sociales quasi toutes exsangues.

Ce qui me surprend le plus est l'extrême passivité avec laquelle, nous peuples européens, assistons médusés:

  • A cette terrible régression,
  • A la façon dont les ultras riches mènent cette guerre sociale contre nous.

Des échauffourées dans les pays les plus touchés par l'austérité imposée par les marchés, les ultras riches, nos classes politiques inféodées aux puissances de l'argent  seraient, au fond, un signe que la vie circule encore un peu dans ce demi-moribond qu'est l'Europe. Une trop grande passivité ne serait pas le signe d'une grande sagesse, mais la mesure du désespoir des peuples européens.

Le tableau est sombre. Les années qui viennent (si ce n'est les mois ou les semaines) nous diront dans quelle mesure il correspond à la réalité.

27/06/2011

L'insécurité est-elle subjective ?

Alors que nos «autorités» fédérales et cantonales et tous les tenants d'un angélisme à toute épreuve, continuent inlassablement de clamer que le sentiment d'insécurité dans la population est largement subjectif, deux informations qui indiquent le contraire:

  • Dans la TDG du 24 juin, une page sur le dernier rapport de la FEDPOL, dont le sous-titre est: «La mafia calabraise renforce sa présence en Suisse. Mais elle n'est pas la seule. Les réseaux criminels géorgiens, balkaniques ou africains sont solidement implantés, note la police fédérale».
  • Vendredi passé, une amie venant de Marseille était dans une voiture avec 2 amis, derrière la gare. Soudain, un homme de type caucasien, parlant une langue totalement inconnue d'elle a surgi, a ouvert les 2 portières avant droites en faisant de grands gestes pour attirer l'attention des occupants du véhicule. Pendant ce temps, un complice ouvrait la portière de l'autre côté et dérobait les sacs à main.

Evidemment, la portée de ces 2 événements n'est pas la même:

  • D'un côté, et tout ce qu'il y a de plus officiellement, on parle de crime organisé avec tout le danger que cela représente, car une fois ces mafias installées, il est d'une extrême difficulté de faire cesser leurs activités (un seul pays y est-il seulement parvenu?). En 2000 déjà, je lisais un livre édifiant, «La mafia albanaise», écrit par Xavier Raufer et Stéphane Quéré qui démontrait la terrifiante montée en puissance de cette mafia ultra-violente partout en Europe. Je ne vois pas comment les activités de ces différentes mafias «solidement installées» et donc «solidement» actives pourraient n'avoir aucun retentissement sur le quotidien des Suissesses et des Suisses
  • De l'autre côté, le quotidien banal de beaucoup de concitoyennes et de concitoyens confrontés presque quotidiennement aux agissements de ces «petites frappes» qui trouvent 1001 astuces plus ou moins violentes pour dérober des richesses aux honnêtes citoyens qui travaillent durement pour gagner leur vie.

Et pendant ce temps, le message de la classe politique reste que tout va bien dans le meilleur des mondes. A quand une distribution généralisée de Valium pour calmer ces angoisses sans fondements ? Alors je pose ces quelques questions:

  • Jusques à quand les autorités politiques de tous nos pays (la classe politique suisse n'a pas l'exclusivité de l'aveuglement) continueront de penser qu'il suffit de cacher les problèmes sous la moquette pour qu'ils cessent d'exister?
  • Jusques à quand les autorités politiques de tous nos pays resteront-elles aveugles au fait que c'est leur attitude coupable qui attise cette lente montée de l'extrême-droite européenne et non pas une xénophobie ou un racisme intrinsèques des peuples européens?

Si ce n'est déjà fait, un jour prochain, la Suisse et l'Europe, auront perdu la bataille de la sécurité. Et pourtant celle-ci, sous toutes ses formes, est un des socles fondamentaux d'une Société, de sa prospérité et du bien-vivre ensemble.

15/06/2011

Berne tergiverse face à la prostitution des mineurs

On nous annonce que les Chambres sont unanimes pour remonter l'âge légal de la prostitution de 16 à 18 ans, mais que le Conseil fédéral se montre pointilleux.

Cela fait des années que ce sujet gravissime est sur la table, de même que la ratification de la Convention européenne sur la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels. Et le Conseil fédéral n'avance vraiment ni sur l'un ni sur l'autre. Sa justification est que la Suisse préfère répondre aux conditions de la Convention plutôt que d'avancer vite en remontant l'âge légal de la prostitution.

Je ne connais pas tous les tenants et les aboutissants de ces sujets certainement complexes, mais dans le principe, ces sujets sont brûlants et mériteraient des décisions hardies, rapides, volontaires et déterminées.  

Tout parent peut ressentir dans sa chair ce que ces sujets peuvent éveiller d'émotions. Tout parent souhaite que ses enfants soient respectés et protégés. Tout adulte, parent ou non, devrait tout mettre en œuvre pour protéger les plus faibles d'entre nous, les enfants.

Doit-on attendre que les clients prennent l'habitude de rendre visite à des prostitué(e)s mineur(e)s ? Doit-on attendre que les réseaux mafieux s'engouffrent dans cette double brèche, le trafic d'êtres humains et la prostitution des mineur(e)s ? Doit-on attendre qu'un véritable "Milieu" se mette en place en Suisse ?

Nul doute que notre gouvernement fédéral a beaucoup de travail. Nul doute qu'il est probablement sous-dimensionné (autre débat) mais cela excuse-t-il qu'il avance si lentement sur des sujets aussi graves ? Cela excuse-t-il que ce ne soit pas sa priorité, car pendant toutes ces années, la Suisse a signé de nombreuses conventions, lois et règlements de toutes sortes.  

Pour ma part, j'ai honte de vivre dans un pays qui accepte la prostitution d'enfants de 16 ans. J'ai honte de vivre dans un pays incapable de signer la Convention européenne sur la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels.

03/06/2011

Le b.a.-ba de la manipulation

En page 4 de la TDG de ce jour, un article sur Oskar Freysinger, homme politique qui fascine vraiment ses ennemis. Pour illustrer l'article, une photo qui montre M. Freysinger la bouche grande ouverte, le verbe probablement haut (c'est ce que la photo veut suggérer) et qui s'apprête à taper sur la table pour mettre les points sur les i.

Je constate que c'est vraiment une habitude de montrer, par l'image, ceux que l'on veut discréditer, en tapant toujours sur le même clou. Quelques exemples :

  • Christophe Blocher: Sur toutes les photos paraissant dans la presse romande, Il a l'air à la limite de l'arriération mentale. Or, que je sache, il a été un brillant entrepreneur et je doute que cela soit à la portée d'une personne souffrant d'un tel handicap
  • Georges W Bush: à partir des attentats du 11 septembre 2001, on n'a plus vu qu'une seule photo, celle du va-t-en-guerre, agressif et teigneux
  • Oskar Freysinger: la photo choisie indique, peut-être, que la presse veut dorénavant en faire un leader de l'extrême droite européenne

Je trouve ce procédé journalistique vraiment navrant de paresse. Et les vraies questions ne sont même pas abordées :

  • Christophe Blocher: j'ai de sérieux doutes par rapport à ce Monsieur, car j'ai la furieuse impression que sa volonté farouche de défendre la Suisse contre certains excès de l'ouverture des frontières cache un autre agenda qui est la libéralisation, à outrance, de l'économie suisse. Je serais beaucoup plus intéressé par un article qui ferait un véritable travail d'investigation pour nous démontrer qui est vraiment Christophe Blocher et si oui ou non il utilise le thème porteur de la lutte contre l'immigration pour faire avancer un autre dossier. Hélas, peut-être que d'aller fouiller dans ces dossiers-là serait plus inconfortable pour les médias concernés et leurs propriétaires
  • Georges W Bush: c'est un constat semblable en ce qui concerne l'ancien président. Voilà un personnage qui a incarné le pouvoir suprême pendant 8 années, alors qu'il n'était que la marionnette de ceux qui avaient une vision, ô combien nuisible, pour la Société américaine et pour le Monde (voir mes précédents billets «Les Etats-Unis au bord de la banqueroute?», «La démission de l'Etat» et «Le (non) sens des responsabilités du secteur privé». J'aurais aimé lire une étude vraiment critique sur les liens incestueux entre le pouvoir politique et l'économie. J'aurais aimé lire une étude fouillée sur tous les dégâts législatifs à l'encontre du droit du travail, de la protection de l'environnement, de la protection des consommateurs, du monstrueux transfert de richesse des pauvres et de la classe moyenne en faveur des ultras riches. De tout cela, rien, ou si peu. Il est tellement plus facile de dire des choses convenues et qui recueilleront d'emblée l'assentiment de tous les européens, que de faire un véritable travail d'investigation pour montrer comment les idées ultra-libérales sont en train de mener les Etats-Unis, et l'Occident par la même occasion, à un déclin brutal, violent et inéluctable. Mais là aussi, il serait sans doute moins confortable d'aller fouiller dans ces dossiers-là pour les médias concernés et leurs propriétaires
  • Oskar Freysinger: j'apprécie ce Monsieur lorsqu'il met en garde les Européens contre une islamisation rampante de l'Europe. A mon avis ce risque est réel (voir mes billets "Faut-il accueillir toute la misère du monde ?" et "De quoi parle-t-on ?"). Ce n'est pas être d'extrême droite que d'oser dire tout haut ce que la plupart pensent tout bas (le «politiquement correct» oblige). Cette façon de jeter l'opprobre sur ceux qui osent évoquer de vraies questions de société est une sorte de terrorisme du bien-penser avec lequel la gauche croit naïvement résoudre certaines problématiques. Maintenant, si M. Freysinger dérivait vraiment vers l'extrême droite, cela me serait parfaitement insupportable. Mais cela n'est pas le cas aujourd'hui et c'est lui faire un procès d'intention que de suggérer cela. J'aimerais que les médias écoutent ce qu'il dit au lieu de lui coller une étiquette infamante. L'avenir nous dira quelle sera son évolution réelle et je ne suis pas intéressé par les fantasmes des journalistes

 

31/05/2011

Le bio pointé du doigt

C'est le titre tapageur de la manchette et d'un article du 30 mai, concernant cette bactérie tueuse qui sévit en Allemagne notamment, du journal «Le Matin», qui est au journalisme d'investigation ce que le « Mc D... » est à la gastronomie.

Depuis de nombreuses années, l'agriculture intensive impose ses méthodes en se voulant la seule façon sérieuse, scientifique, de faire pousser nos aliments. Cette agriculture impose ses méthodes qui ne s'intéressent pas à la vie des sols car elle impose à ceux-ci des intrants chimiques qui sont censés apporter les conditions nécessaires et suffisantes à la production de bonnes récoltes, et surtout en quantités abondantes. Sa deuxième revendication est de sécuriser l'apport alimentaire de l'Humanité en protégeant les récoltes contre tous les organismes nuisibles.

On a appelé cela la « Révolution verte », nom qui n'est qu'une pure imposture, car cette approche n'a rien de « vert ». C'est une approche dogmatique, violente, irrespectueuse des grands équilibres biologiques et bactériologiques  des sols et des plantes.

Je vois de grandes similitudes dans les méthodes, la propagande et l'absence de confiance dans les capacités d'auto-défense des organismes vivants entre l'agriculture intensive et  la médecine allopathique (voir mes billets "Quatre Suisses sur dix feront un cancer (1)", "Quatre Suisses sur dix feront un cancer (2)" et "La médecine allopathique est-elle la médecine de demain"). Je constate:

  • La même arrogance (nous seuls détenons la vérité et protégeons l'Humanité contre toutes les horreurs qui la menaceraient sinon à tout instant
  • La même revendication d'être la seule approche sérieuse, fondée sur une connaissance véritablement scientifique
  • Le même irrespect de certaines réalités biologiques et bactériologiques. Je rappelle quand même que l'usage immodéré des antibiotiques chez l'homme et chez l'animal est en train, depuis des décennies, de créer des souches de bactéries de plus en plus résistantes et je ne vois rien de «scientifique» dans cette colossale catastrophe en cours de préparation. Parallèlement, le recours immodéré aux intrants chimiques et aux pesticides est en train de créer des sols stériles qui ne produisent que grâce à l'ajout obligatoire desdits intrants. On ne peut imaginer ce qu'il adviendra de la sécurité alimentaire de l'Humanité le jour où le pétrole sera devenu si cher et si rare qu'il ne pourra plus être utilisé pour l'agriculture
  • La même peur et la même absence de confiance dans la vie puisqu'il faut en permanence et en toute circonstance se substituer aux protections naturelles (système immunitaire chez l'être humain, équilibre bactériologique des sols et des plantes dans l'agriculture)
  • La même fuite en avant, à toute vapeur, dans le même mur

Il est parfaitement surréaliste d'accuser l'agriculture biologique d'être dangereuse alors que l'alternative, l'agriculture intensive, est une bombe chimique permanente qui pollue nos sols, nos aliments et les nappes phréatiques, créant des problèmes que nos enfants payeront de leur santé et dont ils devront supporter les effets délétères pendant des générations. C'est le même procès en sorcellerie qui est fait à la médecine alternative qui cherche à comprendre certains mécanismes pour y remédier plutôt que de chercher anxieusement à supprimer les symptômes.

Cela rappelle tellement la fable de La Fontaine, «Les animaux malades de la Peste» où les animaux les plus puissants condamnent le plus faible et le plus innocent d'entre eux:

  • En admettant qu'une exploitation utilisant l'agriculture biologique soit responsable de cette épidémie au travers du fumier utilisé pour engraisser les sols, ce qui n'est pas prouvé (et même si cela devait être le cas, rien ne nous dit que l'on n'est pas confronté à une variété de bactéries résistantes aux antibiotiques si largement utilisés dans l'élevage du bétail), il sera intéressant de voir avec quel acharnement l'establishment va s'attaquer à l'agriculture biologique alors qu'il ferme les yeux sur les dégâts considérables commis tous les jours contre la Vie par l'agriculture intensive
  • C'est exactement la même situation en médecine. Nous savons tous qu'il existe des maladies iatrogènes, c'est-à-dire créées par l'usage et parfois l'abus de médicaments allopathiques, maladies qui peuvent conduire, et qui conduisent, au décès de trop nombreux malades. Et tout le monde s'en fout, car il semble parfaitement normal de mourir « scientifiquement ». Mais si par malheur, un médecin homéopathe devait être responsable de la mort d'un de ses patients, il serait immédiatement crucifié sur la place publique.

Ce n'est que par nos choix de consommateurs, de citoyens, de malades que nous pourrons influencer, un tant soit peu, les grands choix des puissants qui nous gouvernent. On a vu en Tunisie et en Egypte que des régimes qui semblaient indéboulonnables se sont effondrés en quelques jours comme des châteaux de sable (même s'il reste tout à faire pour ces peuples). Je rêve du jour où l'Humanité fera le choix conscient de la Vie au détriment de méthodes trop souvent dangereuses pour son avenir.

 

22/05/2011

Genève a mal à son développement

Ce constat n'a rien d'original et pas besoin de diplôme en urbanisme pour s'en rendre compte. Mais bravo à la TDG pour tous ses dossiers thématiques concernant le développement de Genève.

Il apparaît malheureusement trop souvent qu'il est plus facile de déplacer les Alpes que de faire bouger Genève. Entre les multiples projets souvent intéressants, les non moins multiples oppositions souvent très égoïstes, cette satanée frontière qui rend tout projet beaucoup plus difficile et ces épices si particulières que sont les « Genferei », on arrive à une situation digne de Kafka.

Genève a une réputation mondiale dont peu de villes au monde peuvent se targuer. Et Genève hésite visiblement entre se développer pour être enfin à la hauteur de sa réputation et rester un grand village écartelé entre le dynamisme de son économie et des tracas administratifs apparemment sans fin.

L'agglomération genevoise compte près de 800'000 habitants. Cela commence à être respectable mais c'est aussi un seuil  à partir duquel cela commence à générer de grosses difficultés, de logement et de transport notamment. D'infrastructures en général.

Il est temps, me semble-t-il d'être courageux et ambitieux. Certes, des projets sont en cours, mais :

  • Sont-ils suffisants?
  • Les projets immobiliers sont tous au point mort
  • La construction de nouvelles lignes de tram, pour être une bonne chose, ne vont pas répondre aux besoins de mobilité de la population. A la vitesse à laquelle les trams avancent dans cette ville, on va presque aussi vite à pied. Donc ce n'est qu'une demi-solution.

Genève a besoin de se moderniser. Genève a besoin d'une véritable vision pour son avenir. Le CEVA (même s'il n'est pas parfait) doit en faire partie. La plage Cramer (à défaut d'un autre nom) aussi. Le projet PAV également. Et l'autoroute de contournement de Genève, par l'est, est un excellent projet, mais prévu à l'horizon 2030-2040 (autant dire dans une autre vie). Hélas, tous ces projets (et de nombreux autres) sont englués comme chacun sait. Et si tous ces projets sont intéressants, ils ne suffiront même pas, car la ville a pris tellement de retard dans certains domaines qu'il lui faut faire un grand « bond en avant ».

Côté transport

Genève a besoin d'un véritable réseau de RER, avec passage en souterrain sous la ville. Le CEVA pourrait être le début de ce réseau, mais il ne suffira pas. On ne peut plus résoudre les problèmes de transport d'une agglomération de 800'000 habitants avec des trams. Il faut un système de métro/RER afin de relier les grands centres de développement de l'habitat avec les centres d'affaires, même s'il faut encourager le développement de projets qui offrent, sur un même site, des emplois et des logements.

Genève a besoin de terminer l'autoroute de contournement par l'est et ne peut attendre 2030 ou même 2040 ou une échéance tellement déraisonnable.

Côté logement

Nous connaissons les projets en cours. Je n'y reviendrai pas.

Je trouve qu'il serait intéressant de construire un véritable campus universitaire,  en campagne, qui réunirait toutes les Facultés et des logements pour étudiants en quantité suffisante (pourrait même servir de village olympique si Genève devait conserver l'espoir d'organiser un jour les Jeux olympiques). Le tout relié au centre-ville par une ligne de RER efficace. Les bâtiments universitaires désaffectés, qui se trouvent tous au centre de la ville, pourraient être transformés en logements (les surfaces concernées pourraient représenter des centaines, voire des milliers de logements) et/ou en surfaces commerciales, industrielles ou de bureaux.

Côté aménagement de la ville

Genève a besoin d'un bâtiment ou d'un quartier emblématique. Le jet d'eau (magnifique) et l'horloge fleurie (désuète)  ne suffisent plus. Il faut construire quelque chose qui sera une image de la ville qui pourra identifier Genève partout dans le monde.

Genève  a totalement raté le virage des zones piétonnes. Oui, il existe un projet et il est temps de l'amener à la vie. Nous sommes très forts pour générer des richesses, mais quand il s'agit de créer un environnement convivial et quelque peu (n'exagérons pas tout de même...smile) festif  dans la ville, alors là, les imaginations sont comme mortes. C'est un des causes de l'absence de vraies zones piétonnes.

Même constat avec la rade de Genève. S'il y a un léger mieux (par rapport à ce qui était un désastre), on est encore loin du compte pour faire de ce site fabuleux l'endroit convivial, inoubliable de beauté, que les genevois et les touristes auront plaisir à fréquenter. De l'audace et de l'imagination pour repenser totalement ce site.

Rue du Marché : à force de rafistolages bon marché et de bricolages de fortune, cette rue qui devrait être un des lieux conviviaux de la ville, ne ressemble plus à rien. Plus que tristounet.

Il reste dans la ville des verrues épouvantables. Avez-vous regardé une fois le Rond-point de Rive avec un œil un tout petit peu critique. Indigne d'une sous-sous-sous-préfecture française.

Et je ne vous parle pas de l'abri TPG de la Gare Cornavin côté Basilique Notre-Dame, trop souvent « habité » par une faune urbaine de la pire espèce et jonché de détritus. Un vrai bonheur.

Ce que je dis par rapport à l'aménagement de la ville de Genève peut être dit de toutes les villes suisses d'ailleurs, qui ont toutes des problèmes d'absence de convivialité. Elles sont à peu près fonctionnelles, présentent quelques jolis quartiers et ensembles architecturaux, mais sont trop souvent dénuées de « vie ». A-t-on peur de l'expression de la vie dans ce pays ?

Financement

Alors que Genève a besoin de financements conséquents pour assurer son grand « bond en avant », certains milieux ont cru bon de demander et d'obtenir une réduction d'impôts. Ce sont ainsi 350-400 millions de CHF qui sont « perdus » chaque année. Vraiment un très mauvais timing.

Je ne suis pas systématiquement contre le principe d'une baisse d'impôts, mais les égoïsmes individuels devraient s'effacer face aux besoins légitimes de la Collectivité. N'aurait-il pas été plus sage d'accepter le principe d'une réduction, mais de repousser son entrée en vigueur de 10, 15 ou 20 ans, le temps d'avoir mené à bien ces grands chantiers indispensables. Et n'oublions pas la dette encore abyssale de Genève qui rend tout projet plus difficile.

Alors on pourrait imaginer l'instauration d'une taxe exceptionnelle sur certaines activités pour compenser momentanément cette perte fiscale malencontreuse.

Quant à l'autoroute de contournement, dont le financement et la construction sont du ressort de la Confédération, Genève pourrait avancer l'argent et instaurer un péage pour le financer.

Gouvernance

A de trop nombreuses reprises en écrivant ce billet, j'ai été bien en peine en parlant du développement de Genève, de savoir si je parlais de la Ville ou du Canton. En fait, on ne peut dissocier les deux. Face à cette évidence, je me demande vraiment s'il est pertinent, dans un si petit espace, de conserver deux échelons d'Exécutif. Le gouvernement cantonal ne devrait-il pas en même temps assumer l'exécutif de la ville de Genève. Cela éviterait des redondances, des sources de conflits potentiels et permettrait d'avoir une vision plus globale, plus dynamique du développement de Genève

A l'adresse des "neinsager" compulsifs 

Je leur rappelle tout de même, qu'ils le veuillent ou non, qu'ils profitent d'une façon ou d'une autre, de l'exceptionnel dynamisme et notoriété de Genève. Et qu'une ville, une communauté, un pays ne se construisent pas avec des "neinsager", mais avec des gens qui osent, qui aiment, qui s'engagent, qui se battent pour une cause, une idée ou un projet. Pourvu que Genève ait la force de passer outre à tous les obstacles dressés par ces "neinsager" afin de parvenir à faire aboutir des projets intelligents, équilibrés et bénéfiques au rayonnement de cette ville magnifique !

17/05/2011

Lorsque la Justice perd le Nord

Intéressant article dans la TDG de ce jour concernant un procès qui vient de s'ouvrir et qui touche les mendiants Roms amendés à Genève dans l'exercice illégal de ce qui est quasiment un « métier ».

La mendicité de cette population est un problème complexe dans ses causes et très clair dans sa gestion depuis qu'une loi interdit la mendicité sur notre territoire.

L'association Mesemrom qui défend cette population a trouvé une nouvelle astuce pour tenter d'empêcher, ou au moins retarder, l'inéluctable, à savoir l'application de cette loi d'interdiction de la mendicité. L'argument avancé par ladite association est que « les amendes envoyées en Roumanie par le Service genevois des contraventions ne sont pas valables [...] car [ce] Service n'est pas habilité à envoyer des contraventions en Roumanie ».

Alors là, les bras m'en tombent ! Nous sommes face à un vrai problème car :

  • Cette communauté est systématiquement discriminée dans son propre pays
  • La population genevoise est majoritairement excédée de voir cette mendicité continuer de s'exercer dans les rues de notre ville malgré l'interdiction

et la réponse de cette association est d'opposer des manœuvres dilatoires qui ne servent en rien à résoudre quoi que ce soit et vont énerver encore un peu plus les citoyens désireux de voir disparaître la mendicité de nos rues.

Je serais beaucoup plus favorable à cette association si elle oeuvrait à chercher de vrais moyens pour résoudre ce vaste problème. Je ne suis pas un connaisseur de ce dossier, mais je peux fort bien m'imaginer que ces populations sont discriminées et que cela rend difficile leur insertion dans la vie économique de leur propre pays. Personne ne le conteste. Il y a donc un réel travail de fond à faire pour aider à faire tomber ces barrières. Il y a sans doute un non moins immense travail à faire auprès de ces populations Roms pour leur montrer les pas culturels indispensables à franchir pour se rapprocher des us et coutumes de leur pays d'origine.

Alors ces manœuvres de prétoire sont vraiment surréalistes et n'aident en rien cette population, bien au contraire, car elles contribuent à lui donner l'illusion qu'elle peut continuer d'envisager son avenir dans la mendicité pour elle et pour ses enfants.

La Justice est sans doute une des plus grandes conquêtes de l'Humanité. Elle permet, lorsque exercée avec Conscience, d'atteindre aux plus hautes aspirations de ce qui fait de nous des êtres différents des animaux. Par la Justice, nous pouvons réparer les excès de violence sociale, économique, physique, militaire de citoyens contre d'autres citoyens, de régimes et/ou de dictateurs contre leur peuple, de colons contre des peuples premiers (on aimerait encore y croire), etc..

Mais lorsque la Justice sert à tenter d'empêcher l'application du Droit par des manœuvres dilatoires comme c'est le cas dans ce dossier, certes petit, mais ô combien énervant ou comme dans le procès de la BCGE qui ne s'ouvrira peut-être jamais car il y aura prescription avant que la Justice ait réussi à surmonter tous les vices de procédure (et au vu de la compétence de nos « autorités », il y a souvent des vices de procédure) opposés par les avocats de la défense à la tenue de ce procès, la Justice devient parfaitement détestable et se retourne contre ceux qu'elle est censée protéger.

 

11/05/2011

Les Suisses sont moins optimistes

Selon le dernier baromètre publié par le SECO, les Suisses sont moins optimistes concernant leur avenir, car ils craignent pour leur épargne. En cause, une hausse des prix qui rogne leur capacité à épargner.

On apprend ainsi de l'OFS (Office Fédéral de la Statistique), que l'indice suisse des prix a augmenté sous l'effet des vêtements et chaussures (+1.8% sur un mois) et transports (+0.6%). Pour le groupe vêtements et chaussures, on apprend de plus que ce phénomène « s'explique par l'introduction dans les rayonnages des nouvelles collections de saison ».

Une saison des dupes bien évidemment !

Alors face à tant de candeur et de neutralité dans les propos, reprenons juste 2-3 faits pour éclairer cette information qui, une fois de plus, passe comme une lettre à la poste, alors qu'elle devrait tous nous faire nous lever comme un seul homme tant elle dénote un scandale qui dure depuis toujours.

A l'été 2001, peu avant les attentats du 11 septembre, le dollar US oscillait encore entre 1.70 et 1.75 CHF. Ce qui veut dire que, grosso modo (on ne va pas chipoter pour quelques %), le dollar a perdu 50% de sa valeur par rapport au franc suisse en 10 ans. CINQUANTE % ! Or nous savons 2 choses:

  • La plupart des transactions (si ce n'est la totalité) concernant les énergies fossiles sont exprimées en USD, ce qui veut dire que la facture concernant le pétrole, largement utilisé dans les transports, aurait dû FORTEMENT baisser depuis 2001. Or il n'en est rien bien évidemment
  • Un scandale de plus grande ampleur encore, touche l'habillement: le franc suisse a monté contre toutes les devises. On vient de voir dans quelles proportions par rapport au dollar. On sait ce qu'il en est vis-à-vis de l'euro qui s'est littéralement effondré ces derniers mois. Le franc suisse a même régulièrement monté vis-à-vis du yuan chinois ces dernières semaines. Or tout le monde sait que la plupart des habits que nous portons viennent de Chine. Et qu'ils passent ensuite brièvement par les Etats-Unis pour nous être revendus sous d'authentiques marques états-uniennes ne change pas grand-chose à l'affaire (signalons au passage que l'on peut acheter les mêmes habits « made in USA » aux Etats-Unis pour 30% du prix auquel ils sont vendus en Suisse).

Nous avons donc affaire à une vaste couillonnade dont nous sommes tous les victimes. Les prix de l'essence et les prix du groupe « vêtements et chaussures » n'ont aucun rapport, ni de près ni de loin, avec la réalité. Ces prix sont fixés par des cartels qui s'enrichissent monstrueusement sur notre dos avec la bénédiction de nos « autorités » (si on peut encore leur donner ce nom qui évoque, ou a évoqué il y a fort longtemps, une certaine notion de pouvoir). Et qu'ils (les importateurs de vêtements) osent profiter du "changement de collection" pour augmenter encore les prix au point d'impacter l'indice des prix à la consommation alors que le dollar continue sa baisse journalière, et tout cela sans secouer la douce béatitude de Monsieur Prix et du Ministère de l'Economie me laisse sans voix.

Ici, comme ailleurs, les simples citoyens subissent les appétits de quelques financiers sans scrupules qui ont mis nos économies en coupe réglée et qui s'enrichissent sur le dos de la classe moyenne avec une cupidité éhontée. Et l'Etat continue tranquillement sa sieste pendant tout ce temps.

Honte à tous ceux qui participent à ce scandale !

08/05/2011

l'écologie est la principale préoccupation des Romands

Pour combien de temps ai-je tout de suite envie de dire !

Car être "préoccupé" par un problème ne veut pas forcément dire s'attaquer à ce problème. Au-delà de l'effet Fukushima, il y a longtemps que nous savons que les activités humaines mettent la vie sur Terre en péril et que nous sommes lents, très lents, horriblement lents à réagir.

Premier exemple: alors que 80% des Suisses (sondage paru longtemps avant l'accident nucléaire japonais) se disaient "prêts à faire quelque chose pour l'environnement", la Suisse bat régulièrement le triste record du parc automobile le plus polluant d'Europe ! Comprenne qui pourra. En fait, on comprend malheureusement très bien cette situation: la tête nous dit qu'il "faudrait faire quelque chose pour l'environnement", mais notre besoin de reconnaissance sociale et nos tripes nous poussent à acheter un gros 4x4 pour "se faire plaisir". C'est ainsi, et tous les sondages du monde et toutes les campagnes d'information ne pourront rien contre ce besoin congénital de reconnaissance sociale. Et tant pis pour la planète et ses habitants !

Deuxième exemple: il y environ 2 ans, j'ai entendu une séquence proprement surréaliste lors de l'émission "Forum" sur la RSR1, consacrée à l'isolation des bâtiments. Je dis surréaliste car, pour la première et sans doute unique fois, les représentants de tous les partis invités étaient d'accord (je résume le propos): "nous avons toutes les connaissances techniques nécessaires à une bonne isolation des bâtiments afin de rendre le chauffage au fuel une histoire du passé". Et qu'avons-nous fait depuis ? Rien, ou si peu. Et pourtant, quantité de facteurs militeraient en faveur d'un programme national de réduction de notre dépendance aux énergies fossiles.

Ces deux exemples illustrent parfaitement à quel point il est difficile de changer le cours des événements, de changer les mentalités, de changer les façons d'investir de l'argent, de changer les habitudes du public et celles des professionnels d'un secteur donné, quel qu'il soit. En gros, "on a toujours fait comme cela et on ne voit pas pourquoi il faudrait changer notre façon de faire et aller vers l'inconnu".

C'est pourquoi je crois, qu'une fois encore, l'Etat doit jouer un rôle de moteur, un rôle incitatif. Il doit à la fois encourager par des incitations positives (comme des aides fiscales) et introduire des limites ou des interdictions. La carotte et le bâton. Si nous attendons sur l'initiative individuelle, nous risquons d'attendre si longtemps que nous serons tous morts avant. C'était le même problème, par exemple, avec la fumée passive: si l'on avait attendu que les fumeurs atteignent le niveau de conscience sociale nécessaire à ce qu'ils cessent d'eux-mêmes de fumer en public (certains prônaient cela), on aurait attendu encore 2 ou 300 générations. C'était une idée simplement irréaliste et une excuse pour ne rien faire.

Pour en revenir à l'environnement, le problème est qu'il y a des entreprises qui seraient prêtes à investir dans des énergies plus propres, et même certaines qui le font. Respect à elles ! Mais il y en a beaucoup trop qui, de peur de perte de compétitivité, refusent de se lancer les premières. C'est pourquoi, comme pour les fumeurs, il faudra que l'Etat use du bâton. En y rajoutant les carottes, on pourrait faire de la Suisse un pays pionnier dans la protection de l'environnement.

La Suisse est trop petite pour se permettre de gaspiller son patrimoine naturel plus avant !

Je suis en faveur de mesures hardies au niveau:

  • Du parc automobile,
  • De l'isolation des bâtiments,
  • Des énergies renouvelables
  • De l'agriculture, car je pense que le seul avenir de l'agriculture suisse est dans le bio. Nos exploitations sont infiniment trop petites pour rivaliser avec les grandes exploitations que l'on trouve à l'étranger. Alors, de même que nos PME ont su trouver des marchés de niche pour écouler leurs produits et garder vivant un secteur industriel qui a disparu ailleurs (bravo, mille fois bravo à tous ces courageux et brillants entrepreneurs suisses !), il serait temps que notre agriculture fasse le même choix audacieux de la qualité. Elle trouvera elle aussi des marchés de niche pour écouler ses produits qui seraient étiquettés comme venant du seul pays au monde ayant décidé de se consacrer entièrement à une agriculture respectueuse de l'environnement.

Un beau (quadruple) défi, non !

04/05/2011

Les Etats-Unis au bord de la banqueroute ?

C'est un thème qui revient assez régulièrement depuis l'incurie totale qui a régné pendant le double mandat de Bush fils, ses 2 guerres « saintes » et ses remboursements pharaoniques d'impôts aux ultras riches. La situation a achevé de se dégrader avec la chute du Monopoly bancaire qui a failli emporter toutes les économies occidentales (crise qui est encore loin d'avoir déployé tous ses effets pervers).

La mondialisation de l'économie et tout ce que cela sous-entend est un thème dont j'ai souvent traité dans mes billets (voir entre autres «Le (non) sens des responsabilités du secteur privé» et «La perversion de la démocratie»).

Aujourd'hui, après 30 années de mise en pratique de ces « brillantes » idées:

  • délocalisation des outils de production vers les pays pauvres
  • destruction du tissu industriel dans nos économies transformées en des sociétés de service ne produisant que des « biens » virtuels
  • destruction des syndicats et des forces d'opposition qui ne sont plus que les fantômes de leur passé
  • lutte des classes à l'envers pour redonner aux riches tout ce que la rue et la menace soviétique avaient pu arracher par les grèves, les luttes sociales, etc

les Etats-Unis sont si endettés que l'espérance de vie de la machine administrative états-unienne ne dépasse pas le 2 août 2011.  Au-delà, cela dépendra d'un accord, ou non, sur le droit du gouvernement à s'endetter encore plus. Ce qui n'est certainement pas une solution durable.

L'endettement des Etats-Unis s'était déjà monstrueusement creusé pendant le double mandat de Ronald Reagan (père « spirituel » de « W »).

Sous Bill Clinton, à l'inverse, on en était arrivé à considérer que la dette des Etats-Unis allait être totalement remboursée quelques années après la fin de son deuxième mandat  si les choses continuaient leur cours.

L'endettement a repris un cours apocalyptique dès la première présidence de « W » sous l'effet cumulé des 2 guerres et des réductions d'impôts pour les ultras-riches.

Incurie ?
Au début de mon billet, je parle de « l'incurie totale qui a régné pendant le double mandat de Bush fils ». Mais est-ce exact ?

Certes, le fils Bush n'était pas son père et on pourra regretter amèrement, encore longtemps, qu'un tel homme ait pu un jour être nommé président du plus puissant pays de la planète. Il fallait vraiment que ce soit un pays déjà bien malade pour en arriver à de telles extravagances. Mais peut-on pour autant parler d'incurie ?

Ce mot fait penser à incompétence. Alors si Bush fils était cela et bien plus encore, son gouvernement ne l'était pas. Ce qui a été fait et voulu par les éminences grises et les lobbies qui manipulaient le président n'est pas le fruit du hasard ni ne peut être qualifié d'incurie. Le résultat est certes désastreux, mais les forces à l'œuvre ont fait très exactement ce qu'elles voulaient, ce pourquoi elles s'étaient battues de toutes leurs forces, y compris au prix de la manipulation des élections en Floride, pour porter ce piètre rejeton Bush au pouvoir.

Aujourd'hui, il est bientôt temps de payer la facture de ces 30 années de guerre sociale des riches contre les pauvres, de déstructuration sociale, de "détricotage" du lien et de la responsabilité sociale des riches envers les pauvres. Et la récente bataille des Républicains en faveur de la prorogation des cadeaux fiscaux aux ultras riches prouve qu'ils n'ont toujours rien compris. Et je ne suis même pas sûr que ce soient les ultras riches qui payeront le plus lourd tribut de cette guerre sociale. Comme d'habitude.

27/04/2011

Faut-il accueillir toute la misère du monde ?

A l'heure où l'arrivée de dizaines de milliers de migrants tunisiens met les liens entre nations européennes à rude épreuve, il vaut la peine de se reposer, une énième fois, cette question.

Il y a quelques années, alors que je voyageais au Viêt Nam, j'avais été frappé et choqué par les nombreux enfants des rues (16'000 à l'époque).  Je m'en étais alors ouvert à un Vietnamien travaillant pour une ONG française et je lui avais demandé ce qu'il pensait de l'ouverture d'une maison pour les accueillir, les former et leur donner de vraies chances dans la vie. Sa réponse avait été négative et sur le moment j'avais  commencé à douter de sa santé mentale. Et puis il m'avait expliqué une chose très sensée. En gros, cela donne ceci : «Si vous ouvrez une maison qui donnera aide, protection et formation aux enfants des rues de Saïgon, vous allez créer un appel d'air à travers tout le pays et si vous arrivez à aider une cinquantaine d'enfants avec cette maison, vous allez en faire venir des milliers qui n'auront pas cette chance. Il faut aider les enfants là où ils sont, avant qu'ils quittent leur famille ».

Depuis, chaque fois que je pense aux nombreux problèmes posés à nos pays par cet afflux continuel et désordonné de migrants originaires du monde entier, je repense à cet homme et à la pertinence de ses propos, car je pense que l'on peut réfléchir à l'identique en Europe et en Amérique du nord.

Et ce qui nous plombe, est qu'il est impossible de tenir un débat raisonnable dans nos pays sur ces questions. Les seuls qui s'expriment sont les tenants des extrêmes (j'avais déjà évoqué cela dans un billet "De quoi parle-t-on ?") : d'un côté les tenants d'un angélisme aveugle qui font le lit des extrémistes (à mon avis) et de l'autre, les extrémistes, ceux qui réagissent de façon parfois épidermique à la présence des étrangers.  

Alors, il y a une question que j'aimerais poser aux tenants de l'angélisme, ceux qui montent au front chaque fois qu'ils débusquent une injustice quelconque :  pourquoi vous contentez-vous de protéger ceux qui arrivent chez nous (pour beaucoup, arriver en Europe, cela signifie réunir l'argent de toute une vie pour payer des passeurs pour qui ce n'est qu'un ignoble business, traverser la moitié d'un continent, prendre des risques insensés que beaucoup payent de leur vie et arriver sur un continent parfois hostile) ?  Pourquoi acceptez-vous ce dilemme monstrueux qui est que seuls ceux qui ont eu le courage de braver tous ces dangers ont le droit de profiter de cette nouvelle chance ? Pourquoi ne définissez-vous pas le seuil de pauvreté à partir duquel nous, européens, nous nous devons de leur donner une seconde chance et conséquemment, pourquoi n'organisez-vous pas des ponts aériens pour faire venir tous ceux qui remplissent ces critères.

Poser la question ainsi, montre l'absurdité de cette triste comptabilité (on parle littéralement de milliards d'immigrants potentiels) et les problèmes insurmontables liés aux problématiques sociales, politiques, économiques, ethniques et religieuses qui empêchent tant de pays de nourrir correctement leurs propres enfants. Et c'est là que cela rejoint ce que cet homme vietnamien me disait. Accueillir, nourrir, loger, éduquer ces migrants qui viennent en Occident comme ces enfants des rues arrivent à Saïgon, c'est créer un immense appel d'air qui ne peut que continuer d'aggraver la situation.

Personnellement, et puisque je ne vois guère de possibilité de remettre de l'ordre, à l'échelle planétaire, dans ce Capharnaüm, je suis en faveur d'un contrat (comme déjà exposé dans le billet cité plus haut) qui définirait les droits et les devoirs des immigrants vis-à-vis de leur pays d'accueil et qui devrait être signé par les migrants souhaitant s'établir dans un pays donné. Cela nous permettrait de nous assurer que ces migrants comprennent notre univers, s'engagent à respecter nos us et coutumes politiques, culturels et religieux et à terme, à s'intégrer. Ce qui n'est pas toujours le cas aujourd'hui.

Chaque fois que je lis ou entends que tel ou tel pays, canton, commune, établissement scolaire se trouvent confrontés à des musulmans qui cherchent à interdire la célébration de Noël ou les crucifix dans les classes, veulent interdire à leur fille d'aller en classe de natation, exigent un carré musulman dans les cimetières, menacent des adolescentes pendant leur cours de gymnastique (c'est arrivé il y a quelques mois près de la mosquée du Petit-Saconnex, sous prétexte d'une tenue impudique à leurs yeux), exigent de construire des minarets, bloquent les rues de certaines villes françaises pendant la prière, refusent d'enlever leur voile même lors d'un contrôle de police, portent ostensiblement barbe et autres signes extérieurs d'appartenance à la tendance extrémiste de leur religion (une façon très explicite de nous transmettre le message qu'ils conchient nos traditions, notre culture et que non seulement ils ne s'intégreront jamais mais qu'au contraire, ils souhaitent instaurer, à terme, la charia dans leur nouveau pays), je pense que nous avons un sérieux problème et que celui-ci vient du fait que nous n'avons pas su mettre un cadre à cette immigration désordonnée. La même chose vaut pour ces migrants, d'où qu'ils viennent (Europe ou Afrique), qui croient que le trafic de drogue ou la traite d'êtres humains sont, somme toute, les voies les plus rapides vers la richesse.

Alors OUI à une immigration contrôlée et offerte à des migrants s'engageant par écrit à respecter leur pays d'accueil dans TOUTES ses dimensions et NON à ceux qui ne viennent que pour importer leur violence et leur mal-être social et religieux.

21/04/2011

Qui paye(ra) pour Tchernobyl ?

Une conférence s'est réunie ce mardi (le 19 avril 2011) à Kiev pour augmenter le fonds de financement du sarcophage de Tchernobyl (coût estimé à ce jour: > 2 milliards de CHF). Cette conférence réunit une cinquantaine de pays donateurs et la somme espérée n'a pas encore pu être réunie.

En lisant benoîtement le compte-rendu de cette conférence je réalise soudain 2-3 choses :

  • Le sarcophage prévu, et si sa construction démarre très prochainement, aura tout de même mis près de 30 ans à être construit. Combien de fuites radioactives pendant tout ce temps avec le sarcophage actuel ?
  • Le sarcophage prévu a une espérance de vie de 100 ans. Si l'humanité est encore à la surface de la Planète à ce moment-là, cela voudra dire que cette génération devra refaire tout ce travail. Et cela tous les 100 ans pendant des centaines de milliers d'années (sauf miracle technologique d'ici-là). Il serait plus qu'intéressant de calculer le coût de tout ce travail de Sisyphe. Et il serait encore plus intéressant de rapporter ce coût pharaonique (normal pour un sarcophage) au bas prix de l'énergie produite dont se vante cette branche
  • Cette conférence réunit 50 pays donateurs. Oui, des pays. Donc des gouvernements. Donc nous, avec nos impôts! Où sont les représentants de l'industrie nucléaire? Quelle sera leur contribution?

Effectivement, il y a fort à parier que la contribution de l'industrie nucléaire à la construction du sarcophage soit égale à zéro.

Une fois de plus l'industrie profite des projets pour se remplir les poches et l'Etat, c'est-à-dire nous, devra  dépenser des milliards pour payer les dégâts (voir aussi mes notes "sortir du nucléaire" et "la démission de l'Etat".

Pourquoi l'industrie nucléaire dans son ensemble n'est-elle pas à la table des donateurs pour au moins participer à la réparation des dégâts occasionnés ?  Je sais, Tchernobyl est un projet de l'ex-URSS et en ce sens, l'industrie nucléaire privée n'a rien à voir avec ce désastre. Bonne réponse.

La question que je me pose c'est: quelle sera la participation de l'industrie privée au nettoyage du site de Fukushima et à la construction du sarcophage qu'il faudra inévitablement construire et reconstruire là-bas ?

19/04/2011

Pour ou contre les caméras de surveillance

Ce matin à la RSR, le débat de 8:15 portait sur les caméras de surveillance. Pierre Dessemontet, géographe, membre de la commission électorale du Parti socialiste semblait perplexe et rappelait le danger potentiel que ces moyens techniques pouvaient faire courir à la démocratie. Je ne sais pas si je résume correctement sa pensée, mais il ne serait pas le premier à penser de la sorte à gauche. Oui je préférerais également une police de proximité à des caméras de surveillance mais franchement, est-ce que vraiment c'est cela qui met la démocratie en danger ?

Il y a infiniment plus de danger dans le fonctionnement même de nos Sociétés et les caméras de surveillance ne sont qu'un épiphénomène microscopique par rapport aux dangers qui sont là. Bien réels eux. La tentation du totalitarisme est là, dans nos Sociétés, même si elle est bien cachée.

La tentation totalitaire se cache dans les Conseils d'administration des grandes multinationales, des grandes Banques, de l'industrie pharmaceutiques.

La tentation totalitaire c'est l'accaparement des médias par quelques magnats de la presse comme Rupert Murdoch dans les pays anglophones qui les utilise pour faire passer ses idées politiques. Comme Silvio Berlusconi en Italie qui les utilise pour décérébrer sa population.

La tentation totalitaire c'est l' accaparement des richesses mondiales par quelques financiers et industriels qui trustent tous les postes d'influence.

La tentation totalitaire c'est la guerre que les riches mènent aux pauvres dans l'industrie, dans la finance, dans l' agriculture.

La tentation totalitaire c'est l'accaparement du pouvoir législatif et exécutif par les lobbies des grandes multinationales qui ont tout pouvoir sur notre classe politique pour «légaliser» cette guerre des riches contre les pauvres et lui donner le vernis «démocratique».

La tentation totalitaire, c'est lorsque le Parlement d'un pays et les citoyens de ce même pays votent démocratiquement pour soulager fiscalement les PME et s'aperçoivent 2 ans plus tard qu'ils ont fait un somptueux cadeau fiscal de 7 milliards aux actionnaires des grandes multinationales.

La tentation totalitaire c'est l'industrie pharmaceutique qui manipule l'OMS pour imposer sa folie vaccinale contre la grippe A-H1N1 (et les milliards de profits qui vont avec prélevés sur nos impôts).

La tentation totalitaire c'est l'industrie pharmaceutique, encore elle, qui est juge et partie dans les tests menant à l'autorisation de mise sur le marché d'un nouveau médicament.

La tentation totalitaire c'est l'industrie pharmaceutique, toujours elle, qui a imposé sa médecine chimique à nos Académies de médecine, a érigé cela en dogme, et travaille inlassablement à détruire et décrédibiliser toute autre voie de soins.

La tentation totalitaire, c'est l'industrie chimique qui impose les OGM aux populations qui n'en veulent pas, aux paysans qui se retrouvent pris dans une nasse qui les enferme jusqu'à la mort parfois (des dizaines de milliers de paysans indiens se sont suicidés car ruinés par le «modèle» agricole proposé par les multinationales comme Monsanto). Mais qui s'en soucie ?

La tentation totalitaire, ce sont les grandes banques qui jouent au Monopoly et qui font chantage sur les gouvernements pour venir les sauver de la faillite provoquée par leur propre folie.

La tentation totalitaire, ce sont ces grands actionnaires qui sanctionnent une entreprise qui ferait moins de 10 milliards de bénéfice annuel et qui les obligent à licencier leur personnel ou à le délocaliser en Chine pour être de plus en plus profitables.

La tentation totalitaire, c'est le parti républicain américain qui a imposé et qui continue d'imposer de toutes ses forces des cadeaux fiscaux somptueux en faveur des plus riches, cadeaux qui sont en train de ruiner ce pays, engagé de plus dans deux guerres voulues par ce même parti.

Face à cela, la problématique des caméras de surveillance apparaît comme un bien petit «problème». Mais il est symptomatique car il est évident qu'une Société aussi égoïste, qui mène une telle guerre contre les pauvres et les "petites gens" va générer une certaine violence de ces mêmes pauvres qui n'en peuvent plus. A partir de là, il ne faut pas s'étonner que certains, dans leur désespoir, passent à l'acte. Attention, je ne les excuse pas. Je me contente de constater.

Mais plus notre Société globalisée sera déséquilibrée et plus les problèmes sociaux se multiplieront. Et plus ils se multiplieront et plus il faudra poser de caméras de surveillance et construire des ghettos hyper protégés pour les ultra riches.

12/04/2011

Un viol de la démocratie (directe)

J'ai évoqué dans un précédent billet la tragique situation entourant la nouvelle Loi sur l'imposition des sociétés entrée en vigueur le 1er janvier 2011 qui a conduit à ce désastre fiscal (voir mon billet du 15 mars 2011, "La perversion de la démocratie").

Aujourd'hui, le gouvernement zurichois estime que les droits politiques des citoyens ont été violés lors de la votation fédérale du 24 février 2008 et Mme Margret Kiener-Nellen, Conseillère nationale bernoise, a décidé de porter plainte auprès du Tribunal Fédéral afin d'invalider cette Loi inique. Triplement inique car:

  • Le Parlement s'est prononcé sur une Loi dont les conséquences fiscales étaient gravement sous-évaluées
  • Le Ministre des Finances lui-même, était tombé dans le même piège, par malice, par incompétence ou pour toute autre raison
  • Le Peuple s'est prononcé sur un Objet qui a été gravement mal expliqué et présenté, avec des données totalement fausses

Aujourd'hui, tout le monde est perdant: la Confédération, les Cantons et le Peuple. Seules les grandes Multinationales se frottent les mains car pour elles, 2011 (et les prochaines années), c'est Noël tous les jours.

Tous les jours la Confédération se plaint de ses charges et cherche à se défausser sur les Cantons d'une partie de celles-ci. Tous les jours elle se plaint de ne pouvoir assumer les charges croissantes qui l'accablent. Année après année notre Parlement vote des Lois pour réduire l'engagement de la Confédération dans les programmes sociaux et le développement des infrastructures. Et parallèlement, année après année le même Parlement vote des Lois pour réduire la charge fiscale des entreprises. Ceci expliquant cela, bien entendu. Mais jamais encore le Peuple n'avait été trompé d'une façon aussi scandaleusement grossière. Et puis, au moment où Mme Leuthard nous menace de violentes augmentations des frais de transport, imaginez ce que la Confédération pourrait accomplir avec les 7 milliards de francs perdus !

Alors respect à Madame Margret Kiener-Nellen d'avoir eu le courage d'aller jusqu'au Tribunal. Cette Loi inique doit être invalidée, rediscutée au Parlement et soumise au Peuple dans une version plus conforme à la réalité des chiffres et pas dans une version farfelue.

La droite refuse pour l'instant de remettre cette Loi en question, invoquant la nécessité de respecter "la sécurité du droit". Ces scrupules l'honorent. Mais le devoir d'informer correctement la population ne mérite-t-il pas l'attention de notre classe politique ? C'est en effet avec ce genre de comportements que l'on détruit les fondements mêmes de la démocratie !

Maintenir cette Loi inique à tout prix, comme le veut la majorité bourgeoise du Parlement serait un insupportable viol de la Démocratie, dont nous sommes si fiers par ailleurs, par quelques affairistes opportunistes (rien de nouveau), sans scrupules (rien de nouveau non plus). A notre classe politique de se ressaisir et de prendre conscience du risque qu'il y aurait à poursuivre dans cette voie arrogante et sourde au malaise croissant qui existe entre ceux qui détiennent les pouvoirs et la majorité de la population. Si ce "malaise" a pu faire chuter des dirigeants apparemment aussi indéboulonnables que Ben Ali et Moubarak nos démocraties devraient être attentives aux signaux négatifs qui viennent d'une population pour qui la vie de tous les jours est de plus en plus incertaine et précaire.

09/04/2011

Où va l'Inde ?

A l'heure où notre Ministre de l'économie achève un voyage de travail de 3 jours dans ce vaste pays, j'en profite pour exposer quelques vues sur l'évolution troublante de ce pays particulier entre tous.

Dans mon esprit l'Inde est associée, avec plus ou moins de naïveté, à une mosaïque incroyable de couleurs, d'odeurs, à un fourmillement humain, aux palais des maharajas, à Mère Teresa, au bidonville de la Cité de la joie  et à l'extrême misère de centaines de millions d'habitants.

Mais l'Inde c'est aussi une vie spirituelle exceptionnelle, vécue avec une intensité sans doute inégalée dans le Monde. Ce sont les danses sacrées, les ablutions dans les eaux sacrées du Gange. C'est la Bhagavad-Gita, un des écrits centraux de l'Hindouisme, dont l'enseignement fondamental est d'échapper au cycle des renaissances par la réalisation du Soi. Ce sont les Sâdhu qui par toutes sortes de pratiques de jeûne, de mortification, de renoncement cherchent à s'émanciper du cycle des renaissances par la dissolution dans le divin et la fusion avec la conscience cosmique.

C'est aussi l'histoire du Bouddha, histoire qui s'entremêle à celle de l'Hindouisme et dont les liens réels ou supposés avec cette religion font l'objet d'exégèses par des spécialistes infiniment plus qualifiés que moi.

Et puis c'est aussi la vie spectaculaire du Mahatma Gandhi, frêle avocat indien ayant suivi ses études de droit en Angleterre, et qui a conduit ses premières luttes pour les droits civiques de la communauté indienne en Afrique du Sud.  A son retour en Inde, il mena une lutte pacifique contre les Lois coloniales britanniques, en faveur de la libération des femmes indiennes,  pour la fraternité entre les différentes ethnies et religions coexistant dans ce vaste pays et finalement, en mettant sa vie dans la balance, obtint l'indépendance de son pays.

Aujourd'hui, l'Inde se développe essentiellement en étant devenue le plus grand fournisseur d'informaticiens de la planète. Curieux destin tout de même, car des Sâdhu aux informaticiens qui, même s'ils posent sans complexe la photo de leur gourou sur leur écran d'ordinateur, il y a tout de même un grand écart assez impressionnant. Quel lien y a-t-il entre ces êtres vivant dans une grotte, passant leur temps à réciter des mantras ou à se tenir sur une jambe et ces yuppies modernes vivant à l'occidentale ?

Et puis il y a quelques jours, j'ai entendu que l'Inde était devenue le premier importateur d'armes dans le Monde. Oui, la patrie de Gandhi, le non violent absolu, est devenue cela. Cette double (é/in)volution devrait faire frémir l'âme de ce pays et celle de Gandhi doit pleurer de désespoir. Les Indiens qui sont si fiers de lui l'ont trahi et rangé dans un musée. Ils le ressortent lorsque cela peut flatter leur orgueil national, mais le reste du temps, il n'a visiblement plus rien à dire.

C'est en cela que nous humains, peu importent notre race et notre religion, sommes tous pareils. Ces phares de la Conscience, de quelque degré de Sainteté soient-ils, on est tout à fait prêt à les sanctifier quand cela ne nous coûte rien, à leur construire des temples pour démontrer notre supposée piété, à faire des pélerinages si on peut y gagner quelque indulgence, à battre notre coulpe une ou deux fois l'an. Mais que le reste du temps ils nous laissent gérer nos affaires comme bon nous semble !

Cela ne vous rappelle-t-il rien ?

 

22:15 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : où va l'inde, gandhi trahi par son peuple | |  Facebook

08/04/2011

La Suisse va-t-elle devenir une Réserve de millionnaires ?

Ce pays connaît un véritable «miracle» économique. Il y a 3 ans, les perspectives étaient sombres :

  • La crise des subprimes venait de faire ses premiers ravages
  • Les 2 grandes banques vacillaient sur leurs bases
  • L'UE assénait ses coups de boutoir contre la Suisse menacée d'être ravalée au rang de vulgaire Paradis fiscal
  • L'UBS était dans le collimateur de l'IRS
  • Kadhafi vitupérait à la Tribune de l'ONU pour demander le démantèlement de la Suisse, dans l'indifférence générale (personne pour le faire taire alors qu'il violait la Charte des Nations Unies)
  • La Suisse était seule et isolée face au tyran libyen qui avait pris 2 compatriotes en otage

Et aujourd'hui, d'un coup de baguette magique, la Suisse est redevenue plus attractive que jamais: le franc suisse s'envole sans que cela pèse sur nos exportations, tout le monde veut venir y vivre et y travailler (une Suisse à 9 millions d'habitants est pour bientôt), il n'y a jamais eu autant de frontaliers à travailler en Suisse. Et tout cela fonctionne apparemment formidablement bien et cela devrait même renflouer les caisses des Assurances sociales grâce aux nouvelles cotisations.

Et pourtant, il y a un hic. Et ce hic, c'est le problème du logement. La Suisse est un minuscule territoire, dont les deux-tiers sont occupés par les Alpes. Le plateau suisse devrait à la fois permettre de loger tout le monde, d'assurer une certaine indépendance alimentaire et de permettre aux marchandises et aux personnes de se déplacer (sans parler des superbes lignes à haute tension qui défigurent le paysage un peu partout).

J'ai l'impression que nous avons affaire à 3 problèmes majeurs (il y en a beaucoup d'autres) :

  • Il n'y a pas une vision d'ensemble de l'aménagement du Territoire. Pour une fois, le fédéralisme joue contre nous car chaque Canton et chaque commune jouent leur propre partition et cherchent à profiter de la manne du développement à leur façon
  • Ce retournement de tendance s'est fait de façon chaotique: entre l'ouverture des frontières qui a créé un appel d'air, la crise des subprimes où tout le monde a paré au plus pressé en espérant éviter la foudre (et sans doute aucun, les Autorités suisses ont plutôt mieux géré la crise que dans d'autres pays: voir mon billet "La Suisse et le risque de se surestimer économiquement") et la formidable embellie actuelle, il ne s'est passé que quelques courtes années, ce qui rend impossible la définition d'objectifs à long terme
  • Nous assistons à des changements dans les flux migratoires: là où pendant des décennies, l'immigration était très majoritairement le fait de populations venant de pays pauvres qui venaient chercher du travail, puis le fait de réfugiés politiques fuyant des zones de guerres civiles ou militaires, nous assistons aujourd'hui à une immigration importante de populations venant occuper des emplois à haute valeur ajoutée. Ces personnes ne vont évidemment pas se loger n'importe où et les entreprises qui font venir ces personnes les aident à trouver des logements dans le haut de gamme (j'ai lu que des entreprises dans la région de Genève prenaient à leur charge les premiers 5'000 francs ( ! ) des loyers de leurs cadres)

La Suisse a passé de 6 à 8 millions d'habitants en 40 ans. Elle va passer de 8 à 9 millions en 10 ans. Cela va évidemment créer des tensions importantes car la place se fait rare et l'immobilier stagne pour le plus grand profit de quelques-uns.

Si nous ne voulons pas que les tensions sur le marché de l'immobilier provoquent une envolée des prix encore plus insupportable pour les classes sociales pauvres et moyennes, au profit des hauts salaires qui sont attirés par les entreprises, nous devrions d'urgence réunir des sortes d'Etats généraux de l'aménagement du territoire pour définir ensemble ce que nous voulons faire de ce pays. Les déséquilibres sociaux, l'insuffisance dans l'offre des transports (les classes moyennes sont obligées d'habiter toujours plus loin de leur lieu de travail à cause de la pénurie de logements abordables), l'augmentation drastique du prix des transports vont provoquer des situations toujours plus difficiles à gérer et potentiellement dangereuses sur le plan social.

Il serait tragique de voir de plus en plus de Suisses pauvres ou d'aînés paupérisés devoir aller habiter hors des frontières car ne trouvant plus à se loger dans un pays habité par les hauts revenus travaillant pour les multinationales ou des seniors fortunés venant prendre une retraite dorée dans un pays ayant la réputation d'être un havre de paix pour certains.

Combien "vaut" René Prêtre

Selon ce que j'ai pu lire dans la presse, le grand cardiologue René Prêtre gagne environ 500'000 CHF par an. C'est certes une somme conséquente, mais je trouve que l'approche de ce grand Monsieur est éminemment saine et respectable. En l'entendant parler, on a vraiment le sentiment que ce qui compte, ce n'est ni le salaire, ni la gloriole, ni tous ces besoins détestables qui parasitent l'esprit de tant de gens qui sont parvenus au sommet de leur carrière. Non, ce qu'il fait, Monsieur Prêtre le fait par amour de son métier. Et je le crois volontiers.

Aucun doute que d'autres travaillent aussi par amour pour leur métier, Aucun doute que d'autres ont aussi développé des compétences. Mais est-il vraiment normal que nous en soyons arrivés aux excès auxquels nous assistons tous les jours depuis que le libéralisme sauvage a déferlé sur nos pays.

Pour devenir un cardiologue de la trempe de Monsieur Prêtre, il faut 15 ans de formation post-grade et de l'aveu même de Monsieur Prêtre, il ne peut pas s'arrêter plus d'une semaine, car déjà il commence à perdre un soupçon de précision. Cela me fait penser à Yehudi Menuhin qui disait «Lorsque je ne joue pas un jour je m'en rends compte. Lorsque je ne joue pas deux jours, ma femme s'en rend compte. Lorsque je ne joue pas trois jours, le public s'en rend compte». Alors, lorsque certains Happy fews vont se pavaner sur leurs yachts pour impressionner leurs semblables, dans une suprême vacuité intellectuelle et spirituelle, Monsieur René Prêtre va opérer des enfants dans le tiers-monde pour le compte de sa Fondation.

Alors je me pose quelques questions. La Société doit-elle continuer d'accepter:

  • Qu'un Tiger Woods (un exemple parmi quelques autres) puisse devenir MILLIARDAIRE en $ en quelques années juste parce qu'il sait taper dans une baballe ? Certes, il sert les intérêts marketing de quelques sociétés, mais qu'apporte-t-il à LA Société ?
  • Que des sportifs et des artistes de variété gagnent des dizaines de millions de $ chaque année ?
  • Que des chefs d'entreprise en gagnent autant, y compris lorsqu'ils sont incompétents et nuisibles au développement de leur entreprise (sans parler des désastres sociaux qu'ils occasionnent en précipitant leurs employés dans la précarité et le chômage)?
  • Que des traders qui font un travail souvent plus que douteux sur le plan éthique (qui se comportent même trop souvent comme des parasites et des prédateurs) gagnent des bonus ANNUELS qui peuvent se monter à plusieurs centaines de millions de $ ?
  • Pour conclure, peut-on laisser cette question à l'appréciation individuelle ?

Certes il y a un René Prêtre qui pourrait certainement gagner plus si son but était son enrichissement personnel et qui ne le fait pas car ce Monsieur a une Conscience qui l'honore. Mais pour un René Prêtre, combien de personnes qui ont totalement perdu le sens des réalités et qui se perdent dans une fuite en avant à la plus grosse rémunération possible ?

C'est sans doute là qu'une initiative «contre les salaires abusifs» comme celle de Thomas Minder pourrait apporter des réponses, au moins en partie. En réalité, cette question est devenue planétaire et la réponse devrait être une réponse concertée à l'échelle de la planète. Ce qui n'est évidemment pas pour demain au vu de la dangereuse compétition qui dérègle le monde dans tous ses aspects.

30/03/2011

Sortir du nucléaire ?

Avec les événements au Japon, tout le monde, ou presque, ne parle que de cela. Avec force retournements de veste ou opportunisme, plusieurs partis semblent se prononcer en faveur d'une sortie du nucléaire ou au moins en faveur d'un arrêt des vieilles centrales et d'un moratoire sur les nouvelles.

Il est évident que la façon dont les (ir)responsables de la Société Tepco «gèrent» cet accident et ses suites, n'inspire pas une envie irrépressible de construire de nouvelles centrales. Les défenseurs de l'énergie nucléaire ont toujours clamé haut et fort un certain nombre de «vérités» qui se révèlent une fois de plus fausses. Deux ou trois rappels:

  • l'énergie nucléaire est sûre. On a affaire à des merveilles de technologie et tous les scénarii sont envisagés pour empêcher un accident. Résultat : on se retrouve à devoir essayer d'empêcher une fusion du cœur du réacteur avec des lances à incendie ! En termes de haute technologie, on a fait mieux. Un peu comme si l'armée des Etats-Unis essayait d'empêcher les sbires de Kadhafi de massacrer le peuple libyen avec des arcs et des flèches. En tous les cas, toutes les interventions relèvent plus du bricolage que de la maîtrise des événements
  • l'énergie nucléaire est verte puisqu'elle ne dégage pas de CO2 : outre que cela ne tient aucun compte de toute l'énergie grise qu'il faut pour construire une centrale et extraire le minerai, il est évident que chaque accident crée une situation dramatique pour l'environnement
  • l'énergie nucléaire est bon marché: je viens de lire dans la TDG que Tepco est soupçonnée par le gouvernement japonais d'avoir tardé à utiliser l'eau de mer pour refroidir les réacteurs car cela condamnait définitivement cette centrale à cause de la corrosion que l'eau de mer allait entraîner. Et l'on apprend dans le même article que ce beau bébé (6 réacteurs) a coûté au minimum 20 milliards de $. Heureux rappel, car je me demande comment on peut produire de l'énergie à «bon marché» avec des usines qui ont coûté des sommes aussi astronomiques. C'est simplement impossible ! Et puis on ne parle pas, jamais, des frais de démantèlement des vieilles centrales (ce n'est encore jamais arrivé), du stockage des déchets, de leur enfouissement dans des zones géologiques que l'on espère sûres, de la surveillance de ces zones d'entreposage, etc... A moins qu'il soit entendu par les marchands d'énergie nucléaire que c'est l'Etat qui va payer ces frais (cela ferait une fois de plus partie de la privatisation des bénéfices et de la socialisation des charges et des pertes).

Je suis personnellement viscéralement opposé à l'énergie nucléaire. Pourtant, dans le débat sur le nucléaire qui dure depuis si longtemps, je ne trouve pas mon compte dans les arguments des uns et des autres. Je ne reviendrai pas sur les arguments fallacieux des pro-nucléaires.  Quant aux opposants, ils nous disent qu'il faut sortir du nucléaire, qu'il faut développer les économies d'énergie, qu'il faut développer les énergies renouvelables, qu'il faut couvrir les toits de panneaux solaires et les collines d'éoliennes, etc..

Pour l'instant, et jusqu'à preuve du contraire, je trouve que nous en sommes encore largement au stade de l'incantation. Une lectrice ou un lecteur aurait-il connaissance d'un rapport crédible et détaillé, qui démontre, chiffres crédibles à l'appui (je n'ai aucune envie de lire un rapport dogmatique), comment on peut sortir du nucléaire ?

Oui, je suis pour un ambitieux programme d'isolation des bâtiments, je suis pour le recours à l'énergie solaire dont le potentiel est gigantesque (mais le stockage encore impossible), je suis pour le recours aux éoliennes, aux barrages, à la géothermie, à la biomasse et à la force des vagues et des marées.

Oui à tout cela. Mais nous vivons en Suisse et je ne suis pas certain de la pertinence de certaines solutions dans certaines circonstances. Un système, quel qu'il soit, ne doit pas être dimensionné uniquement pour les moments où tout est idéal, il doit aussi prévoir des cas extrêmes. Et on ne peut pas raisonner en termes de pourcentages. Dire: "tel pays a couvert 40% de ses besoins en électricité avec l'énergie éolienne" ne dit pas grand-chose des moments où il n'y avait pas de vent, de ce qu'il est advenu à ce moment-là et des énergies auxquelles il a fallu recourir. Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai jamais rien lu qui explique comment nous ferons avec les seules énergies renouvelables, dans le scénario suivant :

  • nous sommes en hiver et les jours sont courts
  • le plateau suisse est couvert depuis un mois par un stratus implacable
  • il fait entre -10 et -15 jour et nuit
  • le niveau des barrages est très bas car l'automne et le début de l'hiver ont été très secs
  • le vent est quasi nul

Y a-t-il une étude quelconque qui ait analysé la façon dont nous allons faire face à une situation comme celle décrite ci-dessus, situation somme toute banale et qui a lieu à peu près chaque hiver en Suisse ? J'espère que la réponse n'est pas : «importer de l'énergie en provenance du parc nucléaire français».

Une lectrice ou un lecteur a-t-il une réponse à cette question ? Car avant de sortir du nucléaire, il faudrait sortir de l'incantation et des contes de fée et adopter une véritable stratégie industrielle qui tienne compte de tous les paramètres. Et j'aimerais vivement voir cette stratégie écrite noir sur blanc.

28/03/2011

Défendre ce qui nous reste d'indépendance

L'UE a été légitimement voulue par une petite élite pour éviter une nouvelle guerre sur le sol européen. Je n'irai pas jusqu'à dire que la confiscation de ce processus politique a été orchestrée car ces élites doutaient de l'intelligence de leurs concitoyens. Plus probablement, ces politiciens et ces intellectuels estimaient qu'après les terribles plaies laissées par 2 guerres mondiales, les opinions publiques n'étaient pas encore prêtes à pardonner et à s'engager sur le chemin de l'intégration européenne. Dans les années 60, c'était probablement un raisonnement frappé au coin du bon sens, mais cela démontre que cette construction européenne a, dès ses origines, fait fi de l'avis des opinions publiques. Et malheureusement, cet état d'esprit persiste aujourd'hui.

J'ai déjà plusieurs fois abordé le thème de la relation entre la Suisse et l'UE dans mes billets (voir: La Suisse et l'Europe, Les limites de l'intégration de la Turquie en Europe et La démission de l'Etat). Dans ce dernier billet je rappelle d'ailleurs combien il est important que la Suisse ne se laisse pas «tyranniser» par l'UE qui cherche, par des pressions multiples et réitérées, à lui imposer de reprendre l'acquis communautaire, ce qui reviendrait à tirer un trait sur notre système de démocratie directe.

Dans ce domaine, je suis souvent choqué par la façon dont les journalistes politiques suisses romands (je ne suis pas suffisamment à l'écoute des médias alémaniques pour pouvoir juger des positions des journalistes de ce côté-là de la Sarine) traitent de nos relations avec l'UE. La plupart du temps ils expriment une lâcheté, une complaisance révoltantes en faveur des positions de l'UE, au détriment des intérêts de leur propre pays. A chaque fois se répète le même scénario où le journaliste en question semble anticiper avec avidité les futures pressions de l'UE sur la Suisse, la rupture des négociations, les sanctions éventuelles.

En février 2011, en réponse à un de ces «courageux» journalistes, M. Fulvio Pelli a dit quelque chose de très juste: «En Suisse, on pense beaucoup trop aux problèmes que l'on suppose que l'on pose à l'UE et trop peu aux problèmes que l'UE pose à la Suisse». Ce qui est absolument vrai, car il est de plus en plus difficile pour notre pays de vivre au milieu de cet ensemble à la fois puissant et fragile, riche et extrêmement pauvre, uni en apparence mais où règne le chacun pour soi et qui aime nous tordre le bras chaque fois que c'est possible.

Je trouve qu'il y a une grande confusion dans l'esprit des gens (y compris des journalistes qui devraient faire preuve de plus de maturité) entre le mythe européen (nous sommes les Etats-Unis d'Europe, nous partageons une identité et un destin communs, etc..) et la réalité de sa construction. Lorsque je vois un drapeau de l'UE à l'entrée d'une commune suisse, je me demande vraiment ce que cela veut dire: oui, chaque commune suisse fait partie du continent européen (c'est une entité géographique). Mais non, aucune commune suisse ne fait partie de l'UE (c'est une entité politique et surtout commerciale). Cela ne veut donc strictement rien dire pour une commune suisse d'afficher ce drapeau. A part l'entretien naïf d'un mythe, d'un fantasme.

La Suisse qui a la chance, parfois jusqu'à l'excès d'ailleurs, de gouverner au plus près des intérêts des citoyens grâce au système fédéral et à la démocratie directe (en tout cas c'est le concept idéalisé du modèle suisse), n'a aucun intérêt à entrer dans un espace supranational qui n'aurait que faire des micro intérêts locaux d'un canton suisse et encore moins de ceux d'une commune suisse. L'UE est un assemblage d'Etats hétéroclites, sans projet politique commun, sans politique étrangère commune, sans armée commune, Et qui de surcroît ne prend pas le chemin d'une Confédération d'Etats sur le modèle suisse, pas plus que sur celui de l'autonomie accordée aux Laender allemands. On navigue à vue entre le centralisme à la française et le sauve-qui-peut de chaque pays chaque fois que c'est possible.

Il est normal que la Suisse négocie avec l'Europe car elle est entourée par cette entité politique et commerciale mais il est tout aussi légitime que la Suisse cherche à préserver un maximum d'autonomie face à ce puissant voisin. Cela n'a rien à voir avec «vouloir le beurre et l'argent du beurre» comme se plaisent à le répéter nos journalistes complaisants. Cela correspond à la volonté de ce pays de sauvegarder ce qui lui reste d'autonomie. Et même s'il en reste malheureusement bien peu (construction européenne et Mondialisation obligent), que ce qui reste soit protégé de toutes nos forces !

27/03/2011

La démission de l'Etat

Un éditorial paru le 16 mars dans la TDG sur l'accident nucléaire au Japon, rappelle que le sismologue Takashi Nakata de l'Institut de technologie d'Hiroshima avait confié en 2007, au site d'information Bloomberg, qu'au Japon, en matière de sécurité nucléaire: «ce sont les mêmes personnes qui font les règles, mènent les études et valident les inspections. Et les régulateurs se contentent de signer ce qu'on leur soumet».

Est-ce vraiment une surprise, cela ne se passe-t-il qu'au Japon et cela ne concerne-t-il que l'énergie nucléaire?

Quand on voit la démission générale de l'Etat, obligatoire suite aux innombrables baisses d'impôts (cadeaux au profit de l'économie privée et de ses actionnaires) dans tous les Etats dits «développés» (en tous les cas pas développés dans le sens d'une véritable prise de responsabilités par rapport aux générations futures), je crains fort que la réponse soit non.

Aux Etats-Unis, à Washington, on estime à 100'000 personnes (oui, vous avez bien lu !), le nombre de lobbyistes travaillant à influencer l'appareil législatif de ce pays. Aux Etats-Unis toujours, en 2000, lorsque Bush jr est arrivé au pouvoir, il a fait nommer un ancien de Monsanto à la tête de l'EPA (Environmental Protection Agency). Ce qui correspondait à peu près à nommer Al Capone à la tête du FBI (vous me direz qu'un certain J. Edgar Hoover en a été son directeur pendant 49 ans et le moins que l'on puisse dire est qu'il est un personnage controversé). Cela avait pour but de permettre à cet insider d'influencer très exactement les réglementations qui gênaient cette Industrie (la pharmaco-chimie) aux entournures. Et c'est ce qui a été fait.

Et ne nous faisons aucune espèce d'illusion, ce qui se passe aux Etats-Unis se fait également à Bruxelles (il n'est que de voir avec quelle célérité Manuel Barroso s'est empressé d'annuler le moratoire sur les OGM sitôt réélu à la tête de la Commission européenne). Et se fait également à Berne. La seule différence est une question d'échelle. Mais notre Parlement de milice favorise le recours à des spécialistes des différents domaines concernés par le travail législatif. Et ces experts ne viennent évidemment pas de mouvements alter-mondialistes ou de ce que l'on appelle de différents vocables (Société civile, etc..). Non, ces experts viennent évidemment de l'Industrie, des Pharmas, des Banques, de l'agro-alimentaire, des Assurances, etc.. Et leur but est, bien évidemment aussi, de laisser autant de liberté de manœuvre que possible à la branche économique qu'ils représentent.

Et c'est pourquoi, nous, les simples citoyens, sommes systématiquement perdants car ni nos Droits, ni nos intérêts, ni notre santé, ni notre protection sous une forme ou une autre ne sont défendus dans nos Parlements respectifs. En fait nous élisons des représentants politiques qui s'engagent à nous défendre et qui sitôt élus font collusion avec des Intérêts qui nous sont trop souvent opposés. C'est une autre grande perversion de ce que l'on appelle la «démocratie.»

Nous avons encore cette chance unique, en Suisse, de pouvoir régulièrement voter sur des objets importants et parfois de mettre un frein à des appétits démesurés. C'est pourquoi il est capital à mes yeux de ne pas nous laisser «tyranniser» par l'UE, car une entrée dans cette zone encore non démocratique dans son fonctionnement, signifierait un abandon de cette Liberté et de ce Pouvoir uniques au Monde.