19/07/2012

Notre version du «Meilleur des mondes» ? (1)

La crise, qui touche uniquement les petites gens et la classe moyenne est là depuis 2008 et ne semble pas vouloir refluer.

Il fut une parenthèse dans l'Histoire où nos Sociétés ont su établir un partage raisonnable des richesses, où le fort n'a pas systématiquement écrasé le faible. Hélas, ce ne fut qu'une parenthèse imposée par la guerre froide. Sitôt l'ennemi soviétique anéanti et copieusement humilié, le naturel qui veut que le fort domine outrageusement le faible, a repris le dessus, avec la même férocité qu'à l'époque féodale. Quelques seigneurs de l'économie globalisée sont devenus, en 2-3 décennies, plus riches et puissants que les seigneurs féodaux ou même que les Rois ou les Empereurs de nos livres d'histoire.

Pour asseoir leur suprématie absolue, ils ont imposé leurs règles, faites de compétition entre les individus, entre les entreprises, entre les nations ou groupes de nations. Le sentiment de solidarité a été tourné en ridicule au profit de l'individualisme triomphant. La propagande vantant la supériorité de ce somme toute vieux modèle, relooké avec les atours de la modernité, a tourné à plein régime et les institutions politiques et syndicales qui étaient un contre-pouvoir à la loi de la jungle, ont été ridiculisées et décrédibilisées. Les affidés de ce modèle économique, tous ceux qui voulaient profiter de ce vent nouveau de l'Histoire, ont infiltré tous les échelons de nos Sociétés: ils se trouvent dans nos Parlements et dans nos Gouvernements, ils forment la nuée de lobbyistes qui orientent les décisions de notre classe politique, ils détiennent les chaires d'économie, de médecine, etc..., de nos universités, ils utilisent les médias afin d'orienter l'opinion publique, ils sont cadres et consultants dans le secteur privé. Bref, ils profitent eux aussi du système.

Le plan a fonctionné à merveille. Comme dans un manuel.

C'est assez incroyable que nos Sociétés, après avoir vécu dans un passé récent les horreurs du communisme et du nazisme, aient sombré si facilement dans les horreurs de l'ultralibéralisme qui est un système tout aussi aliénant, mais légèrement plus subtil. Et pourtant...

Depuis 30 ans, chacun doit lutter individuellement pour sa survie, la propagande en faveur d'un but collectif supérieur a été remplacée par l'exaltation du «moi» et du «je» (diviser pour régner), les outils de propagande qui étaient avant le fait de gouvernements ont été réunis entre les mains d'une poignée d'affairistes privés (concentration des médias entre quelques mains), les universités produisent «à la pelle» des jeunes loups au cerveau uniformément formaté. Pour ceux qui tombent sur le bas-côté de la route, pour quelque raison que ce soit, le chômage, l'assurance invalidité et les camisoles chimiques ont remplacé le goulag. Une nouvelle version, réelle et non pas romanesque, du «Meilleur des mondes» ?

J'exagère ? En apparence, oui. Et d'ailleurs l'exagération est le propre de la polémique. Mais si l'on demandait à tous ceux, et ils sont nombreux, qui sont broyés par le système si j'exagère, je ne suis pas sûr qu'ils seraient de cet avis.

08/07/2012

Il vaut mieux demander à la base

Très intéressante interview de M. Jean-Marc Widmer, le nouveau président de la Fédération suisses des fonctionnaires de police (FSFP) dans la TDG du samedi 7 juillet.

Là où nos gouvernants ergotent sur le sexe des anges, se battent comme des chiffonniers pour savoir si l'insécurité grandissante ressentie par la population est un «sentiment» ou une réalité, où l'on entend tout et son contraire, du laxisme à la tolérance zéro sans que cela change quoi que ce soit à la réalité, cela fait un bien fou d'entendre des propos clairs, lucides, informés sur une situation chaque jour plus inacceptable.

C'est partout ainsi. Au fur et à mesure que l'on monte dans la hiérarchie, la réalité du travail de tous les jours devient d'abord floue, puis abstraite. Si l'on monte encore, un jour elle devient virtuelle. Puis un jour, on est tellement éloigné des réalités que l'on en devient peut-être même cynique.

Alors, pour celles et ceux qui n'ont peut-être pas lu cette interview, voilà un bref rappel:

  • Dépôt, par la FSFP, d'une demande de révision du Code pénal pour mieux protéger les policiers contre les violences qui leur sont faites (c'est un comble)
  • Appui aux procureurs qui souhaitent ardemment une révision du nouveau code de procédure pénale qui a fait de la Suisse un havre pour les délinquants
  • Demande d'augmentation du nombre de policiers à l'échelle nationale, afin de se mettre au niveau (ratio entre population et nombre de policiers) des pays qui nous entourent
  • Dénonciation des effets pervers des accords de Schengen qui ont transformé nos frontières en «passoires pour les trafiquants de drogue, d'armes et pour les délinquants en tous genres»
  • Dénonciation de l'attitude incompréhensible de nombreux cantons qui refusent de soutenir les policiers devant les tribunaux lorsqu'ils se retrouvent sur le banc des accusés (le comble du comble de la lâcheté ...)
  • Demande de création d'une véritable police fédérale et d'une meilleure collaboration entre les différents corps concernés par la sécurité dans notre pays
  • Demande de remise à niveau technique et technologique des différents corps de police.

On est loin des discours électoraux qu'on nous sert et ressert à longueur d'interviews. Dire que M. Blocher, tenant soi-disant de la tolérance zéro a refusé, alors qu'il était Ministre de la Police et de la Justice, la création d'une police fédérale, prouve combien un politicien peut surfer avec ses idées et faire finalement le contraire de ce qu'il prône. M. Blocher est un tenant de l'ultralibéralisme et la création d'une nouvelle entité dans l'administration fédérale, même aussi utile et pour tout dire indispensable qu'une police fédérale, lui était insupportable. Dogmatisme et Dieu «argent» obligent.

La moralité, est que lorsque l'on a besoin de savoir la réalité sur une chose quelconque alors que l'on est  face à une grosse machinerie bureaucratique et administrative, il faut demander à la base comment les choses fonctionnent et dysfonctionnent. Pendant que les «élites» sur leurs nuages d'irréalité continuent de disserter sur le sexe des anges.

07/07/2012

Il nous faut un Franz Weber contre le bruit

Par une (enfin) belle journée, j'ai décidé de commencer ma saison de marches en montagne (mieux vaut tard que jamais) en faisant une petite montée légère entre Grindelwald et Kleine Scheidegg. Soit mille mètres de dénivelé. J'adore cet endroit qui se trouve au pied de ces 3 géants des Alpes bernoises, l'Eiger, le Mönch et la Jungfrau (les 3 montagnes qui illustrent mon blog, j'en profite pour le préciser).

Las. Je n'avais jamais vu, ou plutôt entendu, cela. J'ai eu droit à une moto tout terrain qui empruntait un sentier pédestre, une dizaine de voitures qui remontaient bien trop haut sur les alpages à mon goût et un ballet littéralement incessant d'avions de tourisme et d'hélicoptères faisant survoler ces belles montagnes à des touristes. Et quand je dis «incessant», cela veut vraiment dire «incessant». Infernal en résumé. Et les set de table de la région qui clament «Experience nature at its best» paraissent surréalistes face à la triste réalité des choses.

Lorsque j'entends tous ces défenseurs de l'autorégulation, de l'autodiscipline, du refus de l'ingérence de l'Etat dans la vie privée des citoyens clamer qu'il faut refuser que l'Etat régule ceci ou cela sous prétexte que les gens sont suffisamment adultes et raisonnables pour décider ce qui est bon ou néfaste pour eux, eh bien je suis désolé, mais cela ne fonctionne jamais. Chaque fois qu'on laisse la responsabilité pleine et entière à l'appréciation de chacun, on finit avec la chienlit. Et ce n'est pas le combat d'arrière-garde de M. Marc Bonnant contre l'interdiction de fumer qui me fera changer d'avis: comment peut-on utiliser une telle intelligence pour des combats aussi peu honorables et peu dignes d'intérêt ?

La chienlit, c'est malheureusement ce qui est en train de se passer à Grindelwald, exactement comme cela se serait passé dans le Lavaux si M. Franz Weber n'avait pas lancé, par deux fois, une initiative pour le sauver. Un jour, malgré eux, les vignerons de ce coin du canton de Vaud ont été fort heureux de se voir inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Mais ils ont eu la mémoire bien courte et bien ingrate, puisqu'ils n'ont même pas cru bon d'inviter leur sauveur à la cérémonie.

La Suisse devrait ériger une statue en remerciements à ce Guillaume Tell des temps modernes, ce visionnaire infatigable, pour l'ensemble de ses combats. Un homme qui voit, là où les autres sont encore aveugles ou aveuglés par des intérêts personnels et égoïstes qu'ils estiment parfaitement légitimes. Pour autant que nos systèmes exécutif et législatif respectent la volonté populaire clairement exprimée lors de sa très récente initiative pour la limitation des résidences secondaires, on peut espérer mettre un frein relatif à l'emprise de l'homme sur notre patrimoine naturel. Au moins visuellement.

Malheureusement, force est de constater que d'autres pollutions se lancent à l'assaut de nos montagnes. J'en ai fait la cruelle expérience aujourd'hui. Il est urgent de légiférer pour mettre, là aussi, des limites à l'appétit insatiable de l'homme pour des plaisirs discutables, futiles, inutiles, déplacés, absurdes. Avons-nous vraiment, sauf pour gagner un argent facile, besoin d'organiser des norias d'hélicoptères transportant des touristes argentés, pressés et paresseux, à l'assaut des plus beaux sites naturels de notre pays ?

Si nous n'y prenons garde, le moteur à explosion va envahir nos derniers espaces de relative tranquillité et transformera nos montagnes en annexes de nos enfers urbains. Il n'y aura jamais d'autorégulation, pas plus dans ce domaine que dans les autres. Celui qui peut se payer quelque chose se le paye. Et si c'est cher comme un tour en hélicoptère, eh bien c'est encore mieux. Quelle meilleure façon d'afficher sa réussite et de véhiculer son morne ennui blasé que de faire des choses que la majorité ne peut pas se payer ?

Il nous faut un nouveau combat pour sauver nos montagnes en danger !

26/06/2012

En Angleterre, des millions d'enfants ne sont pas assez nourris (2)

Pour les uns, l'ultra-libéralisme est la solution à un Etat qui coûte cher et qui ne produit rien. Pour les autres, l'ultra-libéralisme est le fossoyeur de nos sociétés et la cause de la souffrance de ces enfants (voir mon billet d'hier: "En Angleterre, des millions d'enfants ne sont pas assez nourris (1)", au profit d'une petite caste de nantis.

Que l'on soit d'accord avec une assertion ou avec l'autre, ce que tout le monde peut constater est que nos sociétés ont profondément changé depuis la chute du Mur. La redistribution relativement équitable des richesses, vécue et acquise de haute lutte pendant les 30 glorieuses, a été remplacée par la compétition, la précarité, le chômage, les working poors et les revenus indécents d'une minuscule frange de la population.

Ce qui a marqué ces 2 dernières décennies est le transfert systématique des richesses, des pauvres et des classes moyennes, vers les plus riches. Tout le monde peut constater que les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Et l'Etat, nos Etats occidentaux, se sont systématiquement appauvris par la baisse systématique des recettes fiscales voulues par la droite. Il est facile ensuite de venir accuser l'Etat d'avoir des dettes.  Et je rappelle volontiers au passage, que c'est sous Ronald Reagan et «W» que l'Etat fédéral américain s'est le plus endetté, alors qu'à la fin du double mandat de Bill Clinton, on entrevoyait la possibilité, dans les 10 années à venir, que l'Etat fédéral ait remboursé TOUTES ses dettes.

La politique ultra-libérale qui a saccagé l'état social et qui a paupérisé de larges franges de nos sociétés a eu le double effet d'augmenter le nombre de récipiendaires des aides de l'Etat et de diminuer les recettes de celui-ci. Situation qui a évidemment poussé la droite à réclamer de nouvelles diminutions des tâches de l'Etat, dans un cercle vicieux absolument voulu et parfaitement orchestré. Cette diminution des tâches de l'Etat a laissé le champ libre aux entreprises privées qui ont pu prendre leurs aises dans tous les domaines («quand le chat est parti, les souris dansent»). Aujourd'hui, nous souffrons tous de l'abaissement des normes de protection de l'environnement ou des travailleurs ou des consommateurs. Ou du viol de ces normes. Ou du copinage entre ce qui reste de l'Etat et les entrepreneurs privés. La démission très récente de M. Marcos Buser de la Commission fédérale de la sécurité nucléaire (CSN) en est une énième illustration.

Nos pays sont confrontés à la compétition avec des pays où la main d'œuvre ne coûte rien, ne jouit d'aucune protection sociale, ne sait pas ce que sont les vacances et les samedis. Où l'aîné mâle est l'assurance vie de ses parents (c'est pourquoi tant de fœtus femelles sont avortés ou tués en Inde et en Chine). Où le travail n'est réglementé d'aucune façon, où la protection de l'environnement est une idée qui n'a encore fait son chemin nulle part.

La compétition voulue et organisée par les brillants penseurs de l'ultra-libéralisme est en train de miner les fondements mêmes de nos pays. Cette compétition, totalement absurde dans les faits mais diabolique dans son essence, est en train de faire revenir nos Sociétés en arrière, en démantelant pièce par pièce les avancées sociales de l'époque de la guerre froide. Nous allons à marche forcée vers une sorte de société féodale mâtinée des conditions sociales des débuts de la révolution industrielle.

Cette involution fait peur et la sidération des populations de nos pays montre non pas une grande sagesse, mais la profondeur de l'effroi et de l'incompréhension qui nous saisissent toutes et tous. Nous voyons que nous allons dans le mur, nous voyons que nos gouvernements sont, au mieux, impuissants, au pire, corrompus jusqu'à la moelle. Il n'y a plus de recours envers une Autorité ou une puissance quelconque. Plus d'alternative. Plus de solution de rechange. Le processus a été si loin, il est si définitivement engagé, qu'il n'y a plus de retour en arrière possible.

Ceux qui profitent largement ou plus modestement de ce système, en mangeant les miettes qui tombent de la table des puissants, ont l'illusion que tout va bien. Que le système est parfaitement cohérent et légitime.

J'aimerais tant n'être qu'un radoteur atteint de sénilité précoce.

 

25/06/2012

En Angleterre, des millions d'enfants ne sont pas assez nourris (1)

C'est la terrible nouvelle parue dans la presse la semaine passée. Et cela se passe aujourd'hui, en Europe !

C'est bien évidemment le fruit de plus de 20 années de dérégulation, d'ultra-libéralisme, de mondialisation. Plus de 20 années de guerre ouverte, mais déguisée sous les oripeaux de la démocratie, des riches contre les pauvres. Plus de 20 années de manipulation des peuples. Plus de 20 années de coups d'Etat permanents qui ont vu les lobbies des grands groupes multinationaux faire le siège de nos Parlements et de nos Exécutifs afin de faire systématiquement triompher leurs thèses contre les intérêts du plus grand nombre. Nous ne sommes plus, ni en tant que travailleur, ni en tant que consommateur, ni en tant que contribuable, ni en tant que patient, protégés par nos gouvernements contre les menées de cette clique de profiteurs. Le mot «éthique» est, pour cette oligarchie, une insulte ou une occasion de franche rigolade.

Pour tout spectateur quelque peu attentif et non aveuglé par ses a priori idéologiques, c'est une situation que l'on voyait se préparer depuis l'arrivée au pouvoir du terrible tandem Reagan / Thatcher.

Leur vision et surtout celle de ceux qui les ont aidés à se hisser au pouvoir, a triomphé partout. Les gouvernements ont perdu tout pouvoir. Nous, simples citoyens, sommes livrés sans merci et sans protection aux appétits indécents de quelques entrepreneurs et actionnaires. Leur avidité obsessionnelle, donc maladive, a perverti la marche du Monde. Leur stratagème suprême qui a mis tous les peuples de la Terre en compétition est en train de détruire ce qui faisait l'essence même des peuples de cette planète. Mais aussi l'environnement. Croire que le fait d'avoir exporté notre pollution industrielle en Chine nous protège de cette pollution est une ridicule illusion: ce pays n'a aucune régulation dans le domaine de la protection de l'environnement et la pollution générée par ces fabriques «sauvages» nous revient en pleine figure. D'où une atteinte insidieuse mais sérieuse à la santé de chacun d'entre nous.

Et comment pouvons-nous être collectivement «sidérés» au point de rester silencieux face à cette misère monstrueuse qui monte aux 4 coins de l'Occident. Cette misère abjecte que l'on croyait réservée aux livres d'histoire. Et pendant ce temps, face à l'urgence sociale, les fossoyeurs de nos pays continuent de se lamenter sur le sort de leurs biens en terrorisant nos gouvernements pour les obliger à intervenir une fois de plus pour sauver les Banques. Leurs jouets spéculatifs et insensés.

Nous réveillerons-nous avant qu'il soit trop tard ?

06/06/2012

Une vitamine miracle se cache dans le lait

C'est le titre surprenant et très «marketing» d'un article paru ce jour dans la TDG. Celui-ci relate que des chercheurs de l'EPFL ont isolé une molécule qui permet de «lutter contre l'obésité, le diabète, voire les effets du vieillissement».

Je ne doute pas du sérieux de l'EPFL en général, mais là, je dois dire que ces conclusions sont difficiles à avaler. Pourquoi ?

Parce que cette conclusion est donnée sans avertissement aucun. Je ne connais pas cette molécule et n'en ai jamais entendu parler jusqu'à ce jour. Mais même si elle avait toutes les propriétés décrites, encourager ainsi la population à se gaver de lait (c'est le message implicite) pour profiter de cette molécule est éthiquement plus que discutable:

  • Tout le monde sait que les vaches sont trop souvent nourries avec des aliments qui ne leur conviennent pas (régime hyper-protéiné) pour augmenter artificiellement leur production de lait (production multipliée par 10 en 50 ans). On leur a même donné des farines animales dans ce but, ce qui a débouché sur la maladie de la vache folle,
  • Tout le monde a également entendu que certains éleveurs, parfois au mépris de la Loi, donnent des hormones de croissance et des antibiotiques à leurs animaux pour accélérer la fabrication de viande. Tout cela fait que les vaches sont en général en moins bonne santé qu'il y a 50 ans (et nous avec),
  • Le lait industriel est systématiquement pasteurisé ou upérisé, ce qui a pour effet de détruire une bonne partie des vitamines et des enzymes essentiels pour faciliter son assimilation,
  • Aucune autre espèce vivante, que l'homme, ne consomme le lait d'une autre espèce. Or, le lait de vache, conçu pour permettre à un veau de prendre 500 kg en 6 mois est bourré des protéines et des hormones de croissance nécessaires à cette espèce. Le petit d'homme, lui, a besoin de faire parvenir son système immunitaire et son cerveau à un certain degré de maturité pendant les 5-6 premières années de la vie. Quant au poids, on ne parle que de quelques kilos. Rien à voir avec le veau. Ce sont justement ces hormones de croissance qui sont accusées par beaucoup d'être impliquées dans la multiplication des cancers du sein et de la prostate,
  • La lactase, l'enzyme qui permet à l'être humain de digérer le lait, y compris maternel, se tarit vers 5-6 ans. Au-delà, nous ne sommes plus équipés pour digérer les produits laitiers. C'est une cause de nombreuses maladies auto-immunes (dont le diabète de type 1) selon certains chercheurs,
  • C'est dans nos pays où nous consommons le plus de lait, pour son calcium, que nous voyons le plus de cas d'ostéoporose (ceci malgré l'affirmation faite dans le même article par Mme Laurence Margot, diététicienne : «La consommation de produits laitiers participe à la prévention de l'ostéoporose. [..] La couverture des besoins en calcium est difficile sans de tels produits»).

La liste des problèmes liés à la surconsommation de produits laitiers dans nos pays est longue et devrait faire réfléchir chacun d'entre nous quant à la justesse ou non de consommer des produits laitiers. Mettre en avant les bienfaits d'une molécule, même de grande valeur nutritive, alors qu'elle est noyée au milieu d'autres éléments soupçonnés d'être plus ou moins hautement problématiques me semble un procédé manquant de la prudence à laquelle un scientifique devrait s'astreindre en tout temps.

Et la deuxième interrogation éthique, est que le chercheur ayant fait cette annonce, M. Johan Auwerx, est Professeur à la Chaire Nestlé en métabolisme énergétique de l'EPFL. Je me refuse pourtant à croire une seconde que ceci puisse avoir un lien quelconque avec cela.

01/06/2012

La Suisse paye sa vertu très cher

Notre pays a été un des premiers à avoir raison en se dotant de freins à l'endettement. Aujourd'hui, alors que les pays qui nous entourent ne savent comment faire pour sortir de l'impasse, la Suisse est un minuscule îlot de résistance à la crise, au milieu de l'Europe.

Avant la monnaie unique, lorsque la crise frappait un pays européen, eh bien nous savions que l'impact resterait limité, et quand la crise frappait un pays comme la Grèce et sa monnaie, nous savions que cela n'aurait à peu près aucun impact sur nous.

Aujourd'hui, comme hier, le franc suisse est une valeur refuge. La différence, outre la gravité sans précédent de la crise, est qu'elle frappe un bloc. Ce n'est plus le franc français ou la lire italienne, c'est l'euro. Monnaie unique d'un continent disparate tant du point de vue politique qu'économique. Et comme les Etats-Unis et le dollar sont à peu près aussi malades, le risque pour la vertueuse Suisse est grand.

La BNS a dû prendre des décisions courageuses pour soutenir la prospérité de notre pays. Avait-elle le choix, franchement je n'en sais rien. Pas plus que les observateurs les plus avisés. Mais lorsque l'on voit le bilan de la BNS gonfler comme la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf, avec des monnaies plus ou moins «pourries» en plus (44% du bilan en euros), on prend quelque peu peur. Cet engagement est potentiellement hyper dangereux car il fait courir à notre pays un risque systémique aussi énorme que la presque faillite de l'UBS en 2009. Ne rien faire aurait été tout aussi suicidaire. Nous naviguons sur une mer démontée, devant nous garder de Charybde comme de Scylla.

Nous ne sommes ni dans l'UE, ni n'avons adopté sa monnaie unique, mais les soubresauts de la mondialisation ratée (ratée pour les peuples, mais pas pour les actionnaires) et les difficultés quasi inextricables de la zone euro impactent notre pays et hypothèquent notre avenir.

La Confédération et la BNS ont, à l'époque de l'UBS, concocté le plan le plus intelligent et le plus astucieux de sauvetage d'une banque jamais imaginé. Mais si la BNS devait perdre des sommes colossales sur devises, qui viendra à son/notre secours ?

18/05/2012

Une étape symbolique

Le centième billet de ce blog créé fin août 2010 est fêté avec ces quelques mots.

Lorsque j'ai commencé je ne savais vraiment pas où j'allais, sinon que je m'étais vu refuser coup sur coup 2 lettres dans le courrier des lecteurs de la TDG, au prétexte qu'elles étaient trop longues. Je me suis dit, alors, que c'était l'occasion de les publier autrement. Ce furent les 2 premiers billets de ce blog.

Depuis, l'occasion m'a été donnée d'écrire sur des thèmes très variés, me semble-t-il, avec également un retour régulier sur d'autres qui me sont chers ou qui provoquent régulièrement mon indignation. C'est selon.

Au total une bonne expérience personnelle, l'occasion d'écrire régulièrement, de mettre de l'ordre dans mes idées. C'est cela la "magie" de l'écriture. Ce moment de solitude où l'on est intimement en contact avec soi-même, avant de livrer, éventuellement, ses réflexions sur la place publique.

Je n'ai toujours pas de plan, à part que je continuerai d'écrire tant que j'y trouverai du plaisir, que je n'aurai pas l'impression de trop me répéter. Mais dans la vie il est important également de savoir s'arrêter à temps afin de pouvoir passer à autre chose. J'espère que je saurai trouver ce juste moment.

21:27 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : une étape symbolique | |  Facebook

15/05/2012

Helsinki: encore raté

Pour les amateurs suisses de hockey sur glace, les années (trop nombreuses) se suivent et se ressemblent: une équipe qui se construit sur la base d'un bon championnat à l'échelle internationale (on a vu pendant le lock-out de la NHL que les joueurs suisses n'étaient pas loin des superstars de la NHL), des joueurs qui semblent vouloir s'affirmer, quelques brillants succès aux Jeux olympiques ou aux Championnats du monde contre les «monstres» planétaires que sont le Canada, la Russie, la Suède ou la République tchèque. Et puis patatras, il arrive toujours un moment où ce bel ensemble se fragilise, les pires défauts refont surface et l'équipe se liquéfie contre des nobody au pire moment.

C'est exactement ce qui est arrivé encore une fois. Certes, elle n'a cette fois-ci battu ni la Finlande, ni le Canada mais a très bien joué contre ces 2 équipes au sommet de la hiérarchie mondiale. Et puis arrive la France, qui, sans vouloir vexer personne, est en hockey sur glace à peine supérieure à ce que représente le Luxembourg dans le monde du football et ces Messieurs se payent le luxe de se trouer complètement, ruinant en 60 minutes, tout le travail accompli pendant l'année écoulée. Quel gâchis !

Comment des joueurs qui n'ont que leur désir de jouer en NHL à la bouche peuvent-ils fusiller leur avenir en 60 minutes avec un si bel et si récurrent enthousiasme ?

Je ne sais où se niche le problème. Ce que je vois est que des équipes qui viennent de nulle part (Allemagne, Danemark, Norvège) sont capables de rattraper la Suisse en quelques courtes années (il y a 3 ans, la Norvège n'était même pas le Liechtenstein du hockey), alors que les joueurs suisses qui semblent travailler comme des brutes depuis plus de 25 ans,  échouent systématiquement au moment de toucher au Graal.

Alors est-ce dans la tête, Docteur ?

Les sportifs suisses, à part de formidables et brillantissimes exceptions (Federer, bien évidemment, qui est au sommet de la hiérarchie mondiale et le meilleur tennisman de tous les temps, Mark Streit qui a su se faire respecter en NHL et a ouvert la porte aux autres hockeyeurs suisses, Didier Cuche l'inoubliable géant, Stéphane Chapuisat et Alexander Frei, les brillants footballeurs aux nerfs d'acier, Fabian Cancellara, le cycliste de l'impossible et heureusement beaucoup d'autres que je ne peux citer ici, faute de place), n'ont jamais brillé par leur grinta, leur capacité à renverser les montagnes, d'être le David qui terrasse le Goliath. Trop souvent, le sportif suisse semble se satisfaire de sa situation, semble décidé à respecter la hiérarchie, semble saisi du respect sacré devant plus fort que lui (ou supposé tel), refuse de «tuer le père». Trop lisse. Trop gentil. Trop dans le rang. Pas de têtes qui dépassent.

Je me suis souvent intéressé au sport en ce qu'il représente (peut-être) une part de l'âme d'un pays.

Le sport suisse est-il à l'image de notre pays, capable d'être brillantissime, mais tremblant devant le plus fort ? Est-ce que nous préférons mettre toute notre énergie dans un métier honnête, sérieux et souvent sans surprise ? Sont-ce près de 2 siècles de neutralité qui ont fait que nous avons perdu le goût et la capacité de nous battre, enterrant du même coup l'héritage de nos valeureux ancêtres mercenaires-soldats ? Avons-nous tellement intégré le respect de la hiérarchie et la soumission à l'Autorité que nous en avons perdu un peu de notre testostérone (ou un autre ingrédient nécessaire à la victoire) ?

Lorsque l'on voit l'état d'impréparation de notre Gouvernement et des Ministres qui le composent face à de graves questions (le très pathétique Ministre de la Défense et l'imbroglio de l'avenir et des missions de l'armée, la naïveté d'un autre face au tyran d'opérette libyen, etc..) on prend peur, effectivement. Face à l'agressivité des gouvernements de pays soi-disant «amis» et au vu de la rapidité avec laquelle nos Ministres baissent la culotte lorsqu'ils se font sermonner par plus «grands» dans la cour de l'école, on se dit qu'il y a encore du travail à faire avant que la Suisse, en tant que pays, se reconnaisse le droit d'exister et de gagner sur la scène internationale, alors que, paradoxalement, nous le faisons très bien dans l'économie privée.

Vous reprendrez bien un peu de psychothérapie collective ?

20:09 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : helsinki: encore raté, ueli maurer, merz, federer, cuche, sportifs suisses | |  Facebook

09/05/2012

La fin de la classe moyenne

«Améliorer les conditions-cadres», c'est le mantra répété par M. Pascal Gentinetta, président de la direction d'économiesuisse dans son interview du 4 mai dans la TDG. Cette phrase revient encore et encore et on cherche désespérément ce que cela veut dire à part abaisser les impôts.

Cela fait 30 ans que l'on subit ce véritable lavage de cerveau et cela fait 30 ans, depuis l'arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne en 1979 et de Ronald Reagan aux Etats-Unis (1980), que l'on subit les effets trop souvent désastreux de cette politique. Celle-ci a mené à tous les excès que l'on connaît :

  • Toute-puissance du secteur privé
  • Démission de l'Etat
  • Pillage des revenus du travail par les directions (salaires et bonus délirants) et par les actionnaires des multinationales
  • Détricotage des programmes de protection sociale, de protection des travailleurs et de protection de l'environnement...

Malgré les excès souvent insupportables de ces politiques, cela ne satisfait toujours pas M. Gentinetta et ceux qu'il représente, puisque il propose ni plus ni moins de diviser par deux les impôts des sociétés dans des cantons comme Genève et Vaud (passer de 24 à 12 %). Mais il faut également, selon lui, que le taux d'impôt fédéral de 8.5 % soit : «substantiellement abaissé».

Avec tous les cadeaux royaux accordés aux entreprises depuis 30 ans (le dernier en date étant la révision de l'impôt sur les entreprises sur lequel nous avons voté et qui s'est retourné contre l'ensemble du peuple suisse et contre notre démocratie. Voir "La perversion de la démocratie"),  avec toutes les délocalisations qui ont privé nos pays de leur production de richesse, jeté des dizaines de millions de citoyens dans la précarité et transféré le centre de gravité du pouvoir économique et très bientôt politique et militaire, vers l'Asie nous voyons les résultats de cette politique.

Elle consiste ni plus ni moins en la disparition progressive de la classe moyenne en Occident. On le voit très clairement dans des pays broyés par cette logique économique, comme la Grèce ou l'Espagne, mais on le voit aussi dans des pays comme la France, les Etats-Unis et même la Suisse (malgré une réussite pour l'instant insolente en comparaison internationale). La récente publication d'une statistique faisant état de 700-900 mille pauvres dans notre pays riche en est la preuve la plus éloquente.

A force de refuser ses responsabilités sociales, le secteur privé représenté par les grands groupes internationaux, assèche les finances de nos Etats, ce qui oblige celui-ci à couper dans différents programmes ou à augmenter la participation financière des citoyens à ces programmes ou les deux. Ce continuel transfert de richesse des classes défavorisées et moyennes vers les ultra-riches entraîne la création de plus en plus de working poors et fait glisser la classe moyenne vers la précarité, jusqu'à sa disparition pure et simple.

C'est exactement ce qui arriverait si les propositions de M. Gentinetta avaient le malheur de trouver leur chemin dans les esprits de notre classe politique trop souvent au service de ceux qui détiennent les leviers du pouvoir.

11:09 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la fin de la classe moyenne, pascal gentinetta, economiesuisse | |  Facebook

02/05/2012

(In)sécurité: la droite et la gauche dos à dos

Pour des raisons très différentes, voire diamétralement opposées, nous simples citoyens, ne pouvons très malheureusement, rien attendre de plus de la droite que de la gauche.

J'en veux pour preuve, l'article éminemment édifiant dans la TDG de ce jour, concernant: «les menaces physiques et verbales qui se pratiquent de plus en plus à l'encontre des policiers genevois.»

Cet article révèle notamment que: «trois cas récents révèlent une augmentation des tentatives d'intimidation par certains gangs mafieux très bien organisés [...] En mars, c'est un policier des Pâquis dont on avait mis la tête à prix.»

Ce qui est grave et inquiétant c'est d'apprendre la démission TOTALE  de l'Etat face à ces nouvelles menaces. Dans le cadre du braquage du change Migros et suite à la surréaliste plainte déposée par l'avocate (on devrait rayer une telle personne du barreau suite à une telle insulte à la raison) d'un des auteurs de la fusillade contre les policiers qui sont courageusement et intelligemment intervenus contre ces malfrats, on apprend encore (je cite un large extrait tant il révèle la gravité de la situation): «le syndicat a dû trouver des avocats, épauler les collaborateurs, trouver des solutions d'aide pour eux et leurs familles. «Le département n'a rien fait, déplore Christian Antonietti. Alors que nous sommes le bras armé du canton». Contacté hier, Laurent Paoliello, porte-parole du département d'Isabel Rochat, n'a pas répondu à nos questions. Les trois policiers impliqués dans le braquage doivent désormais affronter seuls la justice et même se rendre prochainement à Lyon pour être entendus. Avec tout ce que cela représente comme risque pour leur sécurité: «Ils vont comparaître en dévoilant leur nom, prénom, etc., déplore un collaborateur de la gendarmerie. Facile pour les spectateurs de prendre des notes et de trouver leur domicile ou leur famille pour exercer des pressions.»

Le reste de l'article démontre de façon éloquente l'étendue de l'incurie de nos élus et l'ampleur de la démission de l'Etat à laquelle nous sommes arrivés après des décennies d'aveuglement, de lâcheté et de bons sentiments, toutes choses dont les mafias se rient et profitent.

La gauche, pour des raisons idéologiques, est incapable de regarder certaines réalités en face, enfermée qu'elle est dans une vision de classe de la Société. Entre la gauche bien-pensante (mais n'est-elle pas toujours «bien-pensante» ?), les Verts qui semblent plus prompts à s'engager en faveur de la défense des réfugiés, y compris les faux réfugiés économiques, qu'à la protection de notre environnement (en tout cas c'était le sentiment dégagé sous la présidence de M. Ueli Leuenberger), et différentes Associations de protection de toutes les minorités, y compris lorsqu'elles se trouvent engagées dans des activités criminelles, nos gouvernements ont perdu le courage d'exprimer l'Autorité et le Pouvoir de l'Etat, à bon escient.

La gauche, encore elle, a tellement orchestré un lavage de cerveau collectif depuis la fin de la seconde guerre mondiale pour nous mettre en garde contre les dangers d'une possible résurgence du fascisme, qu'elle a comme anesthésié nos démocraties et leur a enlevé toute capacité à s'organiser contre les abus dans l'immigration sauvage et contre les atteintes à la sécurité.

La droite, de son côté, parle volontiers de sécurité, parfois avec des accents très convaincants, mais cela s'arrête généralement au stade des bonnes intentions électoralistes. Lorsqu'il s'agit de transcrire ces bonnes intentions en actes, c'est-à-dire lorsqu'il s'agit de financer celles-ci, la droite au service de nos élites s'aperçoit que la mondialisation avec son cortège de délocalisations et de cadeaux fiscaux faits aux ultra-riches a si bien vidé les caisses de nos Nations, que nous ne pouvons plus nous payer le niveau de sécurité que nous, citoyens, réclamons et attendons.

Je ne vois malheureusement pas d'issue pacifique à cette situation totalement bloquée: la gauche va continuer à s'enfermer dans sa dénégation de la réalité (reconnaître les causes sociologiques, sociétales, économiques et politiques de l'augmentation de la criminalité ne devrait pas empêcher de lutter efficacement contre elle). Et la droite va continuer de faire de beaux discours sans agir, préférant donner aux ultra-riches les moyens de s'enfermer dans des quartiers de haute sécurité où il peuvent entretenir l'illusion qu'ils peuvent vivre à l'abri des pouilleux de la Terre, s'enrichir encore plus et laisser le reste du Monde à ses difficultés, sa précarité et sa misère, amplement méritées à leurs yeux.

Notre planète est de plus en plus interconnectée et de plus en plus «petite». Rien de ce qui affecte nos voisins, même à l'autre bout de la Terre, qui n'entraîne des répercussions chez nous. Croire que la Suisse et Genève sont une île privilégiée au milieu de la tempête est une illusion. Certes, nous sommes économiquement plus sains que nos voisins. Mais cette bonne santé économique fait des envieux. Pas besoin d'avoir fait de longues études pour se rendre compte qu'il existe quelque part, au milieu de l'Europe, un Etat béni qui est à la fois insolemment couronné de succès, incroyablement naïf dans sa vision des réalités de nos Sociétés (il suffit de voir l'incroyable impréparation de notre classe politique face aux attaques incessantes de l'étranger contre notre place bancaire et financière ou le presque touchant amateurisme de notre ministre de la défense) et pingre dans l'utilisation de ses surplus, notamment dans le domaine de la sécurité.

Les mafias de toute sorte, celles qui orchestrent l'immigration sauvage pour leur plus grand profit, celles qui gèrent le trafic d'êtres humains pour bénéficier des immenses revenus de la prostitution, celles qui organisent le trafic de drogue ou la contrebande ou les jeux de hasard ou le racket, etc.. ont de très beaux jours devant elles. Elles profitent de ce mélange détonnant pour s'enrichir, utilisent les banques et l'économie suisses pour recycler une partie de leur argent sale. Quant aux petites frappes de pays voisins et plus lointains, ils profitent de l'ouverture des frontières ou de leur statut de faux réfugiés et de notre stupéfiante paralysie pour venir faire les 400 cents coups en toute impunité.

Si l'Occident, la Suisse et Genève continuent de refuser d'affronter ces questions avec sérieux, conscience et détermination, ces assauts répétés mettront tout simplement l'existence même de nos démocraties en péril.

22/04/2012

Sortir du nucléaire coûtera plus cher que prévu

C'est, apparemment, ce que vient de découvrir M. Gerold Bührer, président de la Fédération des entreprises suisses.

N'est-ce pas magnifique de voir que ce que ce Monsieur découvre aujourd'hui n'est rien d'autre que ce que toute personne sensée dit depuis des décennies. Un fond, insuffisamment approvisionné d'ailleurs (voir mon billet du 24 novembre 2011, « Le (bientôt) vrai prix du nucléaire » sur ce sujet), a été créé pour financer cette sortie. Et dans un bel illogisme, il semble vouloir utiliser cet argument pour ne pas en sortir. Un peu comme si on vous disait que vous taper sur la tête avec un marteau faisait mal et que vous répondiez que c'est pour cette raison que vous devez continuer...

Pour M. Bührer, il faut continuer à développer la technologie nucléaire. Bien. Cela nous garantirait-il que la sortie du nucléaire coûtera moins cher ?

Je ne vois pas en quoi une double sortie du nucléaire, celle des réacteurs actuels plus le coût de construction plus que pharaonique de nouvelles centrales auquel il faudra ajouter le coût de leur démantèlement dans 30-40 ans (mais peut-être s'en moque-t-il puisque ce sont nos enfants et petits-enfants qui paieront ?) serait moins cher que de sortir maintenant de cette folie ?

Et ceci ne tient aucun compte des coûts simplement insupportables des accidents d'origine nucléaire, aussi bien en termes humains et environnementaux que financiers. Voir mon billet du 21 avril 2011, « Qui paye(ra) pour Tchernobyl » (et Fukushima) sur ce sujet.
La technologie nucléaire est une folie, une illusion et une solution de facilité qui n'enrichit que les grands investisseurs, puisque justement, après avoir encaissé de copieux bénéfices, ils vont tout faire pour se soustraire à leurs obligations financières dans le démantèlement des réacteurs existants.

Où tout le monde (ou presque) peut être d'accord avec M. Bührer c'est sur la nécessité de réfléchir très sérieusement à notre stratégie future. Il n'y a pas de solution miracle. Aucune énergie alternative ne remplacera le nucléaire d'un coup. Seul un mix énergétique la remplacera. Et je suis quelque peu sceptique sur la question des économies d'énergie: l'être humain est paresseux par nature et entre les belles intentions affichées par beaucoup (je suis pour la protection de l'environnement, c'est ma priorité) et la réalité (je continue de vivre comme si l'approvisionnement énergétique était éternel et illimité) il y a souvent un fossé. De plus, la population de ce pays est en augmentation. Nous sommes à peu près 8 millions d'habitants et les 10 ne sont plus une utopie. Je ne vois dès lors pas comment les « économies d'énergie » seraient la principale solution à notre avenir énergétique. Elles sont indispensables, certes, mais ne feront, au mieux, que de limiter les dégâts.

Mme Leuthard travaille courageusement et intelligemment à l'organisation de notre futur énergétique. Mais un gouvernement ne peut tout faire tout seul. Aucun gouvernement occidental, ultra-libéralisme oblige, n'a plus les moyens de trouver seul les solutions. Nous avons besoin des investisseurs privés pour  investir dans notre futur énergétique.  Ils sont largement responsables du chaos actuel en ayant mis tous les investissements dans le même panier et en refusant d'investir pour trouver une alternative au nucléaire. Ils ont beau jeu de nous dire aujourd'hui qu'il n'y en a pas. Et pour cause !

C'est pourquoi il est si important que les gouvernements fixent un cadre strict à l'avenir de notre approvisionnement énergétique. Le jour où les investisseurs privés verront que nos gouvernements sont sérieux, ils réévalueront leurs stratégies. Pas avant. Espérons qu'alors ils feront le choix du bien commun, le choix d'un avenir positif et respectueux de la Vie. Enfin. Et pour une fois.

19/04/2012

La vie politique française ne fait plus rêver

Il y a quelques années encore, la vie politique « à la française » faisait rêver beaucoup de citoyens suisses romands pour qui la vie politique au quotidien était souvent fade, austère, ennuyeuse comme une soupe sans sel.


Depuis, la politique de ce côté-ci du Jura s'est considérablement musclée et celle du côté français a perdu sa  capacité à faire rêver. Et la campagne actuelle est sans doute la plus fade depuis très longtemps.

En effet, les 10 prétendants s'ils sont parfois bardés de bonnes intentions, n'en sont pas crédibles pour autant. Peut-on vraiment croire que le candidat-président, qui s'est révélé un piètre président pendant 5 ans, va soudain, par la magie d'un nouveau mandat, réussir tout ce qu'il a raté pendant son premier mandat ? Peut-on vraiment croire que son challenger principal va soudain devenir l'homme courageux et volontaire dont ce pays au bord de la catastrophe a besoin (certes, on peut « changer » son caractère le temps d'une campagne, mais ce « changement » résistera-t-il à l'usure du temps) ? Croit-on vraiment que M. JLM va pouvoir faire plus qu'amener la France au bord d'un nouveau « grand soir » où il faudra choisir entre l'austérité la plus contraignante et la « rupture avec le capitalisme » avec toutes les conséquences que cela aura (la France veut-elle devenir une sorte de pays en marge au cœur de l'Europe) ?

Quant aux autres candidats, ils ne sont pas plus crédibles que les trois premiers cités. M. Bayrou est excellent dans son rôle de grand moralisateur de la vie publique, mais quelle serait sa véritable compétence en tant que Chef d'Etat ? Mme Le Pen qui n'arrive même pas à soutenir le regard de ses adversaires politiques pourrait-elle vraiment tenir tête à ceux qui, demain, attaqueront la France (« Marchés », les technocrates de Bruxelles, les pays émergents, ...). Quant aux autres candidats, pas sûr qu'il vaille la peine de trop perdre son temps à les citer.

Je suis vraiment satisfait de vivre dans un pays qui ne sacralise pas UN homme au détriment de tous les autres. Qui n'entretient pas l'illusion qu'un homme peut tout changer par on ne sait quels pouvoirs magiques (car cela relèverait vraiment de la magie de pouvoir relever la France en quelques Lois). Je préfère mille fois un système qui s'appuie sur des Institutions. Qui fonctionne par le respect de ces Institutions et par le travail de chacun. Où chacun a à cœur de se prendre en charge sans attendre qu'un Deus ex machina prenne son destin en main et réalise tous ses rêves (illusion qui se termine généralement par des affrontements dans la rue car la France ne sait pas gérer ses divergences autrement que par la confrontation). Qui laisse la porte ouverte aux citoyens pour qu'ils puissent amender tout ou partie d'une Loi, voire en imposer une nouvelle, par les urnes et pas par la grève.

Bref, je pense que le modèle suisse est supérieur au modèle français et je doute fort que ce pays sorte renforcé de ces élections présidentielles insipides.

24/03/2012

Une (très) grosse bombe sanitaire, à retardement (2)

Malheureusement, les bactéries résistantes ne sont pas le seul souci sanitaire qui nous menace en tant qu'espèce, la seule espèce vivante capable de s'autodétruire et peut-être même sans recourir aux moyens militaires.

L'approche allopathique de la médecine occidentale (et de la médecine vétérinaire) diffuse généreusement des substances médicamenteuses à haut pouvoir toxique. Les substances chimiques contenues dans les antidépresseurs, les antidouleurs, les somnifères, la pilule contraceptive, les hypocholestérolémiants, la cortisone, les antibiotiques bien évidemment, les chimiothérapies, etc.., tout cela finit dans les eaux usées de nos villes et de nos campagnes.

Il n'y a aucune baguette magique qui ferait qu'entre le moment où le consommateur de médicament avale un de ceux-ci et le moment où il en excrète les résidus,  ces substances seraient devenues neutres et inoffensives. Et aucune station d'épuration, à l'heure actuelle, n'est équipée pour filtrer ces microéléments toxiques venant des médicaments. Tout consommateur d'eau « potable » habitant en aval d'une municipalité quelconque, court le risque d'avaler un cocktail de substances chimiques d'origine médicamenteuse.

Notre mode de vie impose une charge toxicologique énorme sur notre environnement. Aux médicaments, vaccins compris, il faut ajouter les polluants excessivement dangereux en provenance de l'agriculture intensive. Ces polluants sont immensément  toxiques et ont une longue durée de vie. Cela veut dire qu'une fois relâchés dans l'environnement, ces pesticides y restent pendant des décennies, polluant les sols et les nappes phréatiques. Et la propagande qui soutient cette agriculture anti-vie est la même que celle qui soutient la médecine allopathique. Dans les deux cas, les géants de la pharma et de la chimie, mais ne sont-ce pas les mêmes, arrivent à nous faire croire que seules leurs méthodes et techniques sont fondées sur de solides travaux scientifiques. Approches seules à même de protéger l'Humanité contre la Maladie et contre la famine. Et que toute autre voie n'est que charlatanisme.

Les polluants chimiques médicamenteux et phytosanitaires déjà décrits et les produits chimiques toxiques produits parfois par milliers de tonnes chaque année par l'industrie, comme le bisphénol-a (qui est un perturbateur endocrinien) et le formaldéhyde (classé comme « cancérogène certain ») font peser une pression terrible sur notre environnement et forcément sur nous-mêmes. Il est inquiétant de voir à quel point les autorités responsables de la veille sanitaire sous-estiment les méfaits de ces différents polluants sur la santé humaine, alors même que quantités de maladies sont en croissance parfois exponentielle: asthme, autisme, diabète, cancer, etc..

La santé est un domaine extraordinairement complexe. Même si nous avons faits de grands progrès en biologie et en biochimie, la réalité est que nous en savons encore très peu. Si peu. Nous sommes encore des nains, face à l'immense complexité de la Vie. C'est pourquoi cette arrogance qui prétend que nous pouvons agir à notre guise en diffusant par tonnes des substances dangereuses est une folie suicidaire.

Comme l'industrie et les Académies de médecine ne sont pas prêtes à entendre ce message, cela se saurait, c'est à nous, consommateurs, de prendre notre vie en main:

  • Chaque fois que nous ferons le choix d'une médecine « douce » à la place de la médecine toxique, nous ferons quelque chose pour nous-même et pour notre environnement,
  • Chaque fois que nous refuserons la facilité consistant à aller consulter pour recevoir la « pilule magique » censée régler tous nos problèmes, nous ferons quelque chose pour nous-même et pour notre environnement,
  • Chaque fois que nous accepterons de « souffrir » un peu pour donner la chance à notre organisme de régler un apparent problème de santé (parfois notre corps/psychisme ont besoin de passer par un ensemble de symptômes nous faisant croire que nous sommes « malades » alors qu'en réalité le corps/psychisme sont engagés dans un processus d'auto-guérison), nous ferons quelque chose pour nous-même et pour notre environnement,
  • Chaque fois que nous ferons le choix de produits issus de l'agriculture biologique, nous ferons quelque chose pour nous-même et pour notre environnement

Et réservons la médecine toxique pour les cas où le pronostic vital est engagé. Ou en fin de vie, pour soulager la douleur.


N'oublions jamais que malgré notre arrogance, nous sommes des nains. Personne ne comprend pourquoi une personne réagit de façon x à un environnement donné et qu'une autre personne réagit de façon y. Personne ne sait pourquoi une personne développera telle ou telle pathologie. Personne n'est à l'abri de développer une maladie, cancer y compris, même en suivant les meilleurs préceptes de vie. On ne peut que minimiser ses risques.


Si nous tous avions un tout petit peu plus de respect pour le miracle et le mystère qu'on appelle la « Vie », nous diminuerions le risque de nous auto-détruire en tant qu'espèce.

23/03/2012

Une (très) grosse bombe sanitaire, à retardement

Article proprement effrayant, aujourd'hui dans la TDG, sur les bactéries multi-résistantes (c'est-à-dire résistantes à plusieurs souches) aux antibiotiques retrouvées dans le lac Léman, en provenance du CHUV.


Cette problématique (la résistance des bactéries aux antibiotiques) est connue depuis longtemps. En fait dès l'utilisation à large échelle des antibiotiques vers la fin des années 40 (en réalité la résistance aux antibiotiques est une fonction « innée » des bactéries, jusqu'à un certain point). Mais pendant longtemps, la découverte régulière de nouvelles souches d'antibiotiques a masqué l'urgence du problème. Et l'on a cru, avec le coutumier mélange de naïveté et d'arrogance propre à l'être humain, que la recherche aurait toujours une longueur d'avance sur les capacités d'adaptation des organismes vivants.

 
Et que fait-on pour limiter sérieusement l'abus d'antibiotiques ? Pas grand-chose ou presque. Une petite campagne de temps en temps ("les antibiotiques, c'est pas automatique"). Quelques recommandations non contraignantes. Et puis c'est à peu près tout.


A l'utilisation abusive de ces médicaments en médecine humaine, il faut ajouter leur utilisation abusive en médecine vétérinaire. Certes, ils sont en principe interdits pour des usages autres que le combat contre des germes. Mais dans l'élevage intensif, les animaux sont si souvent malades à cause de conditions de vie totalement inappropriées, qu'ils reçoivent des antibiotiques par camions entiers. Et puis ils sont également largement utilisés de manière prophylactique (pour éviter que les animaux ne tombent malades, mais sans se préoccuper de l'impact sur les humains consommateurs de ces animaux, malades de ce qu'on leur fait subir). Tout cela sans compter que ces médicaments sont malgré tout parfois utilisés uniquement comme facteurs de croissance et de gains de masse corporelle.


J'ai déjà écrit sur ce sujet (voir "Quatre Suisses sur dix feront un cancer (2)") en parlant des dérives de la médecine. Cette découverte est une nouvelle preuve de la dangerosité de l'approche pasteurienne, sourde et aveugle au fonctionnement du vivant, de notre médecine occidentale. Croire que l'on peut intervenir uniquement de façon mécanique et symptomatique:

  • infection = antibiotiques,
  • Inflammation = anti-inflammatoire,
  • Allergie = antihistaminique, etc..

face à un être qui souffre, c'est faire fi de toutes les lois infiniment plus complexes qui régissent la vie.

Les antibiotiques, puisque nous avons eu la chance de les découvrir, ne devraient être utilisés qu'en cas de dernier recours et pas à tort et à travers comme nous le faisons depuis plus de 60 ans. Nous risquons, ce faisant, de perdre une arme précieuse, à tout jamais.

Pour revenir au thème de l'article, ce problème ne se limite certainement pas au CHUV et au lac Léman. Cette diffusion de bactéries résistantes est le fait de tous les hôpitaux du monde travaillant avec les mêmes méthodes que le CHUV, c'est-à-dire l'écrasante majorité. La plupart des médecins, généralistes ou non, contribuent eux aussi à la diffusion de cette résistance. Idem pour les vétérinaires, comme déjà mentionné.

L'article révèle ensuite un point d'une importance extrême: jusqu'à il y a peu, nous ne savions pas comment les bactéries acquéraient cette résistance. Ce n'est que depuis peu que l'on commence à comprendre que les bactéries s'échangent des informations. Une fois qu'une bactérie a trouvé le moyen de résister à un antibiotique, elle est capable de communiquer ce gène de résistance à ses congénères (échanges dits « horizontaux », sans passer par la transmission « descendante » de « mère » à « fille ». A partir de là, l'information s'échange rapidement, car les bactéries se multiplient très rapidement. Certains ont même émis l'hypothèse très audacieuse que toutes les bactéries à la surface de la Terre ne seraient que les cellules d'un même organisme. Thèse hardie s'il en est.

Si l'on combine à l'intelligence (comment appeler autrement cette fabuleuse mécanique d'organismes qui pour être plus simples que nous ont une capacité d'apprentissage, de résistance et de communication tellement sophistiqués) des bactéries, l'usage absurde et immodéré que nous faisons des antibiotiques, nous comprenons comment nous sommes en train de créer patiemment la grande épidémie du futur qui nous laissera totalement démunis.

Et si l'on ajoute à ce tableau déjà sombre, les excès vaccinaux auxquels nous assistons également depuis 50 ans, à cette injection an moins 50 fois répétée au cours d'une vie (et là aussi, nous vaccinons les animaux jusqu'à l'absurde) de cocktails de toxines bactériennes et/ou de virus humains et animaux, tout cela ajouté aux sympathiques adjuvants (mercure, aluminium, formaldéhyde, etc...), nous comprenons combien notre système immunitaire se trouve affaibli au lieu d'être renforcé.

Ce cocktail dramatique explique que nous sommes en train de préparer l'épidémie majeure qui un jour, à la faveur d'une énième mutation d'un virus ou d'une bactérie, balayera la surface de la Terre et s'attaquera à des humains au système immunitaire largement affaibli et incapable de se défendre contre ces mutants.

Par notre inconscience et notre arrogance, par ce refus de chercher à respecter certaines Lois de la vie ("le terrain est tout, le microbe n'est rien"), nous préparons cette sorte d'apocalypse qui n'a rien de divine.

20/03/2012

Doris Leuthard: la divine surprise

Sans verser dans une naïveté de mauvais aloi, j'ai suffisamment critiqué Mme Leuthard (voir mon billet "Voilà pourquoi la droite voulait le DETEC") pour pouvoir écrire combien je suis stupéfait par les 2 décisions courageuses prises par elle depuis une année.

Tout d'abord il y a sa volonté très claire de sortir du nucléaire après la catastrophe de Fukushima (et pourtant ses liens avec l'industrie nucléaire sont connus). Et jusqu'à présent elle garde sa ligne sans trembler.

Puis sa volonté très nettement affichée, d'appliquer clairement la volonté du peuple suisse dans la question de la limitation de la construction de résidences secondaires, suite à l'acceptation de l'initiative de Franz Weber. Ce qui lui vaut de recevoir une volée de bois vert, y compris de membres de son propre parti.

Dans les 2 cas, elle aura réagi avec intelligence, finesse, détermination et en parfaite démocrate. En vrai chef d'Etat même, ce qui est suffisamment rare en Suisse pour être souligné. Et pas sûr que M. Leuenberger aurait fait mieux en pareilles circonstances.

Je respecte beaucoup M. Franz Weber, « pour l'ensemble de son œuvre » dirait-on au cinéma. Honnêtement, je n'avais pas une idée arrêtée par rapport à sa dernière initiative, mais plus j'ai entendu ces promoteurs couiner, insulter, invectiver et tenter de manipuler la population, y compris en utilisant l'équipe de football de Sion, et plus je me suis rendu compte combien M. Weber avait une fois de plus raison, de vouloir empêcher certains milieux de s'enrichir sans scrupules et sans respect pour l'environnement.

Dieu merci, malgré toutes les manipulations, l'initiative a abouti. Et merci à Mme Leuthard de se battre pour faire respecter le verdict des urnes.

12/03/2012

Scène de la vie ordinaire

Scène pénible vécue dimanche dans un train au départ de Genève et roulant en direction de Zürich. A bord 2 Maghrébins ayant consommé des substances les rendant extrêmement bruyants et encore plus agressifs. Lorsque survint le contrôleur, ils se sont mis à insulter (surtout l'un des deux qui cherchait vraiment les embrouilles), la Suisse et le contrôleur, en le traitant de « raciste », tout cela parce qu'il leur demandait leur titre de transport. Et l'un se moquait de lui en lui disant à peu près « je n'ai rien dans les poches », ce qui voulait dire « je n'ai pas de titre de transport, pas d'argent et pas de papiers d'identité, donc tu ne peux rien contre moi ».

J'ai espéré un comité d'accueil à la première gare où le train s'est arrêté. J'ai espéré un comité d'accueil à la deuxième et toujours rien.

Voilà le message que notre pays leur a donné: « vous pouvez venir chez nous avec votre haine, vous pouvez essuyer vos chaussures pleines de fumier sur nos trottoirs et dans nos trains, vous pouvez nous insulter et vous moquer de nous, vous pouvez traverser la Suisse gratuitement, il ne vous arrivera rien ».

Ce laxisme systématique nous prépare un futur difficile.

 

Un système malade

Article affolant dans la TDG du jeudi 8 mars 2012 intitulé : « Le harcèlement sexuel, fléau révélé par la révolte ». Cet article concerne les [... 83 % d'Egyptiennes qui avouent être régulièrement l'objet d'attitudes déplacées, d'attouchements physiques, de paroles ou de gestes obscènes ...] et les 55 femmes, voilées ou non, violées quotidiennement.

Voilà de sinistres statistiques dans un pays qui se veut très religieux.

En réalité c'est à cause de la religion (bien sûr), que ce pays présente des statistiques aussi inquiétantes. Croire que l'on peut maîtriser ses pulsions par une oppression religieuse est une parfaite illusion. Nous avons vécu cela dans nos pays il y a quelques générations et cela a totalement échoué. Le modèle oppressif qui règne encore aujourd'hui dans les pays musulmans nous choque, car nous avons jeté tout cela aux orties. Et heureusement.

La maîtrise de nos instincts, si maîtrise l'on souhaite, ne peut se faire que par un travail de conscience qui permet de connaître à la fois la pleine vigueur de sa virilité (parlons des hommes puisque visiblement ce sont les hommes qui sont le plus malades) et la maîtrise de celle-ci. Cela ne se fait pas par l'oppression, la répression, les tabous, la culpabilisation et la domination d'un sexe par l'autre. Quant à la chasteté, elle est réservée à une minuscule élite prédestinée à ce chemin particulièrement difficile et semé de pièges. Pour les autres, l'écrasante majorité de la population, une vie sexuelle épanouie est un choix largement supérieur à cet enfer de la fausse vertu et du mensonge.

Croire le contraire, c'est se mentir à soi-même et aux autres et créer un système générateur de haine et de violence.

00:11 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : un système malade, femmes bafouées en égyptre, viols | |  Facebook

04/03/2012

Une surenchère désespérée

Intéressant article dans le New York Times du 27 février ("The Possum Republicans"). L'éditorialiste y dénonce la folle course en avant des différents candidats républicains engagés dans les primaires de leur parti. Les tenants de l'extrême droite (qui n'est pas exactement superposable à l'extrême droite telle qu'on l'entend en Europe) du parti ont une telle audience et mettent une telle pression sur leurs « camarades » de parti, qu'ils imposent les thèmes à tous les niveaux de la vie politique américaine, depuis les élections locales jusqu'aux primaires du parti républicain.

Il n'y a donc, en ce moment, aucun candidat républicain « modéré » dans la primaire. C'est une bataille de chiffonniers et c'est à celui qui sera le plus conservateur, rétrograde et opposé à toute solution raisonnable au monstrueux déficit des Etats-Unis. Cette folle course vers l'extrême est vraiment inquiétante pour ce pays et pour le reste du monde, par la même occasion. En l'état actuel des choses, on sait que si le prochain président devait être républicain, les Etats-Unis s'engageraient dans une régression sociale et économique qui serait vraisemblablement sans issue.

Et cette course vers les extrêmes a lieu dans d'autres pays. La façon dont l'UDC instrumentalise certains thèmes peut faire penser à ce système. Ils savent formidablement bien utiliser la frustration de nombreux citoyens de ce pays qui se sentent « abandonnés » par une « élite » politique qui se contrefiche de leurs préoccupations quotidiennes.

Idem en France, lorsque le président-candidat va chasser sur les terres de l'extrême-droite pour se faire élire.

Il est de la responsabilité de la classe politique qui se veut responsable et respectueuse de la démocratie de s'attaquer avec sérieux, constance et détermination également aux thèmes qui sont importants pour le citoyen moyen afin de couper l'herbe sous les pieds des extrémistes de tout bord.

29/02/2012

L'Occident est mal barré

Excellent éditorial (comme toujours) de M. Claude Monnier, aujourd'hui, dans la TDG. Il rappelle le danger considérable que représenterait, pour nos pays, une alliance politique, économique et militaire de la Chine et de la Russie.

Cela fait des années que je suis choqué et préoccupé par la façon méprisante dont nos pays traitent la Russie. Certes, à l'époque de l'URSS, ce pays n'était pas notre ami et nous a fait souffrir de mille et une façons. Une guerre d'une ampleur encore jamais vue a été évitée de justesse à plusieurs reprises. Mais de là à tomber dans cet aveuglement géostratégique qui nous a menés à mépriser ouvertement ce grand pays...

La Russie n'est pas (encore) un pays qui fonctionne comme nos démocraties. Et bien sûr, Poutine n'est pas un grand démocrate. Mais est-ce une raison pour traiter ce pays avec mépris ou condescendance ou ostracisme ? La Russie est un pays fier de sa grandeur, de sa puissance militaire passée, de sa vaste culture. Notre mépris ne peut que radicaliser son élite politique, économique et militaire.

Imaginez une seule seconde une telle alliance avec la Chine. Oui, cela représenterait une population de plus de 1.6 milliards d'habitants. Deux pays vastes comme l'ensemble du reste du monde (ou presque). Des matières premières quasi illimitées. Une puissance militaire qui sera bientôt terrifiante, surtout si l'on met cela en balance avec l'état économique et militaire des Etats-Unis (qui n'a plus rien à voir avec ce qu'il était avant le double mandat historiquement calamiteux sur absolument tous les plans du rejeton Bush) et la couardise et la lâcheté militaires légendaires des pays européens.

Ce pari ou ce manque de conscience politique est dangereux pour notre avenir. A vrai dire, et contrairement à ce que nous nous ingénions à faire depuis l'implosion de l'empire soviétique, nous devrions leur tendre la main, les amadouer, tisser tous les liens possibles et imaginables et pour tout dire, tendre, à terme, à faire entrer la Russie dans l'OTAN.

Face à la montée en puissance de la Chine, financée par la cupidité sans fin de nos entreprises privées, il est suicidaire de continuer d'humilier la Russie, meilleur moyen de la pousser dans les bras de la Chine.

Entre le risque d'une alliance entre la Russie et la Chine et le développement sur le flanc sud de l'Europe de pays qui risquent plus ou moins rapidement de basculer dans un radicalisme religieux et politique qui nous sera bien entendu totalement hostile, l'Occident aura à peine « réglé » le cas iranien qu'il pourrait se retrouver confronté à la plus formidable alliance militaire de tous les temps.

Espérons que nos pays vont bientôt se réveiller et regarder la Russie avec les yeux que ce grand pays mérite.

27/02/2012

Caisse EGK: pas une surprise

Au vu du comportement trop souvent scandaleux des caisses maladie en Suisse, il y a longtemps que je n'éprouve plus le moindre sentiment ni de loyauté, ni de fidélité vis-à-vis de ma caisse maladie.

Au cours de ce tourisme des assureurs, il se trouve que, il y a quelques années, je me suis retrouvé assuré par cette caisse et cela tout simplement parce qu'à un moment donné, elle a été la moins chère pour ma classe d'âge (et autres paramètres entrant dans le calcul des primes).

Eh bien à la fin de la première année (au moins cela) et bien que je n'aie rien coûté à la caisse, j'ai reçu une augmentation phénoménale pour l'année suivante. J'en avais conclu que c'était le fonctionnement normal de cette caisse: on fait des primes défiant toute concurrence pour attirer le chaland et la deuxième année on matraque  le malheureux qui aurait la faiblesse de rester. Et tout cela est la preuve que ce n'est pas juste une chasse aux bons risques: ils augmentent aveuglément en fonction de critères que personne ne connaît ni ne comprend.

Il y a trop d'amateurs ou d'incompétents ou de margoulins dans cette branche économique et c'est pourquoi je milite non seulement pour un contrôle strict des caisses maladie mais bien plutôt pour une caisse maladie unique, sur le très bon modèle de la SUVA.

L'avenir nous dira si le nouveau Conseiller fédéral aura plus d'idées et de succès dans la nécessaire reprise en main des Caisses et si ses convictions survivront au consensus mou du Conseil fédéral.

22/02/2012

Ne méritent-ils que notre mépris ?

Dans un éditorial de ce jour dans la TDG, M. Benjamin Chaix évoque l'agression particulièrement lâche et sordide de deux jeunes « zizous » contre une vieille dame de 79 ans. Devant leur absence totale de remords, de regrets, de pitié pour leur victime, le journaliste conclut en disant: «ces deux malheureux zizous, comme l'individu qui a agressé une jeune femme dans son jardin 24 h. plus tard [...] et tous ceux qui considèrent Genève comme leur terrain de chasse, ne méritent que notre mépris le plus profond».

Vraiment ?

Est-ce une nouvelle forme de bouclier contre la criminalité de toute sorte et de toutes origines qui monte à Genève et dans toute la Suisse romande (au minimum) ? Devrions-nous passer quelques minutes chaque jour à «mépriser ces pauvres âmes errantes» pour nous protéger de leurs menées criminelles ?

En tant que membre de la classe moyenne, je me sens vraiment pris en otage entre les ultras riches qui accaparent les richesses, y compris ces oligarchies régnantes et corrompues dans les pays du Tiers-monde et les ultras pauvres en provenance de ces mêmes pays (ou des banlieues «tiers-mondisées» du pays voisin) qui viennent en Suisse pour piller tout ce qu'ils peuvent piller. Cette situation est insupportable sur les deux plans car c'est le plus souvent la classe moyenne qui souffre le plus.

Le seul moyen de rétablir la situation est que nos élites retrouvent leurs esprits et acceptent de partager leurs richesses de façon plus équitable (par une fiscalité plus juste) et que parallèlement nos Sociétés instaurent la tolérance zéro pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent envisager de gagner leur vie autrement que par des activités criminelles.

20:03 Publié dans Sécurité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ne méritent-ils que notre mépris ?, zizous, benjamin chaix | |  Facebook

16/02/2012

Evitons un psychodrame

Je ne me prononcerai pas ici sur l'utilité ou l'inutilité pour la Suisse d'acquérir un nouvel avion de combat. Je dois admettre pourtant, que sur ce terrain, les arguments des uns et des autres restent peu convaincants. Et les lacunes stratégiques inquiétantes de notre ministre de la défense (on se disait qu'il serait difficile de faire pire que le notaire bernois à ce poste et pourtant on en arrive presque à le regretter) n'apportent aucune réponse  quant à l'utilité de ces avions, pas plus qu'aux missions de l'armée en général (à part qu'elle doit être "le meilleur de la mônde").

Parmi les grands arguments des opposants il y a le prix insupportable de ces nouveaux avions, le fait  que la Suisse n'a pas les moyens de les acheter, que cela va grever d'autres budgets et patati et patata.

Or, une fois encore le budget de la Confédération, malgré la crise épouvantable qui secoue l'Occident depuis 2008, a généré un boni de 2 milliards de francs en 2011. Après avoir dégagé plus de 3 milliards en 2010, etc..

Ces avions qui coûteront, au maximum, à peine plus de 3 milliards (on parle régulièrement de nouvelles offres nettement en-dessous de ces 3 milliards ces derniers jours) pourraient donc être payés presque intégralement avec les excédents d'une seule année du budget de la Confédération. Il serait donc temps de cesser de parler d'argent afin de se consacrer à la vraie question des missions de notre armée.

Cela pourrait sans doute nous éviter un nouveau psychodrame national, épuisant et dont nous n'avons que faire et nous permettrait de consacrer notre temps et notre énergie à ces questions fondamentales et ô combien plus vitales pour notre avenir que sont les buts, les missions et la raison d'être de notre armée.

19:21 Publié dans Suisse - ses défis | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : evitons un psychodrame, avions de combat, ueli maurer | |  Facebook

13/02/2012

Paupérisation: un avertissement de plus

Après une nuit d'émeute à Athènes, la situation montre que le cours des événements reste extrêmement préoccupant et que les réponses apportées à presque 30 années de dérégulation sont mauvaises, inadaptées et aussi dangereuses que la dérégulation elle-même.

Pour l'instant, la Grèce est le pays européen le plus sauvagement touché par l'indifférence et l'égoïsme monstrueux des élites politiques et économiques. Mais le temps est sans doute proche où l'exaspération, et même la rage (l'indignation ne suffira plus), vont s'emparer d'autres populations européennes. Et ce jour-là il fera vilain temps sur l'Europe.

Pour l'instant la situation reste étonnamment "sous contrôle" même dans les autres pays eux aussi au bord de l'asphyxie, à savoir l'Espagne, le Portugal, la Grande-Bretagne et bientôt l'Italie et la France. Il faut croire que dans ces pays, la classe moyenne arrive encore tant bien que mal à survivre et qu'elle peut prendre en charge ses enfants pas encore tombés du nid. Mais pour combien de temps ? Vous ne pouvez pas vivre jusqu'à 40 ans chez vos parents et dépendre d'eux pour tout, tout en étant éventuellement surdiplômé.

Et aujourd'hui il y avait un très intéressant article dans le New York Times sur la situation sociale aux Etats-Unis (ici le lien: "Even Critics of Safety Net Increasingly Depend on It").

Cet article montre de façon éloquente le glissement progressif de couches entières de la Société américaine d'une strate sociale à une autre. Le rêve américain ne fonctionne plus. Il n'est plus qu'une incantation sans réelle substance. La réalité frappe, y compris des citoyens qui continuent de croire et de voter pour ceux-là mêmes qui les poignardent socialement et politiquement dans le dos.

Quelques exemples cités dans cet article:

  • Un homme de 57 ans, qui a soutenu en 2010 la campagne d'un membre du Tea Party  et qui soutient les réductions du train de vie de l'Etat se voit contraint de recevoir, depuis plusieurs années déjà, des subsides du gouvernement permettant à ses trois enfants en âge d'être scolarisés, de petit-déjeuner et de déjeuner aux frais de l'Etat fédéral. Sa mère de 88 ans a également été opérée deux fois de la hanche aux frais de Medicare (le système d'assurance-santé géré par le gouvernement des États-Unis au bénéfice des personnes de plus de 65 ans ou répondant à certains critères, mis en place en 1965 par le Président démocrate Lyndon B Johnson, successeur de JFK). Et il ne paye plus d'impôts fédéraux, ses revenus étant trop bas,
  • Au départ, ces subsides fédéraux avaient été créés pour protéger les américains de la pauvreté extrême ("abject poverty"). De nos jours, la mission de ces programmes consiste de plus en plus en la création de filets pour empêcher que la classe moyenne ne tombe dans la pauvreté (les pauvres ne touchaient plus, en 2007, soit AVANT la crise des subprimes mais après les très généreux programmes de réduction des impôts pour les ultras riches voulus par W, le "compassionate republican" (!) que 36% des fonds alloués à ces programmes contre 54% en 1979,
  • En 2010, près de la moitié (48.5 %) des ménages américains vivaient dans des foyers recevant des subsides fédéraux contre 37.7% en 1998,
  • En 2000, le gouvernement fédéral et les Etats américains dépensaient 37 cents pour chaque $ touché en revenus. Dix ans plus tard, après 3 lois de réduction d'impôts des plus riches, 2 récessions et l'extension du programme Medicare, c'est 66 cents pour chaque $ de revenus qui sont dépensés.

C'est exactement les ingrédients pour nous mener au désastre social et aux émeutes qui l'accompagneront.

Nos élites politiques et financières continuent de souffrir d'un autisme social et politique, pathologique. Cet autisme est en train de détruire le tissu social de nos pays pour le seul bénéfice d'une infime minorité qui se goberge sur la ruine de pans entiers de la Société.

J'ai souvent écrit sur cet autisme et sur les mécanismes de l'exclusion sociale. Je vois que la crise grecque (et occidentale) continue dans l'indifférence générale.

Les émeutes d'hier soir sont un avertissement de plus. Que faudra-t-il pour sortir nos élites de leur autisme profond et de leur égoïsme monstrueux ?

06/02/2012

De l'eau socialement responsable

Invité passionnant ce matin dans l'émission « Les petits matins » de Georges Pop, M. Renaud de Watteville, fondateur de Swiss Fresh Water (SFW), une jeune startup vaudoise, devenue Fondation le 13 janvier, qui apporte une vraie réponse au manque d'eau potable dans les pays pauvres.

Ils proposent une machine portable (80 kg) de dessalement d'eau de mer, fonctionnant à l'énergie solaire et permettant de produire 500 à 2'000 litres d'eau par jour. Au-delà de l'appareil, c'est le système de distribution mis en place qui est profondément original. Le microcrédit vient au secours des communautés pauvres, l'opérateur de la machine est élu démocratiquement par la communauté, le prix du litre d'eau est compétitif, la surveillance technique de la machine est faite par télémétrie, ce qui veut dire que l'entreprise suit jour après jour les performances de chaque machine et peut réagir en cas de baisse de performance ou de panne.

C'est une vraie réponse, écologique, non polluante, saine financièrement, politiquement et socialement, adaptée à de petites communautés.

Dire qu'il y 3-4 ans, le président de nos voisins, toujours volontaire pour se transformer en VRP de l'industrie nucléaire française, avait fait le tour des pays d'Afrique du nord pour leur vendre des centrales nucléaires pour dessaler l'eau de mer. Il avait signé des contrats avec des régimes aussi démocratiques et stables que l'Egypte (Moubarak avait déjà plus de 80 ans et l'avenir, après lui, plus qu'incertain), la Libye (on pouvait dire à peu près la même chose de ce pays) et l'Algérie (les Islamistes sont en embuscade et prendront le pouvoir à la première occasion). Cette folie (ne serait-il pas charmant, aujourd'hui, après les événements que l'on sait, d'avoir des pays nucléarisés en Afrique du nord) n'a heureusement pas eu le temps de se réaliser et j'espère qu'elle ne se réalisera jamais. Et tout cela dans des pays qui ne manquent pas de soleil.

Ne faut-il pas être un forcené pour vouloir vendre des systèmes de dessalement d'eau de mer d'origine nucléaire dans des pays qui sont, politiquement et socialement, des bombes à retardement  alors que le soleil ne manque pas et qu'il pourrait faire le même travail sans créer tous les risques engendrés par la filière nucléaire ?

Merci à cette jeune société, innovante et socialement responsable, d'amener de vraies réponses à de vraies questions. Elle va sans doute moins enrichir les actionnaires de grands groupes prêts à prendre tous les risques au nom du profit aveugle, mais chaque litre d'eau produit le sera au profit de la communauté et n'engendrera pas les risques géopolitiques et écologiques créés par l'industrie nucléaire.

05/02/2012

Interdiction de périmètre

Face au comportement criminel de certains requérants, on apprend dans la TDG, que le chef de l'Office fédéral des migrations parle de mieux écouter les propositions des cantons afin d'empêcher que certains requérants qui « menacent l'ordre public et la sécurité » nuisent à la grande majorité des requérants qui respectent nos Lois.

Parmi les propositions concrètes que ce M. Gattiker est prêt à envisager, celle consistant dans le fait qu'un juge puisse par exemple, interdire à un requérant délinquant d'accéder à certains quartiers. «S'il s'y rend quand même, le juge pénal pourrait le faire enfermer».

Nous voilà rassurés !

Cela me rappelle furieusement la plaisanterie concoctée par les « autorités » municipales lausannoises en décembre 2008 ou 2009 (je ne suis plus sûr) qui consistait exactement en cela: interdire le centre-ville de Lausanne à certains délinquants pour permettre au brave citoyen de faire ses achats de Noël sans être dérangé. Et pour faire bon poids, le journal qui avait publié cet extraordinaire acte d'autorité, avait cru bon de titrer cet article : « Les autorités lausannoises promettent l'enfer aux dealers ».

Ce morceau de bravoure (l'enfer promis) consistait donc en :

  • une interdiction de périmètre (pendant le seul mois de décembre)
  • le renvoi des contrevenants dans le canton dans lequel ils avaient déposé leur demande d'asile

J'imagine volontiers les pintes de bonne humeur que cet enfer promis doit générer chez ces pauvres requérants car l'enfer promis ressemble au Club méditerranée pour ces dealers qui ont souvent eu affaire à une répression autrement plus sophistiquée dans leur pays d'origine.

Il aura fallu plusieurs années pour que ces mesures cantonales hardies remontent jusqu'à Berne. Combien de décennies devrons-nous encore attendre jusqu'à ce que de véritables mesures soient prises contre les dealers qui pourrissent le centre de toutes les villes suisses ?

17:41 Publié dans Sécurité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : interdiction de périmètre, odm, lois sur l'asile | |  Facebook

31/01/2012

C'est le juge Garzon qui se retrouve devant les Tribunaux

Le monde a un besoin immense d'hommes et de femmes courageux et non corrompus comme le juge Baltasar Garzon. S'ils étaient plus nombreux, beaucoup de crimes contre l'Humanité pourraient être dénoncés et, encore mieux, évités.

Le Franquisme fait partie des crimes qui marquent l'Histoire pour longtemps ou pour l'éternité. C'était la volonté d'empêcher par tous les moyens, y compris les plus violents et les plus répressifs, la naissance d'un Etat laïque, démocratique et socialement plus égalitaire. D'autres pays, comme le Chili, ont connu cette réaction brutale et sanguinaire car la défense de privilèges égoïstes est vue par certains comme un droit sacré.

Que n'a-t-on pas commis comme crimes au nom de ce droit auto arrogé ? Quelles que soient les latitudes, quels que soient les privilèges à défendre, quelles que soient les orientations politiques ou les motivations religieuses, il s'est presque toujours trouvé un groupe d'individus suffisamment habiles et déterminés pour empêcher le changement et conserver ses privilèges.

Le fin du fin se trouve dans nos pays au vernis démocratique mais où un minuscule cercle d'individus se comporte en dictateurs anonymes. C'est la dictature du profit et de l'argent qui fait que ce sont toujours les mêmes qui tiennent les leviers du pouvoir, de l'(in)justice, de l'éducation, de l'information et de l'argent.

S'il y avait plus d'hommes et de femmes courageux et non corrompus, y aurait-il tant et tant de mensonges et de manipulations qui pourraient continuer de mener le monde, depuis le niveau local jusqu'au niveau planétaire ?

Tous les jours on nous ment sur la qualité des aliments que nous mangeons, tous les jours on nous ment sur le prix des produits (y compris de première nécessité) que nous achetons. Tous les jours on nous ment sur les réelles motivations et intentions de celles et ceux qui font de la politique. Tous les jours on nous ment sur le fonctionnement de notre système de santé (depuis la façon dont on fait de la médecine jusqu'à la facturation des prestations). Tous les jours on nous ment sur la pseudo-égalité des chances. On nous a menti sur les raisons d'aller en Irak comme on nous a menti sur la crise des subprimes. Et on nous ment tous les jours sur les raisons de la faim dans le monde.

Le monde a un immense besoin de vérité. Le monde a un formidable besoin d'hommes et de femmes courageux et non corrompus, comme le juge Garzon, prêts à dire la vérité, là où ils se trouvent.

La vérité est une des seules armes qui pourrait changer le monde.

22/01/2012

Les Calimero genevois

On a entendu, après la décision de Berne de ne pas inclure la traversés de la Rade dans la dernière liste d'extensions du réseau routier national, les pires propos de certains Calimero genevois. Je pense bien sûr, en premier lieu à Luc Barthassat qui s'est permis, durant l'émission Forum (de mercredi je crois) de fustiger, je cite, «l'empire bourbinique» pour tenter de dissimuler la vraie raison de cette non-inclusion: l'incompétence de nos élus.

Cela fait des années que Genève se distingue, malgré ses immenses atouts, essentiellement par ses «Genferei» et par son impossibilité apparemment congénitale, à faire avancer le moindre de ses projets. On connaît tous les incroyables ratés, retards, projets mal ficelés, sans envergure, sans âme et se heurtant à toutes les oppositions possibles et imaginables.

Zürich avance et réalise ce dont Genève ne peut que rêver. Mais est-ce seulement à cause de l'odieuse machination des Alémaniques ? Croire cela, c'est s'empêcher de réfléchir, c'est se bercer d'illusions, c'est s'interdire de trouver une solution en comprenant mieux les arcanes de la vie confédérale.

Entre un élu qui se laisse aller à l'injure confédérale de la plus vile espèce (que ces propos soient tenus au bord d'un terrain de football est déjà lamentable, mais qu'ils sortent, à la radio, à une heure de grande écoutes, dans l'émission politique phare de la RSR, de la bouche d'un élu, est tout simplement inadmissible), un autre qui fait apparemment (l'enquête le dira) le coup de poing, une autre qui ne tient pas ses troupes, une quatrième qui cautionne un réseau de transports publics qui ne satisfait personne, la liste des frustrations pour le simple citoyen genevois s'allonge comme le nez de Pinocchio.

Au lieu de vitupérer contre la Berne fédérale, nos élus feraient beaucoup mieux de retrousser leurs manches, de travailler ENSEMBLE à définir un vrai projet pour Genève, dont doit faire partie le contournement est de Genève. Imaginez que l'on en est encore à se demander si l'on ne voudrait pas plutôt passer encore une fois par l'ouest, soit en construisant une nouvelle autoroute, soit en élargissant l'actuelle. C'est inimaginable. Et l'on voudrait que Berne s'engage et dise: "Oui, oui, choisissez une variante, déchirez-vous pendant encore 50 ans, et le jour où vous vous serez enfin mis d'accord (si cela arrive un jour), qu'il n'y aura plus d'opposition, que le dernier poisson rouge aura été consulté et aura donné son avis, eh bien nous financerons volontiers vos moindres désirs".

Quelle inconséquence !

21/01/2012

Laura Dekker: Un sacré caractère

Aujourd'hui, dans la TDG, un trop bref article sur la prodigieuse Laura Dekker qui, à 16 ans (!), est proche d'achever le tour du monde à la voile en solitaire.

Et l'on apprend qu'elle a fait cela avec une foi immense (il en faut, même si elle est née sur un bateau), l'accord de son père (voilà un père à l'écoute de la volonté exceptionnelle de sa fille) et malgré les multiples obstacles administratifs des autorités néerlandaises.

Si l'Etat se doit de faire respecter certaines règles pour le bien du plus grand nombre, Laura Dekker est de ces êtres malheureusement si extraordinairement rares qui pulvérisent les normes. Vouloir lui appliquer celles qui valent pour les autres jeunes de son âge est une absurdité. Elle l'a prouvé de la plus belle des manières.

D'accord, elle ne saura peut-être pas certaines des merveilles du savoir que les jeunes de son âge s'enfournent avec plus ou moins de bonheur et d'envie sur les trop souvent mornes bancs de nos écoles. Mais peut-on, ne serait-ce qu'imaginer, ce que cette jeune fille a appris pendant cette année en mer ? Cette confrontation à ce milieu si dur et impitoyable et en même temps si vaste et si inspirant de beauté qu'est la mer, cette confrontation à elle-même et à sa solitude, cette nécessité de s'assumer seule, 24/24, 365 jours par an, tout cela, aucune école ne le lui apprendra. Même pas le millième de tout cela. Même pas le millionième.

Ce qu'elle a appris là est exceptionnel et en même temps elle devait l'avoir en elle avant même de partir. C'est cet illimité qui habite certains êtres dès leur naissance qui fait, justement, qu'ils sont exceptionnels. Et les tracasseries administratives des autorités néerlandaises (apparemment ils ne désarment toujours pas) sont d'un ridicule accompli face à la fulgurante détermination et à l'intelligence de Laura Dekker.

18/01/2012

Iran: une stratégie vouée à l'échec

Depuis quelques années maintenant, l'Iran multiplie les déclarations contradictoires: un jour ce sont les menaces, graves souvent, proférées par un dirigeant, le lendemain on joue l'apaisement par l'entremise d'un autre porte-parole.

Cette façon de souffler le chaud et le froid est typique de ces régimes totalitaires. Dans le passé, on a déjà vécu cela avec l'Irak de Saddam Hussein et avec la Corée du Nord du "cher Leader".

Actuellement, l'escalade continue, les menaces se font de plus en plus précises (fermeture du détroit d'Ormuz, 5ème flotte américaine, Monarchies arabes, etc..). Et pourtant, aujourd'hui même, l'agence Fars (on devrait plutôt, en l'occurrence, l'appeler l'agence "Farce") annonce que l'Iran va autoriser des visites de ses sites nucléaires.

Aux yeux des dirigeants d'un pays totalitaire et par beaucoup d'aspects, paranoïaques, cette surenchère belliqueuse paraît une bonne stratégie: cela est censé galvaniser le peuple et les dirigeants se renvoient, à eux-mêmes, une image flatteuse de leur pouvoir illusoire.

Dans les faits, l'Iran est en train de creuser sa propre tombe, patiemment, avec beaucoup d'application et une louable détermination. A mes yeux, l'Iran ne peut pas gagner. Quoi qu'il fasse. S'il cède à l'Occident, il perdra toute espèce de fierté nationale (au moins ses dirigeants), s'il poursuit sur sa lancée, le régime sera détruit. Inexorablement.

Existe-t-il une troisième voie qui permettrait au régime de "sauver la face" ?  L'Europe a essayé cela, me semble-t-il, en autorisant un programme nucléaire civil et en proposant à l'Iran de lui fournir le combustible. L'Iran a clairement refusé cette troisième voie car je crains que ce ne soit pas ce que recherche ce régime. Il en paiera douloureusement le prix. Et les simples citoyens iraniens qui ont déjà payé dans leur chair le prix d'une féroce répression de la part de ce régime fou, sont les malheureux otages de gouvernants aveugles et mégalomanes.

C'est terrible que nous, simples citoyens de quelque pays que ce soit, soyons périodiquement et trop souvent, durablement, des jouets entre les mains de dirigeants, politiques ou économiques, qui n'ont que faire de nos petites personnes dans leur vision égoïste et égotiste de la marche du Monde. Nous connaissons bien cela dans nos pays: nous avons connu toutes sortes de dictateurs politiques dans le passé et sommes soumis aujourd'hui aux nouveaux dictateurs, les chantres et bénéficiaires de l'économie ultra-libérale.