20/01/2013

Convention sur le mercure: une demi bonne nouvelle

(Demi-)heureuse nouvelle à l’issue de cette semaine de négociations à Genève. Et utile rappel sur les dangers que représente le mercure utilisé à l’échelle industrielle. Ou simplement présent à l’état naturel dans le charbon et brûlé en quantités de plus en plus effarantes, pour produire de l’énergie, par un pays comme la Chine. 

Dans l’article de la TDG de samedi, on rappelle qu’on relâche environ 200 tonnes de mercure dans l’Arctique, ce qui contamine gravement les poissons que nous mangeons. Sauf que nous extrayons beaucoup plus que 200 tonnes de mercure par année. Environ 10 fois plus. Ce qui veut dire que 1'800 tonnes de mercure finissent dans les autres océans du globe et dans l’air que nous respirons.

Et bien des pathologies graves peuvent être initiées par ce très grand toxique environnemental.

Dans le Nouvel Observateur, qui détaille un peu plus les résultats de ces travaux, on apprend que: [… la Convention ne prévoit pas l'interdiction du mercure dans certains vaccins. De même, aucune date d'interdiction de ce métal dans les amalgames dentaires n'a été précisée, sous la pression du lobby des dentistes qui ont cependant admis que son utilisation doit diminuer.]

Nous y voilà ! On s’affole à très juste titre du mercure relâché par les activités industrielles, de celui contenu dans les thermomètres ou les piles (qui trop souvent finissent à la poubelle ou dans une décharge quelconque) et aucune volonté de légiférer contre le mercure dans les vaccins et contre celui que tant des citoyens du monde ont dans la bouche, à quelques centimètres du cerveau et dont ils respirent 24/24 les vapeurs.

Rappelons que du mercure est injecté avec certains vaccins dans le corps de nourrissons dont certains vont développer des traits autistiques (et beaucoup y voient une relation de cause à effet), et que le mercure représente environ 50% d’un amalgame dentaire (plombage):

  • En Suisse, environ 10% des caries sont encore obturées par des plombages au mercure. Ce faible pourcentage s’explique par des raisons esthétiques et la plus grande marge de profit pour le praticien et pas par des raisons de santé publique,
  • En France on en est encore à 60%. Ce haut pourcentage s’explique par une raison diamétralement opposée: les soins dentaires étant remboursés par la Sécurité sociale, la pose d’un composite prenant un peu plus de temps au praticien que la pose d’un plombage tout en étant remboursé au même tarif, bien des praticiens optent pour cette pratique sans se préoccuper des conséquences (dont ils sont pourtant également les victimes en respirant les vapeurs de mercure lors de la pose et de la dépose)

Il serait pourtant de la plus haute et de la plus extrême urgence de cesser ces pratiques injustifiables et quasi démentes (en tous les cas profondément irresponsables) en termes de santé publique.

Combien de décennies faudra-t-il encore attendre avant que les Pouvoirs publics cessent de plier devant des lobbies qui ne veulent pas notre bien ?

19/01/2013

Thomas Minder contre le Collège des pleureuses

Les grandes manœuvres contre l’initiative du courageux entrepreneur Thomas Minder ont commencé. Et sans surprise aucune, on assiste aux traditionnelles lamentations du Collège des pleureuses. Quand ce n’est pas le, d’habitude très effacé, ministre de l’économie (comment s’appelle-t-il déjà ?) qui vient défendre le modèle économique libéral, c’est Economiesuisse et/ou le PLR (ce sont les mêmes) qui entonnent les couplets sur tous les risques que l’acceptation de cette initiative signifierait pour notre économie.

En très résumé, cela donne à peu près ceci : «certes, certains salaires sont excessifs, mais il est indispensable de protéger le modèle libéral afin que l’économie suisse reste compétitive, il y a va de nos emplois («il ne faut pas affaiblir le marché du travail suisse»). De plus le contre-projet va plus loin que l’initiative de Thomas Minder».

N’est-ce pas paradoxal de combattre une initiative en lui opposant un contre-projet qui va encore plus loin ? Le Parlement suisse qui a négocié ce compromis serait-il devenu bolchévique ?

Non, rassurez-vous ! La grande différence entre les 2 textes, est que celui de Thomas Minder est contraignant alors que celui du Parlement, tout en semblant relativement volontariste, laisse finalement toute la marge de manœuvre aux «organes de direction». Autant dire que si l’initiative Minder est rejetée et que le contre-projet entre en vigueur, on aura construit une magnifique usine à gaz en pure perte.

Merveilleuse démocratie dont les parlementaires peuvent passer des mois à négocier un bijou d’hypocrisie qui rejoindra d’autres statuettes, tout aussi inutiles, dans la grande vitrine de la démocratie suisse.

02/01/2013

Viols (récents) en Inde et peine de mort

La façon dont une Société traite les femmes est un sûr baromètre de son degré de civilisation. Ce qui vient de se produire en Inde avec les viols successifs de 2 jeunes femmes dans des circonstances particulièrement abjectes et révoltantes démontre le travail que ce pays, qui a produit tant de Saints et de dévots, doit encore accomplir pour être à la hauteur des travaux spirituels de tous ces héritiers des grands courants spirituels qui ont traversé ce pays-contient.

La seule bonne nouvelle est que cela a provoqué une réelle émotion et que des hommes et des femmes se sont levés pour demander une peine exemplaire contre les auteurs de ces atrocités. En effet des centaines de milliers de femmes sont violées chaque année en Inde et dans l’immense majorité des cas, cela se déroule dans une absolue indifférence. Puisse cette révolte marquer un réveil salutaire des consciences.

Je ne suis pas, a priori, favorable à la peine de mort car je trouve que l’homme (au sens large) n’a pas un niveau de conscience suffisant pour s’arroger le droit de condamner un autre être humain à la peine capitale. Mais face à la sauvagerie de l’acte et au besoin d’adresser un message fort à des millions de candidats potentiels à cette forme de barbarie, et pour autant que les auteurs soient formellement identifiés, la question de la peine capitale mérite d’être ouvertement posée.

Si les 6 hommes ayant sauvagement violé une de ces jeunes femmes, décédée depuis de ses blessures, sont condamnés à mort, je prierai certes pour eux, mais je me sentirai en harmonie avec cette décision.

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30/12/2012

Bravo M. Olivier Jornot

Ravi d’apprendre, selon un article de la TDG de samedi, que l’on assiste à une renaissance du Ministère public. Après les années Zappelli et ses dérives sur à peu près tous les plans, cela fait un bien fou à la République.

On apprend, entre autres, dans cet article, qu’il «cadre et intimide». Cela me paraît deux qualités indispensables face à des fonctionnaires qui ont pris de mauvaises habitudes et qui se montrent parfois capricieux et imbus de leurs prérogatives. Et cela ne vaut pas que pour le Ministère public.

Il y a malheureusement tant de départements, d’organismes ou de régies publiques qui dysfonctionnent à Genève qu’il faut souligner ce remarquable succès, obtenu qui plus est en seulement quelques mois (il est entré en fonction en avril 2012).

Mon souhait pour 2013: qu’il y ait moins de politiciens et de fonctionnaires à l’ego hypertrophié et/ou de bras cassés qui sévissent dans notre République et plus de personnes compétentes comme M. Olivier Jornot et M. Pierre Maudet. Avec des personnes de cette trempe, Genève et les Genevois pourraient regarder l’avenir avec plus de confiance.

Vive 2013 et tous mes vœux pour cette année aux nombreux défis.

12/12/2012

Rendre la vie impossible aux délinquants qu’on ne peut renvoyer

C’est le dernier acte de foi de M. Pierre Maudet, en charge de la sécurité à Genève. Il semble que par cet aveu il commence à réaliser l’impossibilité institutionnelle de faire quelque chose de sérieux face à cette problématique. Cette proposition m’en rappelle une autre, tout aussi pathétique, formulée en son temps à Lausanne (voir mon billet «Interdiction de périmètre»).

M. Maudet représentait un des derniers espoirs, pour beaucoup de Genevois, de faire enfin quelque chose pour lutter contre l’insécurité dans notre Canton. Mais entre ses amis de droite qui ne veulent pas ouvrir le porte-monnaie et ses opposants de gauche qui vivent encore au pays des grandes illusions, rien ne bouge et rien n’avance.

La Suisse en général et Genève en particulier, en tant qu’hôte des institutions de l’ONU pour la protection des réfugiés, est dans une situation encore plus délicate que le reste de l’Europe où règne déjà une belle hypocrisie dans ces domaines. Il est excessivement malheureux, absurde et stupide de confondre la protection des vrais réfugiés et la coupable passivité avec laquelle nous refusons de traiter les questions de délinquance liée (la plupart du temps) aux faux réfugiés qui ne viennent ici que pour s’enrichir de la façon la plus vile et la plus rapide.

N’y a-t-il aucune voie de la raison entre ce laxisme insupportable et le fascisme ?

Malheureusement, lorsque nos Sociétés jouent avec le feu, refusent de s’attaquer avec conscience et dignité à certaines problématiques, elles finissent par récolter le fascisme.

 

 

04/12/2012

Impasse budgétaire aux Etats-Unis: vivement le 2 janvier 2013

L'impasse budgétaire qui dure depuis de longs mois (et de longues années) et qui ne trouve aucun épilogue, promet de continuer de diviser la classe politique américaine, malgré la réélection de Barack Obama et les pseudos meilleures intentions des Républicains au lendemain de leur cuisante et bienvenue (pour le reste du monde civilisé) défaite.

Nous assistons depuis 30 ans à une véritable guerre (je l'ai déjà souvent évoqué dans ce blog) des riches contre les pauvres. Les penseurs du parti républicain, ceux qui ont porté Ronald Reagan au pouvoir, sont les machiavéliques artisans modernes de cette monstruosité que l'on appelle l'ultra-libéralisme.

Depuis 2001, l'immense augmentation des dépenses de l'Etat fédéral à cause des deux guerres finalement absurdes et ratées de W en Afghanistan et en Irak (n’oublions pas le livre de Joseph Stiglitz: [Irak] "Une guerre à 3'000 milliards de dollars") et la baisse dogmatique des recettes fiscales dues à de microscopiques allègements fiscaux pour la classe moyenne (environ 600 dollars par an pour un couple ayant un revenu annuel autour de 80'000 dollars) et d'indécents cadeaux fiscaux faits aux plus riches (70'000 dollars annuellement pour un couple gagnant 1 million de dollars), ont mené le budget des Etats-Unis dans une impasse chronique.

Je rappelle simplement une nouvelle fois dans ce blog, qu'à la fin du mandat de Bill Clinton, les Etats-Unis prévoyaient de rembourser la totalité de leur dette dans les dix ans. Aujourd'hui, 12 années plus tard, au lieu d'avoir remboursé sa dette, ce pays a accumulé plus de 16'000 milliards de dollars de dettes.

Et que proposent nos amis les Républicains pour sortir le pays de cette crise budgétaire et financière gravissime ? Selon Dan Pfeiffer, porte-parole de la Maison-Blanche, la dernière proposition des Républicains, je le cite: «promet en fait de réduire les taux (d'imposition) pour les plus riches et présente l'addition à la classe moyenne».

Et voilà ! On aurait pu espérer que face à l'extrême gravité de la situation, le million de preuves de la faillite quasi-totale de ce système d'égoïsme forcené, les yeux de quelques-uns se seraient enfin ouverts. Mais non ! Une fois que vous avez été sévèrement lobotomisés, aucune opération ne peut vous rendre ne serait-ce qu'un semblant de conscience.

Sauf accord entre la Maison-Blanche et le Congrès, le 2 janvier, les indécentes déductions fiscales de W tomberont d'elles-mêmes. Comme il n'est pas possible de négocier avec ces forces de droite, c'est sans doute la meilleure chose qui puisse arriver aux Etats-Unis (et au reste du monde).

Quant à la propagande des milieux de droite lobotomisés par les forces de l'argent, elle sert à faire peur au Monde entier en promettant une récession si cela devait arriver. C'est vrai, nous tremblons à l'idée que les immensément riches aient des difficultés à s'acheter la 18ème Mercedes sur le dos des contribuables de la classe moyenne et de ceux qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté ainsi que de tous ceux qui ont tout perdu à cause de l'avidité pathologique de quelques-uns depuis le début de la crise des subprimes.

Les Etats-Unis n'ont jamais été aussi forts, aussi riches, aussi puissants que sous la présidence de Bill Clinton, à une époque où les ultra-riches américains versaient une part encore raisonnable de leur richesse dans le pot commun. Je ne vois pas pourquoi ce retour, certes forcé, à la raison et à une plus grande justice fiscale serait soudain synonyme d'apocalypse. Vive le 2 janvier 2013 !

30/11/2012

Politique et insécurité: paroles, paroles, paroles

La sécurité est un thème qui préoccupe les citoyens de notre pays (et de tous les pays européens), et la réponse de la classe politique est tout sauf satisfaisante.

A gauche, on connaît les a priori idéologiques qui empêchent toute évolution pragmatique et raisonnable du débat: ils attendent encore le grand soir qui va révolutionner les relations sociales à un  degré tel que cela va régler tous les problèmes à la fois. Je schématisme bien évidemment, mais penser que l'on va régler les problèmes d'insécurité en Suisse (et en Europe) en changeant fondamentalement l'organisation du Monde et la structure sociale, économique et politique des pays dont proviennent les immigrants (dont quelques représentants, on parle de 3 à 400 personnes à Genève,  gonflent démesurément les statistiques de la criminalité) est à peu près aussi réaliste que d'attendre le retour du Messie.

Quant à la droite, au-delà des propos musclés de certains de ses ténors (entre Sarkozy qui voulait "nettoyer les banlieues au Kärcher" et Blocher dont on connaît la rhétorique), eh bien on attend encore. Ils ont tous les deux occupé des positions leur permettant de faire avancer leurs idées et pourtant on n'a rien vu. Ou si peu. M. Blocher s'est même permis le luxe de refuser la création d'une véritable police fédérale qui serait bien utile aujourd'hui pour lutter plus efficacement contre le crime organisé (argent de la mafia, blanchiment d'argent, trafic de drogue, réseaux criminels de traite d'êtres humains, etc..) qui a profité de l'ouverture des frontières pour s'implanter en Suisse.

C'est tout le problème de la droite qui est également enfermée dans ses a priori idéologiques. Ce ne sont pas les mêmes que ceux de la gauche, mais ils sont tout aussi tenaces. On touche ici au rôle de l'Etat, à l'étendue de ses pouvoirs et de sa puissance. Pour la droite, l'Etat doit rester aussi "mince" que possible et ne surtout pas risquer de retrouver une place qui pourrait le rendre dérangeant pour tous ceux qui profitent d'un Etat faible. Et ils sont nombreux. Depuis 2008 et la plus formidable crise économique depuis 1929, nous en payons tous les jours le prix.

Et pour engager des policiers et construire des places de prison, seules façons connues et pragmatiques de lutter contre la criminalité, il faut de l'argent. Beaucoup d'argent. Et là on rentre en conflit frontal avec un des autres dogmes de la droite: le refus acharné d'augmenter les impôts de ceux qui seuls pourraient économiquement le supporter, est le tabou suprême qui a rang de véritable religion.

Tant que nous, citoyens honnêtes et payant nos impôts sans possibilité aucune de frauder le fisc, serons pris en otages entre les tenants de ces 2 idéologies, nous paierons le prix élevé de l'insécurité, partout où elle s'exerce. Cela peut nous toucher à la maison, dans notre voiture, dans la rue, etc… Cela peut nous toucher nous-même ou n'importe quel membre de notre famille. Et penser que le crime organisé s'implante en Suisse est une perspective effrayante qui devrait créer une sorte d'union nationale pour l'enrayer s'il en est encore temps.

Alors que le temps presse sur tous les fronts, certains de nos élus ont cru bon de renvoyer la très urgente révision du code de procédure pénale en commission. Encore une occasion gâchée de ramener un peu de bon sens dans ce pays.

09/11/2012

La Floride: une république bananière ?

Les Etats-Unis qui aiment donner des leçons de démocratie au reste du monde devraient se pencher sur ce qui se passe en Floride.

Tout le monde se souvient de la scandaleuse manipulation électorale qui avait permis de confisquer le vote des habitants de la Floride, et finalement des Etats-Unis, en faveur de W en 2000. Déjà en cette occasion, alors que le propre frère de W était gouverneur de Floride, cet Etat s'était distingué par des méthodes dignes des pires républiques bananières.

Avant les élections de 2012, des soupçons de fraude s'étaient faits jour. Il semble que tout avait été préparé pour rejouer le même scénario qu’en 2000 et l'on peut imaginer ce qu'il se serait produit si l'élection du Président avait été suspendue aux résultats électoraux de ce seul Etat. On tremblait d'avoir à revivre ces heures sombres.

Aujourd’hui, vendredi 9 novembre 2012, le résultat du vote en Floride n’a toujours pas été annoncé. Selon les responsables électoraux, la raison de ce retard est la participation extrêmement élevée. Mais de l'avis des experts dont fait partie Lance de Haven-Smith, professeur à l'université de Floride, la raison de ce chaos est ailleurs: «le désordre aurait été orchestré par les responsables républicains locaux […] La vérité est que les responsables républicains de Floride sont impliqués dans une démarche de sabotage de l'organisation des élections en cherchant notamment à diminuer la participation». Des électeurs démocrates bien évidemment.

Selon le Miami Herald d'aujourd'hui, Mme Brett Doster, conseillère de la campagne Romney en Floride, a déclaré: "On pensait (...) avoir fait ce qu'il fallait pour gagner. Clairement, ce n'est pas le cas", reconnaissant ainsi implicitement la victoire d'Obama dans cet Etat.

J'espère que lorsqu'elle déclare : "On pensait (...) avoir fait ce qu'il fallait pour gagner", elle ne se réfère qu'à des actes parfaitement légaux, mais au vu des précédants et du fait que l'élection de 2012 était annoncée comme extrêmement serrée, la tentation a dû être grande, pour les républicains, de préparer un plan B similaire à celui de l'an 2000 au cas où le sort de l'élection aurait dépendu de l'issue du scrutin en Floride. Presque un aveu donc.

Il faudra que ce pays mette de l'ordre dans ce dangereux foutoir, au risque de provoquer de nouvelles dérives insupportables dans ce pays qui se veut le phare de la démocratie dans le monde.

01/11/2012

Nouveau cadeau du secteur privé

Après analyse approfondie, la Confédération a dénombré quelque 38'000 sites pollués en Suisse. C’est ce que relate la TDG de ce jour.

Certes ce ne sont pas tous des Seveso en puissance, mais tout de même. L’analyse a démontré que    «50% des 38'000 sites pollués sont des aires industrielles, 40% d'anciennes décharges, 10% des stands de tir et 1% des lieux d'accident». On apprend ensuite que «environ deux tiers [de ces sites] sont situés sur le Plateau, soit là où se trouvent les plus grandes réserves d'eau. Un attention particulière devra donc être portée à la protection de cet environnement: près de 60% des sites pollués se trouvent à proximité d'eaux souterraines exploitables, a indiqué jeudi l'OFEV».

Toute activité humaine a des conséquences sur l’environnement et les activités industrielles ont souvent des conséquences sérieuses sur celui-ci. Ce qui est gênant dans tout cela est que les industriels réclament toujours les meilleures conditions-cadres pour pouvoir se développer, mais qu’ils ne sont jamais appelés à assumer leurs responsabilités lors de la cessation de leurs activités.

C’est exactement ce qui se produit ici, car qu’apprend-on un peu plus loin ?

Certes, «un projet de la commission de l'environnement du Conseil des Etats vise à permettre aux autorités de réclamer une garantie financière aux entreprises responsables pour les frais occasionnés par les mesures d'investigation, de surveillance et d'assainissement». Et un peu plus loin que «à l'heure actuelle, en principe, les collectivités ne prennent les frais d'assainissement à leur charge que si les responsables ne peuvent être identifiés ou sont insolvables».

Magnifique … si c’était vrai ! Dans la réalité, et toujours précisé dans le même article, «de complexes procédures de droit commercial conduisent au final, cantons et communes à devoir payer. La facture peut atteindre dans certains cas des centaines de millions de francs». Nous y voilà ! C’est joliment et brutalement exprimé.

J’aimerais d'alleurs savoir dans quel pourcentage de cas nous suivons la procédure «idéale», selon moi, du pollueur-payeur et dans combien de cas l’Etat, c’est-à-dire nous, doit assumer l’irresponsabilité du secteur privé ?

Je rappelle cela car nous avons, dans tous les pays occidentaux, une gigantesque épée de Damoclès au-dessus de nos têtes: l’industrie nucléaire. Tant qu’il s’agit de s’enrichir avec une industrie hautement problématique, nos brillants industriels sont très fiers de leur outil de travail. Mais quand il s’agira de démanteler le parc nucléaire je parie qu’ils feront tout pour se soustraire à leurs obligations. Le démantèlement des centrales, rien qu’en Suisse, est estimé à 40 milliards de CHF. Les industriels sont censés contribuer à un fonds spécial pour cet effet. Or, à ce jour, ce fonds ne s’élève qu’à 4 malheureux milliards de CHF.

La Suisse ayant décidé de sortir du nucléaire à moyen terme, je vois mal comment nous allons alimenter ce fonds à hauteur des besoins, dans les 10 à 15 prochaines années. Gageons qu’une fois encore nous n’aurons que les yeux pour pleurer: pendant des décennies, des industriels et des actionnaires se seront immensément enrichis puis, avec la fin de cette industrie, nous qui avons déjà payé l’électricité produite à un prix exorbitant pendant des décennies, nous devrons payer une deuxième fois pour démanteler les centrales et assainir les sites.

L’industrie privée qui se gargarise si volontiers de sa supériorité sur le secteur public (écoutons la campagne du candidat républicain aux Etats-Unis) oublie tout simplement volontiers qu’elle:

  • ne construit aucune infrastructure pour développer son business
  • n’assume aucune responsabilité sociale, puisqu’au moindre revers, elle confie à l’Etat le soin de prendre soin des laissés-pour-compte
  • n’assume aucune responsabilité environnementale puisqu’elle s’arrange systématiquement pour laisser la facture finale au même Etat qu’elle fustige si volontiers.

Et malheureusement nos Etats ayant systématiquement abdiqué leurs prérogatives face aux entrepreneurs privés, ce n’est pas près de changer.

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10/10/2012

Retours forcés: Un témoignage important

Intéressante interview du Conseiller d'Etat Philippe Leuba qui a accompagné incognito un vol de retour vers Moscou de ressortissants russes déboutés de la procédure d'asile.

L'image réaliste et crédible dressée par M. Leuba est celle d'un monde difficile, dans lequel les intervenants tentent de faire de leur mieux un travail hautement sensible sur tous les plans. Les hommes et les femmes qui organisent et participent à ces renvois doivent être touchés personnellement sur le plan humain et nous tous, majorité silencieuse, qui soutenons le principe du renvoi des réfugiés déboutés, ne pouvons que remercier ces personnes de faire ce travail avec autant de professionnalisme.

On est loin des fantasmes véhiculés dimanche passé lors de "La soupe", pardon "l'agence", voulant faire accroire que la Suisse traite plus durement les réfugiés que les terroristes. Bien sûr on reconnaissait dans ces outrances grotesques et mensongères la fine délicatesse humoristique de l'amuseur publique Laurent Flütsch. Humoriste qui est à cet art ce que le McDo est à la gastronomie ou le Panzer à la Ferrari.

Je regrette que cette émission continue avec les mêmes poncifs que la précédente:

  • La Suisse est un pays qui traite les réfugiés de manière inhumaine
  • Les banques sont la seule richesse de notre pays et elles ne sont qu'à honnir
  • L'UDC et ses chemises brunes est le mal absolu
  • Les suisses alémaniques sont des arriérés tarés et xénophobes, etc, etc, etc..

Avec ces quelques hochets répétés en boucle, on a réussi à faire une émission satirique qui a duré 10 ans (je crois). Et maintenant on tente d'en redémarrer une autre sous de mauvais auspices.

Dommage !

Il y a certainement de la place pour une émission satirique à la RSR. Notre personnel politique, y compris (ou particulièrement) jusqu'au plus haut "sommet" de l'Etat offre gracieusement une matière première quasi inépuisable pour des personnes manifestant un minimum d'esprit. Mais l'esprit n'est pas donné à tout le monde: confondre la hargne (voire la haine), la grossièreté, les amalgames, le manichéisme, les poncifs éculés avec de l'esprit est malheureusement ce qui semble plomber cette émission naissante (exactement comme cela avait plombé "La soupe", drôle au début par sa nouveauté, mais tournant en boucle avec les années).

J'espère encore que Mme Durand-Vallade saura percevoir le danger et donnera rapidement un nouveau souffle et une identité à cette émission qui en manque encore cruellement.

06/10/2012

Mineurs sud-africains: Un combat exemplaire

Depuis quelques semaines nous assistons, médusés, à ce combat titanesque des mineurs sud-africains contre leur employeur anglo-américain, pour obtenir des augmentations de salaire. Il y a quelques semaines, la police sud-africaine, un pays qui a aboli l’apartheid le 30 juin 1991, a ouvert le feu contre ces pauvres hères, tuant 36 mineurs grévistes. Cela a choqué le monde, mais apparemment pas les dirigeants de la société qui exploite ces mines.

Et hier nous apprenions que le «monstre froid» a décidé de licencier 12'000 de ses 28'000 mineurs. Voilà des gens qui n’ont rien, font un métier affolant de pénibilité et qui luttent avec l’énergie du désespoir pour sauvegarder le peu qu’ils ont. Ils sont prêts à aller jusqu’au bout. Belle leçon de courage face à l’implacable logique des actionnaires qui n’ont que faire des états d’âme de quelques mineurs d’un pays si lointain qu’il n’est qu’une abstraction comptable. Aucune humanité dans ces décisions, juste la froideur d’un bilan.

La logique implacable des chiffres et l’égoïsme monstrueux de quelques-uns, fait des ravages partout sur la Terre. Malgré l’évidence des faits, la logique du système l’emporte sur toute autre considération et dans ce combat des riches contre les pauvres, plus vous êtes pauvres et plus vous êtes broyés. C’est ce qui arrive à ces mineurs, mais c’est également ce qui arrive aux pauvres d’Europe et des Etats-Unis. Jusqu’à présent, la révolte des pauvres et des laissés-pour-compte est encore assez timide. Pourtant, parmi tous ceux qui sont mis sur la touche, en Europe par exemple, il y a nombre d’étudiants bien formés et qui ne vont pas accepter cette situation sans issue et sans avenir, éternellement. C’est peut-être le talon d’Achille du «monstre froid». S’attaquer à des miséreux est un combat tellement inégal qu’il est d’un cynisme révoltant. Dénier tout avenir à ces millions d’étudiants bardés de diplômes, finira bien par provoquer une vaste rébellion.

On ne connaît ni le jour, ni l’heure mais j’ai de la peine à imaginer que les broyés du système, qu’ils se trouvent parmi les plus miséreux dans les pays du Tiers-Monde ou parmi les enfants bardés de diplômes de la classe moyenne des pays (ex-)développés, ne se joignent pas pour crier leur colère et ne renversent ce système absurde dirigé par l’égoïsme pathologique de quelques-uns. Il est peut-être encore temps. Mais quand on voit l’attitude des fous furieux de la droite ultra-libérale américaine, on peut douter de la possibilité même d’un réveil.

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27/09/2012

Primes maladie: une décision politique

L’habituelle mise en scène entourant la publication des prochaines primes d’assurance maladie a révélé des primes relativement modérées. A-t-on enfin jugulé l’augmentation de plus en plus insupportable des primes ? Ce serait magnifique de pouvoir répondre par l’affirmative. Mais ce serait d’une grande naïveté.

La réalité est qu’un projet de caisse publique nous sera soumis prochainement et que, comme en 2008 avant la votation sur la caisse unique, les assureurs ont tellement peur, qu’ils sont prêts à avaler cette potion très amère, sachant que, comme après le refus du peuple lors de ladite votation, ils pourront se rattraper une fois le danger bolchévique écarté. Ne doutons pas que la même propagande nous sera servie à longueur de médias pour tenter de faire peur aux citoyens et afin d’obtenir un nouveau rejet.

Deux travaux de ce jour au Conseil national et au Conseil des états, préparent les augmentations futures:

  • La chambre du peuple veut que le Conseil fédéral renégocie la baisse du coût des médicaments avec l'industrie pharmaceutique. Pour une fois que le CF avait timidement tapé du poing sur la table, nos représentants (oui, oui, ceux que nous avons porté au parlement pour nous défendre) veulent revoir cela afin de défendre les futurs bénéfices de leurs lobbyistes préférés
  • Le Conseil des Etats enterre la loi sur la prévention santé. Ce qui veut dire qu’il n’y aura finalement pas de loi fédérale pour chapeauter la prévention et la promotion de la santé et que la Fondation Promotion Santé Suisse ne recevra pas les moyens prévus et nécessaires. La Chambre du peuple soutenait le texte, malgré l’opposition de la droite. La loi devait se contenter d’améliorer l’utilisation des quelque 70 millions par an à disposition, sans augmenter les moyens financiers. Et pourtant… C'est vrai qu’il vaut mieux empêcher la prévention des maladies à coup de modestes millions afin de dépenser des milliards et des milliards pour «soigner» (en réalité les traitements utilisés sont toxiques et font le lit de nouvelles maladies, faisant entrer les malades dans le cycle infernal des maladies induites par des traitements toxiques qu’il faut tenter de contrebalancer par d’autres médicaments tout aussi toxiques qui…) des maladies chroniques qui, une fois installées représentent le pactole pour toute la filière pharmaco-médicale. N'oublions pas que, (dixit Pascal Couchepin, ancien ministre de la santé, ou plutôt de la maladie) les dépenses dans le domaine de la santé, sont un facteur de croissance.

Ces 2 décisions participent aux futures augmentations. Il faudra s’en souvenir le jour J et ne pas tomber des nues lorsque nous recevrons le coup sur la tête. Les augmentations de primes sont programmées car le but du système n’a rien à voir avec notre santé mais avec la volonté de certains de s’enrichir sur notre dos et sur nos malheurs (la maladie sous toutes ses formes).

La grande peur des assureurs est la preuve même que le projet de caisse publique est un bon projet. Sinon, il ne les empêcherait pas de dormir et de se priver, même momentanément, de leur oxygène vital: notre argent.

20/09/2012

Le vrai blasphème (2) ?

L’invité de la rédaction de la RTS1 ce matin était M. Malek Chebel, anthropologue des religions et philosophe. Depuis 20 ans il essaye de promouvoir un «islam des Lumières». Vaste tâche.

Ce matin il a dit et je cite de mémoire: «Quand la situation est calme, je reçois des soutiens de partout, quand il y a une crise, je me retrouve tout seul».

C’est exactement ce que j’écrivais hier soir en parlant du fait que les musulmans modérés sont la plupart du temps inaudibles. Peut-être ont-ils simplement peur du fanatisme de certains de leurs coreligionnaires, car ils savent à quelles extrémités ils peuvent aller.

En d’autres temps, peu glorieux, nos pays démocratiques ont cherché un compromis lâche avec l’Allemagne nazie avant de devoir se battre (du moins les pays qui n’avaient pas été envahis dès les premiers jours) pour ne pas sombrer dans la barbarie. Ils ont ensuite cherché une autre façon de vivre côte à côte avec l’empire soviétique tout en évitant de le provoquer.

Prenons garde de ne pas nous «finlandiser» face à cette religion.

 

21:40 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : le vrai blasphème ?, islam des lumières | |  Facebook

19/09/2012

Le vrai blasphème ?

Encore une fois le monde musulman s’embrase pour ce que certains jugent être un blasphème. Le blasphème, selon le dictionnaire est une «Parole ou discours qui insulte violemment la divinité, la religion et, par extension, quelqu’un ou quelque chose de respectable».

Cette attitude de haine et d’hystérie qui a mené à des morts dans le monde arabe et musulman et qui cherche à imposer ses valeurs à nos Sociétés par la dictature de l’intimidation est insupportable et inacceptable.

Comment une religion qui tolère et même parfois encourage des comportements violents, peut prétendre savoir qui blasphème contre Dieu et ses représentants terrestres réels ou auto-proclamés.

Beaucoup de catholiques ont quitté l’Eglise suite à certaines dérives qui ont trop longtemps entaché la marche de ce qui devrait être une «vénérable» Institution. Se révolter contre les scandales de pédophilie et/ou contre un lourd passé de manipulation des âmes est une attitude saine et démontre un sursaut d’intelligence et de respect de la vie.

Voit-on la même chose dans le monde musulman ?

Une religion qui traite, dans de nombreux pays, la moitié de sa population par le mépris des droits humains n’est-elle pas une religion qui pratique une forme de blasphème tous les jours ? Dieu, s’il existe, a-t-il créé la femme pour être la vassale de l’homme ?  A-t-il créé la femme pour être excisée par millions ? A-t-il créé la femme pour que son seul droit soit de rester dans sa cuisine et de ne pouvoir sortir de chez elle que déguisée en fantôme ? N’est-ce pas le blasphème suprême que de vouloir traiter la moitié de l’Humanité avec une telle violence et un tel mépris ?

Et pourtant, je n’ai jamais entendu que les musulmans modérés quittent en masse cette religion pour protester contre la violence faite aux femmes ou contre ceux, heureusement minoritaires, qui appellent à la guerre sainte et/ou pratiquent le terrorisme.

J’aimerais vraiment pouvoir prendre acte que le monde musulman, au moins sa frange modérée, s’attaque avec détermination à ces graves problèmes. Mais sa voix est encore trop souvent inaudible.

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23/08/2012

Conseil fédéral: la dream team ?

Au lendemain de l'élection du CF ayant vu l'arrivée de Mme Simonetta Sommaruga et de M. Johann Schneider-Ammann, j'ai pensé bien naïvement, que nous avions un Collège idéal dans sa structure et son équilibre, pour diriger le pays.

Hélas, trois fois hélas, la réalité est cruelle car elle démontre chaque jour un peu plus l'inefficacité, l'amateurisme et la mollesse dudit Collège. Sept sages ? Non, six personnes tellement transparentes qu'on a parfois de la peine à se souvenir de leur nom et une seule ministre digne de son poste.

Vous me direz qu'il est trop facile de tirer sur une ambulance. C'est vrai. Malheureusement, si ces personnes mal à l'aise dans leurs habits professionnels étaient responsables de la buvette du stade, cela ne prêterait pas trop à conséquence. Mais avec les responsabilités et les tâches qui sont les leurs, chaque manquement, chaque tergiversation, chaque dossier mal préparé, mal ficelé, mal négocié (et tout le monde a pu constater que la liste s'allonge tous les jours) et c'est l'avenir de notre pays qui est en danger.

Nous avons l'habitude, en Suisse, de rechercher un gouvernement du plus petit dénominateur commun, ayant le moins d'aspérités possible. Ici nous touchons aux sommets et aux limites de cet «art». L’habituelle  petite cuisine précédant les élections des conseillers fédéraux a débouché sur un désastre. Certes, le Collège semble plus uni qu'à d'autres époques, mais essentiellement dans la médiocrité.

Tous les départements, à part celui de Mme Leuthard (voir mon billet sur "Doris Leuthard: la divine surprise"), démontrent ce manque d'ambition, de vision. L'impréparation règne partout. Six ministres sur sept qui dysfonctionnent, qui n'ont pour eux que leur ambition personnelle mais qui en manquent cruellement pour leur pays, cela crée une situation d'insécurité pour le pays, ses institutions, ses entreprises et ses habitants.

Que ceux qui ont éjecté le très controversé M. Blocher du Conseil fédéral se demandent ce qu'il aurait pu apporter au fonctionnement du gouvernement en ces temps extrêmement troublés. Que ceux qui ont préféré élire une Simonetta Sommaruga à la place de Mme Karin Keller Sutter s'interrogent sur les conséquences de ce choix. Que ceux qui ont préféré élire un Alain Berset à la place de M. Pierre-Yves Maillard aient le courage de reconnaître qu'ils ont contribué à élire un Collège qui, à force d'être consensuel, en est réduit à une quasi impuissance. Et ce n'est pas le énième compromis veule et lâche du Conseil Fédéral repoussant l'entrée en vigueur de la loi Weber contre les résidences secondaires au 1er janvier 2013 qui redorera leur blason.

Ah, on n'aime pas les têtes qui dépassent dans ce pays. C'est possible de fonctionner ainsi quand les eaux sont lisses et calmes. C'est quasi suicidaire en des temps aussi troublés.

14/08/2012

Qui veut noyer son chien, l’accuse d’avoir la rage (4)

A propos du sauvetage raté de Swissair traité avec mépris (comme le reste) par le journaliste, mentionné dans mon deuxième billet sur ce sujet (voir "Qui veut noyer son chien, l’accuse d’avoir la rage (2)"), j'ai oublié de rappeler les points suivants:

  • combien de milliers d'employés Swissair ont perdu la totalité de leur 2ème pilier ?
  • combien la Confédération et les Cantons, principaux actionnaires de la défunte compagnie, ont perdu en bourse suite à sa faillite ?
  • combien la Confédération, c'est-à-dire encore nous, a dépensé pour créer Swiss, tout cela pour la vendre une bouchée de pain à Lufthansa grâce aux "qualités" de visionnaires et de gestionnaires de notre gouvernement ?

On est très loin des images d'Epinal ou d'une nostalgie romantique des symboles bucoliques de la Suisse.

13/08/2012

Qui veut noyer son chien, l'accuse d'avoir la rage (3)

M. Weber est un passionné qui ne peut s'embarrasser de mots d'ordre. Il a l'étoffe des géants. De ces rares êtres qui savent par eux-mêmes ce qu'ils doivent entreprendre et quels combats méritent d'être menés. Grâce à lui, le Lavaux a été sauvé contre l'avis de ses habitants qui ne pensaient qu'à faire fructifier leur patrimoine foncier. Mais également l'Engadine, le village des Baux de Provence. Delphes dont il est citoyen d'honneur. Il a lutté pour protéger les bébés phoques au Canada et les éléphants au Togo. Entre autres.

Est-ce xénophobe et raciste de dire que la Suisse a un problème de développement et qu'elle devrait limiter la croissance de sa population ? Je pense que c'est parfaitement arbitraire et diffamant de le prétendre.

Est-ce que la Suisse est surpeuplée ? Franchement je ne le sais pas. Ce que je sais par contre et je l'ai déjà écrit dans un billet ("La Suisse aussi doit se restructurer") est que ce pays se développe de façon chaotique et anarchique. La grande décentralisation liée au fédéralisme permet à chaque commune de faire tout et n'importe quoi. Les bâtiments et les infrastructures poussent dans tous les coins, n'importe comment. Des maisons, des usines, des entrepôts, des centres commerciaux poussent partout, comme des champignons. Si l'on n'y prend garde, le plateau suisse ne sera bientôt plus qu'une gigantesque ville avec quelques espaces verts.

Si l'on prend le cas de Genève, à cause de tous les blocages que l'on ne connaît que trop, de la spéculation immobilière, de la frontière, etc.. le bassin des travailleurs genevois va à peu près de Annecy / Bellegarde / St-Gingolph du côté français à Neuchâtel et Villeneuve côté suisse. C'est proprement délirant et cela suppose des migrations de population gigantesques pour une ville de taille encore modeste (900'000 habitants pour le Grand Genève), tous les matins et tous les soirs. Cela met une pression énorme sur les infrastructures et génère une pollution monstrueuse. L'exigence d'une troisième voie CFF entre Genève et Lausanne est d'ores et déjà dépassée. Le temps qu'elle se réalise (on peut rêver) elle sera déjà totalement inadaptée. Il faut immédiatement demander la 4ème voie. Merci pour les riverains. Et c'est ainsi partout en Suisse. Les autoroutes et les transports ferroviaires sont de plus en plus sursaturés. Le logement ne suit pas. A cause de cela il est de plus en plus cher, ce qui oblige les citoyens à vivre de plus en plus loin de leur lieu de travail. Cercle vicieux. L'anarchie menace.

Espérons que cette initiative aura le mérite d'obliger notre classe politique à réfléchir au développement de ce  pays avant qu'il ne soit trop tard. Et grâce au dernier succès de M. Weber, on va peut-être éviter que la spéculation ne continue à miter nos alpages jusqu'au pied des plus hautes montagnes.

Ne laissons pas ce pays aux seules mains de ceux qui ont comme devises: «enrichissons-nous le plus et le plus vite possible tant qu'il en est encore temps» et «après moi, le déluge».

M. Weber fait partie de ces géants qui se battent tous les jours pour des causes qu'ils croient justes. Tous les jours, depuis 50 ans, il doit dépenser des trésors d'énergie, d'imagination. Il doit résister aux attaques mesquines ou ciblées pour lui nuire. Dans un tout autre registre, il me fait penser à un Federer qui lui aussi se bat tous les jours pour être et rester au sommet de son art. J'aimerais que ceux qui scribouillent contre des êtres de cette trempe se demandent humblement combien de secondes, et toute personne ordinaire pourrait être fière si elle pouvait répondre «une», de leur propre vie ils ont été au sommet de leurs professions respectives.

Si j'étais M Weber, j'intenterais un procès à ce journaliste pour diffamation. Mais je ne suis pas un géant, je ne suis qu'un être ordinaire. C'est cela avec les géants, ils regardent ceux qui essayent de leur mordre sauvagement les chevilles, du moins c'est ce qu'ils espèrent, de toute leur hauteur, de toute leur grandeur. Avec consternation parfois. Mais jamais ils ne s'abaissent au niveau de ceux qui les pourchassent de leur hargne, de leur(s) frustration(s) ou au nom de leurs visées politiques et économiques plus ou moins bien déguisées.

Qui veut noyer son chien, l'accuse d'avoir la rage (2)

Je continue ici l'analyse des 2 articles à charge contre M. Franz Weber (voir mon premier billet sur le sujet "Qui veut noyer son chien, l'accuse d'avoir la rage (1)").

Tout y passe ensuite. Du sauvetage de l'hôtel de Giessbach (au bord du lac de Brienz) qui ne serait que la preuve d'un «conservatisme passéiste» alors que c'est une réussite architecturale et patrimoniale. Au sauvetage raté de Swissair, tentative qui lui est bien entendu également reprochée comme étant la preuve de son irréfutable attachement à des symboles du passé. En passant par ce qu'il aurait déclaré à propos de l'armée «(j'en) veux à ceux qui ont détruit notre armée suisse formidable qui a défendu le pays [...] (et à ceux) qui ont jeté la neutralité au panier». Le journaliste, encore lui, en profite pour tenter d'écorner son image en précisant: «on est bien loin de l'image d'antimilitariste que ses adversaires ont cherché à imposer pendant la campagne contre le bruit des F/A-18». A mon avis, la Suisse qui est aujourd'hui littéralement en état de guerre avec ses voisins et ses concurrents économiques profiterait d'avoir encore une armée de 500'000 hommes, crédible, au lieu d'avoir une armée d'opérette dirigée au niveau politique par une personne dont on se demande quelles sont ses compétences en la matière. Cela ne voudrait pas dire que nous enverrions nos porte-avions menacer nos voisins mais cela nous donnerait peut-être un plus grand sentiment de confiance en nous-mêmes, dans les difficiles négociations menées sur tous les fronts et éviterait ainsi à notre gouvernement de baisser la culotte à chaque haussement de cils de tel ou tel gouvernement.

Il lui est même reproché (ô dérision) d'avoir déclaré «aujourd'hui, les jeunes ont le cul qui traîne par terre dans leurs pantalons trop larges. Toutes les valeurs foutent le camp. Les gens n'arrivent même plus à s'habiller correctement». Là non plus je ne vois pas ce que cela a de rétrograde. Toute personne raisonnablement constituée ne peut que trouver pathétique cette façon de s'habiller. Ces jeunes gens me font toujours penser à de petits enfants qui auraient fait dans leurs pampers et dont la maman n'aurait pas encore eu le temps de les changer. Mais quel est l'intérêt d'utiliser des petites phrases aussi anodines pour essayer de rabaisser un homme dont les combats parlent d'eux-mêmes.

L'article se termine sur une nouvelle attaque perfide «c'est à se demander si ce n'est pas pour mieux entretenir le malentendu sur ses idées que Franz Weber a toujours refusé de rejoindre un parti politique».

Eh oui, c'est très déstabilisant pour les esprits ordinaires de ne pouvoir coller une étiquette sur ceux qui les dépassent de la tête et des épaules.

Heureusement que M. Weber n'a jamais rejoint un parti politique car il aurait perdu toute liberté en devant marcher au garde-à-vous au son des slogans concoctés dans les officines des partis.

Je vais reprendre quelques points dans un troisième billet car il y a encore beaucoup à dire face à une telle manipulation de l'information.

12/08/2012

Qui veut noyer son chien, l'accuse d'avoir la rage (1)

J'ai déjà écrit un billet sur M. Franz Weber ("Il nous faut un Franz Weber contre le bruit"), je ne pensais pas en écrire un deuxième, mais l'actualité en a décidé autrement. Depuis qu'il s'est engagé en faveur de l'initiative d'Ecopop, il a eu droit à 2 éditoriaux assassins de M. Fabian Muhieddine dans la TDG (mercredi 8 et samedi 11 aoùt).

Le mercredi 8 août, on apprend de sa plume que cette initiative qui veut limiter le nombre de résidents est forcément xénophobe et qu'en soutenant celle-ci, M. Weber a «franchi la ligne rouge». Et samedi, que «sa croisade contre la surpopulation jette une nouvelle lumière sur le combat de l'écologiste». Très négative comme de bien entendu.

C'est cela qui est pratique avec le prêt-à-penser: il suffit d'appuyer sur un ou deux boutons pour obtenir un raisonnement tout prêt à la sortie de l'imprimante. Depuis le temps que de nombreuses forces dans ce pays tentent de l'abattre et qu'elles n'ont jamais pu le faire à cause de sa popularité et de sa très haute stature morale, ces forces ont peut-être enfin trouvé, croient-elles, la faille dans l'armure.

Dans l'article de samedi qui veut répondre à la question qu'il se pose à lui-même, à savoir «Franz Weber a-t-il trente ans d'avance ou au contraire cent ans de retard ?» le journaliste va chercher dans les engagements passés et surtout les petites phrases lâchées ici et là aux medias par M. Weber les preuves de ce qu'il suggère. Et rien ne permet de supposer que ce Monsieur a parlé avec M. Weber pour savoir ce qu'il pensait vraiment. Non. Mieux vaut fouiller les poubelles. Tout dans cet article est biaisé et malsain. Le choix des mots, les lourds sous-entendus, les attaques frontales, la photo, sont autant de façons de tenter de dénigrer cet homme.

L'article commence en rappelant que M. Weber est «soutenu par les milieux de gauche, notamment écologistes, qu'il aime citer Henri Dunant et passe pour un humaniste». Bien qu'il ne fasse pas bon être considéré comme «soutenu par les milieux de gauche» dans ce pays, notez bien le «passe pour un humaniste». Inutile de commenter cette tournure de phrase qui est très péjorative.

Un paragraphe plus loin, on apprend que M. Weber s'est «engagé dans une nouvelle croisade contre la surpopulation et cela en soutenant une initiative extrémiste d'Ecopop. [...] au nom de la protection de la nature, il s'agit de lutter contre la prolifération de l'être humain».  Là aussi, on peut relever les mots très connotés de «croisade» très employé dans le cadre de la guerre de Bush contre certains pays musulmans, «extrémiste» très utilisé pour dénoncer les partis politiques pratiquant une politique populiste (donc d'extrême-droite) et «prolifération» faisant penser que les initiants considèrent l'être humain comme une vermine dont il faut éviter la prolifération.

Ensuite pour bien souligner de supposées accointances, le journaliste assimile M. Weber à l'UDC en écrivant «A l'image de l'UDC, il glorifie le mythe d'une Suisse ancienne avec 4 millions d'habitants».

Insinuons, insinuons, il en restera toujours quelque chose.

Plus loin, on passe de l'insinuation à l'accusation frontale, lorsque le journaliste écrit «cette semaine, M. Weber a clairement rejoint l'autre extrême (droite s'entend) en disant sur le ton de la barque est pleine: on ne peut mettre dans un appartement plus de personnes qu'il ne peut en contenir. Pour un pays c'est pareil». En quoi ce monsieur a-t-il le droit d'interpréter les propos de M. Weber dans le sens de ce qui a été dit en Suisse à une triste époque pour éviter d'accueillir trop de réfugiés fuyant le nazisme. C'est de la pure calomnie.

Je continuerai l'analyse de cette «information» très orientée dans un prochain billet.

25/07/2012

Limiter l'asile, c'est le sauver

Ce soir, l'émission «Forum» sur la RTS a invité M. Alexandre Casella. En sa qualité d'ancien directeur du HCR, il s'est permis de dire des choses excessivement pertinentes et qui font un bien fou dans le débat proprement délirant sur l'asile.

M. Casella a d'abord rappelé ce qu'était un réfugié (je cite de mémoire): «toute personne qui doit fuir son pays pour des motifs politiques, religieux ou ethniques». Il poursuit en précisant que les réfugiés économiques ne méritent donc pas le statut de réfugié politique et que la Suisse ne devrait même pas entrer en matière sur ces dossiers-là. Il prend en exemple le cas des Tunisiens qui ne sont l'objet d'aucune menace dans leur pays et n'ont donc rien à faire en Suisse et en Europe. Et qu'ils coûtent très cher dans les procédures d'asile, soit environ 20'000 CHF par année et par personne.

M. Casella donne ensuite la dimension du problème en rappelant que la Suisse est un des pays du monde où il y a le plus d'étrangers, où il y a le plus de réfugiés et là où ils sont le mieux traités. Il y a environ un réfugié pour 330 habitants en Suisse, 1 sur 2'000 en Allemagne, 1 sur 7'000 en Italie et 1 sur 100'000 au Japon.

Limiter l'asile aux seuls réfugiés politiques qui le méritent est la seule façon de «sauver l'essence du droit d'asile». Si la Suisse a pêché jusque-là, «c'est par excès de générosité».

Ce point de vue est clair et limpide et éclaire le débat. Ceux qui empêchent le débat, jettent l'opprobre sur ceux qui font leur travail dans les procédures d'asile en essayant de distinguer ceux qui méritent de recevoir le droit d'asile et ceux qui ne le méritent pas, pourrissent le débat et portent une lourde responsabilité dans les tensions sociales liées aux abus manifestes dans le droit d'asile.

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24/07/2012

Notre version du «Meilleur des mondes» ? (3)

21'000 milliards de Dollars (fourchette basse et 35'000 milliards de dollars, fourchette haute), c'est le montant de l'évasion fiscale abritée sur des comptes «offshore», tel que calculé sur 139 pays par un ancien expert du bureau McKinsey pour le compte du collectif «Tax Justice Network».

Cette somme représente le PIB des Etats-Unis et du Japon COMBINES !

Cette somme, si elle était imposée correctement, rapporterait, selon le rapport, chaque année aux Etats spoliés, entre 190 et 280 milliards de recettes fiscales supplémentaires. Je ne suis pas un expert fiscaliste, mais cette somme me paraît ridiculement basse.

Je ne pensais pas écrire une troisième partie à cette note, mais difficile de ne pas s'indigner une nouvelle fois face à l'ampleur du scandale.

Nos amis les riches et les puissants ont donc, il faut le rappeler, spolié les Etats plusieurs fois :

  • Evasion fiscale grâce à des paradis fiscaux
  • Intense lobbyisme auprès de nos parlements et de nos gouvernements pour obtenir des réductions d'impôts continuelles et systématiques sur l'argent qu'ils n'ont pas pu dissimuler au fisc (ce qui a pour effet, en Suisse, de diminuer régulièrement, depuis 30 ans, les recettes de l'Etat qui va ensuite couper dans tous les budgets, y compris sociaux bien sûr, pour rééquilibrer ses finances
  • Déplacement de la production industrielle dans des pays à bas coûts pour décupler (au minimum) les marges encaissées par les actionnaires de ces groupes industriels, d'où baisse des recettes fiscales des Etats
  • Obligation faite aux Etats et donc aux contribuables, de venir sauver le secteur bancaire mis à mal par les immondes manœuvres spéculatives inventées par de brillants cerveaux de la finance. Spéculation malheureusement approuvée par nos gouvernements corrompus.

Si l'on additionne tous ces avantages fiscaux cumulés, on parle sans doute d'une somme ANNUELLE qui doit se trouver entre 400 et 1'000 milliards de dollars. Assez pour renflouer les Etats, et cela ne serait que pure justice.

Ils ont donc gagné sur tous les tableaux et nous, peuples d'Occident, pouvons payer les dégâts à la sueur de notre front. La seule chose qui soit biblique dans tout cela.

20/07/2012

Notre version du «Meilleur des mondes» ? (2)

Ce brutal «retour en arrière»  (voir note d'hier "Notre version du «Meilleur des mondes» ? (1)" est-il si surprenant ? Franchement, si vous aviez été à la place de ces personnages puissants, qui pendant une génération ont dû partager le pouvoir avec des petites gens qu'ils méprisent copieusement, que ces mêmes petites gens aient pu, à cause d'une circonstance historique tout à fait exceptionnelle, imposer des limites et des obstacles à l'expression de votre toute-puissance (lois sur la protection de l'environnement, lois sur la protection des travailleurs, lois sur la protection des consommateurs, lois fiscales en faveur d'une répartition plus juste des richesses...), qu'auriez-vous fait ? Il serait bien arrivé un jour où vous vous seriez écrié que cela suffit, que vous en avez marre, marre de partager avec tous ces pouilleux !

Et c'est exactement ce qui est arrivé. Un plan a été savamment établi (la «révolution conservatrice», appliquée tout d'abord par Margaret Thatcher et Ronald Reagan), la propagande a fait son oeuvre, tous les échelons de la Société ont été noyautés, l'armée américaine a été formidablement renforcée pour premièrement renverser l'Union soviétique et ensuite devenir le bras armé de l'ultralibéralisme.

Aujourd'hui nous nous trouvons dans cette situation parfaitement malade où une poignée d'individus possèdent, chacun, un patrimoine équivalent ou supérieur au PIB d'un pays comme le Danemark alors que des milliards d'habitants vivent avec 1 dollar par jour. Si on prend un exemple largement médiatisé, celui de Bill Gates, c'est un homme qui a certainement du talent, qui a certainement été un visionnaire, qui a certainement travaillé pour arriver à un résultat. Mais cela vaut-il 50-80 milliards de dollars ? Et cette fortune indécente, l'a-t-il construite tout seul ? N'avait-il pas une armée d'ingénieurs, de programmeurs, etc.. pour parvenir à ses fins ?

Et n'est-il pas encore plus scandaleux que des personnes puissent bâtir une fortune colossale en spéculant, y compris sur des biens de première nécessité, en démantelant des entreprises et donc des emplois, en ayant une activité de prédateur économique ?

Ne méritent-ils pas la prison, ceux qui ont créé ces instruments financiers toxiques qui ont failli mener le monde entier à la banqueroute lors de la crise des subprimes et dont les peuples payent aujourd'hui encore la facture en termes de chômage, de baisse du pouvoir d'achat, de perte de leur biens ou de leur maison ou de tout cela à la fois ?

C'est cela qui est assez terrifiant et à méditer:

  • Si vous donnez libre cours à l'appât du gain, à la corruption, à l'exploitation de l'homme par l'homme, en 30 ans, tous ces rouages plus ou moins consciemment au service de ces forces de l'argent, vont travailler ardemment afin de modifier de fond en comble la Société et vont créer un monstre tentaculaire et un totalitarisme qui ne dit pas son nom, caché qu'il est derrière un semblant de démocratie,
  • Si par contre vous cherchez à, par exemple, prendre des mesures efficaces de protection de l'environnement ou à lutter contre cette gangrène qu'est la corruption ou encore à lutter contre l'accaparement du vivant, sous forme de brevets sur les OGM par quelques groupes industriels, les mêmes petits soldats et ceux qui détiennent le pouvoir de l'argent vont gripper le système et il ne se passera rien. Rien de bon en tout cas.

Pendant que le soir nous allons au cinéma, dansons ou regardons la télévision, la machine ultralibérale continue de fonctionner à plein régime. Le soleil ne se couche jamais sur l'empire mondialisé. Les traders et/ou les ordinateurs continuent de boursicoter et de spéculer. Peut-être sur les aliments que nous devrons acheter demain, sur la dette de tel ou tel pays ou sur l'essence que nous devrons mettre dans notre voiture. Ce que je veux dire par là est qu'il suffit: 

  • de quelques personnes immensément riches qui orientent, par leurs investissements, les choix du plus grand nombre,
  • d'une armée de bons petits soldats au service de ces forces de l'argent, 
  • d'une masse de citoyens précarisés par le système diabolique mis en place et fatigués par la compétition quotidienne à laquelle ils sont confrontés malgré eux,
  • d'une masse au moins aussi importante de citoyens paupérisés, malades, éventuellement  (poly-)médicalisés

pour qu'une planète comme notre «bonne vieille Terre» ait tragiquement abdiqué le mot "Liberté" afin de se mettre au service très lucratif de quelques-uns.

19/07/2012

Notre version du «Meilleur des mondes» ? (1)

La crise, qui touche uniquement les petites gens et la classe moyenne est là depuis 2008 et ne semble pas vouloir refluer.

Il fut une parenthèse dans l'Histoire où nos Sociétés ont su établir un partage raisonnable des richesses, où le fort n'a pas systématiquement écrasé le faible. Hélas, ce ne fut qu'une parenthèse imposée par la guerre froide. Sitôt l'ennemi soviétique anéanti et copieusement humilié, le naturel qui veut que le fort domine outrageusement le faible, a repris le dessus, avec la même férocité qu'à l'époque féodale. Quelques seigneurs de l'économie globalisée sont devenus, en 2-3 décennies, plus riches et puissants que les seigneurs féodaux ou même que les Rois ou les Empereurs de nos livres d'histoire.

Pour asseoir leur suprématie absolue, ils ont imposé leurs règles, faites de compétition entre les individus, entre les entreprises, entre les nations ou groupes de nations. Le sentiment de solidarité a été tourné en ridicule au profit de l'individualisme triomphant. La propagande vantant la supériorité de ce somme toute vieux modèle, relooké avec les atours de la modernité, a tourné à plein régime et les institutions politiques et syndicales qui étaient un contre-pouvoir à la loi de la jungle, ont été ridiculisées et décrédibilisées. Les affidés de ce modèle économique, tous ceux qui voulaient profiter de ce vent nouveau de l'Histoire, ont infiltré tous les échelons de nos Sociétés: ils se trouvent dans nos Parlements et dans nos Gouvernements, ils forment la nuée de lobbyistes qui orientent les décisions de notre classe politique, ils détiennent les chaires d'économie, de médecine, etc..., de nos universités, ils utilisent les médias afin d'orienter l'opinion publique, ils sont cadres et consultants dans le secteur privé. Bref, ils profitent eux aussi du système.

Le plan a fonctionné à merveille. Comme dans un manuel.

C'est assez incroyable que nos Sociétés, après avoir vécu dans un passé récent les horreurs du communisme et du nazisme, aient sombré si facilement dans les horreurs de l'ultralibéralisme qui est un système tout aussi aliénant, mais légèrement plus subtil. Et pourtant...

Depuis 30 ans, chacun doit lutter individuellement pour sa survie, la propagande en faveur d'un but collectif supérieur a été remplacée par l'exaltation du «moi» et du «je» (diviser pour régner), les outils de propagande qui étaient avant le fait de gouvernements ont été réunis entre les mains d'une poignée d'affairistes privés (concentration des médias entre quelques mains), les universités produisent «à la pelle» des jeunes loups au cerveau uniformément formaté. Pour ceux qui tombent sur le bas-côté de la route, pour quelque raison que ce soit, le chômage, l'assurance invalidité et les camisoles chimiques ont remplacé le goulag. Une nouvelle version, réelle et non pas romanesque, du «Meilleur des mondes» ?

J'exagère ? En apparence, oui. Et d'ailleurs l'exagération est le propre de la polémique. Mais si l'on demandait à tous ceux, et ils sont nombreux, qui sont broyés par le système si j'exagère, je ne suis pas sûr qu'ils seraient de cet avis.

08/07/2012

Il vaut mieux demander à la base

Très intéressante interview de M. Jean-Marc Widmer, le nouveau président de la Fédération suisses des fonctionnaires de police (FSFP) dans la TDG du samedi 7 juillet.

Là où nos gouvernants ergotent sur le sexe des anges, se battent comme des chiffonniers pour savoir si l'insécurité grandissante ressentie par la population est un «sentiment» ou une réalité, où l'on entend tout et son contraire, du laxisme à la tolérance zéro sans que cela change quoi que ce soit à la réalité, cela fait un bien fou d'entendre des propos clairs, lucides, informés sur une situation chaque jour plus inacceptable.

C'est partout ainsi. Au fur et à mesure que l'on monte dans la hiérarchie, la réalité du travail de tous les jours devient d'abord floue, puis abstraite. Si l'on monte encore, un jour elle devient virtuelle. Puis un jour, on est tellement éloigné des réalités que l'on en devient peut-être même cynique.

Alors, pour celles et ceux qui n'ont peut-être pas lu cette interview, voilà un bref rappel:

  • Dépôt, par la FSFP, d'une demande de révision du Code pénal pour mieux protéger les policiers contre les violences qui leur sont faites (c'est un comble)
  • Appui aux procureurs qui souhaitent ardemment une révision du nouveau code de procédure pénale qui a fait de la Suisse un havre pour les délinquants
  • Demande d'augmentation du nombre de policiers à l'échelle nationale, afin de se mettre au niveau (ratio entre population et nombre de policiers) des pays qui nous entourent
  • Dénonciation des effets pervers des accords de Schengen qui ont transformé nos frontières en «passoires pour les trafiquants de drogue, d'armes et pour les délinquants en tous genres»
  • Dénonciation de l'attitude incompréhensible de nombreux cantons qui refusent de soutenir les policiers devant les tribunaux lorsqu'ils se retrouvent sur le banc des accusés (le comble du comble de la lâcheté ...)
  • Demande de création d'une véritable police fédérale et d'une meilleure collaboration entre les différents corps concernés par la sécurité dans notre pays
  • Demande de remise à niveau technique et technologique des différents corps de police.

On est loin des discours électoraux qu'on nous sert et ressert à longueur d'interviews. Dire que M. Blocher, tenant soi-disant de la tolérance zéro a refusé, alors qu'il était Ministre de la Police et de la Justice, la création d'une police fédérale, prouve combien un politicien peut surfer avec ses idées et faire finalement le contraire de ce qu'il prône. M. Blocher est un tenant de l'ultralibéralisme et la création d'une nouvelle entité dans l'administration fédérale, même aussi utile et pour tout dire indispensable qu'une police fédérale, lui était insupportable. Dogmatisme et Dieu «argent» obligent.

La moralité, est que lorsque l'on a besoin de savoir la réalité sur une chose quelconque alors que l'on est  face à une grosse machinerie bureaucratique et administrative, il faut demander à la base comment les choses fonctionnent et dysfonctionnent. Pendant que les «élites» sur leurs nuages d'irréalité continuent de disserter sur le sexe des anges.

07/07/2012

Il nous faut un Franz Weber contre le bruit

Par une (enfin) belle journée, j'ai décidé de commencer ma saison de marches en montagne (mieux vaut tard que jamais) en faisant une petite montée légère entre Grindelwald et Kleine Scheidegg. Soit mille mètres de dénivelé. J'adore cet endroit qui se trouve au pied de ces 3 géants des Alpes bernoises, l'Eiger, le Mönch et la Jungfrau (les 3 montagnes qui illustrent mon blog, j'en profite pour le préciser).

Las. Je n'avais jamais vu, ou plutôt entendu, cela. J'ai eu droit à une moto tout terrain qui empruntait un sentier pédestre, une dizaine de voitures qui remontaient bien trop haut sur les alpages à mon goût et un ballet littéralement incessant d'avions de tourisme et d'hélicoptères faisant survoler ces belles montagnes à des touristes. Et quand je dis «incessant», cela veut vraiment dire «incessant». Infernal en résumé. Et les set de table de la région qui clament «Experience nature at its best» paraissent surréalistes face à la triste réalité des choses.

Lorsque j'entends tous ces défenseurs de l'autorégulation, de l'autodiscipline, du refus de l'ingérence de l'Etat dans la vie privée des citoyens clamer qu'il faut refuser que l'Etat régule ceci ou cela sous prétexte que les gens sont suffisamment adultes et raisonnables pour décider ce qui est bon ou néfaste pour eux, eh bien je suis désolé, mais cela ne fonctionne jamais. Chaque fois qu'on laisse la responsabilité pleine et entière à l'appréciation de chacun, on finit avec la chienlit. Et ce n'est pas le combat d'arrière-garde de M. Marc Bonnant contre l'interdiction de fumer qui me fera changer d'avis: comment peut-on utiliser une telle intelligence pour des combats aussi peu honorables et peu dignes d'intérêt ?

La chienlit, c'est malheureusement ce qui est en train de se passer à Grindelwald, exactement comme cela se serait passé dans le Lavaux si M. Franz Weber n'avait pas lancé, par deux fois, une initiative pour le sauver. Un jour, malgré eux, les vignerons de ce coin du canton de Vaud ont été fort heureux de se voir inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Mais ils ont eu la mémoire bien courte et bien ingrate, puisqu'ils n'ont même pas cru bon d'inviter leur sauveur à la cérémonie.

La Suisse devrait ériger une statue en remerciements à ce Guillaume Tell des temps modernes, ce visionnaire infatigable, pour l'ensemble de ses combats. Un homme qui voit, là où les autres sont encore aveugles ou aveuglés par des intérêts personnels et égoïstes qu'ils estiment parfaitement légitimes. Pour autant que nos systèmes exécutif et législatif respectent la volonté populaire clairement exprimée lors de sa très récente initiative pour la limitation des résidences secondaires, on peut espérer mettre un frein relatif à l'emprise de l'homme sur notre patrimoine naturel. Au moins visuellement.

Malheureusement, force est de constater que d'autres pollutions se lancent à l'assaut de nos montagnes. J'en ai fait la cruelle expérience aujourd'hui. Il est urgent de légiférer pour mettre, là aussi, des limites à l'appétit insatiable de l'homme pour des plaisirs discutables, futiles, inutiles, déplacés, absurdes. Avons-nous vraiment, sauf pour gagner un argent facile, besoin d'organiser des norias d'hélicoptères transportant des touristes argentés, pressés et paresseux, à l'assaut des plus beaux sites naturels de notre pays ?

Si nous n'y prenons garde, le moteur à explosion va envahir nos derniers espaces de relative tranquillité et transformera nos montagnes en annexes de nos enfers urbains. Il n'y aura jamais d'autorégulation, pas plus dans ce domaine que dans les autres. Celui qui peut se payer quelque chose se le paye. Et si c'est cher comme un tour en hélicoptère, eh bien c'est encore mieux. Quelle meilleure façon d'afficher sa réussite et de véhiculer son morne ennui blasé que de faire des choses que la majorité ne peut pas se payer ?

Il nous faut un nouveau combat pour sauver nos montagnes en danger !

26/06/2012

En Angleterre, des millions d'enfants ne sont pas assez nourris (2)

Pour les uns, l'ultra-libéralisme est la solution à un Etat qui coûte cher et qui ne produit rien. Pour les autres, l'ultra-libéralisme est le fossoyeur de nos sociétés et la cause de la souffrance de ces enfants (voir mon billet d'hier: "En Angleterre, des millions d'enfants ne sont pas assez nourris (1)", au profit d'une petite caste de nantis.

Que l'on soit d'accord avec une assertion ou avec l'autre, ce que tout le monde peut constater est que nos sociétés ont profondément changé depuis la chute du Mur. La redistribution relativement équitable des richesses, vécue et acquise de haute lutte pendant les 30 glorieuses, a été remplacée par la compétition, la précarité, le chômage, les working poors et les revenus indécents d'une minuscule frange de la population.

Ce qui a marqué ces 2 dernières décennies est le transfert systématique des richesses, des pauvres et des classes moyennes, vers les plus riches. Tout le monde peut constater que les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Et l'Etat, nos Etats occidentaux, se sont systématiquement appauvris par la baisse systématique des recettes fiscales voulues par la droite. Il est facile ensuite de venir accuser l'Etat d'avoir des dettes.  Et je rappelle volontiers au passage, que c'est sous Ronald Reagan et «W» que l'Etat fédéral américain s'est le plus endetté, alors qu'à la fin du double mandat de Bill Clinton, on entrevoyait la possibilité, dans les 10 années à venir, que l'Etat fédéral ait remboursé TOUTES ses dettes.

La politique ultra-libérale qui a saccagé l'état social et qui a paupérisé de larges franges de nos sociétés a eu le double effet d'augmenter le nombre de récipiendaires des aides de l'Etat et de diminuer les recettes de celui-ci. Situation qui a évidemment poussé la droite à réclamer de nouvelles diminutions des tâches de l'Etat, dans un cercle vicieux absolument voulu et parfaitement orchestré. Cette diminution des tâches de l'Etat a laissé le champ libre aux entreprises privées qui ont pu prendre leurs aises dans tous les domaines («quand le chat est parti, les souris dansent»). Aujourd'hui, nous souffrons tous de l'abaissement des normes de protection de l'environnement ou des travailleurs ou des consommateurs. Ou du viol de ces normes. Ou du copinage entre ce qui reste de l'Etat et les entrepreneurs privés. La démission très récente de M. Marcos Buser de la Commission fédérale de la sécurité nucléaire (CSN) en est une énième illustration.

Nos pays sont confrontés à la compétition avec des pays où la main d'œuvre ne coûte rien, ne jouit d'aucune protection sociale, ne sait pas ce que sont les vacances et les samedis. Où l'aîné mâle est l'assurance vie de ses parents (c'est pourquoi tant de fœtus femelles sont avortés ou tués en Inde et en Chine). Où le travail n'est réglementé d'aucune façon, où la protection de l'environnement est une idée qui n'a encore fait son chemin nulle part.

La compétition voulue et organisée par les brillants penseurs de l'ultra-libéralisme est en train de miner les fondements mêmes de nos pays. Cette compétition, totalement absurde dans les faits mais diabolique dans son essence, est en train de faire revenir nos Sociétés en arrière, en démantelant pièce par pièce les avancées sociales de l'époque de la guerre froide. Nous allons à marche forcée vers une sorte de société féodale mâtinée des conditions sociales des débuts de la révolution industrielle.

Cette involution fait peur et la sidération des populations de nos pays montre non pas une grande sagesse, mais la profondeur de l'effroi et de l'incompréhension qui nous saisissent toutes et tous. Nous voyons que nous allons dans le mur, nous voyons que nos gouvernements sont, au mieux, impuissants, au pire, corrompus jusqu'à la moelle. Il n'y a plus de recours envers une Autorité ou une puissance quelconque. Plus d'alternative. Plus de solution de rechange. Le processus a été si loin, il est si définitivement engagé, qu'il n'y a plus de retour en arrière possible.

Ceux qui profitent largement ou plus modestement de ce système, en mangeant les miettes qui tombent de la table des puissants, ont l'illusion que tout va bien. Que le système est parfaitement cohérent et légitime.

J'aimerais tant n'être qu'un radoteur atteint de sénilité précoce.

 

25/06/2012

En Angleterre, des millions d'enfants ne sont pas assez nourris (1)

C'est la terrible nouvelle parue dans la presse la semaine passée. Et cela se passe aujourd'hui, en Europe !

C'est bien évidemment le fruit de plus de 20 années de dérégulation, d'ultra-libéralisme, de mondialisation. Plus de 20 années de guerre ouverte, mais déguisée sous les oripeaux de la démocratie, des riches contre les pauvres. Plus de 20 années de manipulation des peuples. Plus de 20 années de coups d'Etat permanents qui ont vu les lobbies des grands groupes multinationaux faire le siège de nos Parlements et de nos Exécutifs afin de faire systématiquement triompher leurs thèses contre les intérêts du plus grand nombre. Nous ne sommes plus, ni en tant que travailleur, ni en tant que consommateur, ni en tant que contribuable, ni en tant que patient, protégés par nos gouvernements contre les menées de cette clique de profiteurs. Le mot «éthique» est, pour cette oligarchie, une insulte ou une occasion de franche rigolade.

Pour tout spectateur quelque peu attentif et non aveuglé par ses a priori idéologiques, c'est une situation que l'on voyait se préparer depuis l'arrivée au pouvoir du terrible tandem Reagan / Thatcher.

Leur vision et surtout celle de ceux qui les ont aidés à se hisser au pouvoir, a triomphé partout. Les gouvernements ont perdu tout pouvoir. Nous, simples citoyens, sommes livrés sans merci et sans protection aux appétits indécents de quelques entrepreneurs et actionnaires. Leur avidité obsessionnelle, donc maladive, a perverti la marche du Monde. Leur stratagème suprême qui a mis tous les peuples de la Terre en compétition est en train de détruire ce qui faisait l'essence même des peuples de cette planète. Mais aussi l'environnement. Croire que le fait d'avoir exporté notre pollution industrielle en Chine nous protège de cette pollution est une ridicule illusion: ce pays n'a aucune régulation dans le domaine de la protection de l'environnement et la pollution générée par ces fabriques «sauvages» nous revient en pleine figure. D'où une atteinte insidieuse mais sérieuse à la santé de chacun d'entre nous.

Et comment pouvons-nous être collectivement «sidérés» au point de rester silencieux face à cette misère monstrueuse qui monte aux 4 coins de l'Occident. Cette misère abjecte que l'on croyait réservée aux livres d'histoire. Et pendant ce temps, face à l'urgence sociale, les fossoyeurs de nos pays continuent de se lamenter sur le sort de leurs biens en terrorisant nos gouvernements pour les obliger à intervenir une fois de plus pour sauver les Banques. Leurs jouets spéculatifs et insensés.

Nous réveillerons-nous avant qu'il soit trop tard ?

06/06/2012

Une vitamine miracle se cache dans le lait

C'est le titre surprenant et très «marketing» d'un article paru ce jour dans la TDG. Celui-ci relate que des chercheurs de l'EPFL ont isolé une molécule qui permet de «lutter contre l'obésité, le diabète, voire les effets du vieillissement».

Je ne doute pas du sérieux de l'EPFL en général, mais là, je dois dire que ces conclusions sont difficiles à avaler. Pourquoi ?

Parce que cette conclusion est donnée sans avertissement aucun. Je ne connais pas cette molécule et n'en ai jamais entendu parler jusqu'à ce jour. Mais même si elle avait toutes les propriétés décrites, encourager ainsi la population à se gaver de lait (c'est le message implicite) pour profiter de cette molécule est éthiquement plus que discutable:

  • Tout le monde sait que les vaches sont trop souvent nourries avec des aliments qui ne leur conviennent pas (régime hyper-protéiné) pour augmenter artificiellement leur production de lait (production multipliée par 10 en 50 ans). On leur a même donné des farines animales dans ce but, ce qui a débouché sur la maladie de la vache folle,
  • Tout le monde a également entendu que certains éleveurs, parfois au mépris de la Loi, donnent des hormones de croissance et des antibiotiques à leurs animaux pour accélérer la fabrication de viande. Tout cela fait que les vaches sont en général en moins bonne santé qu'il y a 50 ans (et nous avec),
  • Le lait industriel est systématiquement pasteurisé ou upérisé, ce qui a pour effet de détruire une bonne partie des vitamines et des enzymes essentiels pour faciliter son assimilation,
  • Aucune autre espèce vivante, que l'homme, ne consomme le lait d'une autre espèce. Or, le lait de vache, conçu pour permettre à un veau de prendre 500 kg en 6 mois est bourré des protéines et des hormones de croissance nécessaires à cette espèce. Le petit d'homme, lui, a besoin de faire parvenir son système immunitaire et son cerveau à un certain degré de maturité pendant les 5-6 premières années de la vie. Quant au poids, on ne parle que de quelques kilos. Rien à voir avec le veau. Ce sont justement ces hormones de croissance qui sont accusées par beaucoup d'être impliquées dans la multiplication des cancers du sein et de la prostate,
  • La lactase, l'enzyme qui permet à l'être humain de digérer le lait, y compris maternel, se tarit vers 5-6 ans. Au-delà, nous ne sommes plus équipés pour digérer les produits laitiers. C'est une cause de nombreuses maladies auto-immunes (dont le diabète de type 1) selon certains chercheurs,
  • C'est dans nos pays où nous consommons le plus de lait, pour son calcium, que nous voyons le plus de cas d'ostéoporose (ceci malgré l'affirmation faite dans le même article par Mme Laurence Margot, diététicienne : «La consommation de produits laitiers participe à la prévention de l'ostéoporose. [..] La couverture des besoins en calcium est difficile sans de tels produits»).

La liste des problèmes liés à la surconsommation de produits laitiers dans nos pays est longue et devrait faire réfléchir chacun d'entre nous quant à la justesse ou non de consommer des produits laitiers. Mettre en avant les bienfaits d'une molécule, même de grande valeur nutritive, alors qu'elle est noyée au milieu d'autres éléments soupçonnés d'être plus ou moins hautement problématiques me semble un procédé manquant de la prudence à laquelle un scientifique devrait s'astreindre en tout temps.

Et la deuxième interrogation éthique, est que le chercheur ayant fait cette annonce, M. Johan Auwerx, est Professeur à la Chaire Nestlé en métabolisme énergétique de l'EPFL. Je me refuse pourtant à croire une seconde que ceci puisse avoir un lien quelconque avec cela.

01/06/2012

La Suisse paye sa vertu très cher

Notre pays a été un des premiers à avoir raison en se dotant de freins à l'endettement. Aujourd'hui, alors que les pays qui nous entourent ne savent comment faire pour sortir de l'impasse, la Suisse est un minuscule îlot de résistance à la crise, au milieu de l'Europe.

Avant la monnaie unique, lorsque la crise frappait un pays européen, eh bien nous savions que l'impact resterait limité, et quand la crise frappait un pays comme la Grèce et sa monnaie, nous savions que cela n'aurait à peu près aucun impact sur nous.

Aujourd'hui, comme hier, le franc suisse est une valeur refuge. La différence, outre la gravité sans précédent de la crise, est qu'elle frappe un bloc. Ce n'est plus le franc français ou la lire italienne, c'est l'euro. Monnaie unique d'un continent disparate tant du point de vue politique qu'économique. Et comme les Etats-Unis et le dollar sont à peu près aussi malades, le risque pour la vertueuse Suisse est grand.

La BNS a dû prendre des décisions courageuses pour soutenir la prospérité de notre pays. Avait-elle le choix, franchement je n'en sais rien. Pas plus que les observateurs les plus avisés. Mais lorsque l'on voit le bilan de la BNS gonfler comme la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf, avec des monnaies plus ou moins «pourries» en plus (44% du bilan en euros), on prend quelque peu peur. Cet engagement est potentiellement hyper dangereux car il fait courir à notre pays un risque systémique aussi énorme que la presque faillite de l'UBS en 2009. Ne rien faire aurait été tout aussi suicidaire. Nous naviguons sur une mer démontée, devant nous garder de Charybde comme de Scylla.

Nous ne sommes ni dans l'UE, ni n'avons adopté sa monnaie unique, mais les soubresauts de la mondialisation ratée (ratée pour les peuples, mais pas pour les actionnaires) et les difficultés quasi inextricables de la zone euro impactent notre pays et hypothèquent notre avenir.

La Confédération et la BNS ont, à l'époque de l'UBS, concocté le plan le plus intelligent et le plus astucieux de sauvetage d'une banque jamais imaginé. Mais si la BNS devait perdre des sommes colossales sur devises, qui viendra à son/notre secours ?

18/05/2012

Une étape symbolique

Le centième billet de ce blog créé fin août 2010 est fêté avec ces quelques mots.

Lorsque j'ai commencé je ne savais vraiment pas où j'allais, sinon que je m'étais vu refuser coup sur coup 2 lettres dans le courrier des lecteurs de la TDG, au prétexte qu'elles étaient trop longues. Je me suis dit, alors, que c'était l'occasion de les publier autrement. Ce furent les 2 premiers billets de ce blog.

Depuis, l'occasion m'a été donnée d'écrire sur des thèmes très variés, me semble-t-il, avec également un retour régulier sur d'autres qui me sont chers ou qui provoquent régulièrement mon indignation. C'est selon.

Au total une bonne expérience personnelle, l'occasion d'écrire régulièrement, de mettre de l'ordre dans mes idées. C'est cela la "magie" de l'écriture. Ce moment de solitude où l'on est intimement en contact avec soi-même, avant de livrer, éventuellement, ses réflexions sur la place publique.

Je n'ai toujours pas de plan, à part que je continuerai d'écrire tant que j'y trouverai du plaisir, que je n'aurai pas l'impression de trop me répéter. Mais dans la vie il est important également de savoir s'arrêter à temps afin de pouvoir passer à autre chose. J'espère que je saurai trouver ce juste moment.

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