07/01/2015

Charlie Hebdo: Cette folie barbare ne pousse pas hors sol

La menace avait été proférée il y a plusieurs années. Elle a été mise à exécution ce jour avec l'odieux attentat perpétré contre le journal Charlie Hebdo. 

De plus en plus de personnes en Europe s'inquiètent de ce qui est appelé «l'islamisation de l'Europe». Et systématiquement, les bonnes âmes se liguent pour dénoncer la xénophobie et les amalgames. Et pourtant ! Cette folie barbare ne pousse pas hors sol. Il lui faut un terreau, un humus. Son terreau, ce sont les écrits religieux considérés comme «sacrés» et pris au pied de la lettre. Son humus, ce sont les désordres sociaux et politiques au Proche et au Moyen-Orient et le déficit d’intégration dans les banlieues. Dont profitent une nuée d'opportunistes, de cyniques, de déséquilibrés, d'humiliés, de ratés, de laissés-pour-compte qui trouvent là une échappatoire à leur misère sociale, intellectuelle, morale et même sexuelle. Et entraînent une multitude d'âmes faibles, en mal de cause pouvant apaiser leur détresse et remplir leur vide intérieur. 

Ainsi, se renforce dans le monde une situation de plus en plus dangereuse où ces fous de Dieu, par l'intimidation, la menace, l'argent du pétrole, avancent leurs pions partout où il leur est possible de le faire. Ils s’attaquent avec systématique aux rares libertés dans les pays musulmans, suppriment les aspirations des femmes à mener une vie dans la dignité, lavent les cerveaux de jeunes à la dérive, intimident des gouvernements ou leur font croire qu'il leur est possible d'acheter la paix sociale en leur laissant la liberté de tisser leur toile. Partout où cela s'est déroulé, que ce soit en Algérie ou en Egypte par exemple, cela a fini dans le chaos. Et ce chaos social, politique, religieux déborde sur l'Europe par l'entremise de ces millions d'immigrés musulmans inondant nos pays depuis quelques décennies. Et combien de fous de Dieu pourchassés par leurs propres gouvernements qui connaissent leurs capacités de nuisance, en ont profité et continuent d’en profiter, pour venir ici pour mieux pouvoir poursuivre leur œuvre de reconquête des âmes et de mort à leurs ennemis. 

Aujourd'hui, le monde musulman, à l'exception, mais pour combien de temps encore, de la Malaisie et de l'Indonésie, est à feu et à sang. Et le monde devenant de plus en plus petit, cette folie est non seulement à nos portes mais elle est ici. Il y a encore 40-50 ans, un conflit qui se déroulait au Moyen-Orient était ressenti comme un événement éloigné. Aujourd'hui, ces mêmes conflits sont à quelques heures de vol. Des combattants vont et viennent entre nos pays et ces théâtres de guerre que sont la Syrie et l'Irak. Des cellules terroristes se développent au cœur de nos pays en profitant, là aussi, d'un terreau favorable pour se cacher dans des banlieues au fonctionnement et aux règles de plus en plus opaques. C'est la hantise de nos services de sécurité. Mais le discours politique de nos gouvernements reste ambigu. Nous n'osons pas dénoncer ceux qui sont devenus nos ennemis car la peur et l’autocensure se sont déjà infiltrées jusqu’au cœur de nos Sociétés. 

Cette barbarie ne pousse pas hors sol. Et elle nous concerne toutes et tous. Que nous soyons chrétiens, musulmans modérés ou athées.

24/11/2014

Suisse: Populisme de gauche et de droite, un danger mortel

Cela fait quelques années que nous parlons de la polarisation toujours plus grande de la vie politique dans notre pays. Cela a, certes, donné une vie politique un peu plus intéressante mais cela a aussi des effets pervers dont nous souffrons tous. Et cela se traduit dans le nombre de plus en plus grand d’initiatives populaires et populistes de gauche et de droite soumises au peuple.

Parmi ce que l’on appelle le populisme de droite, il y a bien sûr le thème récurrent de l’immigration auquel on peut ajouter celui de la sécurité. Et les réponses des partis du centre sont malheureusement si frileuses qu’elles ont plutôt tendance à faire le lit des extrémistes. Et puis il y a celui sur l’or de la BNS. Honnêtement, je suis incapable de me prononcer sur le fond. Par contre, je trouve que cela «sent» tellement la propagande de l’UDC et sa volonté d’utiliser tous les moyens possibles et imaginables pour se mettre en avant dans le débat politique et se profiler pour les prochaines élections que je trouve cela malsain et dangereux. 

Parmi le populisme de gauche, et au plan fédéral, il y a toutes ces initiatives pour moraliser la vie politique et surtout économique de notre pays. L’abolition des forfaits fiscaux est une bonne chose en théorie, mais elle ne tient aucun compte des réalités du monde dans lequel nous vivons. Je suis le premier et je pense l’avoir suffisamment écrit dans ce blog, à m’insurger contre le retour des égoïsmes et contre la complicité de nos gouvernements dans l’accaparement des richesses par un petit groupe de nantis. Mais je trouve que cette poignée de politiciens qui veulent faire de la Suisse un îlot de pureté au milieu de la mare aux requins ne font rien d’autre que de se profiler face à l’UDC et tenter de s’attirer des voix et des sympathies. Comme dans nombre de problèmes, la solution ne pourra pourtant provenir que d’un consensus négocié par tous les pays concernés. Au plan cantonal, nous avons eu cette initiative de l’AVIVO qui croit encore au Père Noël et qui a pour seul effet de remettre en question l’équilibre et le catalogue des prestations des TPG. 

Ne nous laissons pas manipuler par les egos des uns et des autres. La Suisse est un minuscule territoire qui ne peut être gouverné qu’au centre. Or, ce centre qui a perdu le courage d’inventer le futur et se contente de gérer frileusement le futur en utilisant les recettes du passé, offre le champ libre aux populistes de gauche et de droite qui osent des propositions hardies, même si elles sont irréalistes. J’espère que le peuple suisse saura garder sa sagesse et ne se laissera pas aspirer par les extrêmes qui représenteraient un danger mortel pour notre pays.

20/09/2014

Caisse unique: Il aura suffi de…

Plus les jours passent, plus l’on se rapproche du jour de la votation et plus le camp du «non» se renforce. Qui l’eût cru il y a quelques mois encore, après une énième augmentation de nos primes?

La Lamal, qui a été voulue par une femme de gauche est devenue une des meilleures vaches à lait de la droite. Pour s’en convaincre, il n’est que de voir avec quelle sollicitude elle se penche sur son berceau. Dans cette campagne, la droite qui partait avec un réel handicap, a su habilement transposer à la réalité suisse les arguments de la droite rétrograde américaine contre l’ObamaCare. Il aura suffi de remplacer l’épouvantail du socialisme par le modèle, en échec grave, de la sécurité sociale à la française pour faire se retourner tous les hésitants et les mous du bide et donc réussir ce tour de passe-passe. Et pourtant, le projet de caisse unique n’a rien à voir avec la sécu française. Elle a beaucoup plus à voir avec la gestion centralisée de notre assurance accident par la Suva. Modèle qui fonctionne à la satisfaction de tous et dans la transparence. Exactement ce qui manque à la gestion ubuesque de l’assurance maladie de base par plus de 60 caisses se répartissant un si minuscule territoire. 

Je croyais le peuple suisse plus intelligent que les red necks des grandes plaines américaines ou les Born-again Christians de la Bible Belt. Las. Mais la droite est habile au jeu de la propagande, elle qui a toujours su déguiser la défense de ses intérêts très particuliers et très égoïstes, derrière celle de la Démocratie et de la Liberté.

Pourtant, qu’ils arrivent fraîchement au pouvoir ou qu’ils l’exercent de longue date, les représentants de ces forces, violent la Démocratie et forniquent avec la Liberté. 

Il aura suffi de …

14/07/2014

Israël: pourquoi ce pays est-il systématiquement accusé?

Chaque fois qu’Israël se fait attaquer par les activistes fanatiques du Hamas, on entend à longueur de médias occidentaux, des reportages sur les malheurs de la population palestinienne. Jamais un mot sur les malheureux Israéliens qui vivent entourés d’une marée de nations et de peuples qui, dans une proportion non négligeable, ne verraient pas d’un mauvais œil son éradication pure, simple et définitive. Israël est systématiquement appelé à modérer sa réponse militaire face à ces agressions répétées alors que ceux qui appellent ouvertement à sa destruction peuvent continuer de le faire en toute liberté. 

Puisque nos braves pays démocratiques, jamais en retard pour proférer des âneries, prônent la modération et la proportionnalité de la réponse militaire, j’aimerais savoir combien de temps, si nous étions la cible régulière d’imbéciles cherchant la confrontation et le chaos, nous resterions modérés dans notre réponse? Que je sache, en France par exemple, lorsque les jeunes des banlieues lancent des pierres sur la police, on envoie les CRS. Et ceux-ci ne sont pas particulièrement réputés pour leur délicatesse. Mais Israël, non! Israël est condamné à la proportionnalité de la réponse.

Un matin de la semaine passée, sur la RTS, un correspondant a parfaitement décrit ce qui est en train de se passer. Ceux qui dans la bande de Gaza, cherchent la confrontation, le font pour des raisons purement financières. Depuis que l’Egypte a été reprise en main et les Frères musulmans pourchassés par le nouveau régime, le Hamas a perdu son soutien financier. Pour essayer de sortir de cette asphyxie, les activistes ont à nouveau pris leurs concitoyens en otage en lançant des roquettes sur Israël, en sachant pertinemment et cyniquement quelle serait la réponse. Par cela, ils espéraient émouvoir la communauté internationale, comme d’habitude, mais surtout ouvrir les poches de certains régimes du Golfe toujours prêts à soutenir les causes les plus abjectes. 

C’est cela que nos Nations poltronnes et aveugles devraient dénoncer et pas le manque de proportionnalité de la réponse israélienne.

 

Ps: sinon je suis parfaitement d'accord avec l'analyse de JN Cuénod du 13-7-2014: "En Israël, à Gaza et partout… De la guerre comme système de vie

02/07/2014

Genève devrait «suissiser» sa politique

Il m’arrive parfois de me demander si un des maux qui frappent Genève ne serait pas sa trop grande proximité avec la France. Nous en partageons en tous les cas certaines des tares:

  • Egos des politiciens surdimensionnés
  • Culture de la confrontation politique qui reste pourtant parfaitement stérile
  • Très lente et encore insuffisante prise de conscience des rouages de la politique fédérale indispensable à une bonne gestion des affaires cantonales car on se croit «seul au monde»
  • Arrogance «culturelle» vis-à-vis du reste de la Suisse et notamment de sa partie germanophone
  • Difficulté à se remettre en question afin de faire bouger la société
  • Défense des acquis à tout prix, y compris la paralysie
  • Dette bientôt hors de contrôle 

Comme je m’en suis déjà maintes fois ouvert dans ce blog, je reste catastrophé par l’immobilisme de la ville et du canton. Mois après mois, année après année, on attend que les grands dossiers urgents se débloquent et ce n’est que la déception qui est la plupart du temps au rendez-vous. Certes, le chantier du CEVA a démarré et l’hôpital cantonal se développe à grande vitesse. Mais c’est à peu près tout ce dont nous pouvons peut-être nous enorgueillir. Pour tous les autres chantiers, pourtant urgents, et dont tous les Genevois ont au minimum entendu parler, l’encéphalogramme est plat. La dette continue d’augmenter alors même que les grands chantiers ne sont pas mis en route ce qui est plus qu’inquiétant car on se demande vraiment où file cet argent utilisé à des fins stériles. Nos politiciens continuent de se chamailler et finalement de se neutraliser pour notre plus grand malheur.

J’ai rêvé dans un blog (voir: "Elections genevoises: à quand des politiciens hors sol") de la possibilité d’importer des politiciens d’autres régions de Suisse, voire de l’étranger. Ce rêve reste toujours aussi vivace car nous aurions besoin d’apprendre ou de réapprendre ce qui fait la force de la Suisse, de sa politique et de ses institutions. Et de grâce, cessons de trop regarder à l’ouest, un pays qui a certes longtemps été un phare culturel mais qui est depuis des décennies un pays de plus en plus sclérosé.

31/05/2014

Élections européennes: la France appartient-elle au Nord ou au Sud?

Il suffit de partir quelques jours en vacances pour retrouver, au retour, le chaos dans nos médias préférés. Partout il n’est question que de tremblement de terre, de séisme ou autre éruption volcanique pour qualifier les résultats des partis qualifiés de populistes ou d’extrême droite aux élections européennes du 25 mai.

La première chose qui m’étonne est que le résultat ne soit pas encore plus marqué. Lorsque vous avez 27 millions de chômeurs sur un continent où l’immense majorité de la population a été bien éduquée, que dans certains pays, entre 25 et 50 % de la jeunesse est au chômage, je m’étonne de la résilience des citoyens européens.

La deuxième chose, relevée par tous les observateurs, est que c’est là où cela va le plus mal que la droite extrême a fait ses plus mauvais scores. Est-ce le souvenir sans doute encore très présent des sinistres dictatures d’extrême droite au Portugal, en Espagne et en Grèce qui a retenu les électeurs de jamais revoter pour ces monstres? 

Comme en Suisse le 9 février, on voit clairement un fossé entre villes et campagnes. Paris a résisté à la vague Bleu Marine tout comme Londres a résisté à l’attraction du parti anti-européen UKIP. Les villes résistent encore car c’est là que se concentrent celles et ceux qui parviennent à tirer leur épingle du jeu de la mondialisation. Combien de temps serviront-elles encore de garde-fous contre la montée de la colère et de la frustration de toutes celles et de tous ceux qui sont laissés sur le carreau?

Face à la globalisation de l’économie, face au transfert des 27 millions d’emplois de l’Europe vers la Chine, face à l’immigration depuis longtemps hors de contrôle, nos «élites» n’ont aucune réponse convaincante. Ils continuent de refuser de regarder la dure réalité qui frappe nombre de leurs concitoyens. Ils continuent de prétendre que la mondialisation est une bonne chose alors que tout le monde peut se rendre compte de ses effets pervers.

Si elle avait été faite par une politique des cercles, permettant d’abord une remise à niveau des économies des pays du sud et de l’est de l’Europe, avant de s’attaquer à un cercle plus excentré et ainsi de suite, la mondialisation aurait pu réussir et elle aurait entraîné l’adhésion des peuples. En sautant la case européenne, proche et plus lointaine, pour aller directement à la case Chine, les architectes de la mondialisation ont clairement signifié leur mépris des peuples européens et étatsuniens et leur volonté forcenée d’un enrichissement facile, rapide et sans limites.

Nous reprochons souvent à nos «élites» d’échouer dans leur politique. Eh bien c’est faux! Ils n’échouent pas du tout. Ils réussissent au contraire à merveille. Si nous regardons le programme politique et économique des tenants de la révolution conservatrice dans les années 80 (voir entre autres les notes «Le néo-libéralisme nous mène à une impasse totale (1)» et «La fin de la classe moyenne»), nous nous apercevons qu’ils ont parfaitement suivi leur carnet de route. Ce n’est pas un échec. C’est un succès total. Enfin presque total. Il reste bien encore quelques vestiges de l’état social à détruire. Et ils ne s’arrêteront pas avant d’avoir saccagé ce qui reste de solidarité dans nos Sociétés. C’est cela que les peuples européens devraient comprendre et intégrer. Tout ce que nous vivons depuis la chute du Mur est voulu et délibéré. Ce n’est pas un échec de politiques plus ou moins malheureuses. C’est le très exact résultat de toutes les politiques voulues et savamment mises en œuvre par nos élites politiques et économiques.

Cela dit et à la décharge des tenants de cette politique, il faut bien avouer que les syndicats avaient abusé de leur pouvoir de rétorsion et de blocage de la société et des entreprises pendant les 30 glorieuses. Pendant mes vacances, je discutais avec un chef d’entreprise wallon. Il me faisait part de son désarroi par rapport à l’avenir de son pays. Il faisait une claire distinction entre la partie flamande, travailleuse, sans doute inspirée par le pragmatisme allemand et en bonne santé économique et la partie francophone trop calquée sur le «modèle français», arc-boutée sur ses acquis et incapable de redynamiser une économie sclérosée.

Face à une mondialisation irréversible, les pays qui s’en sortent (Allemagne, Suède, Norvège, Suisse, Autriche…) sont ceux qui se battent sur les marchés mondiaux et qui font face courageusement à leurs compétiteurs. Ceux qui coulent sont ceux qui cherchent pathétiquement à préserver leurs acquis. La France, elle, semble avoir un pied dans le camp des pays du Nord car elle se permet de flirter avec l’extrême droite et un autre, nettement plus important, dans celui des pays du Sud par son refus du changement. On se demande encore de quel côté elle va basculer.

05/05/2014

Etats-Unis vs CS: un repaire d'hypocrites

Les derniers développements concernant le Crédit suisse aux Etats-Unis démontrent à l’envi que la guerre économique contre la place financière suisse continue. Ce pays que j’ai longtemps aimé et admiré devient parfaitement grotesque à certains moments de son histoire lorsqu’il est instrumentalisé par quelques personnes en mal de notoriété ou par des intérêts particuliers (finance, pétrole, ogm...). 

Ce pays qui s’est tout de même construit en pratiquant deux des plus grands crimes contre l’humanité de toute l’histoire, à savoir la quasi extermination des peuples autochtones et la traite des noirs pour l’esclavage, a attaqué la Suisse dans l’affaire des fonds juifs en déshérence, car ce minuscule pays au cœur de l’Europe, entouré à 100% par les pays de l’axe, avait dû collaborer jusqu’à un certain degré avec ceux-ci.

Au 20ème siècle, il y a eu au nom de la Realpolitik et de la défense du monde dit «libre» une liste sans fin d’exactions, de soutiens à des régimes iniques, de guerres sales, le largage de deux bombes atomiques. Tout le monde sait cela.

Le 21ème siècle n’a pas mieux commencé avec l’attaque sous des prétextes parfaitement fallacieux de l’Irak qui a conduit à totalement déstabiliser ce pays et a entraîné une souffrance sans nom des populations civiles. Et cette guerre qui visait soi-disant à apporter la démocratie dans les pays musulmans a probablement contribué à faire exploser le fondamentalisme qui les ravage depuis lors. Et parfois leurs voisins. A l’image du chirurgien qui, en opérant une tumeur, va favoriser la propagation des métastases dans tout l’organisme.

Quant aux reproches adressés aux banques suisses contre l’évasion fiscale, oui, bien sûr que ces banques ont été actives dans ce domaine. Mais, exactement comme avec l’affaire des fonds en déshérence, il faut se replacer dans le contexte de l’époque qui fermait volontiers les yeux sur ce genre de pratiques. Deuxièmement, les Etats-Unis et les myriades d’avocats qui s’y activent, ont inventé des milliers de façon d’échapper au fisc. Et les banques suisses ne sont qu’un maillon de cette vaste industrie. De plus, ils abritent sur leur sol un paradis fiscal, le Delaware. Enfin, les monstrueux cadeaux fiscaux faits aux ultras riches par l’administration Bush ont coûté bien plus au fisc étatsunien que toutes les banques suisses réunies.

Vraiment, je déteste ce pays lorsqu’il se met à faire la morale alors qu’il ne fait que tordre le bras au reste du monde sous prétexte qu’il est, pour combien de temps encore, le plus fort. Quand donc ce pays cessera de n’être qu’un repaire d’hypocrites prêts à tout, y compris la force la plus brutale, pour défendre ses intérêts alors qu'il a BEAUCOUP à se faire pardonner?

 

05/04/2014

Curabilis: seulement 48 années pour se préparer

Article quelque peu surréaliste dans la TDG de ce jour qui annonce que cette structure est «inaugurée mais qu’elle n’ouvre pas encore». Ce décalage est dû au fait que, vu le peu de temps accordé par les 48 années de préparation (depuis la décision de principe de sa construction), il manque encore une partie du personnel nécessaire à son fonctionnement, à savoir le responsable de la psychiatrie, des infirmiers et près de la moitié des gardiens (ou devrait-on dire GO au vu de certains propos du directeur?).

Cette structure voulue par les cantons latins qui doit remplacer entre autres la tristement célèbre Pâquerette, a par contre un directeur en la personne de M. Florian Hübner. Au vu de toutes les dérives tragiques (Adeline à Genève, Marie dans le canton de Vaud, etc..) et/ou scandaleuses (affaire Carlos à Zürich, etc.. là aussi, malheureusement) que l’on connaît dans le domaine de la réhabilitation/réinsertion de criminels dangereux en Suisse on aurait pu espérer que le recrutement du directeur serait particulièrement soigné. Je ne connais pas ce Monsieur, mais quelques propos tenus lors de l’inauguration me font craindre le pire. A savoir qu’il soit l’un de ces doux rêveurs utopistes qui peuplent si volontiers ces métiers.

Parlant de l’aménagement des cellules et présentant les vitres blindées percées de petits trous pour l’aération il a dit que cela «symbolisait la voie lactée». Sic ! Plus loin, présentant l’unité de sociothérapie il a osé dans un premier temps: «Ici, les détenus feront eux-mêmes à manger. Ils participeront à des ateliers boulangerie, céramique, menuiserie. Ils pourront se confronter à leurs pairs. Un peu comme en colonies de vacances» (re sic !), avant de se rétracter.

Genève a donc construit un magnifique ensemble de bâtiments qui ne sont pas encore opérationnels et qui même lorsqu’ils le seront ne soulageront Champ-Dollon qu’à la marge. Tout reste donc à faire. Espérons au moins que les 48 années de préparation ayant mené à l’inauguration de cette structure auront permis une véritable réflexion autour des méthodes thérapeutiques mais je dois dire que je crains déjà le pire. Puissé-je être rapidement détrompé.

10/03/2014

Le viol: une arme de guerre ?

Encore et encore, conflit après conflit, que ce soit au temps des guerres dans l’ex-Yougoslavie ou du nettoyage ethnique au Rwanda ou dans des guerres contemporaines en Somalie et en Syrie (la liste est tristement non exhaustive) on entend revenir ce constat de la part de représentants des Nations-Unies et des médias: «Le viol est utilisé comme arme de guerre».

Certes, ce phénomène a accompagné toutes les guerres depuis que le monde est monde, mais depuis 2 décennies il prend des proportions extraordinaires. Cela étant dit, peut-on néanmoins parler d’arme de guerre ?

Je dois dire que ce soi-disant constat m’insupporte. Il fait partie, à mon sens, de cette paresse intellectuelle du monde moderne où Il règne un conformisme souvent navrant. Une fois qu’une idée a été émise par qui que ce soit qui fait tant soit peu autorité, c’est repris à la vitesse des réseaux informatiques par l’ensemble des médias du monde entier et cela devient une vérité.

Je trouve qu’il est insupportable et inadmissible de prêter ne serait-ce qu’une once de pensée politique à ce qui n’est qu’une succession d’actes plus barbares les uns que les autres. Les hommes qui participent à ces ignominies sont des monstres, malades et frustrés qui utilisent la guerre pour assouvir leurs instincts les plus abjects.

Mettre un «nom» sur cette abjection revient inconsciemment à en atténuer la portée et les conséquences. C’est un peu toute proportion gardée, comme en médecine lorsque l’on met un nom savant sur une maladie à laquelle on ne comprend rien. Ensuite, lorsque le médecin nous annonce son diagnostic, on est rassuré, car, puisqu’il a mis un nom sur notre mal, on pense qu’il est capable de le guérir ce qui est loin d’être toujours le cas. Je dirais même que plus le nom savant est abscons et plus il cache l’ignorance de la médecine.

Ne laissons pas notre potentiel d’indignation être atténué par ce constat finalement lénifiant. Le viol est un acte barbare, qu’il soit commis pendant une guerre ou au coin des rues de nos villes. Ceux qui pratiquent le viol et toutes autres violences sexuelles, pendant ou hors conflits, sont des malades qui doivent être recherchés, poursuivis et punis avec le maximum de sévérité en fonction des circonstances.

15/02/2014

Initiative de l’UDC: ne nous laissons pas déstabiliser

Ne nous laissons pas déstabiliser par tous ceux qui expriment leurs rognes et leurs frustrations pour tenter de discréditer les uns ou les autres et diluer le résultat des votations de dimanche en semant la zizanie confédérale.

Les propos de ceux qui dénoncent le patriotisme réel ou fantasmé des uns ou des autres, de ceux qui souhaitent que tel ministre soit envoyé comme négociateur en chef à Bruxelles (Dieu nous préserve, je ne l’enverrais même pas acheter un kg de bananes), de ceux encore qui souhaitent que les quotas soient attribués aux cantons au prorata du résultat des votations prouvent que les politiciens français ayant réagi aux résultats de dimanche n’ont pas le monopole des âneries (voir mon précédent billet «Initiative de l’UDC: et pan sur le pif».

Le peuple suisse a voté avec sa maturité habituelle. Il a envoyé un message fort à la classe politique:

«Nous voulons maîtriser notre développement».

Rappelons que la population suisse, depuis l’ouverture des frontières et à cause du formidable succès et du pouvoir d’attraction de notre économie, croît de 1% par année. C’est énorme. Cela équivaut à devoir construire une ville de la taille de Lucerne CHAQUE année. Rapporté à l’échelle de la France, c’est comme si le solde migratoire était de 650'000 personnes. Alors qu’en 2013 il a été de moins de 300'000 sur un territoire immensément plus grand et dont les 2/3 ne sont pas occupés par les Alpes. Mais l’économie suisse a créé plus de 600'000 emplois ces dernières années, et pas dans la finance contrairement aux clichés qui ont cours dans certaines rédactions de médias européens, alors que, soit dit en passant, la France en a perdu encore plus.

Je crois, en fin de compte, que le peuple suisse a voté en faveur de la Lex Weber pour protéger ses paysages alpins contre la folie spéculative et qu’il a voté en faveur de l’initiative de l’UDC pour protéger le plateau suisse contre le développement anarchique auquel nous assistons depuis l’ouverture des frontières. Nous sommes heureux des succès de notre économie mais ces succès doivent être encadrés intelligemment par une politique adaptée et ne pas nous donner l’impression que c’est un train fou qui va détruire ce qui reste de notre identité nationale. Qui voudrait qu’avec les années et à ce rythme, le plateau suisse soit transformé en une gigantesque ville de Genève à Romanshorn ?

Donc en votant ainsi, nous avons été collectivement cohérents d’une votation à l’autre. Le seul problème de l’initiative de l’UDC était son libellé. Il était efficace politiquement parlant mais il ouvrait la porte aux interprétations xénophobes ce que n’ont pas manqué de faire certains observateurs malveillants. Mais ce n’est pas du tout la mentalité de notre population ouverte sur le monde.

C’est dur la politique et je ne souhaiterais pas cette carrière à mon pire ennemi. Entre la soumission au chef, les négociations jusqu’au bout de la nuit pour des queues de cerise, le respect des consignes y compris au prix de ses convictions, la politique est une machine à uniformiser et à broyer les êtres et leur identité. Ne laissons pas les frustrations de ces politiciens nous déstabiliser.

11/02/2014

Initiative de l’UDC: et pan sur le pif

J’ai voté contre l’initiative de l’UDC comme la grande majorité des Genevois. Mais il faut bien admettre que beaucoup de choses sont allées de travers depuis quelques années et que l’UDC a su capitaliser sur le mécontentement grandissant d’une partie de la population. 

Contrairement aux âneries répétées par de nombreux politiciens européens mal informés ou intellectuellement paresseux ou encore soucieux de défendre un modèle de construction européenne qui n’a plus la cote, la Suisse est un pays largement ouvert sur le monde. Comment expliquer autrement les succès rencontrés par nos petites, moyennes et grandes entreprises sur les marchés mondiaux.

Le problème avec les âneries c’est qu’à force d’être répétées elles prennent l'apparence de vérités.

J’aimerais entendre notre gouvernement aller expliquer des choses simples à leurs collègues européens:

  • La Suisse est un minuscule pays d’un peu plus de 41'000 km2 dont les 2/3 sont occupés par les Alpes. Sur le mouchoir de poche qui reste, nous sommes déjà 8 millions d’habitants et on nous en promet 10 millions dans une vingtaine d’années. Ceci est une limite géographique dont les effets pervers ne pourront être atténués que par une politique volontariste en termes d’aménagement du territoire. Et pas sûr que la LAT suffira
  • Deuxièmement, les mesures d’accompagnement promises lors de la signature des accords bilatéraux sont restées largement insuffisantes dans de nombreuses régions du pays et dans de nombreux secteurs économiques. Ceci est un problème politique lié à l’inertie de notre gouvernement et à la malhonnêteté de certains patrons (comment voulez-vous trouver un emploi si vous êtes résident au Tessin alors que de l’autre côté de la frontière il y a des millions de chômeurs prêts à travailler pour un salaire italien)
  • Troisièmement, les infrastructures ne suivent pas et ce pays est au bord de l’apoplexie. Cela fait un temps certain que je cherche à changer d’appartement, mais autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Et lorsqu’un appartement arrive sur le marché, vous êtes la cinquantième personne à le visiter. Là aussi notre gouvernement a failli en laissant les lois du marché permettre une flambée des prix des logements au détriment de la classe moyenne et des classes défavorisées.

Même si, comme déjà mentionné, j’ai voté contre, je dois reconnaître une certaine forme de sagesse à cette décision. Et je pense que ce vote est beaucoup plus un désaveu du laxisme de notre gouvernement qui gouverne surtout par laisser-faire que de la peur de l’ouverture ou de repli identitaire ou autres âneries entendues dans la bouche de Laurent Fabius, Manuel Valls ou encore Jean-Marie Cavada que l’on a connus mieux inspirés.

Il serait plus que temps que nos ministres empoignent leur bâton de pèlerins et sillonnent l’Europe pour expliquer les particularismes helvétiques plutôt que de se couvrir de cendres et de honte. Et plus que temps également de prendre quelques mesures énergiques pour limiter certains abus qui ulcèrent la population et font le jeu de certains habiles politiciens.

28/01/2014

La France et son «problème» suisse

Heureusement, la grande majorité des citoyens français a une bonne image de la Suisse. Ils sont venus, viennent ou viendront passer leurs vacances dans notre pays. Il y a ceux aussi, travailleurs, cadres, chefs d’entreprise, qui viennent ici car ils savent qu’ils y trouveront un cadre de vie agréable et des conditions propices au développement de leur carrière ou de leur entreprise. 

Et puis il y a les autres. Ceux pour qui la Suisse n’est qu’un havre de bandits recyclant l’argent sale ou de citoyens indignes pratiquant l’évasion fiscale. Ils ne s’intéressent pas vraiment à notre pays, n’ont aucune intention d’en étudier le fonctionnement et les institutions et se plaisent simplement à répéter en boucles leurs poncifs: l’économie suisse est une économie du crime et il faut tout mettre en œuvre pour lui faire rendre gorge.

Je suis un auditeur régulier de France-Inter et cette attitude transpire en permanence sur cette antenne. Soit ce pays semble ne pas exister pour ses journalistes, soit il est question de paradis fiscal, d’évasion fiscale, etc.. Jamais ils ne s’intéressent à autre chose. Jamais ils ne cherchent à comprendre la véritable structure de notre économie. Jamais ils n’informent l’auditeur français que la finance ne représente que 10-13% du PIB. Jamais ils n’informent le citoyen français que la Confédération a un budget équilibré bien que les 2 grandes banques ne paient plus d’impôt depuis 2008 et la crise des subprimes. Et lorsque les journalistes évoquent le rejet, par le peuple, de certains objets pour améliorer les prestations sociales, ce n’est que pour mieux se moquer et il ne leur vient jamais à l’idée que si notre pays est globalement riche, c’est parce que nous sommes prêts à travailler d’abord et avons une approche très raisonnable et équilibrée des relations au sein de l’entreprise.

Dans ce pays dont les journalistes économiques et politiques ont une attitude si équivoque vis-à-vis de l’Allemagne et ses succès économiques, on en arrive facilement à la conclusion que ce pays obtient ses succès au détriment de ses partenaires européens.

Quant à la Suisse, n’en parlons surtout pas. Et pourtant, si l’Allemagne obtient ses succès économiques à cause d’un dumping salarial, que dire de la Suisse ? C’est probablement le pays du monde dont le coût du travail est le plus élevé au monde, dont la monnaie est en réévaluation quasi permanente (il suffit de regarder les cours des principales devises vis-à-vis du CHF depuis 40 ans) et pourtant nos entreprises survivent et prospèrent dans un environnement extraordinairement difficile. Depuis l’ouverture des frontières, des centaines de milliers d’Européens (chaque année nous sommes obligés de construire une ville de la taille de Lucerne) sont venus tenter leur chance ici. Ce qui a encore amélioré la productivité et permis l’expansion économique de notre pays.

Et que se passe-t-il pendant ce temps chez nos voisins ? Le chômage augmente et augmente encore. Et la catastrophe finale n’est évitée que grâce à des plans emplois pour les jeunes. Dans ce pays, il ne fait pas bon avoir moins de 27-28 ans et plus de 50 ans. Et il y a longtemps qu’ils «bénéficient» de la retraite à 60 ans et des 35h. Il n’y a bientôt plus qu’un noyau d’actifs devant soutenir un nombre de plus en plus important d’inactifs de toute catégorie. C’est effrayant. Quid d’une réflexion en profondeur sur les institutions ? Quid d’une remise en question de ces vieilles certitudes qui mènent ce pays à son déclin inexorable ?

Et dans un domaine plus léger, on retrouve cette même jalousie de certains journalistes, sportifs cette fois-ci, vis-à-vis des succès de notre pays. Impensable pour ces journalistes bon teint d’admettre et de reporter que nos sportifs obtiennent des succès. Ce qui pour d’autres donnerait lieu à une information méritant un développement est susurré du bout des lèvres lorsqu’il s’agit d’un sportif suisse. On l’a encore vu très récemment avec la fabuleuse, et méritée, victoire de Stan à Melbourne et la pauvreté avec laquelle celle-ci a été évoquée sur les ondes de cette radio, alors qu'une victoire dans un tournoi du grand Chelem est un événement sportif considérable. Lamentable.

La France est malade de sa croyance en la toute-puissance du Père, ce monarque dont ils ont fait rouler la tête dans la sciure mais pas dans leur cœur et dans leur tête. C’est un pays dont trop de citoyens et ce qui est plus grave, la vaste majorité des journalistes hypnotisés par la lumière du pouvoir, sont encore infantilisés par cette croyance absurde en l’omnipotence d’un seul homme. Et tant que les français n’auront pas fait une nouvelle révolution, des esprits cette fois-ci, ils resteront ces citoyens immatures, incapables de prendre leur destin en mains et attendant tout de la figure tutélaire, nommée tous les 5 ans avec les «pleins» pouvoirs (ce qui ne veut plus dire grand-chose aujourd’hui).

L’élite politique française aurait grand intérêt à étudier les institutions et le tissu économique de notre pays au lieu de se complaire dans ses certitudes qui ne racontent rien, n’expliquent rien et ne font que la priver d’une plus salutaire grille de lecture.

04/01/2014

Le Tiers-Monde au cœur de l’Europe

Je viens d’entendre le reportage de la RSR: «Grèce: survivre sans l’Etat». Un reportage hallucinant qui montre à quelles extrémités (près de 30% des Grecs n’ont plus accès à la santé publique), mènent les politiques économiques et financières en vigueur depuis la chute de l’Union soviétique.

Le Tiers-Monde est caractérisé par un Etat faible et corrompu qui n’assume pas les tâches de base dont un pays a besoin pour fonctionner et permettre à chacun de vivre dans la dignité. C’est exactement ce qui est en train de se développer en Europe, en Grèce bien sûr, mais aussi dans de nombreux autres pays (Espagne, Portugal…) touchés violemment par la crise économique qui a frappé l’Occident en 2008-2009.

Et quand la réponse à la crise est celle voulue par les économistes du FMI et les technocrates de Bruxelles, cela favorise le développement de régions européennes entières qui glissent vers le Tiers-Monde.

Pendant ce temps, condition sine qua non, les ultras-riches font tout ce qui est en leur pouvoir et leur pouvoir est grand, pour diminuer leur participation à la solidarité nationale par l’impôt. Ils paient des armées d’avocats et de fiscalistes pour contourner leurs obligations et last but not least, créent des Fondations philanthropiques qui ont pour effet:

  • De permettre une «optimisation» supplémentaire de leurs impôts
  • De flatter leur ego

Et le monde et l’Europe restent impuissants à mettre un terme à ces scandales qui se développent sous nos yeux depuis 3 décennies. Jusqu’où l’Europe s’abaissera-t-elle dans sa tiers-mondisation?

21/12/2013

M. Poutine doit bien s’amuser

Depuis de trop nombreuses années, je me suis plusieurs fois exprimé sur ce point dans ce blog, l’Occident aime donner des leçons au(x) leader(s) de la Russie. Las, celles-ci ne tombent pas seulement systématiquement à plat. Elles ne font que renforcer l’orgueil de la Russie et de ses dirigeants.

Parmi les dernières péripéties, la Syrie a été l’occasion d’une magnifique leçon de diplomatie de la part de la Russie. Les Occidentaux qui jouaient les va-t’en-guerre, notamment par la bouche bien peu avisée de John Kerry, ont dû avaler les couleuvres préparées par le maître du Kremlin. Quant à L’Ukraine, elle a été un nouveau succès considérable pour la Russie qui a signé avec ce pays un accord au nez et à la barbe de l’Europe.

L’UE adore adopter la posture du continent berceau de la civilisation. Mais quand il s’agit d’aider ses voisins, chaque pays composant cette entité a d’autres priorités. L’Ukraine, au gouvernement corrompu et aux finances plus que chancelantes, avait le choix entre s’allier à une Europe donneuse de bons conseils mais aux mains vides et la Russie prête à mettre du beurre dans les épinards.

 

Nous partageons tout avec la Russie et les Russes depuis des siècles. Nous vivons sur le même continent, avons la même culture (les grands auteurs ou compositeurs russes nous sont aussi familiers que les Victor Hugo, Goethe, Mozart ou Beethoven) et la moindre des choses serait d’avoir des intérêts stratégiques communs.

Hélas, cent fois hélas, nos dirigeants continuent cette course en avant aveugle qui repousse la Russie toujours plus loin. Les derniers développements liés aux prochains Jeux de Sotchi vont encore aggraver les choses. Plusieurs dirigeants occidentaux vont boycotter la cérémonie d’ouverture comme au bon vieux temps de l’Union soviétique. Quant à M. Obama il a, en plus, décidé d’envoyer une représentante connue pour son militantisme en faveur de la cause homosexuelle et lesbienne pour, croit-il, favoriser l’expression de la démocratie dans ce pays. Je trouve cette décision profondément déplacée et relève d’une approche immature de la politique. Elle n’est, en fait, qu’une nouvelle étape dans la longue histoire d’incompréhension de l’Occident vis-à-vis de notre voisin. Depuis la chute de l’URSS, nos dirigeants ont été arrogants, méprisants, paternalistes, agressifs, sourds vis-à-vis de la Russie et de ses dirigeants.

Et pourtant, un continent dont un large pourcentage de la jeunesse est au chômage (60% en Grèce, 50% en Espagne) peut-il donner des leçons de démocratie ? Un continent dont les dirigeants, à tous les échelons du pouvoir légifèrent systématiquement au profit des lobbies les plus puissants et au détriment des peuples composant cette Union est-il habilité à donner des leçons de démocratie ?

Aujourd’hui M. Poutine est un acteur habile et intelligent sur la scène diplomatique mondiale. Il doit bien s’amuser à prendre sa revanche sur nos dirigeants incapables de changer de grille de lecture.

29/11/2013

Etats-Unis: un pays fatigué ?

Le récent accord sur le nucléaire iranien est peut-être un bon début d'accord permettant, à terme, de ramener l'Iran à de meilleures intentions mais je me demande surtout si ce n'est pas le signe de la grande fatigue des Etats-Unis.

Ce pays a été sur tous les fronts et de toutes les guerres du 20ème et du 21ème siècle naissant. Génération après génération, des millions d'hommes sont partis se battre contre la peste nazie, le communisme triomphant ou l'islamisme radical. Ils sont revenus blessés, drogués, handicapés physiques ou mentaux à vie, ou dans des cercueils. Cela a pesé sur ce pays de devoir faire un effort de guerre inouï et quasiment sans partage, puisque l'Europe, à l'exception notable de la Grande-Bretagne et épisodiquement de la France, s'est surtout distinguée par sa frilosité, voire sa lâcheté.

Les guerres mal motivées et mal conduites, mais aux coûts financier et humain exorbitant, en Afghanistan et en Irak, conjuguées à l'appauvrissement du pays dû à la mondialisation, aux iniques cadeaux fiscaux faits aux ultra-riches par W et à la crise économique (que des cadeaux de la droite républicaine) ont mis ce pays à genoux. Le Président Obama l'a bien compris et c'est pourquoi il rechigne à engager son pays dans de nouvelles aventures hasardeuses en Syrie et en Iran.

Certes, ce pays peut encore faire mal  (La Suisse en sait quelque chose et l'Iran aurait tort de se réjouir trop vite et d'oublier de respecter ses engagements), mais il est au minimum durablement affaibli.

Seul l'avenir nous dira s'il rejoindra d'autres empires dans leur déchéance.

28/11/2013

Berlusconi: une dernière pantalonnade ?

La carrière politique du personnage politique le plus surréaliste de l'histoire touche enfin à sa fin. Cela fait tellement d'années que nous devons supporter ses pitreries, sa vulgarité, ses propos machistes, ses turpitudes sexuelles, ses scandales financiers et ses jeux politiques au service exclusif de son empire personnel que l'on se demandait si cela arriverait un jour.

Il aura eu beau dénoncer les attaques politiques de magistrats soi-disant véreux (vraiment la charité qui se fout de l'hôpital) et politiquement motivés (car "de gauche"), il aura fini par tomber en perdant son immunité. C'est peut-être enfin la porte ouverte à la résolution des autres casseroles qu'il traîne depuis tant d'années et contre lesquelles il a réussi à se protéger en s'engageant en politique.

Il aura également été celui qui aura le plus perverti le langage de la politique. Hier encore, au moment de sa destitution, ce sinistre plaisantin de la politique aura osé proférer que sa destitution représente: "une défaite de la démocratie". On savait la démocratie malmenée et en danger, mais pas à ce point.

Saura-t-on un jour combien de turpitudes, pas seulement politiques, se cachent derrière ce masque figé ? Comprendra-t-on un jour comment un peuple qui a été le berceau de la Renaissance a pu se faire abuser par un homme qui a institutionnalisé l'abrutissement des masses à son seul profit politique et économique ?

11/11/2013

11 novembre: qu'avons-nous appris ?

En cette journée du 11 novembre commémorant la fin de la 1ère guerre mondiale, je me demande ce que cela représente encore aujourd’hui.

Certes nous repensons avec émotion aux malheurs générés et cherchons à comprendre ce qui a poussé les Nations et les peuples à se jeter les uns contre les autres. Alors loin de moi l’idée de minimiser les souffrances et les horreurs vécues par les hommes et les femmes de ce temps-là mais malgré la répétition annuelle de ce devoir de mémoire, qu’avons-nous appris collectivement ?

Avons-nous appris la justice sociale ?

Avons-nous appris à lutter contre les ferments de la guerre ?

La réponse à ces deux questions est non ! Certes, nous avons créé des institutions pour éviter les dérives abominables qui ont été le moteur de la deuxième guerre mondiale. Mais nous n’avons pas su et encore moins voulu lutter contre les profonds déséquilibres sociaux vécus sur toute la surface de notre Planète.

Aujourd’hui, après la parenthèse miraculeusement obtenue (en Occident) sous la pression et les menaces du communisme mondial et des forces du Pacte de Varsovie, nous vivons à nouveau dans une Société en guerre :

  • Une guerre civile déguisée des ultra-riches contre la classe moyenne et les pauvres
  • Une guerre des nations riches contre les nations pauvres
  • Une guerre des grands Etats contre les petits.

Nous n’avons visiblement rien appris et si toutes ces commémorations font de très jolies cérémonies et servent à refaire, l’espace de quelques heures, une certaine unité nationale, cela ne contribue en rien à modifier l’égoïsme atavique et pathologique de quelques-uns contre le plus grand nombre. Et c’est là que se trouvent les véritables ferments de la guerre.

Aujourd’hui des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes à travers le monde sont réduits CHAQUE JOUR à l’esclavage ou meurent de faim et/ou de maladies liées à la malnutrition.

Même en Occident, tous les jours des familles sont jetées à la rue car elles ne peuvent plus assumer leurs charges qui augmentent chaque jour. Tout cela ne profite qu’aux ultra-riches qui sont de plus en plus riches (par le principe des vases communicants et grâce à l'exercice du pouvoir à leurs seuls profits) et de plus en plus déphasés avec la réalité du plus grand nombre.

Ces commémorations me laissent un goût amer quand je pense avec quelle insouciance nous passons les morts des guerres économiques actuelles (et passées) par pertes et profits.

23/10/2013

Faut-il désespérer de la démocratie (2) ?

Dans un premier billet sur ce sujet (voir "Faut-il désespérer de la démocratie ?"), je montrais le danger, mortel à mon sens, qui guette nos démocraties, empêtrées qu’elles sont dans un dilemme cornélien puisqu’elles doivent choisir entre le respect des droits de l’homme et les dérives liées à une perte inquiétante de boussole pour guider l’action publique. 

L’affaire Leonarda comme il faut bien l’appeler a, depuis mon premier billet, déployé tous ses effets délétères en France. On a vu un ministre rentrer en urgence d’un voyage officiel. L’opposition mettre de l’huile sur le feu. Des lycéens dans la rue réclamant des mesures pour modifier une situation à laquelle ils ne comprennent rien. Un président se ridiculiser en proposant une absurdité. C’est grave et c’est pathétique à la fois. Comment une gamine de 15 ans, menteuse et arrogante (au vu de certaines de ses déclarations) et un père manipulateur peuvent-ils faire vaciller les institutions d’un Etat jusqu’à son sommet ? 

Nos pays ont passé en une génération, d’une vision patriarcale du Monde à une vision post-soixante-huitarde. Nous avons perdu nos repères car nous avons confondu (abus de) pouvoir et autorité. Non, personne ne souhaite retourner à une époque où l’homme (au niveau de la Société) et le père (au niveau de la cellule familiale) avaient tout pouvoir. Il est bon que ces abus aient été remis en question et que tous les membres de la Société et de la famille aient eu accès à l’information, à l’autonomie, à la liberté d’action et d’expression. Mais comme souvent dans une révolution le balancier est allé trop loin dans la direction opposée et aujourd’hui plus personne n’ose exercer l’autorité sous peine d’être vu comme un fasciste en puissance. 

Cette vision est pernicieuse car elle prive nos Sociétés de l’exercice éclairé de l’autorité dont elles ont un urgent besoin. Gouverner c’est prévoir dit-on. Mais c’est également prendre des décisions. Et c’est là que nous sommes devenus faibles. Plus personne n’ose se profiler et prendre des décisions qui pourraient sembler impopulaires, même si elles sont indispensables. Et nous préférons continuer dans un consensus mou avec une autorité de plus en plus affaiblie et des promesses rarement tenues. 

L’autre exemple que je prenais était les systèmes pénitentiaire et judiciaire en Suisse. Là aussi la remise en question sera longue et douloureuse face à la démission de nos autorités à tous les échelons de décision comme on l’a vu dans la tragique affaire Adeline. 

Dans les deux cas, nous avons peut-être en place des personnes qualifiées pour le poste qu’elles occupent, mais qualification ne veut pas dire compétence et encore moins courage. Et des personnes qui n’osent ou ne savent pas exercer l’autorité inhérente à leur fonction doivent avoir le courage de démissionner ou être démissionnées. 

Et puis il y a un autre acteur qui joue un rôle trop souvent pernicieux dans ces débats de Société : l’Eglise. Nos Eglises chrétiennes qui systématiquement veulent tendre l’autre joue et trop souvent n’ont retenu du message du Christ que celui de la charité envers le prochain : « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites » (Evangile de Matthieu). Et toute l’Eglise de croire qu’il faut « singer » le Christ pour voir très égoïstement s’entrouvrir les portes du Ciel. Mais un singe à qui on a appris à jouer du saxophone n’est pas un musicien pour autant. 

Et nos Eglises oublient un autre message du Christ au moins aussi important. Il était un guerrier, un combattant. Lorsqu’il a chassé les marchands du Temple, c’était à coups de triques et pas avec des génuflexions. L’Amour peut prendre des apparences dures, voire violentes, lorsque les circonstances l’exigent. Il a dit également « Je suis venu séparer le bon grain de l’ivraie » (Evangile de Matthieu). Et plus loin, également dans le même Evangile (10.34.35 et 36): « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. ».

Cet aspect du Christ est quasiment systématiquement occulté dans le message de l’Eglise, au moins sur la place publique, car personne ne le comprend ou personne n’ose assumer ce qu’il représente. 

Ce qu’il nous dit en substance et qui devrait être appliqué au fonctionnement de nos Sociétés, c’est que contrairement à ce que l’on veut croire de nos jours, tout n’est pas égal à tout. Que gouverner c’est trancher. Que nous n’avons tout simplement pas le droit de continuer de faire n’importe quoi comme nous le faisons de plus en plus. Qu’il faut exercer sa Conscience la plus élevée afin de déterminer les règles de fonctionnement de nos Sociétés. Que le Pouvoir reposait sur un accaparement inique de la force mais que l’Autorité s’exerce sur les prémisses de la plus haute Conscience à laquelle une Société puisse parvenir. Et que cette Conscience est très éloignée aussi bien de la mièvrerie pathétique à laquelle nous assistons que de la soumission aux seules forces de l’argent-roi.

18/10/2013

Faut-il désespérer de la démocratie ?

Tout le monde s’accorde pour dire que la vie politique de nos démocraties est de plus en plus polarisée. On vient d’en voir un exemple édifiant aux Etats-Unis où la branche des extrémistes du Parti républicain a failli faire sombrer le pays dans le chaos (et le reste du monde avec) au seul motif de la haine qu’ils portent aux pauvres (refus d'une assurance maladie pour 40 millions d'américains pauvres) et à leur refus de toute augmentation d’impôts à l’égard des plus riches d’entre les riches.

Nous vivons cet antagonisme dans tous nos pays et sur tous les sujets, au point que nous ne parvenons quasiment plus à prendre de décisions.

Parmi les autres débats où la polarisation est extrême on trouve bien sûr celui de l’immigration et celui de la sécurité. Qui vont de pair dans l’esprit de nombreuses personnes. Là aussi les camps semblent irréconciliables : d’un côté nous avons ceux qui brandissent des idées chocs, simples voire simplistes et qui ne seront probablement pour la plupart jamais mises à l’épreuve de la réalité. Et de l’autre nous avons les idées prônées par ceux qui se considèrent comme porteurs de hautes valeurs morales, héritiers du siècle des Lumières ou de la Révolution française et qui aiment tant manier les idées alambiquées qu’ils en arrivent à ne plus savoir ce qu’ils souhaitent vraiment et sont en tous les cas incapables de prendre une décision.

Et les années passent dans ce face à face stérile alors que les peuples souffrent et souhaitent des décisions hardies, aptes à les rassurer. Et tous les jours apportent de nouveaux exemples de ce face à face stérile, de ces joutes verbales entre sourds, de ces anathèmes jetés à la face des uns ou des autres.

Ce qui s’est passé à Lampedusa est tragique. Personne ne pourra dire le contraire. Et nous avons assisté à toutes les gesticulations habituelles de nos politiques. On se fend de communiqués la main sur le cœur, on convoque un sommet européen, on dit « plus jamais ça » et puis… Personne en Europe n’a les idées, les structures   et encore moins les moyens de mettre un terme à cette tragédie chaque jour renouvelée. Les injustices et les inégalités sont si colossales à la surface de cette planète que les migrations sont un fait, une réalité qui dure depuis longtemps et qui est appelée à durer encore très longtemps. Et il faudra plus que des belles paroles pour changer le cours de l’histoire. En face, nous avons ceux qui souhaitent ériger des murs pour protéger l’Europe d’une invasion de ce qu’ils considèrent comme des peuples n’ayant pas leur place en Europe. Ils n’ont pas plus de moyens de parvenir à leurs fins que les premiers cités. Nos Sociétés ont érigé des systèmes qui sont censés protéger nos démocraties des dérives abominables connues dans les années 30.

L’affaire de cette Kosovare renvoyée de France avec sa famille a attiré l’attention des médias. Tous les défenseurs des droits de l’homme sont montés au front, y compris à l’intérieur du gouvernement dont le ministre de l’Intérieur a soutenu cette expulsion. Après la première émotion (on ne devrait pas faire de politique sur le coup de l'émotion) passée, on apprend que le père a menti aux autorités françaises sur les origines de sa famille, qu’il a volé, que depuis plus de 4 ans qu’ils sont en France ils n’ont pas travaillé un seul jour mais vécu de l’aide sociale. Arrivés au Kosovo, la jeune fille interrogée par Radio France a menti également (mais n’est-elle pas à bonne école) en prétendant qu’ils dormaient sur des bancs alors qu’un appartement avait été mis à leur disposition par les Autorités locales. Cela me rappelle cette famille en Suisse, les D, dont on apprenait en 2004 que le père et la mère, en Suisse depuis respectivement 10 et 12 ans, n’avaient pas travaillé un seul jour et avaient touché 420'000 CHF d’aides sociales diverses.

Les dérives dans les systèmes pénitentiaire et judiciaire en Suisse ont largement défrayé la chronique et là aussi la vérité semble plus trouble que ce que les uns et les autres prétendent. Là aussi le débat est bloqué. Et pourtant il est urgent d’agir. Des décisions courageuses doivent être prises pour qu’un drame comme celui d’Adeline ne puisse plus se produire.

Mais que dire et que penser d’une Société qui tolère de tels abus ? Que penser d’une Société où il vaut mieux être réfugié que chômeur, même après une longue vie professionnelle ? Que penser d’une Société où il vaut mieux être un criminel plus ou moins en puissance (voire même multi-récidiviste), sur qui la Société va déverser tous ses bienfaits (appartement gratuit, allocation mensuelle permettant de ne pas travailler, coach particulier, cours de ceci ou cela, payés par le contribuable, etc..) que d’être un/une retraité(e) ayant travaillé honnêtement toute sa vie mais n’ayant bénéficié que d’un petit salaire (combien de retraités suisses touchent plus de 20'000 CHF par mois de la part de l’Etat comme le malheureusement fameux Carlos à Zürich ?).

L’incapacité des uns à prendre des décisions basées sur la justice sociale et le bon sens, crée des tensions de plus en plus insupportables dans nos Sociétés. Ces situations vues comme injustes par tous ceux qui sont broyés par un système économique aveugle et brutal encouragent l’illusion de recourir aux idées simples pour les résoudre et font le lit des « populistes » de tous poils.

Alors faut-il désespérer de la démocratie ? Oui, si nous continuons ainsi. Si nos classes politiques continuent ce dialogue de sourds, continuent de refuser de prendre des décisions courageuses en se perdant dans les méandres de la dialectique stérile et de la rhétorique gratuite, l’œil rivé aux sondages d’opinion, alors nous pouvons craindre le pire. A force de ce qu'il faut bien appeler lâcheté, ils apporteront le pouvoir sur un plateau d’argent à ceux qu’ils dénoncent.    

Dieu, ou notre supposée "supériorité morale", nous préservent de devoir revivre cela en Europe !

04/10/2013

Elections genevoises : à quand des politiciens hors sol ?

Nous constatons tous que les prochaines élections au Conseil d'Etat et au Grand Conseil ne passionnent pas les foules. Et puisque nous semblons condamnés à devoir choisir entre des borgnes et des aveugles, faut-il s'en étonner ?

Entre les politiciens qui se taisent (espérons que c'est par décence suite à l'incroyable amateurisme à tous les échelons de responsabilité dans le meurtre sordide et fou de cette jeune et belle mère de famille ayant dû accompagner seule un violeur multirécidiviste et pas par calcul politique…), ceux qui n'ont rien à dire mais qui se présentent quand même, ceux qui ont un programme politique de l'épaisseur d'une feuille de cigarette, ceux qui se prononcent pour le départ des multinationales, ceux qui ont leur ego pour tout programme, ceux qui sont peut-être usés par l'exercice du pouvoir (si particulier et frustrant à Genève), le débat est quasi inexistant. Genève souffre d'avoir une classe politique, à quelques exceptions près, d'une médiocrité stratosphérique. Et les rares qui auraient des idées sont bloqués par la cohorte des neinsager, toujours les mêmes, qui veulent faire de Genève un village arriéré et sous-développé.

Alors ne faudrait-il pas "importer" des élus qui ont fait leurs preuves ailleurs ? On le fait volontiers dans le sport et l'on constate le bien que cela produit. Si la Suisse n'avait pas, depuis 2-3 décennies, importé des coaches et des joueurs étrangers de haut niveau dans le domaine du hockey sur glace, serait-elle devenue vice-championne du monde en 2013 ?

Elmar Ledergerber, ancien maire de Zürich, élu  2e meilleur maire du monde en 2008, pourrait apporter sa vision, son dynamisme, son punch à la scène sclérosée et trop souvent ridicule de la vie politique genevoise.

Boutade ? Oui, bien sûr. Mais rêvons un peu. Je ne connais pas M. Ledergerber personnellement et ne puis me prononcer quant à ses envies et ses desseins politiques dans les années qui viennent (et il a tout de même 69 ans). Mais si ce n'est lui, cela pourrait être son frère. Qu'il vienne de Suisse ou de l'étranger. On s'en fiche après tout, pourvu qu'il soit compétent et ait fait ses preuves.

J'en ai tellement assez des amateurs pas éclairés qui nous gouvernent que je suis pour un transfert massif de politiciens venant d'autres régions de Suisse. Et s'il le faut, je suis pour l'immigration choisie de politiciens étrangers apportant une vision neuve et non partisane pouvant revivifier Genève et sa région.

C'est malheureusement un peu tard pour ces élections-ci et je redoute déjà leur résultat. Alors, en attendant ce miracle, au secours !

 

30/09/2013

Les enfants gâtés de Genève

Selon la TDG de ce jour, la future patinoire de Genève  est remise en question pour des raisons qui montrent une fois de plus combien il est difficile de faire avancer quelque dossier que ce soit dans cette ville. Rien de nouveau ici. Je me suis déjà maintes fois épanché sur le sujet. Mais la répétition de ces situations de blocage rend les choses vraiment de plus en plus frustrantes.

Entre notre personnel politique qui se complaît soit dans la médiocrité, soit dans l’hyperinflation de l’ego, soit les deux à la fois et la cohorte des tenants du « c’était mieux avant et je ne veux aucun changement », Genève n’arrive pas à se développer et reste scotché à son niveau de développement des années 60 en termes de logements et d’infrastructures.

La patinoire ne se construit pas car certains ont la nostalgie d’un ignoble cube de béton vétuste aux Vernets. La traversée de la rade ne se construit pas car la classe politique se bat comme des chiffonniers et certains croient encore que l’on peut endiguer le trafic en refusant la construction des infrastructures. La plage des Eaux-Vives est condamnée car certains croient que c’est la meilleure solution pour protéger la nature. La rénovation du MAH est au point mort, bloqué par toutes les têtes bien pensantes de Genève qui jouent la montre et espèrent le découragement des courageux entrepreneurs et mécènes qui souhaitent faire aboutir ce projet. Le stade de Genève reste une entité à demi-morte car personne n’ose voter les 30 millions nécessaires à sa finition. D’innombrables projets immobiliers sont bloqués pour des raisons plus ou moins fumeuses alors que Genève a tant besoin de logements et que ces refus ne font qu’augmenter le trafic des pendulaires venant de l’autre côté de la frontière.

La rénovation de la gare de Genève a failli échouer car un homme politique genevois a cru devoir y mêler son ego. Et le même a failli faire échouer la construction du pont Wilsdorf.

Ceux qui sont derrière tous ces refus et tous ces échecs doivent ressentir une grande satisfaction narcissique à constater les dégâts dus à leur « pouvoir ». Ce dont ils ne se rendent peut-être pas compte est qu’ils prétéritent gravement le développement de Genève. Nous avons hérité d’une région et d’une ville exceptionnelles. Vouloir figer cela dans le béton met notre futur en question. Aucune ville au monde ne peut rester figée sur son passé. Et puisque nous en sommes là, pourquoi figer Genève dans les années 60 ? Pourquoi ne pas revenir en arrière (cela devait sûrement être encore mieux avant) ? Pourquoi ne pas refaire de Genève un village lacustre bâti sur pilotis ?

Ces tenants du non à tout développement ont un discours pervers. En général ils disent ne pas être opposé au développement, mais « pas comme cela ». Et que proposent-ils à la place ? Rien !

Tout refuser sans rien proposer à la place est une attitude d’enfant gâté. Nous (collectivement) risquons de le payer très cher car le reste du monde est en marche.   

21/09/2013

Big Brother ? Nous y courons en chantant

Si l’on demandait à chacun d’entre nous ce que nous pensons de la vie exposée dans la fiction de Georges Orwell (« 1984 »), nous nous écrierions tous que c’est l’horreur suprême.

Aujourd’hui, les nouvelles technologies permettent d’accomplir ce que Georges Orwell n’avait pu imaginer : savoir à tout instant où se trouve n’importe qui, ce qui nous intéresse, les sites internet auxquels nous nous connectons, le contenu de nos e-mails, sms, conversations. Ce que nous achetons. Demain, les médicaments contiendront des micro-chips qui rapporteront à notre médecin (et à l’industrie pharmaceutique qui les fabrique) si nous avons effectivement pris les médicaments prescrits et même ce que nous avons mangé en même temps en analysant le contenu de nos intestins. Sans doute aurons-nous même des puces implantées à la naissance qui renseigneront qui de droit (!) sur notre état de santé physiologique, émotionnel, psychique en permanence. Si l’on ajoute à cela les caméras de surveillance qui sont de plus en plus omniprésentes on arrive à une situation qui devrait en préoccuper plus d’un. Il ne nous manque plus que le contrôle de nos consciences.

Et je n’ai évidemment aucune idée de ce que l’industrie inventera dans les décennies à venir. Mais il est à prévoir que cela sera un développement qui nous apportera de plus en plus de « liberté » de connexion et de plus en plus de risques à nos libertés individuelles. Y compris le contrôle de nos consciences. Que ce soit par la délivrance automatisée de médicaments ou par une manipulation de plus en plus sophistiquée  de l'information. 

Ce qu’il y a de très pervers dans tout cela et qui nous rend aveugles est qu’il y a des bénéfices : nous pouvons effectivement être connectés 24/24 avec tous ceux et celles qui nous sont proches, avec les sites qui nous plaisent. Nous pouvons payer toutes sortes de prestations avec nos téléphones portables qui remplaceront demain les innombrables cartes de crédit/débit qui encombrent nos poches. Les « bénéfices » dans notre vie de tous les jours sont nombreux et c’est ce qui nous rend aveugles, pour le plus grand bénéfice des entreprises de télécommunication et de tous ceux qui ont et auront à cœur de contrôler nos âmes et nos esprits.

Pas besoin d’avoir fait de grandes études pour pouvoir imaginer ce que des pouvoirs totalitaires pourront faire de toutes ces informations. Et l’émergence d’un pouvoir totalitaire n’est peut-être pas aussi éloignée de nous que cela en a l’air. Les 8 années de pouvoir sous Georges W Bush ont montré qu’il y a des forces aux Etats-Unis qui sont clairement prises du vertige totalitaire. Et même le démocrate Obama n’a pas pu/voulu annuler toutes les Lois (Patriot Act) votées sous W qui portent en elles les stigmates d’un totalitarisme plus ou moins rampant, plus ou moins assumé.

La guerre en Irak a été acceptée par la majorité des américains suite à la manipulation de Colin Powell devant l'assemblée des Nations-Unies et par l'histoire, fabriquée de toute pièce, des "couveuses au Koweït", histoire racontée devant une commission du Congrès des Etats-Unis par une jeune irakienne (qui manipulait qui ? ) pour favoriser l'entrée en guerre des forces occidentales.     

Le monde de Georges Orwell est une horreur absolue. Nous y courons en chantant !

18/09/2013

Suisse : faut-il réintroduire la peine de mort ?

Après le viol particulièrement ignoble d’une jeune femme en Inde en décembre dernier, qui s’était terminé par son décès 2 semaines plus tard, j’avais écrit une note (voir "Viols (récents) en Inde et peine de mort") où je me prononçais en faveur de la peine de mort pour les auteurs.

Le système judiciaire suisse semble le plus laxiste et probablement le plus naïf à la surface de la planète. L’assassin d’Adeline suite à son premier viol sur une jeune femme, un viol avec cruauté comme il a été précisé par l’avocate de la victime dans une interview pour la TDG de ce jour, avait écopé d’une peine de 18 mois AVEC SURSIS (sic). Entre ce premier viol et le prononcé de la sentence il avait déjà violé une seconde fois.

La Suisse est devenue un paradis pour les criminels, petits et grands qui savent qu’ici ils seront quasiment protégés par la justice : ils recevront soit des peines pécuniaires qu’ils ne paieront jamais, soit des peines de prison avec sursis, au pire des peines quasi symboliques (rappelons-nous les peines scandaleusement légères prononcées contre les violeurs particulièrement violents et manipulateurs d’une jeune femme à Schmitten/Fribourg, lors de leur procès en mars 2008). C’est sans doute la raison pour laquelle l’assassin d’Adeline avait demandé à être transféré de France en Suisse suite à sa première arrestation. Pour rebondir sur un autre cas qui a récemment défrayé les médias, avec un peu de chance, la Société dépensera même une fortune pour une hypothétique réhabilitation de l’auteur de crimes (voir le cas de Carlos à Zürich qui scandalise la Suisse entière).

Et pourtant, le peuple suisse a voté massivement en 2004 en faveur d’une Loi demandant l’internement à vie des criminels dangereux. Depuis cette votation, notre classe politique traîne les pieds, prétend que c’est contraire à la Convention européenne des droits de l’homme et laisse la chienlit s’installer, au profit des criminels de tous poils.

Je ne doute pas que rendre la justice est un acte difficile. Je comprends qu’il y a une balance particulièrement difficile à faire entre le besoin de protéger la Société et le désir de rendre une sentence aussi « juste » que possible envers l’auteur d’actes délictueux. Malheureusement, je crois que nous sommes allés si loin qu’aujourd’hui on a souvent l’impression que le criminel est mieux protégé que la victime.

On nous dit que l’assassin d’Adeline est sorti de prison sans expertise psychiatrique. Tout ce qui entoure la sortie de cet homme fait penser à du laxisme et à de l’amateurisme. Mais je mets au défi n’importe quel expert psychiatre de savoir très précisément ce qui se passe dans la tête du patient qui est en face de lui. Suivant la maladie psychique, le malade pourra manipuler son thérapeute (ou l’expert) à sa guise.

Alors faut-il réintroduire la peine de mort en Suisse ? Une initiative est lancée en Suisse pour la seconde fois. Nous verrons si cette tentative a plus de succès que la précédente. Ce qui est certain, par contre, est qu’il est plus qu’urgent que la classe politique et le pouvoir judiciaire se réveillent et ouvrent enfin les yeux sur la réalité à laquelle nous sommes confrontés. Certains êtres sont gravement malades et sont habités par une violence au-delà de notre entendement. La Société DOIT être protégée de façon efficace, sérieuse, responsable et consciente contre les dangers représentés par ces êtres hautement dangereux, récidivistes et probablement le plus souvent irrécupérables.

La naïveté et l’irresponsabilité de nos « pouvoirs » politiques et judiciaires doivent cesser !

04/09/2013

Les Etats-Unis : un Etat voyou ?

Le gouvernement démocrate cherche à obtenir le soutien du Congrès pour bombarder la Syrie comme il l’avait fait en Libye. Suivant en cela le gouvernement républicain de W qui avait occupé et bombardé l’Afghanistan et l’Irak. Résultat de cette politique de la canonnière ? Ces pays font face à une guerre civile en bonne et due forme et les forces terroristes sont plus fortes que jamais. Tout porte à croire que si les bombardements sur les moyens militaires du gouvernement Assad l’affaiblissent suffisamment, nous pourrions très bientôt avoir un gouvernement abritant des terroristes à Damas.

Ce sera un brillant résultat que partout où les Etats-Unis auront appliqué cette politique, ils auront labouré le terrain au profit des terroristes. Leurs pires ennemis. Au lieu de créer un  cercle vertueux, comme le prétendait l’administration Bush, devant amener la démocratie au Proche et au Moyen-Orient, ils auront créé un chaos favorable à l’émergence de diverses formes de terrorisme. 

Dans un autre domaine, pas une semaine ne se passe sans que de nouvelles révélations soient faites sur les écoutes illégales orchestrées par les agences de renseignement US sur le reste du Monde, y compris des pays et gouvernements amis et alliés. 

Et que dire du chantage exercé par ce pays sur la Suisse ? Dans une opacité totale, le Parlement est appelé à accepter un nouveau projet de Loi, quasi aussi opaque que le précédent, imposé de manière unilatérale par les Etats-Unis, sans respect aucun pour le processus législatif de notre pays. Ce projet de Loi revient à ce que le plus grand de la classe plaque au sol le plus petit en lui faisant une clé dans le dos et en exigeant son goûter, son téléphone portable et tout le reste. C’est du chantage digne d’une dictature. 

Comment appeler un Etat qui profite de sa force pour tyranniser le reste du Monde ?

C’est une grande déception de voir que le brillant candidat démocrate qui a fait rêver tant de gens à la surface de la planète s’est révélé bien faible et bien incapable de changer la direction de la politique de son pays. Certes il a un Congrès qui lui est hostile et qui fera tout ce qui est en son pouvoir pour l’empêcher d’obtenir quelque succès que ce soit. En général on appelle « lame duck » le président durant les 2 dernières années de son second mandat. Obama aura été un lame duck depuis le premier jour de son premier mandat et particulièrement depuis qu’il a perdu la majorité au Congrès à mi-mandat. Depuis, il montre tous les jours son indécision et son incapacité à faire avancer ses projets de Loi. Son seul et plus grand mérite aura finalement été d’empêcher les fous furieux républicains d’avoir 8 années de plus au pouvoir. 

Mais il n’aura pas empêché les Etats-Unis de continuer d’être un Etat voyou qui tyrannise les autres pays avec ses menaces, sa surveillance pathologique et ses Lois unilatérales et imposées au reste du Monde.

28/08/2013

Intervention en Syrie : le scénario risque de se répéter

Une fois encore l'Occident se trouver piégé dans une région où la dynamique des alliances et des contre-alliances défie toutes les lois de la logique et de la rationalité.

A chaque fois que l'Occident est intervenu en terre musulmane (Afghanistan, Irak, Libye, etc..), il a sans doute renversé une tyrannie mais a eu en définitive pour effet d'en renforcer une autre. Intervenir dans ces terres en convulsion permanente, c'est perdre à coup sûr, car la dynamique des forces joue forcément, à terme, contre nos intérêts. 

Nous intervenons à cause de principes moraux basés sur notre vision du bien et du mal, avec notre vision de nos intérêts stratégiques, avec notre vision de nos intérêts énergétiques et celle du Monde dans un temps donné. Le problème est que notre vision ne cadre en rien avec les intérêts, les buts, le temps dans lequel évoluent ces peuples. 

Nous intervenons avec une approche "pasteurienne" du monde en croyant qu'avec un peu d'asepsie on va pouvoir remettre le patient sur pieds en ayant "nettoyé" l'origine de sa fièvre. La réalité sur le terrain nous donne régulièrement tort car le "patient" en question n'a que faire de nos remèdes tout à la poursuite qu'il est d'intérêts si particuliers, si divergents, si confus et antagonistes que nous ne les comprenons plus. Les conflits récurrents qui agitent ces régions avec une rare violence, proviennent de forces souterraines et occultes (qui finance qui) qui elles aussi dépassent notre logique.

Je crois qu'il serait plus sage pour nous autres Occidentaux de pratiquer enfin autrement:

  • S'engager enfin et résolument dans l'après-pétrole provenant de ces régions (l'argent du pétrole est ce qui donne le pouvoir à ces peuples de s'entredéchirer et d'avoir une importance stratégique absurdement disproportionnée par rapport à leur contribution politique, économique, intellectuelle et culturelle sur la marche du Monde)
  • Pratiquer une politique de "confinement", en laissant ces peuples régler leurs problèmes entre eux (laissons par exemple faire le pouvoir égyptien dans sa lutte contre le terrorisme islamiste au lieu de lui faire des leçons de morale) mais en prenant toute mesure nécessaire afin que ces conflits internes ne débordent pas sur les régions voisines
  • Cesser de céder au vertige en continuant de croire que nous pouvons régler les problèmes de ces régions à coup de bombardements. C'est une illusion funeste et un ouvrage à remettre sans cesse sur le métier
  • Gardons nos forces militaires intactes pour les vrais conflits à venir. Conflits qui ne manqueront pas, soyons-en malheureusement assurés. Le prochain étant sans doute d'éviter l'Iran d'acquérir la bombe atomique. Tant que ces peuples s'entredéchirent avec des armes conventionnelles, nous pouvons pratiquer cette politique de confinement. Le passage à l'arme nucléaire serait évidemment une rupture inacceptable de ladite politique.
     

Cela fait plusieurs décennies que nous pratiquons une politique interventionniste qui a prouvé être un échec total. Il est temps d’essayer autre chose.

15/08/2013

Où va l’Egypte ?

Depuis le renversement du Président islamiste, le camp des "pro-Morsi" essaye de se montrer sous un jour avantageux vis-à-vis de l'opinion publique internationale, des gouvernements étrangers, des instances internationales. A longueur de témoignages, ils cherchent à faire accroire l'idée qu'ils sont des pacifistes (ce qui est absolument faux), que M. Morsi a été élu démocratiquement (ce qui est vrai bien évidemment), que son renversement est un Coup d'état (ce qui est vrai également, n'ayons pas peur des mots) et qu'ils ne cesseront leurs occupations que le jour où il sera réinstitué (ce qui est une perspective sans espoir aucun).

Les Frères musulmans sont arrivés au pouvoir de la façon la plus sournoise et la plus dangereuse qui soit pour la démocratie. Ils ont profité d'un régime dictatorial et récompensant ses affidés pour tisser leur toile en s'occupant des plus démunis, avec l'argent de certaines monarchies pétrolières. Cela leur a permis de s'enrichir, d'islamiser ou de réislamiser des pans entiers de la société, de se structurer en vue de la prise du pouvoir, y compris par des voies soi-disant démocratiques. Je dis soi-disant, car où est la démocratie lorsque l'on achète les voix de millions d'électeurs démunis de tout, avec de l'argent venu d'ailleurs ?

Une fois au pouvoir, ils ne se sont occupés que de leur agenda basé sur le triomphe de leur religion sous sa forme la plus archaïque au lieu de tenter de gouverner le pays au bénéfice du plus grand nombre. En faisant cela, ils se sont rapidement aliéné des pans entiers de la société égyptienne. Des millions de gens excédés sont descendus dans la rue pour demander la chute de ce régime archaïque et incompétent. La suite on la connaît.

La propagande des pro-Morsi à l'encontre des médias et des gouvernements étrangers semble avoir assez bien fonctionné si l'on en croit les réactions venant de Washington et des capitales européennes. Un grand embarras  venant d'un pays, les Etats-Unis, qui comme d'habitude aime distiller des conseils gratuits au reste du monde. Oubliant totalement la brutalité de ses propres forces de police lorsqu'il s'est agi de nettoyer les campements des tenants (inoffensifs) de "Occupy Wall Street" dans la nuit du 14-15 octobre 2011. Ou de la Garde nationale pendant les émeutes de Los Angeles en 1992. A cette occasion, le Président Bush (père) a déclaré entre autres qu'il « utiliserait toute force nécessaire ».

Alors y avait-il une autre solution que la dissolution des campements par la force ? Je ne le crois pas malheureusement. Face à des éléments fanatiques, habités par des certitudes aveugles il est impossible de négocier. On ne négocie pas avec les représentants auto-proclamés de Dieu himself, n'est-ce pas.

Où va l'Egypte ? Espérons qu'elle ne va pas vers la guerre civile, mais le nombre d'églises coptes incendiées suite au démantèlement des campements des pro-Morsi, et dont on parle trop peu dans les médias occidentaux, fait craindre le pire. Ni vers un scénario "à la Syrienne". L'avenir seul se chargera de nous apporter les réponses.

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04/07/2013

L'UE: encore et toujours un conglomérat de couards

La "grande" Europe, celle qui fait payer sa défense par les Etats-Unis et qui essaye de nous tordre le bras dans tous les sens pour essayer de détourner une part de l'insolente prospérité helvétique à son profit, vient une fois de plus de démontrer son absence de courage politique.

Le jour où M. Snowden a dit tout haut ce que tout le monde savait déjà depuis 2004 au moins, on a entendu de partout des clameurs menaçant les Etats-Unis de représailles diverses et variées et notamment de suspendre les pourparlers sur les accords de libre-échange. Il aura fallu moins d'une semaine pour que les Européens oublient tout et reviennent à de meilleurs sentiments.

Et hier, la France qui aime tant nous donner des coups de bâton du haut de sa grandeur et de son rang de membre du couple moteur de l'Europe  (mais pour aller où ?), a battu un record du monde de vitesse dans le baisser de culotte vis-à-vis de ces mêmes Etats-Unis. Le grand pays souverain a fermé son espace aérien à l'avion présidentiel du président bolivien au motif que M. Snowden pourrait être à bord. Tout cela pour que le Ministre des affaires étrangères s'excuse platement à la fin de la journée.

La France a toujours eu une diplomatie marquée par sa lâcheté. Il suffit de repenser à ce qui s'est passé à l'époque du premier choc pétrolier provoqué par la guerre du Kippour, lorsque la Hollande avait pris fermement le parti d'Israël alors que la France allait faire des courbettes à toutes les monarchies pétrolières pour garantir ses approvisionnements. Et ne remontons pas plus loin pour ne pas ranimer de tristes souvenirs.

Il en va dans le monde comme dans la cour de récréation de toutes les écoles du monde: le plus grand tape sur celui qui est moins fort que lui et celui-ci cherche à se venger sur un plus faible que lui et ainsi de suite.

La Suisse a le "privilège" d'être à la fois un des plus petits états de la planète et un de ceux qui détient le plus de génie industriel et financier. Des groupes comme Nestlé, ABB, Novartis, Roche, UBS, Crédit suisse, etc…  sont des géants à la taille planétaire que même des états comme les Etats-Unis peuvent nous envier. Le fait que nous soyons un nain politique, démographique et militaire nous rend la tâche difficile en ces temps excessivement troublés.

Et il semble que personne, en Suisse, ne sache encore comment utiliser nos forces pour masquer nos faiblesses. Ce ne sera en tous les cas pas en rejoignant un club de couards.

12/06/2013

L'inflexible

C'est le titre de la biographie consacrée à Mme Widmer-Schlumpf publiée en 2011.

Elle est peut-être "inflexible" à l'intérieur de nos frontières nationales  et face à nos parlementaires mais force est de constater que dans les négociations avec les gouvernements étrangers on cherche vainement où se trouve cette qualité. Pour l'instant on a plutôt le sentiment d'une reculade  systématique. La meilleure preuve étant justement que l'on se trouve aujourd’hui avec un Parlement qui doit accepter un arrêté urgent en ne connaissant pas les termes de l'accord et en n’ayant aucune garantie que cela va véritablement régler le problème d'une façon définitive.

La seule garantie, apparemment, est cette petite phrase de la Ministre: "les Etats-Unis [sauront] se montrer «fair-play» si les banques suisses collaborent". Je ne sais pas si cette "petite phrase" vous rassure, mais pour moi c'est le signe même de la mauvaise qualité de cet accord et qu'il ne résout rien. Et quant à croire au fair-play des Etats-Unis, cela montre que la dame inflexible est encore occupée à jouer avec ses poupées en attendant le Père Noël. Pathétique. Autant jouer à la roulette russe avec 6 balles dans le chargeur.

Mme Widmer-Schlumpf n'est tout simplement pas à la hauteur de la situation. Il est urgent de changer de Ministre pour mener à bien ces négociations.  Mais qui dans le Collège actuel ferait mieux qu'elle ?

La seule personne qui semble garder la tête sur les épaules en amenant des arguments étayés (et pas des grand principes plus ou moins fumeux) et des propositions est M. Thomas Minder. Premièrement, il a rappelé que «En Suisse, c’est toujours le droit suisse qui s’applique jusqu’à preuve du contraire.» Deuxièmement  il a parlé d’échec d’une négociation et a interrogé ses collègues sénateurs: «Pensez-vous réellement que les poursuites contre les banques suisses cesseront avec cet accord unilatéral?» Ce qui est d'une évidence éclatante et seuls les naïfs du pays de Heidi pourraient croire à un tel conte de fée.

Si le Parlement accepte ce texte, ce sera la porte ouverte à tous les chantages, non seulement de la part des Etats-Unis mais l'UE va s'engouffrer dans la brèche béante et nous soumettra à tous ses diktats. Finalement Le sénateur schaffhousois, tout en en profitant pour mettre en accusation les agissements des banques suisses a  [...exigé un accord d’état à état, seule manière qui permettrait de sécuriser la place bancaire suisse]. C'est effectivement le seul chemin viable à long terme. Cet "accord" doit être jeté aux orties et les deux pays doivent négocier un accord global qui certes punira la place financière suisse pour ses agissements du passé mais garantira également une remise à zéro des compteurs.

Charge au secteur bancaire de changer ses pratiques.

11/06/2013

Turquie: Le bras de fer continue

Depuis le début de la crise que traverse le pays (voir également la note "Turquie: vers un espoir de changement"), crise qui comme chacun le sait va au-delà du réaménagement de la Place Taksim, le premier ministre réagit en sultan outragé dont une bande de galeux a l'outrecuidance de défier l'autorité.

Ses réactions sont quasi pathétiques et son discours empli de "moi je" et de la liste de tout ce qui lui appartient dans ce pays ("mon pouvoir", "mon maire", "mon gouverneur"…). Ses menaces répétées devant des foules de supporter ne sont rien d'autre que des appels à la violence, à la haine, au meurtre (qui sait à quelles extrémités une foule dont la haine a été attisée peut se laisser aller), en un mot un appel à la guerre civile. C'est tout simplement ahurissant d'inconscience et d'irresponsabilité. Comme si cet homme et ses partisans fanatiques voulaient en finir une bonne fois avec tous ceux qui osent résister à l'islamisation de ce pays. Qu'un chef de gouvernement d'un pays qui se prétend démocratique appelle ses partisans à la guerre civile révèle son vrai visage.  

Il avait préféré, jusqu’à présent, une habile tactique pour mener à bien les changements menant à une Société dont la religion devait être le nouveau fondement. Au fil du temps, le pouvoir était devenu de plus en plus intransigeant et n'hésitait pas à intimider ses opposants. Aujourd'hui la rue a forcé M. Erdogan à révéler sa vraie nature. Si un bain de sang devait être le prochain dénouement de cette contestation, la responsabilité écrasante de ce grand malheur en reviendrait entièrement à cet homme dur, intransigeant et déterminé à mener ses réformes jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix.

M. Erdogan, vous ne faites plus illusion, votre masque de soi-disant démocrate est tombé.

10/06/2013

Un plébiscite ambigu sur l'asile ?

C'est le titre de l'éditorial de M. Pierre Ruetschi dans la TDG de ce jour. Outre qu'il est assez piquant d'oser qualifier "d'ambigu" un résultat positif à plus de 78% (78,5), c'est tout simplement faux. La seule chose qui soit ambiguë dans tout cela, c'est l'éditorial lui-même. Reprenons quelques-uns des propos de M. Ruetschi (dont j'apprécie souvent les éditoriaux par ailleurs)…

[…Le vert du vote sur l'asile pâlit sensiblement en passant sur la Suisse romande…]. Certes les scores sont légèrement inférieurs à la moyenne nationale, mais même les 61% d'acceptation à Genève restent impressionnants et un message absolument limpide.

Plus loin on peut lire: [Cela ne fait aucun doute, une partie des Suisses a voté les yeux bandés, sans s'intéresser au détail des mesures, selon un réflexe de crainte et de repli…]. Magnifique. C'est le cliché habituel de l'élite bien-pensante: si vous osez vous poser des questions c'est que vous avez peur de l'autre, de l'étranger en particulier, que vous êtes xénophobe, voire raciste. Et les vraies dérives qui s'offrent tous les jours à la vue des citoyens de ce pays sont systématiquement occultées.

Plus loin encore, après avoir pris le peuple suisse pour un ramassis de crétins, l'éditorialiste nous dit: […Osons croire qu'une bonne frange des votants a compris l'esprit qui a animé Simonetta Sommaruga pour entreprendre d'urgence cette réforme.] Ouf, nous voilà rassurés, nous ne sommes pas tous pris pour des flans.

Il rappelle ensuite que: […le cœur même des mesures proposées par la conseillère fédérale [est] une puissante accélération du processus de traitement des dossiers. Sa lenteur actuelle renvoie les requérants dans la rue et exacerbe les tensions. Les Suisses se sentent menacés par une population désoeuvrée et marginalement criminelle tandis que les requérants sont contraints de végéter quatre ans ou plus pour connaître leur sort]. Je crois que M. Ruetschi a parfaitement résumé l'enjeu de cette modification de la Loi et le pourquoi de son acceptation massive. Et je pense que le peuple suisse a parfaitement compris ces enjeux. Cette illumination n’est pas réservée à quelques journalistes et politiciens distingués.

Enfin je citerai encore ce paragraphe: [C'est bien cette nouvelle célérité dans le traitement qui peut changer la donne de la politique de l'asile. Et qui explique le vert sans tache de la carte du oui. Le vert de l'espoir]. Soudain, d'un seul coup d'un seul, cette votation qui était le signe de la peur, du repli et de la xénophobie latente du peuple suisse devient le message de l'espoir. Comprenne qui pourra. Je crois qu'à force de faire de l'équilibrisme entre ce qu'il pense peut-être vraiment au fond de lui et l'obligation de s'en tenir à la langue de bois habituelle sur ces question, M Ruetschi ne sait plus vraiment où il en est. D'où la confusion extrême de son éditorial.

Je pense que le peuple suisse a voté avec une grande maturité, comme il le fait dans l'écrasante majorité des cas et je dis cela volontiers, même si je ne vote pas toujours comme ladite majorité. Il a fait preuve de courage en plébiscitant les courageuses réformes entreprises par Mme Sommaruga. Et le rédacteur en chef d'un journal suisse devrait avoir cela à l'esprit en interprétant le résultat des votations. Traiter implicitement les gens d'idiots en les soupçonnant d'avoir voté "la tête dans le sac" est une insulte à l'intelligence et à la haute conscience politique de ses concitoyens.