23/04/2017

Frontaliers : certains propos n’aident pas à la cohésion transfrontalière

Deux articles ont retenu mon attention ces derniers jours. Essentiellement par l’outrance des propos tenus par des élus/politiciens français.

Le premier, en date du 12 avril, concernait les indemnisations chômage des frontaliers. C’est un véritable bal des pleureuses du côté français. Rendez-vous compte, il peut arriver que les frontaliers se retrouvent au chômage ! Et même si tout est fait dans les règles de l’art et que la Suisse a couvert 28,5 % desdites allocations aux frontaliers en 2014 (131 millions d’euros sur 460), certains élus/politiciens français trouvent cela insupportable. Selon Quentin Mayerat, directeur de campagne de Benoît Hamon (il a autant de chances d’être élu que ma grand-mère) : « C’est un hold-up financier qui force le contribuable français à assurer une indemnité proportionnelle à un salaire suisse généralement trois fois supérieur au français ». Quant à Cemil Sanli, candidat de la France insoumise de Mélenchon en Haute-Savoie, il nous livre une analyse digne d’un jésuite « La Suisse ne peut pas prendre (sic) nos forces de travail tout en se déresponsabilisant en cas de chômage ». Doit-on rappeler à ces messieurs que ce règlement a été défini et accepté par les 28 pays membres de l’UE et que la Suisse a adopté ce droit européen dans le cadre des accords sur la libre circulation des personnes. Et deuxièmement que s’il n’y avait pas de travail en Suisse pour les français il y aurait près de 300'000 chômeurs de plus en France. Sans compter tous les emplois indirects induits (bâtiment, santé, éducation, consommation, etc..) par cette manne financière, se montant en 2014 (et en hausse constante) à 16 milliards d’euros, rapatriée par les frontaliers.

Le deuxième, en date du 22 avril, concerne le fait que les TPG se permettent de former et d’engager des résidents genevois au lieu d’engager 100% de frontaliers. Ce qui provoque l’ire d’Antoine Vieillard, maire de St-Julien : « Avec quelle impudeur les autorités cantonales genevoises se targuent de violer les principes qui fondent les accords bilatéraux et de libre circulation tout en les défendant publiquement à chaque votation ». Mais ce monsieur va encore plus loin en disant : « Cette politique discriminatoire érigée en politique cantonale est économiquement absurde. Quand on recrute sur le passeport plutôt que sur l’expérience, on prend le risque de recruter des chauffeurs de bus qui multiplient les accidents (sic) ou de placer la vie des Genevois dans les mains d’infirmiers moins expérimentés (re sic) ». Si la sollicitude de monsieur Vieillard me touche, ses propos sont un fatras d’erreurs et d’insultes. Les erreurs proviennent du fait que je ne vois pas en quoi le fait de former des chômeurs serait une atteinte à la libre circulation. La deuxième erreur provient du fait qu’il parle « d’embauche sur la base du passeport » alors que la formation et l’embauche se font sur la base du lieu de résidence ce qui n’est pas du tout la même chose. Et doit-on lui rappeler que lorsque il y a une vingtaine d’années la Migros a essayé d’ouvrir une succursale dans la région d’Annecy elle s’est heurtée à tous les barrages possibles et imaginables sur la base de la préférence nationale ? Lorsque les français empêchent une entreprise suisse de s’implanter en France ils font preuve de patriotisme et lorsque les Suisses tentent de donner une nouvelle chance à des chômeurs résidant en Suisse, ils sont des violeurs d’accords. Quant aux insultes et au mépris ils sont évidents dans cette scandaleuse citation : « … on prend le risque de recruter des chauffeurs de bus qui multiplient les accidents ou de placer la vie des Genevois dans les mains d’infirmiers moins expérimentés. » Donc pour monsieur Vieillard, les résidents genevois sont des crétins incapables de conduire ou de soigner des malades dans un hôpital. Charmant !

Certains/beaucoup feraient mieux de se taire avant de dire des stupidités et les propos outranciers contenus dans les 2 articles cités ne font rien, mais alors rien, pour améliorer la cohésion dans le Grand Genève !  

02/07/2014

Genève devrait «suissiser» sa politique

Il m’arrive parfois de me demander si un des maux qui frappent Genève ne serait pas sa trop grande proximité avec la France. Nous en partageons en tous les cas certaines des tares:

  • Egos des politiciens surdimensionnés
  • Culture de la confrontation politique qui reste pourtant parfaitement stérile
  • Très lente et encore insuffisante prise de conscience des rouages de la politique fédérale indispensable à une bonne gestion des affaires cantonales car on se croit «seul au monde»
  • Arrogance «culturelle» vis-à-vis du reste de la Suisse et notamment de sa partie germanophone
  • Difficulté à se remettre en question afin de faire bouger la société
  • Défense des acquis à tout prix, y compris la paralysie
  • Dette bientôt hors de contrôle 

Comme je m’en suis déjà maintes fois ouvert dans ce blog, je reste catastrophé par l’immobilisme de la ville et du canton. Mois après mois, année après année, on attend que les grands dossiers urgents se débloquent et ce n’est que la déception qui est la plupart du temps au rendez-vous. Certes, le chantier du CEVA a démarré et l’hôpital cantonal se développe à grande vitesse. Mais c’est à peu près tout ce dont nous pouvons peut-être nous enorgueillir. Pour tous les autres chantiers, pourtant urgents, et dont tous les Genevois ont au minimum entendu parler, l’encéphalogramme est plat. La dette continue d’augmenter alors même que les grands chantiers ne sont pas mis en route ce qui est plus qu’inquiétant car on se demande vraiment où file cet argent utilisé à des fins stériles. Nos politiciens continuent de se chamailler et finalement de se neutraliser pour notre plus grand malheur.

J’ai rêvé dans un blog (voir: "Elections genevoises: à quand des politiciens hors sol") de la possibilité d’importer des politiciens d’autres régions de Suisse, voire de l’étranger. Ce rêve reste toujours aussi vivace car nous aurions besoin d’apprendre ou de réapprendre ce qui fait la force de la Suisse, de sa politique et de ses institutions. Et de grâce, cessons de trop regarder à l’ouest, un pays qui a certes longtemps été un phare culturel mais qui est depuis des décennies un pays de plus en plus sclérosé.

05/04/2014

Curabilis: seulement 48 années pour se préparer

Article quelque peu surréaliste dans la TDG de ce jour qui annonce que cette structure est «inaugurée mais qu’elle n’ouvre pas encore». Ce décalage est dû au fait que, vu le peu de temps accordé par les 48 années de préparation (depuis la décision de principe de sa construction), il manque encore une partie du personnel nécessaire à son fonctionnement, à savoir le responsable de la psychiatrie, des infirmiers et près de la moitié des gardiens (ou devrait-on dire GO au vu de certains propos du directeur?).

Cette structure voulue par les cantons latins qui doit remplacer entre autres la tristement célèbre Pâquerette, a par contre un directeur en la personne de M. Florian Hübner. Au vu de toutes les dérives tragiques (Adeline à Genève, Marie dans le canton de Vaud, etc..) et/ou scandaleuses (affaire Carlos à Zürich, etc.. là aussi, malheureusement) que l’on connaît dans le domaine de la réhabilitation/réinsertion de criminels dangereux en Suisse on aurait pu espérer que le recrutement du directeur serait particulièrement soigné. Je ne connais pas ce Monsieur, mais quelques propos tenus lors de l’inauguration me font craindre le pire. A savoir qu’il soit l’un de ces doux rêveurs utopistes qui peuplent si volontiers ces métiers.

Parlant de l’aménagement des cellules et présentant les vitres blindées percées de petits trous pour l’aération il a dit que cela «symbolisait la voie lactée». Sic ! Plus loin, présentant l’unité de sociothérapie il a osé dans un premier temps: «Ici, les détenus feront eux-mêmes à manger. Ils participeront à des ateliers boulangerie, céramique, menuiserie. Ils pourront se confronter à leurs pairs. Un peu comme en colonies de vacances» (re sic !), avant de se rétracter.

Genève a donc construit un magnifique ensemble de bâtiments qui ne sont pas encore opérationnels et qui même lorsqu’ils le seront ne soulageront Champ-Dollon qu’à la marge. Tout reste donc à faire. Espérons au moins que les 48 années de préparation ayant mené à l’inauguration de cette structure auront permis une véritable réflexion autour des méthodes thérapeutiques mais je dois dire que je crains déjà le pire. Puissé-je être rapidement détrompé.

04/10/2013

Elections genevoises : à quand des politiciens hors sol ?

Nous constatons tous que les prochaines élections au Conseil d'Etat et au Grand Conseil ne passionnent pas les foules. Et puisque nous semblons condamnés à devoir choisir entre des borgnes et des aveugles, faut-il s'en étonner ?

Entre les politiciens qui se taisent (espérons que c'est par décence suite à l'incroyable amateurisme à tous les échelons de responsabilité dans le meurtre sordide et fou de cette jeune et belle mère de famille ayant dû accompagner seule un violeur multirécidiviste et pas par calcul politique…), ceux qui n'ont rien à dire mais qui se présentent quand même, ceux qui ont un programme politique de l'épaisseur d'une feuille de cigarette, ceux qui se prononcent pour le départ des multinationales, ceux qui ont leur ego pour tout programme, ceux qui sont peut-être usés par l'exercice du pouvoir (si particulier et frustrant à Genève), le débat est quasi inexistant. Genève souffre d'avoir une classe politique, à quelques exceptions près, d'une médiocrité stratosphérique. Et les rares qui auraient des idées sont bloqués par la cohorte des neinsager, toujours les mêmes, qui veulent faire de Genève un village arriéré et sous-développé.

Alors ne faudrait-il pas "importer" des élus qui ont fait leurs preuves ailleurs ? On le fait volontiers dans le sport et l'on constate le bien que cela produit. Si la Suisse n'avait pas, depuis 2-3 décennies, importé des coaches et des joueurs étrangers de haut niveau dans le domaine du hockey sur glace, serait-elle devenue vice-championne du monde en 2013 ?

Elmar Ledergerber, ancien maire de Zürich, élu  2e meilleur maire du monde en 2008, pourrait apporter sa vision, son dynamisme, son punch à la scène sclérosée et trop souvent ridicule de la vie politique genevoise.

Boutade ? Oui, bien sûr. Mais rêvons un peu. Je ne connais pas M. Ledergerber personnellement et ne puis me prononcer quant à ses envies et ses desseins politiques dans les années qui viennent (et il a tout de même 69 ans). Mais si ce n'est lui, cela pourrait être son frère. Qu'il vienne de Suisse ou de l'étranger. On s'en fiche après tout, pourvu qu'il soit compétent et ait fait ses preuves.

J'en ai tellement assez des amateurs pas éclairés qui nous gouvernent que je suis pour un transfert massif de politiciens venant d'autres régions de Suisse. Et s'il le faut, je suis pour l'immigration choisie de politiciens étrangers apportant une vision neuve et non partisane pouvant revivifier Genève et sa région.

C'est malheureusement un peu tard pour ces élections-ci et je redoute déjà leur résultat. Alors, en attendant ce miracle, au secours !

 

30/09/2013

Les enfants gâtés de Genève

Selon la TDG de ce jour, la future patinoire de Genève  est remise en question pour des raisons qui montrent une fois de plus combien il est difficile de faire avancer quelque dossier que ce soit dans cette ville. Rien de nouveau ici. Je me suis déjà maintes fois épanché sur le sujet. Mais la répétition de ces situations de blocage rend les choses vraiment de plus en plus frustrantes.

Entre notre personnel politique qui se complaît soit dans la médiocrité, soit dans l’hyperinflation de l’ego, soit les deux à la fois et la cohorte des tenants du « c’était mieux avant et je ne veux aucun changement », Genève n’arrive pas à se développer et reste scotché à son niveau de développement des années 60 en termes de logements et d’infrastructures.

La patinoire ne se construit pas car certains ont la nostalgie d’un ignoble cube de béton vétuste aux Vernets. La traversée de la rade ne se construit pas car la classe politique se bat comme des chiffonniers et certains croient encore que l’on peut endiguer le trafic en refusant la construction des infrastructures. La plage des Eaux-Vives est condamnée car certains croient que c’est la meilleure solution pour protéger la nature. La rénovation du MAH est au point mort, bloqué par toutes les têtes bien pensantes de Genève qui jouent la montre et espèrent le découragement des courageux entrepreneurs et mécènes qui souhaitent faire aboutir ce projet. Le stade de Genève reste une entité à demi-morte car personne n’ose voter les 30 millions nécessaires à sa finition. D’innombrables projets immobiliers sont bloqués pour des raisons plus ou moins fumeuses alors que Genève a tant besoin de logements et que ces refus ne font qu’augmenter le trafic des pendulaires venant de l’autre côté de la frontière.

La rénovation de la gare de Genève a failli échouer car un homme politique genevois a cru devoir y mêler son ego. Et le même a failli faire échouer la construction du pont Wilsdorf.

Ceux qui sont derrière tous ces refus et tous ces échecs doivent ressentir une grande satisfaction narcissique à constater les dégâts dus à leur « pouvoir ». Ce dont ils ne se rendent peut-être pas compte est qu’ils prétéritent gravement le développement de Genève. Nous avons hérité d’une région et d’une ville exceptionnelles. Vouloir figer cela dans le béton met notre futur en question. Aucune ville au monde ne peut rester figée sur son passé. Et puisque nous en sommes là, pourquoi figer Genève dans les années 60 ? Pourquoi ne pas revenir en arrière (cela devait sûrement être encore mieux avant) ? Pourquoi ne pas refaire de Genève un village lacustre bâti sur pilotis ?

Ces tenants du non à tout développement ont un discours pervers. En général ils disent ne pas être opposé au développement, mais « pas comme cela ». Et que proposent-ils à la place ? Rien !

Tout refuser sans rien proposer à la place est une attitude d’enfant gâté. Nous (collectivement) risquons de le payer très cher car le reste du monde est en marche.   

16/03/2013

Genève - budget 2013: Un spectacle navrant

Pendant que Genève doit affronter des défis considérables:

  • Avenir et développement de la Genève internationale,
  • Présence des multinationales,
  • Développement du Grand Genève,
  • Développement des infrastructures (dont l’évanescente et pourtant de plus en plus urgente traversée de la rade),
  • Gestion d'une dette qui reste préoccupante,
  • Finition du stade de Genève 10 ans après sa livraison,
  • Construction de la future patinoire,
  • Rénovation du MAH bloquée par les mêmes farfelus nostalgiques que ceux qui veulent empêcher la destruction de la patinoire des Vernets, hideux cube de béton que seuls ces indécrottables nostalgiques de tout et de rien prétendent inscrire au patrimoine

Notre classe politique montre une fois de plus ses limites en se chamaillant comme des collégiens autour du budget 2013.

On croyait avoir touché le fond du caniveau politique il y a longtemps. Eh bien ladite classe politique a trouvé des pelles et des pioches pour s’enfoncer un peu plus dans les entrailles de la Terre.

Nous, citoyens de Genève, n’avons pas mérité une telle incompétence où la défense des egos et des intérêts étroits des uns et des autres est la seule boussole politique.

Quand nous révolterons-nous par les urnes ?

30/12/2012

Bravo M. Olivier Jornot

Ravi d’apprendre, selon un article de la TDG de samedi, que l’on assiste à une renaissance du Ministère public. Après les années Zappelli et ses dérives sur à peu près tous les plans, cela fait un bien fou à la République.

On apprend, entre autres, dans cet article, qu’il «cadre et intimide». Cela me paraît deux qualités indispensables face à des fonctionnaires qui ont pris de mauvaises habitudes et qui se montrent parfois capricieux et imbus de leurs prérogatives. Et cela ne vaut pas que pour le Ministère public.

Il y a malheureusement tant de départements, d’organismes ou de régies publiques qui dysfonctionnent à Genève qu’il faut souligner ce remarquable succès, obtenu qui plus est en seulement quelques mois (il est entré en fonction en avril 2012).

Mon souhait pour 2013: qu’il y ait moins de politiciens et de fonctionnaires à l’ego hypertrophié et/ou de bras cassés qui sévissent dans notre République et plus de personnes compétentes comme M. Olivier Jornot et M. Pierre Maudet. Avec des personnes de cette trempe, Genève et les Genevois pourraient regarder l’avenir avec plus de confiance.

Vive 2013 et tous mes vœux pour cette année aux nombreux défis.

22/01/2012

Les Calimero genevois

On a entendu, après la décision de Berne de ne pas inclure la traversés de la Rade dans la dernière liste d'extensions du réseau routier national, les pires propos de certains Calimero genevois. Je pense bien sûr, en premier lieu à Luc Barthassat qui s'est permis, durant l'émission Forum (de mercredi je crois) de fustiger, je cite, «l'empire bourbinique» pour tenter de dissimuler la vraie raison de cette non-inclusion: l'incompétence de nos élus.

Cela fait des années que Genève se distingue, malgré ses immenses atouts, essentiellement par ses «Genferei» et par son impossibilité apparemment congénitale, à faire avancer le moindre de ses projets. On connaît tous les incroyables ratés, retards, projets mal ficelés, sans envergure, sans âme et se heurtant à toutes les oppositions possibles et imaginables.

Zürich avance et réalise ce dont Genève ne peut que rêver. Mais est-ce seulement à cause de l'odieuse machination des Alémaniques ? Croire cela, c'est s'empêcher de réfléchir, c'est se bercer d'illusions, c'est s'interdire de trouver une solution en comprenant mieux les arcanes de la vie confédérale.

Entre un élu qui se laisse aller à l'injure confédérale de la plus vile espèce (que ces propos soient tenus au bord d'un terrain de football est déjà lamentable, mais qu'ils sortent, à la radio, à une heure de grande écoutes, dans l'émission politique phare de la RSR, de la bouche d'un élu, est tout simplement inadmissible), un autre qui fait apparemment (l'enquête le dira) le coup de poing, une autre qui ne tient pas ses troupes, une quatrième qui cautionne un réseau de transports publics qui ne satisfait personne, la liste des frustrations pour le simple citoyen genevois s'allonge comme le nez de Pinocchio.

Au lieu de vitupérer contre la Berne fédérale, nos élus feraient beaucoup mieux de retrousser leurs manches, de travailler ENSEMBLE à définir un vrai projet pour Genève, dont doit faire partie le contournement est de Genève. Imaginez que l'on en est encore à se demander si l'on ne voudrait pas plutôt passer encore une fois par l'ouest, soit en construisant une nouvelle autoroute, soit en élargissant l'actuelle. C'est inimaginable. Et l'on voudrait que Berne s'engage et dise: "Oui, oui, choisissez une variante, déchirez-vous pendant encore 50 ans, et le jour où vous vous serez enfin mis d'accord (si cela arrive un jour), qu'il n'y aura plus d'opposition, que le dernier poisson rouge aura été consulté et aura donné son avis, eh bien nous financerons volontiers vos moindres désirs".

Quelle inconséquence !

18/12/2011

Encore raté ?

Le changement de réseau et d'horaires des TPG n'a pas fini de faire couler beaucoup d'encre. Le courroux de beaucoup d'usagers est-il mérité ou non, seul l'avenir répondra vraiment à cette question, car il y a, à ce jour, trop d'émotions négatives qui empoisonnent le débat.

Au-delà de ces questions, il y a aussi le réaménagement de la place Bel-Air qui ne laisse pas indifférent. Encore une fois, l'aménagement d'une place ou d'un rond-point à Genève laisse un sentiment, au mieux, d'amateurisme, au pire d'incompétence crasse. Il n'est que de penser à la tristement «célèbre» place Cornavin. Et puis, si l'on suit les voies du tram 12, on a le privilège de passer, depuis Carouge, à la place des Augustins, puis au rond-point de Plainpalais, près de la place Bel-Air, et ensuite, après avoir suivi la tristounette rue du Marché (qui devrait être la plus belle de Genève mais qui n'est qu'une triste rue faite de bric et de broc), on arrive au non moins inénarrable rond-point de Rive. Un collier de «perles», mais de perles dignes de la foire aux cancres.

Qu'est-ce qui fait que Genève semble incapable d'insuffler un peu d'imagination, de perspective, de beauté, de saine « grandeur» dans son développement ? Pourquoi penser si «petit», si étriqué, si dénué d'imagination ? Est-ce encore le terrible esprit puritain de Calvin qui pèse sur la ville et qui bride les esprits et interdit aux uns et aux autres de se donner le droit de créer et de s'offrir un cadre de vie agréable et digne de la réputation, par ailleurs planétaire, de Genève ? Si tel devait être le cas, alors il serait largement temps de secouer ces résidus de mauvaise conscience et de culpabilité mal placées et mal vécues.

J'ai déjà écrit sur le développement de Genève (voir «Genève a mal à son développement») et je vois que rien n'avance. Comme d'habitude. Si ce n'est pas l'esprit de Calvin qui nous joue des tours, je suis en tous les cas plus que jamais convaincu qu'il y a trop de niveaux de décisions et trop d'acteurs dans ce petit mouchoir de poche que représente Genève. Pensez qu'il y a 48 (!) communes dans ce minuscule territoire. Et comme il y a aussi un gouvernement cantonal, il y a donc, pour tout projet ou presque, 49 exécutifs à convaincre, dont tous défendent leur pré-carré et des intérêts parfois largement égoïstes. Cela en plus de toutes les Associations privées qui se font et se défont au gré de leurs intérêts pour bloquer quasiment tous les projets. Et comme nous parlons volontiers d'agglomération franco-valdo-genevoise (je préférerais pour ma part parler tout simplement de l'«agglomération genevoise»), cela veut dire qu'il faut non seulement mettre d'accord 49 exécutifs, mais qu'il faut, du côté suisse, négocier avec le canton de Vaud, avec la Confédération (qui a été trop longtemps, pour les genevois, une entité ressentie comme étant aussi proche que la planète Mars), avec les Régies fédérales comme les CFF et du côté français, avec les communes limitrophes, et éventuellement avec l'état français, et on a vu trop souvent que le partenaire français savait largement manier la mauvaise foi dans ses rapports avec Genève et avec la Suisse.

Alors a-t-on vraiment besoin de 49 exécutifs ? Personnellement, et je vais cette fois-ci beaucoup plus loin que dans le billet cité plus haut, je serais favorable à la suppression de 48 de ces exécutifs, afin d'administrer ce territoire avec un seul Exécutif de magistrats compétents et qui n'auraient pas besoin de respecter les susceptibilités, les atermoiements et les bâtons dans les roues de tous ces acteurs qui voient midi à leur porte. La structure actuelle bloque tout, étouffe Genève et l'empêche de se développer au rythme nécessaire aux changements de plus en plus rapides que la marche du Monde nous impose.

Comment voulez-vous faire avancer un projet, quel qu'il soit, lorsqu'il faut négocier avec 49 exécutifs genevois plus le Canton de Vaud, plus la Confédération, plus l'une ou l'autre Régie fédérale plus les communes françaises, voire l'état centralisé français ? Rien d'étonnant qu'il faille plus de 80 (!) ans pour arriver à donner enfin le premier coup de pioche au CEVA (et encore les derniers recours n'ont pas été levés), comme cela avait été le cas pour la réhabilitation du quartier des Grottes et il est à craindre qu'il en faudra autant pour le contournement autoroutier est de Genève. Quant au PAV, il semble déjà qu'on épuisera autant de directeurs du projet que Christian Constantin épuise d'entraîneurs, avant de parvenir, ne serait-ce qu'à dessiner un projet quelque peu cohérent sur le papier.

Je trouve cela dramatique et infiniment triste et stérile et je serais d'avis de mettre un grand coup de balai dans tous ces petits royaumes qui empêchent Genève de vivre et de grandir intelligemment et en accord avec sa réputation planétaire. Un seul exécutif permettrait d'avoir une vision globale, courageuse et déterminée du développement de cette ville-canton, ou de ce canton-ville, et de négocier d'une seule voix, forte, avec la Confédération et avec les voisins vaudois et français.

22/05/2011

Genève a mal à son développement

Ce constat n'a rien d'original et pas besoin de diplôme en urbanisme pour s'en rendre compte. Mais bravo à la TDG pour tous ses dossiers thématiques concernant le développement de Genève.

Il apparaît malheureusement trop souvent qu'il est plus facile de déplacer les Alpes que de faire bouger Genève. Entre les multiples projets souvent intéressants, les non moins multiples oppositions souvent très égoïstes, cette satanée frontière qui rend tout projet beaucoup plus difficile et ces épices si particulières que sont les « Genferei », on arrive à une situation digne de Kafka.

Genève a une réputation mondiale dont peu de villes au monde peuvent se targuer. Et Genève hésite visiblement entre se développer pour être enfin à la hauteur de sa réputation et rester un grand village écartelé entre le dynamisme de son économie et des tracas administratifs apparemment sans fin.

L'agglomération genevoise compte près de 800'000 habitants. Cela commence à être respectable mais c'est aussi un seuil  à partir duquel cela commence à générer de grosses difficultés, de logement et de transport notamment. D'infrastructures en général.

Il est temps, me semble-t-il d'être courageux et ambitieux. Certes, des projets sont en cours, mais :

  • Sont-ils suffisants?
  • Les projets immobiliers sont tous au point mort
  • La construction de nouvelles lignes de tram, pour être une bonne chose, ne vont pas répondre aux besoins de mobilité de la population. A la vitesse à laquelle les trams avancent dans cette ville, on va presque aussi vite à pied. Donc ce n'est qu'une demi-solution.

Genève a besoin de se moderniser. Genève a besoin d'une véritable vision pour son avenir. Le CEVA (même s'il n'est pas parfait) doit en faire partie. La plage Cramer (à défaut d'un autre nom) aussi. Le projet PAV également. Et l'autoroute de contournement de Genève, par l'est, est un excellent projet, mais prévu à l'horizon 2030-2040 (autant dire dans une autre vie). Hélas, tous ces projets (et de nombreux autres) sont englués comme chacun sait. Et si tous ces projets sont intéressants, ils ne suffiront même pas, car la ville a pris tellement de retard dans certains domaines qu'il lui faut faire un grand « bond en avant ».

Côté transport

Genève a besoin d'un véritable réseau de RER, avec passage en souterrain sous la ville. Le CEVA pourrait être le début de ce réseau, mais il ne suffira pas. On ne peut plus résoudre les problèmes de transport d'une agglomération de 800'000 habitants avec des trams. Il faut un système de métro/RER afin de relier les grands centres de développement de l'habitat avec les centres d'affaires, même s'il faut encourager le développement de projets qui offrent, sur un même site, des emplois et des logements.

Genève a besoin de terminer l'autoroute de contournement par l'est et ne peut attendre 2030 ou même 2040 ou une échéance tellement déraisonnable.

Côté logement

Nous connaissons les projets en cours. Je n'y reviendrai pas.

Je trouve qu'il serait intéressant de construire un véritable campus universitaire,  en campagne, qui réunirait toutes les Facultés et des logements pour étudiants en quantité suffisante (pourrait même servir de village olympique si Genève devait conserver l'espoir d'organiser un jour les Jeux olympiques). Le tout relié au centre-ville par une ligne de RER efficace. Les bâtiments universitaires désaffectés, qui se trouvent tous au centre de la ville, pourraient être transformés en logements (les surfaces concernées pourraient représenter des centaines, voire des milliers de logements) et/ou en surfaces commerciales, industrielles ou de bureaux.

Côté aménagement de la ville

Genève a besoin d'un bâtiment ou d'un quartier emblématique. Le jet d'eau (magnifique) et l'horloge fleurie (désuète)  ne suffisent plus. Il faut construire quelque chose qui sera une image de la ville qui pourra identifier Genève partout dans le monde.

Genève  a totalement raté le virage des zones piétonnes. Oui, il existe un projet et il est temps de l'amener à la vie. Nous sommes très forts pour générer des richesses, mais quand il s'agit de créer un environnement convivial et quelque peu (n'exagérons pas tout de même...smile) festif  dans la ville, alors là, les imaginations sont comme mortes. C'est un des causes de l'absence de vraies zones piétonnes.

Même constat avec la rade de Genève. S'il y a un léger mieux (par rapport à ce qui était un désastre), on est encore loin du compte pour faire de ce site fabuleux l'endroit convivial, inoubliable de beauté, que les genevois et les touristes auront plaisir à fréquenter. De l'audace et de l'imagination pour repenser totalement ce site.

Rue du Marché : à force de rafistolages bon marché et de bricolages de fortune, cette rue qui devrait être un des lieux conviviaux de la ville, ne ressemble plus à rien. Plus que tristounet.

Il reste dans la ville des verrues épouvantables. Avez-vous regardé une fois le Rond-point de Rive avec un œil un tout petit peu critique. Indigne d'une sous-sous-sous-préfecture française.

Et je ne vous parle pas de l'abri TPG de la Gare Cornavin côté Basilique Notre-Dame, trop souvent « habité » par une faune urbaine de la pire espèce et jonché de détritus. Un vrai bonheur.

Ce que je dis par rapport à l'aménagement de la ville de Genève peut être dit de toutes les villes suisses d'ailleurs, qui ont toutes des problèmes d'absence de convivialité. Elles sont à peu près fonctionnelles, présentent quelques jolis quartiers et ensembles architecturaux, mais sont trop souvent dénuées de « vie ». A-t-on peur de l'expression de la vie dans ce pays ?

Financement

Alors que Genève a besoin de financements conséquents pour assurer son grand « bond en avant », certains milieux ont cru bon de demander et d'obtenir une réduction d'impôts. Ce sont ainsi 350-400 millions de CHF qui sont « perdus » chaque année. Vraiment un très mauvais timing.

Je ne suis pas systématiquement contre le principe d'une baisse d'impôts, mais les égoïsmes individuels devraient s'effacer face aux besoins légitimes de la Collectivité. N'aurait-il pas été plus sage d'accepter le principe d'une réduction, mais de repousser son entrée en vigueur de 10, 15 ou 20 ans, le temps d'avoir mené à bien ces grands chantiers indispensables. Et n'oublions pas la dette encore abyssale de Genève qui rend tout projet plus difficile.

Alors on pourrait imaginer l'instauration d'une taxe exceptionnelle sur certaines activités pour compenser momentanément cette perte fiscale malencontreuse.

Quant à l'autoroute de contournement, dont le financement et la construction sont du ressort de la Confédération, Genève pourrait avancer l'argent et instaurer un péage pour le financer.

Gouvernance

A de trop nombreuses reprises en écrivant ce billet, j'ai été bien en peine en parlant du développement de Genève, de savoir si je parlais de la Ville ou du Canton. En fait, on ne peut dissocier les deux. Face à cette évidence, je me demande vraiment s'il est pertinent, dans un si petit espace, de conserver deux échelons d'Exécutif. Le gouvernement cantonal ne devrait-il pas en même temps assumer l'exécutif de la ville de Genève. Cela éviterait des redondances, des sources de conflits potentiels et permettrait d'avoir une vision plus globale, plus dynamique du développement de Genève

A l'adresse des "neinsager" compulsifs 

Je leur rappelle tout de même, qu'ils le veuillent ou non, qu'ils profitent d'une façon ou d'une autre, de l'exceptionnel dynamisme et notoriété de Genève. Et qu'une ville, une communauté, un pays ne se construisent pas avec des "neinsager", mais avec des gens qui osent, qui aiment, qui s'engagent, qui se battent pour une cause, une idée ou un projet. Pourvu que Genève ait la force de passer outre à tous les obstacles dressés par ces "neinsager" afin de parvenir à faire aboutir des projets intelligents, équilibrés et bénéfiques au rayonnement de cette ville magnifique !