27/10/2017

Occident : Ne pas l’abandonner aux mains des corrompus et des corrupteurs

Jeudi 26 octobre à 7h30, l’invité de Romain Clivaz sur La Première était le constitutionnaliste belge Christian Behrendt. Un homme cultivé et éclairé. Mais à la question de savoir pourquoi les populistes (de gauche et de droite) avaient autant de succès en Europe, il n’a su que répéter qu’il ne fallait pas oublier que la construction de l’Europe politique avait apporté la paix et que les programmes d’aide avaient permis le développement des pays d’Europe centrale. Exactement ceux qui se rebellent le plus contre Bruxelles.

Cette réponse est classique. Elle est parfaitement juste et légitime mais elle a le tort de ne pas répondre aux graves interrogations que se posent les peuples qui se révoltent contre leurs « élites ». Elle est donc, au mieux, incomplète, au pire, mauvaise, car premièrement personne ne conteste cela et deuxièmement cela ne répond en rien à l’exaspération croissante des peuples. Et c’est parce que les gens aux responsabilités ne répondent pas aux questions cruciales qui obsèdent, à juste titre, une large partie de la population, que nous voyons arriver au pouvoir des populistes de gauche et de droite, qui sont malheureusement plus ridicules, irresponsables, corrompus, ineptes et dangereux les uns que les autres :

  • Les Brexiters en Angleterre avec à leur tête Boris Johnson,
  • Trump aux Etats-Unis (lui, il cumule toutes les tares),
  • Viktor Orban en Hongrie (sérieusement corrompu),
  • l’AfD, un parti d’extrême droite qui est entré au Bundestag (pour la première fois depuis les années 30)
  • Sebastian Kurz, en Autriche, qui va s’allier avec l’extrême droite autrichienne pour gouverner
  • Andrej Babis en République tchèque, surnommé le « Trump tchèque » (ce qui est une référence en termes de corruption, de violations de toutes les règles d’éthique et de démocratie)
  • Marine Le Pen en France qui, si elle n’avait pas elle-même démontré l’étendue illimitée de son incompétence serait peut-être au pouvoir
  • Carles Puigdemont, l’irresponsable, qui fait rêver quelques catalans romantiques et/ou illuminés de grands soirs qui chantent.

Les peuples d’Occident veulent des choses relativement simples, claires, mais difficiles à atteindre :

  • Un contrôle strict et éclairé (définir pourquoi nous devons le faire et comment) de l’immigration musulmane
  • Une fin de la mise en coupe réglée de nos économies par des financiers insatiables et sans limites.

Ceux qui refusent de comprendre cela et continuent de nous abreuver de mots lénifiants sont les fossoyeurs de nos systèmes démocratiques et préparent des lendemains très sombres. Ce monde est souvent pathétique, mais il ne faut pas l’abandonner aux mains des ridicules, des populistes, des extrémistes, des corrompus et des corrupteurs.

26/07/2017

Trump démontre la fragilité de nos démocraties

Deux années de campagne électorale surréaliste et il a été désigné candidat républicain à la Présidence des Etats-Unis, envers et contre tous les avis autorisés.

Six mois de Présidence chaotique où il a poussé le népotisme, le conflit d’intérêt, l’incompétence, la bêtise à des degrés insoupçonnés et il est toujours là.

Certes il y a différentes enquêtes en cours sur ses liens et ceux de sa campagne électorale avec la Russie mais il est toujours là. Et ses « amis » républicains continuent de le soutenir alors que leur honneur, s’ils en avaient, aurait exigé depuis longtemps qu’ils se débarrassent de lui car pas un jour sans qu’un nouveau scandale n’éclate, sous une forme ou sous une autre. Non seulement il est totalement incompétent lui-même, mais son cabinet (celui ayant le QI le plus élevé de l’Univers comme le Ridicule-en-chef n’avait pu s’empêcher de le qualifier en janvier) est trop souvent à la hauteur de son chef : nul.

Etant incapable de faire passer quelque loi que ce soit, le Satrape-en-chef fustige le monde entier et se plaint d’être victime d’une chasse aux sorcières de la part de médias qui ne relaient que des « fake news ». Grand argument qui semble encore avoir le soutien de sa base qui a décidé de rester aveugle à tout. Si Barack Obama avait fait 10% des turpitudes de l’Absurde-en-chef, je pense que des millions de républicains, blancs, évangéliques et armés auraient convergé vers Washington pour le lyncher.

Ces jours Washington bruisse de rumeurs sur la stratégie que le Kleptocrate-en-chef pourrait adopter pour mettre fin à l’enquête du procureur spécial Robert Mueller. Seul le Ministre de la justice pouvant le révoquer, le Menteur-en-chef est en train de s’attaquer à Jeff Sessions, pourtant le premier Sénateur à lui avoir apporté son soutien, afin de le pousser à la démission. Raison : celui-ci ayant dû se récuser dans toute affaire liée à la Russie (car il avait menti au Sénat lors de son audition) ne peut licencier Rober Mueller. Et comme son adjoint (Rod Rosenstein), celui qui l’a nommé, ne semble pas décidé à le faire, le Manipulateur-en-chef pense qu’en obtenant la démission de Sessions il pourra nommer quelqu'un de suffisamment malléable pour faire le job.

Le Ridicule-en-chef ne comprend la loyauté qu’à sens unique. Il l’exige de toute personne qui l’approche car dans sa totale méconnaissance des institutions et son non moins total mépris pour celles-ci, il croit que les fonctionnaires doivent faire serment de loyauté à sa petite personne alors qu’elles le font à leur pays et à sa Constitution. Par contre lui n’a qu’une seule loyauté, celle vis-à-vis de ses intérêts et ceux de sa famille.

C’est pourquoi il est particulièrement enragé ces jours, Robert Mueller ayant annoncé qu’il allait enquêter sur ses affaires et sa déclaration d’impôts. C’est une ligne rouge car c'est là que se trouve la clé du Kremlingate. Et depuis il cherche n’importe quelle solution. Une alternative au limogeage du procureur spécial étant d’accorder la grâce présidentielle à sa famille et à … lui-même. Voilà où nous en sommes, un homme qui n’a rien à se reprocher, qui est victime de chasse aux sorcières, veut s’auto-accorder la grâce présidentielle. Mais la grâce de quel crime puisque il n’en a commis aucun ?

Tout ce sinistre feuilleton démontre la fragilité de nos démocraties. Dans un monde idéal il n’aurait jamais dû être candidat. Ou au bout de trois mois de présidence être destitué. Au lieu de cela il est toujours là et il va user de toute sa capacité de nuisance afin de vider la démocratie américaine de sa substance. Et à ce jour il est bien difficile de voir qui va gagner ce bras de fer : d’un côté ce Sauvage-en-chef prêt à confisquer le pouvoir à son profit, avec l’aide de tout l’appareil républicain, et de l’autre quelques brillants journalistes qui font un travail inouï et un procureur spécial pouvant être limogé à tout instant.

Nos démocraties sont décidément bien fragiles !

02/07/2017

Trumpcare : cette haine vous rappelle-t-elle quelque chose ?

Rendons justice à Trump en renommant ce projet autrement car son incompétence est telle qu’il n’a absolument aucune part dans les différentes tentatives de réécriture de la loi concoctées par différents leaders du parti républicain. Avec sa capacité de concentration digne d’un poisson rouge et le temps qu’il passe à regarder la télévision, à jouer au golfe et à tweeter des tombereaux d’insanités tout se passe dans d’autres officines que les bureaux de la Maison-Blanche.

De janvier 1940 à août 1941 les nazis ont mené une campagne systématique d’extermination des handicapés physiques et mentaux. Appelée Aktion T4, elle a été accomplie avec détermination par tout un appareil d’Etat. A partir du moment où le programme a été découvert des milliers de citoyens ont protesté avec un courage exemplaire face à l’ignoble appareil répressif du régime. Ces protestations contribuèrent à son arrêt officiel mais il y eut entretemps 70'000 à 80'000 victimes. Et même si l'Aktion T4 cessa officiellement en août 1941, l'extermination des handicapés se poursuivit tout au long de la Seconde Guerre mondiale et jeta les bases de la solution finale.

En 2017, de nombreux élus du parti républicain sont décidés à priver des millions d’américains de soins médicaux. Selon le CBO (en français, le bureau du Budget du Congrès américain, pourtant dirigé par un républicain) le projet laissera plus d’américains sans couverture médicale qu’avant l’introduction d’Obamacare. Les analyses prévoient que les pauvres devront payer beaucoup plus pour une moins bonne couverture et les personnes âgées à faibles revenus seront particulièrement impactées. Et, ironie de l’histoire, ce sont ces millions d’américains pauvres ayant massivement voté pour Trump, en croyant à ses slogans sans substance, qui seront le plus durement impactés en perdant toute couverture. Obamacare est un système de couverture des soins médicaux mais également un moyen efficace et intelligent de diminuer les inégalités. Le plan mis sur pied en grand secret par le sénateur républicain Mitch McConnell (après celui de Paul Ryan ayant échoué en mars) est une attaque directe et massive contre les plus pauvres, ces « abandonnés de Dieu » selon certains courants évangélistes, les handicapés et les femmes. Priver de soins des millions d’américains pauvres et parmi eux de nombreux handicapés dans le seul but de donner des rabais fiscaux de près de 600 milliards de dollars aux plus riches (890 dans le plan de Paul Ryan) est un plan cynique, hypocrite, cruel, arrogant, égoïste, abject. L’hypocrisie du projet mise à part, cette haine contre certaines catégories de la population vous rappelle-t-elle quelque chose ?

30/04/2017

Trump : 100 jours, cela se fête ?

Pour un président normal, oui ! Pour lui, c’est nettement plus ambigu. Alors qu’il continue de découvrir sa fonction avec toujours la même candeur apparente (je cite de mémoire 3 de ses remarques désarmantes) :

  • « Savez-vous que l’arme nucléaire est dévastatrice » à une journaliste le lendemain de son intronisation et après avoir été briefé par les militaires responsables de l’arme nucléaire
  • « Nul ne savait à quel point l’assurance maladie était un domaine compliqué » après le premier échec de sa tentative d’abrogation de l’Obamacare
  • « Etre président des Etats-Unis c’est plus de travail que je ne l’avais imaginé », le jour de ses 100 premiers jours.

On est loin de ses vantardises pendant la campagne électorale où tout était simple : le premier jour il allait abolir et remplacer Obamacare avec un projet qui serait meilleur (inclurait plus de monde) et qui coûterait une fraction (sic) d’Obamacare (je crois que nous sommes bien placés en Suisse pour nous méfier de ce genre de propos). Et en 100 jours l’Amérique serait « great again » !

Le plus préoccupant est qu’après 100 jours, il a le plus faible taux de nomination de responsables aux postes clés de son administration de l’histoire. En tout cas récente. Ce qui veut dire que le gouvernement est littéralement paralysé faute de combattants. Et que parmi les quelques nominés, plusieurs ont déjà démissionné, ont été démissionné ou se sont rétractés. Grâce à cela et à sa totale méconnaissance du personnel politique, il est obligé de confier des tâches incroyablement difficiles et complexes à son beau-fils Jared Kushner. Qu’on en juge :

  • Amener la paix au Proche-Orient (lol)
  • Réformer le fonctionnement de la justice
  • Diriger le bureau américain de l’innovation
  • Réformer l’aide aux vétérans
  • Lutter contre les addictions (aux drogues dures)
  • Réorganiser l’ensemble du gouvernement fédéral

Tout cela alors qu’il n’a que 39 ans, aucune expérience dans un gouvernement et pourrait être rapidement poussé à la démission par l’enquête sur les liens de l’équipe Trump avec la Russie. C’est bien joli de vouloir « vider le marigot ». Encore faut-il savoir comment et de qui s’entourer.

La deuxième chose qui est préoccupante (on peine à trouver un domaine qui ne l’est pas) c’est de voir à quel point il est influençable. Lui qui se présentait comme le roi de la négociation semble se faire retourner comme une crêpe en quelques minutes de discussion et donner raison au dernier qui a parlé. Pendant la campagne, il voulait :

  • S’attaquer à la Chine afin qu’elle cesse de manipuler sa monnaie. Promesse abandonnée suite à la visite du président chinois
  • Annuler le traité commercial (NAFTA) avec le Canada et le Mexique : maintenant il veut seulement renégocier l’accord après avoir discuté quelques minutes au téléphone avec le Premier ministre canadien et le Président mexicain
  • Faire construire le mur et le faire payer par le Mexique. Il est au mieux remis aux calendes mexicaines

Il pensait également que l’OTAN était obsolète. Tout cela parce qu’il ne savait pas vraiment, selon ses propres termes, ce qu’était l’OTAN. Après quelques minutes de briefing il ne pense plus cela.

Alors qu’a-t-il fait pendant ses 100 jours, à part se vanter ? Pas grand-chose :

  • Il a signé de nombreux décrets, dangereux pour la planète ou pour nous tous (j’ai déjà cité quelques exemples dans des notes précédentes et cela ne s’arrange pas). C’est facile. Il suffit de savoir écrire son nom au bas d’une page rédigée par d’autres
  • Il a réussi à faire nommer un juge ultra-conservateur à la Cour suprême grâce à 1) l’obstruction pendant l’entier de la dernière année du double mandat d’Obama à la nomination du juge choisi par lui et 2) au changement des règles de nomination d’un juge par le Sénat après avoir rencontré des difficultés avec les sénateurs démocrates.

A part cela ? Rien !

Comme il a visiblement la capacité de concentration d’un enfant de 5 ans et son niveau de culture politique, il peine. Car être Président, cela demande du travail. Beaucoup de travail. Avec de nombreux acteurs différents, y compris hors de sa famille politique. Cette semaine il était très agité car il voulait à tout prix « montrer quelque chose » pour ses 100 jours (tout en prétendant que cette échéance ne voulait rien dire). Alors il a essayé cela :

  • Refaire passer son projet de Trumpcare. C’est la version où les Américains qui ont les moyens se désolidarisent de ceux qui ont des difficultés. C’est une constante chez les Républicains : se désolidariser des pauvres. Ils haïssent Obamacare car ce projet les oblige à un minimum de solidarité. Sa tentative a heureusement échoué une seconde fois
  • Présenté un projet de réforme des impôts. Selon tous les observateurs, une tentative pathétique de présenter quelque chose. N’importe quoi. Et c’était vraiment n’importe quoi : quelques idées rudimentaires et inexploitables, dont les cadeaux fiscaux aux ultras-riches, jetées à la hâte sur une feuille A4. Mais les Républicains n’ont-ils pas toujours été ceux qui creusent les déficits en donnant des cadeaux fiscaux aux ultras-riches et en augmentant les dépenses militaires afin d’obliger ensuite les démocrates à baisser le budget de l’Etat (ce qui se produit dans toutes nos « démocraties », Suisse comprise où la droite baisse systématiquement les impôts des plus riches avant de couper dans les budgets de l'Etat et de faire porter la charge sur la classe moyenne) ?

Finalement, la seule législation passée devant le Congrès pendant ces 100 premiers jours aura été celle qui évite pendant 7 jours (!) au gouvernement de fermer faute de financement. Sinon rien. Le Congrès n’a rien sur quoi légiférer car l’Exécutif ne lui a rien présenté. En 100 jours. C’est du jamais vu ! Et comme tous les observateurs le disent, la première année pour un président est cruciale car l’année suivante il y a les élections partielles et tous les membres du Congrès deviennent très prudents de peur de déplaire à leurs électeurs.

Alors est-ce qu’il y a de quoi fêter ? Je dirais oui, mais pour ... les opposants à Trump. Il va certes faire un maximum de dégâts avec ses décrets intempestifs, mais il n’est pas près de faire passer une Loi (beaucoup plus difficile à faire passer et à abroger qu’un décret).

Le seul domaine où il pourrait faire d’immenses dégâts c’est concernant la paix et la stabilité dans le monde. Sur le front militaire, son impulsivité peut lui permettre de prendre des décisions rapides, avec un minimum de travail, de connaissances et de réflexion et, potentiellement, un maximum de satisfaction narcissique.

Perspective effrayante !

23/04/2017

Frontaliers : certains propos n’aident pas à la cohésion transfrontalière

Deux articles ont retenu mon attention ces derniers jours. Essentiellement par l’outrance des propos tenus par des élus/politiciens français.

Le premier, en date du 12 avril, concernait les indemnisations chômage des frontaliers. C’est un véritable bal des pleureuses du côté français. Rendez-vous compte, il peut arriver que les frontaliers se retrouvent au chômage ! Et même si tout est fait dans les règles de l’art et que la Suisse a couvert 28,5 % desdites allocations aux frontaliers en 2014 (131 millions d’euros sur 460), certains élus/politiciens français trouvent cela insupportable. Selon Quentin Mayerat, directeur de campagne de Benoît Hamon (il a autant de chances d’être élu que ma grand-mère) : « C’est un hold-up financier qui force le contribuable français à assurer une indemnité proportionnelle à un salaire suisse généralement trois fois supérieur au français ». Quant à Cemil Sanli, candidat de la France insoumise de Mélenchon en Haute-Savoie, il nous livre une analyse digne d’un jésuite « La Suisse ne peut pas prendre (sic) nos forces de travail tout en se déresponsabilisant en cas de chômage ». Doit-on rappeler à ces messieurs que ce règlement a été défini et accepté par les 28 pays membres de l’UE et que la Suisse a adopté ce droit européen dans le cadre des accords sur la libre circulation des personnes. Et deuxièmement que s’il n’y avait pas de travail en Suisse pour les français il y aurait près de 300'000 chômeurs de plus en France. Sans compter tous les emplois indirects induits (bâtiment, santé, éducation, consommation, etc..) par cette manne financière, se montant en 2014 (et en hausse constante) à 16 milliards d’euros, rapatriée par les frontaliers.

Le deuxième, en date du 22 avril, concerne le fait que les TPG se permettent de former et d’engager des résidents genevois au lieu d’engager 100% de frontaliers. Ce qui provoque l’ire d’Antoine Vieillard, maire de St-Julien : « Avec quelle impudeur les autorités cantonales genevoises se targuent de violer les principes qui fondent les accords bilatéraux et de libre circulation tout en les défendant publiquement à chaque votation ». Mais ce monsieur va encore plus loin en disant : « Cette politique discriminatoire érigée en politique cantonale est économiquement absurde. Quand on recrute sur le passeport plutôt que sur l’expérience, on prend le risque de recruter des chauffeurs de bus qui multiplient les accidents (sic) ou de placer la vie des Genevois dans les mains d’infirmiers moins expérimentés (re sic) ». Si la sollicitude de monsieur Vieillard me touche, ses propos sont un fatras d’erreurs et d’insultes. Les erreurs proviennent du fait que je ne vois pas en quoi le fait de former des chômeurs serait une atteinte à la libre circulation. La deuxième erreur provient du fait qu’il parle « d’embauche sur la base du passeport » alors que la formation et l’embauche se font sur la base du lieu de résidence ce qui n’est pas du tout la même chose. Et doit-on lui rappeler que lorsque il y a une vingtaine d’années la Migros a essayé d’ouvrir une succursale dans la région d’Annecy elle s’est heurtée à tous les barrages possibles et imaginables sur la base de la préférence nationale ? Lorsque les français empêchent une entreprise suisse de s’implanter en France ils font preuve de patriotisme et lorsque les Suisses tentent de donner une nouvelle chance à des chômeurs résidant en Suisse, ils sont des violeurs d’accords. Quant aux insultes et au mépris ils sont évidents dans cette scandaleuse citation : « … on prend le risque de recruter des chauffeurs de bus qui multiplient les accidents ou de placer la vie des Genevois dans les mains d’infirmiers moins expérimentés. » Donc pour monsieur Vieillard, les résidents genevois sont des crétins incapables de conduire ou de soigner des malades dans un hôpital. Charmant !

Certains/beaucoup feraient mieux de se taire avant de dire des stupidités et les propos outranciers contenus dans les 2 articles cités ne font rien, mais alors rien, pour améliorer la cohésion dans le Grand Genève !  

25/03/2017

Trump : Pourquoi les Républicains continuent de le soutenir ?

Après avoir très largement perdu le vote populaire l’actuel président commence peut-être à entrevoir la réalité du pouvoir aux Etats-Unis. Je dis peut-être car son ego est si pathologiquement surdimensionné qu’il semble systématiquement incapable d’appréhender les faits dans leur réalité. En tous les cas vis-à-vis du monde extérieur. Ce qui est de plus en plus évident, c’est que les difficultés s’accumulent au-dessus de sa tête. En dépit de tous les mensonges répandus à la face du monde au travers de ses tweets et avec la complicité active de ses porte-parole (Sean Spicer, Kellyane Conway, etc…) il a maintenant à faire face à des difficultés qu’il ne semblait pas avoir envisagés pendant sa campagne où les insultes, les anathèmes et les mensonges (plus ils étaient énooooormes et plus il les répétait en boucle) lui ont servi de programme.

Si, au début, il a eu quelques succès faciles en signant des décrets iniques (j’en ai déjà cité quelques-uns dans des notes précédentes), lorsqu’il a dû s’attaquer pour la première fois au passage d’une Loi devant le Congrès, ce fut une autre paire de manches. Sept ans que les Républicains juraient que sitôt au pouvoir ils allaient « repeal and replace » Obamacare. Sept ans et au final cela a fait pschitt car leur projet était une totale absurdité : trop modéré pour les extrémistes du parti et trop extrémiste pour les modérés (pensez aux 24 millions d’américains qui auraient perdu leur couverture maladie à cause d’une augmentation des primes de près de 1000% pour les plus modestes « contrebalancée » par des rabais fiscaux de 300 milliards pour les plus riches). Une négociation sur une réforme de l’assurance maladie nécessite des efforts considérables. Ce sont des mois, voire des années de dur labeur et de compromis avec les adversaires politiques. Rien de tout cela n’a été fait car Trump, le Négociateur-en-chef, n’a visiblement aucune idée du fonctionnement des institutions politiques des Etats-Unis. Il a sans doute cru qu’en laissant faire le sale et fastidieux travail à Paul Ryan et en signant 2-3 décrets il allait enregistrer une grande victoire politique. Après l’avoir laissé pédaler dans la semoule il a, au final, essayé de tordre le bras aux élus républicains pour qu’ils votent sous la contrainte. Ce qui a lamentablement échoué. Cela démontre simplement sa totale immaturité politique et son inadéquation à ce poste. Sans parler de ses piètres qualités de négociateur.

Sur le plan politique, ses affaires sont chaque jour un peu plus difficiles. Après avoir invectivé le monde entier en traitant chaque information qui lui était défavorable de « fake news », les choses sérieuses semblent avoir commencé le jour où Michael Flynn, l’ex-conseiller à la sécurité du président, a dû démissionner. Seulement  quelques jours après son entrée en fonction. Lui et sa compagnie (la Flynn Intel Group) avaient accepté des mandats au profit d’intérêts russes et turcs (il a notamment été un ardent défenseur de l’extradition de Fethullah Gülen vers la Turquie). Dans ces 2 circonstances il a agi en tant qu’agent au service d’une puissance étrangère.

Puis ce fut le Ministre de la justice, Jeff Sessions, qui a dû se récuser dans toutes les questions touchant à l’enquête sur la Russie puisqu’il a menti sous serment concernant ses liens avec le gouvernement russe durant la campagne. Mais cela ne s’arrête pas là, car de plus en plus d’affaires remontent à la surface.

Le nouveau Ministre du commerce, Wilbur Ross, par exemple, a siégé longtemps au Conseil d’administration de la Banque de Chypre. Cette banque semble connue pour être une machine à blanchir l’argent sale des oligarques russes.

Paul Manafort, l’ancien responsable de campagne de Trump, aurait reçu 10 millions de dollars afin de travailler à la défense d’intérêts russes. Sean Spicer essaye maintenant de minimiser son rôle durant la campagne : « Il était là mais il n’a presque rien fait » alors qu’il a été publiquement remercié par Trump pour son « magnifique » travail.

Rex Tillerson, le nouveau Secrétaire d’état a été décoré par Poutine himself pour services rendus (l’Orde de l’Amitié).

Et finalement, il y a quelques jours, James Comey (le Directeur du FBI) a admis que son agence enquêtait sur les liens entre la Russie et l’équipe Trump (de campagne, de transition et finalement de son gouvernement).

Je suis le premier à déplorer, y compris dans ce blog, la façon bornée dont les gouvernements occidentaux ont traité la Russie d’après la chute de l’URSS et continuent de la traiter. Mais pas à n’importe quel prix. Et certainement pas au prix de Trump à la Maison-Blanche.

Où que l’on regarde on retrouve des liens suspects entre les membres de cette Administration et la Russie qui avait tous les intérêts du monde à favoriser la mise en place d’une administration plus favorable à ses intérêts. Et cela devient de plus en plus intéressant, puisqu'on parle maintenant de façon très précise et circonstanciée d’une attaque informatisée de la part de la Russie contre la démocratie américaine (et peut-être la démocratie tout court). Il semble que des robots ont été programmés et utilisés afin d’inonder le net de fake news devant discréditer les démocrates en général et la campagne d’Hillary Clinton en particulier. Avec les résultats que l’on sait.

Petit à petit le nœud coulant va se resserrer. Je suis prêt à parier qu’au fil des semaines et des mois on passera de ses proches à Trump lui-même (ne serait-ce que pour la vente qui pourrait se révéler suspecte d’un bien immobilier à un oligarque russe). Ce jour-là la procédure d’impeachment commencera officiellement. En attendant Trump et son administration sont totalement illégitimes. Mais les Républicains continuent de le soutenir car ils vont tenter de profiter du pouvoir pour faire passer le plus de lois iniques que possible.

25/02/2017

Ceux qui devraient nous protéger des politiciens ineptes

Le fait même que des politiciens ineptes, menteurs, manipulateurs et incompétents aient autant de succès prouve l’état de nos Sociétés. Au lieu de cultiver nos valeurs, notre cohésion, tout ce qui fait la force d’une Société, nos politiciens passent leur temps à nous diviser. Le travail est forcément équitablement réparti. A gauche, ils veulent à toute force nous imposer l’immigration massive de réfugiés musulmans qui va, à terme, mener à une guerre civile ainsi que la protection absurde et malfaisante des prédateurs et des criminels, inscrite dans le plus si nouveau Code de procédure pénale suisse, au détriment des victimes. Peut-être parce que c’est le dernier endroit, croient-ils, où il leur reste un peu de dignité après avoir baissé leur pantalon dans à peu près tous les autres domaines. A droite ils organisent depuis 3 décennies la mise à sac de nos économies au profit d’une minuscule caste d‘ultra-riches comme on a failli en voir un nouvel avatar en Suisse avec la RIE III qui était une pure et simple ignominie (merci à tous ceux qui ont alerté le peuple suisse sur les dérives de cette loi).

Face à cette double inconscience, les peuples ne voient plus d’autre recours que de se livrer entre les mains de politiciens totalement ineptes qui vont accélérer la désunion et la chute dans le chaos.

En Angleterre, l’inepte national Boris Johnson, a fait prendre un chemin semé d’embûches et d’inconnues à la Grande-Bretagne et à l'Europe en se basant sur des arguments parfaitement fallacieux.

Aux Etats-Unis, l’Inepte-en-chef n’en finit plus de défrayer la chronique tant il accumule les sottises et les absurdités. Si ce n’était si tragique, on pourrait en rire :

  • Tweets frénétiques (une bonne dizaine par jour) sur tout et n’importe quoi. Comme un ado désoeuvré. Et comme s’il allait régler les grands problèmes du Monde à coup de tweets
  • Attaques systématiques contre les médias libres d’un pays libre
  • Tentatives répétées d’influencer le cours de l’enquête du FBI sur les liens entre l’entourage du Bonimenteur-en-chef et la Russie au cours de la campagne électorale (exactement ce qui a fait chuter Nixon en son temps)
  • Nomination de personnes incompétentes ou compromises à des postes clés (Betsy Devos à l’éducation, Steve Bannon, son plus proche conseiller, pour siéger au Conseil national de sécurité à la place du chef d’état-major des armées et du directeur du renseignement américain, etc, etc…)
  • Traitement de la crise avec la Corée du Nord pendant un repas au Club-house de son parcours de golf et au milieu des autres convives qui ont même pu se prendre en photo avec le porteur de la mallette nucléaire (alors qu’il avait passé sa campagne électorale à menacer Hillary Clinton de l’envoyer en prison parce qu’elle avait mis en danger la sécurité nationale en utilisant un serveur privé lorsqu’elle était Secrétaire d’état)
  • Conférence de presse surréaliste et hilarante (là aussi, si ce n’était pas si tragique) avec Benjamin Netanyahu où l’on voit le Négociateur-en-chef tenir des propos politiques à peine dignes d’un enfant de 10 ans et BB, comme le Ridicule-en-chef se permet de l’appeler, qui doit se mordre les lèvres à certains moments pour ne pas éclater de rire devant tant de ridicule (Cet homme qui fait de la politique depuis longtemps a dû en voir de toutes les couleurs. Mais ça, jamais !)
  • Affaiblissement des lois sur le contrôle du secteur bancaire et financier voulues par Obama afin d’éviter de répéter les conditions ayant mené à la crise de 2008 (la loi Dodd-Frank, qui oblige les banques à (entre autres) augmenter leurs fonds propres et à prévenir leur propre surendettement et la règle Volcker qui vise à freiner les investissements spéculatifs des banques avec l’argent de leurs clients)
  • Suppression de la loi voulue par Obama, interdisant aux malades mentaux d’acheter des armes
  • Autorisation de la construction de 2 pipelines controversés
  • Dépenses somptuaires pour lui et sa famille (ses 3 week-ends en Floride ont déjà coûté 11 millions de dollars aux contribuables américains. La sécurité de sa femme restée à New-York coûte une fortune et on raconte que deux de ses fils se sont faits payer un voyage d’affaires privé à 100'000 dollars aux frais du contribuable)
  • Soutien aux affaires privées de sa fille depuis la Maison-Blanche

Comme on peut le voir, c’est scandale, incompétence et corruption à tous les étages. Mais rien encore concernant l’Obamacare puisqu’on voit que Trump et les Républicains n’ont pas le début d’une idée pour son remplacement.

En France, au milieu des scandales et du chaos électoral en cours, les citoyens ont droit à l’inepte tricolore, Marine Le Pen qui promet monts et merveilles mais qui ne fera qu’entraîner la France et l’Europe dans un chaos indescriptible.

Voilà à quoi en sont réduits les peuples d’Occident. A choisir entre la peste et le choléra car les politiciens qui auraient dû nous protéger des politiciens ineptes sont gangrenés jusqu’à la pourriture par leurs idéologies respectives.

18/02/2017

Votations du 12 février : Ce n’est pas l’abstentionnisme qui a triomphé mais la démocratie

Réaction typique d’Eric Budry dans une chronique de la TDG de ce jour. Cela dégouline de mépris à l’égard de la Suisse soi-disant primitive et arriérée car ceux qui ont refusé les précédentes tentatives de faciliter la naturalisation des étrangers de 2ème et 3ème générations ne peuvent être que des arriérés. Alors la seule explication au revirement de situation est l’abstention ! Eh oui, ainsi il n’y a pas de discussion possible. Les crétins sont restés à la maison. Et ce Monsieur se prétend sans doute journaliste ?

Si la Suisse a voté contre la précédente proposition c’est parce qu’elle était frelatée. Ce qui était appelé « 2ème génération » était un abus de notre système démocratique basé sur un mensonge et une tentative de manipulation. Il ne s’agissait pas d’être né en Suisse mais simplement d’avoir fait "5 années de scolarité et/dont deux années de résidence dans la commune où la demande de naturalisation est déposée". C’est ce tour de passe-passe sémantique qui a été dénoncé et les Suisses « arriérés » savent lire et savent utiliser leur cerveau. N’en déplaise à M. Budry.

C’est pour ces raisons que les Suisses « arriérés » ont su reconnaître que le projet de faciliter la naturalisation des étrangers de « 3ème génération » était honnête et sans manipulation. En toute connaissance de cause ils ont plébiscité ce projet. Ce n’est pas l’abstentionnisme qui a triomphé mais la démocratie et son bon usage par le peuple suisse.

04/02/2017

Trump : ne pas se tromper de raisons pour le combattre

La raison pour laquelle l’imposteur-en-chef (il a perdu le vote populaire par près de 3 millions de voix), tant critiqué pas son propre parti pendant la campagne électorale, a rallié tous les membres du parti républicain sitôt la victoire acquise est qu’ils ont senti l’odeur du sang : s’attaquer à tout ce qu’a fait Obama qui, dans leur haine raciale et leur haine de classe est la première cible à abattre. Sitôt cet objectif atteint, s’attaquer au peu de mesures sociales et environnementales qui restent dans ce pays afin de laisser le champ libre aux pires aspects du capitalisme : un Darwinisme qui récompense le plus fort et broie les plus faibles. Tout cela accompagné d’un agenda social rétrograde et moralisateur tentant d’interdire l’avortement grâce à la nomination (à vie) d’un juge à la Cour suprême particulièrement conservateur. C’est l’agenda de tous les présidents républicains. Il va simplement achever ce que Reagan et Bush jr n’ont pas pu terminer.

Le festival a commencé dès le premier jour. Cela se fait, pour l’instant, par décrets (« Executive Orders » et « Presidential Memoranda »). Ils se regroupent, pour l’instant, en plusieurs catégories :

- Défaire ce qu’Obama a entrepris malgré l’hostilité du Congrès à majorité républicaine et diminuer l’emprise de l’Etat sur l’économie :

  • Affaiblir l’obligation faite aux citoyens de contracter une assurance maladie
  • Mettre toutes les législations signées sous l’ère Obama en attente d’être revues par la nouvelle administration
  • Sortir du TPP (qui était un traité destiné à contrôler la montée en puissance de la Chine)
  • Geler l’embauche au niveau fédéral (à part l’armée et la sécurité)
  • Autoriser la construction de deux pipelines très controversés et accélérer l’étude d’impact, notamment environnemental, sur les grands projets d’infrastructure
  • Faciliter les procédures de mise sur le marché de nouveaux produits pour les entreprises US et réduire les impôts sur les entreprises
  • Affaiblir les lois sur le contrôle du secteur bancaire et financier édictées afin d’éviter de répéter les conditions ayant mené à la crise de 2008 : la loi Dodd-Frank, qui oblige les banques à (entre autres) augmenter leurs fonds propres et à prévenir leur propre surendettement et la règle Volcker qui vise à freiner les investissements spéculatifs des banques avec l’argent de leurs clients

- Renforcer les mesures contre l’immigration clandestine :

  • Construire le mur
  • Accélérer le renvoi des sans-papiers
  • Interdire l’entrée aux ressortissants de 7 pays musulmans

- Renforcer l’armée et les mesures assurant la sécurité du pays :

  • Reconstruire l’armée avec de nouveaux avions, bateaux, matériels

- Sociales :

  • Interdire de financer avec des fonds fédéraux des agences faisant des avortements ou militant en faveur de l’avortement

C’est roboratif, dangereux pour l’avenir (qui a envie d’un remake de la crise de 2008 ?) et ce n’est que le début. Et pourtant les gens ne sont descendus dans la rue que pour dénoncer l’interdiction faite aux ressortissants de 7 pays musulmans d’entrer aux Etats-Unis. Mais c’est tellement plus grave que cela. Jamais dans l’histoire de nos démocraties un gouvernement n’a cumulé autant de potentiels conflits d’intérêts. Pas un seul membre de cet aéropage de milliardaires qui n’ait un intérêt direct et immédiat à démanteler les législations fédérales dans son domaine respectif (à commencer par Trump lui-même). L’agence de protection de l’environnement va être démantelée ou, au minimum, vidée de sa substance. Les pétroliers auront carte blanche. Les fonds fédéraux vont être redirigés vers les écoles privées au détriment des écoles publiques qui dispenseront un enseignement de mauvaise qualité aux classes défavorisées. Les impôts des plus riches vont à nouveau être diminués au détriment de la classe moyenne (on sait très bien faire cela en Suisse également). Le pays va recréer une montagne de dettes selon le principe qu’il faut privatiser les profits et socialiser tout ce qui coûte : les infrastructures, la défense, les dettes, etc… Medicare et Medicaid vont être démantelés ou au minimum gravement affaiblis. Et Dieu sait ce qu’il y a encore dans leurs cerveaux malades.

L’élection du menteur-en-chef et de ses affidés est la pire chose qui pouvait arriver pour notre avenir commun. Alors ne nous trompons pas de combat.

26/01/2017

Trump : la vanité à la Maison-Blanche

Avant le début de la cérémonie d’investiture j’entendais les journalistes de CNN se demander anxieusement si la grandeur de sa fonction était enfin en train de le pénétrer. En regardant, pendant l’office religieux, son visage grave d’hypocrite, le doute était permis. Et puis, lorsqu’il est apparu sur le parvis du Capitole et qu’il a levé son petit poing comme un sportif, j’ai su que le costume présidentiel serait à jamais trop grand pour lui car la vanité est son plus grand moteur.

Tout ce qui a fait la « beauté » de la présidence Obama : l’intelligence, la finesse, la dignité, la compassion, l’usage mesuré de la force est remplacé par son hideux contraire : la vanité, l’arrogance, la grossièreté, l’insulte, la vulgarité, l’obscénité, la vantardise, l’égoïsme. Il a le niveau de développement de la personnalité d’un adolescent. D’un adolescent sérieusement perturbé malheureusement pour nous tous. Il sait tout mieux que le reste du monde, si quelque chose ne lui plaît pas il trépigne jusqu’à ce qu’il obtienne gain de cause, il ment éhontément, même face à la réalité brute des faits, réarrange le monde afin qu'il se conforme à ses besoins, il manipule, il intimide, il utilise la force pour voler ce qu’il convoite, y compris la dignité des femmes. Nous avons assisté, 8 années durant, à l’exercice du pouvoir par un couple exceptionnel et maintenant nous allons souffrir par la faute d’un couple qui est à peu près son exact négatif.

Sa volonté de se concentrer sur une Amérique centrée sur elle-même prouve qu’il n’a aucune vision géostratégique pour son pays et pour le monde car il semble croire qu’il peut gérer ce pays comme une entreprise, purement sur un rapport bénéfice/coût. Et les gens qui l’ont fait élire croient-ils vraiment que cet aéropage de milliardaires, ceux précisément qui ont organisé et le plus profité de la mondialisation va soudain défendre la classe ouvrière ? Le clash entre les promesses électorales populistes et la réalité des intérêts des nantis va rapidement éclater.

10/11/2016

Trump : la responsabilité historique de nos « élites »

Après 8 années d’un président digne à tous égards et ayant redonné de la dignité et à son pays et à sa politique, après l’aventurisme délirant du minuscule rejeton Bush, les votants ont choisi le pire individu que ce pays a pu produire. A part tout et son contraire, il a promis de « nettoyer le marigot » (« drain the swamp »). Eh bien, en fait de marigot, nous sommes gâtés. La droite républicaine est un repère d’ultra-libéraux, de conservateurs de la pire espèce, de défenseurs du port d’armes et d’ultra religieux qui seraient prêts à faire de leur pays une véritable théocratie.

Ce qu’il y a de pire, si c’est possible, est que contrairement à ce que disent certains, peut-être pour se rassurer, il n’y a plus de contre-pouvoir aux Etats-Unis : la Chambre des représentants et le Sénat sont restés conservateurs, et ils vont pouvoir nommer 1, 2 voire les 3 prochains juges à la Cour suprême, faisant ainsi pencher la balance en faveur des thèses les plus conservatrices et rétrogrades pour au moins les 10 prochaines années. Quant aux médias, ils sont concentrés entre les mains de ceux qui ont les moyens de se les payer. C’est ainsi que l’on parvient à vider une démocratie de sa substance.

Dans tous nos pays, la social-démocratie qui a cherché une troisième voie entre le communisme et le capitalisme le plus brutal, est dans une grave crise de conscience, victime de son intimité croissante avec les puissances de l’argent. En gros, cela se traduit par : belles promesses pendant les campagnes électorales et alignement sur les lois du marché le reste du temps. Cette schizophrénie entre les discours « de gauche » et les actes « de droite », ce mélange intenable entre une morale politique se voulant humaniste (au point de laisser les frontières ouvertes à tous les pays et surtout à ceux du sud musulman) et un saccage de nos états sociaux au profit d’une minuscule caste de nantis a fonctionné un temps mais est en train de rendre les peuples fous, au point d’élire un extraterrestre comme Trump.

Le Brexit et Trump devraient nous servir de signaux d’alerte. Ils représentent des mesures de l’exaspération des peuples se sentant ignorés des « élites ». En délocalisant le travail dans les pays à bas coûts afin de casser les reins des syndicats et de s’enrichir au maximum, ils ont créé le Frankenstein chinois qui risque un jour de dévorer son créateur et rendu fou de colère tous les citoyens se sentant à juste titre méprisés par ceux qui détiennent tous les pouvoirs.

Ce qui se passe aux USA est proprement effrayant ! Mettons encore un peu de charbon dans la chaudière de nos Sociétés à force d’égoïsme, de lâcheté et de compromissions et nous risquons de retomber dans les mêmes folies communistes ou fascistes que par un passé pas si lointain. Le Brexit était déjà grave. L’élection de Trump, qui a réussi le plus grand hold-up de l’histoire de nos démocraties est un événement de portée infiniment plus considérable. Son élection devrait nous servir d’électrochoc. Si nos « élites » refusent de sortir de leur isolement arrogant, hautain et monstrueusement égoïste, elles continueront de créer le lit de la prochaine vague totalitaire, communiste ou plus vraisemblablement fasciste, qui nous emportera tous. Ce sera leur responsabilité historique !

01/10/2016

Criminels étrangers : ils peuvent dormir sur leurs 2 oreilles

Pas besoin de se rendre dans des pays moyenâgeux pour trouver des juges faisant preuve d’une mansuétude coupable vis-à-vis des violeurs. Cela se passe aujourd'hui, en Suisse.

Intéressant article dans la TDG du 29 septembre concernant l’entrée en vigueur, ce jour, de la nouvelle loi sur l’expulsion des criminels étrangers. Avec les pours, les contres et les craintes de voir le nombre de procédures devant la justice augmenter. Eh oui, la justice cela coûte. Mais on semble oublier, à gauche pour des raisons idéologiques et à droite pour des raisons … idéologiques, mais d’équilibre budgétaire cette fois-ci, que le crime coûte cher également. Certainement plus que la justice et dans tous les domaines. Pas seulement budgétaire. Et puis, collision de mise en page, à la page suivante, une minisculissime dépêche d’agence dont le titre était : « Du sursis pour des abus commis sur dix jeunes filles ». Et sous ce titre le texte suivant : « Un Turc de 28 ans a été reconnu coupable de VIOL (c’est moi qui souligne), de contraintes sexuelles et d’abus sexuels sur des jeunes filles âgées de 13 à 17 ans par le Tribunal de district de Uznach (SG). Les parents d’une adolescente alors âgée de 16 ans ont alors porté plainte contre le prévenu en février 2014… ». Verdict : « 2 ans avec sursis ».

Alors voilà, en Suisse vous pouvez violer et faire subir tous les outrages à une dizaine de jeunes filles, dont la plus jeune avait 13 (TREIZE) ans et vous vous en tirez avec 2 ans avec sursis ! C’est une honte absolue. Un scandale insupportable. Qui continue d’ailleurs. Cela me rappelle la tristement célèbre affaire de Schmitten en 2005 (jugée en 2008) où 5 prévenus étrangers avaient attiré une jeune fille dans un traquenard pour la violer. Elle était ressortie brisée de cette expérience. Son père avait dû payer tous les frais de justice alors que les 5 crapules bénéficiaient d’un avocat payé par le contribuable. Et le plus sévèrement puni avait écopé de 2,5 ans de prison ferme et tous les autres de sursis. Selon la RSR, après l'énoncé des verdicts, les accusés s’étaient conduits de façon scandaleusement arrogante, invectivant le monde entier.

Eh bien voyez-vous, malgré les terrifiantes histoires qui se sont déroulées ces dernières années en Suisse, malgré ces viols, malgré l’affaire Marie dans le canton de Vaud, malgré l’affaire Adeline à Genève et son assassin, violeur multi récidiviste, il y a encore des juges en Suisse pour estimer que 10 viols dont l’un sur une jeune fille à peine sortie de l’enfance, ne mérite que le sursis.

Ces juges irresponsables émettent quasiment un permis de violer dans notre pays !

Alors la nouvelle loi sur le renvoi des criminels étrangers a beau être entrée en vigueur, avec des juges aussi déconnectés de toute compassion envers les victimes, les criminels étrangers peuvent continuer de dormir sur leurs deux oreilles.

26/09/2016

Déos contenant des sels d’aluminium : une alternative

Les déodorants contenant des sels d’aluminium sont, depuis quelques années, soupçonnés de favoriser le cancer du sein. Une étude publiée récemment dans le International Journal of Cancer par deux chercheurs genevois et citée le 20 septembre dans la TDG tendrait à confirmer ces soupçons.

Notre Société industrielle produit un nombre considérable de substances chimiques toxiques ingérables par les mécanismes de la vie car il n'y a aucune place dans notre échiquier métabolique pour traiter l’aluminium, le plomb et le mercure. Pas de voie de traitement, pas ou peu de voie d'élimination. Et représentez-vous la proximité délétère entre les aisselles et les seins…

Alors plutôt que de marcher sur les platebandes des scientifiques qui se réveillent lentement à certaines réalités, je vous propose une alternative simple, quasiment gratuite et qui ne vous lâchera JAMAIS. Trop beau pour être vrai ?

Eh bien non. Il s’agit du bon vieux bicarbonate de soude et aucune bactérie (cause des odeurs désagréables) ne lui résiste. Le kilo coûte 1.50, vous durera 2 ans et ce produit ne vous lâchera jamais. Il suffit, après la douche, de s’humecter légèrement les aisselles, de verser une pointe de couteau de bicarbonate (choisir une qualité très fine) sur les doigts et de l’appliquer sous une aisselle. Renouveler l’opération pour la deuxième. Cela fait plusieurs années que je l’utilise. J’ai pu faire les marches les plus exigeantes en montagne en plein cagnard ou danser au bout de la nuit et il ne m’a jamais lâché. Et si un matin vous êtes en retard et n’avez pas le temps de vous doucher vous pouvez même en réappliquer sans aucun des désagréments vécus dans ce cas avec un déo industriel.

Comme vous le voyez, c’est simple, économique et sans danger aucun.

 

25/05/2016

Qui sème le vent récolte la tempête

Nos pays « démocratiques » c’est-à-dire ceux où les citoyens participent régulièrement à ce théâtre de dupes que l’on appelle élections, sont dans une situation de plus en plus inquiétante. Il y a de nombreux coupables.  

Dans tous les pays développés, les « élites » politiques de droite comme de gauche, ont soit profité de leur proximité incestueuse avec l’argent pour se goberger pendant que les classes moyennes et défavorisées supportaient la totalité du poids des crises successives, soit se sont soumises à ces mêmes forces. 

Aux Etats-Unis, en Europe, en Suisse, les instances dirigeantes sont sourdes aux besoins des peuples et continuent de prôner la mondialisation, la libre circulation, l’ouverture des frontières aux réfugiés et soutiennent les multinationales au détriment des besoins de sécurité et de santé des peuples (dernier exemple en date, le refus de la Commission européenne d’interdire le glyphosate, un désherbant pourtant hautement toxique). A tous les échelons nous retrouvons la corruption quasiment généralisée des dirigeants, la volonté forcenée de s’enrichir (que l’on parle d’instances sportives, de dirigeants de multinationales ou des actionnaires des mêmes), le mépris des classes moyennes et défavorisées, le même autisme face aux appels des peuples, le même théâtre guignol dans nos parlements.

Nous allons ainsi d’élection en élection, de mensonges en mensonges, de parodie de démocratie en parodie de démocratie. Mais le résultat est là : la droite la plus caricaturale est partout aux portes du pouvoir. Aux Etats-Unis, le parti républicain est dans un tel état de déliquescence que D. Trump risque d’être son candidat à la présidentielle. C’est pourtant un homme tellement ridicule que Berlusconi passerait presque pour un homme politique « sérieux » à côté de lui. Mais sa force est justement de dire n’importe quoi, de faire rêver le citoyen lambda en lui faisant croire qu’il va lui permettre de prendre sa revanche sur ses élites corrompues. En France, la gauche modérée a perdu toute crédibilité et le FN monte lentement mais sûrement. En Autriche, il s’en est fallu de quelques milliers de voix. Pour cette fois-ci.

Partout, pour des raisons à la fois identiques et des variations dues à la politique locale, les peuples sont de plus en plus tentés de faire venir au pouvoir des hommes politiques dont ils espèrent qu’ils mettront fin à la corruption quasi généralisée, à la pourriture morale qui gangrène nos Sociétés jusqu’au sommet du pouvoir, à l’autisme criminel de ceux qui s’empiffrent entre amis, à l’insupportable prétendue supériorité morale de ceux qui refusent de voir les tensions de plus en plus insupportables que subissent nos Sociétés du fait d’un affaiblissement de l’état et de l’effondrement des frontières voulu et encouragé par ceux qui en profitent. Sans parler de tous ceux qui abdiquent devant leur devoir de protection des valeurs identitaires de l’Europe voire qui poursuivent leur combat haineux contre les valeurs judéo-chrétiennes en instrumentalisant l’Islam. A leur profit croient-ils, les innocents.

Si la peste brune revient demain en Europe, ceux-là même qui dénoncent l’extrême-droite depuis des décennies mais travaillent activement et inconsciemment à son avènement ne devront s’en prendre qu’à eux-mêmes car ils auront tout fait, tout mis en œuvre pour que cela se produise.

28/11/2015

Attentats de Paris: Nous réveillerons-nous avant qu’il soit trop tard ?

J’ai peur que malgré l’intensité inouïe des attaques parisiennes nous continuions d’être comme anesthésiés face au danger mortel qui menace l’Europe. Pourquoi ?

Premièrement car je ne crois pas à la notion de « modération » dans l’islam. Ou bien on pratique cette religion et on cautionne la totalité des versets du livre qui est à sa base, y compris les plus extrémistes, ou on ne la pratique pas. Mais il n’y a pas de moyen terme.

Deuxièmement, c’est une religion fondamentalement conquérante. La différence entre les islamistes radicaux et les musulmans «modérés» est que les uns veulent prendre le pouvoir par la force alors que les ordres attendent de pouvoir le prendre par des moyens détournés (natalité, déliquescence morale de l’Occident, mauvaise conscience, intimidation, infiltration lente mais systématique dans tous les rouages de nos Sociétés…).

Troisièmement, je reste plus convaincu que jamais que c’est la masse qui crée l’extrémisme. J’avais déjà mentionné ce point dans un billet au lendemain du massacre à Charlie-Hebdo (« Cette folie barbare ne pousse pas hors sol » ) car on ne peut ignorer que c’est la présence des 15-20 millions de musulmans sur le sol européen qui facilite et favorise l’émergence de ces cellules radicalisées. A l’extrême, s’il n’y avait que quelques dizaines de milliers de musulmans sur sol européen, ces attentats ne pourraient tout simplement ni être conçus et encore moins exécutés.

Quatrièmement, s’il est certainement indispensable de s’attaquer à ces cellules terroristes et de nommer ses membres pour ce qu’ils sont: des islamo-fascistes, est-ce suffisant ? Non, car je soupçonne que loin de nuire aux desseins des stratèges «modérés» de l’expansionnisme musulman en Europe, chaque attentat est une nouvelle occasion de se glisser dans la peau de l’agneau pour mieux endormir notre vigilance.

Cinquièmement, que pour tous les médias bien-pensants, les traditionnels appels à ne pas faire d’amalgames entre musulmans «modérés» et islamistes radicaux semblent représenter l'acmé de leur réflexion.

Je déduis de tout cela que nous n’avons toujours rien appris. Rien compris. Nous réveillerons-nous avant qu’il soit trop tard ?

30/05/2015

Blatter au conseil fédéral!

Ô je ne parierais pas une grosse somme d’argent sur la probité du bonhomme mais le voir tenir tête au DOJ américain me fait particulièrement chaud au cœur.

Cela fait des années, au minimum depuis l’affaire des fonds en déshérence, que notre pays est littéralement tyrannisé par les Etats-Unis. Et tout cela pourquoi? Parce que nous sommes riches et que nous sommes petits et sans amis. La recette idéale pour devenir le souffre-douleur du, plus pour longtemps, plus grand de la classe.

Alors les Etats-Unis sont-ils un pays tellement au-dessus de tout soupçon qu’ils peuvent se permettre de nous faire en permanence la leçon? Certainement pas! Nous savons tous à quel point ce pays traîne de casseroles et cela dès sa fondation, avec la quasi extermination des peuples amérindiens. Je ne vais pas refaire la liste connue de tous, de toutes les exactions, compromissions avec des dictatures d’extrême-droite, soutiens militaires actifs aux mêmes, renversements de gouvernements démocratiquement élus, guerres iniques, mensonges d’Etat, corruption des élites politiques, économiques et financières, soumission de la classe politique aux forces de l’argent. Etc… Etc…

Eh bien tout cela ne les empêche en aucun cas de vouloir aller faire le ménage chez les autres au lieu de commencer à remettre de l’ordre dans leur propre maison qui pourrit pourtant de la cave au grenier.

Alors puisque depuis toutes ces années de tyrannie nos Conseillers fédéraux brillent plus par les traces d’huile qu’ils laissent au fond de leurs pantalons chaque fois qu’un représentant du pouvoir US nous accuse de tous les maux, je m’écrie joyeusement:

  • Vive Blatter !
  • Blatter au Conseil fédéral !

20/09/2014

Caisse unique: Il aura suffi de…

Plus les jours passent, plus l’on se rapproche du jour de la votation et plus le camp du «non» se renforce. Qui l’eût cru il y a quelques mois encore, après une énième augmentation de nos primes?

La Lamal, qui a été voulue par une femme de gauche est devenue une des meilleures vaches à lait de la droite. Pour s’en convaincre, il n’est que de voir avec quelle sollicitude elle se penche sur son berceau. Dans cette campagne, la droite qui partait avec un réel handicap, a su habilement transposer à la réalité suisse les arguments de la droite rétrograde américaine contre l’ObamaCare. Il aura suffi de remplacer l’épouvantail du socialisme par le modèle, en échec grave, de la sécurité sociale à la française pour faire se retourner tous les hésitants et les mous du bide et donc réussir ce tour de passe-passe. Et pourtant, le projet de caisse unique n’a rien à voir avec la sécu française. Elle a beaucoup plus à voir avec la gestion centralisée de notre assurance accident par la Suva. Modèle qui fonctionne à la satisfaction de tous et dans la transparence. Exactement ce qui manque à la gestion ubuesque de l’assurance maladie de base par plus de 60 caisses se répartissant un si minuscule territoire. 

Je croyais le peuple suisse plus intelligent que les red necks des grandes plaines américaines ou les Born-again Christians de la Bible Belt. Las. Mais la droite est habile au jeu de la propagande, elle qui a toujours su déguiser la défense de ses intérêts très particuliers et très égoïstes, derrière celle de la Démocratie et de la Liberté.

Pourtant, qu’ils arrivent fraîchement au pouvoir ou qu’ils l’exercent de longue date, les représentants de ces forces, violent la Démocratie et forniquent avec la Liberté. 

Il aura suffi de …

28/01/2014

La France et son «problème» suisse

Heureusement, la grande majorité des citoyens français a une bonne image de la Suisse. Ils sont venus, viennent ou viendront passer leurs vacances dans notre pays. Il y a ceux aussi, travailleurs, cadres, chefs d’entreprise, qui viennent ici car ils savent qu’ils y trouveront un cadre de vie agréable et des conditions propices au développement de leur carrière ou de leur entreprise. 

Et puis il y a les autres. Ceux pour qui la Suisse n’est qu’un havre de bandits recyclant l’argent sale ou de citoyens indignes pratiquant l’évasion fiscale. Ils ne s’intéressent pas vraiment à notre pays, n’ont aucune intention d’en étudier le fonctionnement et les institutions et se plaisent simplement à répéter en boucles leurs poncifs: l’économie suisse est une économie du crime et il faut tout mettre en œuvre pour lui faire rendre gorge.

Je suis un auditeur régulier de France-Inter et cette attitude transpire en permanence sur cette antenne. Soit ce pays semble ne pas exister pour ses journalistes, soit il est question de paradis fiscal, d’évasion fiscale, etc.. Jamais ils ne s’intéressent à autre chose. Jamais ils ne cherchent à comprendre la véritable structure de notre économie. Jamais ils n’informent l’auditeur français que la finance ne représente que 10-13% du PIB. Jamais ils n’informent le citoyen français que la Confédération a un budget équilibré bien que les 2 grandes banques ne paient plus d’impôt depuis 2008 et la crise des subprimes. Et lorsque les journalistes évoquent le rejet, par le peuple, de certains objets pour améliorer les prestations sociales, ce n’est que pour mieux se moquer et il ne leur vient jamais à l’idée que si notre pays est globalement riche, c’est parce que nous sommes prêts à travailler d’abord et avons une approche très raisonnable et équilibrée des relations au sein de l’entreprise.

Dans ce pays dont les journalistes économiques et politiques ont une attitude si équivoque vis-à-vis de l’Allemagne et ses succès économiques, on en arrive facilement à la conclusion que ce pays obtient ses succès au détriment de ses partenaires européens.

Quant à la Suisse, n’en parlons surtout pas. Et pourtant, si l’Allemagne obtient ses succès économiques à cause d’un dumping salarial, que dire de la Suisse ? C’est probablement le pays du monde dont le coût du travail est le plus élevé au monde, dont la monnaie est en réévaluation quasi permanente (il suffit de regarder les cours des principales devises vis-à-vis du CHF depuis 40 ans) et pourtant nos entreprises survivent et prospèrent dans un environnement extraordinairement difficile. Depuis l’ouverture des frontières, des centaines de milliers d’Européens (chaque année nous sommes obligés de construire une ville de la taille de Lucerne) sont venus tenter leur chance ici. Ce qui a encore amélioré la productivité et permis l’expansion économique de notre pays.

Et que se passe-t-il pendant ce temps chez nos voisins ? Le chômage augmente et augmente encore. Et la catastrophe finale n’est évitée que grâce à des plans emplois pour les jeunes. Dans ce pays, il ne fait pas bon avoir moins de 27-28 ans et plus de 50 ans. Et il y a longtemps qu’ils «bénéficient» de la retraite à 60 ans et des 35h. Il n’y a bientôt plus qu’un noyau d’actifs devant soutenir un nombre de plus en plus important d’inactifs de toute catégorie. C’est effrayant. Quid d’une réflexion en profondeur sur les institutions ? Quid d’une remise en question de ces vieilles certitudes qui mènent ce pays à son déclin inexorable ?

Et dans un domaine plus léger, on retrouve cette même jalousie de certains journalistes, sportifs cette fois-ci, vis-à-vis des succès de notre pays. Impensable pour ces journalistes bon teint d’admettre et de reporter que nos sportifs obtiennent des succès. Ce qui pour d’autres donnerait lieu à une information méritant un développement est susurré du bout des lèvres lorsqu’il s’agit d’un sportif suisse. On l’a encore vu très récemment avec la fabuleuse, et méritée, victoire de Stan à Melbourne et la pauvreté avec laquelle celle-ci a été évoquée sur les ondes de cette radio, alors qu'une victoire dans un tournoi du grand Chelem est un événement sportif considérable. Lamentable.

La France est malade de sa croyance en la toute-puissance du Père, ce monarque dont ils ont fait rouler la tête dans la sciure mais pas dans leur cœur et dans leur tête. C’est un pays dont trop de citoyens et ce qui est plus grave, la vaste majorité des journalistes hypnotisés par la lumière du pouvoir, sont encore infantilisés par cette croyance absurde en l’omnipotence d’un seul homme. Et tant que les français n’auront pas fait une nouvelle révolution, des esprits cette fois-ci, ils resteront ces citoyens immatures, incapables de prendre leur destin en mains et attendant tout de la figure tutélaire, nommée tous les 5 ans avec les «pleins» pouvoirs (ce qui ne veut plus dire grand-chose aujourd’hui).

L’élite politique française aurait grand intérêt à étudier les institutions et le tissu économique de notre pays au lieu de se complaire dans ses certitudes qui ne racontent rien, n’expliquent rien et ne font que la priver d’une plus salutaire grille de lecture.

06/02/2012

De l'eau socialement responsable

Invité passionnant ce matin dans l'émission « Les petits matins » de Georges Pop, M. Renaud de Watteville, fondateur de Swiss Fresh Water (SFW), une jeune startup vaudoise, devenue Fondation le 13 janvier, qui apporte une vraie réponse au manque d'eau potable dans les pays pauvres.

Ils proposent une machine portable (80 kg) de dessalement d'eau de mer, fonctionnant à l'énergie solaire et permettant de produire 500 à 2'000 litres d'eau par jour. Au-delà de l'appareil, c'est le système de distribution mis en place qui est profondément original. Le microcrédit vient au secours des communautés pauvres, l'opérateur de la machine est élu démocratiquement par la communauté, le prix du litre d'eau est compétitif, la surveillance technique de la machine est faite par télémétrie, ce qui veut dire que l'entreprise suit jour après jour les performances de chaque machine et peut réagir en cas de baisse de performance ou de panne.

C'est une vraie réponse, écologique, non polluante, saine financièrement, politiquement et socialement, adaptée à de petites communautés.

Dire qu'il y 3-4 ans, le président de nos voisins, toujours volontaire pour se transformer en VRP de l'industrie nucléaire française, avait fait le tour des pays d'Afrique du nord pour leur vendre des centrales nucléaires pour dessaler l'eau de mer. Il avait signé des contrats avec des régimes aussi démocratiques et stables que l'Egypte (Moubarak avait déjà plus de 80 ans et l'avenir, après lui, plus qu'incertain), la Libye (on pouvait dire à peu près la même chose de ce pays) et l'Algérie (les Islamistes sont en embuscade et prendront le pouvoir à la première occasion). Cette folie (ne serait-il pas charmant, aujourd'hui, après les événements que l'on sait, d'avoir des pays nucléarisés en Afrique du nord) n'a heureusement pas eu le temps de se réaliser et j'espère qu'elle ne se réalisera jamais. Et tout cela dans des pays qui ne manquent pas de soleil.

Ne faut-il pas être un forcené pour vouloir vendre des systèmes de dessalement d'eau de mer d'origine nucléaire dans des pays qui sont, politiquement et socialement, des bombes à retardement  alors que le soleil ne manque pas et qu'il pourrait faire le même travail sans créer tous les risques engendrés par la filière nucléaire ?

Merci à cette jeune société, innovante et socialement responsable, d'amener de vraies réponses à de vraies questions. Elle va sans doute moins enrichir les actionnaires de grands groupes prêts à prendre tous les risques au nom du profit aveugle, mais chaque litre d'eau produit le sera au profit de la communauté et n'engendrera pas les risques géopolitiques et écologiques créés par l'industrie nucléaire.

21/01/2012

Laura Dekker: Un sacré caractère

Aujourd'hui, dans la TDG, un trop bref article sur la prodigieuse Laura Dekker qui, à 16 ans (!), est proche d'achever le tour du monde à la voile en solitaire.

Et l'on apprend qu'elle a fait cela avec une foi immense (il en faut, même si elle est née sur un bateau), l'accord de son père (voilà un père à l'écoute de la volonté exceptionnelle de sa fille) et malgré les multiples obstacles administratifs des autorités néerlandaises.

Si l'Etat se doit de faire respecter certaines règles pour le bien du plus grand nombre, Laura Dekker est de ces êtres malheureusement si extraordinairement rares qui pulvérisent les normes. Vouloir lui appliquer celles qui valent pour les autres jeunes de son âge est une absurdité. Elle l'a prouvé de la plus belle des manières.

D'accord, elle ne saura peut-être pas certaines des merveilles du savoir que les jeunes de son âge s'enfournent avec plus ou moins de bonheur et d'envie sur les trop souvent mornes bancs de nos écoles. Mais peut-on, ne serait-ce qu'imaginer, ce que cette jeune fille a appris pendant cette année en mer ? Cette confrontation à ce milieu si dur et impitoyable et en même temps si vaste et si inspirant de beauté qu'est la mer, cette confrontation à elle-même et à sa solitude, cette nécessité de s'assumer seule, 24/24, 365 jours par an, tout cela, aucune école ne le lui apprendra. Même pas le millième de tout cela. Même pas le millionième.

Ce qu'elle a appris là est exceptionnel et en même temps elle devait l'avoir en elle avant même de partir. C'est cet illimité qui habite certains êtres dès leur naissance qui fait, justement, qu'ils sont exceptionnels. Et les tracasseries administratives des autorités néerlandaises (apparemment ils ne désarment toujours pas) sont d'un ridicule accompli face à la fulgurante détermination et à l'intelligence de Laura Dekker.