08/12/2011

Entre la peste et le choléra

Ce qui était à craindre (voir mon billet "Va-t-on vraiment vers la démocratie") est en train de se dérouler sous nos yeux, le printemps arabe amène au pouvoir les islamistes que les dictateurs tunisiens, égyptiens, libyens avaient tenu à l'écart.

Nos gouvernements ont cautionné, en son temps, ces dictateurs pour des raisons de real politique. Aujourd'hui, face à la révolte légitime de ces peuples opprimés et martyrisés par des régimes iniques, ces mêmes gouvernements ont retourné leur veste et soutenu la révolte de la rue. Y compris par des moyens militaires considérables dans le cas libyen.

Nous avons tous suivi ces événements dramatiques et avions tous l'espoir que ces révoltes déboucheraient sur une véritable démocratisation de ces pays. Hélas, ces pays ont répondu à une autre logique et les islamistes étant les seules formations structurées et prêtes à revendiquer le pouvoir après 20 ou 30 années de dictature ont connu les succès électoraux que l'on connaît. Et ces mouvements islamistes, souvent avec l'argent saoudien toujours prêt à encourager le développement d'un Islam conquérant et militant, ont su tisser un filet social nécessaire face à des régimes fondamentalement producteurs d'injustices.

Un des derniers dictateurs encore en place se trouve en Syrie et là aussi, nous savons que la rue réclame sa démission en appelant à la démocratie. Mais il y a fort à parier que si le gouvernement de Bachar el-Assad devait tomber, il serait remplacé par des islamistes comme dans tous les autres pays arabes récemment «libérés». Et, poursuivant sur leur lancée «vertueuse», nos gouvernements font pression sur le régime syrien pour le pousser vers la porte. Israël et l'Europe, le monde même, se trouveraient alors confrontés à une toute nouvelle réalité, remplie d'incertitudes.

Mais force est de reconnaître que le soutien de nos Etats à des dictateurs créant des Sociétés socialement fondamentalement injustes et l'intransigeance politique extrême d'Israël ont fait le lit des Islamistes.

Le remplacement des dictateurs politiques par des dictateurs religieux est évidemment une perspective cauchemardesque pour nos démocraties et pour Israël. Et seul l'avenir nous dira si ce cauchemar deviendra réalité.

20/10/2011

Va-t-on vraiment vers la démocratie ?

Pour tous ceux pour qui la laïcité et la liberté de conscience sont des valeurs indispensables à la vie en Société, ce qui se prépare dans de nombreux pays musulmans a de quoi inquiéter.

De partout, en effet, on reçoit des nouvelles qui vont dans le sens opposé à celui ouvertement recherché par nos «démocraties» depuis les attentats de 2011, à savoir la démocratisation des pays musulmans:

  • Afghanistan: les Talibans sont en train de tisser leur toile, de constituer un gouvernement de l'ombre, d'amadouer les populations qui ont pourtant déjà subi leur joug. Mais face au gouvernement fantoche, corrompu et impuissant mis en place par les Américains, ils n'auront aucune peine à reprendre le pouvoir, avant même que le dernier soldat de l'OTAN ait quitté le territoire
  • Pakistan: l'infiltration des islamistes aux plus hauts niveaux de l'Etat (administration, armée, services secrets) est si importante que les Etats-Unis sont régulièrement trahis par cet «allié» au double jeu
  • Iran: il faudrait être très naïf pour croire que le programme nucléaire est exclusivement civil
  • Tunisie: c'est le premier pays ayant fait sa «révolution» qui va aller voter, le 23 octobre. Las, on apprend que le parti islamiste est le seul à être structuré, ce qui n'est pas une surprise, et le seul à présenter un programme politique digne de ce nom. Ce que les naïfs ou les désespérés qui vont aller voter pour lui ne savent pas est que le vrai programme politique de ce parti ne se trouve pas inscrit sur les affiches électorales. Il est à craindre que l'avenir de la Libye et de l'Egypte (on connaît par exemple, la force des frères musulmans ou la violence que subissent les Coptes) ne soit pas plus rose
  • Yémen: les rebelles chiites qui attaquent le régime en place ne sont pas là pour permettre une transition démocratique
  • Turquie: ce pays qui se veut le champion d'un Islam «modéré» (un oxymore) et qui donne volontiers des leçons dans sa région, donne des signes inquiétants. Non seulement l'armée, gardienne de la laïcité de ce pays a été mise au pas, mais des bruits inquiétants courent sur les pressions faites sur les médias pour qu'ils se taisent. L'autocensure règne et de nombreux journalistes récalcitrants (on parle de 61) sont emprisonnés. Je m'étais permis, en septembre 2010, d'émettre une opinion dans ce blog sur la possible entrée de la Turquie dans l'UE (voir "Les limites de l'intégration de la Turquie en Europe"). les derniers développements ne font que renforcer ma conviction de l'époque.

A ce rythme, si les tendances actuelles se confirment, nous allons nous retrouver dans quelques mois avec une situation complètement nouvelle et très inquiétante avec tous ces pays passés dans le camp des ennemis de la laïcité, de la liberté de conscience, de la femme.

Tout cela au moment où nos pays sont ruinés à cause de la cupidité congénitale et aveugle de quelques-uns et par les guerres coûteuses et sans issues en Irak et en Afghanistan.

Je ne sais si Ben Laden avait conçu les attentats du 11 septembre comme l'amorce d'un piège dans lequel faire tomber la puissante armée des Etats-Unis. Si tel était le cas, il était un génie et son plan diabolique a fonctionné au-delà de toutes ses espérances.

Nous allons peut-être devoir faire face à une situation de plus en plus incertaine et dangereuse dans les mois et les années qui viennent, qui plus est dans un état de totale impréparation.

 

09/02/2011

Une leçon de démocratie ?

Nous assistons depuis quelques semaines à un réveil de la rue dans certains pays arabes et je continue d'être frappé par la maturité politique dont font preuve les manifestants.

Après avoir été bafoués dans leurs droits et maintenus sous une chape de plomb à cause de la peur (au moins en partie justifiée) d'une  montée de l'islamisme radical, ces peuples sont en train de se réinventer un futur qui semble pour l'instant éviter les pièges tendus à la fois par une tentative désespérée de sauver les structures anciennes et de basculer dans une révolution islamiste à la mode iranienne (Khomeiny).

Nos Sociétés occidentales, apparemment gavées de démocratie (nous prenons cela pour un acquis désormais éternel) et jouissant d'une     
apparente liberté (et pourtant le concept de "liberté" est sérieusement en question lorsque l'on voit à quel point nos systèmes "démocratiques" tournent à l'avantage d'une si petite frange de la population) assistent, médusées, à ce bouillonnement en Afrique du Nord.

Si nos "Elites" financières, politiques et intellectuelles ne prennent pas la mesure de ce qui est en train de se passer dans cette région du monde et si elles n'acceptent pas de voir à quels extrêmes d'égoïsme et d'accaparement des richesses leur politique mènent nos pays, je ne serais pas étonné qu'un jour pas si éloigné que cela, elles assistent elles aussi à une nouvelle Révolution, cette fois-ci au Nord de la mer Méditerranée.

Je n'aurais jamais imaginé voir un jour la possibilité qu'un "réveil" de nos Sociétés occidentales puisse être inspiré par des mouvements sociaux venant du Sud de la Méditerranée. Et pourtant, nos Sociétés et les maux qui les rongent sont-ils si différents que cela ?

Au Sud, très schématiquement, nous avons:

  • une petite élite, un clan, qui détient les clés du pouvoir et qui s'en met plein les poches
  • une jeunesse bien formée qui ne trouve pas un emploi digne de ses qualifications
  • une restriction des libertés due à des influences religieuses, politiques et à une absence de moyens financiers

Au Nord, tout aussi schématiquement, nous voyons:

  • une petite élite, un clan, qui détient les clés de l'économie et qui s'en met plein les poches
  • une élite politique qui est au service de cette nouvelle "aristocratie", économique cette fois-ci (par opposition à l'aristocratie d'avant la Révolution française)
  • une jeunesse bien formée qui ne trouve pas un emploi digne de ses qualifications: c'est le cas dans beaucoup de nos pays comme la France (où en étant bac+7 on n'est pas sûr de décrocher l'emploi de ses rêves), de l'Espagne, de la Grèce, etc..
  • une restriction des libertés due à une absence de moyens financiers (combien de jeunes sont obligés de vivre chez leurs parents jusqu'à 30 ans car ils sont incapables de s'insérer durablement dans le monde du travail, allant d'emplois précaires en emplois précaires
  • une réelle aliénation d'une partie de la population par une télévision à la qualité navrante, un agenda sportif surdimensionné (du pain et des jeux), une distribution généreuse des médicaments de confort par nos systèmes de santé
  • la présence sur nos territoires de groupuscules d'islamistes radicaux qui pourraient à terme, "crisper" nos Sociétés

Pour l'instant, le système tient encore car il assure un minimum vital au plus grand nombre, y compris l'accès au système de santé, mais je ne suis pas certain que nos pays résisteront à une nouvelle crise économique. Or celle-ci, du fait même des fondements structurels et idéologiques de nos économies, est d'ores et déjà programmée:

  • quelle forme prendra-t-elle ?
  • quand aura-t-elle lieu (n'oublions pas toutefois que nous ne sommes pas encore sortis de la crise des subprimes) ?
  • quelles en seront les causes ?

nul ne le sait bien évidemment. Mais ce jour-là, le réveil risque d'être brutal.

Dans ce catalogue, il faut accorder une mention spéciale à l'Italie qui cumule à la fois les tares connues de l'économie libérale dans ce qu'elle a de plus "sauvage", une classe politique corrompue et un "père de la nation" incarné par un vieillard que certains qualifient de lubrique. Ainsi, on se demande quand les Italiens , lobotomisés par la télévision la plus bête du monde et aux ordres dudit vieillard, vont se lever pour dire à ce triste personnage: "Berlusconi, dégage" !

Encore une fois, nous avons toutes les connaissances historiques, tous les moyens de prospective, toutes les connaissances politiques, économiques et sociologiques pour éviter la catastrophe mais je continue, malheureusement, de craindre que l'égoïsme de quelques-uns ne soit plus fort que les leçons de l'Histoire.

 

21/01/2011

Où conduit la Révolution tunisienne ?

Force est de reconnaître que ces dernières décennies, dans le Monde arabe, nous n'avons assisté qu'à deux tentations extrémistes, la dictature (politique et/ou militaire) et l'extrémisme religieux.

La Société tunisienne, en renversant la dictature mafieuse et corrompue de Ben Ali (ce constat est unanimement accepté) saura-t-elle trouver une autre voie et évitera-t-elle de retomber dans les ornières de l'Histoire ? C'est une grande et grave question pour la Tunisie, pour le Monde arabe, pour l'Europe (au vu de sa proximité géographique et des liens tissés de longue date) et pour le Monde, tant les soubresauts et les profonds déséquilibres de ces Sociétés peuvent affecter le reste de la Planète.

Ce matin, à la RSR, j'ai entendu un intervenant tunisien dire que les Sociétés arabes avaient toujours besoin d'un Père, d'un Guide. Si c'est vrai, alors le danger est grand de voir rapidement la Tunisie remplacer un Père abuseur et tyrannique par un autre Père tout aussi abuseur et tout aussi tyrannique. Alors d'où vient ce besoin au fond immature ? Cela viendrait-il de la Religion ? Une Religion qui interdit aux simples citoyens de réfléchir de façon critique au sens de la vie, au sens et à l'origine des Ecritures (toute remise en question est un blasphème et tout blasphème mérite la mort, comme on l'a vu ces derniers jours au Pakistan) est-elle une Religion qui conduit à la Liberté, celle justement que les Tunisiens appellent de toutes leurs forces ?

L'Europe a aussi eu ses bûchers de l'Inquisition. Ils ont fait frémir l'Europe d'une onde de "Sainte" Terreur. Et puis il y a eu le siècle des Lumières. Cela a été la Révolution européenne contre la tyrannie religieuse. On croyait en avoir fini avec la Terreur, on croyait en avoir fini avec l'obscurantisme des idées et la dictature d'un petit groupe d'élus sur le plus grand nombre.

L'Histoire européenne nous a montré depuis qu'elle n'a pas été avare de nouvelles abominations: nous avons eu droit au communisme qui a rapidement dérapé dans ses versions stalinienne et maoïste et au nazisme, deux monstruosités qui ont ravagé l'Europe et le Monde. Quand enfin nous avons réussi à nous libérer de ces abominations (sauf en Chine) on pensait qu'un Monde nouveau nous était offert et que cette fois, vraiment, nous serions libres de tout ce qui nous avait asservis jusque-là.

Deux décennies après la chute du mur de Berlin où en sommes-nous ? En ce qui me concerne, je suis consterné de voir que c'est encore une fois raté. Aux tyrannies clairement identifiées et identifiables, aux tyrannies incarnées par des leaders charismatiques (qu'ils se soient appelés Suzerain, aristocrates, Roi, Empereur, Führer, Petit Père des Peuples ou Grand Timonier), a succédé une nouvelle forme de tyrannie, beaucoup plus pernicieuse parce qu'anonyme. A la dictature des Systèmes politiques ou Religieux a succédé la dictature économique, celle des tout-puissants "Marchés", celle de l'économie libérale, celle des Conseils d'administration où s'active un petit noyau de gens, toujours les mêmes, qui règnent en Maîtres sur le Monde. La grande différence est que ces nouveaux Maîtres du Monde sont anonymes, cachés au sein des sphères les plus anonymes de notre économie mondialisée. De là, ils tirent les ficelles, toutes les ficelles:

  • un jour ils nous imposent la dérégulation de l'économie
  • le lendemain ils nous font miroiter les bienfaits de l'ouverture des frontières aux produits manufacturés (on n'a pas le temps de réaliser ce que cela veut dire que déjà des millions d'emplois sont délocalisés en Chine et en Inde)
  • puis ils s'attaquent à nos assurances sociales et reprennent tout ce que 2-3 décennies de revendications syndicales avaient réussi à répartir plus équitablement
  • ils nous imposent une filière agro-alimentaire produisant une alimentation totalement dénaturée et dangereuse pour la santé
  • ils spéculent sur les denrées alimentaires ou sur l'Immobilier
  • provoquent la crise des subprimes et obligent nos Etats à rembourser le prix de leur folie
  • organisent une panique mondiale autour de la grippe H1N1 pour obliger nos Etats, complaisants, à acheter pour des milliards de $ de doses de vaccins (Il faut bien embellir les bilans des grands groupes pharmaceutiques)

Pendant que cette dramatique sarabande a lieu, nous, simples citoyens, sommes gavés de Télé-Réalité, de spectacles de starlettes dénudées et de sportifs bodybuildés et anabolisés dans un grand show planétaire savamment organisé. Les Romains, précurseurs, avaient inventé ce concept :  "du pain et des jeux". L'économie marchande le pousse à ses extrêmes, générant profits mirifiques  et anesthésie des consciences.

Vous pensez que j'exagère, que cela sent les légendes urbaines à plein nez, que tout ceci n'est qu'une nouvelle version du soi-disant grand complot mondial ? Alors essayez de répondre à 2-3 questions et constatations :

  • Pour ceux qui ont l'âge de l'avoir vécu, au lendemain (et il faut prendre ce mot dans son sens littéral) de la chute du mur de Berlin et de l'explosion de l'Union soviétique, les changements dans notre tissu économique (pour faire court: le libéralisme économique et la mondialisation) se sont faits à une vitesse extraordinaire, de manière coordonnée et concertée dans toutes nos économies et dans toutes nos entreprises (ne serait-ce que parce que depuis quelques années déjà, c'était ce que l'on enseignait dans nos Facultés de Sciences économiques). Ce remarquable ensemble n'était-il que le fruit du hasard?
  • Toujours au lendemain des mêmes événements, partout, dans les Parlements de toutes nos démocraties, les mêmes Lois ont été proposées pour s'attaquer à l'Etat social, redistribuer les richesses en faveur des plus riches, diminuer les impôts des entreprises au motif qu'elles pourraient créer plus d'emplois si l'Etat leur redonnait leur liberté d'entreprendre (on sait, depuis, à quelles extrémités le chômage en est arrivé)
  • Dans tous nos pays, en même temps, nous avons entendu le même discours, répété ad nauseam, qui s'attaquait aux fondements de l'organisation de nos Sociétés. Nous venions de vivre une parenthèse historique dans l'Histoire: pendant 3 décennies, la répartition des richesses (au sein du monde occidental) s'était faite dans le respect de la dignité de chacun (mais cela ne s'était gagné que par des luttes syndicales homériques)
  • Combien de médias sont aujourd'hui dignes d'être encore qualifiés de 4ème pouvoir? Partout les Lois du Marché ont permis leur concentration dans les mains de quelques patrons avisés et désireux de les utiliser pour promouvoir leur agenda: il n'est que de citer Rupert Murdoch, omniprésent dans le monde anglophone et Silvio Berlusconi en Italie pour se rendre compte à quelles extrémités nous en sommes arrivés. Pouvez-vous citer un média (sous quelque forme que ce soit), d'une certaine importance, dans le monde occidental, qui ait encore le temps, les moyens et l'indépendance nécessaires pour faire un vrai journalisme d'investigation?
  • Est-il normal à votre avis que ce soit l'économie privée qui dicte les Règles à nos Etats ruinés (je pense par exemple à la si importante procédure d'autorisation de mise sur le marché d'un nouveau médicament qui est, de nos jours, faite par les Laboratoires eux-mêmes)?

Alors, pour en revenir à la Tunisie, je suis vraiment impressionné par la maturité politique d'un Peuple pourtant privé de débat démocratique depuis si longtemps. En particulier par ces Comités populaires spontanés qui se sont dressés dans les quartiers pour défendre leur Révolution. Je souhaite de tout coeur à ce pays de pouvoir échapper à la tyrannie d'un nouveau Père fouettard. Mais s'il évite cet écueil, saura-t-il éviter celui dressé par les nouveaux Maîtres du Monde ?

La Terre et les Terriens, en 2011, sont pris en tenaille entre deux capitalismes, celui anonyme de nos Conseils d'administration et celui d'Etat à la mode chinoise (pensons, entre autres, à toutes ces terres arables achetées ou louées pour 99 ans par la Chine à des pays pauvres). Deux perspectives aussi enthousiasmantes l'une que l'autre.

29/09/2010

Modeste contribution à la résolution du plus long conflit du 20ème siècle

Au petit matin, j'ai caressé l'idée d'une grande Initiative planétaire, populaire ((j'espère), silencieuse (pour donner plus de dignité) et pacifique. Son but viserait à transmettre, par la rue, un message de

                                     «Nous en avons assez de ce conflit»

 à toutes les forces qui de près ou de loin ont un intérêt quelconque au Proche-Orient, et Dieu sait (il doit le savoir, surtout, là, au cœur des 3 Religions monothéistes) que ces forces sont nombreuses.

 En réalité, nous sommes tous concernés par ce conflit. Nous vivons un sorte de 3ème guerre mondiale qui ne dit pas (encore ?) son nom. Le Monde entier est pris en otage par ce conflit et ce serait bien la moindre des choses qu'après plus de soixante années de cauchemar, nous ayons tous le droit de dire

                                     «STOP, cela a assez duré !».

 Pour ceux qui ont déjà un peu vécu, ce conflit les a accompagnés pratiquement depuis leur berceau :

  • on ne compte plus les guerres proches et éloignées dans le temps et dans l'espace (dans une des dernières en date, les Talibans afghans qui ont vaincu l'armée soviétique et sont en train d'enliser celle des Etats-Unis, ne sont-ils pas un des nombreux sous-produits du conflit Israélo-Palestinien? De même que bien d'autres groupuscules d'islamistes radicaux qui mettent, ou ont mis, leur pays à feu et à sang)
  • nous avons subi des actes terroristes sur terre, sur mer et dans les airs jusqu'à la nausée
  • nous avons assisté, médusés, à l'assassinat froidement perpétré, des rares hommes de bonne volonté (l' égyptien Anouar El Sadate et l'israélien Menahem Begin)
  • l'arme du pétrole a failli réussir à asphyxier les économies occidentales
  • cette problématique est au centre de la politique étrangère et militaire de nombre de pays
  • très récemment, nous avons été stupéfaits par l'usage d'une force brutale et disprortionnée contre des civils sans défense de la part de l'une des armées les plus puissantes du monde
  • la propagande de l'un ou l'autre camp est partout et empoisonne littéralement l'air de cette malheureuse planète et en a radicalisé plus d'un
  • aujourd'hui, la question iranienne donne des nuits d'insomnie à plus d'un dirigeant politique et devrait en donner à plus d'un citoyen conscient des risques planétaires liés à la situation particulière de l'Iran
  • et ne parlons pas des millions de morts, de sans-abris, de femmes violées (notamment en Algérie), de réfugiés, engendrés par ce chaos savamment orchestré et entretenu par ceux à qui ce crime permanent profite.

 Ce spectacle lamentable est insupportable et indigne de la Planète dont nous avons hérité. Je ne suis pas là pour juger et bien malin serait celui qui pourrait dénouer l'enchevêtrement des actions et des réactions, des crimes et des vengeances qui ont jalonné ce conflit.

 C'est pourquoi il serait important et profitable de voir se lever aujourd'hui une armée pacifiste, silencieuse, sans jugement, qui placarderait son désir de PAIX à la face du Monde et de ceux qui l'ensanglantent jour après jour et détruisent sciemment tout Espoir. Une foule qui se lèverait de façon coordonnée, dans une ville du Monde après l'autre, en n'ayant pas peur d' afficher les morts et les souffrances des deux côtés, d'une manifestation à l'autre (une foule qui ne devrait pas faillir, afin que son attachement à la Paix soit plus durable et fort que l'entêtement de ceux qui veulent gagner cette guerre absurde). Cela donnerait une sorte d'onde de paix qui parcourrait la Terre, comme les vagues parcourent les océans, en espérant que ce silence ardent frappe les esprits qui en ont un urgent besoin. Puissent ces esprits comprendre que les temps ont changé : que bien qu'ils ne veuillent pas la Paix et les concessions qui vont forcément avec, le reste du Monde ne veut plus être les otages de leurs calculs et intérêts égoïstes.

 Une question demeure: Sommes-nous prêts à cela, y a-t-il suffisamment d'âmes de bonne volonté pour réussir là où tant d'autres ont échoué ?

13/09/2010

Les limites de l'intégration de la Turquie en Europe

J'ai eu l'occasion d'entendre l'émission de la RSR, le «Grand-Huit», du mardi 27 juillet (je sais, c'est un peu daté, mais la problématique est, et restera, actuelle pendant encore des lustres) et j'ai été stupéfait par les propos incroyables de candeur (?) de M. Andreas Gross (Conseiller National) comparant les relations du gouvernement turc avec sa religion à celles de Mme Angela Merkel avec la sienne. 

Ce Monsieur, jusqu'à preuve du contraire, est un homme intelligent et parfaitement informé. Il est un vieux routinier de la vie politique et siège dans plusieurs instances suisses et internationales. A partir de là, ses remarques sont simplement ahurissantes, car tout le monde a entendu les propos de M. Erdogan (Premier Ministre) en décembre 2007 : «Les mosquées sont nos casernes, les croyants nos soldats, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes». J'imagine que M. Gross a pu lire ou entendre ces propos aussi bien si ce n'est mieux que moi. A contrario, a-t-il jamais entendu Mme Merkel tenir des propos guerriers concernant sa religion ? J'en doute fort et c'est un euphémisme bien évidemment. Alors qu'est-ce qui fait que ce Monsieur a décidé d'être sourd et aveugle à certaines réalités ? Je ne peux bien évidemment pas répondre à sa place, mais il a perdu beaucoup de sa crédibilité à mes yeux.

 Pour ma part, je suis contre l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne (une adhésion aurait de profondes répercussions sur la Suisse) tant qu'elle n'aura pas clarifié une fois pour toutes ses relations avec la religion. C'est un pays encore laïque, certes, mais les tentations sont de plus en plus fortes de le faire basculer vers un islamisme beaucoup plus militant (les propos de M. Erdogan sont très clairs à ce sujet). Et si cela arrivait alors que la Turquie était dans l'UE, elle représenterait un danger mortel.

 Donc plutôt que de mener des négociations à rallonge avec ce pays, de lui imposer sans arrêt de nouvelles exigences (tout cela dans le but, selon certains, de perdre du temps et de remettre son entrée dans l'UE aux Calendes Grecques), soyons clairs avec ce pays et ses habitants. Disons-lui ce qui nous préoccupe, parlons le langage de la vérité, exprimons clairement qu'une Turquie laïque pourrait être acceptée dans l'UE, mais qu'à la seconde où elle basculerait dans le camp des islamistes elle en serait automatiquement exclue (à l'Europe d'inventer ce mécanisme totalement inédit). Et exigeons que le Peuple turc soit consulté par référendum (avec vote obligatoire) sur sa vision des rapports entre l'Etat et la Religion, avant toute adhésion à l'UE et que cette vision soit inscrite dans la Constitution.

Ce mécanisme devrait permettre à l'UE de se protéger de l'évolution préoccupante d'une partie de la population et de la classe politique de ce pays. Et cela aurait le mérite de la clarté et permettrait un débat assaini car reposant sur des problématiques clairement établies et exprimées.

18:58 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politiqueeuropeturquie | |  Facebook