Politique internationale - Page 3

  • Le vrai blasphème (2) ?

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    L’invité de la rédaction de la RTS1 ce matin était M. Malek Chebel, anthropologue des religions et philosophe. Depuis 20 ans il essaye de promouvoir un «islam des Lumières». Vaste tâche.

    Ce matin il a dit et je cite de mémoire: «Quand la situation est calme, je reçois des soutiens de partout, quand il y a une crise, je me retrouve tout seul».

    C’est exactement ce que j’écrivais hier soir en parlant du fait que les musulmans modérés sont la plupart du temps inaudibles. Peut-être ont-ils simplement peur du fanatisme de certains de leurs coreligionnaires, car ils savent à quelles extrémités ils peuvent aller.

    En d’autres temps, peu glorieux, nos pays démocratiques ont cherché un compromis lâche avec l’Allemagne nazie avant de devoir se battre (du moins les pays qui n’avaient pas été envahis dès les premiers jours) pour ne pas sombrer dans la barbarie. Ils ont ensuite cherché une autre façon de vivre côte à côte avec l’empire soviétique tout en évitant de le provoquer.

    Prenons garde de ne pas nous «finlandiser» face à cette religion.

     

  • Le vrai blasphème ?

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    Encore une fois le monde musulman s’embrase pour ce que certains jugent être un blasphème. Le blasphème, selon le dictionnaire est une «Parole ou discours qui insulte violemment la divinité, la religion et, par extension, quelqu’un ou quelque chose de respectable».

    Cette attitude de haine et d’hystérie qui a mené à des morts dans le monde arabe et musulman et qui cherche à imposer ses valeurs à nos Sociétés par la dictature de l’intimidation est insupportable et inacceptable.

    Comment une religion qui tolère et même parfois encourage des comportements violents, peut prétendre savoir qui blasphème contre Dieu et ses représentants terrestres réels ou auto-proclamés.

    Beaucoup de catholiques ont quitté l’Eglise suite à certaines dérives qui ont trop longtemps entaché la marche de ce qui devrait être une «vénérable» Institution. Se révolter contre les scandales de pédophilie et/ou contre un lourd passé de manipulation des âmes est une attitude saine et démontre un sursaut d’intelligence et de respect de la vie.

    Voit-on la même chose dans le monde musulman ?

    Une religion qui traite, dans de nombreux pays, la moitié de sa population par le mépris des droits humains n’est-elle pas une religion qui pratique une forme de blasphème tous les jours ? Dieu, s’il existe, a-t-il créé la femme pour être la vassale de l’homme ?  A-t-il créé la femme pour être excisée par millions ? A-t-il créé la femme pour que son seul droit soit de rester dans sa cuisine et de ne pouvoir sortir de chez elle que déguisée en fantôme ? N’est-ce pas le blasphème suprême que de vouloir traiter la moitié de l’Humanité avec une telle violence et un tel mépris ?

    Et pourtant, je n’ai jamais entendu que les musulmans modérés quittent en masse cette religion pour protester contre la violence faite aux femmes ou contre ceux, heureusement minoritaires, qui appellent à la guerre sainte et/ou pratiquent le terrorisme.

    J’aimerais vraiment pouvoir prendre acte que le monde musulman, au moins sa frange modérée, s’attaque avec détermination à ces graves problèmes. Mais sa voix est encore trop souvent inaudible.

  • L'Occident est mal barré

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    Excellent éditorial (comme toujours) de M. Claude Monnier, aujourd'hui, dans la TDG. Il rappelle le danger considérable que représenterait, pour nos pays, une alliance politique, économique et militaire de la Chine et de la Russie.

    Cela fait des années que je suis choqué et préoccupé par la façon méprisante dont nos pays traitent la Russie. Certes, à l'époque de l'URSS, ce pays n'était pas notre ami et nous a fait souffrir de mille et une façons. Une guerre d'une ampleur encore jamais vue a été évitée de justesse à plusieurs reprises. Mais de là à tomber dans cet aveuglement géostratégique qui nous a menés à mépriser ouvertement ce grand pays...

    La Russie n'est pas (encore) un pays qui fonctionne comme nos démocraties. Et bien sûr, Poutine n'est pas un grand démocrate. Mais est-ce une raison pour traiter ce pays avec mépris ou condescendance ou ostracisme ? La Russie est un pays fier de sa grandeur, de sa puissance militaire passée, de sa vaste culture. Notre mépris ne peut que radicaliser son élite politique, économique et militaire.

    Imaginez une seule seconde une telle alliance avec la Chine. Oui, cela représenterait une population de plus de 1.6 milliards d'habitants. Deux pays vastes comme l'ensemble du reste du monde (ou presque). Des matières premières quasi illimitées. Une puissance militaire qui sera bientôt terrifiante, surtout si l'on met cela en balance avec l'état économique et militaire des Etats-Unis (qui n'a plus rien à voir avec ce qu'il était avant le double mandat historiquement calamiteux sur absolument tous les plans du rejeton Bush) et la couardise et la lâcheté militaires légendaires des pays européens.

    Ce pari ou ce manque de conscience politique est dangereux pour notre avenir. A vrai dire, et contrairement à ce que nous nous ingénions à faire depuis l'implosion de l'empire soviétique, nous devrions leur tendre la main, les amadouer, tisser tous les liens possibles et imaginables et pour tout dire, tendre, à terme, à faire entrer la Russie dans l'OTAN.

    Face à la montée en puissance de la Chine, financée par la cupidité sans fin de nos entreprises privées, il est suicidaire de continuer d'humilier la Russie, meilleur moyen de la pousser dans les bras de la Chine.

    Entre le risque d'une alliance entre la Russie et la Chine et le développement sur le flanc sud de l'Europe de pays qui risquent plus ou moins rapidement de basculer dans un radicalisme religieux et politique qui nous sera bien entendu totalement hostile, l'Occident aura à peine « réglé » le cas iranien qu'il pourrait se retrouver confronté à la plus formidable alliance militaire de tous les temps.

    Espérons que nos pays vont bientôt se réveiller et regarder la Russie avec les yeux que ce grand pays mérite.

  • C'est le juge Garzon qui se retrouve devant les Tribunaux

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    Le monde a un besoin immense d'hommes et de femmes courageux et non corrompus comme le juge Baltasar Garzon. S'ils étaient plus nombreux, beaucoup de crimes contre l'Humanité pourraient être dénoncés et, encore mieux, évités.

    Le Franquisme fait partie des crimes qui marquent l'Histoire pour longtemps ou pour l'éternité. C'était la volonté d'empêcher par tous les moyens, y compris les plus violents et les plus répressifs, la naissance d'un Etat laïque, démocratique et socialement plus égalitaire. D'autres pays, comme le Chili, ont connu cette réaction brutale et sanguinaire car la défense de privilèges égoïstes est vue par certains comme un droit sacré.

    Que n'a-t-on pas commis comme crimes au nom de ce droit auto arrogé ? Quelles que soient les latitudes, quels que soient les privilèges à défendre, quelles que soient les orientations politiques ou les motivations religieuses, il s'est presque toujours trouvé un groupe d'individus suffisamment habiles et déterminés pour empêcher le changement et conserver ses privilèges.

    Le fin du fin se trouve dans nos pays au vernis démocratique mais où un minuscule cercle d'individus se comporte en dictateurs anonymes. C'est la dictature du profit et de l'argent qui fait que ce sont toujours les mêmes qui tiennent les leviers du pouvoir, de l'(in)justice, de l'éducation, de l'information et de l'argent.

    S'il y avait plus d'hommes et de femmes courageux et non corrompus, y aurait-il tant et tant de mensonges et de manipulations qui pourraient continuer de mener le monde, depuis le niveau local jusqu'au niveau planétaire ?

    Tous les jours on nous ment sur la qualité des aliments que nous mangeons, tous les jours on nous ment sur le prix des produits (y compris de première nécessité) que nous achetons. Tous les jours on nous ment sur les réelles motivations et intentions de celles et ceux qui font de la politique. Tous les jours on nous ment sur le fonctionnement de notre système de santé (depuis la façon dont on fait de la médecine jusqu'à la facturation des prestations). Tous les jours on nous ment sur la pseudo-égalité des chances. On nous a menti sur les raisons d'aller en Irak comme on nous a menti sur la crise des subprimes. Et on nous ment tous les jours sur les raisons de la faim dans le monde.

    Le monde a un immense besoin de vérité. Le monde a un formidable besoin d'hommes et de femmes courageux et non corrompus, comme le juge Garzon, prêts à dire la vérité, là où ils se trouvent.

    La vérité est une des seules armes qui pourrait changer le monde.

  • Iran: une stratégie vouée à l'échec

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    Depuis quelques années maintenant, l'Iran multiplie les déclarations contradictoires: un jour ce sont les menaces, graves souvent, proférées par un dirigeant, le lendemain on joue l'apaisement par l'entremise d'un autre porte-parole.

    Cette façon de souffler le chaud et le froid est typique de ces régimes totalitaires. Dans le passé, on a déjà vécu cela avec l'Irak de Saddam Hussein et avec la Corée du Nord du "cher Leader".

    Actuellement, l'escalade continue, les menaces se font de plus en plus précises (fermeture du détroit d'Ormuz, 5ème flotte américaine, Monarchies arabes, etc..). Et pourtant, aujourd'hui même, l'agence Fars (on devrait plutôt, en l'occurrence, l'appeler l'agence "Farce") annonce que l'Iran va autoriser des visites de ses sites nucléaires.

    Aux yeux des dirigeants d'un pays totalitaire et par beaucoup d'aspects, paranoïaques, cette surenchère belliqueuse paraît une bonne stratégie: cela est censé galvaniser le peuple et les dirigeants se renvoient, à eux-mêmes, une image flatteuse de leur pouvoir illusoire.

    Dans les faits, l'Iran est en train de creuser sa propre tombe, patiemment, avec beaucoup d'application et une louable détermination. A mes yeux, l'Iran ne peut pas gagner. Quoi qu'il fasse. S'il cède à l'Occident, il perdra toute espèce de fierté nationale (au moins ses dirigeants), s'il poursuit sur sa lancée, le régime sera détruit. Inexorablement.

    Existe-t-il une troisième voie qui permettrait au régime de "sauver la face" ?  L'Europe a essayé cela, me semble-t-il, en autorisant un programme nucléaire civil et en proposant à l'Iran de lui fournir le combustible. L'Iran a clairement refusé cette troisième voie car je crains que ce ne soit pas ce que recherche ce régime. Il en paiera douloureusement le prix. Et les simples citoyens iraniens qui ont déjà payé dans leur chair le prix d'une féroce répression de la part de ce régime fou, sont les malheureux otages de gouvernants aveugles et mégalomanes.

    C'est terrible que nous, simples citoyens de quelque pays que ce soit, soyons périodiquement et trop souvent, durablement, des jouets entre les mains de dirigeants, politiques ou économiques, qui n'ont que faire de nos petites personnes dans leur vision égoïste et égotiste de la marche du Monde. Nous connaissons bien cela dans nos pays: nous avons connu toutes sortes de dictateurs politiques dans le passé et sommes soumis aujourd'hui aux nouveaux dictateurs, les chantres et bénéficiaires de l'économie ultra-libérale.

  • Entre la peste et le choléra

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    Ce qui était à craindre (voir mon billet "Va-t-on vraiment vers la démocratie") est en train de se dérouler sous nos yeux, le printemps arabe amène au pouvoir les islamistes que les dictateurs tunisiens, égyptiens, libyens avaient tenu à l'écart.

    Nos gouvernements ont cautionné, en son temps, ces dictateurs pour des raisons de real politique. Aujourd'hui, face à la révolte légitime de ces peuples opprimés et martyrisés par des régimes iniques, ces mêmes gouvernements ont retourné leur veste et soutenu la révolte de la rue. Y compris par des moyens militaires considérables dans le cas libyen.

    Nous avons tous suivi ces événements dramatiques et avions tous l'espoir que ces révoltes déboucheraient sur une véritable démocratisation de ces pays. Hélas, ces pays ont répondu à une autre logique et les islamistes étant les seules formations structurées et prêtes à revendiquer le pouvoir après 20 ou 30 années de dictature ont connu les succès électoraux que l'on connaît. Et ces mouvements islamistes, souvent avec l'argent saoudien toujours prêt à encourager le développement d'un Islam conquérant et militant, ont su tisser un filet social nécessaire face à des régimes fondamentalement producteurs d'injustices.

    Un des derniers dictateurs encore en place se trouve en Syrie et là aussi, nous savons que la rue réclame sa démission en appelant à la démocratie. Mais il y a fort à parier que si le gouvernement de Bachar el-Assad devait tomber, il serait remplacé par des islamistes comme dans tous les autres pays arabes récemment «libérés». Et, poursuivant sur leur lancée «vertueuse», nos gouvernements font pression sur le régime syrien pour le pousser vers la porte. Israël et l'Europe, le monde même, se trouveraient alors confrontés à une toute nouvelle réalité, remplie d'incertitudes.

    Mais force est de reconnaître que le soutien de nos Etats à des dictateurs créant des Sociétés socialement fondamentalement injustes et l'intransigeance politique extrême d'Israël ont fait le lit des Islamistes.

    Le remplacement des dictateurs politiques par des dictateurs religieux est évidemment une perspective cauchemardesque pour nos démocraties et pour Israël. Et seul l'avenir nous dira si ce cauchemar deviendra réalité.

  • Va-t-on vraiment vers la démocratie ?

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    Pour tous ceux pour qui la laïcité et la liberté de conscience sont des valeurs indispensables à la vie en Société, ce qui se prépare dans de nombreux pays musulmans a de quoi inquiéter.

    De partout, en effet, on reçoit des nouvelles qui vont dans le sens opposé à celui ouvertement recherché par nos «démocraties» depuis les attentats de 2011, à savoir la démocratisation des pays musulmans:

    • Afghanistan: les Talibans sont en train de tisser leur toile, de constituer un gouvernement de l'ombre, d'amadouer les populations qui ont pourtant déjà subi leur joug. Mais face au gouvernement fantoche, corrompu et impuissant mis en place par les Américains, ils n'auront aucune peine à reprendre le pouvoir, avant même que le dernier soldat de l'OTAN ait quitté le territoire
    • Pakistan: l'infiltration des islamistes aux plus hauts niveaux de l'Etat (administration, armée, services secrets) est si importante que les Etats-Unis sont régulièrement trahis par cet «allié» au double jeu
    • Iran: il faudrait être très naïf pour croire que le programme nucléaire est exclusivement civil
    • Tunisie: c'est le premier pays ayant fait sa «révolution» qui va aller voter, le 23 octobre. Las, on apprend que le parti islamiste est le seul à être structuré, ce qui n'est pas une surprise, et le seul à présenter un programme politique digne de ce nom. Ce que les naïfs ou les désespérés qui vont aller voter pour lui ne savent pas est que le vrai programme politique de ce parti ne se trouve pas inscrit sur les affiches électorales. Il est à craindre que l'avenir de la Libye et de l'Egypte (on connaît par exemple, la force des frères musulmans ou la violence que subissent les Coptes) ne soit pas plus rose
    • Yémen: les rebelles chiites qui attaquent le régime en place ne sont pas là pour permettre une transition démocratique
    • Turquie: ce pays qui se veut le champion d'un Islam «modéré» (un oxymore) et qui donne volontiers des leçons dans sa région, donne des signes inquiétants. Non seulement l'armée, gardienne de la laïcité de ce pays a été mise au pas, mais des bruits inquiétants courent sur les pressions faites sur les médias pour qu'ils se taisent. L'autocensure règne et de nombreux journalistes récalcitrants (on parle de 61) sont emprisonnés. Je m'étais permis, en septembre 2010, d'émettre une opinion dans ce blog sur la possible entrée de la Turquie dans l'UE (voir "Les limites de l'intégration de la Turquie en Europe"). les derniers développements ne font que renforcer ma conviction de l'époque.

    A ce rythme, si les tendances actuelles se confirment, nous allons nous retrouver dans quelques mois avec une situation complètement nouvelle et très inquiétante avec tous ces pays passés dans le camp des ennemis de la laïcité, de la liberté de conscience, de la femme.

    Tout cela au moment où nos pays sont ruinés à cause de la cupidité congénitale et aveugle de quelques-uns et par les guerres coûteuses et sans issues en Irak et en Afghanistan.

    Je ne sais si Ben Laden avait conçu les attentats du 11 septembre comme l'amorce d'un piège dans lequel faire tomber la puissante armée des Etats-Unis. Si tel était le cas, il était un génie et son plan diabolique a fonctionné au-delà de toutes ses espérances.

    Nous allons peut-être devoir faire face à une situation de plus en plus incertaine et dangereuse dans les mois et les années qui viennent, qui plus est dans un état de totale impréparation.

     

  • Une leçon de démocratie ?

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    Nous assistons depuis quelques semaines à un réveil de la rue dans certains pays arabes et je continue d'être frappé par la maturité politique dont font preuve les manifestants.

    Après avoir été bafoués dans leurs droits et maintenus sous une chape de plomb à cause de la peur (au moins en partie justifiée) d'une  montée de l'islamisme radical, ces peuples sont en train de se réinventer un futur qui semble pour l'instant éviter les pièges tendus à la fois par une tentative désespérée de sauver les structures anciennes et de basculer dans une révolution islamiste à la mode iranienne (Khomeiny).

    Nos Sociétés occidentales, apparemment gavées de démocratie (nous prenons cela pour un acquis désormais éternel) et jouissant d'une     
    apparente liberté (et pourtant le concept de "liberté" est sérieusement en question lorsque l'on voit à quel point nos systèmes "démocratiques" tournent à l'avantage d'une si petite frange de la population) assistent, médusées, à ce bouillonnement en Afrique du Nord.

    Si nos "Elites" financières, politiques et intellectuelles ne prennent pas la mesure de ce qui est en train de se passer dans cette région du monde et si elles n'acceptent pas de voir à quels extrêmes d'égoïsme et d'accaparement des richesses leur politique mènent nos pays, je ne serais pas étonné qu'un jour pas si éloigné que cela, elles assistent elles aussi à une nouvelle Révolution, cette fois-ci au Nord de la mer Méditerranée.

    Je n'aurais jamais imaginé voir un jour la possibilité qu'un "réveil" de nos Sociétés occidentales puisse être inspiré par des mouvements sociaux venant du Sud de la Méditerranée. Et pourtant, nos Sociétés et les maux qui les rongent sont-ils si différents que cela ?

    Au Sud, très schématiquement, nous avons:

    • une petite élite, un clan, qui détient les clés du pouvoir et qui s'en met plein les poches
    • une jeunesse bien formée qui ne trouve pas un emploi digne de ses qualifications
    • une restriction des libertés due à des influences religieuses, politiques et à une absence de moyens financiers

    Au Nord, tout aussi schématiquement, nous voyons:

    • une petite élite, un clan, qui détient les clés de l'économie et qui s'en met plein les poches
    • une élite politique qui est au service de cette nouvelle "aristocratie", économique cette fois-ci (par opposition à l'aristocratie d'avant la Révolution française)
    • une jeunesse bien formée qui ne trouve pas un emploi digne de ses qualifications: c'est le cas dans beaucoup de nos pays comme la France (où en étant bac+7 on n'est pas sûr de décrocher l'emploi de ses rêves), de l'Espagne, de la Grèce, etc..
    • une restriction des libertés due à une absence de moyens financiers (combien de jeunes sont obligés de vivre chez leurs parents jusqu'à 30 ans car ils sont incapables de s'insérer durablement dans le monde du travail, allant d'emplois précaires en emplois précaires
    • une réelle aliénation d'une partie de la population par une télévision à la qualité navrante, un agenda sportif surdimensionné (du pain et des jeux), une distribution généreuse des médicaments de confort par nos systèmes de santé
    • la présence sur nos territoires de groupuscules d'islamistes radicaux qui pourraient à terme, "crisper" nos Sociétés

    Pour l'instant, le système tient encore car il assure un minimum vital au plus grand nombre, y compris l'accès au système de santé, mais je ne suis pas certain que nos pays résisteront à une nouvelle crise économique. Or celle-ci, du fait même des fondements structurels et idéologiques de nos économies, est d'ores et déjà programmée:

    • quelle forme prendra-t-elle ?
    • quand aura-t-elle lieu (n'oublions pas toutefois que nous ne sommes pas encore sortis de la crise des subprimes) ?
    • quelles en seront les causes ?

    nul ne le sait bien évidemment. Mais ce jour-là, le réveil risque d'être brutal.

    Dans ce catalogue, il faut accorder une mention spéciale à l'Italie qui cumule à la fois les tares connues de l'économie libérale dans ce qu'elle a de plus "sauvage", une classe politique corrompue et un "père de la nation" incarné par un vieillard que certains qualifient de lubrique. Ainsi, on se demande quand les Italiens , lobotomisés par la télévision la plus bête du monde et aux ordres dudit vieillard, vont se lever pour dire à ce triste personnage: "Berlusconi, dégage" !

    Encore une fois, nous avons toutes les connaissances historiques, tous les moyens de prospective, toutes les connaissances politiques, économiques et sociologiques pour éviter la catastrophe mais je continue, malheureusement, de craindre que l'égoïsme de quelques-uns ne soit plus fort que les leçons de l'Histoire.

     

  • Où conduit la Révolution tunisienne ?

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    Force est de reconnaître que ces dernières décennies, dans le Monde arabe, nous n'avons assisté qu'à deux tentations extrémistes, la dictature (politique et/ou militaire) et l'extrémisme religieux.

    La Société tunisienne, en renversant la dictature mafieuse et corrompue de Ben Ali (ce constat est unanimement accepté) saura-t-elle trouver une autre voie et évitera-t-elle de retomber dans les ornières de l'Histoire ? C'est une grande et grave question pour la Tunisie, pour le Monde arabe, pour l'Europe (au vu de sa proximité géographique et des liens tissés de longue date) et pour le Monde, tant les soubresauts et les profonds déséquilibres de ces Sociétés peuvent affecter le reste de la Planète.

    Ce matin, à la RSR, j'ai entendu un intervenant tunisien dire que les Sociétés arabes avaient toujours besoin d'un Père, d'un Guide. Si c'est vrai, alors le danger est grand de voir rapidement la Tunisie remplacer un Père abuseur et tyrannique par un autre Père tout aussi abuseur et tout aussi tyrannique. Alors d'où vient ce besoin au fond immature ? Cela viendrait-il de la Religion ? Une Religion qui interdit aux simples citoyens de réfléchir de façon critique au sens de la vie, au sens et à l'origine des Ecritures (toute remise en question est un blasphème et tout blasphème mérite la mort, comme on l'a vu ces derniers jours au Pakistan) est-elle une Religion qui conduit à la Liberté, celle justement que les Tunisiens appellent de toutes leurs forces ?

    L'Europe a aussi eu ses bûchers de l'Inquisition. Ils ont fait frémir l'Europe d'une onde de "Sainte" Terreur. Et puis il y a eu le siècle des Lumières. Cela a été la Révolution européenne contre la tyrannie religieuse. On croyait en avoir fini avec la Terreur, on croyait en avoir fini avec l'obscurantisme des idées et la dictature d'un petit groupe d'élus sur le plus grand nombre.

    L'Histoire européenne nous a montré depuis qu'elle n'a pas été avare de nouvelles abominations: nous avons eu droit au communisme qui a rapidement dérapé dans ses versions stalinienne et maoïste et au nazisme, deux monstruosités qui ont ravagé l'Europe et le Monde. Quand enfin nous avons réussi à nous libérer de ces abominations (sauf en Chine) on pensait qu'un Monde nouveau nous était offert et que cette fois, vraiment, nous serions libres de tout ce qui nous avait asservis jusque-là.

    Deux décennies après la chute du mur de Berlin où en sommes-nous ? En ce qui me concerne, je suis consterné de voir que c'est encore une fois raté. Aux tyrannies clairement identifiées et identifiables, aux tyrannies incarnées par des leaders charismatiques (qu'ils se soient appelés Suzerain, aristocrates, Roi, Empereur, Führer, Petit Père des Peuples ou Grand Timonier), a succédé une nouvelle forme de tyrannie, beaucoup plus pernicieuse parce qu'anonyme. A la dictature des Systèmes politiques ou Religieux a succédé la dictature économique, celle des tout-puissants "Marchés", celle de l'économie libérale, celle des Conseils d'administration où s'active un petit noyau de gens, toujours les mêmes, qui règnent en Maîtres sur le Monde. La grande différence est que ces nouveaux Maîtres du Monde sont anonymes, cachés au sein des sphères les plus anonymes de notre économie mondialisée. De là, ils tirent les ficelles, toutes les ficelles:

    • un jour ils nous imposent la dérégulation de l'économie
    • le lendemain ils nous font miroiter les bienfaits de l'ouverture des frontières aux produits manufacturés (on n'a pas le temps de réaliser ce que cela veut dire que déjà des millions d'emplois sont délocalisés en Chine et en Inde)
    • puis ils s'attaquent à nos assurances sociales et reprennent tout ce que 2-3 décennies de revendications syndicales avaient réussi à répartir plus équitablement
    • ils nous imposent une filière agro-alimentaire produisant une alimentation totalement dénaturée et dangereuse pour la santé
    • ils spéculent sur les denrées alimentaires ou sur l'Immobilier
    • provoquent la crise des subprimes et obligent nos Etats à rembourser le prix de leur folie
    • organisent une panique mondiale autour de la grippe H1N1 pour obliger nos Etats, complaisants, à acheter pour des milliards de $ de doses de vaccins (Il faut bien embellir les bilans des grands groupes pharmaceutiques)

    Pendant que cette dramatique sarabande a lieu, nous, simples citoyens, sommes gavés de Télé-Réalité, de spectacles de starlettes dénudées et de sportifs bodybuildés et anabolisés dans un grand show planétaire savamment organisé. Les Romains, précurseurs, avaient inventé ce concept :  "du pain et des jeux". L'économie marchande le pousse à ses extrêmes, générant profits mirifiques  et anesthésie des consciences.

    Vous pensez que j'exagère, que cela sent les légendes urbaines à plein nez, que tout ceci n'est qu'une nouvelle version du soi-disant grand complot mondial ? Alors essayez de répondre à 2-3 questions et constatations :

    • Pour ceux qui ont l'âge de l'avoir vécu, au lendemain (et il faut prendre ce mot dans son sens littéral) de la chute du mur de Berlin et de l'explosion de l'Union soviétique, les changements dans notre tissu économique (pour faire court: le libéralisme économique et la mondialisation) se sont faits à une vitesse extraordinaire, de manière coordonnée et concertée dans toutes nos économies et dans toutes nos entreprises (ne serait-ce que parce que depuis quelques années déjà, c'était ce que l'on enseignait dans nos Facultés de Sciences économiques). Ce remarquable ensemble n'était-il que le fruit du hasard?
    • Toujours au lendemain des mêmes événements, partout, dans les Parlements de toutes nos démocraties, les mêmes Lois ont été proposées pour s'attaquer à l'Etat social, redistribuer les richesses en faveur des plus riches, diminuer les impôts des entreprises au motif qu'elles pourraient créer plus d'emplois si l'Etat leur redonnait leur liberté d'entreprendre (on sait, depuis, à quelles extrémités le chômage en est arrivé)
    • Dans tous nos pays, en même temps, nous avons entendu le même discours, répété ad nauseam, qui s'attaquait aux fondements de l'organisation de nos Sociétés. Nous venions de vivre une parenthèse historique dans l'Histoire: pendant 3 décennies, la répartition des richesses (au sein du monde occidental) s'était faite dans le respect de la dignité de chacun (mais cela ne s'était gagné que par des luttes syndicales homériques)
    • Combien de médias sont aujourd'hui dignes d'être encore qualifiés de 4ème pouvoir? Partout les Lois du Marché ont permis leur concentration dans les mains de quelques patrons avisés et désireux de les utiliser pour promouvoir leur agenda: il n'est que de citer Rupert Murdoch, omniprésent dans le monde anglophone et Silvio Berlusconi en Italie pour se rendre compte à quelles extrémités nous en sommes arrivés. Pouvez-vous citer un média (sous quelque forme que ce soit), d'une certaine importance, dans le monde occidental, qui ait encore le temps, les moyens et l'indépendance nécessaires pour faire un vrai journalisme d'investigation?
    • Est-il normal à votre avis que ce soit l'économie privée qui dicte les Règles à nos Etats ruinés (je pense par exemple à la si importante procédure d'autorisation de mise sur le marché d'un nouveau médicament qui est, de nos jours, faite par les Laboratoires eux-mêmes)?

    Alors, pour en revenir à la Tunisie, je suis vraiment impressionné par la maturité politique d'un Peuple pourtant privé de débat démocratique depuis si longtemps. En particulier par ces Comités populaires spontanés qui se sont dressés dans les quartiers pour défendre leur Révolution. Je souhaite de tout coeur à ce pays de pouvoir échapper à la tyrannie d'un nouveau Père fouettard. Mais s'il évite cet écueil, saura-t-il éviter celui dressé par les nouveaux Maîtres du Monde ?

    La Terre et les Terriens, en 2011, sont pris en tenaille entre deux capitalismes, celui anonyme de nos Conseils d'administration et celui d'Etat à la mode chinoise (pensons, entre autres, à toutes ces terres arables achetées ou louées pour 99 ans par la Chine à des pays pauvres). Deux perspectives aussi enthousiasmantes l'une que l'autre.

  • Modeste contribution à la résolution du plus long conflit du 20ème siècle

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    Au petit matin, j'ai caressé l'idée d'une grande Initiative planétaire, populaire ((j'espère), silencieuse (pour donner plus de dignité) et pacifique. Son but viserait à transmettre, par la rue, un message de

                                         «Nous en avons assez de ce conflit»

     à toutes les forces qui de près ou de loin ont un intérêt quelconque au Proche-Orient, et Dieu sait (il doit le savoir, surtout, là, au cœur des 3 Religions monothéistes) que ces forces sont nombreuses.

     En réalité, nous sommes tous concernés par ce conflit. Nous vivons un sorte de 3ème guerre mondiale qui ne dit pas (encore ?) son nom. Le Monde entier est pris en otage par ce conflit et ce serait bien la moindre des choses qu'après plus de soixante années de cauchemar, nous ayons tous le droit de dire

                                         «STOP, cela a assez duré !».

     Pour ceux qui ont déjà un peu vécu, ce conflit les a accompagnés pratiquement depuis leur berceau :

    • on ne compte plus les guerres proches et éloignées dans le temps et dans l'espace (dans une des dernières en date, les Talibans afghans qui ont vaincu l'armée soviétique et sont en train d'enliser celle des Etats-Unis, ne sont-ils pas un des nombreux sous-produits du conflit Israélo-Palestinien? De même que bien d'autres groupuscules d'islamistes radicaux qui mettent, ou ont mis, leur pays à feu et à sang)
    • nous avons subi des actes terroristes sur terre, sur mer et dans les airs jusqu'à la nausée
    • nous avons assisté, médusés, à l'assassinat froidement perpétré, des rares hommes de bonne volonté (l' égyptien Anouar El Sadate et l'israélien Menahem Begin)
    • l'arme du pétrole a failli réussir à asphyxier les économies occidentales
    • cette problématique est au centre de la politique étrangère et militaire de nombre de pays
    • très récemment, nous avons été stupéfaits par l'usage d'une force brutale et disprortionnée contre des civils sans défense de la part de l'une des armées les plus puissantes du monde
    • la propagande de l'un ou l'autre camp est partout et empoisonne littéralement l'air de cette malheureuse planète et en a radicalisé plus d'un
    • aujourd'hui, la question iranienne donne des nuits d'insomnie à plus d'un dirigeant politique et devrait en donner à plus d'un citoyen conscient des risques planétaires liés à la situation particulière de l'Iran
    • et ne parlons pas des millions de morts, de sans-abris, de femmes violées (notamment en Algérie), de réfugiés, engendrés par ce chaos savamment orchestré et entretenu par ceux à qui ce crime permanent profite.

     Ce spectacle lamentable est insupportable et indigne de la Planète dont nous avons hérité. Je ne suis pas là pour juger et bien malin serait celui qui pourrait dénouer l'enchevêtrement des actions et des réactions, des crimes et des vengeances qui ont jalonné ce conflit.

     C'est pourquoi il serait important et profitable de voir se lever aujourd'hui une armée pacifiste, silencieuse, sans jugement, qui placarderait son désir de PAIX à la face du Monde et de ceux qui l'ensanglantent jour après jour et détruisent sciemment tout Espoir. Une foule qui se lèverait de façon coordonnée, dans une ville du Monde après l'autre, en n'ayant pas peur d' afficher les morts et les souffrances des deux côtés, d'une manifestation à l'autre (une foule qui ne devrait pas faillir, afin que son attachement à la Paix soit plus durable et fort que l'entêtement de ceux qui veulent gagner cette guerre absurde). Cela donnerait une sorte d'onde de paix qui parcourrait la Terre, comme les vagues parcourent les océans, en espérant que ce silence ardent frappe les esprits qui en ont un urgent besoin. Puissent ces esprits comprendre que les temps ont changé : que bien qu'ils ne veuillent pas la Paix et les concessions qui vont forcément avec, le reste du Monde ne veut plus être les otages de leurs calculs et intérêts égoïstes.

     Une question demeure: Sommes-nous prêts à cela, y a-t-il suffisamment d'âmes de bonne volonté pour réussir là où tant d'autres ont échoué ?

  • Les limites de l'intégration de la Turquie en Europe

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    J'ai eu l'occasion d'entendre l'émission de la RSR, le «Grand-Huit», du mardi 27 juillet (je sais, c'est un peu daté, mais la problématique est, et restera, actuelle pendant encore des lustres) et j'ai été stupéfait par les propos incroyables de candeur (?) de M. Andreas Gross (Conseiller National) comparant les relations du gouvernement turc avec sa religion à celles de Mme Angela Merkel avec la sienne. 

    Ce Monsieur, jusqu'à preuve du contraire, est un homme intelligent et parfaitement informé. Il est un vieux routinier de la vie politique et siège dans plusieurs instances suisses et internationales. A partir de là, ses remarques sont simplement ahurissantes, car tout le monde a entendu les propos de M. Erdogan (Premier Ministre) en décembre 2007 : «Les mosquées sont nos casernes, les croyants nos soldats, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes». J'imagine que M. Gross a pu lire ou entendre ces propos aussi bien si ce n'est mieux que moi. A contrario, a-t-il jamais entendu Mme Merkel tenir des propos guerriers concernant sa religion ? J'en doute fort et c'est un euphémisme bien évidemment. Alors qu'est-ce qui fait que ce Monsieur a décidé d'être sourd et aveugle à certaines réalités ? Je ne peux bien évidemment pas répondre à sa place, mais il a perdu beaucoup de sa crédibilité à mes yeux.

     Pour ma part, je suis contre l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne (une adhésion aurait de profondes répercussions sur la Suisse) tant qu'elle n'aura pas clarifié une fois pour toutes ses relations avec la religion. C'est un pays encore laïque, certes, mais les tentations sont de plus en plus fortes de le faire basculer vers un islamisme beaucoup plus militant (les propos de M. Erdogan sont très clairs à ce sujet). Et si cela arrivait alors que la Turquie était dans l'UE, elle représenterait un danger mortel.

     Donc plutôt que de mener des négociations à rallonge avec ce pays, de lui imposer sans arrêt de nouvelles exigences (tout cela dans le but, selon certains, de perdre du temps et de remettre son entrée dans l'UE aux Calendes Grecques), soyons clairs avec ce pays et ses habitants. Disons-lui ce qui nous préoccupe, parlons le langage de la vérité, exprimons clairement qu'une Turquie laïque pourrait être acceptée dans l'UE, mais qu'à la seconde où elle basculerait dans le camp des islamistes elle en serait automatiquement exclue (à l'Europe d'inventer ce mécanisme totalement inédit). Et exigeons que le Peuple turc soit consulté par référendum (avec vote obligatoire) sur sa vision des rapports entre l'Etat et la Religion, avant toute adhésion à l'UE et que cette vision soit inscrite dans la Constitution.

    Ce mécanisme devrait permettre à l'UE de se protéger de l'évolution préoccupante d'une partie de la population et de la classe politique de ce pays. Et cela aurait le mérite de la clarté et permettrait un débat assaini car reposant sur des problématiques clairement établies et exprimées.