30/05/2015

Blatter au conseil fédéral!

Ô je ne parierais pas une grosse somme d’argent sur la probité du bonhomme mais le voir tenir tête au DOJ américain me fait particulièrement chaud au cœur.

Cela fait des années, au minimum depuis l’affaire des fonds en déshérence, que notre pays est littéralement tyrannisé par les Etats-Unis. Et tout cela pourquoi? Parce que nous sommes riches et que nous sommes petits et sans amis. La recette idéale pour devenir le souffre-douleur du, plus pour longtemps, plus grand de la classe.

Alors les Etats-Unis sont-ils un pays tellement au-dessus de tout soupçon qu’ils peuvent se permettre de nous faire en permanence la leçon? Certainement pas! Nous savons tous à quel point ce pays traîne de casseroles et cela dès sa fondation, avec la quasi extermination des peuples amérindiens. Je ne vais pas refaire la liste connue de tous, de toutes les exactions, compromissions avec des dictatures d’extrême-droite, soutiens militaires actifs aux mêmes, renversements de gouvernements démocratiquement élus, guerres iniques, mensonges d’Etat, corruption des élites politiques, économiques et financières, soumission de la classe politique aux forces de l’argent. Etc… Etc…

Eh bien tout cela ne les empêche en aucun cas de vouloir aller faire le ménage chez les autres au lieu de commencer à remettre de l’ordre dans leur propre maison qui pourrit pourtant de la cave au grenier.

Alors puisque depuis toutes ces années de tyrannie nos Conseillers fédéraux brillent plus par les traces d’huile qu’ils laissent au fond de leurs pantalons chaque fois qu’un représentant du pouvoir US nous accuse de tous les maux, je m’écrie joyeusement:

  • Vive Blatter !
  • Blatter au Conseil fédéral !

13/04/2015

USA: Espérons que la doctrine Obama survivra à Obama

Sous la direction du Président Obama, la politique étrangère des Etats-Unis est en train de subir des changements considérables. Non seulement il a résisté à la folie de s’engager dans la guerre civile syrienne, même s’il y était poussé de toute part, y compris par son propre secrétaire d’Etat, mais il a imposé une nouvelle doctrine dans sa politique étrangère au Proche et au Moyen-Orient: «Leading from behind».

C’est excessivement heureux que les Etats-Unis ne soient plus seuls à assumer le rôle de gendarmes du monde et ne puissent plus être accusés, à la fois, de fomenter des guerres et de ne pas intervenir pour les éteindre. Il était plus que temps de cesser de «jouer» avec des problèmes géopolitiques que nous, en Occident, ne comprenons pas. Qui sont nos ennemis en Syrie ou en Palestine? Qui sont nos amis en Irak, en Arabie Saoudite, en Libye ou au Pakistan? Personne ne peut répondre honnêtement à ces questions. Et pourtant, depuis que les Etats-Unis ont armé les moudjahidines en Afghanistan à l'époque de l'invasion de ce pays par l'armée de l'URSS, la situation va de mal en pis. Partout où nous, coalitions entraînées dans le sillage des Etats-Unis, avons essayé de régler un problème, nous en avons créé dix. Aujourd'hui c'est à une véritable guerre de l'islamisme le plus borné, le plus radical, le plus rétrograde que la plupart des pays sont confrontés. Des fous barbares qui violent, séquestrent, tuent, terrorisent et décapitent. Les pays musulmans doivent inventer leur propre avenir. Décider de la place de l’Etat et de la religion pays par pays. Cette religion doit faire son aggiornamento et les peuples doivent prendre parti une fois pour toute entre une certaine vision de la modernité et l’obscurantisme et la barbarie.

En attendant que cela soit fait, nous devons les aider «from behind» et les confiner afin que leurs convulsions ne se répandent partout à la surface de la planète.

Si l’on y ajoute les heureux développements avec Cuba et avec l’Iran (même si j’espère que les précautions les plus implacables seront prises avec ce pays et ses projets nucléaires), on peut commencer à parler d’une véritable doctrine Obama en matière de politique étrangère et de restreinte dans l’usage de la force militaire.

Espérons que ces développements fondamentaux ne seront pas remis en question à la fin de l’ère Obama, même si un Président issu d’une aile des fous furieux du parti républicain le remplace.

07/01/2015

Charlie Hebdo: Cette folie barbare ne pousse pas hors sol

La menace avait été proférée il y a plusieurs années. Elle a été mise à exécution ce jour avec l'odieux attentat perpétré contre le journal Charlie Hebdo. 

De plus en plus de personnes en Europe s'inquiètent de ce qui est appelé «l'islamisation de l'Europe». Et systématiquement, les bonnes âmes se liguent pour dénoncer la xénophobie et les amalgames. Et pourtant ! Cette folie barbare ne pousse pas hors sol. Il lui faut un terreau, un humus. Son terreau, ce sont les écrits religieux considérés comme «sacrés» et pris au pied de la lettre. Son humus, ce sont les désordres sociaux et politiques au Proche et au Moyen-Orient et le déficit d’intégration dans les banlieues. Dont profitent une nuée d'opportunistes, de cyniques, de déséquilibrés, d'humiliés, de ratés, de laissés-pour-compte qui trouvent là une échappatoire à leur misère sociale, intellectuelle, morale et même sexuelle. Et entraînent une multitude d'âmes faibles, en mal de cause pouvant apaiser leur détresse et remplir leur vide intérieur. 

Ainsi, se renforce dans le monde une situation de plus en plus dangereuse où ces fous de Dieu, par l'intimidation, la menace, l'argent du pétrole, avancent leurs pions partout où il leur est possible de le faire. Ils s’attaquent avec systématique aux rares libertés dans les pays musulmans, suppriment les aspirations des femmes à mener une vie dans la dignité, lavent les cerveaux de jeunes à la dérive, intimident des gouvernements ou leur font croire qu'il leur est possible d'acheter la paix sociale en leur laissant la liberté de tisser leur toile. Partout où cela s'est déroulé, que ce soit en Algérie ou en Egypte par exemple, cela a fini dans le chaos. Et ce chaos social, politique, religieux déborde sur l'Europe par l'entremise de ces millions d'immigrés musulmans inondant nos pays depuis quelques décennies. Et combien de fous de Dieu pourchassés par leurs propres gouvernements qui connaissent leurs capacités de nuisance, en ont profité et continuent d’en profiter, pour venir ici pour mieux pouvoir poursuivre leur œuvre de reconquête des âmes et de mort à leurs ennemis. 

Aujourd'hui, le monde musulman, à l'exception, mais pour combien de temps encore, de la Malaisie et de l'Indonésie, est à feu et à sang. Et le monde devenant de plus en plus petit, cette folie est non seulement à nos portes mais elle est ici. Il y a encore 40-50 ans, un conflit qui se déroulait au Moyen-Orient était ressenti comme un événement éloigné. Aujourd'hui, ces mêmes conflits sont à quelques heures de vol. Des combattants vont et viennent entre nos pays et ces théâtres de guerre que sont la Syrie et l'Irak. Des cellules terroristes se développent au cœur de nos pays en profitant, là aussi, d'un terreau favorable pour se cacher dans des banlieues au fonctionnement et aux règles de plus en plus opaques. C'est la hantise de nos services de sécurité. Mais le discours politique de nos gouvernements reste ambigu. Nous n'osons pas dénoncer ceux qui sont devenus nos ennemis car la peur et l’autocensure se sont déjà infiltrées jusqu’au cœur de nos Sociétés. 

Cette barbarie ne pousse pas hors sol. Et elle nous concerne toutes et tous. Que nous soyons chrétiens, musulmans modérés ou athées.

14/07/2014

Israël: pourquoi ce pays est-il systématiquement accusé?

Chaque fois qu’Israël se fait attaquer par les activistes fanatiques du Hamas, on entend à longueur de médias occidentaux, des reportages sur les malheurs de la population palestinienne. Jamais un mot sur les malheureux Israéliens qui vivent entourés d’une marée de nations et de peuples qui, dans une proportion non négligeable, ne verraient pas d’un mauvais œil son éradication pure, simple et définitive. Israël est systématiquement appelé à modérer sa réponse militaire face à ces agressions répétées alors que ceux qui appellent ouvertement à sa destruction peuvent continuer de le faire en toute liberté. 

Puisque nos braves pays démocratiques, jamais en retard pour proférer des âneries, prônent la modération et la proportionnalité de la réponse militaire, j’aimerais savoir combien de temps, si nous étions la cible régulière d’imbéciles cherchant la confrontation et le chaos, nous resterions modérés dans notre réponse? Que je sache, en France par exemple, lorsque les jeunes des banlieues lancent des pierres sur la police, on envoie les CRS. Et ceux-ci ne sont pas particulièrement réputés pour leur délicatesse. Mais Israël, non! Israël est condamné à la proportionnalité de la réponse.

Un matin de la semaine passée, sur la RTS, un correspondant a parfaitement décrit ce qui est en train de se passer. Ceux qui dans la bande de Gaza, cherchent la confrontation, le font pour des raisons purement financières. Depuis que l’Egypte a été reprise en main et les Frères musulmans pourchassés par le nouveau régime, le Hamas a perdu son soutien financier. Pour essayer de sortir de cette asphyxie, les activistes ont à nouveau pris leurs concitoyens en otage en lançant des roquettes sur Israël, en sachant pertinemment et cyniquement quelle serait la réponse. Par cela, ils espéraient émouvoir la communauté internationale, comme d’habitude, mais surtout ouvrir les poches de certains régimes du Golfe toujours prêts à soutenir les causes les plus abjectes. 

C’est cela que nos Nations poltronnes et aveugles devraient dénoncer et pas le manque de proportionnalité de la réponse israélienne.

 

Ps: sinon je suis parfaitement d'accord avec l'analyse de JN Cuénod du 13-7-2014: "En Israël, à Gaza et partout… De la guerre comme système de vie

31/05/2014

Élections européennes: la France appartient-elle au Nord ou au Sud?

Il suffit de partir quelques jours en vacances pour retrouver, au retour, le chaos dans nos médias préférés. Partout il n’est question que de tremblement de terre, de séisme ou autre éruption volcanique pour qualifier les résultats des partis qualifiés de populistes ou d’extrême droite aux élections européennes du 25 mai.

La première chose qui m’étonne est que le résultat ne soit pas encore plus marqué. Lorsque vous avez 27 millions de chômeurs sur un continent où l’immense majorité de la population a été bien éduquée, que dans certains pays, entre 25 et 50 % de la jeunesse est au chômage, je m’étonne de la résilience des citoyens européens.

La deuxième chose, relevée par tous les observateurs, est que c’est là où cela va le plus mal que la droite extrême a fait ses plus mauvais scores. Est-ce le souvenir sans doute encore très présent des sinistres dictatures d’extrême droite au Portugal, en Espagne et en Grèce qui a retenu les électeurs de jamais revoter pour ces monstres? 

Comme en Suisse le 9 février, on voit clairement un fossé entre villes et campagnes. Paris a résisté à la vague Bleu Marine tout comme Londres a résisté à l’attraction du parti anti-européen UKIP. Les villes résistent encore car c’est là que se concentrent celles et ceux qui parviennent à tirer leur épingle du jeu de la mondialisation. Combien de temps serviront-elles encore de garde-fous contre la montée de la colère et de la frustration de toutes celles et de tous ceux qui sont laissés sur le carreau?

Face à la globalisation de l’économie, face au transfert des 27 millions d’emplois de l’Europe vers la Chine, face à l’immigration depuis longtemps hors de contrôle, nos «élites» n’ont aucune réponse convaincante. Ils continuent de refuser de regarder la dure réalité qui frappe nombre de leurs concitoyens. Ils continuent de prétendre que la mondialisation est une bonne chose alors que tout le monde peut se rendre compte de ses effets pervers.

Si elle avait été faite par une politique des cercles, permettant d’abord une remise à niveau des économies des pays du sud et de l’est de l’Europe, avant de s’attaquer à un cercle plus excentré et ainsi de suite, la mondialisation aurait pu réussir et elle aurait entraîné l’adhésion des peuples. En sautant la case européenne, proche et plus lointaine, pour aller directement à la case Chine, les architectes de la mondialisation ont clairement signifié leur mépris des peuples européens et étatsuniens et leur volonté forcenée d’un enrichissement facile, rapide et sans limites.

Nous reprochons souvent à nos «élites» d’échouer dans leur politique. Eh bien c’est faux! Ils n’échouent pas du tout. Ils réussissent au contraire à merveille. Si nous regardons le programme politique et économique des tenants de la révolution conservatrice dans les années 80 (voir entre autres les notes «Le néo-libéralisme nous mène à une impasse totale (1)» et «La fin de la classe moyenne»), nous nous apercevons qu’ils ont parfaitement suivi leur carnet de route. Ce n’est pas un échec. C’est un succès total. Enfin presque total. Il reste bien encore quelques vestiges de l’état social à détruire. Et ils ne s’arrêteront pas avant d’avoir saccagé ce qui reste de solidarité dans nos Sociétés. C’est cela que les peuples européens devraient comprendre et intégrer. Tout ce que nous vivons depuis la chute du Mur est voulu et délibéré. Ce n’est pas un échec de politiques plus ou moins malheureuses. C’est le très exact résultat de toutes les politiques voulues et savamment mises en œuvre par nos élites politiques et économiques.

Cela dit et à la décharge des tenants de cette politique, il faut bien avouer que les syndicats avaient abusé de leur pouvoir de rétorsion et de blocage de la société et des entreprises pendant les 30 glorieuses. Pendant mes vacances, je discutais avec un chef d’entreprise wallon. Il me faisait part de son désarroi par rapport à l’avenir de son pays. Il faisait une claire distinction entre la partie flamande, travailleuse, sans doute inspirée par le pragmatisme allemand et en bonne santé économique et la partie francophone trop calquée sur le «modèle français», arc-boutée sur ses acquis et incapable de redynamiser une économie sclérosée.

Face à une mondialisation irréversible, les pays qui s’en sortent (Allemagne, Suède, Norvège, Suisse, Autriche…) sont ceux qui se battent sur les marchés mondiaux et qui font face courageusement à leurs compétiteurs. Ceux qui coulent sont ceux qui cherchent pathétiquement à préserver leurs acquis. La France, elle, semble avoir un pied dans le camp des pays du Nord car elle se permet de flirter avec l’extrême droite et un autre, nettement plus important, dans celui des pays du Sud par son refus du changement. On se demande encore de quel côté elle va basculer.

05/05/2014

Etats-Unis vs CS: un repaire d'hypocrites

Les derniers développements concernant le Crédit suisse aux Etats-Unis démontrent à l’envi que la guerre économique contre la place financière suisse continue. Ce pays que j’ai longtemps aimé et admiré devient parfaitement grotesque à certains moments de son histoire lorsqu’il est instrumentalisé par quelques personnes en mal de notoriété ou par des intérêts particuliers (finance, pétrole, ogm...). 

Ce pays qui s’est tout de même construit en pratiquant deux des plus grands crimes contre l’humanité de toute l’histoire, à savoir la quasi extermination des peuples autochtones et la traite des noirs pour l’esclavage, a attaqué la Suisse dans l’affaire des fonds juifs en déshérence, car ce minuscule pays au cœur de l’Europe, entouré à 100% par les pays de l’axe, avait dû collaborer jusqu’à un certain degré avec ceux-ci.

Au 20ème siècle, il y a eu au nom de la Realpolitik et de la défense du monde dit «libre» une liste sans fin d’exactions, de soutiens à des régimes iniques, de guerres sales, le largage de deux bombes atomiques. Tout le monde sait cela.

Le 21ème siècle n’a pas mieux commencé avec l’attaque sous des prétextes parfaitement fallacieux de l’Irak qui a conduit à totalement déstabiliser ce pays et a entraîné une souffrance sans nom des populations civiles. Et cette guerre qui visait soi-disant à apporter la démocratie dans les pays musulmans a probablement contribué à faire exploser le fondamentalisme qui les ravage depuis lors. Et parfois leurs voisins. A l’image du chirurgien qui, en opérant une tumeur, va favoriser la propagation des métastases dans tout l’organisme.

Quant aux reproches adressés aux banques suisses contre l’évasion fiscale, oui, bien sûr que ces banques ont été actives dans ce domaine. Mais, exactement comme avec l’affaire des fonds en déshérence, il faut se replacer dans le contexte de l’époque qui fermait volontiers les yeux sur ce genre de pratiques. Deuxièmement, les Etats-Unis et les myriades d’avocats qui s’y activent, ont inventé des milliers de façon d’échapper au fisc. Et les banques suisses ne sont qu’un maillon de cette vaste industrie. De plus, ils abritent sur leur sol un paradis fiscal, le Delaware. Enfin, les monstrueux cadeaux fiscaux faits aux ultras riches par l’administration Bush ont coûté bien plus au fisc étatsunien que toutes les banques suisses réunies.

Vraiment, je déteste ce pays lorsqu’il se met à faire la morale alors qu’il ne fait que tordre le bras au reste du monde sous prétexte qu’il est, pour combien de temps encore, le plus fort. Quand donc ce pays cessera de n’être qu’un repaire d’hypocrites prêts à tout, y compris la force la plus brutale, pour défendre ses intérêts alors qu'il a BEAUCOUP à se faire pardonner?

 

10/03/2014

Le viol: une arme de guerre ?

Encore et encore, conflit après conflit, que ce soit au temps des guerres dans l’ex-Yougoslavie ou du nettoyage ethnique au Rwanda ou dans des guerres contemporaines en Somalie et en Syrie (la liste est tristement non exhaustive) on entend revenir ce constat de la part de représentants des Nations-Unies et des médias: «Le viol est utilisé comme arme de guerre».

Certes, ce phénomène a accompagné toutes les guerres depuis que le monde est monde, mais depuis 2 décennies il prend des proportions extraordinaires. Cela étant dit, peut-on néanmoins parler d’arme de guerre ?

Je dois dire que ce soi-disant constat m’insupporte. Il fait partie, à mon sens, de cette paresse intellectuelle du monde moderne où Il règne un conformisme souvent navrant. Une fois qu’une idée a été émise par qui que ce soit qui fait tant soit peu autorité, c’est repris à la vitesse des réseaux informatiques par l’ensemble des médias du monde entier et cela devient une vérité.

Je trouve qu’il est insupportable et inadmissible de prêter ne serait-ce qu’une once de pensée politique à ce qui n’est qu’une succession d’actes plus barbares les uns que les autres. Les hommes qui participent à ces ignominies sont des monstres, malades et frustrés qui utilisent la guerre pour assouvir leurs instincts les plus abjects.

Mettre un «nom» sur cette abjection revient inconsciemment à en atténuer la portée et les conséquences. C’est un peu toute proportion gardée, comme en médecine lorsque l’on met un nom savant sur une maladie à laquelle on ne comprend rien. Ensuite, lorsque le médecin nous annonce son diagnostic, on est rassuré, car, puisqu’il a mis un nom sur notre mal, on pense qu’il est capable de le guérir ce qui est loin d’être toujours le cas. Je dirais même que plus le nom savant est abscons et plus il cache l’ignorance de la médecine.

Ne laissons pas notre potentiel d’indignation être atténué par ce constat finalement lénifiant. Le viol est un acte barbare, qu’il soit commis pendant une guerre ou au coin des rues de nos villes. Ceux qui pratiquent le viol et toutes autres violences sexuelles, pendant ou hors conflits, sont des malades qui doivent être recherchés, poursuivis et punis avec le maximum de sévérité en fonction des circonstances.

28/01/2014

La France et son «problème» suisse

Heureusement, la grande majorité des citoyens français a une bonne image de la Suisse. Ils sont venus, viennent ou viendront passer leurs vacances dans notre pays. Il y a ceux aussi, travailleurs, cadres, chefs d’entreprise, qui viennent ici car ils savent qu’ils y trouveront un cadre de vie agréable et des conditions propices au développement de leur carrière ou de leur entreprise. 

Et puis il y a les autres. Ceux pour qui la Suisse n’est qu’un havre de bandits recyclant l’argent sale ou de citoyens indignes pratiquant l’évasion fiscale. Ils ne s’intéressent pas vraiment à notre pays, n’ont aucune intention d’en étudier le fonctionnement et les institutions et se plaisent simplement à répéter en boucles leurs poncifs: l’économie suisse est une économie du crime et il faut tout mettre en œuvre pour lui faire rendre gorge.

Je suis un auditeur régulier de France-Inter et cette attitude transpire en permanence sur cette antenne. Soit ce pays semble ne pas exister pour ses journalistes, soit il est question de paradis fiscal, d’évasion fiscale, etc.. Jamais ils ne s’intéressent à autre chose. Jamais ils ne cherchent à comprendre la véritable structure de notre économie. Jamais ils n’informent l’auditeur français que la finance ne représente que 10-13% du PIB. Jamais ils n’informent le citoyen français que la Confédération a un budget équilibré bien que les 2 grandes banques ne paient plus d’impôt depuis 2008 et la crise des subprimes. Et lorsque les journalistes évoquent le rejet, par le peuple, de certains objets pour améliorer les prestations sociales, ce n’est que pour mieux se moquer et il ne leur vient jamais à l’idée que si notre pays est globalement riche, c’est parce que nous sommes prêts à travailler d’abord et avons une approche très raisonnable et équilibrée des relations au sein de l’entreprise.

Dans ce pays dont les journalistes économiques et politiques ont une attitude si équivoque vis-à-vis de l’Allemagne et ses succès économiques, on en arrive facilement à la conclusion que ce pays obtient ses succès au détriment de ses partenaires européens.

Quant à la Suisse, n’en parlons surtout pas. Et pourtant, si l’Allemagne obtient ses succès économiques à cause d’un dumping salarial, que dire de la Suisse ? C’est probablement le pays du monde dont le coût du travail est le plus élevé au monde, dont la monnaie est en réévaluation quasi permanente (il suffit de regarder les cours des principales devises vis-à-vis du CHF depuis 40 ans) et pourtant nos entreprises survivent et prospèrent dans un environnement extraordinairement difficile. Depuis l’ouverture des frontières, des centaines de milliers d’Européens (chaque année nous sommes obligés de construire une ville de la taille de Lucerne) sont venus tenter leur chance ici. Ce qui a encore amélioré la productivité et permis l’expansion économique de notre pays.

Et que se passe-t-il pendant ce temps chez nos voisins ? Le chômage augmente et augmente encore. Et la catastrophe finale n’est évitée que grâce à des plans emplois pour les jeunes. Dans ce pays, il ne fait pas bon avoir moins de 27-28 ans et plus de 50 ans. Et il y a longtemps qu’ils «bénéficient» de la retraite à 60 ans et des 35h. Il n’y a bientôt plus qu’un noyau d’actifs devant soutenir un nombre de plus en plus important d’inactifs de toute catégorie. C’est effrayant. Quid d’une réflexion en profondeur sur les institutions ? Quid d’une remise en question de ces vieilles certitudes qui mènent ce pays à son déclin inexorable ?

Et dans un domaine plus léger, on retrouve cette même jalousie de certains journalistes, sportifs cette fois-ci, vis-à-vis des succès de notre pays. Impensable pour ces journalistes bon teint d’admettre et de reporter que nos sportifs obtiennent des succès. Ce qui pour d’autres donnerait lieu à une information méritant un développement est susurré du bout des lèvres lorsqu’il s’agit d’un sportif suisse. On l’a encore vu très récemment avec la fabuleuse, et méritée, victoire de Stan à Melbourne et la pauvreté avec laquelle celle-ci a été évoquée sur les ondes de cette radio, alors qu'une victoire dans un tournoi du grand Chelem est un événement sportif considérable. Lamentable.

La France est malade de sa croyance en la toute-puissance du Père, ce monarque dont ils ont fait rouler la tête dans la sciure mais pas dans leur cœur et dans leur tête. C’est un pays dont trop de citoyens et ce qui est plus grave, la vaste majorité des journalistes hypnotisés par la lumière du pouvoir, sont encore infantilisés par cette croyance absurde en l’omnipotence d’un seul homme. Et tant que les français n’auront pas fait une nouvelle révolution, des esprits cette fois-ci, ils resteront ces citoyens immatures, incapables de prendre leur destin en mains et attendant tout de la figure tutélaire, nommée tous les 5 ans avec les «pleins» pouvoirs (ce qui ne veut plus dire grand-chose aujourd’hui).

L’élite politique française aurait grand intérêt à étudier les institutions et le tissu économique de notre pays au lieu de se complaire dans ses certitudes qui ne racontent rien, n’expliquent rien et ne font que la priver d’une plus salutaire grille de lecture.

04/01/2014

Le Tiers-Monde au cœur de l’Europe

Je viens d’entendre le reportage de la RSR: «Grèce: survivre sans l’Etat». Un reportage hallucinant qui montre à quelles extrémités (près de 30% des Grecs n’ont plus accès à la santé publique), mènent les politiques économiques et financières en vigueur depuis la chute de l’Union soviétique.

Le Tiers-Monde est caractérisé par un Etat faible et corrompu qui n’assume pas les tâches de base dont un pays a besoin pour fonctionner et permettre à chacun de vivre dans la dignité. C’est exactement ce qui est en train de se développer en Europe, en Grèce bien sûr, mais aussi dans de nombreux autres pays (Espagne, Portugal…) touchés violemment par la crise économique qui a frappé l’Occident en 2008-2009.

Et quand la réponse à la crise est celle voulue par les économistes du FMI et les technocrates de Bruxelles, cela favorise le développement de régions européennes entières qui glissent vers le Tiers-Monde.

Pendant ce temps, condition sine qua non, les ultras-riches font tout ce qui est en leur pouvoir et leur pouvoir est grand, pour diminuer leur participation à la solidarité nationale par l’impôt. Ils paient des armées d’avocats et de fiscalistes pour contourner leurs obligations et last but not least, créent des Fondations philanthropiques qui ont pour effet:

  • De permettre une «optimisation» supplémentaire de leurs impôts
  • De flatter leur ego

Et le monde et l’Europe restent impuissants à mettre un terme à ces scandales qui se développent sous nos yeux depuis 3 décennies. Jusqu’où l’Europe s’abaissera-t-elle dans sa tiers-mondisation?

21/12/2013

M. Poutine doit bien s’amuser

Depuis de trop nombreuses années, je me suis plusieurs fois exprimé sur ce point dans ce blog, l’Occident aime donner des leçons au(x) leader(s) de la Russie. Las, celles-ci ne tombent pas seulement systématiquement à plat. Elles ne font que renforcer l’orgueil de la Russie et de ses dirigeants.

Parmi les dernières péripéties, la Syrie a été l’occasion d’une magnifique leçon de diplomatie de la part de la Russie. Les Occidentaux qui jouaient les va-t’en-guerre, notamment par la bouche bien peu avisée de John Kerry, ont dû avaler les couleuvres préparées par le maître du Kremlin. Quant à L’Ukraine, elle a été un nouveau succès considérable pour la Russie qui a signé avec ce pays un accord au nez et à la barbe de l’Europe.

L’UE adore adopter la posture du continent berceau de la civilisation. Mais quand il s’agit d’aider ses voisins, chaque pays composant cette entité a d’autres priorités. L’Ukraine, au gouvernement corrompu et aux finances plus que chancelantes, avait le choix entre s’allier à une Europe donneuse de bons conseils mais aux mains vides et la Russie prête à mettre du beurre dans les épinards.

 

Nous partageons tout avec la Russie et les Russes depuis des siècles. Nous vivons sur le même continent, avons la même culture (les grands auteurs ou compositeurs russes nous sont aussi familiers que les Victor Hugo, Goethe, Mozart ou Beethoven) et la moindre des choses serait d’avoir des intérêts stratégiques communs.

Hélas, cent fois hélas, nos dirigeants continuent cette course en avant aveugle qui repousse la Russie toujours plus loin. Les derniers développements liés aux prochains Jeux de Sotchi vont encore aggraver les choses. Plusieurs dirigeants occidentaux vont boycotter la cérémonie d’ouverture comme au bon vieux temps de l’Union soviétique. Quant à M. Obama il a, en plus, décidé d’envoyer une représentante connue pour son militantisme en faveur de la cause homosexuelle et lesbienne pour, croit-il, favoriser l’expression de la démocratie dans ce pays. Je trouve cette décision profondément déplacée et relève d’une approche immature de la politique. Elle n’est, en fait, qu’une nouvelle étape dans la longue histoire d’incompréhension de l’Occident vis-à-vis de notre voisin. Depuis la chute de l’URSS, nos dirigeants ont été arrogants, méprisants, paternalistes, agressifs, sourds vis-à-vis de la Russie et de ses dirigeants.

Et pourtant, un continent dont un large pourcentage de la jeunesse est au chômage (60% en Grèce, 50% en Espagne) peut-il donner des leçons de démocratie ? Un continent dont les dirigeants, à tous les échelons du pouvoir légifèrent systématiquement au profit des lobbies les plus puissants et au détriment des peuples composant cette Union est-il habilité à donner des leçons de démocratie ?

Aujourd’hui M. Poutine est un acteur habile et intelligent sur la scène diplomatique mondiale. Il doit bien s’amuser à prendre sa revanche sur nos dirigeants incapables de changer de grille de lecture.

29/11/2013

Etats-Unis: un pays fatigué ?

Le récent accord sur le nucléaire iranien est peut-être un bon début d'accord permettant, à terme, de ramener l'Iran à de meilleures intentions mais je me demande surtout si ce n'est pas le signe de la grande fatigue des Etats-Unis.

Ce pays a été sur tous les fronts et de toutes les guerres du 20ème et du 21ème siècle naissant. Génération après génération, des millions d'hommes sont partis se battre contre la peste nazie, le communisme triomphant ou l'islamisme radical. Ils sont revenus blessés, drogués, handicapés physiques ou mentaux à vie, ou dans des cercueils. Cela a pesé sur ce pays de devoir faire un effort de guerre inouï et quasiment sans partage, puisque l'Europe, à l'exception notable de la Grande-Bretagne et épisodiquement de la France, s'est surtout distinguée par sa frilosité, voire sa lâcheté.

Les guerres mal motivées et mal conduites, mais aux coûts financier et humain exorbitant, en Afghanistan et en Irak, conjuguées à l'appauvrissement du pays dû à la mondialisation, aux iniques cadeaux fiscaux faits aux ultra-riches par W et à la crise économique (que des cadeaux de la droite républicaine) ont mis ce pays à genoux. Le Président Obama l'a bien compris et c'est pourquoi il rechigne à engager son pays dans de nouvelles aventures hasardeuses en Syrie et en Iran.

Certes, ce pays peut encore faire mal  (La Suisse en sait quelque chose et l'Iran aurait tort de se réjouir trop vite et d'oublier de respecter ses engagements), mais il est au minimum durablement affaibli.

Seul l'avenir nous dira s'il rejoindra d'autres empires dans leur déchéance.

28/11/2013

Berlusconi: une dernière pantalonnade ?

La carrière politique du personnage politique le plus surréaliste de l'histoire touche enfin à sa fin. Cela fait tellement d'années que nous devons supporter ses pitreries, sa vulgarité, ses propos machistes, ses turpitudes sexuelles, ses scandales financiers et ses jeux politiques au service exclusif de son empire personnel que l'on se demandait si cela arriverait un jour.

Il aura eu beau dénoncer les attaques politiques de magistrats soi-disant véreux (vraiment la charité qui se fout de l'hôpital) et politiquement motivés (car "de gauche"), il aura fini par tomber en perdant son immunité. C'est peut-être enfin la porte ouverte à la résolution des autres casseroles qu'il traîne depuis tant d'années et contre lesquelles il a réussi à se protéger en s'engageant en politique.

Il aura également été celui qui aura le plus perverti le langage de la politique. Hier encore, au moment de sa destitution, ce sinistre plaisantin de la politique aura osé proférer que sa destitution représente: "une défaite de la démocratie". On savait la démocratie malmenée et en danger, mais pas à ce point.

Saura-t-on un jour combien de turpitudes, pas seulement politiques, se cachent derrière ce masque figé ? Comprendra-t-on un jour comment un peuple qui a été le berceau de la Renaissance a pu se faire abuser par un homme qui a institutionnalisé l'abrutissement des masses à son seul profit politique et économique ?

11/11/2013

11 novembre: qu'avons-nous appris ?

En cette journée du 11 novembre commémorant la fin de la 1ère guerre mondiale, je me demande ce que cela représente encore aujourd’hui.

Certes nous repensons avec émotion aux malheurs générés et cherchons à comprendre ce qui a poussé les Nations et les peuples à se jeter les uns contre les autres. Alors loin de moi l’idée de minimiser les souffrances et les horreurs vécues par les hommes et les femmes de ce temps-là mais malgré la répétition annuelle de ce devoir de mémoire, qu’avons-nous appris collectivement ?

Avons-nous appris la justice sociale ?

Avons-nous appris à lutter contre les ferments de la guerre ?

La réponse à ces deux questions est non ! Certes, nous avons créé des institutions pour éviter les dérives abominables qui ont été le moteur de la deuxième guerre mondiale. Mais nous n’avons pas su et encore moins voulu lutter contre les profonds déséquilibres sociaux vécus sur toute la surface de notre Planète.

Aujourd’hui, après la parenthèse miraculeusement obtenue (en Occident) sous la pression et les menaces du communisme mondial et des forces du Pacte de Varsovie, nous vivons à nouveau dans une Société en guerre :

  • Une guerre civile déguisée des ultra-riches contre la classe moyenne et les pauvres
  • Une guerre des nations riches contre les nations pauvres
  • Une guerre des grands Etats contre les petits.

Nous n’avons visiblement rien appris et si toutes ces commémorations font de très jolies cérémonies et servent à refaire, l’espace de quelques heures, une certaine unité nationale, cela ne contribue en rien à modifier l’égoïsme atavique et pathologique de quelques-uns contre le plus grand nombre. Et c’est là que se trouvent les véritables ferments de la guerre.

Aujourd’hui des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes à travers le monde sont réduits CHAQUE JOUR à l’esclavage ou meurent de faim et/ou de maladies liées à la malnutrition.

Même en Occident, tous les jours des familles sont jetées à la rue car elles ne peuvent plus assumer leurs charges qui augmentent chaque jour. Tout cela ne profite qu’aux ultra-riches qui sont de plus en plus riches (par le principe des vases communicants et grâce à l'exercice du pouvoir à leurs seuls profits) et de plus en plus déphasés avec la réalité du plus grand nombre.

Ces commémorations me laissent un goût amer quand je pense avec quelle insouciance nous passons les morts des guerres économiques actuelles (et passées) par pertes et profits.

23/10/2013

Faut-il désespérer de la démocratie (2) ?

Dans un premier billet sur ce sujet (voir "Faut-il désespérer de la démocratie ?"), je montrais le danger, mortel à mon sens, qui guette nos démocraties, empêtrées qu’elles sont dans un dilemme cornélien puisqu’elles doivent choisir entre le respect des droits de l’homme et les dérives liées à une perte inquiétante de boussole pour guider l’action publique. 

L’affaire Leonarda comme il faut bien l’appeler a, depuis mon premier billet, déployé tous ses effets délétères en France. On a vu un ministre rentrer en urgence d’un voyage officiel. L’opposition mettre de l’huile sur le feu. Des lycéens dans la rue réclamant des mesures pour modifier une situation à laquelle ils ne comprennent rien. Un président se ridiculiser en proposant une absurdité. C’est grave et c’est pathétique à la fois. Comment une gamine de 15 ans, menteuse et arrogante (au vu de certaines de ses déclarations) et un père manipulateur peuvent-ils faire vaciller les institutions d’un Etat jusqu’à son sommet ? 

Nos pays ont passé en une génération, d’une vision patriarcale du Monde à une vision post-soixante-huitarde. Nous avons perdu nos repères car nous avons confondu (abus de) pouvoir et autorité. Non, personne ne souhaite retourner à une époque où l’homme (au niveau de la Société) et le père (au niveau de la cellule familiale) avaient tout pouvoir. Il est bon que ces abus aient été remis en question et que tous les membres de la Société et de la famille aient eu accès à l’information, à l’autonomie, à la liberté d’action et d’expression. Mais comme souvent dans une révolution le balancier est allé trop loin dans la direction opposée et aujourd’hui plus personne n’ose exercer l’autorité sous peine d’être vu comme un fasciste en puissance. 

Cette vision est pernicieuse car elle prive nos Sociétés de l’exercice éclairé de l’autorité dont elles ont un urgent besoin. Gouverner c’est prévoir dit-on. Mais c’est également prendre des décisions. Et c’est là que nous sommes devenus faibles. Plus personne n’ose se profiler et prendre des décisions qui pourraient sembler impopulaires, même si elles sont indispensables. Et nous préférons continuer dans un consensus mou avec une autorité de plus en plus affaiblie et des promesses rarement tenues. 

L’autre exemple que je prenais était les systèmes pénitentiaire et judiciaire en Suisse. Là aussi la remise en question sera longue et douloureuse face à la démission de nos autorités à tous les échelons de décision comme on l’a vu dans la tragique affaire Adeline. 

Dans les deux cas, nous avons peut-être en place des personnes qualifiées pour le poste qu’elles occupent, mais qualification ne veut pas dire compétence et encore moins courage. Et des personnes qui n’osent ou ne savent pas exercer l’autorité inhérente à leur fonction doivent avoir le courage de démissionner ou être démissionnées. 

Et puis il y a un autre acteur qui joue un rôle trop souvent pernicieux dans ces débats de Société : l’Eglise. Nos Eglises chrétiennes qui systématiquement veulent tendre l’autre joue et trop souvent n’ont retenu du message du Christ que celui de la charité envers le prochain : « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites » (Evangile de Matthieu). Et toute l’Eglise de croire qu’il faut « singer » le Christ pour voir très égoïstement s’entrouvrir les portes du Ciel. Mais un singe à qui on a appris à jouer du saxophone n’est pas un musicien pour autant. 

Et nos Eglises oublient un autre message du Christ au moins aussi important. Il était un guerrier, un combattant. Lorsqu’il a chassé les marchands du Temple, c’était à coups de triques et pas avec des génuflexions. L’Amour peut prendre des apparences dures, voire violentes, lorsque les circonstances l’exigent. Il a dit également « Je suis venu séparer le bon grain de l’ivraie » (Evangile de Matthieu). Et plus loin, également dans le même Evangile (10.34.35 et 36): « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. ».

Cet aspect du Christ est quasiment systématiquement occulté dans le message de l’Eglise, au moins sur la place publique, car personne ne le comprend ou personne n’ose assumer ce qu’il représente. 

Ce qu’il nous dit en substance et qui devrait être appliqué au fonctionnement de nos Sociétés, c’est que contrairement à ce que l’on veut croire de nos jours, tout n’est pas égal à tout. Que gouverner c’est trancher. Que nous n’avons tout simplement pas le droit de continuer de faire n’importe quoi comme nous le faisons de plus en plus. Qu’il faut exercer sa Conscience la plus élevée afin de déterminer les règles de fonctionnement de nos Sociétés. Que le Pouvoir reposait sur un accaparement inique de la force mais que l’Autorité s’exerce sur les prémisses de la plus haute Conscience à laquelle une Société puisse parvenir. Et que cette Conscience est très éloignée aussi bien de la mièvrerie pathétique à laquelle nous assistons que de la soumission aux seules forces de l’argent-roi.

18/10/2013

Faut-il désespérer de la démocratie ?

Tout le monde s’accorde pour dire que la vie politique de nos démocraties est de plus en plus polarisée. On vient d’en voir un exemple édifiant aux Etats-Unis où la branche des extrémistes du Parti républicain a failli faire sombrer le pays dans le chaos (et le reste du monde avec) au seul motif de la haine qu’ils portent aux pauvres (refus d'une assurance maladie pour 40 millions d'américains pauvres) et à leur refus de toute augmentation d’impôts à l’égard des plus riches d’entre les riches.

Nous vivons cet antagonisme dans tous nos pays et sur tous les sujets, au point que nous ne parvenons quasiment plus à prendre de décisions.

Parmi les autres débats où la polarisation est extrême on trouve bien sûr celui de l’immigration et celui de la sécurité. Qui vont de pair dans l’esprit de nombreuses personnes. Là aussi les camps semblent irréconciliables : d’un côté nous avons ceux qui brandissent des idées chocs, simples voire simplistes et qui ne seront probablement pour la plupart jamais mises à l’épreuve de la réalité. Et de l’autre nous avons les idées prônées par ceux qui se considèrent comme porteurs de hautes valeurs morales, héritiers du siècle des Lumières ou de la Révolution française et qui aiment tant manier les idées alambiquées qu’ils en arrivent à ne plus savoir ce qu’ils souhaitent vraiment et sont en tous les cas incapables de prendre une décision.

Et les années passent dans ce face à face stérile alors que les peuples souffrent et souhaitent des décisions hardies, aptes à les rassurer. Et tous les jours apportent de nouveaux exemples de ce face à face stérile, de ces joutes verbales entre sourds, de ces anathèmes jetés à la face des uns ou des autres.

Ce qui s’est passé à Lampedusa est tragique. Personne ne pourra dire le contraire. Et nous avons assisté à toutes les gesticulations habituelles de nos politiques. On se fend de communiqués la main sur le cœur, on convoque un sommet européen, on dit « plus jamais ça » et puis… Personne en Europe n’a les idées, les structures   et encore moins les moyens de mettre un terme à cette tragédie chaque jour renouvelée. Les injustices et les inégalités sont si colossales à la surface de cette planète que les migrations sont un fait, une réalité qui dure depuis longtemps et qui est appelée à durer encore très longtemps. Et il faudra plus que des belles paroles pour changer le cours de l’histoire. En face, nous avons ceux qui souhaitent ériger des murs pour protéger l’Europe d’une invasion de ce qu’ils considèrent comme des peuples n’ayant pas leur place en Europe. Ils n’ont pas plus de moyens de parvenir à leurs fins que les premiers cités. Nos Sociétés ont érigé des systèmes qui sont censés protéger nos démocraties des dérives abominables connues dans les années 30.

L’affaire de cette Kosovare renvoyée de France avec sa famille a attiré l’attention des médias. Tous les défenseurs des droits de l’homme sont montés au front, y compris à l’intérieur du gouvernement dont le ministre de l’Intérieur a soutenu cette expulsion. Après la première émotion (on ne devrait pas faire de politique sur le coup de l'émotion) passée, on apprend que le père a menti aux autorités françaises sur les origines de sa famille, qu’il a volé, que depuis plus de 4 ans qu’ils sont en France ils n’ont pas travaillé un seul jour mais vécu de l’aide sociale. Arrivés au Kosovo, la jeune fille interrogée par Radio France a menti également (mais n’est-elle pas à bonne école) en prétendant qu’ils dormaient sur des bancs alors qu’un appartement avait été mis à leur disposition par les Autorités locales. Cela me rappelle cette famille en Suisse, les D, dont on apprenait en 2004 que le père et la mère, en Suisse depuis respectivement 10 et 12 ans, n’avaient pas travaillé un seul jour et avaient touché 420'000 CHF d’aides sociales diverses.

Les dérives dans les systèmes pénitentiaire et judiciaire en Suisse ont largement défrayé la chronique et là aussi la vérité semble plus trouble que ce que les uns et les autres prétendent. Là aussi le débat est bloqué. Et pourtant il est urgent d’agir. Des décisions courageuses doivent être prises pour qu’un drame comme celui d’Adeline ne puisse plus se produire.

Mais que dire et que penser d’une Société qui tolère de tels abus ? Que penser d’une Société où il vaut mieux être réfugié que chômeur, même après une longue vie professionnelle ? Que penser d’une Société où il vaut mieux être un criminel plus ou moins en puissance (voire même multi-récidiviste), sur qui la Société va déverser tous ses bienfaits (appartement gratuit, allocation mensuelle permettant de ne pas travailler, coach particulier, cours de ceci ou cela, payés par le contribuable, etc..) que d’être un/une retraité(e) ayant travaillé honnêtement toute sa vie mais n’ayant bénéficié que d’un petit salaire (combien de retraités suisses touchent plus de 20'000 CHF par mois de la part de l’Etat comme le malheureusement fameux Carlos à Zürich ?).

L’incapacité des uns à prendre des décisions basées sur la justice sociale et le bon sens, crée des tensions de plus en plus insupportables dans nos Sociétés. Ces situations vues comme injustes par tous ceux qui sont broyés par un système économique aveugle et brutal encouragent l’illusion de recourir aux idées simples pour les résoudre et font le lit des « populistes » de tous poils.

Alors faut-il désespérer de la démocratie ? Oui, si nous continuons ainsi. Si nos classes politiques continuent ce dialogue de sourds, continuent de refuser de prendre des décisions courageuses en se perdant dans les méandres de la dialectique stérile et de la rhétorique gratuite, l’œil rivé aux sondages d’opinion, alors nous pouvons craindre le pire. A force de ce qu'il faut bien appeler lâcheté, ils apporteront le pouvoir sur un plateau d’argent à ceux qu’ils dénoncent.    

Dieu, ou notre supposée "supériorité morale", nous préservent de devoir revivre cela en Europe !

21/09/2013

Big Brother ? Nous y courons en chantant

Si l’on demandait à chacun d’entre nous ce que nous pensons de la vie exposée dans la fiction de Georges Orwell (« 1984 »), nous nous écrierions tous que c’est l’horreur suprême.

Aujourd’hui, les nouvelles technologies permettent d’accomplir ce que Georges Orwell n’avait pu imaginer : savoir à tout instant où se trouve n’importe qui, ce qui nous intéresse, les sites internet auxquels nous nous connectons, le contenu de nos e-mails, sms, conversations. Ce que nous achetons. Demain, les médicaments contiendront des micro-chips qui rapporteront à notre médecin (et à l’industrie pharmaceutique qui les fabrique) si nous avons effectivement pris les médicaments prescrits et même ce que nous avons mangé en même temps en analysant le contenu de nos intestins. Sans doute aurons-nous même des puces implantées à la naissance qui renseigneront qui de droit (!) sur notre état de santé physiologique, émotionnel, psychique en permanence. Si l’on ajoute à cela les caméras de surveillance qui sont de plus en plus omniprésentes on arrive à une situation qui devrait en préoccuper plus d’un. Il ne nous manque plus que le contrôle de nos consciences.

Et je n’ai évidemment aucune idée de ce que l’industrie inventera dans les décennies à venir. Mais il est à prévoir que cela sera un développement qui nous apportera de plus en plus de « liberté » de connexion et de plus en plus de risques à nos libertés individuelles. Y compris le contrôle de nos consciences. Que ce soit par la délivrance automatisée de médicaments ou par une manipulation de plus en plus sophistiquée  de l'information. 

Ce qu’il y a de très pervers dans tout cela et qui nous rend aveugles est qu’il y a des bénéfices : nous pouvons effectivement être connectés 24/24 avec tous ceux et celles qui nous sont proches, avec les sites qui nous plaisent. Nous pouvons payer toutes sortes de prestations avec nos téléphones portables qui remplaceront demain les innombrables cartes de crédit/débit qui encombrent nos poches. Les « bénéfices » dans notre vie de tous les jours sont nombreux et c’est ce qui nous rend aveugles, pour le plus grand bénéfice des entreprises de télécommunication et de tous ceux qui ont et auront à cœur de contrôler nos âmes et nos esprits.

Pas besoin d’avoir fait de grandes études pour pouvoir imaginer ce que des pouvoirs totalitaires pourront faire de toutes ces informations. Et l’émergence d’un pouvoir totalitaire n’est peut-être pas aussi éloignée de nous que cela en a l’air. Les 8 années de pouvoir sous Georges W Bush ont montré qu’il y a des forces aux Etats-Unis qui sont clairement prises du vertige totalitaire. Et même le démocrate Obama n’a pas pu/voulu annuler toutes les Lois (Patriot Act) votées sous W qui portent en elles les stigmates d’un totalitarisme plus ou moins rampant, plus ou moins assumé.

La guerre en Irak a été acceptée par la majorité des américains suite à la manipulation de Colin Powell devant l'assemblée des Nations-Unies et par l'histoire, fabriquée de toute pièce, des "couveuses au Koweït", histoire racontée devant une commission du Congrès des Etats-Unis par une jeune irakienne (qui manipulait qui ? ) pour favoriser l'entrée en guerre des forces occidentales.     

Le monde de Georges Orwell est une horreur absolue. Nous y courons en chantant !

04/09/2013

Les Etats-Unis : un Etat voyou ?

Le gouvernement démocrate cherche à obtenir le soutien du Congrès pour bombarder la Syrie comme il l’avait fait en Libye. Suivant en cela le gouvernement républicain de W qui avait occupé et bombardé l’Afghanistan et l’Irak. Résultat de cette politique de la canonnière ? Ces pays font face à une guerre civile en bonne et due forme et les forces terroristes sont plus fortes que jamais. Tout porte à croire que si les bombardements sur les moyens militaires du gouvernement Assad l’affaiblissent suffisamment, nous pourrions très bientôt avoir un gouvernement abritant des terroristes à Damas.

Ce sera un brillant résultat que partout où les Etats-Unis auront appliqué cette politique, ils auront labouré le terrain au profit des terroristes. Leurs pires ennemis. Au lieu de créer un  cercle vertueux, comme le prétendait l’administration Bush, devant amener la démocratie au Proche et au Moyen-Orient, ils auront créé un chaos favorable à l’émergence de diverses formes de terrorisme. 

Dans un autre domaine, pas une semaine ne se passe sans que de nouvelles révélations soient faites sur les écoutes illégales orchestrées par les agences de renseignement US sur le reste du Monde, y compris des pays et gouvernements amis et alliés. 

Et que dire du chantage exercé par ce pays sur la Suisse ? Dans une opacité totale, le Parlement est appelé à accepter un nouveau projet de Loi, quasi aussi opaque que le précédent, imposé de manière unilatérale par les Etats-Unis, sans respect aucun pour le processus législatif de notre pays. Ce projet de Loi revient à ce que le plus grand de la classe plaque au sol le plus petit en lui faisant une clé dans le dos et en exigeant son goûter, son téléphone portable et tout le reste. C’est du chantage digne d’une dictature. 

Comment appeler un Etat qui profite de sa force pour tyranniser le reste du Monde ?

C’est une grande déception de voir que le brillant candidat démocrate qui a fait rêver tant de gens à la surface de la planète s’est révélé bien faible et bien incapable de changer la direction de la politique de son pays. Certes il a un Congrès qui lui est hostile et qui fera tout ce qui est en son pouvoir pour l’empêcher d’obtenir quelque succès que ce soit. En général on appelle « lame duck » le président durant les 2 dernières années de son second mandat. Obama aura été un lame duck depuis le premier jour de son premier mandat et particulièrement depuis qu’il a perdu la majorité au Congrès à mi-mandat. Depuis, il montre tous les jours son indécision et son incapacité à faire avancer ses projets de Loi. Son seul et plus grand mérite aura finalement été d’empêcher les fous furieux républicains d’avoir 8 années de plus au pouvoir. 

Mais il n’aura pas empêché les Etats-Unis de continuer d’être un Etat voyou qui tyrannise les autres pays avec ses menaces, sa surveillance pathologique et ses Lois unilatérales et imposées au reste du Monde.

28/08/2013

Intervention en Syrie : le scénario risque de se répéter

Une fois encore l'Occident se trouver piégé dans une région où la dynamique des alliances et des contre-alliances défie toutes les lois de la logique et de la rationalité.

A chaque fois que l'Occident est intervenu en terre musulmane (Afghanistan, Irak, Libye, etc..), il a sans doute renversé une tyrannie mais a eu en définitive pour effet d'en renforcer une autre. Intervenir dans ces terres en convulsion permanente, c'est perdre à coup sûr, car la dynamique des forces joue forcément, à terme, contre nos intérêts. 

Nous intervenons à cause de principes moraux basés sur notre vision du bien et du mal, avec notre vision de nos intérêts stratégiques, avec notre vision de nos intérêts énergétiques et celle du Monde dans un temps donné. Le problème est que notre vision ne cadre en rien avec les intérêts, les buts, le temps dans lequel évoluent ces peuples. 

Nous intervenons avec une approche "pasteurienne" du monde en croyant qu'avec un peu d'asepsie on va pouvoir remettre le patient sur pieds en ayant "nettoyé" l'origine de sa fièvre. La réalité sur le terrain nous donne régulièrement tort car le "patient" en question n'a que faire de nos remèdes tout à la poursuite qu'il est d'intérêts si particuliers, si divergents, si confus et antagonistes que nous ne les comprenons plus. Les conflits récurrents qui agitent ces régions avec une rare violence, proviennent de forces souterraines et occultes (qui finance qui) qui elles aussi dépassent notre logique.

Je crois qu'il serait plus sage pour nous autres Occidentaux de pratiquer enfin autrement:

  • S'engager enfin et résolument dans l'après-pétrole provenant de ces régions (l'argent du pétrole est ce qui donne le pouvoir à ces peuples de s'entredéchirer et d'avoir une importance stratégique absurdement disproportionnée par rapport à leur contribution politique, économique, intellectuelle et culturelle sur la marche du Monde)
  • Pratiquer une politique de "confinement", en laissant ces peuples régler leurs problèmes entre eux (laissons par exemple faire le pouvoir égyptien dans sa lutte contre le terrorisme islamiste au lieu de lui faire des leçons de morale) mais en prenant toute mesure nécessaire afin que ces conflits internes ne débordent pas sur les régions voisines
  • Cesser de céder au vertige en continuant de croire que nous pouvons régler les problèmes de ces régions à coup de bombardements. C'est une illusion funeste et un ouvrage à remettre sans cesse sur le métier
  • Gardons nos forces militaires intactes pour les vrais conflits à venir. Conflits qui ne manqueront pas, soyons-en malheureusement assurés. Le prochain étant sans doute d'éviter l'Iran d'acquérir la bombe atomique. Tant que ces peuples s'entredéchirent avec des armes conventionnelles, nous pouvons pratiquer cette politique de confinement. Le passage à l'arme nucléaire serait évidemment une rupture inacceptable de ladite politique.
     

Cela fait plusieurs décennies que nous pratiquons une politique interventionniste qui a prouvé être un échec total. Il est temps d’essayer autre chose.

15/08/2013

Où va l’Egypte ?

Depuis le renversement du Président islamiste, le camp des "pro-Morsi" essaye de se montrer sous un jour avantageux vis-à-vis de l'opinion publique internationale, des gouvernements étrangers, des instances internationales. A longueur de témoignages, ils cherchent à faire accroire l'idée qu'ils sont des pacifistes (ce qui est absolument faux), que M. Morsi a été élu démocratiquement (ce qui est vrai bien évidemment), que son renversement est un Coup d'état (ce qui est vrai également, n'ayons pas peur des mots) et qu'ils ne cesseront leurs occupations que le jour où il sera réinstitué (ce qui est une perspective sans espoir aucun).

Les Frères musulmans sont arrivés au pouvoir de la façon la plus sournoise et la plus dangereuse qui soit pour la démocratie. Ils ont profité d'un régime dictatorial et récompensant ses affidés pour tisser leur toile en s'occupant des plus démunis, avec l'argent de certaines monarchies pétrolières. Cela leur a permis de s'enrichir, d'islamiser ou de réislamiser des pans entiers de la société, de se structurer en vue de la prise du pouvoir, y compris par des voies soi-disant démocratiques. Je dis soi-disant, car où est la démocratie lorsque l'on achète les voix de millions d'électeurs démunis de tout, avec de l'argent venu d'ailleurs ?

Une fois au pouvoir, ils ne se sont occupés que de leur agenda basé sur le triomphe de leur religion sous sa forme la plus archaïque au lieu de tenter de gouverner le pays au bénéfice du plus grand nombre. En faisant cela, ils se sont rapidement aliéné des pans entiers de la société égyptienne. Des millions de gens excédés sont descendus dans la rue pour demander la chute de ce régime archaïque et incompétent. La suite on la connaît.

La propagande des pro-Morsi à l'encontre des médias et des gouvernements étrangers semble avoir assez bien fonctionné si l'on en croit les réactions venant de Washington et des capitales européennes. Un grand embarras  venant d'un pays, les Etats-Unis, qui comme d'habitude aime distiller des conseils gratuits au reste du monde. Oubliant totalement la brutalité de ses propres forces de police lorsqu'il s'est agi de nettoyer les campements des tenants (inoffensifs) de "Occupy Wall Street" dans la nuit du 14-15 octobre 2011. Ou de la Garde nationale pendant les émeutes de Los Angeles en 1992. A cette occasion, le Président Bush (père) a déclaré entre autres qu'il « utiliserait toute force nécessaire ».

Alors y avait-il une autre solution que la dissolution des campements par la force ? Je ne le crois pas malheureusement. Face à des éléments fanatiques, habités par des certitudes aveugles il est impossible de négocier. On ne négocie pas avec les représentants auto-proclamés de Dieu himself, n'est-ce pas.

Où va l'Egypte ? Espérons qu'elle ne va pas vers la guerre civile, mais le nombre d'églises coptes incendiées suite au démantèlement des campements des pro-Morsi, et dont on parle trop peu dans les médias occidentaux, fait craindre le pire. Ni vers un scénario "à la Syrienne". L'avenir seul se chargera de nous apporter les réponses.

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04/07/2013

L'UE: encore et toujours un conglomérat de couards

La "grande" Europe, celle qui fait payer sa défense par les Etats-Unis et qui essaye de nous tordre le bras dans tous les sens pour essayer de détourner une part de l'insolente prospérité helvétique à son profit, vient une fois de plus de démontrer son absence de courage politique.

Le jour où M. Snowden a dit tout haut ce que tout le monde savait déjà depuis 2004 au moins, on a entendu de partout des clameurs menaçant les Etats-Unis de représailles diverses et variées et notamment de suspendre les pourparlers sur les accords de libre-échange. Il aura fallu moins d'une semaine pour que les Européens oublient tout et reviennent à de meilleurs sentiments.

Et hier, la France qui aime tant nous donner des coups de bâton du haut de sa grandeur et de son rang de membre du couple moteur de l'Europe  (mais pour aller où ?), a battu un record du monde de vitesse dans le baisser de culotte vis-à-vis de ces mêmes Etats-Unis. Le grand pays souverain a fermé son espace aérien à l'avion présidentiel du président bolivien au motif que M. Snowden pourrait être à bord. Tout cela pour que le Ministre des affaires étrangères s'excuse platement à la fin de la journée.

La France a toujours eu une diplomatie marquée par sa lâcheté. Il suffit de repenser à ce qui s'est passé à l'époque du premier choc pétrolier provoqué par la guerre du Kippour, lorsque la Hollande avait pris fermement le parti d'Israël alors que la France allait faire des courbettes à toutes les monarchies pétrolières pour garantir ses approvisionnements. Et ne remontons pas plus loin pour ne pas ranimer de tristes souvenirs.

Il en va dans le monde comme dans la cour de récréation de toutes les écoles du monde: le plus grand tape sur celui qui est moins fort que lui et celui-ci cherche à se venger sur un plus faible que lui et ainsi de suite.

La Suisse a le "privilège" d'être à la fois un des plus petits états de la planète et un de ceux qui détient le plus de génie industriel et financier. Des groupes comme Nestlé, ABB, Novartis, Roche, UBS, Crédit suisse, etc…  sont des géants à la taille planétaire que même des états comme les Etats-Unis peuvent nous envier. Le fait que nous soyons un nain politique, démographique et militaire nous rend la tâche difficile en ces temps excessivement troublés.

Et il semble que personne, en Suisse, ne sache encore comment utiliser nos forces pour masquer nos faiblesses. Ce ne sera en tous les cas pas en rejoignant un club de couards.

11/06/2013

Turquie: Le bras de fer continue

Depuis le début de la crise que traverse le pays (voir également la note "Turquie: vers un espoir de changement"), crise qui comme chacun le sait va au-delà du réaménagement de la Place Taksim, le premier ministre réagit en sultan outragé dont une bande de galeux a l'outrecuidance de défier l'autorité.

Ses réactions sont quasi pathétiques et son discours empli de "moi je" et de la liste de tout ce qui lui appartient dans ce pays ("mon pouvoir", "mon maire", "mon gouverneur"…). Ses menaces répétées devant des foules de supporter ne sont rien d'autre que des appels à la violence, à la haine, au meurtre (qui sait à quelles extrémités une foule dont la haine a été attisée peut se laisser aller), en un mot un appel à la guerre civile. C'est tout simplement ahurissant d'inconscience et d'irresponsabilité. Comme si cet homme et ses partisans fanatiques voulaient en finir une bonne fois avec tous ceux qui osent résister à l'islamisation de ce pays. Qu'un chef de gouvernement d'un pays qui se prétend démocratique appelle ses partisans à la guerre civile révèle son vrai visage.  

Il avait préféré, jusqu’à présent, une habile tactique pour mener à bien les changements menant à une Société dont la religion devait être le nouveau fondement. Au fil du temps, le pouvoir était devenu de plus en plus intransigeant et n'hésitait pas à intimider ses opposants. Aujourd'hui la rue a forcé M. Erdogan à révéler sa vraie nature. Si un bain de sang devait être le prochain dénouement de cette contestation, la responsabilité écrasante de ce grand malheur en reviendrait entièrement à cet homme dur, intransigeant et déterminé à mener ses réformes jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix.

M. Erdogan, vous ne faites plus illusion, votre masque de soi-disant démocrate est tombé.

03/06/2013

Turquie: vers un espoir de changement ?

Hasard  de la vie, c'est quasiment avec un billet sur la Turquie, publié le 13 septembre 2010 (voir "Les limites de l'intégration de la Turquie en Europe") que j'avais entamé ce blog (c'était la deuxième note). Dans ce billet, j'insistais sur l'importance du choix à faire par ce pays entre une société clairement et irrévocablement séculière, apte à entrer dans l'Europe et une Turquie aspirée par l'islamisation méthodique et déterminée de la société et devenant un piège potentiellement mortel pour cette même Europe.

Depuis, derrière quelques actions pour continuer de rendre la Turquie euro-compatible, l'islamisation de la Turquie n'a fait que s'accentuer. Tout le monde est touché: l'armée a été décapitée (elle était ressentie comme une menace potentielle par le pouvoir en place), la Justice a subi le même sort que l'armée, les médias et des intellectuels sont soumis à l'autoritarisme et à l'intimidation.

Or nous assistons depuis quelques jours à de très intéressants développements. Il y a donc bien une jeunesse dans ce pays (et pas seulement à Istanbul), sécularisée, moderne, rejetant les tentatives du pouvoir de remettre en question tout ce que ce pays avait d'original dans le monde musulman. Ces manifestations dont l'ampleur et l'étendue ont surpris un pouvoir de plus en plus autoritaire, sont durement réprimées.

Ce pays est peut-être à un tournant dans ce difficile exercice d'équilibrisme. Fera-t-il enfin un choix entre le passéisme obscurantiste malheureusement plébiscité dans les urnes, et un futur laïque, moderne et civilisé imposé par la force de la rue, où la religion sera à sa juste place, c'est-à-dire une affaire de conscience entre soi et soi ?

04/12/2012

Impasse budgétaire aux Etats-Unis: vivement le 2 janvier 2013

L'impasse budgétaire qui dure depuis de longs mois (et de longues années) et qui ne trouve aucun épilogue, promet de continuer de diviser la classe politique américaine, malgré la réélection de Barack Obama et les pseudos meilleures intentions des Républicains au lendemain de leur cuisante et bienvenue (pour le reste du monde civilisé) défaite.

Nous assistons depuis 30 ans à une véritable guerre (je l'ai déjà souvent évoqué dans ce blog) des riches contre les pauvres. Les penseurs du parti républicain, ceux qui ont porté Ronald Reagan au pouvoir, sont les machiavéliques artisans modernes de cette monstruosité que l'on appelle l'ultra-libéralisme.

Depuis 2001, l'immense augmentation des dépenses de l'Etat fédéral à cause des deux guerres finalement absurdes et ratées de W en Afghanistan et en Irak (n’oublions pas le livre de Joseph Stiglitz: [Irak] "Une guerre à 3'000 milliards de dollars") et la baisse dogmatique des recettes fiscales dues à de microscopiques allègements fiscaux pour la classe moyenne (environ 600 dollars par an pour un couple ayant un revenu annuel autour de 80'000 dollars) et d'indécents cadeaux fiscaux faits aux plus riches (70'000 dollars annuellement pour un couple gagnant 1 million de dollars), ont mené le budget des Etats-Unis dans une impasse chronique.

Je rappelle simplement une nouvelle fois dans ce blog, qu'à la fin du mandat de Bill Clinton, les Etats-Unis prévoyaient de rembourser la totalité de leur dette dans les dix ans. Aujourd'hui, 12 années plus tard, au lieu d'avoir remboursé sa dette, ce pays a accumulé plus de 16'000 milliards de dollars de dettes.

Et que proposent nos amis les Républicains pour sortir le pays de cette crise budgétaire et financière gravissime ? Selon Dan Pfeiffer, porte-parole de la Maison-Blanche, la dernière proposition des Républicains, je le cite: «promet en fait de réduire les taux (d'imposition) pour les plus riches et présente l'addition à la classe moyenne».

Et voilà ! On aurait pu espérer que face à l'extrême gravité de la situation, le million de preuves de la faillite quasi-totale de ce système d'égoïsme forcené, les yeux de quelques-uns se seraient enfin ouverts. Mais non ! Une fois que vous avez été sévèrement lobotomisés, aucune opération ne peut vous rendre ne serait-ce qu'un semblant de conscience.

Sauf accord entre la Maison-Blanche et le Congrès, le 2 janvier, les indécentes déductions fiscales de W tomberont d'elles-mêmes. Comme il n'est pas possible de négocier avec ces forces de droite, c'est sans doute la meilleure chose qui puisse arriver aux Etats-Unis (et au reste du monde).

Quant à la propagande des milieux de droite lobotomisés par les forces de l'argent, elle sert à faire peur au Monde entier en promettant une récession si cela devait arriver. C'est vrai, nous tremblons à l'idée que les immensément riches aient des difficultés à s'acheter la 18ème Mercedes sur le dos des contribuables de la classe moyenne et de ceux qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté ainsi que de tous ceux qui ont tout perdu à cause de l'avidité pathologique de quelques-uns depuis le début de la crise des subprimes.

Les Etats-Unis n'ont jamais été aussi forts, aussi riches, aussi puissants que sous la présidence de Bill Clinton, à une époque où les ultra-riches américains versaient une part encore raisonnable de leur richesse dans le pot commun. Je ne vois pas pourquoi ce retour, certes forcé, à la raison et à une plus grande justice fiscale serait soudain synonyme d'apocalypse. Vive le 2 janvier 2013 !

09/11/2012

La Floride: une république bananière ?

Les Etats-Unis qui aiment donner des leçons de démocratie au reste du monde devraient se pencher sur ce qui se passe en Floride.

Tout le monde se souvient de la scandaleuse manipulation électorale qui avait permis de confisquer le vote des habitants de la Floride, et finalement des Etats-Unis, en faveur de W en 2000. Déjà en cette occasion, alors que le propre frère de W était gouverneur de Floride, cet Etat s'était distingué par des méthodes dignes des pires républiques bananières.

Avant les élections de 2012, des soupçons de fraude s'étaient faits jour. Il semble que tout avait été préparé pour rejouer le même scénario qu’en 2000 et l'on peut imaginer ce qu'il se serait produit si l'élection du Président avait été suspendue aux résultats électoraux de ce seul Etat. On tremblait d'avoir à revivre ces heures sombres.

Aujourd’hui, vendredi 9 novembre 2012, le résultat du vote en Floride n’a toujours pas été annoncé. Selon les responsables électoraux, la raison de ce retard est la participation extrêmement élevée. Mais de l'avis des experts dont fait partie Lance de Haven-Smith, professeur à l'université de Floride, la raison de ce chaos est ailleurs: «le désordre aurait été orchestré par les responsables républicains locaux […] La vérité est que les responsables républicains de Floride sont impliqués dans une démarche de sabotage de l'organisation des élections en cherchant notamment à diminuer la participation». Des électeurs démocrates bien évidemment.

Selon le Miami Herald d'aujourd'hui, Mme Brett Doster, conseillère de la campagne Romney en Floride, a déclaré: "On pensait (...) avoir fait ce qu'il fallait pour gagner. Clairement, ce n'est pas le cas", reconnaissant ainsi implicitement la victoire d'Obama dans cet Etat.

J'espère que lorsqu'elle déclare : "On pensait (...) avoir fait ce qu'il fallait pour gagner", elle ne se réfère qu'à des actes parfaitement légaux, mais au vu des précédants et du fait que l'élection de 2012 était annoncée comme extrêmement serrée, la tentation a dû être grande, pour les républicains, de préparer un plan B similaire à celui de l'an 2000 au cas où le sort de l'élection aurait dépendu de l'issue du scrutin en Floride. Presque un aveu donc.

Il faudra que ce pays mette de l'ordre dans ce dangereux foutoir, au risque de provoquer de nouvelles dérives insupportables dans ce pays qui se veut le phare de la démocratie dans le monde.

20/09/2012

Le vrai blasphème (2) ?

L’invité de la rédaction de la RTS1 ce matin était M. Malek Chebel, anthropologue des religions et philosophe. Depuis 20 ans il essaye de promouvoir un «islam des Lumières». Vaste tâche.

Ce matin il a dit et je cite de mémoire: «Quand la situation est calme, je reçois des soutiens de partout, quand il y a une crise, je me retrouve tout seul».

C’est exactement ce que j’écrivais hier soir en parlant du fait que les musulmans modérés sont la plupart du temps inaudibles. Peut-être ont-ils simplement peur du fanatisme de certains de leurs coreligionnaires, car ils savent à quelles extrémités ils peuvent aller.

En d’autres temps, peu glorieux, nos pays démocratiques ont cherché un compromis lâche avec l’Allemagne nazie avant de devoir se battre (du moins les pays qui n’avaient pas été envahis dès les premiers jours) pour ne pas sombrer dans la barbarie. Ils ont ensuite cherché une autre façon de vivre côte à côte avec l’empire soviétique tout en évitant de le provoquer.

Prenons garde de ne pas nous «finlandiser» face à cette religion.

 

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19/09/2012

Le vrai blasphème ?

Encore une fois le monde musulman s’embrase pour ce que certains jugent être un blasphème. Le blasphème, selon le dictionnaire est une «Parole ou discours qui insulte violemment la divinité, la religion et, par extension, quelqu’un ou quelque chose de respectable».

Cette attitude de haine et d’hystérie qui a mené à des morts dans le monde arabe et musulman et qui cherche à imposer ses valeurs à nos Sociétés par la dictature de l’intimidation est insupportable et inacceptable.

Comment une religion qui tolère et même parfois encourage des comportements violents, peut prétendre savoir qui blasphème contre Dieu et ses représentants terrestres réels ou auto-proclamés.

Beaucoup de catholiques ont quitté l’Eglise suite à certaines dérives qui ont trop longtemps entaché la marche de ce qui devrait être une «vénérable» Institution. Se révolter contre les scandales de pédophilie et/ou contre un lourd passé de manipulation des âmes est une attitude saine et démontre un sursaut d’intelligence et de respect de la vie.

Voit-on la même chose dans le monde musulman ?

Une religion qui traite, dans de nombreux pays, la moitié de sa population par le mépris des droits humains n’est-elle pas une religion qui pratique une forme de blasphème tous les jours ? Dieu, s’il existe, a-t-il créé la femme pour être la vassale de l’homme ?  A-t-il créé la femme pour être excisée par millions ? A-t-il créé la femme pour que son seul droit soit de rester dans sa cuisine et de ne pouvoir sortir de chez elle que déguisée en fantôme ? N’est-ce pas le blasphème suprême que de vouloir traiter la moitié de l’Humanité avec une telle violence et un tel mépris ?

Et pourtant, je n’ai jamais entendu que les musulmans modérés quittent en masse cette religion pour protester contre la violence faite aux femmes ou contre ceux, heureusement minoritaires, qui appellent à la guerre sainte et/ou pratiquent le terrorisme.

J’aimerais vraiment pouvoir prendre acte que le monde musulman, au moins sa frange modérée, s’attaque avec détermination à ces graves problèmes. Mais sa voix est encore trop souvent inaudible.

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29/02/2012

L'Occident est mal barré

Excellent éditorial (comme toujours) de M. Claude Monnier, aujourd'hui, dans la TDG. Il rappelle le danger considérable que représenterait, pour nos pays, une alliance politique, économique et militaire de la Chine et de la Russie.

Cela fait des années que je suis choqué et préoccupé par la façon méprisante dont nos pays traitent la Russie. Certes, à l'époque de l'URSS, ce pays n'était pas notre ami et nous a fait souffrir de mille et une façons. Une guerre d'une ampleur encore jamais vue a été évitée de justesse à plusieurs reprises. Mais de là à tomber dans cet aveuglement géostratégique qui nous a menés à mépriser ouvertement ce grand pays...

La Russie n'est pas (encore) un pays qui fonctionne comme nos démocraties. Et bien sûr, Poutine n'est pas un grand démocrate. Mais est-ce une raison pour traiter ce pays avec mépris ou condescendance ou ostracisme ? La Russie est un pays fier de sa grandeur, de sa puissance militaire passée, de sa vaste culture. Notre mépris ne peut que radicaliser son élite politique, économique et militaire.

Imaginez une seule seconde une telle alliance avec la Chine. Oui, cela représenterait une population de plus de 1.6 milliards d'habitants. Deux pays vastes comme l'ensemble du reste du monde (ou presque). Des matières premières quasi illimitées. Une puissance militaire qui sera bientôt terrifiante, surtout si l'on met cela en balance avec l'état économique et militaire des Etats-Unis (qui n'a plus rien à voir avec ce qu'il était avant le double mandat historiquement calamiteux sur absolument tous les plans du rejeton Bush) et la couardise et la lâcheté militaires légendaires des pays européens.

Ce pari ou ce manque de conscience politique est dangereux pour notre avenir. A vrai dire, et contrairement à ce que nous nous ingénions à faire depuis l'implosion de l'empire soviétique, nous devrions leur tendre la main, les amadouer, tisser tous les liens possibles et imaginables et pour tout dire, tendre, à terme, à faire entrer la Russie dans l'OTAN.

Face à la montée en puissance de la Chine, financée par la cupidité sans fin de nos entreprises privées, il est suicidaire de continuer d'humilier la Russie, meilleur moyen de la pousser dans les bras de la Chine.

Entre le risque d'une alliance entre la Russie et la Chine et le développement sur le flanc sud de l'Europe de pays qui risquent plus ou moins rapidement de basculer dans un radicalisme religieux et politique qui nous sera bien entendu totalement hostile, l'Occident aura à peine « réglé » le cas iranien qu'il pourrait se retrouver confronté à la plus formidable alliance militaire de tous les temps.

Espérons que nos pays vont bientôt se réveiller et regarder la Russie avec les yeux que ce grand pays mérite.

31/01/2012

C'est le juge Garzon qui se retrouve devant les Tribunaux

Le monde a un besoin immense d'hommes et de femmes courageux et non corrompus comme le juge Baltasar Garzon. S'ils étaient plus nombreux, beaucoup de crimes contre l'Humanité pourraient être dénoncés et, encore mieux, évités.

Le Franquisme fait partie des crimes qui marquent l'Histoire pour longtemps ou pour l'éternité. C'était la volonté d'empêcher par tous les moyens, y compris les plus violents et les plus répressifs, la naissance d'un Etat laïque, démocratique et socialement plus égalitaire. D'autres pays, comme le Chili, ont connu cette réaction brutale et sanguinaire car la défense de privilèges égoïstes est vue par certains comme un droit sacré.

Que n'a-t-on pas commis comme crimes au nom de ce droit auto arrogé ? Quelles que soient les latitudes, quels que soient les privilèges à défendre, quelles que soient les orientations politiques ou les motivations religieuses, il s'est presque toujours trouvé un groupe d'individus suffisamment habiles et déterminés pour empêcher le changement et conserver ses privilèges.

Le fin du fin se trouve dans nos pays au vernis démocratique mais où un minuscule cercle d'individus se comporte en dictateurs anonymes. C'est la dictature du profit et de l'argent qui fait que ce sont toujours les mêmes qui tiennent les leviers du pouvoir, de l'(in)justice, de l'éducation, de l'information et de l'argent.

S'il y avait plus d'hommes et de femmes courageux et non corrompus, y aurait-il tant et tant de mensonges et de manipulations qui pourraient continuer de mener le monde, depuis le niveau local jusqu'au niveau planétaire ?

Tous les jours on nous ment sur la qualité des aliments que nous mangeons, tous les jours on nous ment sur le prix des produits (y compris de première nécessité) que nous achetons. Tous les jours on nous ment sur les réelles motivations et intentions de celles et ceux qui font de la politique. Tous les jours on nous ment sur le fonctionnement de notre système de santé (depuis la façon dont on fait de la médecine jusqu'à la facturation des prestations). Tous les jours on nous ment sur la pseudo-égalité des chances. On nous a menti sur les raisons d'aller en Irak comme on nous a menti sur la crise des subprimes. Et on nous ment tous les jours sur les raisons de la faim dans le monde.

Le monde a un immense besoin de vérité. Le monde a un formidable besoin d'hommes et de femmes courageux et non corrompus, comme le juge Garzon, prêts à dire la vérité, là où ils se trouvent.

La vérité est une des seules armes qui pourrait changer le monde.

18/01/2012

Iran: une stratégie vouée à l'échec

Depuis quelques années maintenant, l'Iran multiplie les déclarations contradictoires: un jour ce sont les menaces, graves souvent, proférées par un dirigeant, le lendemain on joue l'apaisement par l'entremise d'un autre porte-parole.

Cette façon de souffler le chaud et le froid est typique de ces régimes totalitaires. Dans le passé, on a déjà vécu cela avec l'Irak de Saddam Hussein et avec la Corée du Nord du "cher Leader".

Actuellement, l'escalade continue, les menaces se font de plus en plus précises (fermeture du détroit d'Ormuz, 5ème flotte américaine, Monarchies arabes, etc..). Et pourtant, aujourd'hui même, l'agence Fars (on devrait plutôt, en l'occurrence, l'appeler l'agence "Farce") annonce que l'Iran va autoriser des visites de ses sites nucléaires.

Aux yeux des dirigeants d'un pays totalitaire et par beaucoup d'aspects, paranoïaques, cette surenchère belliqueuse paraît une bonne stratégie: cela est censé galvaniser le peuple et les dirigeants se renvoient, à eux-mêmes, une image flatteuse de leur pouvoir illusoire.

Dans les faits, l'Iran est en train de creuser sa propre tombe, patiemment, avec beaucoup d'application et une louable détermination. A mes yeux, l'Iran ne peut pas gagner. Quoi qu'il fasse. S'il cède à l'Occident, il perdra toute espèce de fierté nationale (au moins ses dirigeants), s'il poursuit sur sa lancée, le régime sera détruit. Inexorablement.

Existe-t-il une troisième voie qui permettrait au régime de "sauver la face" ?  L'Europe a essayé cela, me semble-t-il, en autorisant un programme nucléaire civil et en proposant à l'Iran de lui fournir le combustible. L'Iran a clairement refusé cette troisième voie car je crains que ce ne soit pas ce que recherche ce régime. Il en paiera douloureusement le prix. Et les simples citoyens iraniens qui ont déjà payé dans leur chair le prix d'une féroce répression de la part de ce régime fou, sont les malheureux otages de gouvernants aveugles et mégalomanes.

C'est terrible que nous, simples citoyens de quelque pays que ce soit, soyons périodiquement et trop souvent, durablement, des jouets entre les mains de dirigeants, politiques ou économiques, qui n'ont que faire de nos petites personnes dans leur vision égoïste et égotiste de la marche du Monde. Nous connaissons bien cela dans nos pays: nous avons connu toutes sortes de dictateurs politiques dans le passé et sommes soumis aujourd'hui aux nouveaux dictateurs, les chantres et bénéficiaires de l'économie ultra-libérale.

08/12/2011

Entre la peste et le choléra

Ce qui était à craindre (voir mon billet "Va-t-on vraiment vers la démocratie") est en train de se dérouler sous nos yeux, le printemps arabe amène au pouvoir les islamistes que les dictateurs tunisiens, égyptiens, libyens avaient tenu à l'écart.

Nos gouvernements ont cautionné, en son temps, ces dictateurs pour des raisons de real politique. Aujourd'hui, face à la révolte légitime de ces peuples opprimés et martyrisés par des régimes iniques, ces mêmes gouvernements ont retourné leur veste et soutenu la révolte de la rue. Y compris par des moyens militaires considérables dans le cas libyen.

Nous avons tous suivi ces événements dramatiques et avions tous l'espoir que ces révoltes déboucheraient sur une véritable démocratisation de ces pays. Hélas, ces pays ont répondu à une autre logique et les islamistes étant les seules formations structurées et prêtes à revendiquer le pouvoir après 20 ou 30 années de dictature ont connu les succès électoraux que l'on connaît. Et ces mouvements islamistes, souvent avec l'argent saoudien toujours prêt à encourager le développement d'un Islam conquérant et militant, ont su tisser un filet social nécessaire face à des régimes fondamentalement producteurs d'injustices.

Un des derniers dictateurs encore en place se trouve en Syrie et là aussi, nous savons que la rue réclame sa démission en appelant à la démocratie. Mais il y a fort à parier que si le gouvernement de Bachar el-Assad devait tomber, il serait remplacé par des islamistes comme dans tous les autres pays arabes récemment «libérés». Et, poursuivant sur leur lancée «vertueuse», nos gouvernements font pression sur le régime syrien pour le pousser vers la porte. Israël et l'Europe, le monde même, se trouveraient alors confrontés à une toute nouvelle réalité, remplie d'incertitudes.

Mais force est de reconnaître que le soutien de nos Etats à des dictateurs créant des Sociétés socialement fondamentalement injustes et l'intransigeance politique extrême d'Israël ont fait le lit des Islamistes.

Le remplacement des dictateurs politiques par des dictateurs religieux est évidemment une perspective cauchemardesque pour nos démocraties et pour Israël. Et seul l'avenir nous dira si ce cauchemar deviendra réalité.