21/12/2013

M. Poutine doit bien s’amuser

Depuis de trop nombreuses années, je me suis plusieurs fois exprimé sur ce point dans ce blog, l’Occident aime donner des leçons au(x) leader(s) de la Russie. Las, celles-ci ne tombent pas seulement systématiquement à plat. Elles ne font que renforcer l’orgueil de la Russie et de ses dirigeants.

Parmi les dernières péripéties, la Syrie a été l’occasion d’une magnifique leçon de diplomatie de la part de la Russie. Les Occidentaux qui jouaient les va-t’en-guerre, notamment par la bouche bien peu avisée de John Kerry, ont dû avaler les couleuvres préparées par le maître du Kremlin. Quant à L’Ukraine, elle a été un nouveau succès considérable pour la Russie qui a signé avec ce pays un accord au nez et à la barbe de l’Europe.

L’UE adore adopter la posture du continent berceau de la civilisation. Mais quand il s’agit d’aider ses voisins, chaque pays composant cette entité a d’autres priorités. L’Ukraine, au gouvernement corrompu et aux finances plus que chancelantes, avait le choix entre s’allier à une Europe donneuse de bons conseils mais aux mains vides et la Russie prête à mettre du beurre dans les épinards.

 

Nous partageons tout avec la Russie et les Russes depuis des siècles. Nous vivons sur le même continent, avons la même culture (les grands auteurs ou compositeurs russes nous sont aussi familiers que les Victor Hugo, Goethe, Mozart ou Beethoven) et la moindre des choses serait d’avoir des intérêts stratégiques communs.

Hélas, cent fois hélas, nos dirigeants continuent cette course en avant aveugle qui repousse la Russie toujours plus loin. Les derniers développements liés aux prochains Jeux de Sotchi vont encore aggraver les choses. Plusieurs dirigeants occidentaux vont boycotter la cérémonie d’ouverture comme au bon vieux temps de l’Union soviétique. Quant à M. Obama il a, en plus, décidé d’envoyer une représentante connue pour son militantisme en faveur de la cause homosexuelle et lesbienne pour, croit-il, favoriser l’expression de la démocratie dans ce pays. Je trouve cette décision profondément déplacée et relève d’une approche immature de la politique. Elle n’est, en fait, qu’une nouvelle étape dans la longue histoire d’incompréhension de l’Occident vis-à-vis de notre voisin. Depuis la chute de l’URSS, nos dirigeants ont été arrogants, méprisants, paternalistes, agressifs, sourds vis-à-vis de la Russie et de ses dirigeants.

Et pourtant, un continent dont un large pourcentage de la jeunesse est au chômage (60% en Grèce, 50% en Espagne) peut-il donner des leçons de démocratie ? Un continent dont les dirigeants, à tous les échelons du pouvoir légifèrent systématiquement au profit des lobbies les plus puissants et au détriment des peuples composant cette Union est-il habilité à donner des leçons de démocratie ?

Aujourd’hui M. Poutine est un acteur habile et intelligent sur la scène diplomatique mondiale. Il doit bien s’amuser à prendre sa revanche sur nos dirigeants incapables de changer de grille de lecture.

29/11/2013

Etats-Unis: un pays fatigué ?

Le récent accord sur le nucléaire iranien est peut-être un bon début d'accord permettant, à terme, de ramener l'Iran à de meilleures intentions mais je me demande surtout si ce n'est pas le signe de la grande fatigue des Etats-Unis.

Ce pays a été sur tous les fronts et de toutes les guerres du 20ème et du 21ème siècle naissant. Génération après génération, des millions d'hommes sont partis se battre contre la peste nazie, le communisme triomphant ou l'islamisme radical. Ils sont revenus blessés, drogués, handicapés physiques ou mentaux à vie, ou dans des cercueils. Cela a pesé sur ce pays de devoir faire un effort de guerre inouï et quasiment sans partage, puisque l'Europe, à l'exception notable de la Grande-Bretagne et épisodiquement de la France, s'est surtout distinguée par sa frilosité, voire sa lâcheté.

Les guerres mal motivées et mal conduites, mais aux coûts financier et humain exorbitant, en Afghanistan et en Irak, conjuguées à l'appauvrissement du pays dû à la mondialisation, aux iniques cadeaux fiscaux faits aux ultra-riches par W et à la crise économique (que des cadeaux de la droite républicaine) ont mis ce pays à genoux. Le Président Obama l'a bien compris et c'est pourquoi il rechigne à engager son pays dans de nouvelles aventures hasardeuses en Syrie et en Iran.

Certes, ce pays peut encore faire mal  (La Suisse en sait quelque chose et l'Iran aurait tort de se réjouir trop vite et d'oublier de respecter ses engagements), mais il est au minimum durablement affaibli.

Seul l'avenir nous dira s'il rejoindra d'autres empires dans leur déchéance.

28/11/2013

Berlusconi: une dernière pantalonnade ?

La carrière politique du personnage politique le plus surréaliste de l'histoire touche enfin à sa fin. Cela fait tellement d'années que nous devons supporter ses pitreries, sa vulgarité, ses propos machistes, ses turpitudes sexuelles, ses scandales financiers et ses jeux politiques au service exclusif de son empire personnel que l'on se demandait si cela arriverait un jour.

Il aura eu beau dénoncer les attaques politiques de magistrats soi-disant véreux (vraiment la charité qui se fout de l'hôpital) et politiquement motivés (car "de gauche"), il aura fini par tomber en perdant son immunité. C'est peut-être enfin la porte ouverte à la résolution des autres casseroles qu'il traîne depuis tant d'années et contre lesquelles il a réussi à se protéger en s'engageant en politique.

Il aura également été celui qui aura le plus perverti le langage de la politique. Hier encore, au moment de sa destitution, ce sinistre plaisantin de la politique aura osé proférer que sa destitution représente: "une défaite de la démocratie". On savait la démocratie malmenée et en danger, mais pas à ce point.

Saura-t-on un jour combien de turpitudes, pas seulement politiques, se cachent derrière ce masque figé ? Comprendra-t-on un jour comment un peuple qui a été le berceau de la Renaissance a pu se faire abuser par un homme qui a institutionnalisé l'abrutissement des masses à son seul profit politique et économique ?

11/11/2013

11 novembre: qu'avons-nous appris ?

En cette journée du 11 novembre commémorant la fin de la 1ère guerre mondiale, je me demande ce que cela représente encore aujourd’hui.

Certes nous repensons avec émotion aux malheurs générés et cherchons à comprendre ce qui a poussé les Nations et les peuples à se jeter les uns contre les autres. Alors loin de moi l’idée de minimiser les souffrances et les horreurs vécues par les hommes et les femmes de ce temps-là mais malgré la répétition annuelle de ce devoir de mémoire, qu’avons-nous appris collectivement ?

Avons-nous appris la justice sociale ?

Avons-nous appris à lutter contre les ferments de la guerre ?

La réponse à ces deux questions est non ! Certes, nous avons créé des institutions pour éviter les dérives abominables qui ont été le moteur de la deuxième guerre mondiale. Mais nous n’avons pas su et encore moins voulu lutter contre les profonds déséquilibres sociaux vécus sur toute la surface de notre Planète.

Aujourd’hui, après la parenthèse miraculeusement obtenue (en Occident) sous la pression et les menaces du communisme mondial et des forces du Pacte de Varsovie, nous vivons à nouveau dans une Société en guerre :

  • Une guerre civile déguisée des ultra-riches contre la classe moyenne et les pauvres
  • Une guerre des nations riches contre les nations pauvres
  • Une guerre des grands Etats contre les petits.

Nous n’avons visiblement rien appris et si toutes ces commémorations font de très jolies cérémonies et servent à refaire, l’espace de quelques heures, une certaine unité nationale, cela ne contribue en rien à modifier l’égoïsme atavique et pathologique de quelques-uns contre le plus grand nombre. Et c’est là que se trouvent les véritables ferments de la guerre.

Aujourd’hui des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes à travers le monde sont réduits CHAQUE JOUR à l’esclavage ou meurent de faim et/ou de maladies liées à la malnutrition.

Même en Occident, tous les jours des familles sont jetées à la rue car elles ne peuvent plus assumer leurs charges qui augmentent chaque jour. Tout cela ne profite qu’aux ultra-riches qui sont de plus en plus riches (par le principe des vases communicants et grâce à l'exercice du pouvoir à leurs seuls profits) et de plus en plus déphasés avec la réalité du plus grand nombre.

Ces commémorations me laissent un goût amer quand je pense avec quelle insouciance nous passons les morts des guerres économiques actuelles (et passées) par pertes et profits.

23/10/2013

Faut-il désespérer de la démocratie (2) ?

Dans un premier billet sur ce sujet (voir "Faut-il désespérer de la démocratie ?"), je montrais le danger, mortel à mon sens, qui guette nos démocraties, empêtrées qu’elles sont dans un dilemme cornélien puisqu’elles doivent choisir entre le respect des droits de l’homme et les dérives liées à une perte inquiétante de boussole pour guider l’action publique. 

L’affaire Leonarda comme il faut bien l’appeler a, depuis mon premier billet, déployé tous ses effets délétères en France. On a vu un ministre rentrer en urgence d’un voyage officiel. L’opposition mettre de l’huile sur le feu. Des lycéens dans la rue réclamant des mesures pour modifier une situation à laquelle ils ne comprennent rien. Un président se ridiculiser en proposant une absurdité. C’est grave et c’est pathétique à la fois. Comment une gamine de 15 ans, menteuse et arrogante (au vu de certaines de ses déclarations) et un père manipulateur peuvent-ils faire vaciller les institutions d’un Etat jusqu’à son sommet ? 

Nos pays ont passé en une génération, d’une vision patriarcale du Monde à une vision post-soixante-huitarde. Nous avons perdu nos repères car nous avons confondu (abus de) pouvoir et autorité. Non, personne ne souhaite retourner à une époque où l’homme (au niveau de la Société) et le père (au niveau de la cellule familiale) avaient tout pouvoir. Il est bon que ces abus aient été remis en question et que tous les membres de la Société et de la famille aient eu accès à l’information, à l’autonomie, à la liberté d’action et d’expression. Mais comme souvent dans une révolution le balancier est allé trop loin dans la direction opposée et aujourd’hui plus personne n’ose exercer l’autorité sous peine d’être vu comme un fasciste en puissance. 

Cette vision est pernicieuse car elle prive nos Sociétés de l’exercice éclairé de l’autorité dont elles ont un urgent besoin. Gouverner c’est prévoir dit-on. Mais c’est également prendre des décisions. Et c’est là que nous sommes devenus faibles. Plus personne n’ose se profiler et prendre des décisions qui pourraient sembler impopulaires, même si elles sont indispensables. Et nous préférons continuer dans un consensus mou avec une autorité de plus en plus affaiblie et des promesses rarement tenues. 

L’autre exemple que je prenais était les systèmes pénitentiaire et judiciaire en Suisse. Là aussi la remise en question sera longue et douloureuse face à la démission de nos autorités à tous les échelons de décision comme on l’a vu dans la tragique affaire Adeline. 

Dans les deux cas, nous avons peut-être en place des personnes qualifiées pour le poste qu’elles occupent, mais qualification ne veut pas dire compétence et encore moins courage. Et des personnes qui n’osent ou ne savent pas exercer l’autorité inhérente à leur fonction doivent avoir le courage de démissionner ou être démissionnées. 

Et puis il y a un autre acteur qui joue un rôle trop souvent pernicieux dans ces débats de Société : l’Eglise. Nos Eglises chrétiennes qui systématiquement veulent tendre l’autre joue et trop souvent n’ont retenu du message du Christ que celui de la charité envers le prochain : « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites » (Evangile de Matthieu). Et toute l’Eglise de croire qu’il faut « singer » le Christ pour voir très égoïstement s’entrouvrir les portes du Ciel. Mais un singe à qui on a appris à jouer du saxophone n’est pas un musicien pour autant. 

Et nos Eglises oublient un autre message du Christ au moins aussi important. Il était un guerrier, un combattant. Lorsqu’il a chassé les marchands du Temple, c’était à coups de triques et pas avec des génuflexions. L’Amour peut prendre des apparences dures, voire violentes, lorsque les circonstances l’exigent. Il a dit également « Je suis venu séparer le bon grain de l’ivraie » (Evangile de Matthieu). Et plus loin, également dans le même Evangile (10.34.35 et 36): « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. ».

Cet aspect du Christ est quasiment systématiquement occulté dans le message de l’Eglise, au moins sur la place publique, car personne ne le comprend ou personne n’ose assumer ce qu’il représente. 

Ce qu’il nous dit en substance et qui devrait être appliqué au fonctionnement de nos Sociétés, c’est que contrairement à ce que l’on veut croire de nos jours, tout n’est pas égal à tout. Que gouverner c’est trancher. Que nous n’avons tout simplement pas le droit de continuer de faire n’importe quoi comme nous le faisons de plus en plus. Qu’il faut exercer sa Conscience la plus élevée afin de déterminer les règles de fonctionnement de nos Sociétés. Que le Pouvoir reposait sur un accaparement inique de la force mais que l’Autorité s’exerce sur les prémisses de la plus haute Conscience à laquelle une Société puisse parvenir. Et que cette Conscience est très éloignée aussi bien de la mièvrerie pathétique à laquelle nous assistons que de la soumission aux seules forces de l’argent-roi.

18/10/2013

Faut-il désespérer de la démocratie ?

Tout le monde s’accorde pour dire que la vie politique de nos démocraties est de plus en plus polarisée. On vient d’en voir un exemple édifiant aux Etats-Unis où la branche des extrémistes du Parti républicain a failli faire sombrer le pays dans le chaos (et le reste du monde avec) au seul motif de la haine qu’ils portent aux pauvres (refus d'une assurance maladie pour 40 millions d'américains pauvres) et à leur refus de toute augmentation d’impôts à l’égard des plus riches d’entre les riches.

Nous vivons cet antagonisme dans tous nos pays et sur tous les sujets, au point que nous ne parvenons quasiment plus à prendre de décisions.

Parmi les autres débats où la polarisation est extrême on trouve bien sûr celui de l’immigration et celui de la sécurité. Qui vont de pair dans l’esprit de nombreuses personnes. Là aussi les camps semblent irréconciliables : d’un côté nous avons ceux qui brandissent des idées chocs, simples voire simplistes et qui ne seront probablement pour la plupart jamais mises à l’épreuve de la réalité. Et de l’autre nous avons les idées prônées par ceux qui se considèrent comme porteurs de hautes valeurs morales, héritiers du siècle des Lumières ou de la Révolution française et qui aiment tant manier les idées alambiquées qu’ils en arrivent à ne plus savoir ce qu’ils souhaitent vraiment et sont en tous les cas incapables de prendre une décision.

Et les années passent dans ce face à face stérile alors que les peuples souffrent et souhaitent des décisions hardies, aptes à les rassurer. Et tous les jours apportent de nouveaux exemples de ce face à face stérile, de ces joutes verbales entre sourds, de ces anathèmes jetés à la face des uns ou des autres.

Ce qui s’est passé à Lampedusa est tragique. Personne ne pourra dire le contraire. Et nous avons assisté à toutes les gesticulations habituelles de nos politiques. On se fend de communiqués la main sur le cœur, on convoque un sommet européen, on dit « plus jamais ça » et puis… Personne en Europe n’a les idées, les structures   et encore moins les moyens de mettre un terme à cette tragédie chaque jour renouvelée. Les injustices et les inégalités sont si colossales à la surface de cette planète que les migrations sont un fait, une réalité qui dure depuis longtemps et qui est appelée à durer encore très longtemps. Et il faudra plus que des belles paroles pour changer le cours de l’histoire. En face, nous avons ceux qui souhaitent ériger des murs pour protéger l’Europe d’une invasion de ce qu’ils considèrent comme des peuples n’ayant pas leur place en Europe. Ils n’ont pas plus de moyens de parvenir à leurs fins que les premiers cités. Nos Sociétés ont érigé des systèmes qui sont censés protéger nos démocraties des dérives abominables connues dans les années 30.

L’affaire de cette Kosovare renvoyée de France avec sa famille a attiré l’attention des médias. Tous les défenseurs des droits de l’homme sont montés au front, y compris à l’intérieur du gouvernement dont le ministre de l’Intérieur a soutenu cette expulsion. Après la première émotion (on ne devrait pas faire de politique sur le coup de l'émotion) passée, on apprend que le père a menti aux autorités françaises sur les origines de sa famille, qu’il a volé, que depuis plus de 4 ans qu’ils sont en France ils n’ont pas travaillé un seul jour mais vécu de l’aide sociale. Arrivés au Kosovo, la jeune fille interrogée par Radio France a menti également (mais n’est-elle pas à bonne école) en prétendant qu’ils dormaient sur des bancs alors qu’un appartement avait été mis à leur disposition par les Autorités locales. Cela me rappelle cette famille en Suisse, les D, dont on apprenait en 2004 que le père et la mère, en Suisse depuis respectivement 10 et 12 ans, n’avaient pas travaillé un seul jour et avaient touché 420'000 CHF d’aides sociales diverses.

Les dérives dans les systèmes pénitentiaire et judiciaire en Suisse ont largement défrayé la chronique et là aussi la vérité semble plus trouble que ce que les uns et les autres prétendent. Là aussi le débat est bloqué. Et pourtant il est urgent d’agir. Des décisions courageuses doivent être prises pour qu’un drame comme celui d’Adeline ne puisse plus se produire.

Mais que dire et que penser d’une Société qui tolère de tels abus ? Que penser d’une Société où il vaut mieux être réfugié que chômeur, même après une longue vie professionnelle ? Que penser d’une Société où il vaut mieux être un criminel plus ou moins en puissance (voire même multi-récidiviste), sur qui la Société va déverser tous ses bienfaits (appartement gratuit, allocation mensuelle permettant de ne pas travailler, coach particulier, cours de ceci ou cela, payés par le contribuable, etc..) que d’être un/une retraité(e) ayant travaillé honnêtement toute sa vie mais n’ayant bénéficié que d’un petit salaire (combien de retraités suisses touchent plus de 20'000 CHF par mois de la part de l’Etat comme le malheureusement fameux Carlos à Zürich ?).

L’incapacité des uns à prendre des décisions basées sur la justice sociale et le bon sens, crée des tensions de plus en plus insupportables dans nos Sociétés. Ces situations vues comme injustes par tous ceux qui sont broyés par un système économique aveugle et brutal encouragent l’illusion de recourir aux idées simples pour les résoudre et font le lit des « populistes » de tous poils.

Alors faut-il désespérer de la démocratie ? Oui, si nous continuons ainsi. Si nos classes politiques continuent ce dialogue de sourds, continuent de refuser de prendre des décisions courageuses en se perdant dans les méandres de la dialectique stérile et de la rhétorique gratuite, l’œil rivé aux sondages d’opinion, alors nous pouvons craindre le pire. A force de ce qu'il faut bien appeler lâcheté, ils apporteront le pouvoir sur un plateau d’argent à ceux qu’ils dénoncent.    

Dieu, ou notre supposée "supériorité morale", nous préservent de devoir revivre cela en Europe !

21/09/2013

Big Brother ? Nous y courons en chantant

Si l’on demandait à chacun d’entre nous ce que nous pensons de la vie exposée dans la fiction de Georges Orwell (« 1984 »), nous nous écrierions tous que c’est l’horreur suprême.

Aujourd’hui, les nouvelles technologies permettent d’accomplir ce que Georges Orwell n’avait pu imaginer : savoir à tout instant où se trouve n’importe qui, ce qui nous intéresse, les sites internet auxquels nous nous connectons, le contenu de nos e-mails, sms, conversations. Ce que nous achetons. Demain, les médicaments contiendront des micro-chips qui rapporteront à notre médecin (et à l’industrie pharmaceutique qui les fabrique) si nous avons effectivement pris les médicaments prescrits et même ce que nous avons mangé en même temps en analysant le contenu de nos intestins. Sans doute aurons-nous même des puces implantées à la naissance qui renseigneront qui de droit (!) sur notre état de santé physiologique, émotionnel, psychique en permanence. Si l’on ajoute à cela les caméras de surveillance qui sont de plus en plus omniprésentes on arrive à une situation qui devrait en préoccuper plus d’un. Il ne nous manque plus que le contrôle de nos consciences.

Et je n’ai évidemment aucune idée de ce que l’industrie inventera dans les décennies à venir. Mais il est à prévoir que cela sera un développement qui nous apportera de plus en plus de « liberté » de connexion et de plus en plus de risques à nos libertés individuelles. Y compris le contrôle de nos consciences. Que ce soit par la délivrance automatisée de médicaments ou par une manipulation de plus en plus sophistiquée  de l'information. 

Ce qu’il y a de très pervers dans tout cela et qui nous rend aveugles est qu’il y a des bénéfices : nous pouvons effectivement être connectés 24/24 avec tous ceux et celles qui nous sont proches, avec les sites qui nous plaisent. Nous pouvons payer toutes sortes de prestations avec nos téléphones portables qui remplaceront demain les innombrables cartes de crédit/débit qui encombrent nos poches. Les « bénéfices » dans notre vie de tous les jours sont nombreux et c’est ce qui nous rend aveugles, pour le plus grand bénéfice des entreprises de télécommunication et de tous ceux qui ont et auront à cœur de contrôler nos âmes et nos esprits.

Pas besoin d’avoir fait de grandes études pour pouvoir imaginer ce que des pouvoirs totalitaires pourront faire de toutes ces informations. Et l’émergence d’un pouvoir totalitaire n’est peut-être pas aussi éloignée de nous que cela en a l’air. Les 8 années de pouvoir sous Georges W Bush ont montré qu’il y a des forces aux Etats-Unis qui sont clairement prises du vertige totalitaire. Et même le démocrate Obama n’a pas pu/voulu annuler toutes les Lois (Patriot Act) votées sous W qui portent en elles les stigmates d’un totalitarisme plus ou moins rampant, plus ou moins assumé.

La guerre en Irak a été acceptée par la majorité des américains suite à la manipulation de Colin Powell devant l'assemblée des Nations-Unies et par l'histoire, fabriquée de toute pièce, des "couveuses au Koweït", histoire racontée devant une commission du Congrès des Etats-Unis par une jeune irakienne (qui manipulait qui ? ) pour favoriser l'entrée en guerre des forces occidentales.     

Le monde de Georges Orwell est une horreur absolue. Nous y courons en chantant !

04/09/2013

Les Etats-Unis : un Etat voyou ?

Le gouvernement démocrate cherche à obtenir le soutien du Congrès pour bombarder la Syrie comme il l’avait fait en Libye. Suivant en cela le gouvernement républicain de W qui avait occupé et bombardé l’Afghanistan et l’Irak. Résultat de cette politique de la canonnière ? Ces pays font face à une guerre civile en bonne et due forme et les forces terroristes sont plus fortes que jamais. Tout porte à croire que si les bombardements sur les moyens militaires du gouvernement Assad l’affaiblissent suffisamment, nous pourrions très bientôt avoir un gouvernement abritant des terroristes à Damas.

Ce sera un brillant résultat que partout où les Etats-Unis auront appliqué cette politique, ils auront labouré le terrain au profit des terroristes. Leurs pires ennemis. Au lieu de créer un  cercle vertueux, comme le prétendait l’administration Bush, devant amener la démocratie au Proche et au Moyen-Orient, ils auront créé un chaos favorable à l’émergence de diverses formes de terrorisme. 

Dans un autre domaine, pas une semaine ne se passe sans que de nouvelles révélations soient faites sur les écoutes illégales orchestrées par les agences de renseignement US sur le reste du Monde, y compris des pays et gouvernements amis et alliés. 

Et que dire du chantage exercé par ce pays sur la Suisse ? Dans une opacité totale, le Parlement est appelé à accepter un nouveau projet de Loi, quasi aussi opaque que le précédent, imposé de manière unilatérale par les Etats-Unis, sans respect aucun pour le processus législatif de notre pays. Ce projet de Loi revient à ce que le plus grand de la classe plaque au sol le plus petit en lui faisant une clé dans le dos et en exigeant son goûter, son téléphone portable et tout le reste. C’est du chantage digne d’une dictature. 

Comment appeler un Etat qui profite de sa force pour tyranniser le reste du Monde ?

C’est une grande déception de voir que le brillant candidat démocrate qui a fait rêver tant de gens à la surface de la planète s’est révélé bien faible et bien incapable de changer la direction de la politique de son pays. Certes il a un Congrès qui lui est hostile et qui fera tout ce qui est en son pouvoir pour l’empêcher d’obtenir quelque succès que ce soit. En général on appelle « lame duck » le président durant les 2 dernières années de son second mandat. Obama aura été un lame duck depuis le premier jour de son premier mandat et particulièrement depuis qu’il a perdu la majorité au Congrès à mi-mandat. Depuis, il montre tous les jours son indécision et son incapacité à faire avancer ses projets de Loi. Son seul et plus grand mérite aura finalement été d’empêcher les fous furieux républicains d’avoir 8 années de plus au pouvoir. 

Mais il n’aura pas empêché les Etats-Unis de continuer d’être un Etat voyou qui tyrannise les autres pays avec ses menaces, sa surveillance pathologique et ses Lois unilatérales et imposées au reste du Monde.

28/08/2013

Intervention en Syrie : le scénario risque de se répéter

Une fois encore l'Occident se trouver piégé dans une région où la dynamique des alliances et des contre-alliances défie toutes les lois de la logique et de la rationalité.

A chaque fois que l'Occident est intervenu en terre musulmane (Afghanistan, Irak, Libye, etc..), il a sans doute renversé une tyrannie mais a eu en définitive pour effet d'en renforcer une autre. Intervenir dans ces terres en convulsion permanente, c'est perdre à coup sûr, car la dynamique des forces joue forcément, à terme, contre nos intérêts. 

Nous intervenons à cause de principes moraux basés sur notre vision du bien et du mal, avec notre vision de nos intérêts stratégiques, avec notre vision de nos intérêts énergétiques et celle du Monde dans un temps donné. Le problème est que notre vision ne cadre en rien avec les intérêts, les buts, le temps dans lequel évoluent ces peuples. 

Nous intervenons avec une approche "pasteurienne" du monde en croyant qu'avec un peu d'asepsie on va pouvoir remettre le patient sur pieds en ayant "nettoyé" l'origine de sa fièvre. La réalité sur le terrain nous donne régulièrement tort car le "patient" en question n'a que faire de nos remèdes tout à la poursuite qu'il est d'intérêts si particuliers, si divergents, si confus et antagonistes que nous ne les comprenons plus. Les conflits récurrents qui agitent ces régions avec une rare violence, proviennent de forces souterraines et occultes (qui finance qui) qui elles aussi dépassent notre logique.

Je crois qu'il serait plus sage pour nous autres Occidentaux de pratiquer enfin autrement:

  • S'engager enfin et résolument dans l'après-pétrole provenant de ces régions (l'argent du pétrole est ce qui donne le pouvoir à ces peuples de s'entredéchirer et d'avoir une importance stratégique absurdement disproportionnée par rapport à leur contribution politique, économique, intellectuelle et culturelle sur la marche du Monde)
  • Pratiquer une politique de "confinement", en laissant ces peuples régler leurs problèmes entre eux (laissons par exemple faire le pouvoir égyptien dans sa lutte contre le terrorisme islamiste au lieu de lui faire des leçons de morale) mais en prenant toute mesure nécessaire afin que ces conflits internes ne débordent pas sur les régions voisines
  • Cesser de céder au vertige en continuant de croire que nous pouvons régler les problèmes de ces régions à coup de bombardements. C'est une illusion funeste et un ouvrage à remettre sans cesse sur le métier
  • Gardons nos forces militaires intactes pour les vrais conflits à venir. Conflits qui ne manqueront pas, soyons-en malheureusement assurés. Le prochain étant sans doute d'éviter l'Iran d'acquérir la bombe atomique. Tant que ces peuples s'entredéchirent avec des armes conventionnelles, nous pouvons pratiquer cette politique de confinement. Le passage à l'arme nucléaire serait évidemment une rupture inacceptable de ladite politique.
     

Cela fait plusieurs décennies que nous pratiquons une politique interventionniste qui a prouvé être un échec total. Il est temps d’essayer autre chose.

15/08/2013

Où va l’Egypte ?

Depuis le renversement du Président islamiste, le camp des "pro-Morsi" essaye de se montrer sous un jour avantageux vis-à-vis de l'opinion publique internationale, des gouvernements étrangers, des instances internationales. A longueur de témoignages, ils cherchent à faire accroire l'idée qu'ils sont des pacifistes (ce qui est absolument faux), que M. Morsi a été élu démocratiquement (ce qui est vrai bien évidemment), que son renversement est un Coup d'état (ce qui est vrai également, n'ayons pas peur des mots) et qu'ils ne cesseront leurs occupations que le jour où il sera réinstitué (ce qui est une perspective sans espoir aucun).

Les Frères musulmans sont arrivés au pouvoir de la façon la plus sournoise et la plus dangereuse qui soit pour la démocratie. Ils ont profité d'un régime dictatorial et récompensant ses affidés pour tisser leur toile en s'occupant des plus démunis, avec l'argent de certaines monarchies pétrolières. Cela leur a permis de s'enrichir, d'islamiser ou de réislamiser des pans entiers de la société, de se structurer en vue de la prise du pouvoir, y compris par des voies soi-disant démocratiques. Je dis soi-disant, car où est la démocratie lorsque l'on achète les voix de millions d'électeurs démunis de tout, avec de l'argent venu d'ailleurs ?

Une fois au pouvoir, ils ne se sont occupés que de leur agenda basé sur le triomphe de leur religion sous sa forme la plus archaïque au lieu de tenter de gouverner le pays au bénéfice du plus grand nombre. En faisant cela, ils se sont rapidement aliéné des pans entiers de la société égyptienne. Des millions de gens excédés sont descendus dans la rue pour demander la chute de ce régime archaïque et incompétent. La suite on la connaît.

La propagande des pro-Morsi à l'encontre des médias et des gouvernements étrangers semble avoir assez bien fonctionné si l'on en croit les réactions venant de Washington et des capitales européennes. Un grand embarras  venant d'un pays, les Etats-Unis, qui comme d'habitude aime distiller des conseils gratuits au reste du monde. Oubliant totalement la brutalité de ses propres forces de police lorsqu'il s'est agi de nettoyer les campements des tenants (inoffensifs) de "Occupy Wall Street" dans la nuit du 14-15 octobre 2011. Ou de la Garde nationale pendant les émeutes de Los Angeles en 1992. A cette occasion, le Président Bush (père) a déclaré entre autres qu'il « utiliserait toute force nécessaire ».

Alors y avait-il une autre solution que la dissolution des campements par la force ? Je ne le crois pas malheureusement. Face à des éléments fanatiques, habités par des certitudes aveugles il est impossible de négocier. On ne négocie pas avec les représentants auto-proclamés de Dieu himself, n'est-ce pas.

Où va l'Egypte ? Espérons qu'elle ne va pas vers la guerre civile, mais le nombre d'églises coptes incendiées suite au démantèlement des campements des pro-Morsi, et dont on parle trop peu dans les médias occidentaux, fait craindre le pire. Ni vers un scénario "à la Syrienne". L'avenir seul se chargera de nous apporter les réponses.

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04/07/2013

L'UE: encore et toujours un conglomérat de couards

La "grande" Europe, celle qui fait payer sa défense par les Etats-Unis et qui essaye de nous tordre le bras dans tous les sens pour essayer de détourner une part de l'insolente prospérité helvétique à son profit, vient une fois de plus de démontrer son absence de courage politique.

Le jour où M. Snowden a dit tout haut ce que tout le monde savait déjà depuis 2004 au moins, on a entendu de partout des clameurs menaçant les Etats-Unis de représailles diverses et variées et notamment de suspendre les pourparlers sur les accords de libre-échange. Il aura fallu moins d'une semaine pour que les Européens oublient tout et reviennent à de meilleurs sentiments.

Et hier, la France qui aime tant nous donner des coups de bâton du haut de sa grandeur et de son rang de membre du couple moteur de l'Europe  (mais pour aller où ?), a battu un record du monde de vitesse dans le baisser de culotte vis-à-vis de ces mêmes Etats-Unis. Le grand pays souverain a fermé son espace aérien à l'avion présidentiel du président bolivien au motif que M. Snowden pourrait être à bord. Tout cela pour que le Ministre des affaires étrangères s'excuse platement à la fin de la journée.

La France a toujours eu une diplomatie marquée par sa lâcheté. Il suffit de repenser à ce qui s'est passé à l'époque du premier choc pétrolier provoqué par la guerre du Kippour, lorsque la Hollande avait pris fermement le parti d'Israël alors que la France allait faire des courbettes à toutes les monarchies pétrolières pour garantir ses approvisionnements. Et ne remontons pas plus loin pour ne pas ranimer de tristes souvenirs.

Il en va dans le monde comme dans la cour de récréation de toutes les écoles du monde: le plus grand tape sur celui qui est moins fort que lui et celui-ci cherche à se venger sur un plus faible que lui et ainsi de suite.

La Suisse a le "privilège" d'être à la fois un des plus petits états de la planète et un de ceux qui détient le plus de génie industriel et financier. Des groupes comme Nestlé, ABB, Novartis, Roche, UBS, Crédit suisse, etc…  sont des géants à la taille planétaire que même des états comme les Etats-Unis peuvent nous envier. Le fait que nous soyons un nain politique, démographique et militaire nous rend la tâche difficile en ces temps excessivement troublés.

Et il semble que personne, en Suisse, ne sache encore comment utiliser nos forces pour masquer nos faiblesses. Ce ne sera en tous les cas pas en rejoignant un club de couards.

11/06/2013

Turquie: Le bras de fer continue

Depuis le début de la crise que traverse le pays (voir également la note "Turquie: vers un espoir de changement"), crise qui comme chacun le sait va au-delà du réaménagement de la Place Taksim, le premier ministre réagit en sultan outragé dont une bande de galeux a l'outrecuidance de défier l'autorité.

Ses réactions sont quasi pathétiques et son discours empli de "moi je" et de la liste de tout ce qui lui appartient dans ce pays ("mon pouvoir", "mon maire", "mon gouverneur"…). Ses menaces répétées devant des foules de supporter ne sont rien d'autre que des appels à la violence, à la haine, au meurtre (qui sait à quelles extrémités une foule dont la haine a été attisée peut se laisser aller), en un mot un appel à la guerre civile. C'est tout simplement ahurissant d'inconscience et d'irresponsabilité. Comme si cet homme et ses partisans fanatiques voulaient en finir une bonne fois avec tous ceux qui osent résister à l'islamisation de ce pays. Qu'un chef de gouvernement d'un pays qui se prétend démocratique appelle ses partisans à la guerre civile révèle son vrai visage.  

Il avait préféré, jusqu’à présent, une habile tactique pour mener à bien les changements menant à une Société dont la religion devait être le nouveau fondement. Au fil du temps, le pouvoir était devenu de plus en plus intransigeant et n'hésitait pas à intimider ses opposants. Aujourd'hui la rue a forcé M. Erdogan à révéler sa vraie nature. Si un bain de sang devait être le prochain dénouement de cette contestation, la responsabilité écrasante de ce grand malheur en reviendrait entièrement à cet homme dur, intransigeant et déterminé à mener ses réformes jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix.

M. Erdogan, vous ne faites plus illusion, votre masque de soi-disant démocrate est tombé.

03/06/2013

Turquie: vers un espoir de changement ?

Hasard  de la vie, c'est quasiment avec un billet sur la Turquie, publié le 13 septembre 2010 (voir "Les limites de l'intégration de la Turquie en Europe") que j'avais entamé ce blog (c'était la deuxième note). Dans ce billet, j'insistais sur l'importance du choix à faire par ce pays entre une société clairement et irrévocablement séculière, apte à entrer dans l'Europe et une Turquie aspirée par l'islamisation méthodique et déterminée de la société et devenant un piège potentiellement mortel pour cette même Europe.

Depuis, derrière quelques actions pour continuer de rendre la Turquie euro-compatible, l'islamisation de la Turquie n'a fait que s'accentuer. Tout le monde est touché: l'armée a été décapitée (elle était ressentie comme une menace potentielle par le pouvoir en place), la Justice a subi le même sort que l'armée, les médias et des intellectuels sont soumis à l'autoritarisme et à l'intimidation.

Or nous assistons depuis quelques jours à de très intéressants développements. Il y a donc bien une jeunesse dans ce pays (et pas seulement à Istanbul), sécularisée, moderne, rejetant les tentatives du pouvoir de remettre en question tout ce que ce pays avait d'original dans le monde musulman. Ces manifestations dont l'ampleur et l'étendue ont surpris un pouvoir de plus en plus autoritaire, sont durement réprimées.

Ce pays est peut-être à un tournant dans ce difficile exercice d'équilibrisme. Fera-t-il enfin un choix entre le passéisme obscurantiste malheureusement plébiscité dans les urnes, et un futur laïque, moderne et civilisé imposé par la force de la rue, où la religion sera à sa juste place, c'est-à-dire une affaire de conscience entre soi et soi ?

04/12/2012

Impasse budgétaire aux Etats-Unis: vivement le 2 janvier 2013

L'impasse budgétaire qui dure depuis de longs mois (et de longues années) et qui ne trouve aucun épilogue, promet de continuer de diviser la classe politique américaine, malgré la réélection de Barack Obama et les pseudos meilleures intentions des Républicains au lendemain de leur cuisante et bienvenue (pour le reste du monde civilisé) défaite.

Nous assistons depuis 30 ans à une véritable guerre (je l'ai déjà souvent évoqué dans ce blog) des riches contre les pauvres. Les penseurs du parti républicain, ceux qui ont porté Ronald Reagan au pouvoir, sont les machiavéliques artisans modernes de cette monstruosité que l'on appelle l'ultra-libéralisme.

Depuis 2001, l'immense augmentation des dépenses de l'Etat fédéral à cause des deux guerres finalement absurdes et ratées de W en Afghanistan et en Irak (n’oublions pas le livre de Joseph Stiglitz: [Irak] "Une guerre à 3'000 milliards de dollars") et la baisse dogmatique des recettes fiscales dues à de microscopiques allègements fiscaux pour la classe moyenne (environ 600 dollars par an pour un couple ayant un revenu annuel autour de 80'000 dollars) et d'indécents cadeaux fiscaux faits aux plus riches (70'000 dollars annuellement pour un couple gagnant 1 million de dollars), ont mené le budget des Etats-Unis dans une impasse chronique.

Je rappelle simplement une nouvelle fois dans ce blog, qu'à la fin du mandat de Bill Clinton, les Etats-Unis prévoyaient de rembourser la totalité de leur dette dans les dix ans. Aujourd'hui, 12 années plus tard, au lieu d'avoir remboursé sa dette, ce pays a accumulé plus de 16'000 milliards de dollars de dettes.

Et que proposent nos amis les Républicains pour sortir le pays de cette crise budgétaire et financière gravissime ? Selon Dan Pfeiffer, porte-parole de la Maison-Blanche, la dernière proposition des Républicains, je le cite: «promet en fait de réduire les taux (d'imposition) pour les plus riches et présente l'addition à la classe moyenne».

Et voilà ! On aurait pu espérer que face à l'extrême gravité de la situation, le million de preuves de la faillite quasi-totale de ce système d'égoïsme forcené, les yeux de quelques-uns se seraient enfin ouverts. Mais non ! Une fois que vous avez été sévèrement lobotomisés, aucune opération ne peut vous rendre ne serait-ce qu'un semblant de conscience.

Sauf accord entre la Maison-Blanche et le Congrès, le 2 janvier, les indécentes déductions fiscales de W tomberont d'elles-mêmes. Comme il n'est pas possible de négocier avec ces forces de droite, c'est sans doute la meilleure chose qui puisse arriver aux Etats-Unis (et au reste du monde).

Quant à la propagande des milieux de droite lobotomisés par les forces de l'argent, elle sert à faire peur au Monde entier en promettant une récession si cela devait arriver. C'est vrai, nous tremblons à l'idée que les immensément riches aient des difficultés à s'acheter la 18ème Mercedes sur le dos des contribuables de la classe moyenne et de ceux qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté ainsi que de tous ceux qui ont tout perdu à cause de l'avidité pathologique de quelques-uns depuis le début de la crise des subprimes.

Les Etats-Unis n'ont jamais été aussi forts, aussi riches, aussi puissants que sous la présidence de Bill Clinton, à une époque où les ultra-riches américains versaient une part encore raisonnable de leur richesse dans le pot commun. Je ne vois pas pourquoi ce retour, certes forcé, à la raison et à une plus grande justice fiscale serait soudain synonyme d'apocalypse. Vive le 2 janvier 2013 !

09/11/2012

La Floride: une république bananière ?

Les Etats-Unis qui aiment donner des leçons de démocratie au reste du monde devraient se pencher sur ce qui se passe en Floride.

Tout le monde se souvient de la scandaleuse manipulation électorale qui avait permis de confisquer le vote des habitants de la Floride, et finalement des Etats-Unis, en faveur de W en 2000. Déjà en cette occasion, alors que le propre frère de W était gouverneur de Floride, cet Etat s'était distingué par des méthodes dignes des pires républiques bananières.

Avant les élections de 2012, des soupçons de fraude s'étaient faits jour. Il semble que tout avait été préparé pour rejouer le même scénario qu’en 2000 et l'on peut imaginer ce qu'il se serait produit si l'élection du Président avait été suspendue aux résultats électoraux de ce seul Etat. On tremblait d'avoir à revivre ces heures sombres.

Aujourd’hui, vendredi 9 novembre 2012, le résultat du vote en Floride n’a toujours pas été annoncé. Selon les responsables électoraux, la raison de ce retard est la participation extrêmement élevée. Mais de l'avis des experts dont fait partie Lance de Haven-Smith, professeur à l'université de Floride, la raison de ce chaos est ailleurs: «le désordre aurait été orchestré par les responsables républicains locaux […] La vérité est que les responsables républicains de Floride sont impliqués dans une démarche de sabotage de l'organisation des élections en cherchant notamment à diminuer la participation». Des électeurs démocrates bien évidemment.

Selon le Miami Herald d'aujourd'hui, Mme Brett Doster, conseillère de la campagne Romney en Floride, a déclaré: "On pensait (...) avoir fait ce qu'il fallait pour gagner. Clairement, ce n'est pas le cas", reconnaissant ainsi implicitement la victoire d'Obama dans cet Etat.

J'espère que lorsqu'elle déclare : "On pensait (...) avoir fait ce qu'il fallait pour gagner", elle ne se réfère qu'à des actes parfaitement légaux, mais au vu des précédants et du fait que l'élection de 2012 était annoncée comme extrêmement serrée, la tentation a dû être grande, pour les républicains, de préparer un plan B similaire à celui de l'an 2000 au cas où le sort de l'élection aurait dépendu de l'issue du scrutin en Floride. Presque un aveu donc.

Il faudra que ce pays mette de l'ordre dans ce dangereux foutoir, au risque de provoquer de nouvelles dérives insupportables dans ce pays qui se veut le phare de la démocratie dans le monde.

20/09/2012

Le vrai blasphème (2) ?

L’invité de la rédaction de la RTS1 ce matin était M. Malek Chebel, anthropologue des religions et philosophe. Depuis 20 ans il essaye de promouvoir un «islam des Lumières». Vaste tâche.

Ce matin il a dit et je cite de mémoire: «Quand la situation est calme, je reçois des soutiens de partout, quand il y a une crise, je me retrouve tout seul».

C’est exactement ce que j’écrivais hier soir en parlant du fait que les musulmans modérés sont la plupart du temps inaudibles. Peut-être ont-ils simplement peur du fanatisme de certains de leurs coreligionnaires, car ils savent à quelles extrémités ils peuvent aller.

En d’autres temps, peu glorieux, nos pays démocratiques ont cherché un compromis lâche avec l’Allemagne nazie avant de devoir se battre (du moins les pays qui n’avaient pas été envahis dès les premiers jours) pour ne pas sombrer dans la barbarie. Ils ont ensuite cherché une autre façon de vivre côte à côte avec l’empire soviétique tout en évitant de le provoquer.

Prenons garde de ne pas nous «finlandiser» face à cette religion.

 

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19/09/2012

Le vrai blasphème ?

Encore une fois le monde musulman s’embrase pour ce que certains jugent être un blasphème. Le blasphème, selon le dictionnaire est une «Parole ou discours qui insulte violemment la divinité, la religion et, par extension, quelqu’un ou quelque chose de respectable».

Cette attitude de haine et d’hystérie qui a mené à des morts dans le monde arabe et musulman et qui cherche à imposer ses valeurs à nos Sociétés par la dictature de l’intimidation est insupportable et inacceptable.

Comment une religion qui tolère et même parfois encourage des comportements violents, peut prétendre savoir qui blasphème contre Dieu et ses représentants terrestres réels ou auto-proclamés.

Beaucoup de catholiques ont quitté l’Eglise suite à certaines dérives qui ont trop longtemps entaché la marche de ce qui devrait être une «vénérable» Institution. Se révolter contre les scandales de pédophilie et/ou contre un lourd passé de manipulation des âmes est une attitude saine et démontre un sursaut d’intelligence et de respect de la vie.

Voit-on la même chose dans le monde musulman ?

Une religion qui traite, dans de nombreux pays, la moitié de sa population par le mépris des droits humains n’est-elle pas une religion qui pratique une forme de blasphème tous les jours ? Dieu, s’il existe, a-t-il créé la femme pour être la vassale de l’homme ?  A-t-il créé la femme pour être excisée par millions ? A-t-il créé la femme pour que son seul droit soit de rester dans sa cuisine et de ne pouvoir sortir de chez elle que déguisée en fantôme ? N’est-ce pas le blasphème suprême que de vouloir traiter la moitié de l’Humanité avec une telle violence et un tel mépris ?

Et pourtant, je n’ai jamais entendu que les musulmans modérés quittent en masse cette religion pour protester contre la violence faite aux femmes ou contre ceux, heureusement minoritaires, qui appellent à la guerre sainte et/ou pratiquent le terrorisme.

J’aimerais vraiment pouvoir prendre acte que le monde musulman, au moins sa frange modérée, s’attaque avec détermination à ces graves problèmes. Mais sa voix est encore trop souvent inaudible.

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29/02/2012

L'Occident est mal barré

Excellent éditorial (comme toujours) de M. Claude Monnier, aujourd'hui, dans la TDG. Il rappelle le danger considérable que représenterait, pour nos pays, une alliance politique, économique et militaire de la Chine et de la Russie.

Cela fait des années que je suis choqué et préoccupé par la façon méprisante dont nos pays traitent la Russie. Certes, à l'époque de l'URSS, ce pays n'était pas notre ami et nous a fait souffrir de mille et une façons. Une guerre d'une ampleur encore jamais vue a été évitée de justesse à plusieurs reprises. Mais de là à tomber dans cet aveuglement géostratégique qui nous a menés à mépriser ouvertement ce grand pays...

La Russie n'est pas (encore) un pays qui fonctionne comme nos démocraties. Et bien sûr, Poutine n'est pas un grand démocrate. Mais est-ce une raison pour traiter ce pays avec mépris ou condescendance ou ostracisme ? La Russie est un pays fier de sa grandeur, de sa puissance militaire passée, de sa vaste culture. Notre mépris ne peut que radicaliser son élite politique, économique et militaire.

Imaginez une seule seconde une telle alliance avec la Chine. Oui, cela représenterait une population de plus de 1.6 milliards d'habitants. Deux pays vastes comme l'ensemble du reste du monde (ou presque). Des matières premières quasi illimitées. Une puissance militaire qui sera bientôt terrifiante, surtout si l'on met cela en balance avec l'état économique et militaire des Etats-Unis (qui n'a plus rien à voir avec ce qu'il était avant le double mandat historiquement calamiteux sur absolument tous les plans du rejeton Bush) et la couardise et la lâcheté militaires légendaires des pays européens.

Ce pari ou ce manque de conscience politique est dangereux pour notre avenir. A vrai dire, et contrairement à ce que nous nous ingénions à faire depuis l'implosion de l'empire soviétique, nous devrions leur tendre la main, les amadouer, tisser tous les liens possibles et imaginables et pour tout dire, tendre, à terme, à faire entrer la Russie dans l'OTAN.

Face à la montée en puissance de la Chine, financée par la cupidité sans fin de nos entreprises privées, il est suicidaire de continuer d'humilier la Russie, meilleur moyen de la pousser dans les bras de la Chine.

Entre le risque d'une alliance entre la Russie et la Chine et le développement sur le flanc sud de l'Europe de pays qui risquent plus ou moins rapidement de basculer dans un radicalisme religieux et politique qui nous sera bien entendu totalement hostile, l'Occident aura à peine « réglé » le cas iranien qu'il pourrait se retrouver confronté à la plus formidable alliance militaire de tous les temps.

Espérons que nos pays vont bientôt se réveiller et regarder la Russie avec les yeux que ce grand pays mérite.

31/01/2012

C'est le juge Garzon qui se retrouve devant les Tribunaux

Le monde a un besoin immense d'hommes et de femmes courageux et non corrompus comme le juge Baltasar Garzon. S'ils étaient plus nombreux, beaucoup de crimes contre l'Humanité pourraient être dénoncés et, encore mieux, évités.

Le Franquisme fait partie des crimes qui marquent l'Histoire pour longtemps ou pour l'éternité. C'était la volonté d'empêcher par tous les moyens, y compris les plus violents et les plus répressifs, la naissance d'un Etat laïque, démocratique et socialement plus égalitaire. D'autres pays, comme le Chili, ont connu cette réaction brutale et sanguinaire car la défense de privilèges égoïstes est vue par certains comme un droit sacré.

Que n'a-t-on pas commis comme crimes au nom de ce droit auto arrogé ? Quelles que soient les latitudes, quels que soient les privilèges à défendre, quelles que soient les orientations politiques ou les motivations religieuses, il s'est presque toujours trouvé un groupe d'individus suffisamment habiles et déterminés pour empêcher le changement et conserver ses privilèges.

Le fin du fin se trouve dans nos pays au vernis démocratique mais où un minuscule cercle d'individus se comporte en dictateurs anonymes. C'est la dictature du profit et de l'argent qui fait que ce sont toujours les mêmes qui tiennent les leviers du pouvoir, de l'(in)justice, de l'éducation, de l'information et de l'argent.

S'il y avait plus d'hommes et de femmes courageux et non corrompus, y aurait-il tant et tant de mensonges et de manipulations qui pourraient continuer de mener le monde, depuis le niveau local jusqu'au niveau planétaire ?

Tous les jours on nous ment sur la qualité des aliments que nous mangeons, tous les jours on nous ment sur le prix des produits (y compris de première nécessité) que nous achetons. Tous les jours on nous ment sur les réelles motivations et intentions de celles et ceux qui font de la politique. Tous les jours on nous ment sur le fonctionnement de notre système de santé (depuis la façon dont on fait de la médecine jusqu'à la facturation des prestations). Tous les jours on nous ment sur la pseudo-égalité des chances. On nous a menti sur les raisons d'aller en Irak comme on nous a menti sur la crise des subprimes. Et on nous ment tous les jours sur les raisons de la faim dans le monde.

Le monde a un immense besoin de vérité. Le monde a un formidable besoin d'hommes et de femmes courageux et non corrompus, comme le juge Garzon, prêts à dire la vérité, là où ils se trouvent.

La vérité est une des seules armes qui pourrait changer le monde.

18/01/2012

Iran: une stratégie vouée à l'échec

Depuis quelques années maintenant, l'Iran multiplie les déclarations contradictoires: un jour ce sont les menaces, graves souvent, proférées par un dirigeant, le lendemain on joue l'apaisement par l'entremise d'un autre porte-parole.

Cette façon de souffler le chaud et le froid est typique de ces régimes totalitaires. Dans le passé, on a déjà vécu cela avec l'Irak de Saddam Hussein et avec la Corée du Nord du "cher Leader".

Actuellement, l'escalade continue, les menaces se font de plus en plus précises (fermeture du détroit d'Ormuz, 5ème flotte américaine, Monarchies arabes, etc..). Et pourtant, aujourd'hui même, l'agence Fars (on devrait plutôt, en l'occurrence, l'appeler l'agence "Farce") annonce que l'Iran va autoriser des visites de ses sites nucléaires.

Aux yeux des dirigeants d'un pays totalitaire et par beaucoup d'aspects, paranoïaques, cette surenchère belliqueuse paraît une bonne stratégie: cela est censé galvaniser le peuple et les dirigeants se renvoient, à eux-mêmes, une image flatteuse de leur pouvoir illusoire.

Dans les faits, l'Iran est en train de creuser sa propre tombe, patiemment, avec beaucoup d'application et une louable détermination. A mes yeux, l'Iran ne peut pas gagner. Quoi qu'il fasse. S'il cède à l'Occident, il perdra toute espèce de fierté nationale (au moins ses dirigeants), s'il poursuit sur sa lancée, le régime sera détruit. Inexorablement.

Existe-t-il une troisième voie qui permettrait au régime de "sauver la face" ?  L'Europe a essayé cela, me semble-t-il, en autorisant un programme nucléaire civil et en proposant à l'Iran de lui fournir le combustible. L'Iran a clairement refusé cette troisième voie car je crains que ce ne soit pas ce que recherche ce régime. Il en paiera douloureusement le prix. Et les simples citoyens iraniens qui ont déjà payé dans leur chair le prix d'une féroce répression de la part de ce régime fou, sont les malheureux otages de gouvernants aveugles et mégalomanes.

C'est terrible que nous, simples citoyens de quelque pays que ce soit, soyons périodiquement et trop souvent, durablement, des jouets entre les mains de dirigeants, politiques ou économiques, qui n'ont que faire de nos petites personnes dans leur vision égoïste et égotiste de la marche du Monde. Nous connaissons bien cela dans nos pays: nous avons connu toutes sortes de dictateurs politiques dans le passé et sommes soumis aujourd'hui aux nouveaux dictateurs, les chantres et bénéficiaires de l'économie ultra-libérale.

08/12/2011

Entre la peste et le choléra

Ce qui était à craindre (voir mon billet "Va-t-on vraiment vers la démocratie") est en train de se dérouler sous nos yeux, le printemps arabe amène au pouvoir les islamistes que les dictateurs tunisiens, égyptiens, libyens avaient tenu à l'écart.

Nos gouvernements ont cautionné, en son temps, ces dictateurs pour des raisons de real politique. Aujourd'hui, face à la révolte légitime de ces peuples opprimés et martyrisés par des régimes iniques, ces mêmes gouvernements ont retourné leur veste et soutenu la révolte de la rue. Y compris par des moyens militaires considérables dans le cas libyen.

Nous avons tous suivi ces événements dramatiques et avions tous l'espoir que ces révoltes déboucheraient sur une véritable démocratisation de ces pays. Hélas, ces pays ont répondu à une autre logique et les islamistes étant les seules formations structurées et prêtes à revendiquer le pouvoir après 20 ou 30 années de dictature ont connu les succès électoraux que l'on connaît. Et ces mouvements islamistes, souvent avec l'argent saoudien toujours prêt à encourager le développement d'un Islam conquérant et militant, ont su tisser un filet social nécessaire face à des régimes fondamentalement producteurs d'injustices.

Un des derniers dictateurs encore en place se trouve en Syrie et là aussi, nous savons que la rue réclame sa démission en appelant à la démocratie. Mais il y a fort à parier que si le gouvernement de Bachar el-Assad devait tomber, il serait remplacé par des islamistes comme dans tous les autres pays arabes récemment «libérés». Et, poursuivant sur leur lancée «vertueuse», nos gouvernements font pression sur le régime syrien pour le pousser vers la porte. Israël et l'Europe, le monde même, se trouveraient alors confrontés à une toute nouvelle réalité, remplie d'incertitudes.

Mais force est de reconnaître que le soutien de nos Etats à des dictateurs créant des Sociétés socialement fondamentalement injustes et l'intransigeance politique extrême d'Israël ont fait le lit des Islamistes.

Le remplacement des dictateurs politiques par des dictateurs religieux est évidemment une perspective cauchemardesque pour nos démocraties et pour Israël. Et seul l'avenir nous dira si ce cauchemar deviendra réalité.

20/10/2011

Va-t-on vraiment vers la démocratie ?

Pour tous ceux pour qui la laïcité et la liberté de conscience sont des valeurs indispensables à la vie en Société, ce qui se prépare dans de nombreux pays musulmans a de quoi inquiéter.

De partout, en effet, on reçoit des nouvelles qui vont dans le sens opposé à celui ouvertement recherché par nos «démocraties» depuis les attentats de 2011, à savoir la démocratisation des pays musulmans:

  • Afghanistan: les Talibans sont en train de tisser leur toile, de constituer un gouvernement de l'ombre, d'amadouer les populations qui ont pourtant déjà subi leur joug. Mais face au gouvernement fantoche, corrompu et impuissant mis en place par les Américains, ils n'auront aucune peine à reprendre le pouvoir, avant même que le dernier soldat de l'OTAN ait quitté le territoire
  • Pakistan: l'infiltration des islamistes aux plus hauts niveaux de l'Etat (administration, armée, services secrets) est si importante que les Etats-Unis sont régulièrement trahis par cet «allié» au double jeu
  • Iran: il faudrait être très naïf pour croire que le programme nucléaire est exclusivement civil
  • Tunisie: c'est le premier pays ayant fait sa «révolution» qui va aller voter, le 23 octobre. Las, on apprend que le parti islamiste est le seul à être structuré, ce qui n'est pas une surprise, et le seul à présenter un programme politique digne de ce nom. Ce que les naïfs ou les désespérés qui vont aller voter pour lui ne savent pas est que le vrai programme politique de ce parti ne se trouve pas inscrit sur les affiches électorales. Il est à craindre que l'avenir de la Libye et de l'Egypte (on connaît par exemple, la force des frères musulmans ou la violence que subissent les Coptes) ne soit pas plus rose
  • Yémen: les rebelles chiites qui attaquent le régime en place ne sont pas là pour permettre une transition démocratique
  • Turquie: ce pays qui se veut le champion d'un Islam «modéré» (un oxymore) et qui donne volontiers des leçons dans sa région, donne des signes inquiétants. Non seulement l'armée, gardienne de la laïcité de ce pays a été mise au pas, mais des bruits inquiétants courent sur les pressions faites sur les médias pour qu'ils se taisent. L'autocensure règne et de nombreux journalistes récalcitrants (on parle de 61) sont emprisonnés. Je m'étais permis, en septembre 2010, d'émettre une opinion dans ce blog sur la possible entrée de la Turquie dans l'UE (voir "Les limites de l'intégration de la Turquie en Europe"). les derniers développements ne font que renforcer ma conviction de l'époque.

A ce rythme, si les tendances actuelles se confirment, nous allons nous retrouver dans quelques mois avec une situation complètement nouvelle et très inquiétante avec tous ces pays passés dans le camp des ennemis de la laïcité, de la liberté de conscience, de la femme.

Tout cela au moment où nos pays sont ruinés à cause de la cupidité congénitale et aveugle de quelques-uns et par les guerres coûteuses et sans issues en Irak et en Afghanistan.

Je ne sais si Ben Laden avait conçu les attentats du 11 septembre comme l'amorce d'un piège dans lequel faire tomber la puissante armée des Etats-Unis. Si tel était le cas, il était un génie et son plan diabolique a fonctionné au-delà de toutes ses espérances.

Nous allons peut-être devoir faire face à une situation de plus en plus incertaine et dangereuse dans les mois et les années qui viennent, qui plus est dans un état de totale impréparation.

 

09/02/2011

Une leçon de démocratie ?

Nous assistons depuis quelques semaines à un réveil de la rue dans certains pays arabes et je continue d'être frappé par la maturité politique dont font preuve les manifestants.

Après avoir été bafoués dans leurs droits et maintenus sous une chape de plomb à cause de la peur (au moins en partie justifiée) d'une  montée de l'islamisme radical, ces peuples sont en train de se réinventer un futur qui semble pour l'instant éviter les pièges tendus à la fois par une tentative désespérée de sauver les structures anciennes et de basculer dans une révolution islamiste à la mode iranienne (Khomeiny).

Nos Sociétés occidentales, apparemment gavées de démocratie (nous prenons cela pour un acquis désormais éternel) et jouissant d'une     
apparente liberté (et pourtant le concept de "liberté" est sérieusement en question lorsque l'on voit à quel point nos systèmes "démocratiques" tournent à l'avantage d'une si petite frange de la population) assistent, médusées, à ce bouillonnement en Afrique du Nord.

Si nos "Elites" financières, politiques et intellectuelles ne prennent pas la mesure de ce qui est en train de se passer dans cette région du monde et si elles n'acceptent pas de voir à quels extrêmes d'égoïsme et d'accaparement des richesses leur politique mènent nos pays, je ne serais pas étonné qu'un jour pas si éloigné que cela, elles assistent elles aussi à une nouvelle Révolution, cette fois-ci au Nord de la mer Méditerranée.

Je n'aurais jamais imaginé voir un jour la possibilité qu'un "réveil" de nos Sociétés occidentales puisse être inspiré par des mouvements sociaux venant du Sud de la Méditerranée. Et pourtant, nos Sociétés et les maux qui les rongent sont-ils si différents que cela ?

Au Sud, très schématiquement, nous avons:

  • une petite élite, un clan, qui détient les clés du pouvoir et qui s'en met plein les poches
  • une jeunesse bien formée qui ne trouve pas un emploi digne de ses qualifications
  • une restriction des libertés due à des influences religieuses, politiques et à une absence de moyens financiers

Au Nord, tout aussi schématiquement, nous voyons:

  • une petite élite, un clan, qui détient les clés de l'économie et qui s'en met plein les poches
  • une élite politique qui est au service de cette nouvelle "aristocratie", économique cette fois-ci (par opposition à l'aristocratie d'avant la Révolution française)
  • une jeunesse bien formée qui ne trouve pas un emploi digne de ses qualifications: c'est le cas dans beaucoup de nos pays comme la France (où en étant bac+7 on n'est pas sûr de décrocher l'emploi de ses rêves), de l'Espagne, de la Grèce, etc..
  • une restriction des libertés due à une absence de moyens financiers (combien de jeunes sont obligés de vivre chez leurs parents jusqu'à 30 ans car ils sont incapables de s'insérer durablement dans le monde du travail, allant d'emplois précaires en emplois précaires
  • une réelle aliénation d'une partie de la population par une télévision à la qualité navrante, un agenda sportif surdimensionné (du pain et des jeux), une distribution généreuse des médicaments de confort par nos systèmes de santé
  • la présence sur nos territoires de groupuscules d'islamistes radicaux qui pourraient à terme, "crisper" nos Sociétés

Pour l'instant, le système tient encore car il assure un minimum vital au plus grand nombre, y compris l'accès au système de santé, mais je ne suis pas certain que nos pays résisteront à une nouvelle crise économique. Or celle-ci, du fait même des fondements structurels et idéologiques de nos économies, est d'ores et déjà programmée:

  • quelle forme prendra-t-elle ?
  • quand aura-t-elle lieu (n'oublions pas toutefois que nous ne sommes pas encore sortis de la crise des subprimes) ?
  • quelles en seront les causes ?

nul ne le sait bien évidemment. Mais ce jour-là, le réveil risque d'être brutal.

Dans ce catalogue, il faut accorder une mention spéciale à l'Italie qui cumule à la fois les tares connues de l'économie libérale dans ce qu'elle a de plus "sauvage", une classe politique corrompue et un "père de la nation" incarné par un vieillard que certains qualifient de lubrique. Ainsi, on se demande quand les Italiens , lobotomisés par la télévision la plus bête du monde et aux ordres dudit vieillard, vont se lever pour dire à ce triste personnage: "Berlusconi, dégage" !

Encore une fois, nous avons toutes les connaissances historiques, tous les moyens de prospective, toutes les connaissances politiques, économiques et sociologiques pour éviter la catastrophe mais je continue, malheureusement, de craindre que l'égoïsme de quelques-uns ne soit plus fort que les leçons de l'Histoire.

 

21/01/2011

Où conduit la Révolution tunisienne ?

Force est de reconnaître que ces dernières décennies, dans le Monde arabe, nous n'avons assisté qu'à deux tentations extrémistes, la dictature (politique et/ou militaire) et l'extrémisme religieux.

La Société tunisienne, en renversant la dictature mafieuse et corrompue de Ben Ali (ce constat est unanimement accepté) saura-t-elle trouver une autre voie et évitera-t-elle de retomber dans les ornières de l'Histoire ? C'est une grande et grave question pour la Tunisie, pour le Monde arabe, pour l'Europe (au vu de sa proximité géographique et des liens tissés de longue date) et pour le Monde, tant les soubresauts et les profonds déséquilibres de ces Sociétés peuvent affecter le reste de la Planète.

Ce matin, à la RSR, j'ai entendu un intervenant tunisien dire que les Sociétés arabes avaient toujours besoin d'un Père, d'un Guide. Si c'est vrai, alors le danger est grand de voir rapidement la Tunisie remplacer un Père abuseur et tyrannique par un autre Père tout aussi abuseur et tout aussi tyrannique. Alors d'où vient ce besoin au fond immature ? Cela viendrait-il de la Religion ? Une Religion qui interdit aux simples citoyens de réfléchir de façon critique au sens de la vie, au sens et à l'origine des Ecritures (toute remise en question est un blasphème et tout blasphème mérite la mort, comme on l'a vu ces derniers jours au Pakistan) est-elle une Religion qui conduit à la Liberté, celle justement que les Tunisiens appellent de toutes leurs forces ?

L'Europe a aussi eu ses bûchers de l'Inquisition. Ils ont fait frémir l'Europe d'une onde de "Sainte" Terreur. Et puis il y a eu le siècle des Lumières. Cela a été la Révolution européenne contre la tyrannie religieuse. On croyait en avoir fini avec la Terreur, on croyait en avoir fini avec l'obscurantisme des idées et la dictature d'un petit groupe d'élus sur le plus grand nombre.

L'Histoire européenne nous a montré depuis qu'elle n'a pas été avare de nouvelles abominations: nous avons eu droit au communisme qui a rapidement dérapé dans ses versions stalinienne et maoïste et au nazisme, deux monstruosités qui ont ravagé l'Europe et le Monde. Quand enfin nous avons réussi à nous libérer de ces abominations (sauf en Chine) on pensait qu'un Monde nouveau nous était offert et que cette fois, vraiment, nous serions libres de tout ce qui nous avait asservis jusque-là.

Deux décennies après la chute du mur de Berlin où en sommes-nous ? En ce qui me concerne, je suis consterné de voir que c'est encore une fois raté. Aux tyrannies clairement identifiées et identifiables, aux tyrannies incarnées par des leaders charismatiques (qu'ils se soient appelés Suzerain, aristocrates, Roi, Empereur, Führer, Petit Père des Peuples ou Grand Timonier), a succédé une nouvelle forme de tyrannie, beaucoup plus pernicieuse parce qu'anonyme. A la dictature des Systèmes politiques ou Religieux a succédé la dictature économique, celle des tout-puissants "Marchés", celle de l'économie libérale, celle des Conseils d'administration où s'active un petit noyau de gens, toujours les mêmes, qui règnent en Maîtres sur le Monde. La grande différence est que ces nouveaux Maîtres du Monde sont anonymes, cachés au sein des sphères les plus anonymes de notre économie mondialisée. De là, ils tirent les ficelles, toutes les ficelles:

  • un jour ils nous imposent la dérégulation de l'économie
  • le lendemain ils nous font miroiter les bienfaits de l'ouverture des frontières aux produits manufacturés (on n'a pas le temps de réaliser ce que cela veut dire que déjà des millions d'emplois sont délocalisés en Chine et en Inde)
  • puis ils s'attaquent à nos assurances sociales et reprennent tout ce que 2-3 décennies de revendications syndicales avaient réussi à répartir plus équitablement
  • ils nous imposent une filière agro-alimentaire produisant une alimentation totalement dénaturée et dangereuse pour la santé
  • ils spéculent sur les denrées alimentaires ou sur l'Immobilier
  • provoquent la crise des subprimes et obligent nos Etats à rembourser le prix de leur folie
  • organisent une panique mondiale autour de la grippe H1N1 pour obliger nos Etats, complaisants, à acheter pour des milliards de $ de doses de vaccins (Il faut bien embellir les bilans des grands groupes pharmaceutiques)

Pendant que cette dramatique sarabande a lieu, nous, simples citoyens, sommes gavés de Télé-Réalité, de spectacles de starlettes dénudées et de sportifs bodybuildés et anabolisés dans un grand show planétaire savamment organisé. Les Romains, précurseurs, avaient inventé ce concept :  "du pain et des jeux". L'économie marchande le pousse à ses extrêmes, générant profits mirifiques  et anesthésie des consciences.

Vous pensez que j'exagère, que cela sent les légendes urbaines à plein nez, que tout ceci n'est qu'une nouvelle version du soi-disant grand complot mondial ? Alors essayez de répondre à 2-3 questions et constatations :

  • Pour ceux qui ont l'âge de l'avoir vécu, au lendemain (et il faut prendre ce mot dans son sens littéral) de la chute du mur de Berlin et de l'explosion de l'Union soviétique, les changements dans notre tissu économique (pour faire court: le libéralisme économique et la mondialisation) se sont faits à une vitesse extraordinaire, de manière coordonnée et concertée dans toutes nos économies et dans toutes nos entreprises (ne serait-ce que parce que depuis quelques années déjà, c'était ce que l'on enseignait dans nos Facultés de Sciences économiques). Ce remarquable ensemble n'était-il que le fruit du hasard?
  • Toujours au lendemain des mêmes événements, partout, dans les Parlements de toutes nos démocraties, les mêmes Lois ont été proposées pour s'attaquer à l'Etat social, redistribuer les richesses en faveur des plus riches, diminuer les impôts des entreprises au motif qu'elles pourraient créer plus d'emplois si l'Etat leur redonnait leur liberté d'entreprendre (on sait, depuis, à quelles extrémités le chômage en est arrivé)
  • Dans tous nos pays, en même temps, nous avons entendu le même discours, répété ad nauseam, qui s'attaquait aux fondements de l'organisation de nos Sociétés. Nous venions de vivre une parenthèse historique dans l'Histoire: pendant 3 décennies, la répartition des richesses (au sein du monde occidental) s'était faite dans le respect de la dignité de chacun (mais cela ne s'était gagné que par des luttes syndicales homériques)
  • Combien de médias sont aujourd'hui dignes d'être encore qualifiés de 4ème pouvoir? Partout les Lois du Marché ont permis leur concentration dans les mains de quelques patrons avisés et désireux de les utiliser pour promouvoir leur agenda: il n'est que de citer Rupert Murdoch, omniprésent dans le monde anglophone et Silvio Berlusconi en Italie pour se rendre compte à quelles extrémités nous en sommes arrivés. Pouvez-vous citer un média (sous quelque forme que ce soit), d'une certaine importance, dans le monde occidental, qui ait encore le temps, les moyens et l'indépendance nécessaires pour faire un vrai journalisme d'investigation?
  • Est-il normal à votre avis que ce soit l'économie privée qui dicte les Règles à nos Etats ruinés (je pense par exemple à la si importante procédure d'autorisation de mise sur le marché d'un nouveau médicament qui est, de nos jours, faite par les Laboratoires eux-mêmes)?

Alors, pour en revenir à la Tunisie, je suis vraiment impressionné par la maturité politique d'un Peuple pourtant privé de débat démocratique depuis si longtemps. En particulier par ces Comités populaires spontanés qui se sont dressés dans les quartiers pour défendre leur Révolution. Je souhaite de tout coeur à ce pays de pouvoir échapper à la tyrannie d'un nouveau Père fouettard. Mais s'il évite cet écueil, saura-t-il éviter celui dressé par les nouveaux Maîtres du Monde ?

La Terre et les Terriens, en 2011, sont pris en tenaille entre deux capitalismes, celui anonyme de nos Conseils d'administration et celui d'Etat à la mode chinoise (pensons, entre autres, à toutes ces terres arables achetées ou louées pour 99 ans par la Chine à des pays pauvres). Deux perspectives aussi enthousiasmantes l'une que l'autre.

29/09/2010

Modeste contribution à la résolution du plus long conflit du 20ème siècle

Au petit matin, j'ai caressé l'idée d'une grande Initiative planétaire, populaire ((j'espère), silencieuse (pour donner plus de dignité) et pacifique. Son but viserait à transmettre, par la rue, un message de

                                     «Nous en avons assez de ce conflit»

 à toutes les forces qui de près ou de loin ont un intérêt quelconque au Proche-Orient, et Dieu sait (il doit le savoir, surtout, là, au cœur des 3 Religions monothéistes) que ces forces sont nombreuses.

 En réalité, nous sommes tous concernés par ce conflit. Nous vivons un sorte de 3ème guerre mondiale qui ne dit pas (encore ?) son nom. Le Monde entier est pris en otage par ce conflit et ce serait bien la moindre des choses qu'après plus de soixante années de cauchemar, nous ayons tous le droit de dire

                                     «STOP, cela a assez duré !».

 Pour ceux qui ont déjà un peu vécu, ce conflit les a accompagnés pratiquement depuis leur berceau :

  • on ne compte plus les guerres proches et éloignées dans le temps et dans l'espace (dans une des dernières en date, les Talibans afghans qui ont vaincu l'armée soviétique et sont en train d'enliser celle des Etats-Unis, ne sont-ils pas un des nombreux sous-produits du conflit Israélo-Palestinien? De même que bien d'autres groupuscules d'islamistes radicaux qui mettent, ou ont mis, leur pays à feu et à sang)
  • nous avons subi des actes terroristes sur terre, sur mer et dans les airs jusqu'à la nausée
  • nous avons assisté, médusés, à l'assassinat froidement perpétré, des rares hommes de bonne volonté (l' égyptien Anouar El Sadate et l'israélien Menahem Begin)
  • l'arme du pétrole a failli réussir à asphyxier les économies occidentales
  • cette problématique est au centre de la politique étrangère et militaire de nombre de pays
  • très récemment, nous avons été stupéfaits par l'usage d'une force brutale et disprortionnée contre des civils sans défense de la part de l'une des armées les plus puissantes du monde
  • la propagande de l'un ou l'autre camp est partout et empoisonne littéralement l'air de cette malheureuse planète et en a radicalisé plus d'un
  • aujourd'hui, la question iranienne donne des nuits d'insomnie à plus d'un dirigeant politique et devrait en donner à plus d'un citoyen conscient des risques planétaires liés à la situation particulière de l'Iran
  • et ne parlons pas des millions de morts, de sans-abris, de femmes violées (notamment en Algérie), de réfugiés, engendrés par ce chaos savamment orchestré et entretenu par ceux à qui ce crime permanent profite.

 Ce spectacle lamentable est insupportable et indigne de la Planète dont nous avons hérité. Je ne suis pas là pour juger et bien malin serait celui qui pourrait dénouer l'enchevêtrement des actions et des réactions, des crimes et des vengeances qui ont jalonné ce conflit.

 C'est pourquoi il serait important et profitable de voir se lever aujourd'hui une armée pacifiste, silencieuse, sans jugement, qui placarderait son désir de PAIX à la face du Monde et de ceux qui l'ensanglantent jour après jour et détruisent sciemment tout Espoir. Une foule qui se lèverait de façon coordonnée, dans une ville du Monde après l'autre, en n'ayant pas peur d' afficher les morts et les souffrances des deux côtés, d'une manifestation à l'autre (une foule qui ne devrait pas faillir, afin que son attachement à la Paix soit plus durable et fort que l'entêtement de ceux qui veulent gagner cette guerre absurde). Cela donnerait une sorte d'onde de paix qui parcourrait la Terre, comme les vagues parcourent les océans, en espérant que ce silence ardent frappe les esprits qui en ont un urgent besoin. Puissent ces esprits comprendre que les temps ont changé : que bien qu'ils ne veuillent pas la Paix et les concessions qui vont forcément avec, le reste du Monde ne veut plus être les otages de leurs calculs et intérêts égoïstes.

 Une question demeure: Sommes-nous prêts à cela, y a-t-il suffisamment d'âmes de bonne volonté pour réussir là où tant d'autres ont échoué ?

13/09/2010

Les limites de l'intégration de la Turquie en Europe

J'ai eu l'occasion d'entendre l'émission de la RSR, le «Grand-Huit», du mardi 27 juillet (je sais, c'est un peu daté, mais la problématique est, et restera, actuelle pendant encore des lustres) et j'ai été stupéfait par les propos incroyables de candeur (?) de M. Andreas Gross (Conseiller National) comparant les relations du gouvernement turc avec sa religion à celles de Mme Angela Merkel avec la sienne. 

Ce Monsieur, jusqu'à preuve du contraire, est un homme intelligent et parfaitement informé. Il est un vieux routinier de la vie politique et siège dans plusieurs instances suisses et internationales. A partir de là, ses remarques sont simplement ahurissantes, car tout le monde a entendu les propos de M. Erdogan (Premier Ministre) en décembre 2007 : «Les mosquées sont nos casernes, les croyants nos soldats, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes». J'imagine que M. Gross a pu lire ou entendre ces propos aussi bien si ce n'est mieux que moi. A contrario, a-t-il jamais entendu Mme Merkel tenir des propos guerriers concernant sa religion ? J'en doute fort et c'est un euphémisme bien évidemment. Alors qu'est-ce qui fait que ce Monsieur a décidé d'être sourd et aveugle à certaines réalités ? Je ne peux bien évidemment pas répondre à sa place, mais il a perdu beaucoup de sa crédibilité à mes yeux.

 Pour ma part, je suis contre l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne (une adhésion aurait de profondes répercussions sur la Suisse) tant qu'elle n'aura pas clarifié une fois pour toutes ses relations avec la religion. C'est un pays encore laïque, certes, mais les tentations sont de plus en plus fortes de le faire basculer vers un islamisme beaucoup plus militant (les propos de M. Erdogan sont très clairs à ce sujet). Et si cela arrivait alors que la Turquie était dans l'UE, elle représenterait un danger mortel.

 Donc plutôt que de mener des négociations à rallonge avec ce pays, de lui imposer sans arrêt de nouvelles exigences (tout cela dans le but, selon certains, de perdre du temps et de remettre son entrée dans l'UE aux Calendes Grecques), soyons clairs avec ce pays et ses habitants. Disons-lui ce qui nous préoccupe, parlons le langage de la vérité, exprimons clairement qu'une Turquie laïque pourrait être acceptée dans l'UE, mais qu'à la seconde où elle basculerait dans le camp des islamistes elle en serait automatiquement exclue (à l'Europe d'inventer ce mécanisme totalement inédit). Et exigeons que le Peuple turc soit consulté par référendum (avec vote obligatoire) sur sa vision des rapports entre l'Etat et la Religion, avant toute adhésion à l'UE et que cette vision soit inscrite dans la Constitution.

Ce mécanisme devrait permettre à l'UE de se protéger de l'évolution préoccupante d'une partie de la population et de la classe politique de ce pays. Et cela aurait le mérite de la clarté et permettrait un débat assaini car reposant sur des problématiques clairement établies et exprimées.

18:58 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politiqueeuropeturquie | |  Facebook