02/01/2013

Viols (récents) en Inde et peine de mort

La façon dont une Société traite les femmes est un sûr baromètre de son degré de civilisation. Ce qui vient de se produire en Inde avec les viols successifs de 2 jeunes femmes dans des circonstances particulièrement abjectes et révoltantes démontre le travail que ce pays, qui a produit tant de Saints et de dévots, doit encore accomplir pour être à la hauteur des travaux spirituels de tous ces héritiers des grands courants spirituels qui ont traversé ce pays-contient.

La seule bonne nouvelle est que cela a provoqué une réelle émotion et que des hommes et des femmes se sont levés pour demander une peine exemplaire contre les auteurs de ces atrocités. En effet des centaines de milliers de femmes sont violées chaque année en Inde et dans l’immense majorité des cas, cela se déroule dans une absolue indifférence. Puisse cette révolte marquer un réveil salutaire des consciences.

Je ne suis pas, a priori, favorable à la peine de mort car je trouve que l’homme (au sens large) n’a pas un niveau de conscience suffisant pour s’arroger le droit de condamner un autre être humain à la peine capitale. Mais face à la sauvagerie de l’acte et au besoin d’adresser un message fort à des millions de candidats potentiels à cette forme de barbarie, et pour autant que les auteurs soient formellement identifiés, la question de la peine capitale mérite d’être ouvertement posée.

Si les 6 hommes ayant sauvagement violé une de ces jeunes femmes, décédée depuis de ses blessures, sont condamnés à mort, je prierai certes pour eux, mais je me sentirai en harmonie avec cette décision.

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15/05/2012

Helsinki: encore raté

Pour les amateurs suisses de hockey sur glace, les années (trop nombreuses) se suivent et se ressemblent: une équipe qui se construit sur la base d'un bon championnat à l'échelle internationale (on a vu pendant le lock-out de la NHL que les joueurs suisses n'étaient pas loin des superstars de la NHL), des joueurs qui semblent vouloir s'affirmer, quelques brillants succès aux Jeux olympiques ou aux Championnats du monde contre les «monstres» planétaires que sont le Canada, la Russie, la Suède ou la République tchèque. Et puis patatras, il arrive toujours un moment où ce bel ensemble se fragilise, les pires défauts refont surface et l'équipe se liquéfie contre des nobody au pire moment.

C'est exactement ce qui est arrivé encore une fois. Certes, elle n'a cette fois-ci battu ni la Finlande, ni le Canada mais a très bien joué contre ces 2 équipes au sommet de la hiérarchie mondiale. Et puis arrive la France, qui, sans vouloir vexer personne, est en hockey sur glace à peine supérieure à ce que représente le Luxembourg dans le monde du football et ces Messieurs se payent le luxe de se trouer complètement, ruinant en 60 minutes, tout le travail accompli pendant l'année écoulée. Quel gâchis !

Comment des joueurs qui n'ont que leur désir de jouer en NHL à la bouche peuvent-ils fusiller leur avenir en 60 minutes avec un si bel et si récurrent enthousiasme ?

Je ne sais où se niche le problème. Ce que je vois est que des équipes qui viennent de nulle part (Allemagne, Danemark, Norvège) sont capables de rattraper la Suisse en quelques courtes années (il y a 3 ans, la Norvège n'était même pas le Liechtenstein du hockey), alors que les joueurs suisses qui semblent travailler comme des brutes depuis plus de 25 ans,  échouent systématiquement au moment de toucher au Graal.

Alors est-ce dans la tête, Docteur ?

Les sportifs suisses, à part de formidables et brillantissimes exceptions (Federer, bien évidemment, qui est au sommet de la hiérarchie mondiale et le meilleur tennisman de tous les temps, Mark Streit qui a su se faire respecter en NHL et a ouvert la porte aux autres hockeyeurs suisses, Didier Cuche l'inoubliable géant, Stéphane Chapuisat et Alexander Frei, les brillants footballeurs aux nerfs d'acier, Fabian Cancellara, le cycliste de l'impossible et heureusement beaucoup d'autres que je ne peux citer ici, faute de place), n'ont jamais brillé par leur grinta, leur capacité à renverser les montagnes, d'être le David qui terrasse le Goliath. Trop souvent, le sportif suisse semble se satisfaire de sa situation, semble décidé à respecter la hiérarchie, semble saisi du respect sacré devant plus fort que lui (ou supposé tel), refuse de «tuer le père». Trop lisse. Trop gentil. Trop dans le rang. Pas de têtes qui dépassent.

Je me suis souvent intéressé au sport en ce qu'il représente (peut-être) une part de l'âme d'un pays.

Le sport suisse est-il à l'image de notre pays, capable d'être brillantissime, mais tremblant devant le plus fort ? Est-ce que nous préférons mettre toute notre énergie dans un métier honnête, sérieux et souvent sans surprise ? Sont-ce près de 2 siècles de neutralité qui ont fait que nous avons perdu le goût et la capacité de nous battre, enterrant du même coup l'héritage de nos valeureux ancêtres mercenaires-soldats ? Avons-nous tellement intégré le respect de la hiérarchie et la soumission à l'Autorité que nous en avons perdu un peu de notre testostérone (ou un autre ingrédient nécessaire à la victoire) ?

Lorsque l'on voit l'état d'impréparation de notre Gouvernement et des Ministres qui le composent face à de graves questions (le très pathétique Ministre de la Défense et l'imbroglio de l'avenir et des missions de l'armée, la naïveté d'un autre face au tyran d'opérette libyen, etc..) on prend peur, effectivement. Face à l'agressivité des gouvernements de pays soi-disant «amis» et au vu de la rapidité avec laquelle nos Ministres baissent la culotte lorsqu'ils se font sermonner par plus «grands» dans la cour de l'école, on se dit qu'il y a encore du travail à faire avant que la Suisse, en tant que pays, se reconnaisse le droit d'exister et de gagner sur la scène internationale, alors que, paradoxalement, nous le faisons très bien dans l'économie privée.

Vous reprendrez bien un peu de psychothérapie collective ?

20:09 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : helsinki: encore raté, ueli maurer, merz, federer, cuche, sportifs suisses | |  Facebook

19/04/2012

La vie politique française ne fait plus rêver

Il y a quelques années encore, la vie politique « à la française » faisait rêver beaucoup de citoyens suisses romands pour qui la vie politique au quotidien était souvent fade, austère, ennuyeuse comme une soupe sans sel.


Depuis, la politique de ce côté-ci du Jura s'est considérablement musclée et celle du côté français a perdu sa  capacité à faire rêver. Et la campagne actuelle est sans doute la plus fade depuis très longtemps.

En effet, les 10 prétendants s'ils sont parfois bardés de bonnes intentions, n'en sont pas crédibles pour autant. Peut-on vraiment croire que le candidat-président, qui s'est révélé un piètre président pendant 5 ans, va soudain, par la magie d'un nouveau mandat, réussir tout ce qu'il a raté pendant son premier mandat ? Peut-on vraiment croire que son challenger principal va soudain devenir l'homme courageux et volontaire dont ce pays au bord de la catastrophe a besoin (certes, on peut « changer » son caractère le temps d'une campagne, mais ce « changement » résistera-t-il à l'usure du temps) ? Croit-on vraiment que M. JLM va pouvoir faire plus qu'amener la France au bord d'un nouveau « grand soir » où il faudra choisir entre l'austérité la plus contraignante et la « rupture avec le capitalisme » avec toutes les conséquences que cela aura (la France veut-elle devenir une sorte de pays en marge au cœur de l'Europe) ?

Quant aux autres candidats, ils ne sont pas plus crédibles que les trois premiers cités. M. Bayrou est excellent dans son rôle de grand moralisateur de la vie publique, mais quelle serait sa véritable compétence en tant que Chef d'Etat ? Mme Le Pen qui n'arrive même pas à soutenir le regard de ses adversaires politiques pourrait-elle vraiment tenir tête à ceux qui, demain, attaqueront la France (« Marchés », les technocrates de Bruxelles, les pays émergents, ...). Quant aux autres candidats, pas sûr qu'il vaille la peine de trop perdre son temps à les citer.

Je suis vraiment satisfait de vivre dans un pays qui ne sacralise pas UN homme au détriment de tous les autres. Qui n'entretient pas l'illusion qu'un homme peut tout changer par on ne sait quels pouvoirs magiques (car cela relèverait vraiment de la magie de pouvoir relever la France en quelques Lois). Je préfère mille fois un système qui s'appuie sur des Institutions. Qui fonctionne par le respect de ces Institutions et par le travail de chacun. Où chacun a à cœur de se prendre en charge sans attendre qu'un Deus ex machina prenne son destin en main et réalise tous ses rêves (illusion qui se termine généralement par des affrontements dans la rue car la France ne sait pas gérer ses divergences autrement que par la confrontation). Qui laisse la porte ouverte aux citoyens pour qu'ils puissent amender tout ou partie d'une Loi, voire en imposer une nouvelle, par les urnes et pas par la grève.

Bref, je pense que le modèle suisse est supérieur au modèle français et je doute fort que ce pays sorte renforcé de ces élections présidentielles insipides.

12/03/2012

Un système malade

Article affolant dans la TDG du jeudi 8 mars 2012 intitulé : « Le harcèlement sexuel, fléau révélé par la révolte ». Cet article concerne les [... 83 % d'Egyptiennes qui avouent être régulièrement l'objet d'attitudes déplacées, d'attouchements physiques, de paroles ou de gestes obscènes ...] et les 55 femmes, voilées ou non, violées quotidiennement.

Voilà de sinistres statistiques dans un pays qui se veut très religieux.

En réalité c'est à cause de la religion (bien sûr), que ce pays présente des statistiques aussi inquiétantes. Croire que l'on peut maîtriser ses pulsions par une oppression religieuse est une parfaite illusion. Nous avons vécu cela dans nos pays il y a quelques générations et cela a totalement échoué. Le modèle oppressif qui règne encore aujourd'hui dans les pays musulmans nous choque, car nous avons jeté tout cela aux orties. Et heureusement.

La maîtrise de nos instincts, si maîtrise l'on souhaite, ne peut se faire que par un travail de conscience qui permet de connaître à la fois la pleine vigueur de sa virilité (parlons des hommes puisque visiblement ce sont les hommes qui sont le plus malades) et la maîtrise de celle-ci. Cela ne se fait pas par l'oppression, la répression, les tabous, la culpabilisation et la domination d'un sexe par l'autre. Quant à la chasteté, elle est réservée à une minuscule élite prédestinée à ce chemin particulièrement difficile et semé de pièges. Pour les autres, l'écrasante majorité de la population, une vie sexuelle épanouie est un choix largement supérieur à cet enfer de la fausse vertu et du mensonge.

Croire le contraire, c'est se mentir à soi-même et aux autres et créer un système générateur de haine et de violence.

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22/10/2011

On a les icônes que l'on se donne

Après le décès attendu de Steve Jobs, on a assisté aux scènes qui sont devenues habituelles, chaque fois qu'une personnalité appréciée du grand public, décède: des fleurs, des larmes, des messages sur la toile, la création d'une sorte de transe collective passablement irrationnelle.

On l'a vécu en son temps avec la Princesse Diana qui était certes une très jolie femme et qui a eu la bonté de serrer un ou deux enfants sidéens dans ses bras, mais méritait-elle les démonstrations  médiatiques et populaires qui ont entouré son décès dans les circonstances tragiques que tout le monde connaît ?

Plus récemment, ce furent des scènes tout aussi excessives après le décès de Michael Jackson. Alors, oui, il était un grand danseur et un musicien exceptionnel. Mais après ? En tant qu'icône, qu'avait-il à proposer ? Sa fin montre surtout une extrême souffrance, une immense solitude et certainement une perte de ses repères.

Concernant Steve Jobs, le «génie» qui a changé la vie de tant d'internautes (dixit certains témoignages), je viens d'entendre une émission sur la RSR1 («La pomme qui empoisonne les Chinois»), qui dénonce les terribles dégâts environnementaux causés par les usines Apple en Chine. Et le fait qu'Apple a longtemps refusé de coopérer. C'est la face cachée d'Apple.

Nous acclamons cet homme comme une sorte de Messie de la Toile alors qu'il a activement favorisé la création d'usines extrêmement polluantes en Chine, qui ont causé de graves troubles de la santé (jusqu'à des cancers) des habitants voisins de ses usines. Le Messie n'avait pas les mains vraiment propres.

C'est un des autres méfaits de la globalisation de l'économie: non seulement cela a eu pour effet de détruire le tissu industriel producteur de richesses dans nos pays, au profit des seuls actionnaires des entreprises ayant délocalisé, mais ces mêmes entreprises en ont profité pour produire non seulement à très bas prix, mais en violation flagrante et scandaleuse de toutes les Lois (non existantes dans ces pays émergents) de protection des travailleurs et de l'environnement.

L'économie mondialisée est une absurdité à tous points de vue: chaque jour des milliers de navires, sillonnent les mers du monde pour transporter les matières premières d'un coin à l'autre. Et autant qui transportent des biens de consommation d'un pays à l'autre, à la recherche du moindre coût :

  • Des animaux élevés en Europe pour profiter des subventions partent au Liban (par exemple) pour être équarris, avant de revenir en Europe pour y être vendus
  • Idem pour les crevettes pêchées ici, décortiquées là et revendues encore ailleurs
  • Et bien sûr tous les produits venant de l'usine du monde, la Chine, vendus en Occident.

Tout cela (les exemples pullulent) utilise des quantités monstrueuses de pétrole, une ressource que l'on sait limitée, et prouve encore plus l'absurdité du système. Pourra-t-on encore longtemps accepter un système qui:

  • Met en compétition des travailleurs vivant dans des époques différentes (nos entreprises profitent, en Chine, de conditions cadres qui existaient en Europe à l'époque de la Révolution industrielle, au milieu du 19ème siècle),
  • Détruit notre tissu industriel et, par là-même, va détruire tout ce que les grands combats syndicaux ont réussi à arracher aux tenants du capital (on voit à quel point le filet social est attaqué dans nos pays et est en passe d'être détruit dans les pays qui sont aux abois, comme la Grèce)
  • Détruit l'environnement en profitant de la soif de développement des pays du Tiers-Monde et de la cupidité inextinguible des potentats locaux

Si je reconnais que Steve Jobs avait un génie industriel qui lui était propre, je ne peux oublier la face sombre du personnage et de l'entreprise qu'il a créée.

20:18 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : on a les icônes que l'on se donne, steve jobs | |  Facebook

23/08/2011

Y aurait-il mensonge et mensonge ?

La saga new-yorkaise de DSK touche probablement à sa fin. Dans un document adressé au juge, le procureur explique que des éléments prouvent qu'elle [Mme Diallo] a eu «une relation sexuelle précipitée» avec l'ancien patron du FMI, mais que ses mensonges ont «sérieusement entamé sa crédibilité».

Bigre ! Voilà une situation qui serait très intéressante si elle n'était potentiellement tragique.

D'un côté vous avez un homme qui est proche des sommets du pouvoir et cela depuis des décennies, qui connaît absolument tous les rouages de nos systèmes politiques, économiques et judiciaires. Qui est riche à nombreux millions notamment par sa femme. Qui sait à quelles portes influentes il peut frapper de jour comme de nuit.

Face à lui, et sans vouloir abuser de la corde sensible, vous avez une pauvresse arrivée clandestinement d'Afrique, qui ne jouit d'aucune connexion, doit difficilement gagner sa vie et subit même l'opprobre de la part de sa propre communauté à l'égard des femmes qui ont «fauté».

Rarement l'expression de pot de terre contre pot de fer n'aura été aussi justifiée.

Si cette femme a probablement émis, même sous serment, des mensonges, s'est contredite, peut-on vraiment lui en tenir tout à fait rigueur ? Imaginez la scène: vous arrivez, plus ou moins inculte d'un des pays les plus pauvres du monde, vous vivez clandestinement. Depuis votre arrivée sur le sol américain vous avez dû trouver des expédients pour survivre et passer entre les mailles du filet policier qui aurait eu tôt fait de vous expulser et un jour, vous vous retrouvez sous les feux cruels et inquisiteurs de la Justice, face à un des hommes les plus puissants de la planète.

Pensez-vous qu'à sa place, vous auriez été totalement serein(e), vous auriez fait face à cette machine judiciaire avec tous vos moyens psychiques, émotionnels et intellectuels, que vous auriez su éviter avec finesse tous les pièges tendus par la partie adverse (et nous avions été rendus attentifs dès le début de l'instruction que les avocats de DSK allaient chercher par TOUS les moyens à la discréditer) ? Honnêtement, si j'avais été à sa place, vraiment «à sa place», j'en doute fort.

Quant à DSK, même s'il s'est apparemment sorti de ce coup (si j'ose dire),  il ne semble pas être un ange pour autant. Et ses dénégations sont sujettes à caution, puisque le procureur lui-même admet que des éléments prouvent qu'elle a eu «une relation sexuelle précipitée» avec l'ancien patron du FMI. Et lui a eu la sagesse de se taire et de passer son temps à discréditer cette femme par avocats interposés.

Je doute que DSK ait dit toute la vérité dans cette affaire, tout comme il est clair que Mme Diallo n'a pas su défendre sa vérité avec toute la rigueur voulue pour parvenir à la faire éclater au grand jour. Dès lors, il est à penser que nous ne saurons jamais la vérité dans cette affaire.

Mais j'ai tout de même la fâcheuse impression que les mensonges des uns pèsent plus que les mensonges des autres.

21:39 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : y aurait-il mensonge et mensonge, diallo, affaire dsk | |  Facebook

10/08/2011

Il y a Humanisme et Humanisme

Merci à M. Pierre Weiss pour sa lettre publiée dans le courrier des lecteurs de ce jour, dénonçant les propos spécieux de Hani Ramadan concernant les attentats d'Oslo.

Les propos de ce monsieur sont empreints d'humanisme, mais seulement en apparence. Venant de quelqu'un qui s'est publiquement, et avec le porte-voix le plus prestigieux de la langue française (le journal «Le Monde»), déclaré en faveur de la lapidation des femmes, cela devient une dangereuse tentative de manipulation des esprits. Car, que je sache, il n'est jamais revenu sur ses propos.

Comment la TDG peut-elle continuer d'offrir une tribune (c'est le cas de le dire) à une personne qui est un des chevaux de Troie de l'islamisme radical et un des avocats de la Charia en Europe ? J'espère que personne n'est dupe de son double langage.

Je suis rarement en accord avec M. Weiss. Mais, là, j'approuve ses propos à 100%.

28/07/2011

Un 1er avril en plein été

Où l'on apprend qu'une tour en bois dominera le Genevois (mais évitera-t-elle les traditionnels obstacles jetés en travers de tous les projets dans notre canton ...). Construite à la place d'un château d'eau en fin de vie, cette tour construite à Satigny aura une hauteur de 60m. Le reste de l'article publié dans la TDG du 27 juillet fournit tous les détails concernant ce projet.

Je ne sais pas vous, mais moi, cette tour me fait furieusement penser à un minaret. Tout y est en tous les cas. Cela aurait fait une excellente blague de 1er avril car, en l'état, ce projet ne mérite pas un autre sort

Ou alors, cela me vient soudain. Retouché ce "minaret" pourrait facilement devenir "crayon". On pourrait ainsi l'ériger à la gloire de la Maison Caran d'Ache. Cela ferait doublement sens:

  • honorer ce fleuron du tissu économique genevois
  • célébrer l'Année internationale de la forêt (but officiel du projet initial)

03/06/2011

Le b.a.-ba de la manipulation

En page 4 de la TDG de ce jour, un article sur Oskar Freysinger, homme politique qui fascine vraiment ses ennemis. Pour illustrer l'article, une photo qui montre M. Freysinger la bouche grande ouverte, le verbe probablement haut (c'est ce que la photo veut suggérer) et qui s'apprête à taper sur la table pour mettre les points sur les i.

Je constate que c'est vraiment une habitude de montrer, par l'image, ceux que l'on veut discréditer, en tapant toujours sur le même clou. Quelques exemples :

  • Christophe Blocher: Sur toutes les photos paraissant dans la presse romande, Il a l'air à la limite de l'arriération mentale. Or, que je sache, il a été un brillant entrepreneur et je doute que cela soit à la portée d'une personne souffrant d'un tel handicap
  • Georges W Bush: à partir des attentats du 11 septembre 2001, on n'a plus vu qu'une seule photo, celle du va-t-en-guerre, agressif et teigneux
  • Oskar Freysinger: la photo choisie indique, peut-être, que la presse veut dorénavant en faire un leader de l'extrême droite européenne

Je trouve ce procédé journalistique vraiment navrant de paresse. Et les vraies questions ne sont même pas abordées :

  • Christophe Blocher: j'ai de sérieux doutes par rapport à ce Monsieur, car j'ai la furieuse impression que sa volonté farouche de défendre la Suisse contre certains excès de l'ouverture des frontières cache un autre agenda qui est la libéralisation, à outrance, de l'économie suisse. Je serais beaucoup plus intéressé par un article qui ferait un véritable travail d'investigation pour nous démontrer qui est vraiment Christophe Blocher et si oui ou non il utilise le thème porteur de la lutte contre l'immigration pour faire avancer un autre dossier. Hélas, peut-être que d'aller fouiller dans ces dossiers-là serait plus inconfortable pour les médias concernés et leurs propriétaires
  • Georges W Bush: c'est un constat semblable en ce qui concerne l'ancien président. Voilà un personnage qui a incarné le pouvoir suprême pendant 8 années, alors qu'il n'était que la marionnette de ceux qui avaient une vision, ô combien nuisible, pour la Société américaine et pour le Monde (voir mes précédents billets «Les Etats-Unis au bord de la banqueroute?», «La démission de l'Etat» et «Le (non) sens des responsabilités du secteur privé». J'aurais aimé lire une étude vraiment critique sur les liens incestueux entre le pouvoir politique et l'économie. J'aurais aimé lire une étude fouillée sur tous les dégâts législatifs à l'encontre du droit du travail, de la protection de l'environnement, de la protection des consommateurs, du monstrueux transfert de richesse des pauvres et de la classe moyenne en faveur des ultras riches. De tout cela, rien, ou si peu. Il est tellement plus facile de dire des choses convenues et qui recueilleront d'emblée l'assentiment de tous les européens, que de faire un véritable travail d'investigation pour montrer comment les idées ultra-libérales sont en train de mener les Etats-Unis, et l'Occident par la même occasion, à un déclin brutal, violent et inéluctable. Mais là aussi, il serait sans doute moins confortable d'aller fouiller dans ces dossiers-là pour les médias concernés et leurs propriétaires
  • Oskar Freysinger: j'apprécie ce Monsieur lorsqu'il met en garde les Européens contre une islamisation rampante de l'Europe. A mon avis ce risque est réel (voir mes billets "Faut-il accueillir toute la misère du monde ?" et "De quoi parle-t-on ?"). Ce n'est pas être d'extrême droite que d'oser dire tout haut ce que la plupart pensent tout bas (le «politiquement correct» oblige). Cette façon de jeter l'opprobre sur ceux qui osent évoquer de vraies questions de société est une sorte de terrorisme du bien-penser avec lequel la gauche croit naïvement résoudre certaines problématiques. Maintenant, si M. Freysinger dérivait vraiment vers l'extrême droite, cela me serait parfaitement insupportable. Mais cela n'est pas le cas aujourd'hui et c'est lui faire un procès d'intention que de suggérer cela. J'aimerais que les médias écoutent ce qu'il dit au lieu de lui coller une étiquette infamante. L'avenir nous dira quelle sera son évolution réelle et je ne suis pas intéressé par les fantasmes des journalistes

 

08/04/2011

Combien "vaut" René Prêtre

Selon ce que j'ai pu lire dans la presse, le grand cardiologue René Prêtre gagne environ 500'000 CHF par an. C'est certes une somme conséquente, mais je trouve que l'approche de ce grand Monsieur est éminemment saine et respectable. En l'entendant parler, on a vraiment le sentiment que ce qui compte, ce n'est ni le salaire, ni la gloriole, ni tous ces besoins détestables qui parasitent l'esprit de tant de gens qui sont parvenus au sommet de leur carrière. Non, ce qu'il fait, Monsieur Prêtre le fait par amour de son métier. Et je le crois volontiers.

Aucun doute que d'autres travaillent aussi par amour pour leur métier, Aucun doute que d'autres ont aussi développé des compétences. Mais est-il vraiment normal que nous en soyons arrivés aux excès auxquels nous assistons tous les jours depuis que le libéralisme sauvage a déferlé sur nos pays.

Pour devenir un cardiologue de la trempe de Monsieur Prêtre, il faut 15 ans de formation post-grade et de l'aveu même de Monsieur Prêtre, il ne peut pas s'arrêter plus d'une semaine, car déjà il commence à perdre un soupçon de précision. Cela me fait penser à Yehudi Menuhin qui disait «Lorsque je ne joue pas un jour je m'en rends compte. Lorsque je ne joue pas deux jours, ma femme s'en rend compte. Lorsque je ne joue pas trois jours, le public s'en rend compte». Alors, lorsque certains Happy fews vont se pavaner sur leurs yachts pour impressionner leurs semblables, dans une suprême vacuité intellectuelle et spirituelle, Monsieur René Prêtre va opérer des enfants dans le tiers-monde pour le compte de sa Fondation.

Alors je me pose quelques questions. La Société doit-elle continuer d'accepter:

  • Qu'un Tiger Woods (un exemple parmi quelques autres) puisse devenir MILLIARDAIRE en $ en quelques années juste parce qu'il sait taper dans une baballe ? Certes, il sert les intérêts marketing de quelques sociétés, mais qu'apporte-t-il à LA Société ?
  • Que des sportifs et des artistes de variété gagnent des dizaines de millions de $ chaque année ?
  • Que des chefs d'entreprise en gagnent autant, y compris lorsqu'ils sont incompétents et nuisibles au développement de leur entreprise (sans parler des désastres sociaux qu'ils occasionnent en précipitant leurs employés dans la précarité et le chômage)?
  • Que des traders qui font un travail souvent plus que douteux sur le plan éthique (qui se comportent même trop souvent comme des parasites et des prédateurs) gagnent des bonus ANNUELS qui peuvent se monter à plusieurs centaines de millions de $ ?
  • Pour conclure, peut-on laisser cette question à l'appréciation individuelle ?

Certes il y a un René Prêtre qui pourrait certainement gagner plus si son but était son enrichissement personnel et qui ne le fait pas car ce Monsieur a une Conscience qui l'honore. Mais pour un René Prêtre, combien de personnes qui ont totalement perdu le sens des réalités et qui se perdent dans une fuite en avant à la plus grosse rémunération possible ?

C'est sans doute là qu'une initiative «contre les salaires abusifs» comme celle de Thomas Minder pourrait apporter des réponses, au moins en partie. En réalité, cette question est devenue planétaire et la réponse devrait être une réponse concertée à l'échelle de la planète. Ce qui n'est évidemment pas pour demain au vu de la dangereuse compétition qui dérègle le monde dans tous ses aspects.

20/03/2011

Sur les traces des Etats-Unis ?

Lorsque je suis arrivé aux Etats-Unis en l'an 2000, une des premières choses que mes nouveaux collègues m'ont dite a été : «Si tu dois avoir une entrevue en tête-à-tête avec une collègue féminine, ne ferme pas la porte, tu pourrais ensuite être poursuivi pour harcèlement sexuel ».

Mythe ou réalité, cela m'a brutalement amené dans une autre réalité, celle de ce pays procédurier, peuplé d'armées d'avocats qui, en manque de travail, en inventent avec une créativité digne d'éloge. Cette omniprésence des avocats fait que tout le monde, à tout moment, dans n'importe quelle circonstance de la vie, peut se retrouver poursuivi ou se voir opposer une procédure ne correspondant pas à la réalité. Un exemple authentique cité par mes nouveaux collègues: vous avez un accident de voiture. La partie adverse reconnaît ses torts. Vous établissez un constat à l'amiable et vous envoyez le tout à vos assurances respectives. Vous pensez que tout va bien. Quinze jours plus tard, vous constatez que la partie adverse s'est rétractée sur tout, qu'elle dénonce tout ce qu'elle avait signé, avec l'aide de son avocat. Vous êtes embarqué dans une procédure sans fin qui vire au cauchemar.

Après l'affaire de ce jeune étudiant plagiaire genevois qui avait, me semble-t-il, obtenu gain de cause devant la justice et surtout la très récente affaire de cette avocate genevoise qui a accepté de déposer une plainte pénale surréaliste contre la Police genevoise pour "Délit manqué de meurtre et mise en danger de la vie d'autrui" au nom d'un des malfrats qui ont attaqué un bureau de change à Thônex et dont le groupe avait riposté à l'arme lourde contre la Police genevoise qui tentait de s'interposer (voir mon billet du 8 mars 2011, «Avocat, un bien joli métier», je me demande si nous ne sommes pas lentement en train de glisser sur la même pente que les Etats-Unis.

Nous avons copié la façon désastreuse de se nourrir des américains et comme par hasard l'obésité explose dans nos pays européens. De la même façon, depuis 30 ans, les pays européens ont adopté le crédo ultra libéral américain pour organiser notre économie et nous en voyons les répercussions sociales. Serions-nous en plus en train d'importer cette mentalité procédurière pour occuper nos avocats désoeuvrés?

Cette dérive ne fait que renforcer l'amoralité de nos Sociétés où un petit groupe d'élus, une oligarchie, a mis nos pays en coupe réglée. Cette déliquescence de la Morale qui devrait présider à l'organisation de nos Sociétés fait que beaucoup ont l'impression d'une rapide régression sociale qui semble nous ramener à une époque où il n'y avait que deux classes sociales : les riches et puissants (la Noblesse avec l'aide de l'Eglise) et les pauvres et miséreux (les paysans). Aujourd'hui, tout a changé, au moins en apparence. La Noblesse a à peu près disparu, elle a été remplacée par ces Familles qui possèdent un capital financier, industriel, patrimonial, intellectuel qui font que quelques centaines de familles détiennent des revenus supérieurs à ceux des deux milliards d'habitants les plus pauvres de la Terre. L'Eglise n'a plus de pouvoir, elle a été remplacée par une classe politique qui a abdiqué tout pouvoir pour être au service de cette «Elite». A l'opposé, la majorité des pauvres, au moins dans nos pays occidentaux, ne sont plus des paysans, mais des travailleurs qui ont de moins en moins le sentiment de détenir toutes les clés de leur avenir.

Les derniers remparts contre cette déliquescence sont une foule de petites gens, gens honnêtes et travailleurs qui continuent de croire en des valeurs supérieures comme l'honnêteté et la solidarité et des chefs d'entreprises petites, moyennes, familiales et à taille humaine qui ont encore la conscience de leur responsabilité sociale.

02/01/2011

De quoi parle-t-on ?

Maintenant que les scories des votations sur le renvoi des criminels étrangers sont un peu retombées, il est peut-être enfin possible de «parler» de ce sujet avec un minimum de mesure et une plus juste mise en perspective.

Je dis bien «peut-être», car dès que l'on aborde ces sujets, il semble que l'intelligence s'arrête de fonctionner et que l'émotionnel prend possession de tout le champ de conscience. Que n'a-t-on pas en effet entendu avant, pendant et après ces votations. L'UDC était une fois de plus comparée à un Parti de chemises brunes et le Peuple suisse, dans le meilleur des cas, à une bande d'imbéciles facilement manipulés par des gens sans scrupules.

Rappelons une fois de plus que le texte de l'initiative portait sur le renvoi des CRIMINELS étrangers. Or, à entendre certains, on avait vraiment l'impression que les Suisses s'étaient exprimés pour renvoyer TOUS les étrangers, dans un grand élan xénophobe. Pourtant, également entendu pendant les débats autour de cet objet, à population égale, la Suisse (pays soi-disant si «fermé») naturalise plus que les Etats-Unis (pays que l'on croyait champion toute catégorie dans ce domaine).

Comment mener un débat démocratique si l'on bascule constamment dans le psychodrame, le mensonge et la manipulation ? Si vous vous rendez au square de votre quartier et que dans le bac à sable un petit se met à frapper les autres enfants, y compris le vôtre, quelle sera votre réaction ? Allez-vous le regarder tabasser votre enfant en pensant: «le pauvre, il doit avoir une enfance perturbée ?» Non, je pense que vous allez faire en sorte de mettre fin à ce comportement, au besoin en expulsant cet enfant du bac à sable. Et vous aurez parfaitement raison.

La Suisse n'est pas xénophobe. Mais je pense que beaucoup de Suisses (et d'Européens qui n'ont pas les moyens démocratiques de s'exprimer) sont excédés de voir que certains comportements ne sont pas sanctionnés. Fatigués de voir des dealers se livrer ouvertement à leur trafic au milieu de nos villes et que la pire sanction qu'ils encourent est celle de passer quelques heures au Poste de Police avant d'être relâchés dans la nature. Fatigués de voir certains venir demander à bénéficier d'un statut de réfugié pour finalement refuser toute forme d'intégration. Heureusement, ces abus dans le droit d'asile ou ces comportements déviants ne concernent qu'une petite frange des immigrés. Mais le fait que cela concerne relativement peu de personnes ne signifie pas que l'on doive rester impuissant face à elles.

C'est une vraie difficulté pour nos Sociétés. Et visiblement aucun de nos Pays n'a trouvé la solution miraculeuse. Alors je me demande comment résoudre ce problème de plus en plus pressant ?

Une possibilité serait que nos Pays établissent une sorte de cadre ou plus précisément une sorte de «Contrat», permettant aux uns et aux autres de vivre ensemble. Je trouve qu'il serait sain et légitime d'établir une sorte de «Contrat» qui définirait clairement, dans un langage compréhensible par tous, les Droits et les Devoirs de chacun. La Société évolue, et très rapidement. Ce Contrat, entre nous et les immigrants, manque visiblement. En gens raisonnables, nous devrions être capables de nous mettre d'accord sur un ensemble de valeurs qui devraient être le socle commun de nos démocraties (ce devrait être le rôle de la Constitution) et de proposer ce pacte à ceux qui viennent chercher un refuge politique, religieux ou une nouvelle chance sur le plan économique. Il n'y a rien de scandaleux à cela. Et les comportements criminels ne sont certainement pas en accord avec ce socle commun.

L'autre difficulté, dans ce débat sur de vraies questions de Société, sont les réactions d'une partie de la classe politique et des intellectuels de nos pays. En gros je les regroupe en 2 grandes catégories :

  • celle de ceux qui sont prompts à jeter l'anathème à la face de ceux qui osent exprimer certaines problématiques. Immédiatement les mots outranciers sont jetés dans le débat: racisme, xénophobie, fascisme, propos nauséabonds, retour des Chemises brunes, etc..
  • celle de passablement de politiciens qui prétendent reconnaître la réalité de la criminalité, et qui finissent systématiquement leur discours par un «mais». Un «mais» qui veut bien évidemment dire qu'ils n'entreprendront rien (car penser que l'on réglera la criminalité dans nos pays en réglant les problèmes sociaux, politiques, économiques et religieux des pays pourvoyeurs d'immigrants revient à dire qu'il ne se passera rien de significatif avant un ou deux siècles).

Un «Contrat» qui devrait être endossé et signé par les immigrants permettrait de nommer les choses qui dérangent et de faire un pas en avant constructif vers un mieux-vivre ensemble.