07/10/2015

Grands principes ou Realpolitik ?

Jamais encore la tumeur cancéreuse qui se développe depuis des décennies au Proche et au Moyen Orient n'aura recelé un tel risque pour la santé de ce grand malade qu'est la Terre :

  • Elle continue d'envoyer ses métastases un peu partout sous forme de cellules terroristes, dormantes ou actives. Ainsi que des milliers de propagandistes qui savent si bien s'insinuer dans nos médias en distillant le discours parfaitement formaté que nous avons tellement envie d'entendre afin de n'avoir aucune décision à prendre
  • Beaucoup plus grave encore, avec l'aggravation du conflit en Syrie, elle attire les armées d’un nombre de plus en plus considérable de pays: de la région bien évidemment, des membres de l'OTAN que sont les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne (bientôt) et la Turquie au jeu plus que trouble et douteux. Ajoutez-y la Russie depuis quelques jours aux côtés de ce qui reste de l'armée de Bachar el-Assad et des forces iraniennes et vous obtenez un cocktail au potentiel détonant considérable. Surtout avec l'aveuglement stratégique de plus en plus épais de nos dirigeants politiques et militaires vis-à-vis de la Russie.

Le problème de nos dirigeants est qu’ils croient mordicus à leur propre propagande. Ils s’en vont par monts et par vaux pérorer sur notre responsabilité vis-à-vis de tel ou tel peuple, quand ce n’est pas de la planète entière. Sur notre devoir d’accueillir les millions de réfugiés qui forcent les portes de notre maison. Et sur notre devoir de défendre la démocratie. Tout ceci est aberrant et pour plusieurs raisons :

  • Premièrement car nos pays sont objectivement ruinés. Depuis les débuts de la mondialisation (et je m’en suis souvent ouvert dans ce blog) il règne une véritable schizophrénie : d’un côté nos gouvernements continuent de parler de solidarité et de partage des richesses pour obtenir nos voix alors que sitôt au pouvoir ils organisent le transfert légal des richesses vers une minuscule élite d’investisseurs
  • Deuxièmement car la crise des subprimes a révélé le degré de cynisme que nos élites ont atteint puisque les petites gens d’Europe et des Etats-Unis ont dû se saigner aux quatre veines pour sauver un secteur bancaire qui s’enrichit pourtant sur notre dos depuis des décennies
  • Troisièmement, car pour les raisons invoquées au point 1) et 2), nos armées sont depuis de nombreuses années des variables d’ajustement de nos budgets nationaux. C’est ainsi qu’il n’y a plus une seule armée en Europe digne de ce nom, et ce n’est pas le baroud d’honneur de la France au Mali (un conflit tout juste à sa mesure) qui me fera changer d’avis. Quant à l’armée des Etats-Unis, elle est visiblement épuisée et elle a, elle aussi, subi une sévère cure d’amaigrissement
  • Quatrièmement car chaque fois qu’un dictateur est tombé dans cette région il a été remplacé par un régime encore plus corrompu et sanguinaire.

Alors voulons-nous vraiment continuer de défendre les grands principes au détriment de nos intérêts politiques et stratégiques ? Je crois que c’est le dernier moment pour que nos nains politiques et stratégiques réalisent qu’il est temps de revenir à une forme de Realpolitik en réalisant l’union sacrée de nos pays avec la Russie dans cette lutte contre cette tumeur. Au risque, dans le cas contraire, de faire un pas de plus vers le bord de la falaise.

Commentaires

il ne reste qu'un modèle de pouvoirs dominant
qui aux seules fins de son enrichissement propre
n'est rien

hormis un instrument destructeur
de souverainetés, de pays, d'institutions nationales comme internationales,
soit de l'ensemble-moteur des sociétés civiles
dont ils vivent.

on appelle ça scier la branche..

Écrit par : suisse & genevois déshérité | 08/10/2015

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