11/02/2014

Initiative de l’UDC: et pan sur le pif

J’ai voté contre l’initiative de l’UDC comme la grande majorité des Genevois. Mais il faut bien admettre que beaucoup de choses sont allées de travers depuis quelques années et que l’UDC a su capitaliser sur le mécontentement grandissant d’une partie de la population. 

Contrairement aux âneries répétées par de nombreux politiciens européens mal informés ou intellectuellement paresseux ou encore soucieux de défendre un modèle de construction européenne qui n’a plus la cote, la Suisse est un pays largement ouvert sur le monde. Comment expliquer autrement les succès rencontrés par nos petites, moyennes et grandes entreprises sur les marchés mondiaux.

Le problème avec les âneries c’est qu’à force d’être répétées elles prennent l'apparence de vérités.

J’aimerais entendre notre gouvernement aller expliquer des choses simples à leurs collègues européens:

  • La Suisse est un minuscule pays d’un peu plus de 41'000 km2 dont les 2/3 sont occupés par les Alpes. Sur le mouchoir de poche qui reste, nous sommes déjà 8 millions d’habitants et on nous en promet 10 millions dans une vingtaine d’années. Ceci est une limite géographique dont les effets pervers ne pourront être atténués que par une politique volontariste en termes d’aménagement du territoire. Et pas sûr que la LAT suffira
  • Deuxièmement, les mesures d’accompagnement promises lors de la signature des accords bilatéraux sont restées largement insuffisantes dans de nombreuses régions du pays et dans de nombreux secteurs économiques. Ceci est un problème politique lié à l’inertie de notre gouvernement et à la malhonnêteté de certains patrons (comment voulez-vous trouver un emploi si vous êtes résident au Tessin alors que de l’autre côté de la frontière il y a des millions de chômeurs prêts à travailler pour un salaire italien)
  • Troisièmement, les infrastructures ne suivent pas et ce pays est au bord de l’apoplexie. Cela fait un temps certain que je cherche à changer d’appartement, mais autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Et lorsqu’un appartement arrive sur le marché, vous êtes la cinquantième personne à le visiter. Là aussi notre gouvernement a failli en laissant les lois du marché permettre une flambée des prix des logements au détriment de la classe moyenne et des classes défavorisées.

Même si, comme déjà mentionné, j’ai voté contre, je dois reconnaître une certaine forme de sagesse à cette décision. Et je pense que ce vote est beaucoup plus un désaveu du laxisme de notre gouvernement qui gouverne surtout par laisser-faire que de la peur de l’ouverture ou de repli identitaire ou autres âneries entendues dans la bouche de Laurent Fabius, Manuel Valls ou encore Jean-Marie Cavada que l’on a connus mieux inspirés.

Il serait plus que temps que nos ministres empoignent leur bâton de pèlerins et sillonnent l’Europe pour expliquer les particularismes helvétiques plutôt que de se couvrir de cendres et de honte. Et plus que temps également de prendre quelques mesures énergiques pour limiter certains abus qui ulcèrent la population et font le jeu de certains habiles politiciens.

Commentaires

Moi aussi j'analyse toujours trop avant de prendre une décision qui changerait ma vie et je choisi le status quo par peur de l'inconnu. Mais c'est pas grave puisque d'autres savent instinctivement faire pour moi le bon choix. Nous sommes tous différents et c'est bien ainsi. Par contre je sens chez vous un vrai désir et la capacité faire changer les choses. C'est ça le plus important.

Écrit par : norbertmaendly | 11/02/2014

" Et lorsqu’un appartement arrive sur le marché, vous êtes la cinquantième personne à le visiter. Là aussi notre gouvernement a failli en laissant les lois du marché permettre une flambée des prix des logements au détriment de la classe moyenne et des classes défavorisées. "

Les lois du marché dans l'immobilier? Vous plaisantez j'espère? En Suisse surtout à Genève ont fait tout politiquement pour freiner la construction de logements. Les habitants de Versoix viennent d'en faire un bel exemple en refusant un projet de quartier immobilier. Tout ça au nom de l'égoïsme collectif de la part de personne qui ont déjà un logement. ( Pas de ça chez nous ) Après ça se plaint que les logements sont dans une phase de pénuries.

" La Suisse est un minuscule pays d’un peu plus de 41'000 km2 dont les 2/3 sont occupés par les Alpes. Sur le mouchoir de poche qui reste, nous sommes déjà 8 millions d’habitants et on nous en promet 10 millions dans une vingtaine d’années. Ceci est une limite géographique dont les effets pervers ne pourront être atténués que par une politique volontariste en termes d’aménagement du territoire. Et pas sûr que la LAT suffira "

Quand on aura compris que bâtir en hauteur cela économisera la superficie du territoire on aura fait un grand pas. Mais allez faire comprendre à ceux qui ne cessent de mettre les bâtons dans les roues à chaque projet de tours de plus de 100 mètres où les projet de rehausser les immeubles existants.

La pénurie de logement est bien antérieur aux accords de la libre circulation. S'attaquer à cette libre circulation pour espérer avoir un parc immobilier suffisant pour tout le monde c'est de s'attaquer à des moulins à vent.

D.J

Écrit par : D.J | 11/02/2014

Bonjour M. Maendly, votre raisonnement est intéressant et j'en déduis que malgré vos réticences, vous avez décidez de voter 'AVEC LA RAISON'.
Pour ma part j'ai préféré voter 'AVEC MES TRIPES' et l'expérience m'enseigne que, avec le temps, cela s'avère très souvent gagnant.

Voilà mes critères qui ont motivé mon choix 'tripes':

- Le salaire moyen Bulgare/Roumain est de 600-800Euro/mois, Français et Italien 1200.-Euro/mois. Le salaire moyen suisse est d'env. 4000.- Fr (3200 Euros). Il est naturel que si on leur donne le choix, ils préfèrent venir travailler en Suisse. Sans compter les avantages fiscaux des entreprises en Suisse qui donne l'envie aux Patrons Français et Italiens de transférer leur entreprise en Suisse (voir la situation catastrophique au Tessin ou les entreprises Italiens imposent les salaires de la péninsule aux Suisses).

- Le seul objectif des Patrons est de continuer à profiter de la situation actuelle pour s'enrichir grâce au dumping salariale aux détriments des frontaliers Français ou Italiens et il s'enfichent pas mal des conséquences sociales.

- Le Syndicats profitent de la situation pour demander plus d'inspecteurs (si possible 1 insp. dans chaque entreprise!!) et le fameux salaire minimum pour tous. Finalement ils se réjouissent du 'Oui' à l'initiative mais ils n'osent pas le dire.

- Le Politiciens n'ont rien compris et continuent à se faire manipuler par les deux autres catégories (excepté bien évidemment Blocher).

- PERSONNE s'est pris la peine d'aborder le problème de manière GLOBALE en incluant les aspects géopolitiques, économiques, écologiques et sociales.

HEUREUSEMENT QUE LE PEUPLE SUISSE 'ALEMANIQUE!' a voté avec les TRIPES. Le temps nous dira s'ils avaient raison!!

Pour finir toutes les personnes éclairées en Europe (par exemple M. Fillon en France..)ont compris que la Suisse est le laboratoire de l'Europe. Si les autres pays auraient aussi le privilège d'avoir la démocratie directe, ils voteraient de la même manière.

En conclusion ' laissons aboyer les politiciens de Bruxelles' qui continuent à enfoncer la tête dans la terre comme l'autruche pour éviter de voir la réalité.... La seule chance de l'Europe est de profiter de cette votation en Suisse pour remettre 'l'ouvrage sur le métier' et REFAIRE une autre Europe, avec le minimum de contrôles qui s'imposent, compte tenu de la situation économique à géométrie variable des 27 membres actuels. S'ils ont besoin de conseil qu'ils aient les demander aux américains /green card, aux canadiens ou aux australiens.

Je précise que je suis un sympathisant de DROITE, et contrairement à ce que on imagine, je connais beaucoup de collègues de droite qui ont voté comme moi. Merci de m'avoir lu.

Écrit par : Charles Leone | 12/02/2014

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