29/11/2013

Etats-Unis: un pays fatigué ?

Le récent accord sur le nucléaire iranien est peut-être un bon début d'accord permettant, à terme, de ramener l'Iran à de meilleures intentions mais je me demande surtout si ce n'est pas le signe de la grande fatigue des Etats-Unis.

Ce pays a été sur tous les fronts et de toutes les guerres du 20ème et du 21ème siècle naissant. Génération après génération, des millions d'hommes sont partis se battre contre la peste nazie, le communisme triomphant ou l'islamisme radical. Ils sont revenus blessés, drogués, handicapés physiques ou mentaux à vie, ou dans des cercueils. Cela a pesé sur ce pays de devoir faire un effort de guerre inouï et quasiment sans partage, puisque l'Europe, à l'exception notable de la Grande-Bretagne et épisodiquement de la France, s'est surtout distinguée par sa frilosité, voire sa lâcheté.

Les guerres mal motivées et mal conduites, mais aux coûts financier et humain exorbitant, en Afghanistan et en Irak, conjuguées à l'appauvrissement du pays dû à la mondialisation, aux iniques cadeaux fiscaux faits aux ultra-riches par W et à la crise économique (que des cadeaux de la droite républicaine) ont mis ce pays à genoux. Le Président Obama l'a bien compris et c'est pourquoi il rechigne à engager son pays dans de nouvelles aventures hasardeuses en Syrie et en Iran.

Certes, ce pays peut encore faire mal  (La Suisse en sait quelque chose et l'Iran aurait tort de se réjouir trop vite et d'oublier de respecter ses engagements), mais il est au minimum durablement affaibli.

Seul l'avenir nous dira s'il rejoindra d'autres empires dans leur déchéance.

28/11/2013

Berlusconi: une dernière pantalonnade ?

La carrière politique du personnage politique le plus surréaliste de l'histoire touche enfin à sa fin. Cela fait tellement d'années que nous devons supporter ses pitreries, sa vulgarité, ses propos machistes, ses turpitudes sexuelles, ses scandales financiers et ses jeux politiques au service exclusif de son empire personnel que l'on se demandait si cela arriverait un jour.

Il aura eu beau dénoncer les attaques politiques de magistrats soi-disant véreux (vraiment la charité qui se fout de l'hôpital) et politiquement motivés (car "de gauche"), il aura fini par tomber en perdant son immunité. C'est peut-être enfin la porte ouverte à la résolution des autres casseroles qu'il traîne depuis tant d'années et contre lesquelles il a réussi à se protéger en s'engageant en politique.

Il aura également été celui qui aura le plus perverti le langage de la politique. Hier encore, au moment de sa destitution, ce sinistre plaisantin de la politique aura osé proférer que sa destitution représente: "une défaite de la démocratie". On savait la démocratie malmenée et en danger, mais pas à ce point.

Saura-t-on un jour combien de turpitudes, pas seulement politiques, se cachent derrière ce masque figé ? Comprendra-t-on un jour comment un peuple qui a été le berceau de la Renaissance a pu se faire abuser par un homme qui a institutionnalisé l'abrutissement des masses à son seul profit politique et économique ?

11/11/2013

11 novembre: qu'avons-nous appris ?

En cette journée du 11 novembre commémorant la fin de la 1ère guerre mondiale, je me demande ce que cela représente encore aujourd’hui.

Certes nous repensons avec émotion aux malheurs générés et cherchons à comprendre ce qui a poussé les Nations et les peuples à se jeter les uns contre les autres. Alors loin de moi l’idée de minimiser les souffrances et les horreurs vécues par les hommes et les femmes de ce temps-là mais malgré la répétition annuelle de ce devoir de mémoire, qu’avons-nous appris collectivement ?

Avons-nous appris la justice sociale ?

Avons-nous appris à lutter contre les ferments de la guerre ?

La réponse à ces deux questions est non ! Certes, nous avons créé des institutions pour éviter les dérives abominables qui ont été le moteur de la deuxième guerre mondiale. Mais nous n’avons pas su et encore moins voulu lutter contre les profonds déséquilibres sociaux vécus sur toute la surface de notre Planète.

Aujourd’hui, après la parenthèse miraculeusement obtenue (en Occident) sous la pression et les menaces du communisme mondial et des forces du Pacte de Varsovie, nous vivons à nouveau dans une Société en guerre :

  • Une guerre civile déguisée des ultra-riches contre la classe moyenne et les pauvres
  • Une guerre des nations riches contre les nations pauvres
  • Une guerre des grands Etats contre les petits.

Nous n’avons visiblement rien appris et si toutes ces commémorations font de très jolies cérémonies et servent à refaire, l’espace de quelques heures, une certaine unité nationale, cela ne contribue en rien à modifier l’égoïsme atavique et pathologique de quelques-uns contre le plus grand nombre. Et c’est là que se trouvent les véritables ferments de la guerre.

Aujourd’hui des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes à travers le monde sont réduits CHAQUE JOUR à l’esclavage ou meurent de faim et/ou de maladies liées à la malnutrition.

Même en Occident, tous les jours des familles sont jetées à la rue car elles ne peuvent plus assumer leurs charges qui augmentent chaque jour. Tout cela ne profite qu’aux ultra-riches qui sont de plus en plus riches (par le principe des vases communicants et grâce à l'exercice du pouvoir à leurs seuls profits) et de plus en plus déphasés avec la réalité du plus grand nombre.

Ces commémorations me laissent un goût amer quand je pense avec quelle insouciance nous passons les morts des guerres économiques actuelles (et passées) par pertes et profits.