18/09/2013

Suisse : faut-il réintroduire la peine de mort ?

Après le viol particulièrement ignoble d’une jeune femme en Inde en décembre dernier, qui s’était terminé par son décès 2 semaines plus tard, j’avais écrit une note (voir "Viols (récents) en Inde et peine de mort") où je me prononçais en faveur de la peine de mort pour les auteurs.

Le système judiciaire suisse semble le plus laxiste et probablement le plus naïf à la surface de la planète. L’assassin d’Adeline suite à son premier viol sur une jeune femme, un viol avec cruauté comme il a été précisé par l’avocate de la victime dans une interview pour la TDG de ce jour, avait écopé d’une peine de 18 mois AVEC SURSIS (sic). Entre ce premier viol et le prononcé de la sentence il avait déjà violé une seconde fois.

La Suisse est devenue un paradis pour les criminels, petits et grands qui savent qu’ici ils seront quasiment protégés par la justice : ils recevront soit des peines pécuniaires qu’ils ne paieront jamais, soit des peines de prison avec sursis, au pire des peines quasi symboliques (rappelons-nous les peines scandaleusement légères prononcées contre les violeurs particulièrement violents et manipulateurs d’une jeune femme à Schmitten/Fribourg, lors de leur procès en mars 2008). C’est sans doute la raison pour laquelle l’assassin d’Adeline avait demandé à être transféré de France en Suisse suite à sa première arrestation. Pour rebondir sur un autre cas qui a récemment défrayé les médias, avec un peu de chance, la Société dépensera même une fortune pour une hypothétique réhabilitation de l’auteur de crimes (voir le cas de Carlos à Zürich qui scandalise la Suisse entière).

Et pourtant, le peuple suisse a voté massivement en 2004 en faveur d’une Loi demandant l’internement à vie des criminels dangereux. Depuis cette votation, notre classe politique traîne les pieds, prétend que c’est contraire à la Convention européenne des droits de l’homme et laisse la chienlit s’installer, au profit des criminels de tous poils.

Je ne doute pas que rendre la justice est un acte difficile. Je comprends qu’il y a une balance particulièrement difficile à faire entre le besoin de protéger la Société et le désir de rendre une sentence aussi « juste » que possible envers l’auteur d’actes délictueux. Malheureusement, je crois que nous sommes allés si loin qu’aujourd’hui on a souvent l’impression que le criminel est mieux protégé que la victime.

On nous dit que l’assassin d’Adeline est sorti de prison sans expertise psychiatrique. Tout ce qui entoure la sortie de cet homme fait penser à du laxisme et à de l’amateurisme. Mais je mets au défi n’importe quel expert psychiatre de savoir très précisément ce qui se passe dans la tête du patient qui est en face de lui. Suivant la maladie psychique, le malade pourra manipuler son thérapeute (ou l’expert) à sa guise.

Alors faut-il réintroduire la peine de mort en Suisse ? Une initiative est lancée en Suisse pour la seconde fois. Nous verrons si cette tentative a plus de succès que la précédente. Ce qui est certain, par contre, est qu’il est plus qu’urgent que la classe politique et le pouvoir judiciaire se réveillent et ouvrent enfin les yeux sur la réalité à laquelle nous sommes confrontés. Certains êtres sont gravement malades et sont habités par une violence au-delà de notre entendement. La Société DOIT être protégée de façon efficace, sérieuse, responsable et consciente contre les dangers représentés par ces êtres hautement dangereux, récidivistes et probablement le plus souvent irrécupérables.

La naïveté et l’irresponsabilité de nos « pouvoirs » politiques et judiciaires doivent cesser !

Commentaires

"Une initiative est lancée en Suisse pour la seconde fois."

Bof, elle sera déclarée inconstitutionnelle. Sinon Suisse = Biélorussie, dernier pays européen à maintenir la peine de mort dans son code pénal.

Mais cela permettra de faire sortir du bois tous les micro-fascistes.

Écrit par : Johann | 18/09/2013

@Johann,

Si Adeline avait été votre sœur ou votre femme votre réaction serait peut-être différente.

Entre la peine de mort et le laxisme inacceptable actuel (pour rappel: 18 mois avec sursis pour un viol avec cruauté), il y a de la place pour une justice cohérente, respectueuse des victimes et consciente de sa responsabilité.

Cette demande n'a rien à voir avec le fascisme.

Écrit par : Gérard Meyer | 19/09/2013

"Cette demande n'a rien à voir avec le fascisme."

Sans doute. Mais la peine de mort n'a jamais rien résolu. Elle ne fait d'exacerber la soif de vengeance qui sommeille probablement au plus profond de chaque être humain à un moment ou à un autre.

Et qu'Adeline soit ma sœur ou ma femme ne change rien : la peine de mort n'est que l'application légale du vieil adage "œil pour œil, dent pour dent". Cela me fait horreur.

Écrit par : Michel Sommer | 19/09/2013

USA / Suisse (2012)

Peine de mort: oui / non
Population: 316 M / 8 M (40 : 1)
Meurtres: 14'168 / 45 (314 : 1)
Viols: 72'233 / 569 (133 : 1)

Aux USA, depuis 1973, 142 condamnés à mort ont été rejugés et déclarés innocents après enquête de recours.

La peine de mort ne prévient pas le crime.

http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/19/03/02/key/02/straftaten_im_einzelnen.html

http://www.fbi.gov/about-us/cjis/ucr/crime-in-the-u.s/2012/crime-in-the-u.s.-2012/tables/12tabledatadecpdf

- "Si Adeline avait été votre sœur ou votre femme votre réaction serait peut-être différente."

Vous vous trompez de cible. Le meurtrier est ce qu'il est, dangereux, et celà était *** connu ***.

Abattre le fauve qui a tué la vendeuse de caramels est d'une myopie extrême, ne règle rien et occulte les vraies questions suivantes:

- Dans quelles conditions, peut-on laisser un fauve vivre en société sans risque pour ses membres ?

- Dans quelles conditions faut-il garder un fauve dangereux pour la société et lui permettre néanmoins de vivre dignement et se développer pour être capable, un jour, de s'intégrer en société sans représenter une menace aussi dommageable pour ses membres ?

- Qui est responsable d'avoir ordonné, ou autorisé à la vendeuse de caramels, apparemment sans compétence de dompteuse, ni protection, d'aller promener en pleine nature , *** seule ***, un fauve enfermé depuis des années ?

Écrit par : Chuck Jones | 19/09/2013

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