28/04/2013

Etats-Unis: un pays ami de la Suisse ?

Depuis quelques jours, un nouveau fleuron de l’économie helvétique, Novartis en l’occurrence, subit les foudres du Département de la Justice (DoJ), au motif que le géant bâlois aurait corrompu des médecins pour les inciter à prescrire des médicaments fabriqués par eux-mêmes. L’incroyable scénario aurait consisté, asseyez-vous avant de lire ce qui suit tant c'est stupéfiant et choquant, à inviter des médecins à des congrès médicaux bidons pour mieux les amadouer.

Effectivement, n'est-ce pas, c’est remarquablement nouveau et absolument unique dans la profession. Cela ne fait pas des décennies que la « big pharma » du monde entier pratique ainsi au vu et au su de tous.

Alors qu’est-ce qui a changé ? Peut-être que parallèlement à la guerre totale menée par la place financière américaine contre la place financière suisse, « certains », comme ce procureur de New-York, Preet  Bharara, ont décidé d’ouvrir un nouveau front contre l’économie suisse.

Les ténors de l’économie suisse ne sont ni pires ni meilleurs que leurs homologues étrangers, américains y compris. Alors je dois dire que j’en ai passablement marre de voir le plus fort de la classe s’attaquer systématiquement au plus faible, sous le regard bienveillant des autres élèves (l’UE dans le cas présent) qui rient sous cape en se disant : « bien fait sale petit profiteur» (puisque les succès helvétiques ne peuvent être, à leurs yeux, que le fruit d'un sale complot et d'un concurrence forcément déloyale).

Il serait temps que les autorités helvétiques adoptent des stratégies nettement plus agressives pour tenter d’affaiblir ceux qui « nous » attaquent depuis si longtemps, en profitant d’une impunité totale. Le monde est de plus en plus hostile. La Suisse n’a plus d’amis, que des compétiteurs dont l’agressivité augmente au fur et à mesure de leur impuissance à remettre leur propre maison en ordre. Nos politiciens devraient cesser de jouer à « la gentille Heidi dans ses montagnes ».

Pourquoi ne pas utiliser contre ces politiciens américains les méthodes qui sont les leurs ? Devenir des experts des arts martiaux qui utilisent la propre force de l’adversaire pour mieux le terrasser ? Ceux qui attaquent la Suisse doivent bien avoir leur « zone d’ombre » (c’est à la mode en ce moment). Encore faudrait-il la rechercher pour avoir une chance de s’en servir intelligemment et avec à-propos.  

03/04/2013

Les élus plombent le budget 2014 (et suivants)

Lors de la dernière session de mars des Chambres fédérales, nos élus du National ont proposé, dans une première étape, d’alléger le droit de timbre de près de 300 millions de francs.

Comme d’habitude, les élus ne voient que le côté lumineux de la mesure: augmenter l’attractivité fiscale de la Suisse !

La réalité est souvent beaucoup plus prosaïque: cela n’apportera très probablement aucune amélioration aux conditions de vie de l’immense majorité de la population suisse et au contraire constituera un nouvel épisode de ce transfert de richesse entre les happy few  et la classe moyenne qui sera appelée à compenser la perte de revenus d’une façon ou d’une autre. Est-ce que cela se fera par une baisse des subventions fédérales à l’assurance maladie ou aux assurances sociales, par une augmentation du prix des transports ou par tout autre tour de passe-passe ? Cela n’est pas connu formellement à ce stade, mais aura lieu. C’est la seule certitude.

Et réjouissons-nous, ce n’est que la première étape de la suppression du droit de timbre. La suivante, la suppression du « droit de négociation » va amputer le budget fédéral de près de 2 milliards. Un nouveau cadeau royal qui viendra s’ajouter à tous ceux déjà accordés depuis 30 ans et la venue au pouvoir, dans tous nos Etats, de la droite dite « décomplexée ».

Le peuple suisse, en plébiscitant l’Initiative de l’entrepreneur Thomas Minder, vient pourtant de clamer haut et fort qu’il en a assez de certains abus. La réponse du National est une forme de mépris à l’égard du peuple suisse. Et une nouvelle manifestation de cet autisme politique et social qui conduit lentement mais sûrement nos pays occidentaux à la faillite.