30/12/2012

Bravo M. Olivier Jornot

Ravi d’apprendre, selon un article de la TDG de samedi, que l’on assiste à une renaissance du Ministère public. Après les années Zappelli et ses dérives sur à peu près tous les plans, cela fait un bien fou à la République.

On apprend, entre autres, dans cet article, qu’il «cadre et intimide». Cela me paraît deux qualités indispensables face à des fonctionnaires qui ont pris de mauvaises habitudes et qui se montrent parfois capricieux et imbus de leurs prérogatives. Et cela ne vaut pas que pour le Ministère public.

Il y a malheureusement tant de départements, d’organismes ou de régies publiques qui dysfonctionnent à Genève qu’il faut souligner ce remarquable succès, obtenu qui plus est en seulement quelques mois (il est entré en fonction en avril 2012).

Mon souhait pour 2013: qu’il y ait moins de politiciens et de fonctionnaires à l’ego hypertrophié et/ou de bras cassés qui sévissent dans notre République et plus de personnes compétentes comme M. Olivier Jornot et M. Pierre Maudet. Avec des personnes de cette trempe, Genève et les Genevois pourraient regarder l’avenir avec plus de confiance.

Vive 2013 et tous mes vœux pour cette année aux nombreux défis.

12/12/2012

Rendre la vie impossible aux délinquants qu’on ne peut renvoyer

C’est le dernier acte de foi de M. Pierre Maudet, en charge de la sécurité à Genève. Il semble que par cet aveu il commence à réaliser l’impossibilité institutionnelle de faire quelque chose de sérieux face à cette problématique. Cette proposition m’en rappelle une autre, tout aussi pathétique, formulée en son temps à Lausanne (voir mon billet «Interdiction de périmètre»).

M. Maudet représentait un des derniers espoirs, pour beaucoup de Genevois, de faire enfin quelque chose pour lutter contre l’insécurité dans notre Canton. Mais entre ses amis de droite qui ne veulent pas ouvrir le porte-monnaie et ses opposants de gauche qui vivent encore au pays des grandes illusions, rien ne bouge et rien n’avance.

La Suisse en général et Genève en particulier, en tant qu’hôte des institutions de l’ONU pour la protection des réfugiés, est dans une situation encore plus délicate que le reste de l’Europe où règne déjà une belle hypocrisie dans ces domaines. Il est excessivement malheureux, absurde et stupide de confondre la protection des vrais réfugiés et la coupable passivité avec laquelle nous refusons de traiter les questions de délinquance liée (la plupart du temps) aux faux réfugiés qui ne viennent ici que pour s’enrichir de la façon la plus vile et la plus rapide.

N’y a-t-il aucune voie de la raison entre ce laxisme insupportable et le fascisme ?

Malheureusement, lorsque nos Sociétés jouent avec le feu, refusent de s’attaquer avec conscience et dignité à certaines problématiques, elles finissent par récolter le fascisme.

 

 

04/12/2012

Impasse budgétaire aux Etats-Unis: vivement le 2 janvier 2013

L'impasse budgétaire qui dure depuis de longs mois (et de longues années) et qui ne trouve aucun épilogue, promet de continuer de diviser la classe politique américaine, malgré la réélection de Barack Obama et les pseudos meilleures intentions des Républicains au lendemain de leur cuisante et bienvenue (pour le reste du monde civilisé) défaite.

Nous assistons depuis 30 ans à une véritable guerre (je l'ai déjà souvent évoqué dans ce blog) des riches contre les pauvres. Les penseurs du parti républicain, ceux qui ont porté Ronald Reagan au pouvoir, sont les machiavéliques artisans modernes de cette monstruosité que l'on appelle l'ultra-libéralisme.

Depuis 2001, l'immense augmentation des dépenses de l'Etat fédéral à cause des deux guerres finalement absurdes et ratées de W en Afghanistan et en Irak (n’oublions pas le livre de Joseph Stiglitz: [Irak] "Une guerre à 3'000 milliards de dollars") et la baisse dogmatique des recettes fiscales dues à de microscopiques allègements fiscaux pour la classe moyenne (environ 600 dollars par an pour un couple ayant un revenu annuel autour de 80'000 dollars) et d'indécents cadeaux fiscaux faits aux plus riches (70'000 dollars annuellement pour un couple gagnant 1 million de dollars), ont mené le budget des Etats-Unis dans une impasse chronique.

Je rappelle simplement une nouvelle fois dans ce blog, qu'à la fin du mandat de Bill Clinton, les Etats-Unis prévoyaient de rembourser la totalité de leur dette dans les dix ans. Aujourd'hui, 12 années plus tard, au lieu d'avoir remboursé sa dette, ce pays a accumulé plus de 16'000 milliards de dollars de dettes.

Et que proposent nos amis les Républicains pour sortir le pays de cette crise budgétaire et financière gravissime ? Selon Dan Pfeiffer, porte-parole de la Maison-Blanche, la dernière proposition des Républicains, je le cite: «promet en fait de réduire les taux (d'imposition) pour les plus riches et présente l'addition à la classe moyenne».

Et voilà ! On aurait pu espérer que face à l'extrême gravité de la situation, le million de preuves de la faillite quasi-totale de ce système d'égoïsme forcené, les yeux de quelques-uns se seraient enfin ouverts. Mais non ! Une fois que vous avez été sévèrement lobotomisés, aucune opération ne peut vous rendre ne serait-ce qu'un semblant de conscience.

Sauf accord entre la Maison-Blanche et le Congrès, le 2 janvier, les indécentes déductions fiscales de W tomberont d'elles-mêmes. Comme il n'est pas possible de négocier avec ces forces de droite, c'est sans doute la meilleure chose qui puisse arriver aux Etats-Unis (et au reste du monde).

Quant à la propagande des milieux de droite lobotomisés par les forces de l'argent, elle sert à faire peur au Monde entier en promettant une récession si cela devait arriver. C'est vrai, nous tremblons à l'idée que les immensément riches aient des difficultés à s'acheter la 18ème Mercedes sur le dos des contribuables de la classe moyenne et de ceux qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté ainsi que de tous ceux qui ont tout perdu à cause de l'avidité pathologique de quelques-uns depuis le début de la crise des subprimes.

Les Etats-Unis n'ont jamais été aussi forts, aussi riches, aussi puissants que sous la présidence de Bill Clinton, à une époque où les ultra-riches américains versaient une part encore raisonnable de leur richesse dans le pot commun. Je ne vois pas pourquoi ce retour, certes forcé, à la raison et à une plus grande justice fiscale serait soudain synonyme d'apocalypse. Vive le 2 janvier 2013 !