06/10/2012

Mineurs sud-africains: Un combat exemplaire

Depuis quelques semaines nous assistons, médusés, à ce combat titanesque des mineurs sud-africains contre leur employeur anglo-américain, pour obtenir des augmentations de salaire. Il y a quelques semaines, la police sud-africaine, un pays qui a aboli l’apartheid le 30 juin 1991, a ouvert le feu contre ces pauvres hères, tuant 36 mineurs grévistes. Cela a choqué le monde, mais apparemment pas les dirigeants de la société qui exploite ces mines.

Et hier nous apprenions que le «monstre froid» a décidé de licencier 12'000 de ses 28'000 mineurs. Voilà des gens qui n’ont rien, font un métier affolant de pénibilité et qui luttent avec l’énergie du désespoir pour sauvegarder le peu qu’ils ont. Ils sont prêts à aller jusqu’au bout. Belle leçon de courage face à l’implacable logique des actionnaires qui n’ont que faire des états d’âme de quelques mineurs d’un pays si lointain qu’il n’est qu’une abstraction comptable. Aucune humanité dans ces décisions, juste la froideur d’un bilan.

La logique implacable des chiffres et l’égoïsme monstrueux de quelques-uns, fait des ravages partout sur la Terre. Malgré l’évidence des faits, la logique du système l’emporte sur toute autre considération et dans ce combat des riches contre les pauvres, plus vous êtes pauvres et plus vous êtes broyés. C’est ce qui arrive à ces mineurs, mais c’est également ce qui arrive aux pauvres d’Europe et des Etats-Unis. Jusqu’à présent, la révolte des pauvres et des laissés-pour-compte est encore assez timide. Pourtant, parmi tous ceux qui sont mis sur la touche, en Europe par exemple, il y a nombre d’étudiants bien formés et qui ne vont pas accepter cette situation sans issue et sans avenir, éternellement. C’est peut-être le talon d’Achille du «monstre froid». S’attaquer à des miséreux est un combat tellement inégal qu’il est d’un cynisme révoltant. Dénier tout avenir à ces millions d’étudiants bardés de diplômes, finira bien par provoquer une vaste rébellion.

On ne connaît ni le jour, ni l’heure mais j’ai de la peine à imaginer que les broyés du système, qu’ils se trouvent parmi les plus miséreux dans les pays du Tiers-Monde ou parmi les enfants bardés de diplômes de la classe moyenne des pays (ex-)développés, ne se joignent pas pour crier leur colère et ne renversent ce système absurde dirigé par l’égoïsme pathologique de quelques-uns. Il est peut-être encore temps. Mais quand on voit l’attitude des fous furieux de la droite ultra-libérale américaine, on peut douter de la possibilité même d’un réveil.

19:48 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mineurs sud-africains: un combat exemplaire, amplats | |  Facebook

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