23/08/2012

Conseil fédéral: la dream team ?

Au lendemain de l'élection du CF ayant vu l'arrivée de Mme Simonetta Sommaruga et de M. Johann Schneider-Ammann, j'ai pensé bien naïvement, que nous avions un Collège idéal dans sa structure et son équilibre, pour diriger le pays.

Hélas, trois fois hélas, la réalité est cruelle car elle démontre chaque jour un peu plus l'inefficacité, l'amateurisme et la mollesse dudit Collège. Sept sages ? Non, six personnes tellement transparentes qu'on a parfois de la peine à se souvenir de leur nom et une seule ministre digne de son poste.

Vous me direz qu'il est trop facile de tirer sur une ambulance. C'est vrai. Malheureusement, si ces personnes mal à l'aise dans leurs habits professionnels étaient responsables de la buvette du stade, cela ne prêterait pas trop à conséquence. Mais avec les responsabilités et les tâches qui sont les leurs, chaque manquement, chaque tergiversation, chaque dossier mal préparé, mal ficelé, mal négocié (et tout le monde a pu constater que la liste s'allonge tous les jours) et c'est l'avenir de notre pays qui est en danger.

Nous avons l'habitude, en Suisse, de rechercher un gouvernement du plus petit dénominateur commun, ayant le moins d'aspérités possible. Ici nous touchons aux sommets et aux limites de cet «art». L’habituelle  petite cuisine précédant les élections des conseillers fédéraux a débouché sur un désastre. Certes, le Collège semble plus uni qu'à d'autres époques, mais essentiellement dans la médiocrité.

Tous les départements, à part celui de Mme Leuthard (voir mon billet sur "Doris Leuthard: la divine surprise"), démontrent ce manque d'ambition, de vision. L'impréparation règne partout. Six ministres sur sept qui dysfonctionnent, qui n'ont pour eux que leur ambition personnelle mais qui en manquent cruellement pour leur pays, cela crée une situation d'insécurité pour le pays, ses institutions, ses entreprises et ses habitants.

Que ceux qui ont éjecté le très controversé M. Blocher du Conseil fédéral se demandent ce qu'il aurait pu apporter au fonctionnement du gouvernement en ces temps extrêmement troublés. Que ceux qui ont préféré élire une Simonetta Sommaruga à la place de Mme Karin Keller Sutter s'interrogent sur les conséquences de ce choix. Que ceux qui ont préféré élire un Alain Berset à la place de M. Pierre-Yves Maillard aient le courage de reconnaître qu'ils ont contribué à élire un Collège qui, à force d'être consensuel, en est réduit à une quasi impuissance. Et ce n'est pas le énième compromis veule et lâche du Conseil Fédéral repoussant l'entrée en vigueur de la loi Weber contre les résidences secondaires au 1er janvier 2013 qui redorera leur blason.

Ah, on n'aime pas les têtes qui dépassent dans ce pays. C'est possible de fonctionner ainsi quand les eaux sont lisses et calmes. C'est quasi suicidaire en des temps aussi troublés.

Commentaires

D'accord avec vous, sauf que Karin Keller Sutter n'était pas opposée à Simonetta Sommaruga, mais à Johann Schneider-Ammann le boute-en-train des sept sages dont la verve fait merveille à Berne !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 24/08/2012

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