13/08/2012

Qui veut noyer son chien, l'accuse d'avoir la rage (3)

M. Weber est un passionné qui ne peut s'embarrasser de mots d'ordre. Il a l'étoffe des géants. De ces rares êtres qui savent par eux-mêmes ce qu'ils doivent entreprendre et quels combats méritent d'être menés. Grâce à lui, le Lavaux a été sauvé contre l'avis de ses habitants qui ne pensaient qu'à faire fructifier leur patrimoine foncier. Mais également l'Engadine, le village des Baux de Provence. Delphes dont il est citoyen d'honneur. Il a lutté pour protéger les bébés phoques au Canada et les éléphants au Togo. Entre autres.

Est-ce xénophobe et raciste de dire que la Suisse a un problème de développement et qu'elle devrait limiter la croissance de sa population ? Je pense que c'est parfaitement arbitraire et diffamant de le prétendre.

Est-ce que la Suisse est surpeuplée ? Franchement je ne le sais pas. Ce que je sais par contre et je l'ai déjà écrit dans un billet ("La Suisse aussi doit se restructurer") est que ce pays se développe de façon chaotique et anarchique. La grande décentralisation liée au fédéralisme permet à chaque commune de faire tout et n'importe quoi. Les bâtiments et les infrastructures poussent dans tous les coins, n'importe comment. Des maisons, des usines, des entrepôts, des centres commerciaux poussent partout, comme des champignons. Si l'on n'y prend garde, le plateau suisse ne sera bientôt plus qu'une gigantesque ville avec quelques espaces verts.

Si l'on prend le cas de Genève, à cause de tous les blocages que l'on ne connaît que trop, de la spéculation immobilière, de la frontière, etc.. le bassin des travailleurs genevois va à peu près de Annecy / Bellegarde / St-Gingolph du côté français à Neuchâtel et Villeneuve côté suisse. C'est proprement délirant et cela suppose des migrations de population gigantesques pour une ville de taille encore modeste (900'000 habitants pour le Grand Genève), tous les matins et tous les soirs. Cela met une pression énorme sur les infrastructures et génère une pollution monstrueuse. L'exigence d'une troisième voie CFF entre Genève et Lausanne est d'ores et déjà dépassée. Le temps qu'elle se réalise (on peut rêver) elle sera déjà totalement inadaptée. Il faut immédiatement demander la 4ème voie. Merci pour les riverains. Et c'est ainsi partout en Suisse. Les autoroutes et les transports ferroviaires sont de plus en plus sursaturés. Le logement ne suit pas. A cause de cela il est de plus en plus cher, ce qui oblige les citoyens à vivre de plus en plus loin de leur lieu de travail. Cercle vicieux. L'anarchie menace.

Espérons que cette initiative aura le mérite d'obliger notre classe politique à réfléchir au développement de ce  pays avant qu'il ne soit trop tard. Et grâce au dernier succès de M. Weber, on va peut-être éviter que la spéculation ne continue à miter nos alpages jusqu'au pied des plus hautes montagnes.

Ne laissons pas ce pays aux seules mains de ceux qui ont comme devises: «enrichissons-nous le plus et le plus vite possible tant qu'il en est encore temps» et «après moi, le déluge».

M. Weber fait partie de ces géants qui se battent tous les jours pour des causes qu'ils croient justes. Tous les jours, depuis 50 ans, il doit dépenser des trésors d'énergie, d'imagination. Il doit résister aux attaques mesquines ou ciblées pour lui nuire. Dans un tout autre registre, il me fait penser à un Federer qui lui aussi se bat tous les jours pour être et rester au sommet de son art. J'aimerais que ceux qui scribouillent contre des êtres de cette trempe se demandent humblement combien de secondes, et toute personne ordinaire pourrait être fière si elle pouvait répondre «une», de leur propre vie ils ont été au sommet de leurs professions respectives.

Si j'étais M Weber, j'intenterais un procès à ce journaliste pour diffamation. Mais je ne suis pas un géant, je ne suis qu'un être ordinaire. C'est cela avec les géants, ils regardent ceux qui essayent de leur mordre sauvagement les chevilles, du moins c'est ce qu'ils espèrent, de toute leur hauteur, de toute leur grandeur. Avec consternation parfois. Mais jamais ils ne s'abaissent au niveau de ceux qui les pourchassent de leur hargne, de leur(s) frustration(s) ou au nom de leurs visées politiques et économiques plus ou moins bien déguisées.

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