18/05/2012

Une étape symbolique

Le centième billet de ce blog créé fin août 2010 est fêté avec ces quelques mots.

Lorsque j'ai commencé je ne savais vraiment pas où j'allais, sinon que je m'étais vu refuser coup sur coup 2 lettres dans le courrier des lecteurs de la TDG, au prétexte qu'elles étaient trop longues. Je me suis dit, alors, que c'était l'occasion de les publier autrement. Ce furent les 2 premiers billets de ce blog.

Depuis, l'occasion m'a été donnée d'écrire sur des thèmes très variés, me semble-t-il, avec également un retour régulier sur d'autres qui me sont chers ou qui provoquent régulièrement mon indignation. C'est selon.

Au total une bonne expérience personnelle, l'occasion d'écrire régulièrement, de mettre de l'ordre dans mes idées. C'est cela la "magie" de l'écriture. Ce moment de solitude où l'on est intimement en contact avec soi-même, avant de livrer, éventuellement, ses réflexions sur la place publique.

Je n'ai toujours pas de plan, à part que je continuerai d'écrire tant que j'y trouverai du plaisir, que je n'aurai pas l'impression de trop me répéter. Mais dans la vie il est important également de savoir s'arrêter à temps afin de pouvoir passer à autre chose. J'espère que je saurai trouver ce juste moment.

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15/05/2012

Helsinki: encore raté

Pour les amateurs suisses de hockey sur glace, les années (trop nombreuses) se suivent et se ressemblent: une équipe qui se construit sur la base d'un bon championnat à l'échelle internationale (on a vu pendant le lock-out de la NHL que les joueurs suisses n'étaient pas loin des superstars de la NHL), des joueurs qui semblent vouloir s'affirmer, quelques brillants succès aux Jeux olympiques ou aux Championnats du monde contre les «monstres» planétaires que sont le Canada, la Russie, la Suède ou la République tchèque. Et puis patatras, il arrive toujours un moment où ce bel ensemble se fragilise, les pires défauts refont surface et l'équipe se liquéfie contre des nobody au pire moment.

C'est exactement ce qui est arrivé encore une fois. Certes, elle n'a cette fois-ci battu ni la Finlande, ni le Canada mais a très bien joué contre ces 2 équipes au sommet de la hiérarchie mondiale. Et puis arrive la France, qui, sans vouloir vexer personne, est en hockey sur glace à peine supérieure à ce que représente le Luxembourg dans le monde du football et ces Messieurs se payent le luxe de se trouer complètement, ruinant en 60 minutes, tout le travail accompli pendant l'année écoulée. Quel gâchis !

Comment des joueurs qui n'ont que leur désir de jouer en NHL à la bouche peuvent-ils fusiller leur avenir en 60 minutes avec un si bel et si récurrent enthousiasme ?

Je ne sais où se niche le problème. Ce que je vois est que des équipes qui viennent de nulle part (Allemagne, Danemark, Norvège) sont capables de rattraper la Suisse en quelques courtes années (il y a 3 ans, la Norvège n'était même pas le Liechtenstein du hockey), alors que les joueurs suisses qui semblent travailler comme des brutes depuis plus de 25 ans,  échouent systématiquement au moment de toucher au Graal.

Alors est-ce dans la tête, Docteur ?

Les sportifs suisses, à part de formidables et brillantissimes exceptions (Federer, bien évidemment, qui est au sommet de la hiérarchie mondiale et le meilleur tennisman de tous les temps, Mark Streit qui a su se faire respecter en NHL et a ouvert la porte aux autres hockeyeurs suisses, Didier Cuche l'inoubliable géant, Stéphane Chapuisat et Alexander Frei, les brillants footballeurs aux nerfs d'acier, Fabian Cancellara, le cycliste de l'impossible et heureusement beaucoup d'autres que je ne peux citer ici, faute de place), n'ont jamais brillé par leur grinta, leur capacité à renverser les montagnes, d'être le David qui terrasse le Goliath. Trop souvent, le sportif suisse semble se satisfaire de sa situation, semble décidé à respecter la hiérarchie, semble saisi du respect sacré devant plus fort que lui (ou supposé tel), refuse de «tuer le père». Trop lisse. Trop gentil. Trop dans le rang. Pas de têtes qui dépassent.

Je me suis souvent intéressé au sport en ce qu'il représente (peut-être) une part de l'âme d'un pays.

Le sport suisse est-il à l'image de notre pays, capable d'être brillantissime, mais tremblant devant le plus fort ? Est-ce que nous préférons mettre toute notre énergie dans un métier honnête, sérieux et souvent sans surprise ? Sont-ce près de 2 siècles de neutralité qui ont fait que nous avons perdu le goût et la capacité de nous battre, enterrant du même coup l'héritage de nos valeureux ancêtres mercenaires-soldats ? Avons-nous tellement intégré le respect de la hiérarchie et la soumission à l'Autorité que nous en avons perdu un peu de notre testostérone (ou un autre ingrédient nécessaire à la victoire) ?

Lorsque l'on voit l'état d'impréparation de notre Gouvernement et des Ministres qui le composent face à de graves questions (le très pathétique Ministre de la Défense et l'imbroglio de l'avenir et des missions de l'armée, la naïveté d'un autre face au tyran d'opérette libyen, etc..) on prend peur, effectivement. Face à l'agressivité des gouvernements de pays soi-disant «amis» et au vu de la rapidité avec laquelle nos Ministres baissent la culotte lorsqu'ils se font sermonner par plus «grands» dans la cour de l'école, on se dit qu'il y a encore du travail à faire avant que la Suisse, en tant que pays, se reconnaisse le droit d'exister et de gagner sur la scène internationale, alors que, paradoxalement, nous le faisons très bien dans l'économie privée.

Vous reprendrez bien un peu de psychothérapie collective ?

20:09 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : helsinki: encore raté, ueli maurer, merz, federer, cuche, sportifs suisses | |  Facebook

09/05/2012

La fin de la classe moyenne

«Améliorer les conditions-cadres», c'est le mantra répété par M. Pascal Gentinetta, président de la direction d'économiesuisse dans son interview du 4 mai dans la TDG. Cette phrase revient encore et encore et on cherche désespérément ce que cela veut dire à part abaisser les impôts.

Cela fait 30 ans que l'on subit ce véritable lavage de cerveau et cela fait 30 ans, depuis l'arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne en 1979 et de Ronald Reagan aux Etats-Unis (1980), que l'on subit les effets trop souvent désastreux de cette politique. Celle-ci a mené à tous les excès que l'on connaît :

  • Toute-puissance du secteur privé
  • Démission de l'Etat
  • Pillage des revenus du travail par les directions (salaires et bonus délirants) et par les actionnaires des multinationales
  • Détricotage des programmes de protection sociale, de protection des travailleurs et de protection de l'environnement...

Malgré les excès souvent insupportables de ces politiques, cela ne satisfait toujours pas M. Gentinetta et ceux qu'il représente, puisque il propose ni plus ni moins de diviser par deux les impôts des sociétés dans des cantons comme Genève et Vaud (passer de 24 à 12 %). Mais il faut également, selon lui, que le taux d'impôt fédéral de 8.5 % soit : «substantiellement abaissé».

Avec tous les cadeaux royaux accordés aux entreprises depuis 30 ans (le dernier en date étant la révision de l'impôt sur les entreprises sur lequel nous avons voté et qui s'est retourné contre l'ensemble du peuple suisse et contre notre démocratie. Voir "La perversion de la démocratie"),  avec toutes les délocalisations qui ont privé nos pays de leur production de richesse, jeté des dizaines de millions de citoyens dans la précarité et transféré le centre de gravité du pouvoir économique et très bientôt politique et militaire, vers l'Asie nous voyons les résultats de cette politique.

Elle consiste ni plus ni moins en la disparition progressive de la classe moyenne en Occident. On le voit très clairement dans des pays broyés par cette logique économique, comme la Grèce ou l'Espagne, mais on le voit aussi dans des pays comme la France, les Etats-Unis et même la Suisse (malgré une réussite pour l'instant insolente en comparaison internationale). La récente publication d'une statistique faisant état de 700-900 mille pauvres dans notre pays riche en est la preuve la plus éloquente.

A force de refuser ses responsabilités sociales, le secteur privé représenté par les grands groupes internationaux, assèche les finances de nos Etats, ce qui oblige celui-ci à couper dans différents programmes ou à augmenter la participation financière des citoyens à ces programmes ou les deux. Ce continuel transfert de richesse des classes défavorisées et moyennes vers les ultra-riches entraîne la création de plus en plus de working poors et fait glisser la classe moyenne vers la précarité, jusqu'à sa disparition pure et simple.

C'est exactement ce qui arriverait si les propositions de M. Gentinetta avaient le malheur de trouver leur chemin dans les esprits de notre classe politique trop souvent au service de ceux qui détiennent les leviers du pouvoir.

11:09 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la fin de la classe moyenne, pascal gentinetta, economiesuisse | |  Facebook

02/05/2012

(In)sécurité: la droite et la gauche dos à dos

Pour des raisons très différentes, voire diamétralement opposées, nous simples citoyens, ne pouvons très malheureusement, rien attendre de plus de la droite que de la gauche.

J'en veux pour preuve, l'article éminemment édifiant dans la TDG de ce jour, concernant: «les menaces physiques et verbales qui se pratiquent de plus en plus à l'encontre des policiers genevois.»

Cet article révèle notamment que: «trois cas récents révèlent une augmentation des tentatives d'intimidation par certains gangs mafieux très bien organisés [...] En mars, c'est un policier des Pâquis dont on avait mis la tête à prix.»

Ce qui est grave et inquiétant c'est d'apprendre la démission TOTALE  de l'Etat face à ces nouvelles menaces. Dans le cadre du braquage du change Migros et suite à la surréaliste plainte déposée par l'avocate (on devrait rayer une telle personne du barreau suite à une telle insulte à la raison) d'un des auteurs de la fusillade contre les policiers qui sont courageusement et intelligemment intervenus contre ces malfrats, on apprend encore (je cite un large extrait tant il révèle la gravité de la situation): «le syndicat a dû trouver des avocats, épauler les collaborateurs, trouver des solutions d'aide pour eux et leurs familles. «Le département n'a rien fait, déplore Christian Antonietti. Alors que nous sommes le bras armé du canton». Contacté hier, Laurent Paoliello, porte-parole du département d'Isabel Rochat, n'a pas répondu à nos questions. Les trois policiers impliqués dans le braquage doivent désormais affronter seuls la justice et même se rendre prochainement à Lyon pour être entendus. Avec tout ce que cela représente comme risque pour leur sécurité: «Ils vont comparaître en dévoilant leur nom, prénom, etc., déplore un collaborateur de la gendarmerie. Facile pour les spectateurs de prendre des notes et de trouver leur domicile ou leur famille pour exercer des pressions.»

Le reste de l'article démontre de façon éloquente l'étendue de l'incurie de nos élus et l'ampleur de la démission de l'Etat à laquelle nous sommes arrivés après des décennies d'aveuglement, de lâcheté et de bons sentiments, toutes choses dont les mafias se rient et profitent.

La gauche, pour des raisons idéologiques, est incapable de regarder certaines réalités en face, enfermée qu'elle est dans une vision de classe de la Société. Entre la gauche bien-pensante (mais n'est-elle pas toujours «bien-pensante» ?), les Verts qui semblent plus prompts à s'engager en faveur de la défense des réfugiés, y compris les faux réfugiés économiques, qu'à la protection de notre environnement (en tout cas c'était le sentiment dégagé sous la présidence de M. Ueli Leuenberger), et différentes Associations de protection de toutes les minorités, y compris lorsqu'elles se trouvent engagées dans des activités criminelles, nos gouvernements ont perdu le courage d'exprimer l'Autorité et le Pouvoir de l'Etat, à bon escient.

La gauche, encore elle, a tellement orchestré un lavage de cerveau collectif depuis la fin de la seconde guerre mondiale pour nous mettre en garde contre les dangers d'une possible résurgence du fascisme, qu'elle a comme anesthésié nos démocraties et leur a enlevé toute capacité à s'organiser contre les abus dans l'immigration sauvage et contre les atteintes à la sécurité.

La droite, de son côté, parle volontiers de sécurité, parfois avec des accents très convaincants, mais cela s'arrête généralement au stade des bonnes intentions électoralistes. Lorsqu'il s'agit de transcrire ces bonnes intentions en actes, c'est-à-dire lorsqu'il s'agit de financer celles-ci, la droite au service de nos élites s'aperçoit que la mondialisation avec son cortège de délocalisations et de cadeaux fiscaux faits aux ultra-riches a si bien vidé les caisses de nos Nations, que nous ne pouvons plus nous payer le niveau de sécurité que nous, citoyens, réclamons et attendons.

Je ne vois malheureusement pas d'issue pacifique à cette situation totalement bloquée: la gauche va continuer à s'enfermer dans sa dénégation de la réalité (reconnaître les causes sociologiques, sociétales, économiques et politiques de l'augmentation de la criminalité ne devrait pas empêcher de lutter efficacement contre elle). Et la droite va continuer de faire de beaux discours sans agir, préférant donner aux ultra-riches les moyens de s'enfermer dans des quartiers de haute sécurité où il peuvent entretenir l'illusion qu'ils peuvent vivre à l'abri des pouilleux de la Terre, s'enrichir encore plus et laisser le reste du Monde à ses difficultés, sa précarité et sa misère, amplement méritées à leurs yeux.

Notre planète est de plus en plus interconnectée et de plus en plus «petite». Rien de ce qui affecte nos voisins, même à l'autre bout de la Terre, qui n'entraîne des répercussions chez nous. Croire que la Suisse et Genève sont une île privilégiée au milieu de la tempête est une illusion. Certes, nous sommes économiquement plus sains que nos voisins. Mais cette bonne santé économique fait des envieux. Pas besoin d'avoir fait de longues études pour se rendre compte qu'il existe quelque part, au milieu de l'Europe, un Etat béni qui est à la fois insolemment couronné de succès, incroyablement naïf dans sa vision des réalités de nos Sociétés (il suffit de voir l'incroyable impréparation de notre classe politique face aux attaques incessantes de l'étranger contre notre place bancaire et financière ou le presque touchant amateurisme de notre ministre de la défense) et pingre dans l'utilisation de ses surplus, notamment dans le domaine de la sécurité.

Les mafias de toute sorte, celles qui orchestrent l'immigration sauvage pour leur plus grand profit, celles qui gèrent le trafic d'êtres humains pour bénéficier des immenses revenus de la prostitution, celles qui organisent le trafic de drogue ou la contrebande ou les jeux de hasard ou le racket, etc.. ont de très beaux jours devant elles. Elles profitent de ce mélange détonnant pour s'enrichir, utilisent les banques et l'économie suisses pour recycler une partie de leur argent sale. Quant aux petites frappes de pays voisins et plus lointains, ils profitent de l'ouverture des frontières ou de leur statut de faux réfugiés et de notre stupéfiante paralysie pour venir faire les 400 cents coups en toute impunité.

Si l'Occident, la Suisse et Genève continuent de refuser d'affronter ces questions avec sérieux, conscience et détermination, ces assauts répétés mettront tout simplement l'existence même de nos démocraties en péril.